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   <title>le Champ du Midrash</title>
   <link>http://www.lechampdumidrash.net/</link>
   <description>Le champ du Midrash, revue en ligne gratuite, consacr&#233;e au midrash, &#224; l'art et &#224; la litt&#233;rature.</description>
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     <title> Vigne vierge - par Webmaster le 24/12/2012 : 17:51</title>
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     <description>Vigne vierge•&amp;amp;nbsp; Jardins.Le Coran traite &#224; de nombreuses reprises du Paradis, qu'il nomme le Jardin (sauf en 18, 107 o&#249; l'on a firdous, peut-&#234;tre un calque de pardes). En ce sens il s’inscrit dans la tradition Jud&#233;o-chr&#233;tienne. En h&#233;breu gan ‘eden, c’est le Jardin d’Eden qui devient le r&#233;ceptacle des Justes &#224; leur tr&#233;pas. En Syriaque gn, gnh gnt’  c’est le Jardin et par excellence le Jardin d’Eden. Dans le Coran ce  Jardin intervient pr&#232;s de 152 fois. D&#232;s la Sourate 2, la bonne nouvelle  est annonc&#233;e:Annonce  &#224; ceux qui croient et pratiquent de bonnes œuvres qu'ils auront pour  demeures des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux; chaque fois  qu'ils seront gratifi&#233;s d'un fruit des jardins ils diront: &#171;C'est bien  l&#224; ce qui nous avait &#233;t&#233; servi auparavant&#187;. Mais c’est (seulement)  semblable ; ils auront l&#224; des &#233;pouses pures, et l&#224; ils demeureront  &#233;ternellement. (2, 25) Wa  bashiri allathina amanu wa'amilu al salihati anna lahum jannatin tajri  min tahtiha al anharu kullama ruziqu minha min thamaratin rizqan qalu  hatha allathi ruziqna min qablu waotu bihi mutashabihan walahum fiha  azwajun mutaharatun wahum fiha khalidunaEn parcourant les occurrences de ce Jardin, on voit vite qu’un &#233;l&#233;ment est syst&#233;matiquement associ&#233; au Jardin, ce sont les ruisseaux qui coulent sous le Jardin. nhr&amp;amp;nbsp; (&amp;amp;#1606; &amp;amp;#1607; &amp;amp;#1585;) c’est en arabe le ruisseau et aussi le jour, cette distribution du sens provenant sans doute de l’aram&#233;en (nhr : to shine, nhr: river). Ainsi d&#232;s la seconde occurrence du Jardin en&amp;amp;nbsp; 3, 15 nous avons:Pour  les pieux, il y a, aupr&#232;s de leur Seigneur, des jardins sous lesquels  coulent les ruisseaux, pour y demeurer &#233;ternellement, et aussi, des  &#233;pouses purifi&#233;es, et l'agr&#233;ment d'Allah (3, 15)&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; 'inda rabbihim jannatun tajri min tahtiha alanharu khalidina fiha w'zwajun mutaharatun waridwanun mina Allahi Nous  constatons qu’outre les ruisseaux, un nouvel &#233;l&#233;ment est maintenant  associ&#233; au Jardin: la pr&#233;sence d’&#233;pouses pures. L’id&#233;e nous vient alors tout  naturellement de comparer ce que nous dit le Coran avec la litt&#233;rature  des Jardins chez les Juifs et les Chr&#233;tiens d’Orient.Prenons par exemple le texte peu connu nomm&#233; midrash gan ‘eden. Voici comment il s’ouvre:R.  Yehoshua ben Levi a dit : Le Jardin d’Eden a deux entr&#233;es avec des  portes de Jacynthe et sur chaque porte se tiennent 60 myriades de  l&#233;gions d'anges desservants, dont la face resplendit comme le firmament.  Quand un juste vient vers eux ils lui &#244;tent les v&#234;tements qu’il avait  dans sa tombe et le v&#234;tent des sept&amp;amp;nbsp; v&#234;tements (certains disent huit) de  la nu&#233;e de gloire, et d&#233;posent sur sa t&#234;te deux couronnes, l'une de&amp;amp;nbsp;  pierres pr&#233;cieuses et de perles, et l’autre d'or pur et on lui met 8  branches de myrte dans la main, on prononce ses louanges et on lui dit :  Va, mange avec joie ton pain (Qoh&#233;let 9,7).Comme nous  avions d&#233;j&#224; remarqu&#233; dans le Coran un passage possiblement inspir&#233; par  un r&#233;cit agadique attribu&#233; &#224; R. Yehoshua ben Levi, on peut penser qu’il y  a peut-&#234;tre eu une circulation d’inspirations communes entre le Coran  et le midrash.Justement, le midrash&amp;amp;nbsp; gan ‘eden conna&#238;t bien les ruisseaux du Paradis: Suite de notre traduction:On  le fait entrer en un lieu de ruisseaux d'eau entour&#233; de huit cents  esp&#232;ces de c&#232;dre et de myrte et de roses, et chacun des justes a son  propre dais correspondant &#224; ses actes, comme il est dit : Car sur toute  gloire il y aura un dais (Is 4, 5). Et  chacun dispose de quatre rivi&#232;res, une de lait, une de vin, une de  baume et une de miel, et chaque dais est recouvert d’une vigne d'or  portant trente perles, et chacune a un &#233;clat brillant et splendide.  Chaque dais dispose d’une table faite de pierres pr&#233;cieuses, et 600 000  anges se tiennent sur chaque Juste et lui disent: mange&amp;amp;nbsp; ce miel, car tu  t’es adonn&#233; &#224; la Tora, qui est&amp;amp;nbsp; compar&#233;e au miel, comme il est dit:  savoureux plus que le miel (Ps 19,11)La sourate 18,  d&#233;crivant le Jardin, mentionne bien s&#251;r les ruisseaux, d&#233;sormais  familiers, mais aussi les riches v&#234;tements des h&#244;tes de ces lieux:Ils  y seront par&#233;s de bracelets d'or et se v&#234;tiront d'habits verts de soie  fine et de brocart, accoud&#233;s sur des divans bien orn&#233;s(18, 31)On  voit donc qu’il y a bien des analogies entre le Coran et notre midrash,  mais il y a une diff&#233;rence de taille: c’est que le Midrash laisse  entendre que, m&#234;me dans les fastes du Jardin, le Juste va continuer &#224; &#233;tudier  la Tora. Notre midrash se poursuit en effet ainsi:On  lui dit (au Juste): bois ce vin conserv&#233; dans le raisin des six jours  de la cr&#233;ation, puisque tu t’es consacr&#233; &#224; la Tora, compar&#233;e au vin comme  il est dit :Je te ferais boire un vin parfum&#233; (Ct 8,2).&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1498; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1495;Mais il ne s’agit pas d’une beuverie, car le contexte de ce verset nous renvoie &#224; l’&#233;tude de la Loi: Je te conduirais, je t'introduirais dans la maison de ma m&#232;re, tu m'enseignerais! Je te ferais boire un vin parfum&#233;...(Ct 8,2)Observons que dans le Coran, le terme pour vin est en g&#233;n&#233;ral khamar, mais en une unique occasion (83, 25) le terme est raHiq.  Comme vous le savez, il est difficile de traduire un hapax, puisque  l’on manque de contextes pour v&#233;rifier la valeur du terme. Fort  heureusement cela n’a strictement aucune importance &#224; cause de  l’arbitraire du signe. Ainsi peu de gens savent que l’h&#233;breu gvina est un hapax (Job 10,10). Cela n’emp&#234;che pas que tous les enfants h&#233;br&#233;ophones savent d&#232;s l’&#226;ge de deux ans que gvina  c’est du fromage. On pourrait certes, pour la pure gloire philologique,  passer quelques ann&#233;es &#224; rechercher le signifi&#233; originel de gvina, mais cela ne servirait &#224; rien, car la place est prise,&amp;amp;nbsp; gvina sera toujours du fromage, et cela jusqu'&#224; la fin des temps, m&#234;me si c’est un fonctionnaire qui en a d&#233;cid&#233; ainsi. Revenons &#224; notre vin parfum&#233; (&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1495;) il est possible que le terme raHiq provienne de reqaH par m&#233;tath&#232;se, ph&#233;nom&#232;ne linguistique fr&#233;quent surtout dans les langues s&#233;mitiques.• Ivresse soufieIl  existe dans l’Islam, plus pr&#233;cis&#233;ment dans la tradition soufie, l’id&#233;e  que le vin dont il est question dans le Coran est le symbole d’un savoir  &#233;nigmatique. Comme cela est naturel dans toutes les religions, ce qui  est obscur ou cach&#233; devient vite l’indice de secrets mystiques. Ainsi en Juda&#239;sme, Pardes en est venu &#224; signifier savoir &#233;sot&#233;rique. Il est vrai que le r&#233;cit &#233;d&#233;nique de l'arbre de la connaissance du bien et du  mal contribue &#224; cela. Une particularit&#233; des soufis consiste par exemple dans les po&#232;mes  dits Hamiriyya qui correspondent &#224; des &#233;tats d’ivresse mystique:Louable est mon ivresse, licite est le nectar Dont la vigne et son fruit n'ont pas eu de part. A la coupe divine o&#249; je portai mes l&#232;vres, L'unique goutte bue, en mon &#226;me soul&#232;ve Une extase dont le feu ne s'&#233;teindra jamais. . L'Amour! Lorsqu'il atteint le Cœur d'un amoureux Fait que la nuit obscure pour lui devient clart&#233;... (Al-J&#238;l&#226;n&#238;) Trad. Roger Du Pasquier• Intervention des Houris.Le  Coran ne nous fournit aucun indice sur un quelconque lien entre le vin  et un savoir myst&#233;rieux. Il semble donc inutile de supposer une  inspiration commune avec le midrash qui, lui, semble, &#233;laborer ce type  de lien. C’est ici qu’interviennent les &#233;pouses dont parle le Coran. Plus exactement le Coran connait des personnages nomm&#233;s Houris (Hurun) qui ont &#233;t&#233; la source de nombreuses controverses. Quatre sourates seulement nous parlent des Houris:(S. 44) Et nous leur donnerons pour &#233;pouses des houris aux grands yeux. (44, 54)&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;(S. 52)&amp;amp;nbsp; et nous leur ferons &#233;pouser des houris aux grands yeux noirs (52, 20)&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;(S. 55) Ils y trouveront [les houris] aux regards chastes, qu'avant eux aucun homme ou djinn n'aura d&#233;flor&#233;es. (55, 56)&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Des houris clo&#238;tr&#233;es dans les tentes (55, 72)&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;(S. 56) Et ils auront des houris aux yeux, grands et beaux (56, 22)&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;• Vierges ou vin gard&#233; pour la fin des temps ?Comment  savons-nous que les Houris (Hurun) dont parle le Coran sont des  vierges? Comment savons-nous m&#234;me qu’il s’agit de femmes ? R&#233;ponse: Par  nos traductions du Coran:Des houris clo&#238;tr&#233;es dans les tentes (55, 72)(Hurun maqsuratun fi al khiyami )Le  verset que l’on vient de citer ne laisse aucun doute: Qui d’autre  qu’une femme peut &#234;tre cloitr&#233;e dans une tente ? Et comme quelques  versets plus haut il nous est dit:qu'avant eux aucun homme ou djinn n'aura d&#233;flor&#233;es (55,56)La  chose est entendue: il s’agit bien de vierges offertes aux Justes dans  le Jardin des d&#233;lices. Un autre verset vient d’ailleurs clore la  question:&amp;amp;nbsp;Et nous leur donnerons pour &#233;pouses des houris aux grands yeux&amp;amp;nbsp; (44, 54)Pourtant,  un auteur controvers&#233; a r&#233;cemment propos&#233; de relire ce passage. Il  arrive &#224; la conclusion que le texte parle de raisin et non de vierges.  Mais cette conclusion est insuffisante &#224; nous &#233;clairer sur la question  de savoir s’il existe ou non un lien entre ce raisin et l’id&#233;e de savoir  ou d’enseignement.&amp;amp;nbsp; Il nous faut donc reprendre la question depuis le  d&#233;but: Comment savons-nous que les cr&#233;atures nomm&#233;es Hurun sont cloitr&#233;es dans des tentes (khiami) ? On peut l&#233;gitimement se poser la question d&#232;s lors que l’on s’aper&#231;oit que khiami  est un hapax (voir plus haut la question du fromage). Quant au rendu  &#171;&amp;amp;nbsp;cloitr&#233;es&amp;amp;nbsp;&#187;, le verbe arabe signifie &#171;&amp;amp;nbsp;r&#233;serv&#233;&amp;amp;nbsp;&#187; En aram&#233;en la racine qcr est celle de la cueillette. Il suffit alors de  lire phon&#233;tiquement qiyama au lieu de khiami  pour lire que ces cr&#233;atures myst&#233;rieuses sont mises de cot&#233; (voire cueillies) pour la fin  des temps. Or le contexte de tous ces passages sur les Houris parle  de la r&#233;tribution des Justes au Paradis. Il s’agirait  donc non pas de vierges, mais d'un vin particulier: un savoir conserv&#233;  depuis l’origine des temps. Ce th&#232;me fr&#233;quent dans la litt&#233;rature juive  serait pass&#233; dans le Coran. Gn 27, 25: Isaac  reprit : Sers-moi et que je mange de la chasse de mon fils, afin que  mon &#226;me te b&#233;nisse. Il le servit et il mangea, il lui pr&#233;senta du vin et  il but. Le Targum Pseudo Jonathan: explique qu'un ange apporta &#224; Jacob du vin conserv&#233; dans des raisins depuis la cr&#233;ation du monde.&amp;amp;#8206;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1512;  &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1489; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1491;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1490;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1491;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1498; &amp;amp;#1504;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1489; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1492;  &amp;amp;#1495;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1490;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1494;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1495;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1491;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1496;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1506; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1497;  &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1491; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1489; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1489; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1496;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497;• De quelques objections &#224; notre hypoth&#232;se.Nous  r&#233;pondons ici &#224; quelques objections que l'on peut l&#233;gitimement opposer &#224;  l'hypoth&#232;se des Houris comme savoir ou vin (et non comme vierges).• Objection 1:&amp;amp;nbsp; Le texte coranique parle de d&#233;floration. Il ne saurait donc s'appliquer &#224; des raisins (ou &#224; du vin)R&#233;ponse:&amp;amp;nbsp; Le verbe arabe yatmithunna peut renvoyer au sens de rendre impur (cf. h&#233;breu tame)• Objection 2: Le Coran parle de Houris aux grands yeux. Cet attribut ne peut s'appliquer qu'&#224; des &#234;tres humains.R&#233;ponse: Le Coran a le terme ‘inun qui signifie effectivement yeux. Mais les textes de l'&#233;poque jouent volontiers sur l'assonance entre ‘ayin (œil) et yayin (vin). De plus l’h&#233;breu tardif et le syriaque ont int&#233;gr&#233; de nombreux emprunts du grec, or en grec le vin c’est oinos qui est translitt&#233;r&#233; souvent par ‘ain. Exemple : en Aram&#233;en: jarre de vin: ynwqrmy&amp;amp;#702; De plus le mot ‘ayin &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; de l’œil forme le d&#233;but de &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1489;&amp;amp;nbsp; le raisin.• Objection 3: Mais le texte ne dit-il pas que ces cr&#233;atures sont belles ?R&#233;ponse:  Le texte compare ces choses &#224; des rubis et des perles, mais c’est un  lieu commun du midrash que de comparer aussi le vin &#224; de belles choses: Ne regarde pas le vin, comme il est vermeil! comme il brille dans la coupe! comme il coule tout droit! (Proverbes 23, 31). Vous noterez que l’h&#233;breu de ce passage a une mani&#232;re curieuse pour dire briller (yiten ‘eyno: il donne son œil !). Oui, le vin a des yeux, il jette des regards effront&#233;s et directs, telle une femme facile et provocante. Le verset comporte un qeri-ketiv sur le mot coupe (cos) terme qui est lu kis (bourse) dans une allusion &#224; la sexualit&#233; que le midrash ne dissimule pas du tout. •  Objection 4: Le texte coranique rapproche le terme Houris du terme  d'&#233;pouses, ce ne peut donc &#234;tre que l'attribut d'un &#234;tre humain et non  d'un fruit.R&#233;ponse: On peut certes marier les justes aux Huris, comme le fait le Coran, mais on peut aussi les associer par paires (zwg) ou les v&#234;tir (zwg) ou les r&#233;tribuer (rwg) en supposant la modification d'une lettre.