SOMMAIRE

Articles

Enigmes Midrashiques

Rubrique Fêtes

Extraits d'ouvrages

Midrash sur le Net

Textes de travail

Colloque d'Etel

Articles - Marc le Gnostique

MARC  LE  GNOSTIQUE

Raymonde Reznikov


A Bernard Dubourg

Le personnage est connu par l’unique témoignage de l’évêque Irénée de Lyon, témoignage repris il est vrai par Hippolyte de Rome, Epiphane, Théodoret. Quel crédit accorder à un témoin aussi peu scrupuleux, rendu célèbre par ses fraudes, impostures, trafics et destructions de documents originaux, un digne prédécesseur d’Eusèbe de Césarée ?

Il faut savoir que la connaissance des pratiques des gnostiques ne nous est parvenue que tronquée, mutilée et déformée par la haine de notables pourfendeurs d’hérétiques, dont les écrits ont été ensuite encore améliorés par le zèle de pieux moines copistes incultes. De plus, les systèmes des gnostiques n’étaient pas destinés à être divulgués aux profanes. Il s’agissait de rituels secrets et d’enseignements ésotériques dont la clef  n’était confiée qu’aux membres de la communauté lors des initiations. Marc, Marcos ou Marcus, disciple de l’Alexandrin Valentin, le plus fameux docteur de la Gnose, vécut à la fin du second siècle de l’ère vulgaire. Il fonda son école en Asie Mineure. Très vite ses initiés essaimèrent dans l’Empire Romain et c’est en Gaule qu’Irénée leur déclara la guerre. La hargne et la haine déployées par l’évêque de Lyon sont proportionnelles aux succès remportés par la secte. Sous Marc Aurèle, la vallée du Rhône où vivait une importante colonie originaire d’Asie Mineure, devint une pépinière « d’hérésies » diverses ; certaines dualistes, comme celle de Florin, alors que d’autres écoles tendaient à retourner vers un judaïsme plus pur,  par exemple celle des disciples de Blastus. Irénée décrit Marc comme un sorcier, un séducteur de femmes belles et riches, un corrupteur doublé d’un obsédé sexuel, et j’en passe… Mais trop, c’est trop et l’excès dans la description des turpitudes de l’accusé discrédite le dossier du benoît procureur lyonnais. Même Hippolyte de Rome, peu suspect de sympathie envers Marc, déclare avec un semblant d’honnêteté (hypocrite) :

« Le bienheureux presbytre Irénée, qui s’est appliqué à les réfuter avec une grande liberté de langage, a exposé les baptêmes et les rédemptions en question, racontant copieusement ce que font ces hérétiques. Il est vrai que certains d’entre eux, ayant lu ce qu’avance Irénée, ont déclaré n’avoir jamais entendu parler de ces choses ; mais on leur apprend à nier toujours. » (1)

Bernard Dubourg, dans le tome I de « L’invention de Jésus » présente un tout autre visage du personnage diffamé et dans son glossaire on peut lire :

 Marc le Mage : gnostique maltraité par Irénée dans son Contre les hérésies. Les calculs auxquels semble s’être, en hébreu, livré Marc le Mage relèvent tous de la Kabbale ; mais Irénée les transmet en grec, comme s’ils pouvaient être longtemps performants dans cette langue  (2)


• Marc et la gématrie

La Tétrade plus élevée que tout, assure-t-il, venant des lieux invisibles et innommables, descendit elle-même vers lui sous les traits d’une femme…  (3)

Celle-ci , évidente personnification de la Sagesse, lui enseigna que la divinité se cachait sous le symbole de quatre syllabes (combinaisons), composées de trente éléments, trente lettres ; et là Irénée ajoute une précision intéressante :

 … chacune de ces  trente lettres a en elle-même d’autres lettres qui servent à la nommer…

Et cela jusqu’à l’infini. Pour appuyer sa démonstration le polémiste donne en exemple la lettre delta formée de delta + epsilon + lambda + tau + alpha. Marc enseignait donc un système de gématrie étendue ; oui mais en quelle langue ?
Nous avons quatre syllabes de trente éléments. La première et la seconde syllabe, ou combinaison, sont composées de quatre lettres, la troisième de dix lettres, la quatrième de douze lettres. Voilà qui rappelle de manière déformée les spéculations des cabalistes sur le nom en quatre, douze, quarante-deux ou soixante-douze lettres.


