le Champ du Midrash

Accueil  blog  Bonnes Nouvelles  Livre d'or 
Situation du Midrash

Situation du midrash


Nous nous proposons de débuter cette année 2008 par une série d'articles sur la place du midrash dans le paysage intellectuel et universitaire actuel, ainsi que sur sa nature et son avenir. Il nous a semblé que notre revue se devait d'aborder ce type de questions. A terme, nous espérons même parvenir à une définition du midrash. Cette remise à plat nous a été demandée à plusieurs reprises par des lecteurs de toutes origines mais surtout par les lecteurs issus de la tradition catholique. Ces lecteurs se sentent encouragés à s'intéresser au Midrash par un document récent de l'Eglise: L’interprétation de la Bible dans l’Eglise qui date de 1993. Ce document pontifical reconnaît en effet la validité du « recours aux traditions juives d’interprétation » :

Les procédés variés d’exégèse pratiqués par le judaïsme … se retrouvent dans l’Ancien Testament lui-même, … et dans le Nouveau Testament, par ex. dans certains raisonnements scripturaires de S. Paul. La diversité des formes (paraboles, allégories, anthologies et centons, relectures, pesher, rapprochements entre textes éloignés, psaumes et hymnes, visions, révélations et songes, compositions sapientiales) est commune à l’Ancien et au Nouveau Testament ainsi qu’à la littérature de tous les milieux juifs avant et après le temps de Jésus. Les Targoumim et les Midrashim représentent l’homilétique et l’interprétation biblique de larges secteurs du judaïsme des premiers siècles. De nombreux exégètes de l’Ancien Testament demandent en outre aux commentateurs, grammairiens et lexicographes juifs médiévaux et plus récents des lumières pour l’intelligence de passages obscurs ou de mots rares et uniques. Plus souvent qu’autrefois apparaissent aujourd’hui des références à ces ouvrages juifs dans la discussion exégétique.

Il est vrai que cette reconnaissance est très « encadrée ».

Les traditions juives anciennes permettent, en particulier, de mieux connaître la Septante, Bible juive… la littérature juive extra-canonique, appelée apocryphe ou intertestamentaire, abondante et diversifiée, est une source importante pour l’interprétation du Nouveau Testament.  La richesse de l’érudition juive mise au service de la Bible… est une aide de première valeur pour l’exégèse des deux Testaments, à condition toutefois de l’employer à bon escient. Le Judaïsme ancien était d’une grande diversité. La forme pharisienne, qui a prévalu ensuite dans le rabbinisme, n’était pas la seule. Les textes juifs antiques s’échelonnent sur plusieurs siècles ; il est important de les situer chronologiquement avant de procéder à des comparaisons. Surtout, le cadre d’ensemble des communautés juives et chrétiennes est fondamentalement différent : du côté juif selon des formes très variées, il s’agit d’une religion qui définit un peuple et une pratique de vie à partir d’un écrit révélé et d’une tradition orale, tandis que du côté chrétien, c’est la foi au Seigneur Jésus, mort, ressuscité et désormais vivant, Messie et Fils de Dieu, qui rassemble une communauté. Ces deux points de départ créent, pour l’interprétation des écritures, deux contextes qui, malgré beaucoup de contacts et de similitudes, sont radicalement différents.

Dans un premier temps, il n'est pas inutile de mesurer le chemin parcouru par l'Eglise pour en arriver à cette reconnaissance, aussi prudente et limitée soit-elle. C'est que l'Eglise revient de loin. Alors que, par fonction, elle a toujours veillé à contrôler le sens et à encadrer l'exégèse, l'Eglise semble dans ce document pontifical faire montre d'un grand libéralisme. En réalité, le vrai tournant n'est pas L’interprétation de la Bible dans l’Eglise, mais
l'Encyclique Divino Afflante Spiritu. Notre rétrospective partira donc de ce document. Pourquoi Pie XII éprouve-t-il, en pleine guerre (nous sommes le 30 septembre 1943) le besoin de publier une encyclique qui porte sur les études bibliques, et surtout qui reconnaît la valeur de la méthode historico-critique alors que l'Eglise avait toujours combattu cette approche?


• La lutte contre les hérésies et le contrôle du sens.