&amp;amp;nbsp;•   Contre objection : Les dictionnaires nous apprennent que Houri vient de la racine &amp;amp;#7717;&amp;amp;#257; w&amp;amp;#257;w r&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1581; &amp;amp;#1608; &amp;amp;#1585;). Or voyons les formes rattach&#233;es &#224; cette racine: 1: ya&amp;amp;#7717;&amp;amp;#363;ra (84:14) sens de retourner qui semble devoir &#234;tre plut&#244;t rattacher &#224; aHr, 2: le sens &amp;quot;sp&#233;cifique&amp;quot; li&#233; aux Houris et 3 : le sens majoritaire de disciples (l-&amp;amp;#7717;aw&amp;amp;#257;riy&amp;amp;#363;na cf. 3,52; 5,111;5,112;61,14). Or ce sens de disciple serait plut&#244;t &#224; rattacher &#224; Hbr (Haber) ce qui nous reconduirait au contexte de l'&#233;tude et du savoir.Devons-nous  donc renoncer d&#233;finitivement &#224; nos vierges ? - Eh bien pas du tout ! En  effet par un retournement surprenant, dont le midrash a le secret, on va  voir que le Coran est fond&#233; &#224; parler de vierges.• Le retour des vierges.C'est  que les choses ne sont pas si simples. Nous serions en pr&#233;sence de  mat&#233;riaux midrashiques d’origine juive, or le midrash juif &#233;tablit une  relation entre le vin et les vierges. Par exemple quand le midrash  explique ce verset du Cantique des Cantiques: TES AMOURS SONT PLUS  D&#201;LICIEUSES QUE LE VIN, il &#233;nonce d'abord: Les paroles de la Tora se ressemblent, ce sont des compagnes proches (dodim), elles sont &#233;troitement apparent&#233;es. Commentant: ET VIN EN ABONDANCE, le midrash nous dit: il s'agit de vierges, comme il est dit : et le vin doux, les vierges (Zacharie 9, 17).&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1468;&amp;amp;#1460;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1463;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1470;&amp;amp;#1496;&amp;amp;#1468;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1468;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1465; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1468;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1463;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1470;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1464;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1456;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1465; &amp;amp;#1491;&amp;amp;#1468;&amp;amp;#1464;&amp;amp;#1490;&amp;amp;#1464;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1468;&amp;amp;#1463;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1468;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1460;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1463;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1460;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1465;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1473; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1463;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1465;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1461;&amp;amp;#1489; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1468;&amp;amp;#1456;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1467;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1465;&amp;amp;#1514;Noter que ce verset rapproche le vin des vierges, mais qu'il contient aussi le terme baHurim  (jeunes gens/&#233;lus). Or cette sonorit&#233; est celle des passages coraniques  parlant des Houris: Le terme Houris intervient deux fois seul (Hurun) et deux fois avec la conjonction bi (dans) bi-Hurin (biHurin ‘inin). Il se trouve que l’aram&#233;en semble convoquer&amp;amp;nbsp; les m&#234;mes signifiants: Ainsi  nous avons vu que le vin brille (il donne son œil): or bHr signifie  briller (voir Jastrow 156). Nous parlions de vin conserv&#233; pour la fin  des temps or bHr signifie aussi en aram&#233;en &amp;quot;apr&#232;s&amp;quot; &amp;quot;&#224; la fin&amp;quot;. Mais tout cela  ne serait que pure sp&#233;culation tant que nous pourrons pas trouver dans un  dictionnaire aram&#233;en ou h&#233;breu le terme Houri. Or, nous le trouvons.  Cela se trouve &#224; la page 452 du dictionnaire Jastrow. Ce terme c’est&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1495;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; qui signifie vin et qui peut parfaitement se lire Hurin. Ce dictionnaire nous donne une autre prononciation de ce terme : Hivaryayin: Le terme qui pr&#233;c&#232;de est Hivar  qui signifie blanc. C’est donc un vin qui avait perdu sa couleur, son  &#233;clat. En syriaque &amp;amp;#7717;&amp;amp;#702;yr c’est le &amp;quot;regard&amp;quot;, donc tout cela est tr&#232;s  construit et on reste dans notre ensemble de signifiants.R&#233;sumons: la s&#233;quence coranique Hurun ‘inun serait un calque phon&#233;tique de Hivaryayin. Le  Coran est donc fond&#233; d’une certaine fa&#231;on &#224; parler de vierges, mais  seulement dans le sens ou le midrash d’emprunt &#233;tablit un rapport  (midrashique) entre vierges et vin. Or ce sens existe et concerne  l’all&#233;gement de la Loi. Dans le midrash juif, le vin c’est la loi. Le  vin gard&#233; pour les Justes de la fin des temps est une loi all&#233;g&#233;e.&amp;amp;nbsp;• Le Paradis chez Ephrem le Syrien. Nous  avons compar&#233; le contenu du Paradis coranique aux textes juifs, mais  qu'en est-il des textes chr&#233;tiens de l'&#233;poque imm&#233;diatement  pr&#233;-coranique? Ephrem le Syrien a compos&#233; par exemple un imposant Hymne  au Paradis. Dans cet Hymne, la sexualit&#233; est massivement pr&#233;sente mais  d'une mani&#232;re inattendue: n&#233;gativement pr&#233;sente. Elle est transfigur&#233;e.&amp;amp;nbsp;Les  mouvements des sens que la honte entachait sont r&#233;duits au silence et  de la convoitise Les sources obstru&#233;es ; La fi&#232;vre an&#233;antie; l’&#226;me  purifi&#233;e comme un bl&#233; sans ivraie en l’Eden grandit.&amp;amp;nbsp; L'&#233;l&#233;ment  qui triomphe en Eden c'est la virginit&#233;. Les femmes rajeunissent et les  traces de la mal&#233;diction des enfantements sont effac&#233;es.En R&#233;compense des bonnes œuvres, comme l'aum&#244;ne aux pauvres, les Justes re&#231;oivent une nourriture infinie: &amp;amp;nbsp; Les  biens de ce lieu-l&#224;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; R&#233;jouissent les femmes Qui connurent fatigue au  service des saints :&amp;amp;nbsp; Elles y voient la veuve Qui accueillit &#201;lie,&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;  Savourer elle aussi les d&#233;lices d’&#201;den, Et au lieu des deux sources Dont  elle eut sa pitance - La jarre et la cruche – Les branches des arbres  Donnent dans l’&#201;den nourriture&amp;amp;nbsp; &#192; ces femmes qui nourrirent les  pauvres.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; L'Eden est donc bonheur et paix&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Personne  n’y travaille,&amp;amp;nbsp; Car aucun n’y a faim. Nul n’y conna&#238;t la honte, Car  personne n’y p&#232;che ; Non plus que repentir,&amp;amp;nbsp; Car point de p&#233;nitence. Les  turbulents y sont En paix et en repos. Personne n’y vieillit,&amp;amp;nbsp; Car  personne n’y meurt. On n’y enterre point, Car nul n’y met au monde.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;  Ils n’ont pas de souci, Ils n’ont pas de souffrance. Ils n’ont pas de  terreur,&amp;amp;nbsp; Car ils n’ont pas de pi&#232;ge. Ils n’ont pas d’ennemi, Ayant fini  la lutte. Eux-m&#234;mes , &#224; toute heure, Se disent bienheureux. Leurs  combats Ont cess&#233;. Ils ont pris leurs couronnes, Ils ont en leurs  demeures obtenu le repos.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Mais, m&#234;me  dans cette f&#233;licit&#233;, Ephrem garde l'id&#233;e rabbinique de r&#233;tribution.  Chaque &#234;tre jouit de l'Eden &#224; proportion de ses m&#233;rites. Le principe  &amp;quot;mesure pour mesure&amp;quot; (mida keneged mida) reste en vigueur:C’est selon qu’ici-bas chacun rend pur son œilqu’il pourra contempler la gloire du Tr&#232;s-Grand.C’est selon que chacun ouvre ici ses oreillesqu’il pourra accueillir la Sagesse de Dieu !C’est selon que chacun rend large ici son cœurqu’il pourra pour sa part recevoir ses tr&#233;sors !Car avec mesure le Seigneur sans mesure alimente chaque &#234;tre,L'Hymne  au Paradis fait aussi une place &#233;minente &#224; Marie, la Vierge efface en  effet le p&#233;ch&#233; d'Eve. Mais il en ressort que le signifiant &amp;quot;vierge&amp;quot; est  intimement li&#233; au Paradis. On peut m&#234;me dire que la Vierge est le  Paradis. De m&#234;me le vin y joue un r&#244;le essentiel:La vigne vierge donne une grappe d’un vin doux.Par lui furent consol&#233;s de leurs afflictions&#200;ve et Adam qui &#233;taient tristesIls gout&#232;rent le rem&#232;de de vieet par lui Furent consol&#233;s de leurs afflictions • Pourquoi le vin est-il interdit dans le Coran ?Si  l'Islam a subi les influences textuelles du jud&#233;o-christianisme,  pourquoi se distingue-t-il de ces religions par la prohibition du vin?  Dans la description midrashique du Paradis nous avons not&#233; la pr&#233;sence  de quatre ruisseaux (vin, lait, miel, baume) qui renvoient &#224; Gn 2, 10: Un fleuve sortait d'&#201;den pour arroser le jardin et de l&#224; il se divisait pour former quatre bras. Nous retrouvons ces ruisseaux dans le Coran:&amp;amp;nbsp; Voici la description du Paradis qui a &#233;t&#233; promis aux pieux: il y aura l&#224; des ruisseaux d'une eau... et des ruisseaux d'un lait au go&#251;t inalt&#233;rable, et des ruisseaux d'un vin d&#233;licieux &#224; boire, (waanharun min khamrin) ainsi que des ruisseaux d'un miel purifi&#233;, &amp;amp;#8234;(47,15) &amp;amp;#8236;Le terme khamr &amp;amp;#1582; &amp;amp;#1605; &amp;amp;#1585; proviendrait de l'aram&#233;en Hmr, la prononciation kh (&amp;amp;#1582;) &#233;tant proche de la prononciation H (&amp;amp;#1581;). Mais si le Hamra est devenu khamra, est-ce que le khamra des versets qui prohibent le vin n'a pas subi d’autres d&#233;formations ou &#233;laborations?Dans la Sourate 5 (Al-Maaida)  on trouve les deux principaux versets qui interdisent le vin alors que  cette sourate complexe traite notamment de la fin de certains interdits  alimentaires:&amp;amp;nbsp;O  les croyants! Le  vin, le jeu de hasard, les pierres dress&#233;es, les  fl&#232;ches de divination  ne sont qu'une abomination, œuvre du Diable.  Ecartez-vous en, afin que  vous r&#233;ussissiez. &amp;amp;#8234;(5, 90)&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#8236; Le Diable ne  veut que jeter parmi  vous, &#224; travers le vin et le jeu de hasard,  l'inimiti&#233; et la haine, et  vous d&#233;tourner d'invoquer Allah et de la  Sal&#226;t... &amp;amp;#8234;(5,&amp;amp;nbsp; 91)&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#8236;Pourquoi  le vin est-il ici li&#233; &#224; une s&#233;rie d’&#233;l&#233;ments qui &#233;voquent plut&#244;t  l’idol&#226;trie ? Supposons que le texte parle de divination astrale et  d’astrologie, dans ce cas, il est possible que nos versets parlent  en r&#233;alit&#233; de qmr (signes du zodiaque) et non de khamar. Comme le qof est proche du khaf, l’erreur est au moins envisageable. L’arabe coranique conna&#238;t bien cette racine, puisque c’est celle de la lune : q&amp;amp;#257;f m&amp;amp;#299;m r&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1602; &amp;amp;#1605; &amp;amp;#1585;): luneDe quoi en effet le verset 5, 90 demande-t-il au croyant de s'&#233;loigner ? de quatre choses: 1. al khamru 2. wa al maysiru 3. wa al ansabu 4. wa al azlamu qui sont qualifi&#233;es de&amp;amp;nbsp; rijsun. Le verset s'adresse au croyant.  En quoi le vin concerne-t-il la croyance en un Dieu unique ? Voyons  quelles sont les trois autres abominations qui menacent le croyant :1. maysiru (les suppos&#233;s jeux de hasard) est rattach&#233; &#224; la racine y&amp;amp;#257; s&amp;amp;#299;n r&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1610; &amp;amp;#1587; &amp;amp;#1585;). Nous postulons qu'il faut plut&#244;t rattacher ce mot &#224; la racine arabe de la magie&amp;amp;nbsp; s&amp;amp;#299;n &amp;amp;#7717;&amp;amp;#257; r&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1587; &amp;amp;#1581; &amp;amp;#1585;) qui proviendrait elle-m&#234;me de la magie h&#233;bra&#239;que Hrs (par m&#233;tath&#232;se).2. Le terme ansabu est rattach&#233; &#224; la racine n&amp;amp;#363;n &amp;amp;#7779;&amp;amp;#257;d b&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1606; &amp;amp;#1589; &amp;amp;#1576;). Il proviendrait de l'aram&#233;en&amp;amp;nbsp; m&amp;amp;#7779;b : st&#233;le, statue (Jastrow :matseba, statue)3. Le terme azlamu (les suppos&#233;es fl&#232;ches divinatoires) est rattach&#233; &#224; la racine z&amp;amp;#257;y l&amp;amp;#257;m m&amp;amp;#299;m (&amp;amp;#1586; &amp;amp;#1604; &amp;amp;#1605;) . Il proviendrait de l'aram&#233;en&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#7779;lm, &amp;amp;#7779;lm&amp;amp;#702; (&amp;amp;#7779;lem, &amp;amp;#7779;alm&amp;amp;#257;) : image. (h&#233;breu : tselem)Tous ces termes concernent l'idol&#226;trie et menacent effectivement le croyant. Ce sont des abominations : le terme rijsun rattach&#233; &#224; la racine r&amp;amp;#257; j&amp;amp;#299;m s&amp;amp;#299;n (&amp;amp;#1585; &amp;amp;#1580; &amp;amp;#1587;) serait une d&#233;formation&amp;amp;nbsp; de l'aram&#233;en šqw&amp;amp;#7779; : abomination (le shiquts du Livre de Daniel)  Le 4e terme, le qamar zodiacal, trouve tout-&#224;-fait sa place dans cette  s&#233;rie, alors que le vin semble y figurer en intrus. Il reste donc &#224;  expliquer la prohibition du vin en Islam autrement que par le Coran.</description>
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     <title> Un peu de Jim - par Webmaster le 21/03/2012 : 21:16</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=585</link>
     <guid>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=585</guid>
