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L’Evangile de Philippe révélé par le Temps

Olivier-Pierre Thébault

 

« Je sais que mon anéantissement sera complet. »
    Lautréamont, Les chants de Maldoror
« Je ne connais pas d’autre grâce que celle d’être né. Un esprit impartial la trouve complète. »
    Isidore Ducasse, Poésies II
« Fatherhood, in the sense of conscious begetting, is unknown to man. It is a mystical estate, an apostolic succession, from only begetter to only begotten. »
   James Joyce, Ulysses

Qu’ait paru récemment un volume de la Pléiade consacré aux gnostiques est une bonne nouvelle. Cette louable initiative permet enfin que les textes de Nag Hammadi, joyaux qui ne dorment plus ensevelis dans les ténèbres et l’oubli, soient à la portée du regard passionné de tout un chacun. Ainsi, ne sont-ils plus condamnés à rester claquemurés dans des volumes ou des bibliothèques difficilement accessibles[1], destinés aux seuls spécialistes autorisés, fronts sourcilleux donnant bien souvent l’impression de vouloir garder sciemment en otage la divine parole gnostique, privant par là ceux qui savent lire de son incandescente liberté. Mais si nous saluons cette parution émérite, c’est immédiatement pour relever l’incompétence spectaculaire de ceux qui ont eu pour charge de confectionner ce volume. Car comment rassembler, annoter et introduire tant de textes gnostiques sans mentionner, ne serait-ce qu’une seule fois, leur socle véridique, à savoir la pensée juive[2] ? Cela laisse songeur, mais nous n’allons pas pour autant nous lancer dans une diatribe sardonique ou une philippique acide contre ces spécialistes farcis d’idéologies. En effet, nous avons bien mieux à faire : réparer ce mal qui aura consisté à maintenir volontairement séparés ces textes lumineux de la pensée juive qui non seulement les irrigue et les fortifie, mais qui, plus encore, les a conçus et sans laquelle ils ne peuvent être compris. Pour commencer ce travail titanesque, nous retrouverons ici l’esprit de L’Evangile selon Philippe – j’ai bien dit l’esprit, et non pas seulement la lettre, de ses impeccables rédacteurs pneumatiques. Restituant ainsi, avec force et contre l’emprise du vide universel, ce texte à son hébreu natif, ou plutôt à sa vie kabbalistique intensive et poétique, nous entreprendrons de ramener la supposée « gnose » vers son immarcescible fondement hébraïque, la da‘ath ou science des écritures juives.

Mais voyons les choses de plus près. Au sujet de la langue primitive de ce texte dont ne nous est parvenue qu’une version copte, les spécialistes se divisent en deux partis : il y a les partisans du grec, et ceux du syriaque. La seconde hypothèse, pourtant déjà plus vraisemblable que la première, semble largement ignorée par les universitaires français, qui se montrent pour l’occasion particulièrement dénués de sens critique, de recul, d’intelligence ; en revanche, elle paraît gagner de plus en plus de suffrages parmi les spécialistes anglo-saxons. Mais ces spécialistes, tous horizons confondus, sont bien entendu unanimes, main dans la main, pour rejeter l’hébreu… Le rejeter ? Je donne ici dans l’euphémisme, car le préjugé courant, aussi inepte que tenace, si l’on creuse un peu, consiste plutôt à le méconnaître, le calomnier, l’enfouir, voire l’assassiner silencieusement sous l’auréole dorée d’une pompeuse autorité officielle, reconnue et recommandée. Ne serait-il pas temps de faire un bond hors du rang de cette unanime inimitié à l’égard de la langue sacrée et de restituer à sa pensée – c’est-à-dire à sa glorieuse kabbale – ce texte dont la parole supprime tout enfermement ?