Certains paragraphes sont repris de l'ouvrage:
"comprendre l'origine du Christianisme"

L'Eglise a toujours accordé une importance vitale aux problèmes d'exégèse et de compréhension des textes bibliques. Dès l'origine, la polémique avec la Synagogue, réticente face au messianisme radical de l'Eglise, passe d'abord par une certaine manière de lire et d'interpréter les textes. On pourrait donc croire qu'avec l'arrivée au pouvoir de Constantin, l'intérêt stratégique pour l'exégèse et pour le contrôle du sens va s'affaiblir. Or, ce n'est pas le cas. A coté de Constantin, et dans son ombre, il y a un personnage beaucoup plus important pour notre sujet, qui est Eusèbe de Césarée. L’importance de Constantin ne réside pas tant dans sa conversion au Christianisme, que dans le fait qu’il est celui qui fut capable de mettre fin à l'horreur absolue que constitue pour l'Eglise la guerre permanente entre sectes messianistes.

Cette guerre intestine entre sectes si proches qu'elles sont indiscernables, est interprétée par l'Eglise comme la manifestation même de l’Antéchrist. C'est l'abomination absolue. La tendance qui triomphe avec Constantin est  persuadée qu’elle incarne la juste doctrine contre les sectes adverses, et que les troubles vont bientôt prendre fin.

La conversion de Constantin (au sens de sa foi ou de sa piété personnelle) n'est que de peu d'importance. S'il se convertit en 312, il reste toute sa vie Grand Pontife, en charge des cultes publics païens. En 326, il assassine son fils aîné Crispus et sa seconde femme Fausta, ce qui laisse à penser que malgré la sincérité de sa conversion à la nouvelle religion d’amour, il avait gardé quelques vieilles habitudes païennes. Il semble qu’il s’agisse plus prosaïquement d’un compromis historique très italien. Constantin obtient de la secte messianiste majoritaire une fusion du culte chrétien avec le culte impérial, en échange de la reconnaissance de l’Église et de la condamnation de l’Arianisme.

En effet, vers 320, l’ennemi pour le Christianisme n’est plus le Pharisien ou le Romain, comme dans les Évangiles. C’est l’hérétique aux mille visages. C’est par exemple Arius. Ce prêtre d’Alexandrie partage tout à fait l’idée que le messie est engendré par Dieu, puisque cela est écrit en toutes lettres dans les textes, mais il voudrait bien qu’on en reste là, et qu’on n’en rajoute pas trop. Est-il vraiment indispensable de croire que le messie est de la même nature que Dieu, son Père?  Voilà une affaire d'exégèse et de contrôle du sens.

Cela suffit en tout cas pour que les Ariens, gens en apparence tout à fait raisonnables, soient persécutés d'un bout à l'autre de l'Empire. Des violences inouïes éclatent qui laissent les païens eux-mêmes incrédules. Une seule émeute anti-arienne à Constantinople fait trois mille cinq cents victimes. Ce qui inquiète l’Église de Rome c’est, bien sûr l’erreur, évidente, de cette hérésie, mais surtout le succès étonnant qu’elle rencontre dans tout le monde romain.
Grâce à Constantin, l’hérésie arienne sera combattue, mais aussitôt l’Église va connaître une véritable épidémie de déviances christologiques: il faudra extirper non seulement les rémanences de l’Arianisme (la bête est particulièrement coriace), mais aussi l’hérésie des Eunoméens, des Apollinaristes, des Macédoniens, des Manichéens. Un seul mot d’ordre désormais, celui de Saint Augustin: compelle intrare, force-les à entrer
(Lc 14, 23). Ce n’est pas que Saint Augustin soit particulièrement intolérant: il cherche simplement une solution dans les Évangiles. Et le maître dit au serviteur: Va-t'-en par les chemins et le long des clôtures et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. On mesure les progrès accomplis depuis l’époque des Evangiles où les textes sont encore ancrés dans leur substrat midrashique: les Évangiles sont maintenant lus et compris littéralement. Les violences entre sectes chrétiennes sont telles que les autorités songeront un moment à interdire toute discussion théologique. Cette idée intéressante étant difficile à appliquer, on continua à se massacrer allègrement sous le regard perplexe des philosophes néo-platoniciens, un peu vexés sans doute de ne pas avoir perçu l’importance du problème de la double nature du Christ. Cette négligence leur sera bientôt fatale. Les hérésies se développent, à cette époque sur un mode viral. Il n'y a plus aucun contrôle sur l'exégèse ou sur le sens. Même pas sur les textes. Les Apocryphes pullulent. L’imagination des hérétiques défie l’entendement. Un certain Nestorius posa ainsi la question de savoir si Jésus était déjà Dieu dans le ventre de sa mère. Il faudra rien moins qu’un concile (Éphèse, 431) pour régler ce problème crucial, non sans que, dans la rue, les partisans de Nestorius et leurs adversaires ne contribuent à régler la question à leur manière.