     <description>Un peu de JimL'ange qui appara&#238;t dans le Coran, Jibril, est semble-t-il, l’ange Gabriel et Hagar est en arabe hajar. Goliat aurait donn&#233; Jallut. Gog et Magog seraient devenus Juj wa Majuj, etc. Il n’y a rien d’&#233;tonnant &#224; ce jeu de correspondances puisque le gimel h&#233;bra&#239;que (la lettre G) est, malgr&#233; les apparences, la m&#234;me lettre que le Jim arabe (la lettre J). De fait, le Jim &#233;tait &#224; l’origine un Gimel et se prononce m&#234;me encore comme un G dans certaines r&#233;gions. L’alphabet arabe est un abjad ou plut&#244;t un abgad.&amp;amp;nbsp; Tant qu’il s’agit de noms propres d’origine biblique, ce petit jeu des correspondances entre Gimel et Jim n’a pas beaucoup d’int&#233;r&#234;t. En revanche, si ces correspondances se retrouvent en nombre dans le domaine des termes essentiels de l’eschatologie, du rituel, de la morale, etc… alors les choses changent. En effet si le volume de ces correspondances s’av&#232;re tr&#232;s important, c’est tout le statut de la langue arabe comme langue autonome et originelle qui est remis en question. Pourtant notre syst&#232;me de correspondances semble fonctionner m&#234;me pour des termes &#171;&amp;amp;nbsp;sensibles&amp;amp;nbsp;&#187; : l'h&#233;breu gan (jardin, paradis) donne tout naturellement janna en arabe. Inversement (si l’on peut dire) gehinam donne jahannam. Le Hajj (le p&#232;lerinage) viendrait tout naturellement de Hag (Hagiga : les f&#234;tes de p&#232;lerinage). Tout comme minhaj (sentier) viendrait de l’h&#233;breu minhag (coutume, habitude, voie). Janaza (enterrement) viendrait&amp;amp;nbsp; de geniza (enfouissement). Nous commen&#231;ons &#224; sortir des habituels termes d’emprunts,&amp;amp;nbsp; en g&#233;n&#233;ral limit&#233;s aux termes techniques. Si&amp;amp;nbsp; par exemple l’h&#233;breu n’a pas de termes propres pour la technique militaire, il utilisera des termes emprunt&#233;s&amp;amp;nbsp; au latin. Le Dictionnaire Jastrow est rempli de termes d’emprunts comme &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1490;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1488; (grec: omologia). Mais on ne comprendrait pas que le noyau dur, les rituels, la liturgie ou l’eschatologie juive aient un vocabulaire largement emprunt&#233; au grec ou au latin. Voyons donc ce qu’il en est du noyau dur coranique:Le mot Dajjal est traduit par Ant&#233;christ, or nous savons que l’Ant&#233;christ est la tromperie. Il se trouve que dagala est en h&#233;breu tardif la tromperie, la ruse (Jastrow 280). De m&#234;me le CAL nous donne: dgl : to lieMasjid (lieu de culte) semble &#234;tre un terme purement arabe. Il est un terme central du vocabulaire de l'islam puisque il a &#233;t&#233; rendu par mosqu&#233;e. Masjid el Haram est la mosqu&#233;e sacr&#233;e. Mais le CAL nous apprend que la racine sgd est celle de la prosternation: sgd : to bow down. Et l'on pourrait ainsi continuer pour les termes centraux de la th&#233;ologie et de l’eschatologieVoyons ce qu’il en est d’autres domaines de la langue. La plupart du temps, il suffit d’interroger le CAL ou le dictionnaire Jastrow pour trouver une origine plausible &#224; une racine nominale ou verbale de l’arabe.• La lapidation (arabe: rajm)&amp;amp;nbsp; viendrait de l'h&#233;breu biblique rgm (Dt 21, 21) et de l’aram&#233;en rgm (to stone)&amp;amp;nbsp;• L’arm&#233;e (arabe: jaysh ) le CAL donne:&amp;amp;nbsp; gys, gys&amp;amp;#704; (g&amp;amp;#275;s, gays&amp;amp;#257;) : army, troop• Une &#238;le (arabe : Jazira) le CAL donne: gzrh, gzrt&amp;amp;#702; (g&amp;amp;#257;zr&amp;amp;#257;, g&amp;amp;#257;zart&amp;amp;#257;) : island• L’&#233;p&#233;e (arabe: sayif)&amp;amp;nbsp; le CAL donne:&amp;amp;nbsp; syp, syp&amp;amp;#702; (s&amp;amp;#275;p/sayp, sayp&amp;amp;#257;) : sword• Le tribut (arabe: Jizya)&amp;amp;nbsp; le CAL donne: gzy, gzyt&amp;amp;#702; (gz&amp;amp;#299;, gz&amp;amp;#299;&amp;amp;#7791;&amp;amp;#257;) : tax, tribute• Le martyre (arabe: shahada) le CAL donne: shd, shd&amp;amp;#702; (s&amp;amp;#257;hed&amp;amp;#800;, s&amp;amp;#257;hd&amp;amp;#800;&amp;amp;#257;) witness• La col&#232;re&amp;amp;nbsp; (arabe: rujz) -&amp;amp;gt; h&#233;breu: rogez: col&#232;re• marier &amp;amp;nbsp; (arabe: zawj )&amp;amp;nbsp; -&amp;amp;gt; &amp;amp;nbsp; zug&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; • perles&amp;amp;nbsp; (arabe: marjan)&amp;amp;nbsp; -&amp;amp;gt; &amp;amp;nbsp; margalit&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; • marchandise: (ar. tijara)&amp;amp;nbsp; -&amp;amp;gt;&amp;amp;nbsp; aram&#233;en :&amp;amp;nbsp; tigara&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;  • &#233;toile: (ar. najm)&amp;amp;nbsp; -&amp;amp;gt;&amp;amp;nbsp; aram&#233;en :&amp;amp;nbsp; ngm&amp;amp;#702; (nagm&amp;amp;#257;) n.m. star  • Hadith existe dans le Cal mais signifie nouveau et non r&#233;cit.On pourrait continuer ainsi sur des centaines de termes.• Termes arabes dont le champ s&#233;mantique est disparate.Nous &#233;tudions ici quelques exemples de termes arabes du Coran qui poss&#232;dent des sens tr&#232;s &#233;loign&#233;s les uns des autres. La question est de savoir si ce disparate peut &#234;tre expliqu&#233; par une commune origine h&#233;bra&#239;co-aram&#233;enne.1)&amp;amp;nbsp; La racine ghayn r&amp;amp;#257; b&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1594; &amp;amp;#1585; &amp;amp;#1576;) est celle du mot arabe maghreb (occident).&amp;amp;nbsp; Cette racine intervient 19 fois dans le Coran o&#249; elle est la plupart du temps traduite par occident, ouest. L’h&#233;breu ma’arav qui a le m&#234;me sens explique parfaitement maghreb. L’h&#233;breu Ma’arav est&amp;amp;nbsp; proche d’un autre terme de l’h&#233;breu tardif&amp;amp;nbsp; ma’ariv ( la pri&#232;re du soir), or l’arabe maghrib est justement la pri&#232;re du soir. Jusque l&#224; nous avons deux sens proches. Mais en&amp;amp;nbsp; 5, 31&amp;amp;nbsp; nous trouvons une forme nominale&amp;amp;nbsp; ghur&amp;amp;#257;ban qui est rendue par corbeau. Il se trouve que corbeau en h&#233;breu est ‘oreb. L’h&#233;breu explique donc ici nettement la disparit&#233; des sens. Comme pour le passage du gimel au Jim, on remarque ici un autre glissement fr&#233;quent: celui du ‘ayin h&#233;breu au ghayn arabe. Ce ghayn &amp;amp;#1594; reste graphiquement proche du ‘ayn arabe &amp;amp;#1593;Exemple: ghurla (pr&#233;puce) viendrait de l'h&#233;breu ‘orla.2) la racine&amp;amp;nbsp; ghayn b&amp;amp;#257; r&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1594; &amp;amp;#1576; &amp;amp;#1585;) a dans le Coran deux sens tr&#232;s &#233;loign&#233;s l’un de l’autre: celui de rester en arri&#232;re, et celui de poussi&#232;re (80,40).&amp;amp;nbsp; Si nous repla&#231;ons le ghayn par le ‘ayn h&#233;breu&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1506; on arrive &#224; la racine h&#233;bra&#239;que ‘abar&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512; du pass&#233; qui peut expliquer le sens de rester en arri&#232;re. Une recherche sur le CAL donne &amp;amp;#703;br :&amp;amp;nbsp; to be neglected Mais si l’h&#233;breu ‘abar (pass&#233;) explique ce sens il n’explique pas le sens de&amp;amp;nbsp; poussi&#232;re. Il se trouve pourtant qu’un autre terme h&#233;bra&#239;que&amp;amp;nbsp; ‘afar (la poussi&#232;re) explique ce 1er sens. Certes les deux termes sont distincts mais ils ne se distinguent que d’une lettre (b et p). ‘afar&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1512;&amp;amp;nbsp; aurait &#233;t&#233; lu ‘abar&amp;amp;nbsp;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512; . Cela nous conduit directement &#224; la p&#233;riode de l’alphabet arabe ant&#233;rieure aux signes diacritiques : la lettre b &amp;amp;#1576;&amp;amp;nbsp; et la lettre P &amp;amp;#1601; fa sont proches et ne diff&#232;rent que d’un point qui n’existait pas encore.3) la racine&amp;amp;nbsp; ghayn f&amp;amp;#257; r&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1594; &amp;amp;#1601; &amp;amp;#1585;) apparait 234 fois dans le Coran avec le sens de pardonner. Une racine h&#233;bra&#239;que pourrait expliquer ce sens: c’est celle de kapar &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1512;. Mais il faudrait alors supposer que le kaf h&#233;bra&#239;que se soit transform&#233; dans le son proche de ghayn. Cependant un &#233;l&#233;ment peut expliquer ce glissement phon&#233;tique. C’est l’ambivalence de la racine h&#233;braique kapar qui signifie &#224; la fois pardonner et apostasier, renier. Comme l’arabe a gard&#233; le sens d’apostasier dans kfr &amp;amp;#1603; &amp;amp;#1601; &amp;amp;#1585;, il lui fallait diff&#233;rencier avec pardonner et donc opter pour le passage du kaf au ghayn.4) la racine hamza j&amp;amp;#299;m r&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1571; &amp;amp;#1580; &amp;amp;#1585;) appara&#238;t 108 fois dans le Coran&amp;amp;nbsp; avec le sens de r&#233;compense. L’aram&#233;en ‘agar explique parfaitement ce sens: &amp;amp;#702;gr, &amp;amp;#702;gr&amp;amp;#702; (&amp;amp;#704;&amp;amp;#259;&amp;amp;#7713;ar, &amp;amp;#704;a&amp;amp;#7713;r&amp;amp;#257;) n.m. hire, reward. Notons au passage qu’aussi bien le midrash juif qu’un Hadith musulman rapprochent ce sens (r&#233;compense) du nom de Agar, la m&#232;re d’Isma&#235;l. (heb: Ma fille sera en quelque sorte un d&#233;dommagement (agrikh)&amp;amp;nbsp; Ar: Son nom en arabe viendrait de la contraction de ha ajruka qui signifierait : Voici ta r&#233;compense). Mais cette racine a aussi un autre sens plus rare, celui de&amp;amp;nbsp; &#171;&amp;amp;nbsp;toit&amp;amp;nbsp;&#187;Va-t-on trouver un terme aram&#233;en de la m&#234;me racine ‘gr et qui signifie &amp;quot;toit&amp;quot; ? Oui: Le CAL nous donne: &amp;amp;#702;gr, &amp;amp;#702;gr&amp;amp;#702; (&amp;amp;#704;egg&amp;amp;#257;r, &amp;amp;#704;egg&amp;amp;#257;r&amp;amp;#257;) :&amp;amp;nbsp; wall; roof.Notons que dans l’aram&#233;en de la peshitta on retrouve en Marc 2,4 ce terme de toit (pr&#233;cis&#233;ment dans le passage du grabataire qui passe par le toit) On aurait donc l&#224; peut-&#234;tre un jeu de sens entre le toit et la r&#233;compense. Notons aussi au passage qu'une autre racine coranique est rendue par toit: s&amp;amp;#299;n q&amp;amp;#257;f f&amp;amp;#257;&amp;amp;nbsp;(&amp;amp;#1587; &amp;amp;#1602; &amp;amp;#1601;) elle s'explique par l'h&#233;breu tardif shaqif (Jastrow 1623).5) la racine&amp;amp;nbsp; dh&amp;amp;#257;l k&amp;amp;#257;f r&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1584; &amp;amp;#1603; &amp;amp;#1585;) apparait 292 fois dans le Coran. La plupart du temps cette racine a une forme verbale dont le sens est: se souvenir, se rappeler. Mais il existe une forme nominale de cette racine qui lui fait prendre le sens de m&#226;le.&amp;amp;nbsp; Rien &#224; voir avec se souvenir. Or il n’y a qu’en h&#233;breu que &amp;amp;#1494;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1512; zekher (se souvenir) est la m&#234;me racine et la m&#234;me graphie que&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1494;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1512; zakhar  (m&#226;le). Non seulement les lettres dhal et zay sont phon&#233;tiquement proches en arabe, mais de plus, leur graphie est elle-m&#234;me tr&#232;s proche:&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1584; et &amp;amp;#1586; 6) la racine s&amp;amp;#299;n w&amp;amp;#257;w r&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1587; &amp;amp;#1608; &amp;amp;#1585;) appara&#238;t 17 fois dans le Coran. C’est la racine d’un terme qui n’est pas anodin puisque c’est celui du terme surate. A cinq reprises cette racine a le sens de bracelets. Et m&#234;me une fois le sens de mur (en 57, 13). Une fois de plus le CAL explique int&#233;gralement cette distribution du sens:syr&amp;amp;#702; : thread, chain, chapterš&amp;amp;#702;r, š&amp;amp;#702;r&amp;amp;#702; (š&amp;amp;#275;r, š&amp;amp;#275;r&amp;amp;#257;) : bracelet (voir aussi sherot en Isa&#239;e 3, 18 ) &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1468;&amp;amp;#1473;&amp;amp;#1461;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1465;&amp;amp;#1514;šwr, šwr&amp;amp;#702; (š&amp;amp;#363;r, š&amp;amp;#363;r&amp;amp;#257;) : wall7) La racine&amp;amp;nbsp; b&amp;amp;#257; sh&amp;amp;#299;n r&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1576; &amp;amp;#1588; &amp;amp;#1585;) appara&#238;t&amp;amp;nbsp; 123 fois dans le Coran: cette racine poss&#232;de essentiellement deux sens, mais tr&#232;s &#233;loign&#233;s l’un de l’autre, celle de l’annonce des bonnes nouvelles (y compris le sens d&#233;riv&#233; de : se r&#233;jouir de ces bonnes nouvelles) et celle d’&#234;tre humain qui n’a aucun rapport de sens avec celui d’annoncer. Or cette distribution s’explique tr&#232;s clairement par l’h&#233;breu: le-basser (annoncer la bonne nouvelle) et bassar va-dam (&#234;tre humain, homme, mortel) ainsi que par l’Aram&#233;en:bsr, b&amp;amp;#347;r : to announce, to proclaim, to preach the Gospel , to receive news .bsr, bsr&amp;amp;#702; (bsar, besr&amp;amp;#257;) : flesh (kl b&amp;amp;#347;r, kl bsr, klbsr : all flesh, everyone) human being </description>
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     <title>A propos de fibres - par Webmaster le 21/03/2012 : 21:16</title>
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     <description>A propos de fibresP&#233;rissent les mains d‘Ab&#251; Lahab, le P&#232;re-la-flamme, et qu‘il p&#233;risse:&amp;amp;nbsp;ses richesses ne lui profiteront pas, ni ce qu‘il a fait.&amp;amp;nbsp;Il r&#244;tira au Feu, dans les flammes&amp;amp;nbsp;avec sa femme, la porteuse de fagots.&amp;amp;nbsp;&#192; son cou, une corde de fibres...Coran Sourate 111• La fibre.Quel est le sens de la Sourate 111 ? Qui est Ab&#251; Lahab qui n’apparait que dans cette Sourate ? Ce serait sans doute le seul nom de personne du Coran qui ne renverrait pas &#224; un personnage biblique vu qu'il serait l'Oncle du Proph&#232;te. Pourquoi a-t-il m&#233;rit&#233; un feu ardent ? Pourquoi nous parle-t-on de ses mains, de ses richesses, de sa femme enfin, elle-m&#234;me affubl&#233;e de d&#233;tails curieux et incompr&#233;hensibles (elle transporte du bois et porte au cou une corde de fibres)Certes, on pourrait de prime abord, balayer ces d&#233;tails et se dire qu’il s’agit justement de d&#233;tails sans importance, mais cela n’est pas possible pour une raison tr&#232;s simple: le nom de notre sourate n’est m&#234;me pas celui d’Ab&#251; Lahab, non plus que le nom de sa femme, jamais nomm&#233;e dans le Coran, pas m&#234;me de son cou orn&#233; d’une corde, mais de la mati&#232;re de cette corde : al massad. Bien que ce terme soit un hapax, un consensus universel existe pour traduire ce massad par la fibre de palme. Devant tant de myst&#232;res, il ne nous reste plus qu’&#224; laisser notre imagination vagabonder.