Constatons déjà que si cet évangile a bien un original grec, l’on comprend mal la sorte d’énigme qui y est clairement posée au § 39[3] : « Une chose est Echamoth [ĤWKMTh’[4], ekamot, mot araméen translittéré en copte, non traduit] et une autre chose est Echmoth [ĤKMTh’[5], ekmot, idem]. Echamoth est la Sagesse simple[6]. Echmoth en revanche est la Sagesse de la mort, c’est-à-dire celle {   } qui connaît[7] la mort, qu’on appelle la petite Sagesse. » (Je souligne.) En effet, il semble bien difficile d’expliquer cette parole sans le recours aux deux langues qui, seules, rendent intelligibles les jeux de mots sous-jacents, livrant la clé de l’énigme, à savoir l’hébreu et l’araméen. Ainsi, c’est en cette dernière langue que Echmoth (ou Echamoth), Ĥ(W)KMTh’[8], signifie la Sagesse. De plus, le texte nous dit que cette Echmoth (ou Echamoth), en tant que « petite Sagesse », est « la Sagesse de la mort », précisant qu’elle « connaît la mort », comme je l’ai souligné. Or, si Echmoth (ou Echamoth) est bien un terme araméen, il se trouve que c’est en hébreu, et en hébreu seulement, que ĤKMH, ĥôkmâh, ĤKM, ĥâkam, et MWTh, môth, signifient respectivement « la Sagesse », « être sage,connaître » et « la mort ». La « Sagesse de la mort » repose par conséquent sur un jeu de mots que redouble l’expression « connaître la mort », et qui n’est autre qu’une condensation[9] de ĤKM (ou ĤKMH) et de MWTh, cette condensation formant le mot Ĥ(W)KMTh’, la Sagesse en araméen. Ainsi, pour ces gnostiques, les deux Sagesses dont il est ici question réverbèrent la dualité propre à la Sagesse juive, sur laquelle nous reviendrons, entre la Sagesse du dedans, antérieure à la Création, ici Echamoth, et la Sagesse perdue[10], celle du dehors, mêlée à la confusion de ce monde et qui connaît la mort au sens aussi où elle est mortelle, celle que le texte semble prononcer Echmoth.

Je puis encore ajouter cet autre exemple, pour bien enfoncer le clou : « (53) L'eucharistie est Jésus car on l'appelle en syriaque “ Pharisatha ”, c'est-à-dire “ l'étendu ”. » Ne s’agit-il pas à l’évidence d’une interpolation[11] du traducteur, car ce passage ne devient intelligible qu’en indiquant que lors de l’eucharistie il s’agit de briser le pain (racine PRS ou PRSh), tandis que celle-ci est de cette même racine PRS (voulant dire rendre grâce, distribuer), celle de Pharisatha, « l’étendu », mais aussi ce qui est divisé, multiplié, distribué. Ce texte joue donc sciemment, et savamment, sur l’araméen, mais surtout sur l’hébreu. A-t-il été écrit en grec ou dans le seul syriaque ? Les jeux de mots ne faisant sens qu’en recourant à l’hébreu que nous avons décelés dans la trame savante de cet écrit gnostique permettent non seulement d’en douter, mais nous invitent en outre à emprunter un autre chemin de pensée, la voie, ô combien plus audacieuse et salutaire, de la vie et de la vérité, visant à réfléchir les propos pesés de cet évangile avec la tradition ésotérique juive, montrant par là, et de façon, je le crois, assez lumineuse, que celui-là est inséparable de celle-ci.

Si le nom de Philippe n’apparaît qu’une seule fois dans l’évangile qui porte son nom – au § 91 où il est question de « l’apôtre Philippe », celui qui, dans L’Evangile selon Jean, demande au Christ « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit », le Fils lui répondant alors, de façon fulgurante : « Comment ? Tu me vois, et tu ne vois pas le Père ? » –, rien ne m’empêche pourtant d’observer de plus près ce nom en hébreu. Je constate alors que c’est un terme translittéré du grec : PYLPY, pilpi, ou PYLYPY, pilipi, ou PLYPH, plipâh, ou encore PYLP’, plipâ’. Il s’avère très proche des racines PLL, pâlal, séparer, diviser, arbitrer, prier, qui est également plal, arguer, débattre, ou PLPL, pilpêl – racine du pimenté pilpoûl –, chercher, raisonner, donner des arguments, mais aussi palpêl, entourer, rouler ou encore couvrir, ce qui évoque tant le dévoilement du secret que son voilement. Les calembours, exploités par les différents textes midrashiques où il intervient, sont innombrables. Citons encore celui avec Paul, grec paulos, pour cette raison l’un de ses compagnons de prédilection, avec Pallas, désignation grecque d’Athènes présente dans les Actes de Philippe, avec le miracle, pele’, avec le philosophe, PYLWSWPWS, pilôsôphôs (dans ses Actes, il joute allègrement avec des philosophes…), etc. Sur ces jeux de mots – et bien d’autres –, on consultera à bon escient le travail très fouillé et foisonnant de Maurice Mergui[12]