Il n’est pas un chapitre de l’Histoire Ecclésiastique qui n’énumère comme un leitmotiv la liste des hérésies qui troublent l’unité de l’Église du Christ. Le livre II commence par expédier une catégorie, il est vrai un peu spéciale, d’hérétiques: les Juifs. Ce sont, ne l’oublions pas, les premiers hérétiques, puisqu’ils n’ont pas reconnu le Christ. Puis survient l’hérésie de Simon le mage.  Sans doute pour montrer que la Justice de Dieu n’est pas un vain mot, Eusèbe rapporte “comment les Juifs furent enveloppés de mille maux et comment ils déclarèrent aux Romains la dernière guerre”. Le Livre III, après diverses informations historiques, reprend la litanie des hérésies: Celle de Ménandre le magicien, l'hérésie des Ébionites, celle de Cérinthe, de Nicolas et des Nicolaïtes. Au livre IV, la litanie reprend: hérésie des Phrygiens, celle de Montan, des Encratites, celle de Tatien, de Bardesane. Accessoirement, Eusèbe signale encore, ici et là, quelques souffrances des Juifs, en guerre avec Hadrien. Le livre V nous informe de l’hérésie des Marcionites, de celle des Cataphrygiens, du schisme qui se produisit à Rome à la suite de Blastus. Le temps d’évoquer le problème de la date de la pâque et nous revenons à l'hérésie d'Artémon. On ne nous informe plus des souffrances des Juifs, la question ayant été sans doute définitivement réglée par Hadrien. En revanche, les Empereurs romains continuent à persécuter les Chrétiens (ce qui constitue un très profond mystère: en principe, le temps de l’Épreuve était celui d’avant la venue du messie). Le livre VI nous informe des progrès de la pensée chrétienne et des travaux d’Origène. Pendant les travaux, l’hérésie continue: dissension des Arabes; hérésie des Elkésaïtes, de Novat, etc. Le livre VII enchaîne sur l’hérésie de Sabellius, celle de Népos et de son schisme, de Paul de Samosate, celle du Manichéisme, religion qui faillit supplanter le Christianisme. Seul le livre VIII fait état d’une baisse spectaculaire de l’hérésie, sans doute à cause de l’ampleur des tueries fratricides, et des persécutions impériales qui ne faisaient pas le détail.
Pour faire face au danger insaisissable de prolifération indéfinie du sens, l'Eglise va se doter très vite d'un corps de doctrine que l'on pourrait appeler: doctrine catholique des écritures saintes. Ce savoir s’est forgé à l’occasion des disputes contre les hérésies en tous genres que nous venons d'évoquer (Contra paganos, Adversus Judeos, Adversus philosphos et haereticos, etc.). Il est fondé sur l'infaillibilité de l'Eglise, et sur l'unicité du dogme.

• Du midrash à la peinture.

