le Champ du Midrash

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L'arc et la Mandorle (suite)

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Hans Memling (c.1430-1440, 1494) Le Jugement Dernier, triptyque, panneau central 1466-1473 Huile sur bois 221 x 161 cm Muzeum Narodowe, Gdansk. Le Jugement Dernier de Memling fut exposé à Paris en 1814. Stendhal ne manqua pas l’occasion de
dire tous le mal qu’il pensait de la plèbe, d’un trait de plume : « Allez au musée un dimanche, vous trouverez, à un certain point de la galerie, le passage intercepté par la foule rassemblée devant un tableau, et tous les dimanches devant le même.Vous croyez que c'est un chef-d'œuvre ? Pas du tout: c'est une croûte de l'école allemande, représentant le Jugement dernier. Le peuple aime à voir la grimace des damnés ».

La mandorle a fait place à un halo mais une autre lumière semble sourdre de l’horizon tracé aux 2/5èmes inférieurs du tableau sans que l’on puisse deviner si le jour se lève ou si l’on est déjà au crépuscule.

Les attributs du jugement (instruments du supplice, globe sous les pieds du Christ, glaive et fleur de lys, vaste manteau rouge entrouvert, trompettes, archange saint Michel tenant la balance nécessaire à la pesée des âmes) sont au complet. L’archange du bout de sa lance énerve le futur damné qui gigote sur son plateau. Cependant, la variété des postures déjà notée chez Van der Weyden s’enrichit d’une diversité expressive, les situations décrites étant plus complexes : chutes, supplications, hurlements terrifiés tourmentent déjà les corps et les visages aussi sûrement que les diables et les flammes qui occupent le panneau droit. Les damnés lorsqu’ils parviennent au seuil de la bouche infernale y sont attirés dans un mouvement de spirale. Cette excitation ( l’un des damnés est en opisthotonos ) contraste avec l’attitude guindée des élus qui gravissent dans la dignité les marches d’une Nouvelle Jérusalem très franchement gothique. Les élus sont peu nombreux, par comparaison avec la cohorte agitée des damnés. Parmi les premiers devaient se reconnaître quelques généreux commanditaires. La composition du panneau gauche évoque celle de Lochner.

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Ecole des Pays-Bas méridionaux (Bruxelles entre 1495 - 1506) Le jugement dernier panneau central du triptyque de Zierikzee : Musées royaux de Bruxelles
Le panneau est divisé en deux parties inégales ; l’inférieure, plus étendue, représente les élus au premier plan, les damnés précipités par les démons dans les flammes de l’Enfer au second plan. Vêtu d’un manteau rouge au drapé étudié, le Christ est assis sur un arc-en-ciel rouge et doré, accompagné du glaive et de la fleur de lys. Ses pieds reposent sur un globe. Les anges porteurs des instruments du supplice ont disparu mais la croix se dresse derrière le Christ. L’accent étant mis sur les élus, prenant la pose au premier plan; leur taille surpasse celle du Christ et des intercesseurs.

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Date de création : 09/02/2007 : 01:05
Dernière modification : 13/05/2007 : 00:54
Catégorie : Colloque d'Etel

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