• Trente

Parmi les divers moyens d’obtenir trente, les Marcosiens additionnent les nombres pairs 2 + 4 + 6 + 8 + 10, ou 8 + 10 + 12 ; ou encore ils additionnent α + β + γ + δ + ε = 15 + ζ + η (7 + 8) = 30 ; la suite des lettres de alpha à éta de valeur 8 comme le Het , considérée comme symbole de l’ Ogdoade. Toutefois il est nécessaire de skipper le 6, dont la lettre Fav (digamma ou stigma) a été supprimée de l’alphabet grec. Cette lettre fantôme, le Vav hébreu, Marc en fait « le nombre insigne » de Josué 3 car Ιησους est composé de 6 lettres. En grec, le nombre 30, c’est la lettre lambda dont le nom, également composé de 6 lettres, vaut : 30 + 1 + 40 + 2 + 4 + 1 = 78. Lambda correspond au LaMeD hébreu, enfin presque car il se situe au onzième rang dans l’alphabet et non au douzième. Ce petit détail perturbe considérablement les démonstrations de Marc, remaniées en grec par Irénée, dans le but d’amener les spéculations sur le dodécaèdre.

 L’heure elle-même, qui est la douzième partie du jour, se répartit en trente portions afin d’être une image de la Triacontade. Le cercle du zodiaque comporte aussi 360 degrés, chacun des signes ayant trente degrés : ainsi, par le cercle, est conservé l’image de la conjonction du nombre douze avec le nombre trente.

Elémentaire mon cher Watson, sauf que le rapport entre 12 et 30 n’existe qu’ en hébreu. Il existe aussi en base 4…(12 = 304). Le 30 est associé au Jour de l’An. Dans le rituel de Rosh ha Shanah, les vibrations des sonneries du Shofar sont regroupées par séries de 30. Normal, une explication possible se trouve dans le Sepher Yetsirah :

Il a fait régner le lamed, Il lui a attaché une couronne, Il les a multipliés l’un à l’autre et a créé avec lui la Balance et Tishry.  (4)

En gématrie par rang le 1 Tishry = (1) + 22 + 21 + 20 + 10 = (1) + 73, soit 74 la valeur complète de la lettre Lamed. La Balance, Maznym vaut 40 + 1 + 7 + 50 + 10 + 40 = 148, ou 74 x 2.

Dans ce qui nous est parvenu, très altéré des écrits de Marc, on peut encore détecter certaines parentés avec le Sepher Yetsirah, principalement en ce qui concerne des permutations de lettres de l’alphabet.
Parmi les différents calendriers utilisés dans l’antiquité classique, la période de 30 ans regroupait, pour les Egyptiens, les cycles de la lune par rapport au lever héliaque de l’étoile Sothis (Sirius). Ils avaient observé qu’il fallait 30 ans pour que la lune revienne à la même place avec une même phase. Cette période comptait 371 mois de révolution synodique, et 401 mois de révolution sidérale (10.957, 5 jours environ par année de 365, 25 jours). La différence entre la révolution sidérale et la révolution synodique est due au mouvement de la terre ; curieusement 401 – 371 = 30.

 Pourquoi le Lamed ל est-il plus élevé que toutes les autres lettres ? Parce qu’il est au centre des 22 lettres et qu’il ressemble à un roi assis sur son trône. La royauté est devant lui (Mem du mot Malkhout royauté) ainsi que derrière lui (Kaf du mot Kissé trône) et lui se tient au milieu comme un roi.  (Rabbi Aqiba, cité par F. Lalou) (5)


Il est amusant de noter que la lettre grecque Λ a été choisie par Einstein pour noter la mystérieuse constante cosmologique, paramètre rajouté en 1917 dans ses équations de la relativité générale, et qui pourrait décrire l’influence de l’énergie sombre dans l’accélération de l’expansion de l’univers.


•La Tétrade

30 est la somme des 4 premiers carrés : 12 + 22 + 32 + 42 = 30. Ce qui nous amène à la Tétrade. D’après Irénée :

 Le soleil, ce grand luminaire, disent-ils encore, a été fait le quatrième jour à cause du nombre de la Tétrade… Bref, tout ce qui, dans les Ecritures, est susceptible de se ramener au nombre quatre, ils le disent fait à cause de leur Tétrade. 