Les Barbares en détruisant Rome, la capitale de l’Empire romain d’Occident, ne se doutent pas qu'ils réalisent, un peu à contre temps, la prophétie de l’Apocalypse. Cet événement inouï était un événement de nature à ébranler le christianisme naissant: les païens expliquaient cette chute par l’abandon du paganisme et les chrétiens ne disposent pas des outils intellectuels pour comprendre que Dieu ait pu livrer la capitale de la Chrétienté aux Barbares. Augustin sera celui qui, sur le plan doctrinal, va sauver la situation. Il théorise la séparation entre l’ordre profane et l’ordre sacré du devenir historique. Du coup, il marque la mise à l’écart de l’eschatologie. C’est à Byzance, désormais dispensée de la lourde tâche de réaliser le royaume de Dieu sur terre, que l’on peut cerner la mutation de la chrétienté, son installation dans la durée. L’eschatologie et l’attente messianique induisent une vision du monde centrée sur l’exil, l’errance, le transitoire, l’impermanence. Le monde actuel va bientôt s’évanouir. Elle passe la figure de ce monde. Le sujet de l’eschatologie est en transit. La figure de l’apôtre exprime parfaitement ce registre de l’attente eschatologique. L’apôtre est envoyé, il voyage sans cesse pour annoncer la bonne nouvelle, il est pauvre, sa vie et son confort n’ont pas d’importance. En se convertissant, l’Empereur est devenu semblable à l’apôtre, isapostolos. Mais imagine-t-on un Empereur romain passant son temps à voyager pour évangéliser? En revanche, on peut représenter cet Empereur par une icône qui est, elle, aisément transportable. Le recul de l’eschatologie et l'installation dans la durée implique un système politique fondé sur la recherche de l’unanimité, de la permanence, de la pérennité. À côté du texte chrétien, il y a maintenant la peinture, et surtout l’icône, qui présente un double avantage sur le texte: elle permet l’unanimité, puisque toute la communauté peut accéder au texte désormais figuré, y compris les illettrés qui sont l'immense majorité. L’icône permet d’éviter de se confronter à la lettre du texte, il évite la polysémie du texte et le recours à l’exégèse. L’icône permet ainsi de fixer la doctrine. Accessoirement, avec l’icône, on affirme la beauté et la valeur des objets du monde, on réintègre l’art qui n’a rien à faire dans un monde qui attend sa fin. Désormais, l’art et l’eschatologie ne feront pas bon ménage. La Réforme, qui prônera le retour au seul texte (sola scriptura) brûlera les statues des Églises. Et l’Église répondra au défi des réformés par un redoublement de l’image, par cette formidable inflation d’images que constitue le baroque et son exubérance. Le sujet de l’eschatologie ne s’intéresse qu’au sens ultime des choses, à ce qui entre dans l’économie du salut, non à la forme. La forme est sans valeur, elle renvoie à l’accidentel, à l’ordre de la créature, à ce qui détourne du sens. L’art, de son côté, a tendance à se constituer en un système, disposant de ses valeurs propres, toujours plus conscientes, plus autonomes. Il revêt progressivement une fonction de libération, ici et maintenant: libération du quotidien et aussi, avant tout, libération de la pression du rationalisme. Prétention qui le place en situation de concurrence directe avec les religions du Salut, comme on le verra à la Renaissance.

A la Renaissance, justement, l'Eglise se voit contrainte de réformer l'ensemble de son dispositif de contrôle du sens. La redécouverte de la culture gréco-romaine, les progrès de la science et du libre examen et surtout la Réforme, ouvrent une période difficile pendant laquelle l'Eglise est contrainte à la défensive.  La science elle-même est vécue par l'Eglise comme menaçante comme l'attestent les mésaventures de Galilée, de Copernic, et de Giordano Bruno. L'Eglise doit s'en remettre à l'Inquisition, ce qui ne dénote pas une grande confiance en soi. La crise va s'approfondir avec deux événements majeurs: les Lumières et la séparation de l'Eglise et de l'Etat. C'est que l'Université républicaine entend désormais étudier la religion comme un fait et non comme un dogme. Le repli de l'Eglise s'accentue avec le refus du Libéralisme en politique et du Modernisme. L'Eglise est cernée de tous côtés: Darwinisme à gauche qui menace le dogme créationniste. Exégèse protestante à droite qui utilise les méthodes scientifiques au détriment  des arguments d'autorité. Démocratie devant, qui fonde la souveraineté populaire et Individualisme derrière. Les exclus de l'Eglise, comme Loisy, ne sont plus contraints comme Giordano Bruno de s'exiler, ils peuvent désormais trouver refuge au Collège de France. Le monopole interprétatif que revendique l'Église catholique est largement contesté, on entre dans une phase de duopole. On n'est pas encore dans la phase de la concurrence pure et parfaite.
Le changement va cependant venir du sein même de l'Eglise. Grâce à Lagrange (1855-1938). Le Fondateur de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem voit d'abord certains de ses travaux interdits de publication car suspects de progressisme. Mais Lagrange parvient à maintenir sa soumission à l'Église, sans rien lâcher de ses convictions exégétiques, remettant en cause les idées reçues et les vieilles habitudes. Il va simplement attendre son heure car il sait qu'elle viendra. C'est précisément l'Encyclique
Divino Afflante Spiritu qui va le réhabiliter. L'Eglise comprend que son combat défensif est hors de saison, que les démocraties ont gagné et sont installées pour longtemps et qu'il vaut mieux se replier "sur des positions préparées à l'avance" ce qui est la manière dont les grands stratèges désignent la "retraite".