Soulignons, avant de l’étudier plus en profondeur, que cet évangile est puissamment « inactuel », tant par son ton tranchant que par sa langue, ce qui ne l’empêche pas, bien au contraire, d’être aussi d’une « actualité » foudroyante (ce monde – la société spectaculaire planétaire – n’est-il pas, vu sous un certain angle, un mangeur de cadavres et lui-même un cadavre ?). On ne saurait trop en conseiller la lecture à qui veut nager à contre-courant du sens commun et de l’insuffisance représentative de la langue lacunaire, vide et stéréotypée qu’emploient couramment ses serviles cerbères. Il présente de plus l’avantage de nous permettre de jeter quelques lumières sur ce continent gnostique à tort réputé obscur, et d’en finir avec une sorte de Da-Vinci-code-mania, de manière qu’a le Spectacle de se représenter illusoirement à grand renfort de techniques multiples ce qui se condense de savoir-vivre – dont l’épicentre est bien entendu le Verbe – dans ces trésors textuels de la gnose juive ressurgis à Nag Hammadi. Plus prosaïquement, en mettant à nu les arcanes d’un tel texte, nous rendrons à sa vie propre et à sa lumière le lien essentiel entre le Christ et Marie Madeleine, et trancherons une bonne fois ce cordon accrochant stérilement les foules hypnotisées à cette matrice des délires et fantasmes qui entourent le phénomène Marie Madeleineet sa supposée descendance, sujet digne des développements romanesques ou cinématographiques les plus fades, et que le nec plus ultrà de l’intelligence – j’ai nommé le goût –, impérieux et résolu tel l’un des vingt-quatre Anciens siégeant sur leurs trônes dans l’Apocalypse de Jean au Jour du Jugement, avec l’électricité foudroyante de la parole et du rire, fatidiquement, ne peut que condamner. Enfin, cet écrit gnostique m’est d’autant plus cher qu’il montre la peur panique qu’engendre la puissance de la parole messianique parmi tous ceux qui n’aiment pas assez la liberté pour l’assumer. Ainsi cet évangile magnifique énonce-t-il : « (49) Si tu dis : “ Je suis juif ”, personne ne sera ému ; si tu dis : “ Je suis un Romain ”, personne ne sera dérangé ; si tu dis : “ Je suis un Grec, un barbare, un esclave, un [homme] libre ”, personne ne tremblera. Si tu dis : “ Je suis chrétien [entendez messianiste…] ”, tout le monde tremblera. » En effet, les auteurs de ce texte le soulignent avec la force même qui les vivifie : ils sont de véritables apocalypses portatives dévoilant la messianité du Temps, la laissant souffler à même ce monde, ce qui ne manque pas d’en anéantir la fausseté, de relever les Déluges et de tout renouveler.

Cet article est extrait d'un ouvrage en vente ici:  http://www.thebookedition.com/l-evangile-de-philippe-devoile-olivier-pierre-thebault-p-39489.html


[1] Hormis pour quelques-uns de ces textes qui ont eu droit à des éditions courantes comme L’Evangile selon Thomas.