Et Hippolyte précise :

     D’après les Marcosiens en effet cet univers doit sa constitution à la monade et à la dyade. Comptant d’abord depuis l’unité jusqu’à quatre, ils engendrent ainsi la décade.

C’est à dire le procédé bien connu pour obtenir la valeur triangulaire d’un nombre, ici :1 + 2 + 3 + 4 = 10. Si à cette triangulaire de 4 on demande aux écoliers d’ajouter  42, les bons élèves, comme vous, répondent : la valeur triangulaire de 4 plus le carré de 4 égalent 26. Bravo, vous avez 10 sur 10.


• ATh - BaSh

La Tétrade dit à Marc :

Je veux te montrer aussi la Vérité elle-même…. Vois donc sa tête, en haut, qui est A et  Ω, son cou qui est B et Ψ, ses bras et ses mains qui sont Γ et Χ, sa poitrine qui est Δ et Φ, sa taille qui est E et Y, son ventre qui est Z et T, ses parties qui sont Θ et P, ses cuisses qui sont H et Σ, ses genoux qui sont I et Π, ses jambes qui sont K et Ο, ses chevilles qui sont Λ et Ξ, ses pieds qui sont M et N.  (Irénée)


    Marc enseignait donc le système de transposition des lettres connu des cabalistes sous le nom de Ath BaSh, exemple :

א – ת  =  1 + 400  =  401

ב -  ש =   2 + 300  =  302

ג  -  ר =   3  + 200 =  203

ד  -  ק =   4  + 100 =  104

Total : 1010,  la valeur de la lettre ShYN  avec un NWN final:  300 + 10 + 700 ; la valeur de 30 en base 3, ou encore celle du nombre 10 en binaire…Mais Marc sous le calame d’Irénée essaie d’adapter le dit système à l’alphabet grec, ce qui devient parfaitement abscons, surtout lorsqu’il s’efforce d’obtenir 888 à partir de 801 : C’est pour cela, d’après eux, qu’il a dit : Moi, je suis l’α et l’ ω , en montrant la colombe (περιστερά), qui a ce nombre, c’est à dire le nombre 801.   (Hippolyte). Pour tenter d’aplanir les difficultés, il faut recourir à l’Ogdoade puis unir celle-ci à la Décade, alors on obtient 888 valeur de Josué en grec : Iησους. Manipulation de haute importance, car 888 est une des valeurs du mot MaShYa’H en gématrie étendue : MYM + ShYN + YWD + ‘HYTh ( 90 + 360 + 20 + 418) ; et surtout la somme de 543 (21+501+21) + 345, résultat mathématique de l’effet miroir de l’épisode du « Buisson ardent » (ShM-3, 14). Notons au passage les coïcidences arithmétiques particulières de la lettre LaMeD: 12 x 12 = 144; 30 x 12 = 360; 74 x 12 = 888. Curieusement, c’est en l’an 888 de Rome (135 de l’ère vulgaire), que Julius Severus, général de l’empereur Hadrien, régla par la manière forte les problèmes de Judée, trois ans et demi de révoltes, 42 mois. Périrent dans la tourmente, un candidat messie, « Bar Kokhba », et son malheureux prophète, l’illustre et savant Rabbi Aqiba. Jérusalem, rasée et labourée, prit le nom latin d’Aelia Capitolina. 


• Aleph – Tav ou Alpha – Oméga

    Alpha et oméga : 801, Aleph et Tav : 401. Traduction, trahison ! Pourquoi Jérôme n’a pas traduit les mots alpha et oméga par a et z ? Pourquoi ne pas avoir traduit l’adjectif christos par unctus ? Pourquoi avoir transcrit un seul et même nom « Ιησους » Josué d’une part, et Jésus d’autre part ? Des petits détails, certes, mais ô combien signifiants ! Il est vrai que alpha et oméga, ça fait plus chic que a et z ; déjà le marketing !