• Ab&#251; LahabLe nom lui-m&#234;me d’Ab&#251; Lahab n’est pas un patronyme, mais une kunya, un surnom: Ab&#251; Lahab c’est le p&#232;re-la-flamme. Comprenez : celui qui est promis au feu de la G&#233;henne. Pour aller droit au but, notre vagabondage nous conduit &#224; l’id&#233;e qu’Ab&#251; Lahab serait une construction de type midrashique sur Cor&#233;. En effet le midrash juif sur Cor&#233; introduisait d&#233;j&#224; deux &#233;l&#233;ments importants qui ne figurent pas dans la Bible: la femme de Cor&#233; et les mains de cette dame. Ce m&#234;me Midrash s’appuyant sur des indices t&#233;nus du texte massor&#233;tique avait on le sait &#233;labor&#233; de mani&#232;re hyperbolique le th&#232;me de la richesse de Cor&#233; (le texte biblique indique seulement que Cor&#233; et ses hommes &#233;taient des hommes de renom : anshe shem, mais ce terme n’a pas, que l'on sache, le sens de milliardaire). Les deux r&#233;cits, le r&#233;cit biblique et son prolongement midrashique d’un cot&#233; et le r&#233;cit Coranique de l’autre, ont donc bien des points communs: la richesse, le feu, la femme, et les mains. D’o&#249; vient le th&#232;me midrashique de la main de Cor&#233; ?Devant l’&#233;tranget&#233; de l’&#233;pisode de Cor&#233; (on ne sait pas de fa&#231;on absolument claire la cause de la r&#233;volte de Cor&#233;, Cor&#233; qui devient pourtant le symbole ou le paradigme de la r&#233;volte) le midrash en est r&#233;duit &#224; guetter les indices m&#234;me les plus t&#233;nus du texte biblique. Par exemple les indices de proximit&#233;. Juste avant le d&#233;but du chapitre 16 des Nombres o&#249; il est question de Cor&#233;, le texte traite du commandement des franges (tsitsit). Le midrash y voit un indice des causes de la r&#233;volte de Cor&#233; et va &#233;laborer un r&#233;cit dans lequel Cor&#233; s’oppose &#224; Mo&#239;se sur la question des franges.De m&#234;me, ce chapitre 16 s’ouvre sur la r&#233;volte de Cor&#233; en exprimant cette r&#233;volte par un terme myst&#233;rieux vayiqaH QoraH: Cor&#233; prit. Voila peut-&#234;tre l’origine des fameuses mains de Cor&#233;. On prend avec les mains. Voil&#224; qui expliquerait du m&#234;me coup la richesse de Cor&#233;. En Sanhedrin 110a, la Agada applique &#224; la femme de Cor&#233; ce verset des Proverbes: La Sagesse b&#226;tit sa maison, de sa main, la Folie la renverse (Proverbes 14, 1)Voyons de quelle mani&#232;re la femme folle de ce verset renverse sa maison: avec ses mains (be-yadeha). A nouveau la stigmatisation des mains. Curieusement, une tradition conserv&#233;e par l'Islam, fait mourir Ab&#251; Lahab sous les d&#233;combres de sa maison. Il serait int&#233;ressant de conna&#238;tre l'origine de cette tradition.Le terme massad pourrait s’expliquer par l’h&#233;breu tardif metsada (pi&#232;ge, filet) (Jastrow 822-823). Le tsad&#233; h&#233;breu &amp;amp;#1510; &#233;tant devenu un &amp;amp;#7779;&amp;amp;#257;d &amp;amp;#1589;&amp;amp;nbsp; comme dans : ta&amp;amp;#7779;addaqa (&amp;amp;#1578;&amp;amp;#1614;&amp;amp;#1589;&amp;amp;#1614;&amp;amp;#1583;&amp;amp;#1617;&amp;amp;#1614;&amp;amp;#1602;&amp;amp;#1614;) faire la charit&#233; (h&#233;breu tsedaqa). En effet dans le midrash, le femme de Cor&#233; est li&#233;e au (mauvais) conseil: &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1492; qui est aussi un pi&#232;ge.• Le PalmierLe Midrash Nombres Rabba traite de la r&#233;volte de Cor&#233;. Un passage rapproche curieusement cette r&#233;volte d'un passage difficile de Job. L'un des versets sollicit&#233; est le suivant: Avant le temps se fl&#233;triront ses palmes.&amp;amp;nbsp; Ce rendu est pour le moins acrobatique car le terme temurato est lu tamarato et donc tir&#233; vers le signifiant tamar du palmier. Ce n'est pas le seul exemple du rapport myst&#233;rieux entre Cor&#233; et le palmier. Le Midrash note que le nom de Cor&#233; (QoraH) est l'acronyme par ses lettres finales de l'expression: le juste fleurira comme le palmier (Tsadiq ka-Tamar YiphraH). Notons que ce m&#234;me passage de Job rend le feu par shalhevet&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1514; qui contient le lettres de Lahab &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1489;• La cordeLe Midrash sur les Proverbes rapproche Cor&#233; de Haman sous ce rapport: tous deux furent richissimes, orgueilleux, &#233;cout&#232;rent leur femme et chut&#232;rent. Ce rapprochement pourrait nous fournir le cha&#238;non manquant susceptible de nous expliquer pourquoi le texte coranique parle de corde. En effet la femme de Haman est li&#233;e &#224; la corde puisque ce dernier et ses fils sont pendus &#224; une potence.Voici le passage du midrash mishle:R. L&#233;vi dit : Il y avait deux hommes extr&#234;mement riches dans le monde, un parmi Isra&#235;l et un parmi les nations. Celui d’Isra&#235;l &#233;tait Cor&#233; et celui des nations &#233;tait Aman le mauvais. Tous deux &#233;cout&#232;rent leur femme et chut&#232;rent. Comment est-il arriv&#233; que Cor&#233; chuta [apr&#232;s] avoir &#233;cout&#233; sa femme ? Quand il revint [chez lui] de la maison d’&#233;tude, elle lui demanda : &#171; Quelle r&#232;gle Mo&#239;se vous a-t-il expliqu&#233;e &#224; l’acad&#233;mie ? &#187; Il r&#233;pondit : &#171; Il a expliqu&#233; la loi des franges bleues. &#187;&amp;amp;nbsp; Elle lui demanda : &#171; Que sont ces [franges] bleues ? &#187;&amp;amp;nbsp; Il lui dit : &#171; Voici comment Mo&#239;se l’a expliqu&#233; : ‘La bouche du Tout-puissant m’a dit de venir et de vous dire de faire quatre franges sur les quatre coins de vos v&#234;tements et cela sera suffisant si elles sont de fil bleu comme il est dit : ‘Laisse les attacher un fil de bleu &#224; la frange &#224; chaque coin’ (Nb 15,38).&#187; Sur quoi, elle &#233;clata de rire et lui dit : &#171; Vois comment il est assis et vous raille ! Tu sais quoi ? Il vous dit : ‘Sur les coins de vos v&#234;tements’. [Moi,] je te ferai un manteau qui est tout bleu. &#187; Elle demeura l&#224; et lui fit un manteau tout bleu.Quand Mo&#239;se le vit, il dit : &#171; Cor&#233;, qu’est-ce que tu as fait l&#224; ? &#187; Cor&#233; r&#233;pondit : &#171; Tu m’avais dit un peu [de bleu] et je l’ai fait tout [bleu]. &#187;Mo&#239;se lui r&#233;pondit en disant : &#171; Il est &#233;crit : ‘Tu les &#233;criras sur les poteaux [de ta maison]’ (Dt 6,9). &#187; Il ajouta : &#171; Est-ce qu’une maison qui est pleine des rouleaux de la Torah n&#233;cessite une mezuzah ? &#187; Cor&#233; dit : &#171; Bien s&#251;r ! &#187; Mo&#239;se continua : &#171; Que tes oreilles entendent ce que dit ta bouche ! &#187; [Puis,] Mo&#239;se dit : &#171; Cor&#233;, tu as transgress&#233; les commandements de Dieu parce que tu es devenu hautain dans ta richesse. &#187; Alors, Mo&#239;se se tint en col&#232;re devant Dieu et parla devant Lui : &#171; Ma&#238;tre de l’univers, si mes mots doivent compter, promulgue un d&#233;cret contre eux &#187; comme il est dit : &#171; Mais si YHWH fait quelque chose d’inou&#239; &#187;&amp;amp;nbsp; (Nb 16,30). Mo&#239;se dit devant Dieu : &#171; Ma&#238;tre de l’univers, si elle n’a pas encore &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, qu’elle soit cr&#233;&#233;e ! &#187; Qu’&#233;tait-ce ? C’&#233;tait l’entr&#233;e de la G&#233;henne. R. L&#233;vi dit : &#171; Cor&#233; (qorah) &#187; (Nb 16,1) parce qu’il fit un trou dans [la population d’] Isra&#235;l. &#171; Fils de Yi&#231;har (yitshar) &#187; (Nb 16,1) parce qu’il fit en sorte [que l’humeur du] monde entier boue [jusqu’&#224; ce qu’elle soit aussi chaude] que le midi (tsohorayim). &#171; Fils de Qehat (qehat) &#187; (Nb 16,1) parce qu’il provoqua le grincement (qihah) des dents de celui qui l’engendra. &#171; Fils de L&#233;vi (lewi) &#187; (Nb 16,1) : un fils qui mena une procession (lewayah) &#224; la G&#233;henne. Qu’est qui lui causa [tant d’ennuis] ? La confiance en sa richesse. C’est pourquoi il est dit : &#171; Qui se fie en la richesse chutera &#187; (Pr 11,28). O&#249; [apprend-on] qu’Aman le mauvais &#233;couta sa femme et chuta ? Dans le verset : &#171; Lui r&#233;pondirent sa femme, Z&#233;resh, et tous ses amis &#187; (Est 5,14). Que lui dirent-ils ? &#171; Fais seulement dresser une potence de 50 coud&#233;es &#187; (Est 5,14). Il n’est pas &#233;crit : &#171; Ils firent une potence &#187; mais : &#171; Fais seulement dresser une potence de 50 coud&#233;es &#187;. R. L&#233;vi dit : Cela montre que tous [lui] donn&#232;rent ce conseil. De quelle mani&#232;re Aman chuta-t-il ? Il se leva le matin et dit du mal de Mardoch&#233;e devant Assu&#233;rus. Apr&#232;s qu’il eut parl&#233; devant Assu&#233;rus, le roi lui dit : &#171; Viens et d&#238;ne avec moi. &#187; Aman le mauvais se dit : &#171; Une fois que je serai assis avec le roi au banquet, je lui conseillerai de faire pendre Mardoch&#233;e sur la potence. &#187; L’Esprit saint r&#233;pondit : &#171; Mauvais ! Tes pens&#233;es se tourneront contre toi ! &#187; Et c’est cela qui lui arriva comme il est dit : &#171; Aman fut donc pendu &#187; (Est 7,10). C’est &#233;galement ce qui est signifi&#233; par le dicton : Malheur &#224; celui qui, lors de la destruction, est suspendu &#224; une corde. Qu’est-ce qui fit que tout cela lui arriva ? La confiance en sa richesse. C’est pourquoi il est dit : &#171; Qui se fie en la richesse chutera &#187; (Pr 11,28). &#192; tout son complot, l’Esprit saint continua &#224; r&#233;pondre : &#171; Pas selon vos plans mais selon Mes plans &#187; comme il est dit : &#171; Car vos plans ne sont pas Mes plans, et Mes voies ne sont pas vos voies, oracle de YHWH &#187; (Is 55,8).</description>
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     <title> Mo&#239;se et Alexandre - par Webmaster le 21/03/2012 : 21:16</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=583</link>
     <guid>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=583</guid>
     <description>Mo&#239;se et AlexandreLe Coran conna&#238;t un personnage myst&#233;rieux nomm&#233; D&#251;l-Qarnayn. Un de nos lecteurs nous a demand&#233; s’il &#233;tait possible de d&#233;velopper une hypoth&#232;se avanc&#233;e dans un article de cette revue &#224; savoir que ce personnage serait Mo&#239;se. En effet, la tradition musulmane, identifie majoritairement ce personnage avec Alexandre. Si D&#251;l-Qarnayn renvoie &#224; Mo&#239;se, comment expliquer que les r&#233;cits de la Sourate 18 ressemblent tant &#224; ceux du Pseudo-Callisth&#232;ne qui parlent, eux, d’Alexandre ? Pourquoi la Sira identifie-t-elle D&#251;l-Qarnayn &#224; Alexandre ?• Origine de la questionLe nom D&#251;l-Qarnain intervient trois fois dans le Coran: en 18, 83, en 18,86 et en 18,94. La premi&#232;re question qui vient &#224; l’esprit est celle-ci : qui est D&#251;l-Qarnayn ? Mais, comme dans le Coran, la quasi totalit&#233; des noms de personnes renvoient &#224; des personnages de la Bible, une seconde question se pose: qui serait dans la Bible le personnage auquel renvoie le myst&#233;rieux D&#251;l-Qarnayn ? Enfin une troisi&#232;me question devrait &#234;tre celle-ci: pourquoi le Coran convoque-t-il ce personnage de D&#251;l-Qarnayn ? Dans quel but&amp;amp;nbsp; ? •&amp;amp;nbsp;Malaise dans l’Ex&#233;g&#232;seComme dans le Midrash juif, dont la fonction est de combler les &#171;&amp;amp;nbsp;trous&amp;amp;nbsp;&#187; ou les failles - apparentes ou r&#233;elles - du texte biblique, les Hadith vont donc chercher a percer le myst&#232;re de D&#251;l-Qarnayn. Tabar&#238; est un exemple d’ex&#233;g&#232;te qui tente de r&#233;pondre &#224; la question de savoir qui se cache derri&#232;re D&#251;l-Qarnayn. Pour lui c’est Alexandre :Alexandre est appel&#233; D&#251;l-Qarnayn pour la raison qu'il alla d'un bout &#224; l'autre du monde. Le mot “qarn” veut dire une corne, et on appelle les extr&#233;mit&#233;s du monde “cornes”. Lui, &#233;tant all&#233; aux deux extr&#233;mit&#233;s du monde, tant &#224; l'orient qu'&#224; l'occident, on l'appelle D&#251;l-Qarnayn&amp;amp;nbsp;&#187;.Mais la th&#232;se de Tabar&#238; va se heurter tr&#232;s vite &#224; une objection majeure. De nombreux ex&#233;g&#232;tes musulmans vont r&#233;futer l'id&#233;e selon laquelle D&#251;l-Qarnayn serait Alexandre, et ce pour une raison tr&#232;s simple: Le Coran parle de D&#251;l-Qarnayn comme s’il &#233;tait monoth&#233;iste, voire musulman, ce ne peut donc &#234;tre Alexandre le Grand. Comme il n’existe pas en Islam de Vatican susceptible de faire cesser un d&#233;bat par un acte d’autorit&#233;, la question de D&#251;l-Qarnayn (l’homme aux deux cornes ou &#171;&amp;amp;nbsp;le bicornu&amp;amp;nbsp;&#187;) est rest&#233;e ouverte depuis l’origine et n’est pas referm&#233;e &#224; ce jour. Au XIXe si&#232;cle on red&#233;couvre des textes comme le Roman d’Alexandre du pseudo-Callisth&#232;ne et les savants soulignent des ressemblances entre ces r&#233;cits l&#233;gendaires et le passage coranique relatif &#224; D&#251;l-Qarnayn. Une th&#232;se est alors formul&#233;e : l’origine du texte coranique r&#233;siderait dans le Roman d’Alexandre. C'est la th&#232;se classique de l’emprunt. Bien qu’elle semble proche de celle de Tabar&#238;, cette th&#232;se est &#233;videmment irrecevable pour l’Islam. Tout d’abord pour des raisons d’autorit&#233; (ce ne sont quand m&#234;me pas quelques savants de Leipzig qui vont faire autorit&#233; en mati&#232;re d’ex&#233;g&#232;se du Coran). D’autre part si le Coran est la parole de Dieu, il ne saurait &#234;tre un recueil de contes. (et pourquoi pas un Midrash, pendant que vous y &#234;tes ?). Exit donc Tabar&#238;. Pourtant, ce dernier ayant couvert de son autorit&#233; l’identification du bicornu &#224; Alexandre, cette th&#232;se a &#233;t&#233; reprise par de nombreux ex&#233;g&#232;tes musulmans.Nous sommes donc dans une impasse ex&#233;g&#233;tique. Un v&#233;ritable pi&#232;ge: soit on opte pour Alexandre et on est coh&#233;rent avec la Sira et le Pseudo-Clisth&#232;ne mais pas avec le Coran qui &amp;quot;monoth&#233;ise&amp;quot; Alexandre, soit on &#233;carte Alexandre, mais il faut alors expliquer la Sira et les ressemblances avec le Roman d’Alexandre... Et trouver un autre candidat. A la question: qui est le bicornu ? l’ex&#233;g&#232;se musulmane h&#233;site aujourd’hui entre plusieurs r&#233;ponses: Si ce n’est pas Alexandre, c’est peut-&#234;tre Cyrus, ou selon d’autres, un personnage de l’&#233;poque d’Ibrahim…•&amp;amp;nbsp;Le Bicornu dans la Sira.Dans la Sira, Le bicornu appara&#238;t dans un dispositif textuel plus complexe. Comme l’entourage de Muhammad doute de son message, quelqu’un propose de consulter les Juifs. Ceux-ci sont curieusement cens&#233;s disposer du crit&#232;re permettant de savoir si le message de Muhammad est v&#233;ridique. On va donc trouver ces juifs et ceux-ci proposent de tester Muhammad sur trois questions: Que sait-il des jeunes gens de la caverne ? Que sait-il de D&#251;l Qarnayn et que sait-il de l’Esprit ? Les trois questions-test sont pos&#233;es &#224; Muhammad. •&amp;amp;nbsp; Alexandre et les Juifs.Flavius Jos&#232;phe (Antiquit&#233;s Juda&#239;ques, XI) rapporte une rencontre quasi-miraculeuse entre Alexandre et le Juifs de J&#233;rusalem. Ce texte, qui ressemble aux &#233;laborations de type midrashique, fait &#233;tat d’une quasi-conversion d’Alexandre au monoth&#233;isme juif. Comment concilier ce texte avec la vision n&#233;gative classique des Empires dans le Juda&#239;sme ?Lors du si&#232;ge de Tyr, Alexandre demande au grand pr&#234;tre Jaddus son concours militaire et aussi que le tribut d&#251; auparavant &#224; Darius lui revienne; en contrepartie, les Juifs pouvaient &#234;tre assur&#233;s de son amiti&#233;. Le grand pr&#234;tre refuse de violer le serment fait au souverain perse, d’o&#249; col&#232;re d’Alexandre, qui menace les Juifs de r&#233;torsion. Les samaritains se rallient &#224; Alexandre et obtiennent la permission de construire un temple et donc d’interdire le Temple des Juifs. Jaddus prend peur et ordonne &#224; tous les Juifs d’implorer Dieu en faveur de son peuple. Dieu lui appara&#238;t en songe, le r&#233;conforte et lui demande d’aller au-devant d’Alexandre. C’est ce qu’il fait s&#233;ance tenante : Quand il apprend que le roi s’approche de la ville, Jaddus sort &#224; la rencontre d’Alexandre. Alexandre &#224; cette vue se prosterne et salue le grand-pr&#234;tre. C’est qu’il avait vu en songe cet homme qui lui avait pr&#233;dit qu’il s’emparerait de l’Asie. Alexandre monte ensuite au Temple, et offre un sacrifice au Dieu unique. On lui montre m&#234;me le livre de Daniel, o&#249; il est annonc&#233; qu’un Grec viendrait d&#233;truire l’empire des Perses, et le roi, s’y reconna&#238;t volontiers. Alexandre demande ensuite aux Juifs ce qui leur ferait plaisir. Le peuple demande l’isonomie et l’exemption d’imp&#244;t, ce qui leur est accord&#233;. Accessoirement Alexandre fait &#233;tat de l’&#233;ventualit&#233; qu’ils se joignent &#224; son arm&#233;e, tout en conservant leurs coutumes nationales et un grand nombre se firent recruter en ce jour. Fin de l’histoire. Jusque-l&#224; il n’est pas question de Mo&#239;se, sauf de mani&#232;re tout &#224; fait incidente: Flavius Jos&#232;phe indique que c’est Dieu qui a &#233;t&#233; le v&#233;ritable artisan de la victoire d’Alexandre : il a en effet ouvert les eaux devant lui, comme il le fit jadis pour Mo&#239;se, afin que ses troupes puissent se lancer &#224; la poursuite des Perses et triompher de ses adversaires.Quelle est la fonction du r&#233;cit de Jos&#233;phe ? C’est une &#233;laboration similaire &#224; celle d’Esther: complot samaritain, menace sur les juifs et leur Temple, renversement de la situation: Dieu change le cœur d’Alexandre qui se convertit au vrai Dieu et sauve les Juifs qui restent libres et ne paient pas tribut. Punition des Samaritains.Le Pseudo-Callisth&#232;ne, dans certaines de ses versions, va amplifier cette &#233;laboration rapport&#233;e par Flavius Jos&#232;phe et faire d’Alexandre un pros&#233;lyte qui parle m&#234;me comme Ruth (&#171;&amp;amp;nbsp;car votre Dieu sera mon Dieu&amp;amp;nbsp;&#187;).Les passages aggadiques et talmudiques sur Alexandre sont, eux, dans un autre registre et ont une autre fonction: montrer la vanit&#233; d’un pouvoir tourn&#233; vers la domination et montrer la sup&#233;riorit&#233; de la R&#233;v&#233;lation et de la sagesse juive. Les pr&#233;tentions d’Alexandre sont tourn&#233;es en d&#233;rision, mais sans acrimonie&amp;amp;nbsp;: on respecte un conqu&#233;rant cl&#233;ment et ouvert qui a su en fin de compte reconna&#238;tre la sup&#233;riorit&#233; de ses interlocuteurs et s’incliner devant leur sagesse.Nous aurions donc le cheminement suivant: deux sources juives (Flavius Jos&#232;phe et la Aggada) ainsi que le Pseudo-Callisth&#232;ne fusionnent en milieu chr&#233;tien (n'oublions pas que Flavius Jos&#232;phe est consid&#233;r&#233; en milieu chr&#233;tien comme un 5e Evangile) d&#233;paganis&#233;s et enfin repris dans le Coran et d’autres textes m&#233;di&#233;vaux plus tardifs.