[2] Ainsi de l’introduction du volume, fort longue, analytique, minutieuse, mais terriblement atterrante, impuissante, ennuyeuse. Pensez, pas la moindre mention de la pensée juive (alors que Platon, Plotin et les Pères de l’Eglise sont cités à qui mieux mieux) ! J’y ai même décelé une partisane et insane pudibonderie à l’égard de la langue primordiale du biblique. Ainsi, lorsque l’un des auteurs en vient à devoir a priori prononcer les mots « hébreu » ou « langue hébraïque », il a tout simplement préféré omettre le mot (donc la chose) apparemment si gênant, si dérangeant. En effet, quand, à la page XXXIX, on lit « de la Mère (Barbélô, dont le nom signifie “ Dieu en quatre ”) », il ne nous est même pas dit en quelle langue ! Or, comment le lecteur est-il censé savoir que cela n’est vrai qu’en hébreu (et en araméen) où Barbélô peut se lire comme be’arba‘ Eloha, « en quatre le Dieu », d’après Leisegang, ou Bara-b-Eloha, « le Fils est en Dieu », d’après René Pierre Boullu, dans La théurgie de l’Autre (dernière explication qui a le mérite de clarifier ce pourquoi les textes aiment y lire Seth ou le Messie…) ? Pourquoi une telle omission, par elle-même aisément interrogeable, de la langue sacrée ? Quel meurtre du père, psychanalytiquement parlant, cela cache-t-il ? Et une même frileuse ignorance règne ainsi tout au long de l’introduction, comme de la quasi-totalité des notules et commentaires. Pour ces spécialistes ès gnose (de quelle gnose ?), tout doit nécessairement se passer comme si l’hébreu et la pensée juive n’avaient jamais existé pour nos gnostiques… 

[3] Pour la numérotation des paragraphes et la traduction, je suivrai l’édition de la Pléiade. L’écart souvent criant entre le littéral copte et cette traduction m’obligera toutefois à l’amender à plusieurs reprises, lorsque celle-ci chute bien trop pesamment et brutalement dans l’ornière du contresens complet. 

[4] Dans le présent texte, je serai nécessairement amené à translittérer des termes hébreux. Pour ce faire, j’adopte donc, pour les vingt-deux lettres de l’alphabet hébraïque (ou araméen), les translittérations suivantes : aleph ’ ; beth B (b) ; guimel G (g) ; daleth D (d) ; hé H (h) ; waw W (w) ; zaïn Z (z) ; ĥeth Ĥ (ĥ) ; teth T (t) ; yod Y (y) ; kaph K (k) ; lamed L (l) ; mem M (m) ; noûn N (n) ; samek S (s) ; ‘aïn ‘ ; phé P (p) ; tsadé Sd (ts) ; qoph Q (q) ; rêsh R (r) ; shin Sh (sh) ; thaw Th (th). Je préviens d’emblée mon lecteur afin qu’il n’en soit pas trop violemment désarçonné : je ferai au fil de ces pages un usage non négligeable des procédés de calcul portant sur les valeurs numériques des lettres hébraïques, procédés qui sont communément appelés du nom de « gématrie ». Ainsi, en hébreu, les lettres sont immédiatement des nombres – et ceux-ci sont notés à l’aide de lettres. Les mots et expressions hébraïques issus de la littérature sacrée possèdent leurs valeurs numériques résultant de la somme (ou parfois du produit, etc.) de celles de leurs lettres constitutives. La langue du dieu écrivain en joue, rapprochant tel mot ou assemblement de vocables de tel autre, etc., et ce, non par divertissement ou frivole amusement, mais avec le plus grand sérieux, dans le but de « faire lever le sens ». La gématrie dite classique attribue les valeurs des unités, de 1 à 9, aux neuf premières lettres, puis celles des dizaines, de 10 à 90, aux neuf suivantes, et des centaines, de 100 à 400, pour les quatre dernières ; enfin, étant donné que cinq de ces lettres, le kaph, le mem, le noûn, le phé et le tsadé, outre leur graphie ordinaire, sont également pourvues d’une graphie dite finale lorsqu’elles se trouvent à la fin d’un mot, ce procédé leur attribue alors, quand elles occupent cette position, les valeurs restantes des centaines, de 500 à 900. Pour la gématrie par rangs, comme son nom l’indique, elle donne aux lettres les valeurs numériques correspondant à leurs rangs ou places dans l’alphabet, 1 pour l’aleph, 2 pour le beth, etc., jusqu’à 22 pour le thaw. J’emprunte les notations GR et GC, pour gématrie par rangs et gématrie classique, au Portrait d’Israël en jeune fille de Sandrick Le Maguer. Je renvoie à son livre, ainsi qu’à L’invention de Jésus de Bernard Dubourg, pour une explication détaillée, savante et savoureuse, de ces procédés.