     Lorsque le Seigneur était enfant et apprenait ses lettres, le maître lui dit, comme c’était la coutume : Dis alpha ; il répondit alpha. Mais lorsque ensuite le maître lui eut enjoint de dire bêta, le Seigneur lui répondit : Dis-moi d’abord toi-même ce qu’est alpha, et je te dirai alors ce qu’est bêta. Ils expliquent cette réponse du Seigneur en ce sens que lui seul aurait connu l’Inconnaissable, qu’il manifesta sous la figure de la lettre alpha  (Irénée)


 Plusieurs « apocryphes » rapportent cet épisode. Les traducteurs consciencieux, ils en existent, écrivent aleph et beith. Dans l’Apocalypse, aleph et tav apparaissent 3 fois, en 1-8, 21-6 et au verset 13 du dernier chapitre, le chapitre 22, et non le chapitre 24 ; ce qui authentifie l’origine du document et confirme la validité de l’hypothèse de Bernard Dubourg.


• Aleph – Alpha


    Le symbolisme véhiculé par la lettre alpha est loin de valoir celui de la lettre aleph. Celle-ci est directement unie au lamed. Sa valeur gématrique par rang (1+12+17) égale 30 ; et en éliminant les zéros des valeurs classiques des lettres qui la composent, on obtient : 1 + 3 + 8 = 12. 1 + 30 + 80 = 111, c’est la valeur de 13 en base 3, mais aussi celle de  7 en binaire. On peut lire dans le Bahir (§ 140) :

    Que signifie le mot az (אז) ? Il nous enseigne qu’il n’est pas permis de prononcer la lettre Aleph toute seule. Il faut lui associer les deux lettres qui y sont rattachées et qui occupent la première place dans le « Règne » (Malkhout). Les lettres qui écrivent le mot Aleph (אלפ) sont au nombre de trois. Il en reste sept sur les « dix Paroles ». A ces sept-là correspond la lettre Zain…  (6)


Aleph et Lamed forment le mot Al (אל), aux nombreuses significations selon les points voyelles utilisés ; la plus importante étant « Dieu ». Al, c’est soit 13, soit 31. Le nombre 31 a pour valeur triangulaire 496, la valeur du mot Malkhouth (מלכות), « le Règne » : 40 + 30 + 20 + 6 + 400 = 496

    Az : 1 + 7 = 8, là on retrouve indirectement l’Ogdoade de Marc, et une curieuse connexion avec la physique contemporaine la plus pointue ; une de ces coïncidences qui font sourire ou réfléchir. Le groupe de symétrie E8 (algèbre de Lie), de rang 8 est de dimension complexe 248, donc de dimension réelle 496. Je doute fort que ce type de coïncidence soit détectable dans la version grécisée des enseignements de Marc. La science pure n’entrait pas dans les préoccupations des fondateurs des dogmes chrétiens. Certains de ces pieux personnages frôlaient l’illettrisme tout en s’érigeant en donneur de leçon, comme en témoignent les dernières lignes qu’Hippolyte de Rome a consacrées à Marc :

     Je pense avoir suffisamment exposé les ineptes enseignements de ces gens-là, et fait voir clairement quels ont été les véritables maîtres de Marcus et de Colarbase, les successeurs de Valentin dans son école.

    Ce « Colarbase » que ces ânes mitrés ont associé à Marc, ce Colarbase, dont ils ont fait un diable d’hérétique, un suppôt de Satan digne d’aller rôtir en enfer pour l’éternité, n’a jamais existé que dans leur imagination malsaine ; Colarbase est une mauvaise lecture de Kol Arba, (כל ארבע), Tout Quatre, la Tétrade.


עכסה

Bibliographie
1) Hippolyte de Rome : Philosophumena, ou réfutation de toutes les hérésies ; traduction par A. Siouville ; Arché Milan, 1988.
2) Bernard Dubourg : L’invention de Jésus ; 2 volumes ; L’Infini, Gallimard ; Paris 1987 – 1989
3) Irénée de Lyon : Contre les Hérésies, dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur ; édition par Antoine Beltrano ; www.jesusmarie.com.
4) Saadia Gaon : Commentaire sur le Sepher Yetzira, traduit de l’arabe et de l’hébreu par Mayer Lambert ; collection « Les Dix Paroles », Editions Verdier, Lagrasse, 2001.
5) Frank Lalou ; Les lettres hébraïques ; Editions Alternatives ; Paris, 2005.
6) Anonyme : Le Bahir, Le Livre de la Clarté ; traduit de l’hébreu et de l’araméen par Joseph Gottfarstein ; Editions Verdier, Lagrasse, 1983.