• Le roman d’Alexandre du Pseudo-Callisth&#232;neCe r&#233;cit fait la part belle &#224; des &#233;l&#233;ments mythiques&amp;amp;nbsp;: Alexandre veut atteindre les limites de toute chose : il tente de monter aux cieux dans une nacelle port&#233;e par deux oiseaux , il explore les fonds marins dans une sorte de bathyscaphe, il cherche aussi l’immortalit&#233;. Alexandre parcourt la terre enti&#232;re. Il a re&#231;u de Dieu “un acc&#232;s &#224; toute chose”.• L’hypoth&#232;se Mo&#239;se.Les juifs du VIe si&#232;cle auraient attendu un nouveau Mo&#239;se, &#224; la fois lib&#233;rateur mais aussi terrifiant. Terrifiant en tant que messie qu’accompagnent les douleurs (de l’enfantement messianique) mais aussi terrifiant car il doit punir les juifs pour leurs p&#233;ch&#233;s. Alexandre, en tant que conqu&#233;rant de tout l’univers, est potentiellement un messie, tout comme Cyrus, ayant vaincu les M&#233;des, et permis le retour des Juifs et la reconstruction du Temple, est aussi potentiellement un messie. D’o&#249; les adjectifs qu’Isa&#239;e lui donne: oint du seigneur, berger…Le r&#233;cit rapport&#233; par Jos&#232;phe serait un r&#233;cit de consolation: Alexandre n’est pas le messie terrifiant, il n’est pas l’ant&#233;christ. Dans le Coran, la preuve qu’il n’est pas l’ant&#233;christ c’est qu’il retarde au contraire la fin des temps (en construisant le mur contenant Gog et Magog).Alexandre serait en fait un nouvel acteur de l’eschatologie dans un nouveau r&#244;le: celui du Mo&#239;se attendu qui a piti&#233; de son peuple. On se souvient que la conversion d’Alexandre (teshuba, le retour et le retournement) prend sa source dans le sentiment de piti&#233; &#233;prouv&#233; par Alexandre quand il constate l’humilit&#233; du peuple juif et son d&#233;sir de paix. De nombreux indices sont dispos&#233;s dans le r&#233;cit de Jos&#232;phe pour sugg&#233;rer de mani&#232;re subliminale l’identit&#233; d’Alexandre et de Mo&#239;se. Et d’abord cet indice astucieux: Alexandre est fils du Pharaon Nectan&#233;bo. De m&#234;me, la sc&#232;ne o&#249; Alexandre rencontre Jaddus, ou plut&#244;t le reconna&#238;t, &#233;voque Mo&#239;se et son fr&#232;re Aaron. Un passage midrashique rapport&#233; par Buber fait m&#234;me d’Alexandre celui qui exhuma les ossements de J&#233;r&#233;mie et les enterra &#224; Alexandrie tout comme Mo&#239;se exhuma les ossements de Joseph.•&amp;amp;nbsp;Le dispositif coraniqueSi notre hypoth&#232;se est exacte, &#224; savoir que Mo&#239;se et Alexandre sont condens&#233;s en un seul personnage, on peut imaginer ais&#233;ment la nature du dispositif textuel coranique: En reprenant le pseudo-Callisth&#232;ne, on reprend les sources aggadiques juives dans un contexte qui est proche de celui des conqu&#234;tes d’Alexandre. Il s’agirait de rassurer les Juifs: Muhammad est un nouveau Mo&#239;se, mais, comme Alexandre, il n’annonce pas la fin des temps ou les douleurs messianiques: juste une nouvelle p&#233;riode historique, analogue &#224; la p&#233;riode hell&#233;nistique. Muhammad est le Mo&#239;se redivivus annonc&#233; par les Ecritures, mais il n’a rien d’inqui&#233;tant. Comme Alexandre, il pourrait conc&#233;der aux Juifs l’isonomie et l’exemption d’imp&#244;ts (l’imp&#244;t est un enjeu crucial de l’expansion muhammadienne) et les juifs pourraient m&#234;me s’enr&#244;ler dans les guerres de l’Islam et participer aux conqu&#234;tes islamiques comme ils auraient, parait-il, particip&#233; aux conqu&#234;tes d’Alexandre. Ils peuvent &#234;tre accessoirement rassur&#233;s pour leur Sanctuaire. Aucun sanctuaire rival ne menace (pour l’instant) le Temple de J&#233;rusalem. On est toujours dans la premi&#232;re qibla. Les Juifs n’ont rien &#224; craindre de Muhammad tant qu’ils restent fid&#232;les &#224; leur loi et qu’ils reconnaissent Muhammad comme annonc&#233; (tout comme Alexandre avait vu en songe le Grand Pr&#234;tre lui annoncer ses victoires). Ils t’interrogent au sujet de D&#251;l-Qarnayn: dis leur:…Selon le Coran, les Juifs s’interrogent donc sur Muhammad et se demandent : quelle est la nature des conqu&#234;tes musulmanes? Dis leur: D&#251;l-Qarnayn c’est le Mo&#239;se annonc&#233; qui devait revenir, mais non pour punir ou juger les Juifs. Non, c’est un Mo&#239;se aussi bienveillant envers les Juifs qu’Alexandre. Le duel Qarnayn ne renverrait pas tant au chiffre deux qu'&#224; la double l&#233;gitimit&#233;. Un peu comme Qiblatayn ne d&#233;signe pas l'id&#233;e de deux directions simultan&#233;es mais l'id&#233;e de double l&#233;gitimit&#233;. Ce duel sugg&#232;re que Muhammad est aussi un D&#251;l Qarnayn, &#224; la fois Mo&#239;se et Alexandre: juge et magnanime, chef politique et religieux,...•&amp;amp;nbsp;Retour &#224; la sourate 18.La sourate 18 est compos&#233;e de quatre &#233;l&#233;ments en apparence disparates:- Histoire des &#171;&amp;amp;nbsp;gens dans la caverne&amp;amp;nbsp;&#187; qui ressemble au r&#233;cit syriaque des dormants d’Eph&#232;se.- Parabole de deux propri&#233;taires de jardins- R&#233;cit de Mo&#239;se et d’Elie- D&#251;l-QarnaynNous venons de voir que lorsqu’elle convoque D&#251;l Qarnayn, la vis&#233;e coranique, est apolog&#233;tique. Le r&#233;cit des gens de la Caverne est-il &#233;galement pol&#233;mique ? • Les dormants d’Eph&#232;se selon&amp;amp;nbsp; Jacques de Saroug.Pendant la pers&#233;cution de D&#232;ce, sept fr&#232;res, jeunes hommes de noble famille, se r&#233;fugi&#232;rent-dans une caverne, apr&#232;s avoir courageusement r&#233;sist&#233; aux menaces du gouverneur d'Eph&#232;se, qui voulait les contraindre &#224; apostasier. On les emmure dans la caverne o&#249; ils se sont r&#233;fugi&#233;s, afin de les faire p&#233;rir, et avec eux leur chien. Avant que le mur f&#251;t achev&#233;, un chr&#233;tien avait jet&#233; dans la caverne une plaque de cuivre sur laquelle il avait &#233;crit la relation du fait. Les martyrs s'endormirent; cent cinquante-huit ou cent quatre-vingt dix-sept ann&#233;es plus tard, en 408 ou en 447, sous le r&#232;gne de Th&#233;odose II, ils se r&#233;veill&#232;rent, croyant n'avoir dormi qu'une seule nuit, et ils envoy&#232;rent l’un d’eux acheter des vivres en la ville. L’homme est &#233;tonn&#233; d'apercevoir le signe de la Croix sur les portes, et &#233;tonne &#224; son tour les marchands en leur pr&#233;sentant de la monnaie du temps de D&#233;ce. Les sept martyrs, apr&#232;s avoir rendu t&#233;moignage &#224; la r&#233;surrection des morts, s'endormirent de nouveau et ne s'&#233;veill&#232;rent plus. • Un long sommeil dans la Agada (Taanit 23a)R. YoHanan a dit: Ce juste [Honi] fut toute sa vie troubl&#233; par la signification du verset: Cantique des degr&#233;s: Quand le Seigneur ramena ceux qui revinrent &#224; Sion, nous &#233;tions comme des gens qui r&#234;vent. Il se disait: peut-on donc dormir pendant soixante-dix ans ? Un jour Honi s'assit pour prendre un repas et le sommeil s'empara de lui. Comme il dormait des rochers l’entour&#232;rent et le cach&#232;rent &#224; la vue de tous si bien qu’il dormit pendant soixante-dix ans. Quand il se r&#233;veilla, il vit un homme qui ramassait les fruits du caroubier et il lui demanda: Es-tu l'homme qui a plant&#233; l'arbre? L'homme r&#233;pondit: Je suis son petit-fils. Alors il s'&#233;cria: Il est clair que j'ai dormi pendant soixante-dix ans. Il vit son &#226;ne qui avait donn&#233; naissance &#224; plusieurs g&#233;n&#233;rations de mulets. il rentra chez lui et demanda, le fils de Honi le traceur de cercles est-il toujours en vie? Les gens lui r&#233;pondirent: Son fils n'est plus, mais son petit-fils est toujours vivant. Alors il leur dit: Je suis Honi le traceur de cercles, mais personne ne le crut. Il se rendit ensuite au Bet Hamidrash et l&#224;, il entendit les Sages dire: La loi est aussi limpide pour nous qu’aux jours de Honi le traceur de cercles, car chaque fois qu'il venait au Bet Hamidrash, il clarifiait les questions les plus difficiles &#224; r&#233;soudre. L&#224;-dessus, il dit: je suis Honi, mais les Sages ne le crurent pas, pas plus qu'ils ne lui rendirent l'honneur qui lui &#233;tait d&#251;. Il en souffrit, souhaita mourir, puis finit par mourir. Raba a dit: D'o&#249; le dicton: La compagnie des Sages ou la mort.• La version du Talmud de J&#233;rusalem (Talmud de J&#233;rusalem, Taanit 3,9)R. Yudan gira a dit&amp;amp;nbsp;: ce Honi, faiseur de cercles, descendait d’un autre homme du m&#234;me nom, qui v&#233;cut au moment de la destruction du premier Temple; il sortit pour aller sur une hauteur aupr&#232;s des ouvriers, et &#224; peine fut-il arriv&#233; que la pluie survint. Il se r&#233;fugia dans une caverne, o&#249; il s’assit et s’endormit. Il resta plong&#233; dans ce sommeil 70 ans, jusqu’&#224; ce que le Temple d&#233;truit ait &#233;t&#233; r&#233;&#233;difi&#233;. Lorsqu’au bout de 70 ans il s’&#233;veilla, il quitta la caverne et vit le monde chang&#233;&amp;amp;nbsp;: dans les champs o&#249; des vignes avaient &#233;t&#233; plant&#233;es, il trouva des oliviers, et &#224; la place de ces derniers il y avait maintenant des bl&#233;s. Il s’informa aupr&#232;s des gens du pays pour savoir d’o&#249; provenaient ces changement; et comme ils s’&#233;tonnaient de son ignorance, ils lui demand&#232;rent son nom. Je suis Honi, le faiseur de cercles, leur dit-il. Nous avons appris, r&#233;pliqu&#232;rent-ils, que lorsque ce Honi p&#233;n&#233;trait au parvis du Temple, celui-ci s’&#233;clairait. Honi y p&#233;n&#233;tra, et le parvis s’&#233;claira. On lui appliqua alors ce verset (Ps 126, 1)&amp;amp;nbsp;: Lorsque Dieu ram&#232;nera la captivit&#233; de Sion, nous croirons avoir fait un r&#234;ve. •&amp;amp;nbsp;Long sommeil dans les Apocryphes.On trouve dans un texte apocryphe, Les Paralipom&#232;nes de J&#233;r&#233;mie, un personnage nomm&#233; Abim&#233;lech qui lui aussi s’endort pendant une dur&#233;e de soixante-dix ans puis se r&#233;veille pensant n’avoir dormi un bref instant. Le nom de ce personnage est une reprise du personnage biblique Ebed-Melech qui en J&#233;r&#233;mie 38,6 sauve J&#233;r&#233;mie de la citerne. C’est en r&#233;compense de ce geste que J&#233;r&#233;mie supplie Dieu en sa faveur: Seigneur, indique-moi comment je dois agir &#224; l'&#233;gard d'Abim&#233;lech, l'Ethiopien, car il a multipli&#233; les bienfaits envers le peuple et envers ton serviteur, J&#233;r&#233;mie : c'est lui qui m'a tir&#233; de la citerne de boue. Je voudrais qu'il ne voie pas l'an&#233;antissement de la ville et sa d&#233;solation, mais que tu aies merci de lui et qu'il n'&#233;prouve pas cette affliction.Le sens du sommeil d’Abimelech est donc une r&#233;compense pour son geste: l’exil lui semblera ne durer qu’un instant. Abimelech n’a donc d’une certaine fa&#231;on jamais quitt&#233; J&#233;rusalem.il vit les marques de la ville, et se dit :&#171;C'est bien la ville, et pourtant je me suis &#233;gar&#233;.&#187; Et de nouveau il retourna &#224; la ville, et il chercha et il ne trouva aucun des siens. Et il dit : &#171;B&#233;ni soit le Seigneur, car une grande extase est tomb&#233;e sur moi!&#187; Et de nouveau il sortit de la ville. Et il demeura l&#224;, s'affligeant, ne sachant o&#249; aller. Et il posa le panier en disant : &#171;Je vais rester ici jusqu'&#224; ce que le Seigneur me d&#233;livre de cette extase.&#187; Alors qu'il &#233;tait assis, il vit un vieil homme qui revenait des champs; et Abim&#233;lech lui dit : &#171;Dis-moi, vieil homme, quelle est cette ville ?&#187; Et il lui dit : &#171;C'est J&#233;rusalem.&#187; Et Abim&#233;lech lui dit : &#171;O&#249; sont donc J&#233;r&#233;mie, le pr&#234;tre, et Baruch, son lecteur, et tout le peuple de cette ville ? Je ne les ai pas trouv&#233;s.&#187; Le vieil homme lui dit : &#171;Tu n'es donc pas de cette ville, puisque tu te souviens de J&#233;r&#233;mie, et m'interroges &#224; son sujet apr&#232;s si longtemps ? Car J&#233;r&#233;mie est &#224; Babylone avec le peuple. Ils ont en effet &#233;t&#233; faits captifs par le roi NabuchodonosorLe texte syriaque a repris le sch&#232;me:La ville lui parut chang&#233;e avec des &#233;difices qu’il n’avait jamais vus, il allait &#231;&#224; et l&#224; comme saisi de vertige…il toucha son corps et ses mains et se dit: vraiment c’est un songe..il rencontra un jeune homme et lui demanda: jeune homme je te prie quel est le nom de cette ville. L'homme r&#233;pondit : elle s'appelle &#201;ph&#232;se…L’histoire des dormants d’Eph&#232;se aurait plusieurs sens : ce ne serait pas tant un r&#233;cit sur la r&#233;surrection que sur l’Exil (il est vrai, cependant, que l’exil est compar&#233; dans le midrash &#224; la mort et au sommeil). La reprise coranique des gens de la Caverne aurait donc aussi un sens apolog&#233;tique : L'av&#232;nement de l’Islam marquerait pour les juifs la fin de l’exil d’Edom.La sourate 18 ne serait donc pas si disparate qu’elle en a l’air. Au contraire toutes ses composantes semblent faire sens en vue d’un Discours aux Juifs, comme si ces derniers devaient absolument donner leur b&#233;n&#233;diction &#224; l’entreprise muhammadienne. Comme si on ne pouvait rien faire sans un ralliement des Juifs. Resterait alors &#224; expliquer les deux autres composantes de la sourate 18: Le R&#233;cit de Mo&#239;se et d’Elie et la Parabole de deux propri&#233;taires de jardins.Le r&#233;cit d’Elie contiendrait le plaidoyer suivant: Mo&#239;se n’a pas &#233;t&#233; le d&#233;positaire de toute la r&#233;v&#233;lation, &#224; preuve Elie doit lui expliquer les voies myst&#233;rieuses de Dieu. Surtout, les juifs attendaient d’Elie un assouplissement de la loi. Elie est l’op&#233;rateur du matir assurim, et il devait all&#233;ger la loi.Naturellement tous les textes dont nous avons fait &#233;tat ob&#233;issent &#224; la loi non &#233;crite du genre midrashique: un r&#233;cit dont on a perdu la cl&#233; devient automatiquement sujet d’&#233;laborations secondaires destin&#233;es &#224; en rendre compte. Parfois on est conscient du sens originel, mais comme ce sens semble inactuel, on le d&#233;tourne vers un sens connexe en gardant le r&#233;cit originel. C’est ce qu’on appelle faire du neuf avec du vieux. Ainsi chez Jacques de Saroug ou Gr&#233;goire de Tours, la cl&#233; de l’Exil est perdue ou inactuelle,&amp;amp;nbsp; le sens de l’histoire des dormants devient la v&#233;rit&#233; de la r&#233;surrection des morts oppos&#233;e &#224; une h&#233;r&#233;sie de l’&#233;poque qui la niait (une version parle m&#234;me de Saduc&#233;ens). D&#233;j&#224;, au Ve si&#232;cle de notre &#232;re, Th&#233;odoret soutenait une opinion voisine : &#171; Cette addition, ni l’h&#233;breu ne l’a, ni les autres traducteurs, ni les Septante dans l’Hexaple ; mais certains, &#224; ce qu’il semble, l’ont ajout&#233;e &#187;. Malheureusement, il ne pr&#233;cise pas qui sont ces &#171; certains &#187; qui ont ainsi innov&#233; et qu’il n’appr&#233;cie pas dans la mesure o&#249; le Psaume a, selon lui, &#233;t&#233; compos&#233; par David pour les captifs de Babylone et n’a donc pas de rapport avec la r&#233;surrection. De m&#234;me, l’Islam&amp;amp;nbsp; r&#233;interpr&#233;tera plus tard le r&#233;cit des gens de la Caverne &#224; sa mani&#232;re.</description>