[5] Le texte jouerait ici sciemment sur deux graphies et prononciations différentes de la Sagesse en araméen – ou syriaque –, pour désigner deux facettes opposées de celle-ci. Le traducteur a peut-être voulu rendre cette différence en introduisant un a « privatif » devant moth (hébreu mort) dans Echamoth, distinguant ainsi celle-ci d’Echmoth, la première ignorant la mort (puisqu’elle est la Sagesse de Genèse 1, 1, éternelle), tandis que la seconde la connaît (puisqu’elle est « du monde »). Il y aurait ainsi un jeu subtil se poursuivant à travers plusieurs langues…  

[6] ou parfaite, copte aplos, grec aplôs, hébreu ThMH, thâmah.

[7] Le verbe copte est bien sooun, racine de Sophia, la Sagesse en grec ou en copte (sophia), comme ĤKM est la racine de ĤKMH en hébreu.

[8] Cette parenthèse signifie qu’il y a deux écritures possibles de ce mot araméen, avec ou sans le waw (W).

[9] Ici, la dernière lettre de ĤKM(H) est aussi la première de MWTh, ce redoublement autorise la condensation des deux mots. C’est une pratique courante de l’ésotérisme hébreu. J’ajoute que l’autre Sagesse, « la Sagesse simple » est riche elle aussi d’un jeu de mots faisant écho à celui-ci, entre ĤKMH et ThMH, thâmah, anagramme exacte, et inverse (comme les deux Sagesses sont l’envers l’une de l’autre) de HM(W)Th, la mort ou le mort… Dois-je préciser que dans l’édition de la Pléiade vous ne trouverez pas la moindre note explicative sur tout ce § 39 ?

[10] Le retour ou la théshoûvah de celle-ci est la grande affaire de la gnose valentinienne, car celle qui s’égare ainsi est encore la Sagesse !

[11] Cette interpolation ou glose est le fait du traducteur de ce texte (chose fréquente dans le Nouveau Testament ou dans la Septante par exemple). Bernard Dubourg explique excellemment, dans le glossaire de L’hébreu du Nouveau Testament, ce qu’il faut entendre par là : « glose : note censée, en regard d’un texte, en éclairer tel ou tel terme ou passage difficile ou obscur. Du fait des copistes, tous les textes antiques, manuscrits, ont fini par absorber diverses gloses initialement marginales. Le Nouveau Testament n’échappe pas à cette règle : par exemple, toutes les remarques y concernant les usages juifs et les expliquant, sont des gloses, gloses qui ne figuraient évidemment pas dans la version primitive-hébraïque destinée à des lecteurs juifs-hébreux. Les traducteurs antiques des Évangiles, en faisant passer ceux-ci du sémite au grec, ont été obligés de gratifier leurs lecteurs grecs et, dès lors, supposés ignorer les pratiqueset les idées juives, de toutes sortes de remarques documentaires concernant ces pratiques et ces idées (ainsi que le sens de divers termes hébreux ou araméens). Par la suite, les copistes des manuscrits grecs du Nouveau Testament ont intégré dans le corps même du texte ces gloses d’abord, en effet, marginales. Incapables de discerner ce processus (pourtant simple), les exégètes modernes, grécistes en diable, croient que les passages en question ont été rédigés par les évangélistes primitifs ! »

[12] En particulier ses trois livres Un étranger sur le toit, Comprendre les origines du christianisme, Paul à Patras, ainsi que ses traductions du corpus midrashique.



Date de création : 24/06/2010 : 23:04
Dernière modification : 25/06/2010 : 21:34
Catégorie : Articles


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Réaction n°1 

par Inri le 25/08/2010 : 06:06

Très belle remise en contexte des textes sacrées juifs. Vous avez su leur rendre leur majesté suprême et ainsi glorifier l'honneur et la mémoire des grands auteurs et maîtres kabbalistiques au bonheur des profanes tel que je le suis.

Je vous remercie de tout coeur.
Sincèrement vôtre.


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