Date de création : 22/10/2008 : 12:02
Dernière modification : 29/10/2008 : 11:22
Catégorie : Articles


Prévisualiser Prévisualiser     Imprimer l'article Imprimer l'article


react.gifRéactions à cet article


Réaction n°10 

par Akhsah le 07/11/2008 : 12:44

Olivier, c'est de la provocation. Là, c'est moi qui me trouve en extension. Vous me propulsez vers l'astrophysique, direct sur E8.E8, SO 32, 248, 496 etc., et vers les 26 paramètres libres de la physique des particules, c'est à dire les 4 dimensions de l'Espace-Temps, déployées en 26. Vingt-six dimensions que les "grosses têtes" de Princeton ont finalement réduites à 10 (note 1).

Rappel: le MYLWY primordial est celui des déploiements du Tétragramme, 72, 63, 45, 52, dont le total 232 est la somme des parties aliquotes de 248, comme par hasard (1, 2, 4, 8, 31, 62, 124 = 232), et la valeur des mots YeHY AWR, 25 + 207 (soit lumière).

Voilà mon "Plérome", ma rétroversion, mon "Midrash" perso. Voir "DaRoSh DaRaSh", verset 16 du chapitre 10 (10 + 16 = 26) de WaYQRA (Lévitique pour les Nuls), milieu des mots de la Thorah, et verset 248 de son troisième livre.

248, valeur de ABRaHaM, de BeMiDBaR, dans le désert (Nombres pour les Nuls) et de WaYDaBaR 26, et parla 26.

Et pour conclure en apothéose, 248, somme des 10 diviseurs de 112 (26+86).

 

note 1: Faire E8 sur le Net, et de clic en clic suivre le guide. Attention, ne pas se perdre, le thème est si vaste.


Réaction n°9 

par olivier le 06/11/2008 : 21:00

Juste un mot sur ce qu'Aksah nomme gématrie étendue. En fait, cette méthode kabbalistique du développement des lettres est en hébreu MLY'H/mléyah ou milouï. C'est le même mot (en adoptant MLY'H) que le Plérôme, celui des éons (je demanderai bien ici à Aksah quelle rétroversion elle en proposerait...).
Ce qui est curieux c'est qu'Irénée (le texte que l'on a) fait passer pour délire la méthode des plérômes car elle induit des lettres à l'infini, ce qui fait en fait écho à l'inépuisable de la langue sainte. Or, cette méthode est universellement connue de tout kabbaliste hébreu. Je vous laisse conclure quant au donc de ce syllogisme évidemment trop rapide.

Réaction n°8 

par dortan le 05/11/2008 : 09:29

Ainsi recadrée (Réaction N° 5) la question d'Olivier sur Irénée paraît tout à fait considérable, et des plus importantes, historiquement, quant à l'émergence effective du "christianisme" grec. Mais à cette question, qui réclamera un travail intense, je dois avouer que je n'ai pas le plus petit début de réponse.

Merci à "Akshah" pour ses précisions.


Réaction n°7 

par Akhsah le 03/11/2008 : 11:15

A mes chers duellistes (ou duettistes),

666, "Quand on sait de quoi il en retourne" dit Olivier; ça j'aime, voilà un langage qui me parle.

Passons sur le carré magique de 6, dit carré du soleil dont le total, valeur triangulaire de 6 au carré, vaut 666; la ligne 111 (aleph) et la somme des "coins" en diagonale 37. Les lecteurs de B. Dubourg connaissent l'importance de 37 dans l'architecture du premier verset de Béréshyth. Tous les nombres des centaines composés de chiffre identiques sont des multiples de 37 (YeHtYDaH, l'Unité, le degré supérieur de l'âme).

111 = 3 x 37,  222 = 2 x 3 x 37,  333 = 3 x 3 x 37,  444 = 2 x 2 x 3 x 37,     555 = 3 x 5 x 37,  666 = 2 x 3 x 3 x 37,  777 = 3 x 7 x 37,  888 = 2 x 2 x 2 x 3 x 37,  999 = 3 x 3 x 3 x 37.