Les exégètes catholiques, usant correctement de ces mêmes armes d'ordre scientifique dont abusaient trop souvent nos adversaires, ont proposé des interprétations qui, tout en s'accordant avec l'enseignement catholique et les sentences traditionnelles, paraissent en même temps répondre aux difficultés soulevées par les nouvelles explorations et les nouvelles découvertes, ou à celles dont l'antiquité a laissé à notre temps la solution. D'où il est résulté que la confiance dans l'autorité de la Bible et dans sa valeur historique, ébranlée jusqu'à un certain point auprès de quelques-uns par tant d'attaques, est aujourd'hui complètement rétablie chez les catholiques ; bien plus, il ne manque pas d'écrivains même non catholiques, qui, grâce à des recherches entreprises avec calme et sans préjugés, ont été amenés à rejeter les opinions des modernes et à revenir, au moins ici ou là, aux sentences plus anciennes. Ce changement est dû, en grande partie, au labeur infatigable par lequel les commentateurs catholiques des Saintes Lettres, sans se laisser effrayer par les difficultés et les obstacles de tout genre, se sont employés de toutes leurs forces à utiliser tout ce que les recherches actuelles des érudits, soit en archéologie, soit en histoire ou en philologie, ont apporté pour résoudre les questions nouvelles...

...En effet, comme de nouvelles et graves difficultés et problèmes avaient surgi, soit en raison des préjugés du rationalisme, qui s'était insinué partout, soit surtout à la suite des fouilles et des explorations de monuments très anciens, effectuées en maintes régions de l'Orient, afin de rendre plus sûrement et plus abondamment accessible, pour l'utilité du troupeau du Seigneur, cette source insigne de la révélation catholique, et aussi afin de ne pas la laisser violer en aucun point, Notre Prédécesseur, poussé par la sollicitude de la charge apostolique, souhaita et voulut " que plusieurs entreprennent, comme il convient, la défense des Saintes Lettres et s'y attachent avec constance

Quelques années après on découvre les manuscrits de Qumran. L'Eglise, de justesse, est de nouveau en phase avec son temps.


 • L’interprétation de la Bible dans l’Eglise.

Ce document pontifical constate la coexistence de six types de lectures de la Bible.

1. La méthode historico-critique
2. Les nouvelles méthodes d’analyse littéraire (rhétorique, narratologie, etc.)
3. Les approches basées sur la Tradition (tradition canonique, « recours aux traditions juives d’interprétation »)
4. Les approches par les sciences humaines (Sociologie, Anthropologie, Psychologie et Psychanalyse)
5. Les approches contextuelles (Cultural Studies, Gender Studies, Théologie de la Libération)
6. La lecture fondamentaliste.

L'Eglise peut désormais adopter une posture d’arbitre. Elle se place au dessus des querelles d’exégètes. La Commission biblique pontificale s'attribue même un rôle de garant : Différentes approches du texte doivent être combinées de façon qu’aucune « critique » ne devienne le mode d’interprétation exclusif. L’Eglise veille désormais à l’absence de monopole. Que de chemin parcouru !

Le midrash, objet que nous étudions dans cette revue, est donc admis dans la sphère des interprétations recevables. Mais il est aussi désormais noyé dans un compendium de techniques, de genres, d'approches et autres méthodes. On remarquera que l'auteur de ce document épiscopal, le Cardinal Joseph Ratzinger, établit une subtile hiérarchie entre les méthodes (points 1 et 2) et les approches qui semblent bien inférieures sous le rapport de la scientificité. Ainsi le Midrash n'est pas encore recevable comme méthode, il est une simple approche. Curieusement, la Tradition Canonique elle-même n'est qu'une approche. Balle au centre.

Nous espérons parvenir à montrer dans nos prochains articles que le Midrash est une méthode et qu'il peut valablement se prévaloir de quelques résultats. Cela nous donnera l'occasion de vérifier les résultats obtenus par les autres approches.




Date de création : 03/01/2008 : 02:59
Dernière modification : 09/01/2008 : 13:54
Catégorie : Articles

up Haut up


Site propulsé par GuppY - © 2004-2007 - Licence Libre CeCILL
Document généré en 0.04 seconde