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     <title> La vie des b&#234;tes - par Webmaster le 21/03/2012 : 21:15</title>
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     <description>La vie des b&#234;tesSi la sourate 18 est, selon notre hypoth&#232;se, une sorte d'Ep&#238;tre aux H&#233;breux, un argumentaire qui explique pourquoi l’Islam est d&#233;sormais h&#233;ritier de la Proph&#233;tie, il faut qu'elle b&#233;n&#233;ficie d'une coh&#233;rence rh&#233;torique dans toutes ses composantes.&amp;amp;nbsp; Nous pensons avoir montr&#233; la coh&#233;rence des passages relatifs &#224; D&#251;l-Qarnayn, aux jeunes gens de la Caverne et au r&#233;cit de la rencontre entre Elie et Mo&#239;se.Il reste cependant un passage inexpliqu&#233;: celui qui se situe entre la parabole des deux Jardiniers et la rencontre entre Elie et Mo&#239;se: le r&#233;cit qui traite de Mo&#239;se, de son disciple et du poisson. Voici ce r&#233;cit qui tient en 4 versets :18, 60. ... Alors M&#251;ssa dit &#224; son gar&#231;on: &#171; Je ne cesserai pas, que je n’aie  atteint le confluent des Deux-Mers, y passerais-je des ann&#233;es. &#187; Quand ils atteignent le confluent des Deux-Mers, ils oublient leur  poisson: celui-ci reprend son sentier maritime, librement (saraban). Quand ils cheminent, M&#251;ssa dit &#224; son gar&#231;on: &#171; Donne-nous notre repas: voici, nous ressentons la fatigue du voyage... &#187;&amp;amp;nbsp; Il dit: &#171; Vois-tu, arriv&#233;s au rocher, j’avais oubli&#233; le poisson. Seul  le Sha&#239;t&#226;n me l’a fait oublier, sans que je puisse m’en souvenir : il a  repris son sentier dans la mer, merveilleusement. &#187;&amp;amp;nbsp; Il dit: &#171; Nous devions parvenir l&#224;. &#187; Et ils reviennent sur leurs pas, exactement. (Trad Chouraqui)Quel est le sens de cet &#233;pisode ? Ce passage qui surgit sans transition, est si abrupt qu’il d&#233;courage semble-t-il l’ex&#233;g&#232;se. Un Hadith a bien essay&#233;, apr&#232;s-coup, d'expliquer en quoi il introduit &#224; la rencontre Elie-Mo&#239;se, mais il ne fait ainsi que mieux souligner le disparate.Cet Alors… semble sortir du n&#233;ant, et on ne comprend pas ce que viennent faire ici la mer, le poisson, le rocher ou Satan. Ce texte a, de fait, intrigu&#233; les ex&#233;g&#232;tes. On sent qu’ils en sont r&#233;duits &#224; traquer le moindre indice. Par exemple, la pr&#233;sence d’un poisson et d'un serviteur dans le texte sugg&#232;re de rechercher du cot&#233; du serviteur de Mo&#239;se: Josu&#233; fils de Nun (nun signifie poisson). Mais la piste s’arr&#234;te l&#224; et le texte garde son myst&#232;re. Il existe bien une hypoth&#232;se s&#233;rieuse et qui pourrait clore la question: c'est &#224; nouveau celle de l'emprunt. Notre passage coranique du poisson serait une simple reprise des mat&#233;riaux de certaines versions du Roman d'Alexandre. Voyons en effet un exemple de ces mat&#233;riaux: Alexandre et son serviteur arrivent pr&#232;s d'une source:&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; 12&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Comme j’avais faim, je voulus prendre de la nourriture, et apr&#232;s avoir appel&#233; le cuisinier qui se nommait Andr&#233;as, je lui dis&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;&amp;amp;nbsp;Pr&#233;pare-nous la pitance&amp;amp;nbsp;&amp;quot;. Il prit alors du poisson s&#233;ch&#233; et alla jusqu’&#224; l’eau limpide de la fontaine pour laver ce mets, mais &#224; peine fut-il plong&#233; dans l’eau, qu’il reprit vie et &#233;chappa des mains du cuisinier.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; 13.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Cependant, ce dernier, effray&#233;, oublia de me rapporter l’&#233;v&#233;nement, mais lui-m&#234;me puisa de l’eau de la fontaine, en but, en versa dans un r&#233;cipient d’argent et la conserva. En effet tout l’endroit bouillonnait de sources abondantes, et tous nous buvions de ces eaux. Quelle fut mon infortune, qu’il ne m’ait point &#233;t&#233; donn&#233; de boire de cette fontaine d’immortalit&#233; qui rend la vie aux b&#234;tes, et que mon cuisinier avait eu la fortune de trouver&amp;amp;nbsp;!Bien que ce passage contienne tous les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; la production du texte coranique, nous restons sur notre faim.&amp;amp;nbsp; On ne comprend pas pourquoi un texte inspir&#233; irait reprendre tels quels des mat&#233;riaux &#233;trangers sans les r&#233;-&#233;laborer. On voit bien ici qu’Alexandre est devenu Mo&#239;se, mais on ne comprend toujours pas le sens et surtout l'int&#233;r&#234;t argumentatif du r&#233;cit coranique relatif au poisson. A notre connaissance, les chercheurs n'ont pas abord&#233; sp&#233;cifiquement la question du sens de ce passage en tant qu'argument. En attendant qu'ils se penchent sur la question et pour introduire au d&#233;bat, voici une hypoth&#232;se fond&#233;e sur un &#233;l&#233;ment apparemment anodin de notre passage: l’id&#233;e de l’eau qui rend la vie aux b&#234;tes. Notre r&#233;cit serait un fragment de nature midrashique qui s'inscrit toujours dans le discours sur la transmission de l’h&#233;ritage proph&#233;tique &#224; l’Islam. Mais ce fragment expliquerait la disqualification des Juifs en reprenant une vieille id&#233;e midrashique reprise d&#233;j&#224; par le paulinisme: l'arrogance des Juifs face aux pa&#239;ens, leur m&#233;pris injustifi&#233;. Les Juifs n’ont pas compris que l’eau redonne la vie aux b&#234;tes. Le passage coranique aurait pu ici se terminer de mani&#232;re &#233;vang&#233;lique par la formule : que celui qui a des oreilles entendent. Le r&#233;cit du poisson fournit la mati&#232;re id&#233;ale &#224; la double entente. L'audace iconoclaste de ce passage, c'est que c'est Mo&#239;se qui est l'agent de cette b&#233;vue, de cette incompr&#233;hension face &#224; la Loi, alors que Mo&#239;se est partout ailleurs le h&#233;ros de la Loi. D'o&#249; la r&#233;volte des ex&#233;g&#232;tes musulmans qui refusent que le Mo&#239;se de notre passage soit le Mo&#239;se du Pentateuque. Pourtant, nous trouvons dans le midrash juif des formations qui expliquent ce paradoxe.Voici un exemple d'une telle formation midrashique: la col&#232;re de Mo&#239;se lui a fait oublier la Loi. Or le th&#232;me de l'oubli est au centre du passage sur le poisson.Sifri&amp;amp;nbsp; (section MaTot) :&amp;amp;nbsp; La Tora mentionne &#224; trois reprises&amp;amp;nbsp; la col&#232;re de Mo&#239;se, et &#224; chaque fois cette col&#232;re provoque une perte de son discernement : 1. [Mo&#239;se] s'irrita contre &#201;l&#233;azar (Lv 10, 16), 2. &#201;coutez donc, rebelles. Ferons-nous jaillir pour vous de l'eau de ce rocher? (Nb 20, 10), 3. Mo&#239;se s'emporta contre les commandants (Nb 31, 14) Le Coran ferait donc via le dikhr, un rappel de ces traditions midrashiques. Le texte coranique supposerait connus de ses lecteurs ces midrashim sur les pa&#239;ens, plus exactement le refus suppos&#233; des Juifs &#224; l'entr&#233;e des pa&#239;ens. Le troisi&#232;me exemple donn&#233; par le Sifri est m&#234;me explicite: Il fait &#233;tat d'une position discutable de Mo&#239;se &#224; l'encontre des Madianites. Les fameux commandants&amp;amp;nbsp; de Nombres 31, 14 avaient en effet &#233;pargn&#233; des Madianites. Il est m&#234;me probable que le Coran vise ici une autre col&#232;re: celle de Sara renvoyant Hagar.Nous commen&#231;ons &#224; comprendre pourquoi le Coran avait besoin d'&#233;voquer la col&#232;re de Mo&#239;se. C’est que cette col&#232;re qui renvoie &#224; une arrogance de Mo&#239;se va trouver sa contrepartie dans le r&#233;cit qui suit, et qui montre Mo&#239;se en disciple maladroit et balbutiant recevant les le&#231;ons d'Elie. Mo&#239;se perd donc ici sa stature et sa hauteur face &#224; Elie qui lui prodigue souverainement ses le&#231;ons et lui parle tel un Lord anglais fustigeant sa domesticit&#233;. Mo&#239;se ne voit plus rien de ce que voit Elie. Il est donc d&#233;chu de la Proph&#233;tie. La boucle argumentative est maintenant boucl&#233;e: nous &#233;tions partis du dhikr, de la m&#233;moire, du rappel. Et l’enjeu &#233;tait l’h&#233;ritage de la Proph&#233;tie. Ici, Mo&#239;se par arrogance envers les gerim, les non-h&#233;breux, (Hagar, et les arabes par exemple) oublie la loi. Pourtant, celle-ci comme le r&#233;p&#232;te Paul, pr&#233;voyait qu'&#224; la fin des temps, les pa&#239;ens devaient entrer. Or nous sommes &#224; la fin des temps (postulat du christianisme et de l'Islam). Si les juifs refusent l'entr&#233;e des pa&#239;ens c'est qu'ils ne disposent plus de la proph&#233;tie. Et que celle-ci est pass&#233;e &#224; d'autres.C'est pourquoi la sourate qui suit, celle de Mariam s'ouvre logiquement sur Jean Baptiste.Le Coran lit l'&#233;laboration chr&#233;tienne sur Jean Baptiste comme le faisait Orig&#232;ne, qui apparemment, comprend encore un peu le discours midrashique. Voici en effet comment Orig&#232;ne comprend le midrash sur Jean Baptiste :le  chef de la proph&#233;tie, les Juifs ne l’ont plus, car ils rejettent  l’annonce capitale (kephala&#239;on) de toute proph&#233;tie , le Christ… ils  d&#233;capitent, apr&#232;s l’avoir enferm&#233;e dans une prison, la parole  proph&#233;tique (Commentaire sur Matthieu).Accaparer  la proph&#233;tie, la tronquer de son message essentiel (la venue du  messie qui &#233;quivaut &#224; l'entr&#233;e des pa&#239;ens), priver ces derniers du b&#233;n&#233;fice de sa venue (la conversion),  &#233;quivaut donc &#224; la d&#233;capiter. C’est pourquoi le midrash chr&#233;tien fait en  sorte que les Juifs demandent litt&#233;ralement la t&#234;te du Baptiste. Chacun  sait, en effet, que les Juifs sont du c&#244;t&#233; de la Lettre.• PreuvesBien entendu, l'hypoth&#232;se selon laquelle le passage coranique au poisson vise bien l'argumentaire sur l'h&#233;ritage et sur le passage de la proph&#233;tie demande &#224; &#234;tre &#233;tay&#233;e par autre chose que de simples intuitions.Voici un premier &#233;l&#233;ment de nature &#224; conforter cette hypoth&#232;se. En 18, 60 nous trouvons le terme saraban, dont les ex&#233;g&#232;tes et les traducteurs du Coran ne savent pas quoi faire. Or il suffit de jeter un coup d'œil sur le midrash juif pour retrouver ce terme. En Nombres Rabba 19,9, le midrash commente l'invective de Mo&#239;se:Il leur cria: &#201;coutez donc, rebelles (morim) (20, 10). morim peut signifier rebelles (sarbanin &amp;amp;#1505;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503;). Il peut signifier insens&#233;s, car dans certains ports, on appelle les sots morim. Il peut signifier instituteurs tentant d’instruire leur instructeur. Il signifie encore archers, comme dans le texte: Les tireurs, hommes arm&#233;s d'un arc le d&#233;couvrirent (1S 31,3).&amp;amp;nbsp; • Conclusion. Les sourates 18 et 19 rel&#232;vent de l'apolog&#233;tique. Il ne s'agit pas d'un midrash proprement dit mais du rappel de tout un ensemble d'id&#233;es. Le Dikhr a pour fonction de rendre pr&#233;sent &#224; la conscience tout un arri&#232;re-plan. Il a le m&#234;me r&#244;le que la demi-citation dans le midrash: seule la moiti&#233; du verset biblique est cit&#233;e et le lecteur doit comprendre que l'essentiel est dans la partie non cit&#233;e, mais qui lui a &#233;t&#233; rappel&#233;e. Il devient co-producteur du sens et son honneur est sauf. (En Orient, citer un verset entier serait offensant pour l'auditeur). Le dikhr rel&#232;verait de ce mod&#232;le culturel. Il s'agit de partir de la situation actuelle (victoires arabes contre les Empires perse et byzantin) pour que l'auditeur comprenne de lui-m&#234;me leur signification eschatologique via le rappel d'Alexandre le Grand. C'est une sorte de pesher si l'on veut. L'apparent disparate de ces sourates n'a pas d'importance car il s'agit d'un argumentaire et le destinataire s'y retrouve. Il sait de quoi on lui parle. Qul: dis-leur. Il s'agit d'expliquer aux Juifs et aux Chr&#233;tiens la naissance d'une nouvelle &#232;re. Leur expliquer qu'en principe, s'ils sont fid&#232;les &#224; leurs traditions, ils devraient accepter ce nouvel &#233;tat de choses. Les Juifs ont perdu la Proph&#233;tie (nom donn&#233; &#224; l'&#233;nergie en mati&#232;re de religion) et le Christianisme qui a &#233;clat&#233; en mille sectes qui se ha&#239;ssent est un &#233;chec. C'est l'Islam qui va donc subsumer toutes ces histoires. Il s'agit donc d'une op&#233;ration de type h&#233;g&#233;lien. L'Islam revendique une rel&#232;ve (remplacement mais renforcement) tout comme le Christianisme avait d&#233;j&#224; revendiqu&#233; pour lui la rel&#232;ve du Juda&#239;sme. En quelques versets, le dispositif S18-S19 va convoquer tous les &#233;l&#233;ments de cette prodigieuse histoire: la formidable Saga de Mo&#239;se, v&#233;ritable h&#233;ros du Coran, mais aussi sa faillite (n&#233;cessaire pour que l'Islam assume la rel&#232;ve) lors de l'affaire du frappement du rocher (voir note plus bas). Le passage myst&#233;rieux de Mo&#239;se au poisson est un dikhr. Ce dont il faut se souvenir, c'est simplement que pr&#232;s d'un rocher il y a eu un oubli foment&#233; par Satan. A l'auditeur, s'il a des oreilles, de comprendre la suite. Mo&#239;se en frappant le rocher a oubli&#233; la Loi et perdu la Proph&#233;tie. Mais il la retrouvera &#224; la fin des temps, lorsqu'il reviendra avec Elie. - Vous croyez en cela ? H&#233; bien, regardez, voici que cela est en train d'advenir avec la venue de Muhammad. On vous a appris que Mo&#239;se n'a pas pu, &#224; cause de sa col&#232;re face au rocher, vous faire &amp;quot;entrer&amp;quot; mais qu'il le ferait lors de son retour &#224; la fin des temps? - Voyez, qui aujourd'hui prend J&#233;rusalem &#224; Edom et vous permet d'y revenir ? Votre propre midrash vous a dit que vous avez &#233;t&#233; injustes et m&#233;prisants envers les gerim, mais qu'&#224; la fin des temps ils entreraient en foule, or voyez les peuples qui se convertissent &#224; l'Islam. Tout ceci devrait &#234;tre &#233;vident pour les juifs et les chr&#233;tiens. Le Coran est satur&#233; d'&#233;vidence, c'est le livre &#233;vident qui ne conna&#238;t pas le rib, la dispute. Et puisque tout cela est &#233;vident, ne pas y donner suite rel&#232;ve d'une mauvaise foi diabolique qui justifie toutes les repr&#233;sailles. On a connu la m&#234;me s&#233;quence avec le Christianisme.