Mais 666 cache encore un mystère beaucoup plus étonnant, qui nous mène bien au-delà des spéculations rabâchées sur les noms de Néron et de Dioclétien.

L'importande du nombre 10 par Tétrade interposée n'est plus à démontrer. Or, 10 évoque le décagone, ce polygone à 10 côtés dont les angles valent chacun 144°. Si à chaque nombre correspond une valeur triangulaire; à chaque nombre correspondent également des valeurs au carré, pentagonale, hexagonale, heptagonale etc., exemple pour 10 + 5 + 6 + 5 = 26, nous avons:

Au carré, 100 + 25 + 36 + 25 = 186

Triangulaire, 55 + 15 + 21 + 15 = 106

Pentagonale, 145 + 35 + 51 + 35 = 266 (valeur de ALePh en gématrie étendue, et de TsiMTsWM, l'implosion chère à Isaac Lùria).

Ennéagonale, 325 + 75 + 111 + 75 = 586 (valeur de YeRWShaLaïM et de PaThMWS, la vérité double de O Thébault, voir Maintenant l'Apocalypse)

Décagonale, 370 + 75 + 126 + 75 = 666

Après avoir lu la démonstration de Bernard Dubourg, tome 2, première partie, on est en droit de s'interroger sur les intentions réelles des auteurs de l'Apocalypse, lorsqu'ils avancent le nombre solaire 666 assorti de sous-entendus équivoques. Il est vrai, qu'ils n'avaient peut-être pas fait ce curieux rapprochement; je l'espère pour eux.

R. R. (Akhsah pour les amis)


Réaction n°6 

par Akhsah le 02/11/2008 : 20:08

A Dortan et Olivier

Merci à tous les deux pour vos appréciations encourageantes.
Cher et mystérieux Dortan, si je me mets à taper sur tout ce qui bouge ou a bougé, il faudra rajouter plusieurs hectares au Champ du Midrash. Je sais bien que l' Irénée clérical est un paravent sous le nom duquel ont été mis des écrits tardifs afin de les antidater. Il faut faire avec ou écrire: "d'après les témoignages mis sous le nom d'Irénée...", mais ça rallonge la sauce. De plus, je crois bien que l' Irénée originel (s'il a existé) se serait appelé Salomon (eirene, la paix en grec), je veux, mon n'veu! Quant à Eusèbe, menteur, faussaire, destructeur de documents, on en reparlera; gros chantier en perspective.
J'adore votre allusion au "Kasher Price" du coin, mais est-il avec ou sans parking pour les chars?
Encore merci, vos échanges avec votre complice Olivier sont riches d'enseignements, mais aussi pleines d'humour: tant de citrouilles en période d' Halloween!
Akhsah

Réaction n°5 

par olivier le 01/11/2008 : 14:31

Cher Dortan,
Passons quant à cette affaire de cornichon. Je l'ai bien évidemment fait exprès.
J'aimerai juste que vous me prouviez (rien que sur un exemple) qu'Irénée sait le midrash, l'hébreu etc. comme un sage du Talmud. A le lire, j'ai plus l'impression d'une exégèse qui rappelle le midrash par certains aspects (en se basant sur des analogies pour les quatre évangiles Tétramorphes par exemple), mais qui n'est pas pour autant du midrash. Par exemple, ces interprétations du 666 de l'Apocalypse (connaissez vous cela ?), deviennent hilarantes quand on sait de quoi il retourne.
Cordialement

Réaction n°4 

par dortan le 31/10/2008 : 18:09

Attention : traiter Irénée de "cornichon" parce qu'il ironise sur les croyances théurgiques en supposant qu'on peut créer "des courges et des melons", c'est s'exposer à devoir traiter de "cornichons" de nombreux maîtres du Talmud qui utilisent la même expression pour combattre les mêmes idées.

Autrement dit, le débat intra-chrétien entre Irénée et certains gnostiques est strictement parallèle (et sans doute entrecroisé) avec le débat entre juifs sur la réalité ou les limites de la théurgie... Et cela entre 180 et 210...

