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Les 2 repas du Caravage

Les deux repas du Caravage

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•Surprise et consternation

Lc 24.15 - Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux ; 24.16 - mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

Lc 24.30 - Et il advint, comme il était à table avec eux, qu'il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. 24,31 - Leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent…

Les deux disciples d'Emmaüs ont la révélation de l'identité du messie au moment où il rompt le pain. Ce thème provient en droite ligne de l'histoire de Joseph. Ses frères ne le reconnaissent pas tout de suite mais seulement lors de la seconde descente en Egypte, lorsqu'il se dévoile à eux lors d'un banquet.
Le sujet ne se prêtait pas de manière évidente à la figuration picturale.
Le texte évangélique que seul Luc rapporte est un des plus difficile. Nous avons analysé cette péricope dans un texte que vous pouvez consulter sur ce site: Un messie nommé Perse. Nous notions que ce texte est travaillé par l'idée de doute et par un jeu d'oppositions : bénédiction/division, paix/division, division/divulgation.
Le messie est venu mais l'oppression des Empires ne cesse pas, et il ne fait pas l'unanimité. Le messie vient-il apporter la paix ou la division ?
Tout se passe comme si le Caravage était conscient de ce jeu d'oppositions qui travaille le texte évangélique. Ce serait la raison pour laquelle il en aurait fait deux représentations, deux lectures.
Le premier tableau représenté plus haut est optimiste, la lumière qui représenterait l'idée messianique du salut, peut encore être réfléchie. Elle vient de la gauche, tombe sur le disciple de droite et repart vers la droite. La révélation est encore possible. Devant cette bonne nouvelle, la surprise des disciples créve les yeux au sens fort du terme. Un disciple saisit son fauteuil au risque de vous mettre son coude dans le visage tandis que le second écarte brusquement les bras au risque de vous éborgner. La table est ébranlée sous le choc. Un peu de nourriture
@ va tomber de cette table pour sans doute nourrir quelque chien @ (pour la définition de ces termes voir notre dictionnaire)

Le second tableau peint cinq ans plus tard est plus sombre. La lumière vient de l'intérieur des personnages. La réalité est sombre. Israël n'est pas libéré.
Lc 24.21 - Nous espérions, nous, que c'était lui qui allait délivrer Israël
Ce serait le sens de la servante que le Caravage a introduite.

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On aurait donc une évolution dans la lecture du Caravage qui se serait traduite par un traitement différent de la lumière. Le messie n'est plus dans ce dernier tableau qu'un événement purement intérieur. Sur la table, tout est stable. Le monde ne va pas changer de base.
Sur la structure maniaco-depressive de l'idée messianiste voir aussi l'article: David et Bethsabée.


Date de création : 19/03/2007 : 17:36
Dernière modification : 17/01/2008 : 01:07
Catégorie : Rubrique Peinture

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