***&amp;amp;nbsp;Note : Si vous vous int&#233;ressez un peu au midrash vous constaterez que le frappement du rocher est une immense formation midrashique qui n'a pas pu &#233;chapper aux Chr&#233;tiens et aux Musulmans Retracer cette &#233;laboration n&#233;cessiterait plusieurs articles.Je renvoie le lecteur &#224; des travaux comme l'ouvrage de Germain Bienaim&#233;: Mo&#239;se et le don de l'eau dans la tradition juive ancienne, accessible partiellement sur Google Books.On sait que ce frappement a embarrass&#233; les ex&#233;g&#232;tes. De fait, il n'est pas facile d'expliquer pourquoi Dieu demande &#224; Mo&#239;se de frapper le rocher en Ex 17,6 mais de seulement lui parler en Nb 20, 8. Ni pourquoi Mo&#239;se si attentif &#224; la parole divine commet l'erreur de frapper ledit rocher au lieu de lui parler. Ni pourquoi enfin la sanction de Mo&#239;se fut si dure. Cette &#233;nigme va solliciter la sagacit&#233; des ex&#233;g&#232;tes: selon certains la faute de Mo&#239;se c'est d'avoir frapp&#233; au lieu de parler, selon d'autres c'est d'avoir insult&#233; le peuple. Ou bien d'avoir dout&#233; de la possibilit&#233; de faire jaillir l'eau, (ferons-nous ?) ou d'avoir dit &amp;quot;nous&amp;quot; au lieu d'attribuer ce miracle &#224; Dieu. Pourquoi Dieu lui demande-t-il de prendre son b&#226;ton ? Pourquoi Aaron est-il puni, alors qu'il n'a rien fait ? Quelle est la proportionnalit&#233; entre le ch&#226;timent (ne pas entrer en Terre Sainte) et la faute (frapper le rocher) ?Cette formation midrashique a &#233;t&#233; exploit&#233;e par le Christianisme ainsi: Mo&#239;se n'entre pas et ne fait pas entrer. On peut comprendre que l'Islam ait pens&#233; &#224; reprendre cet argument. Mo&#239;se ne parle plus au peuple envers qui il se montre col&#233;rique. Mo&#239;se repr&#233;sente donc la duret&#233; de la Loi (alors qu'Aaron parlait au peuple avec douceur et symbolisait la paix) L'argumentaire de l'Islam (paix) va donc jouer sur ce terme.</description>
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     <title> L'Epitre aux H&#233;breux - par Webmaster le 21/03/2012 : 21:14</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=580</link>
     <guid>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=580</guid>
     <description>L'Ep&#238;tre aux H&#233;breuxM&#233;moire et H&#233;ritageOn sait que le Coran entretient un rapport particulier avec la m&#233;moire ou la rem&#233;moration (dhikr). La racine dh&amp;amp;#257;l k&amp;amp;#257;f r&amp;amp;#257; (&amp;amp;#1584; &amp;amp;#1603; &amp;amp;#1585;) intervient pr&#232;s de 300 fois dans le Coran et introduit souvent la mention des grands personnages de la Bible.La Sourate 19 mentionne plusieurs personnages aussi bien juifs que chr&#233;tiens. Cet œcum&#233;nisme culmine m&#234;me dans la fusion et la confusion de personnages comme Mariam qui donne son nom &#224; la Sourate 19. On sait que ce personnage coranique est tr&#232;s particulier puisqu’il s’agit &#224; la fois de Marie, m&#232;re de J&#233;sus, et de Miriam, sœur de Mo&#239;se et d’Aaron. Avant d’&#233;voquer Mariam, le Coran va &#233;voquer Jean Baptiste. On peut se demander pourquoi la nouvelle religion a besoin de convoquer Jean Baptiste. Toujours est-il que l’histoire de Jean Baptiste et de son p&#232;re, Zacharie, est une histoire de zekher, de m&#233;moire, et de zakhar: de fils m&#226;le.Le terme dhikru qui ouvre cette sourate 19 fait &#233;cho &#224; ces deux signifiants: Zakariyya (Zacharie) demande &#224; Dieu un enfant m&#226;le (qui sera Yahia) et il va &#234;tre exauc&#233;. Le but de cette sourate est donc de provoquer une rem&#233;moration (dhikr) d’un &#233;v&#233;nement dont nous ne savons pas encore bien de quoi il s’agit, mais qui entretient un rapport &#233;troit avec l’id&#233;e d’un enfant m&#226;le (dhakhara: m&#226;le). Ce n’est pas un simple hasard ou un simple effet d’assonance (zekher/zakhar/Zakariyya). En effet, une autre sourate nous rappelle, &#224; toutes fins utiles, et toujours &#224; propos de Mariam, qu’une fille n’est pas la m&#234;me chose qu'un m&#226;le :walaysa l-dhakaru kal-unth&amp;amp;#257; (3,36). On commence &#224; entrevoir que l’enjeu de tout ce dispositif textuel est l’h&#233;ritage, le maintien de la lign&#233;e. Zacharie n’a donc pas de dhakhar, de fils m&#226;le et il s’inqui&#232;te donc de savoir qui va h&#233;riter de Jacob. Nous sommes donc devant une crise de succession. Mais comme Zacharie est un bon serviteur de Dieu, celui-ci le gratifie d’une annonciation&amp;amp;nbsp; (h&#233;breu : bessora), cette bonne nouvelle s’incarne dans un fils, que le langage coranique nomme non pas du terme banal de ibn, mais du terme de ghulam (syriaque: gwlm, h&#233;breu: &amp;amp;#1490;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1501;&amp;amp;nbsp; ou &amp;amp;#1490;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1501;) On ne sait pas la raison du choix de ce &#171;&amp;amp;nbsp;golem&amp;amp;nbsp;&#187;, mais il semble qu’il soit n&#233;cessaire puisque dans les apocryphes chr&#233;tiens nous trouvons d&#233;j&#224; une femme nomm&#233;e G&#233;lome, pr&#233;sente en tant qu’accoucheuse aupr&#232;s de Marie, en m&#234;me temps que sa coll&#232;gue Salom&#233;. On retrouvera cette Salom&#233; dans le Coran mais sous la forme du salam dont est gratifi&#233; Yahia.Revenons &#224; notre dhikr. De quoi faut-il-se souvenir ? Et qui doit se souvenir de quoi ?Dans les Evangiles, Zacharie se remettait &#224; parler aussit&#244;t apr&#232;s avoir &#233;crit le nom de son fils sur une tablette. Il se met alors &#224; proph&#233;tiser et prononce le Benedictus. Pourquoi Zacharie b&#233;nit-il Dieu ? - Parce que celui-ci se souvient (zakhar) de la proph&#233;tie. ainsi se souvient-il de son alliance sainte (Lc 1,72)Or, comment se termine la proph&#233;tie ? Quel est le dernier mot de la proph&#233;tie, du dernier livre des Proph&#232;tes ? Par ce verset:Voici que je vais vous envoyer &#201;lie le proph&#232;te, avant que n'arrive le Jour de Yahv&#233;, grand et redoutable. Il ram&#232;nera le cœur des p&#232;res vers leurs fils et le cœur des fils vers leurs p&#232;res, de peur que je ne vienne frapper le pays d'anath&#232;me (Hrm). (Ml 3, 23-24)Mais quel est le rapport entre cette proph&#233;tie ultime qui porte sur Elie et le fait que Zacharie vient d’&#233;crire le nom de YoHanan sur une tablette ? - C’est que Jean est Elie par midrash. Le midrash nous aide &#224; le comprendre en utilisant ici le proc&#233;d&#233; nomm&#233; G&#233;matrie et qui rapproche des termes de m&#234;me valeur num&#233;rique. Le midrash a cr&#233;&#233; un nom inou&#239; et jamais attribu&#233; dans le clan de Zacharie, et a fait de ce nom YoHanan (devenu dans le Coran Yahia) un &#233;quivalent&amp;amp;nbsp; d’Eliyahu (Elie). Les deux noms ont la m&#234;me valence qui est celle du messie :52. La proph&#233;tie s'&#233;tait tue, elle reparle. Tel est le message &#224; retenir.Mais il faudra bien &#224; un moment r&#233;pondre &#224; cette question: en quoi tout ceci concerne-t-il l’Islam ? Pourquoi convoquer ici de vieux midrashim juifs ou de douteux apocryphes chr&#233;tiens ? - C’est que le Coran n’est pas un livre d’histoire, mais un argumentaire. C’est un Discours aux Juifs et aux Chr&#233;tiens. Une sorte d'Ep&#238;tre aux H&#233;breux (&#233;largie aux Chr&#233;tiens).L’Islam entend &#234;tre une nouvelle Proph&#233;tie, ou plut&#244;t la continuation de la Proph&#233;tie, son sceau. C’est pourquoi il appelle au souvenir (Qur’an: l’Appel). Le Dhikru qui ouvre la Sourate 19 est un &#233;cho au zikhru de Malachie 3, 22 :Rappelez-vous (zikhru) de la loi...Le discours coranique prolonge Malachie, comme le faisait d&#233;j&#224; le discours Chr&#233;tien: Souvenez-vous du dernier mot de la Proph&#233;tie, de la promesse de l’envoi d’Elie, voil&#224; qu'elle se r&#233;alise avec l’Islam. L’argumentaire Chr&#233;tien &#233;non&#231;ait d&#233;j&#224;: la Proph&#233;tie de l’envoi d’Elie se r&#233;alise avec l’envoi de YoHanan. L’argumentaire Coranique fait &#233;cho au discours chr&#233;tien : La Proph&#233;tie juive annon&#231;ait un nouveau Mo&#239;se et un nouvel Elie. Voici que ce nouveau Mo&#239;se est Muhammad. D’o&#249; l’importance&amp;amp;nbsp; du &#171;&amp;amp;nbsp;Rappel de Mo&#239;se&amp;amp;nbsp;&#187; dans le Coran. Toutes ces &#233;laborations autour de Jean Baptiste comme nouvel Elie ou de Muhammad comme nouveau Mo&#239;se, ne sont possibles que parce que dans la tradition juive, Elie et Mo&#239;se ne sont jamais morts. Elie a &#233;t&#233; &#233;lev&#233; au ciel et le tombeau de Mo&#239;se reste introuvable. On attend donc leur retour. Elie est totalement li&#233; &#224; l'id&#233;e de retour, et donc de repentir puisque c'est le m&#234;me mot en h&#233;breu (teshuva). Elie est aussi ins&#233;parable de la m&#233;moire, du zekher, son nom est suivi de l'expression zakhur le tov. Dans le second Livre des Chroniques, il est question d'une myst&#233;rieuse &amp;quot;&#233;criture d'Elie&amp;quot; miktav &#233;liyahu (2Ch 21,12). Elie est donc promis &#224; revenir avec un nouveau texte, d’o&#249; son lien avec le calame. L’Islam va donc s’appuyer sur la croyance des Juifs en un retour de ces personnages et sur l’av&#233;nement d’un nouveau Livre. Dans la tradition juive,&amp;amp;nbsp; Elie &#233;tait un combattant qui devait revenir guerroyer (le-hilaHem)&amp;amp;nbsp; aux cot&#233;s des Isra&#233;lites contre les Empires, au moment des guerres de Gog et Magog.&amp;amp;nbsp;Apr&#232;s avoir vaincu les Empires, Elie devait ram&#232;ner les Isra&#233;lites dans leur pays. Le vocabulaire est ici de part en part midrashique. Dans la bible juive, Elie &#233;tait nourri par des corbeaux. Au menu, matin et soir: leHem et Bassar : pain et viande. Mais le midrash chr&#233;tien comme le r&#233;cit islamique lisent ce menu en termes d'eschatologie, et ce menu devient guerre et pr&#233;dication. Ainsi Jean au d&#233;sert ne fait que pr&#233;cher (bessora) et il tient une lance en main. L’Islam sera donc aussi guerre et pr&#233;dication.On voit au passage comment le midrash juif fonctionne comme une formidable machine &#224; fabriquer de nouvelles religions. Par deux fois, au moins, un nouveau texte parvient &#224; exhiber aux juifs leur propre midrash comme r&#233;alisable ou r&#233;alis&#233;, et une partie des Juifs adh&#232;re &#224; cette id&#233;e.Le d&#233;but de la sourate 19 s’ouvre donc sur ce rappel que la proph&#233;tie peut s’interrompre et qu’il convient de la maintenir vivante et de l’accomplir. L’enjeu est d’abord la captation de l’&#233;nergie proph&#233;tique qui est lib&#233;r&#233;e par la fin entrevue des Empires Perse et Byzantin. Le d&#233;veloppement du Christianisme &#233;tait d&#233;j&#224; une captation symbolique d’h&#233;ritage puisque les Chr&#233;tiens se d&#233;finissaient comme le verus Isra&#235;l. Or Rome puis Byzance ont domin&#233; le monde. L’Islam entend donc s’inspirer du succ&#232;s de cette entreprise de captation et reprendre la m&#234;me op&#233;ration symbolique, mais cette fois pour qu’elle soit d&#233;finitive. L’op&#233;ration chr&#233;tienne a en effet d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en mille sectes ennemies. Notre sourate le rappelle: les sectes diverg&#232;rent entre elles (19, 37)L’Islam pense &#234;tre le b&#233;n&#233;ficiaire l&#233;gitime de la chute des Empires et entend reprendre le flambeau de la Proph&#233;tie, il en est l’h&#233;ritier: C'est Nous, en v&#233;rit&#233;, qui h&#233;riterons la terre et tout ce qui s'y trouve (19, 40)L’Islam peut se gausser des interminables discussions christologiques des sectes chr&#233;tiennes: avec lui cela va prendre fin.&amp;amp;nbsp; Si le Coran combat de mani&#232;re obsessionnelle, l’id&#233;e de fils de Dieu c'est qu'il prend au pied de la lettre cette id&#233;e th&#233;ologique, qu'il ne comprend pas, mais aussi car elle est, selon l’Islam, la source de l’explosion sectaire du Christianisme, ce en quoi il n’a pas enti&#232;rement tort. Il ne convient pas &#224; Allah de S'attribuer un fils (19, 35)Dieu peut tout au plus se doter d’un vicaire, mais l'Islam n'est pas tr&#232;s clair sur le point de savoir si ce vicaire est celui du Proph&#232;te ou celui de Dieu (khalifat allah).En r&#233;alit&#233;, il est d&#233;j&#224; trop tard et l’Islam est d&#233;j&#224; programm&#233; pour le schisme. D&#232;s l’origine, les shiites retournent d&#233;j&#224; contre l’autorit&#233; islamique le probl&#232;me de qui doit h&#233;riter. Et le shiisme a son id&#233;e la-dessus: ce n’est pas &#224; la communaut&#233; des musulmans de nommer le successeur du Proph&#232;te, mais sa d&#233;signation d&#233;coule du degr&#233; de proximit&#233; avec la famille du Proph&#232;te. A nouveau un probl&#232;me de succession et d’h&#233;ritage.• Op&#233;ration captation.Cette op&#233;ration s’effectue sous nos yeux en quelques versets dans le d&#233;but de cette sourate 19 avec le rappel &#224; Zacharie. En effet Zacharie, dans cette sourate, est tr&#232;s inquiet pour sa descendance. Qui h&#233;ritera de lui ? En 19,6-7 il demande un h&#233;ritier pour la maison de Jacob.Le sens du passage est donc limpide: A cause de ses p&#233;ch&#233;s, Isra&#235;l est devenu st&#233;rile, sa lign&#233;e risque de s’&#233;teindre et l’h&#233;ritage dispara&#238;tre. Mais gr&#226;ce &#224; un reste providentiel, la lign&#233;e va se poursuivre et l’h&#233;ritage perdurer. Souvenez-vous que cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; le cas avec Yahia, dit le Coran. Et comprenez donc que c’est de nouveau le cas avec l’Islam. La captation d’h&#233;ritage est bien entendu dans l’int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral puisque les deux h&#233;ritiers primitifs (Juda&#239;sme et Christianisme) ont failli et ne sont plus dignes de cet h&#233;ritage. La captation d’h&#233;ritage et le changement de lign&#233;e sont de nouveau &#224; l’ordre du jour, car Rome puis Byzance pr&#233;sentent quelques signes de faiblesse. • Mariam comme HagarLe second dhikr de cette Sourate concerne Mariam, m&#232;re de J&#233;sus et sœur de Mo&#239;se. Midrash chr&#233;tien donc et m&#234;me apocryphe puisque Mariam accouche sous un palmier d’o&#249; surgit un fleuve. HISTOIRE DE LA NATIVIT&#201; DE MARIE ET DE L'ENFANCE DU SAUVEUR.Il arriva que le troisi&#232;me jour de la route, Marie fut fatigu&#233;e dans le d&#233;sert parla trop grande ardeur du soleil. Et, voyant un arbre, elle dit &#224; Joseph : &#171; Reposons-nous un peu sous son ombre &#187; Joseph s'empressa de la conduire aupr&#232;s de l'arbre, et il la fit descendre de sa monture. Et Marie s'&#233;tant assise, jeta les yeux sur la cime du palmier, et la voyant couverte de fruits, elle dit &#224; Joseph : &#171; Mon d&#233;sir serait, si cela &#233;tait possible, d'avoir un de ces fruits. &#187; Et Joseph lui dit : &#171; Je m'&#233;tonne que tu parles ainsi, lorsque tu vois combien sont &#233;lev&#233;s les rameaux de ce palmier. Moi, je suis fort inquiet &#224; cause de l'eau, car il n'y en a plus dans nos outres, et nous n'avons pas les moyens de les remplir de nouveau et de nous d&#233;salt&#233;rer. &#187; Alors l'enfant J&#233;sus qui &#233;tait dans les bras de la vierge Marie, sa m&#232;re, dit au palmier : &#171; Arbre, incline tes rameaux et nourris ma m&#232;re de tes fruits.