La question d'Olivier part du postulat erroné que face aux divers chrétiens ou gnostiques, il ait pu exister une "pensée hébraïque" unifiée, voire éternisée...

Quant à Irénée "de Lyon", c'est à ceux qui répètent les nventions d'Eusèbe le césaréen de trouver des indices "lyonnais". Toutes les indications vont dans le sens d'un Irénée d'Anatolie.


Réaction n°3 

par olivier le 30/10/2008 : 12:33

Cher Dortan,
Est-ce que vous pourriez prouver ce que vous avancez concernant Irénée ?
J'ai en effet du mal à comprendre que quelqu'un de si opposé aux gnostiques valentiniens, et à Marc le gnostique dont grâce à cet article nous savons que la pensée est proche de celle du Bahir ou du Sefer Yetsira c'est-à-dire profondément hébraïque, soit en même temps un hébreu millénariste de haut vol. Merci d'avance pour votre réponse.

Réaction n°2 

par dortan le 29/10/2008 : 21:03

Bravo pour le Colarbase (des Barbélites ?? Bé-Arba-Eloah...) et pour la démonstration, via Irénée et Marcos, que ces techniques guématriques passionnaient des initiés du IIe siècle.

Mais pourquoi entretenir le mensonge ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée sur Irénée "De-Lyon" !!! C'est devenu, sans jamais la moindre preuve, une espèce de réflexe : tu parles, Charles ! Irénée, de Lyon ! En voiture, Simone !

Irénée, évêque de (Néo)Claudiopolis, celle de la frontière entre Galatie et Bythinie, n'a connu que des acteurs d'Anatolie portant des noms grecs (l'évêque de Smyrne, Marcos, etc.). Même s'il a, une fois, fait le voyage de Rome (pour y retrouver d'autres chrétiens hellenophones), il n'a jamais mis les pieds en Gaule, si ce n'est dans l'imagination d'un propagandiste de l'Eglise impériale qui voulait l'éloigner des racines montanistes de son millénarisme. De même pour les Martyrs de 177, militants montanistes qui s'approvisionnaient sur le marché kasher du coin. Non pas à Lyon, ni à Vienne à cette époque, mais dans une diaspora du nord de l'Asie mineure.


Réaction n°1 

par olivier le 29/10/2008 : 16:54

Merci pour cet article éclairant (comme quoi les spéculations numériques et gématriques des Hébreux ne sont pas que du vent, mais du meilleur esprit).
J'y ferai juste écho en posant la possibilité de généraliser ce travail aux autres gnostiques, les barbélo gnostiques et les valentiniens par exemple.
D'après la thèse intéressante de R.P. Boullu centré autour de la puissante mystique du Char, Barbélo serait B'RBc 'L/be'arba' El, dieu en quatre (il faut quatre hayoth ou vivants pour faire le Char c'est à dire faire dieu). Ce qui rejoint vos considérations sur Kol Arba.
Les valentiniens aussi développe la Tétrade, l'Ogdoade, et les 30 éons (olamim) qu'Irénée méconnaît puisqu'il les compare ironiquement à des melons, des courges et autres concombres. Ce cornichon fade ne voit pas que ces 30 sont un midrash sur les 15 duos formant le contenu de la création de Genèse 1, depuis les cieux et la terre jusqu'au premier homme dit mâle et femelle (dernier duo). Comme le dit Genèse Rabbah dieu a créé par pairs (les zugoth). Ce 30, les Valentiniens le lisent encore dans la parabole de l'ouvrier de la onzième heure dans l'Evangile de Mathieu (gnostique?), puisqu'il y est question des ouvriers de la première, de la troisième, de la sixième, de la neuvième, et enfin de la onzième heure. Soit : 1+3+6+9+11 = 30. De même qu'Irénée ne comprend pas la symbolique kabbalistique du 30, il ne comprend pas que l'on puisse faire de tels rapprochements pourtant tout à fait logique pour un gnostique.
Bon courage


Derniers tableaux

Image du jour
Cliquer pour agrandir

Visitations

   visiteurs

   visiteur en ligne

Divers
Devenir membre

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre code secret


 Nombre de membres 52 membres


Connectés :

( personne )
Rechercher sur ce site




flux rss
Traducteur Google (français : retour)
  
  
  
  
  
  
^ Haut ^