&amp;amp;nbsp;&#187; Aussit&#244;t, &#224; sa voix, le palmier inclina sa cime jusqu'aux pieds de Marie, et, recueillant les fruits qu'il portait, tous s'en nourrirent. Et le palmier restait inclin&#233;, attendant, pour se relever, l'ordre de celui &#224; la voix duquel il s'&#233;tait abaiss&#233;. Alors J&#233;sus lui dit : &#171; Rel&#232;ve-toi, palmier, et sois le compagnon de mes arbres qui sont dans le paradis de mon p&#232;re. Et que de tes racines il surgisse une source qui est cach&#233;e en terre et qu'elle nous fournisse l'eau pour &#233;tancher notre soif. &#187; Et aussit&#244;t le palmier se releva, et il commen&#231;a &#224; surgir d'entre ses racines des sources d'eau tr&#232;s limpide et tr&#232;s fra&#238;che et d'une douceur extr&#234;me. Et tous voyant ces sources furent remplis de joie, et ils se d&#233;salt&#233;r&#232;rent en rendant gr&#226;ces &#224; Dieu, et les b&#234;tes apais&#232;rent aussi leur soifMais pourquoi le Coran va-t-il chercher sa mati&#232;re dans un obscur apocryphe chr&#233;tien ?&amp;amp;nbsp; - C'est que le r&#233;cit apocryphe chr&#233;tien est tr&#232;s  proche de celui de Hagar errant avec son fils Isma&#235;l dans le d&#233;sert. Or,  avec Hagar, nous restons dans la th&#233;matique de l’h&#233;ritage. Le Coran peut  ainsi poursuivre l’op&#233;ration du dhikr. En effet Hagar c’est en arri&#232;re-plan, la st&#233;rilit&#233;, le risque d'extinction de la lign&#233;e, d’extinction de la promesse... Tout comme Hagar, Mariam enceinte s’enfuit donc dans un lieu d&#233;sert. Et comme Hagar l'eau vient &#224; manquer. Cette eau est bien entendu un &#233;l&#233;ment midrashique, il s'agit de la loi &#224; laquelle m&#234;me les b&#234;tes (les pa&#239;ens) vont pouvoir s'abreuver. Le palmier &#233;voque &#233;galement le th&#232;me de la substitution de lign&#233;e (tamar/temura). Dans le r&#233;cit coranique&amp;amp;nbsp; relatif &#224; Mariam un autre d&#233;tail &#233;voque Hagar:Mariam, quand elle se retira de sa famille en un lieu vers l'Orient&amp;amp;nbsp; (19,16)sans doute une rem&#233;moration du r&#233;cit biblique:Abraham leur fit des pr&#233;sents et les envoya, de son vivant, loin de son fils Isaac &#224; l'est, au pays d’Orient (Gn 25,6)• Autres instances du Rappel.Notre sourate, sans doute par association d'id&#233;es, va passer maintenant de Mariam &#224; Abraham:Et mentionne dans le Livre, Abraham……(19, 40)Abraham est convoqu&#233; &#224; cause du rappel de Hagar, mais aussi parce qu’il a cru &#224; la promesse d’un fils, donc &#224; l’h&#233;ritage. En l’occurrence ce sont les arabes qui souhaitent continuer l’h&#233;ritage. Et c’est Isma&#235;l qui sera h&#233;ritier et non pas Isaac. Si Isaac n’a pas h&#233;rit&#233;, alors Jacob n’a pas h&#233;rit&#233;. Or Jacob dans le Coran, c’est Isra&#235;l. Rappeler Abraham c'est aussi accessoirement rappeler un &#233;l&#233;ment important: On peut se s&#233;parer de son p&#232;re (des Anciens, de la religion de ses p&#232;res) si c’est pour la bonne cause.Je me s&#233;pare de vous, ainsi que de ce que vous invoquez, en dehors d'Allah (19, 48)Tout l'argumentaire de la Sourate 19 est, dans le prolongement de la Sourate 18, d'annoncer que la proph&#233;tie ne va pas s'&#233;teindre, mais qu'elle va revivre avec le retour attendu du nouveau Mo&#239;se qu'est Muhammad. C'est pourquoi le Coran ne cesse d'&#233;voquer Mo&#239;se: Et mentionne (udkhur, racine dikhr) dans le Livre Mo&#239;se (19,51)Ce retour de Mo&#239;se sous les traits de Muhammad, ne fait qu'ent&#233;riner le fait que l'h&#233;ritage d'Abraham est pass&#233; &#224; Isma&#235;l.Et mentionne (udkhur) Isma&#235;l, dans le Livre (19,54)L'id&#233;e d'un retour de Mo&#239;se existait d&#233;j&#224; dans le Christianisme, mais il faut en faire le rappel car c'est une id&#233;e complexe qui fusionne en r&#233;alit&#233; Mo&#239;se, Elie et le Messie. C'est pourquoi notre Sourate va maintenant &#233;voquer un personnage myst&#233;rieux: Idris.Et mentionne&amp;amp;nbsp; (udkhur) Idris (19,56) La tradition musulmane n’est pas bien s&#251;re de l’autonomie ni m&#234;me de l’identit&#233; de ce personnage. Selon certains il s’agit d’H&#233;noch (Tabari, Ibn Kathir)Dieu fait l'&#233;loge d’Idris… Il s'agit d'H&#233;noch (Ibn Kathir: Tafsir)Selon d’autres, Idris est Elie (Bukhari). Idris a &#233;t&#233; &#233;lev&#233; comme H&#233;noch ou Elie, il n’est donc pas mort, et il peut donc revenir sous la forme d’un nouveau Proph&#232;te, ce pourquoi le Coran fait monter MuHammad au ciel, lui fait rencontrer Idris-Elie et le fait redescendre. Impossible de redescendre si l’on n’est pas mont&#233;. Elie, H&#233;noch sont mont&#233;s et doivent un jour redescendre. Muhammad est cens&#233; &#234;tre revenu, c’est donc qu’il &#233;tait mont&#233;.Ce passage est repris dans la Sourate &amp;quot;Les Proph&#232;tes&amp;quot;Souviens-toi de Zacharie, quand il cria vers son Seigneur&amp;amp;nbsp;: Seigneur, ne me laisse point seul&amp;amp;nbsp;; mais tu es le meilleur des h&#233;ritiers (21, 89)Nous retrouvons donc de mani&#232;re r&#233;currente l'id&#233;e d'h&#233;ritage en liaison avec l'id&#233;e de retour de Proph&#232;tes &#233;lev&#233;s au cielSouviens-toi d’Isma&#235;l, d’Idris, de Dhoulkefl&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; (21, 85)Comme pour Idris, on ne sait pas exactement &#224; qui correspond Dhoulkefl. Selon les uns, il s'agit d'&#201;lie ; selon d’autres de Zacharie ou d'Isa&#239;e. Dhoulkefl peut signifier&amp;amp;nbsp;: homme plein de soins pour son peuple, ou homme qui a une part, un lot.&amp;amp;nbsp; A nouveau l'h&#233;ritage ?• Pourquoi Mo&#239;se et Elie sont-ils mis en relation dans le Coran?Mo&#239;se et Elie sont rapproch&#233;s dans le Coran pour indiquer le retour imminent de ces personnages eschatologiques. Voici quelques sources juives qui r&#233;sument en trois points le midrash sur Elie:&amp;amp;nbsp;1) Disparition et retour attendu de la Proph&#233;tieMidrash sur les Psaumes 3,7: Et moi, je me couche et m'endors (Ps 3,6) : La communaut&#233; d'Isra&#235;l a dit:&amp;amp;nbsp; Je me suis couch&#233;e : pour ce qui est de la Proph&#233;tie et je me suis endormie : pour ce qui est de l'Esprit Saint. Je m’&#233;veille : par l'entremise d'&#201;lie, comme il est dit: Voici que je vous envoie &#201;lie le Proph&#232;te. &amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1492;. &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1492;,  &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1495; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1513;, &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;, &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1512; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1495; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492;  &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1488;&amp;amp;nbsp; S’endormir quant &#224; la Proph&#233;tie signifie qu’Isra&#235;l n'a plus acc&#232;s &#224; la Proph&#233;tie si ce n’est par le retour d’Elie. La proph&#233;tie ne sera donc rendue &#224; Isra&#235;l que par le retour d’Elie. 2) Elie associ&#233; &#224; Mo&#239;se. Les deux personnages reviendront ensemble.Le Saint, b&#233;ni soit-il lui dit &#224; Mo&#239;se :&amp;quot;Par ta vie, de m&#234;me que tu t’es totalement d&#233;di&#233; &#224; Isra&#235;l dans ce monde-ci, de m&#234;me dans les temps messianiques quand je leur enverrai Elie, d’heureuse m&#233;moire, vous viendrez tous les deux en m&#234;me temps, comme il est dit : Dans l'ouragan, dans la temp&#234;te il fait sa route&amp;amp;nbsp; (Na 1, 3). L'ouragan (sufa), renvoie &#224; Mo&#239;se, comme il est dit : et la d&#233;posa dans les roseaux (suf) sur la rive du fleuve (Ex 2, 3). Et dans la temp&#234;te (she’ara) renvoie &#224; Elie, comme il est dit :&amp;amp;nbsp; &#201;lie monta au ciel dans le tourbillon (se’ara) (2R 2, 11). &amp;amp;#1488;&amp;quot;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1489;&amp;quot;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1495;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1498; &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1504;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1498; &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1494;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1507; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1491; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1491;, &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503;, &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497;' &amp;amp;#1492;' &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1491;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1493;, &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1494;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1492;, &amp;amp;#1491;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497;' &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1507; &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1512;, &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1494;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;, &amp;amp;#1491;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497;' &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1492;. 3) L’all&#233;gement de la Loi. Elie &#233;tait celui qui devait simplifier et all&#233;ger la loi lors de son retour &#224; la fin des temps. Or c’est en grande partie ce que fait Muhammad (m&#234;me si ensuite, comme on peut l’imaginer, le logiciel va faire prolif&#233;rer la loi). Un Hadith nous montre Muhammad et Mo&#239;se main dans la main dans une op&#233;ration d’all&#233;gement de la loi (ici &#224; propos de la pri&#232;re) Allah prescrit 50 pri&#232;res &#224; ma communaut&#233;. Au cours de mon retour (vers la terre) je rencontrai Mo&#239;se et il me dit : - Qu’est-ce qu’Allah a prescrit &#224; ta communaut&#233; ? &amp;amp;#8232;-&amp;amp;nbsp; 50 pri&#232;res &amp;amp;#8232;- Retourne &#224; ton Ma&#238;tre, car ta communaut&#233; n’en sera pas capable. &amp;amp;#8232;Je retournai (&#224; Allah) et obtins la remise de la moiti&#233;. Puis, je revins &#224; Mo&#239;se et il me dit encore : - Retourne vers ton Ma&#238;tre car ta communaut&#233; n’en sera pas capable . Je retournai aupr&#232;s de Lui et Il me dit :&amp;amp;nbsp; Elles restent 5 &#224; accomplir mais comptent 50 (en terme de r&#233;compense). Ma parole que voil&#224; n’est pas alt&#233;rable. Revenu aupr&#232;s de Mo&#239;se, ce dernier me dit : Retourne &#224; ton Ma&#238;tre . Je lui dis : J’ai honte (de retourner aupr&#232;s) de mon Ma&#238;tre.</description>
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     <title> L'Evangile de Philippe r&#233;v&#233;l&#233; par le Temps - par Webmaster le 24/06/2010 : 23:04</title>
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     <description>&amp;amp;nbsp;    L’Evangile de Philippe r&#233;v&#233;l&#233; par le TempsOlivier-Pierre Th&#233;bault    &amp;amp;nbsp;      &#171;&amp;amp;nbsp;Je sais que mon an&#233;antissement sera complet.&amp;amp;nbsp;&#187;   &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Lautr&#233;amont, Les chants de Maldoror   &#171;&amp;amp;nbsp;Je ne connais pas d’autre gr&#226;ce que celle d’&#234;tre n&#233;. Un esprit impartial la trouve compl&#232;te.&amp;amp;nbsp;&#187;  &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Isidore Ducasse, Po&#233;sies II  &#171; Fatherhood, in the sense of conscious begetting, is unknown to man. It is a mystical estate, an apostolic succession, from only begetter to only begotten.&amp;amp;nbsp;&#187;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; James Joyce, Ulysses       Qu’ait paru r&#233;cemment un volume de la Pl&#233;iade consacr&#233; aux gnostiques est une bonne nouvelle. Cette louable initiative permet enfin que les textes de Nag Hammadi, joyaux qui ne dorment plus ensevelis dans les t&#233;n&#232;bres et l’oubli, soient &#224; la port&#233;e du regard passionn&#233; de tout un chacun. Ainsi, ne sont-ils plus condamn&#233;s &#224; rester claquemur&#233;s dans des volumes ou des biblioth&#232;ques difficilement accessibles[1], destin&#233;s aux seuls sp&#233;cialistes autoris&#233;s, fronts sourcilleux donnant bien souvent l’impression de vouloir garder sciemment en otage la divine parole gnostique, privant par l&#224; ceux qui savent lire de son incandescente libert&#233;. Mais si nous saluons cette parution &#233;m&#233;rite, c’est imm&#233;diatement pour relever l’incomp&#233;tence spectaculaire de ceux qui ont eu pour charge de confectionner ce volume. Car comment rassembler, annoter et introduire tant de textes gnostiques sans mentionner, ne serait-ce qu’une seule fois, leur socle v&#233;ridique, &#224; savoir la pens&#233;e juive[2]&amp;amp;nbsp;? Cela laisse songeur, mais nous n’allons pas pour autant nous lancer dans une diatribe sardonique ou une philippique acide contre ces sp&#233;cialistes farcis d’id&#233;ologies. En effet, nous avons bien mieux &#224; faire&amp;amp;nbsp;: r&#233;parer ce mal qui aura consist&#233; &#224; maintenir volontairement s&#233;par&#233;s ces textes lumineux de la pens&#233;e juive qui non seulement les irrigue et les fortifie, mais qui, plus encore, les a con&#231;us et sans laquelle ils ne peuvent &#234;tre compris. Pour commencer ce travail titanesque, nous retrouverons ici l’esprit de L’Evangile selon Philippe – j’ai bien dit l’esprit, et non pas seulement la lettre, de ses impeccables r&#233;dacteurs pneumatiques. Restituant ainsi, avec force et contre l’emprise du vide universel, ce texte &#224; son h&#233;breu natif, ou plut&#244;t &#224; sa vie kabbalistique intensive et po&#233;tique, nous entreprendrons de ramener la suppos&#233;e &#171;&amp;amp;nbsp;gnose&amp;amp;nbsp;&#187; vers son immarcescible fondement h&#233;bra&#239;que, la da‘ath ou science des &#233;critures juives.  Mais voyons les choses de plus pr&#232;s. Au sujet de la langue primitive de ce texte dont ne nous est parvenue qu’une version copte, les sp&#233;cialistes se divisent en deux partis&amp;amp;nbsp;: il y a les partisans du grec, et ceux du syriaque. La seconde hypoth&#232;se, pourtant d&#233;j&#224; plus vraisemblable que la premi&#232;re, semble largement ignor&#233;e par les universitaires fran&#231;ais, qui se montrent pour l’occasion particuli&#232;rement d&#233;nu&#233;s de sens critique, de recul,&amp;amp;nbsp;d’intelligence&amp;amp;nbsp;; en revanche, elle para&#238;t gagner de plus en plus de suffrages parmi les sp&#233;cialistes anglo-saxons. Mais ces sp&#233;cialistes, tous horizons confondus, sont bien entendu unanimes, main dans la main, pour rejeter l’h&#233;breu… Le rejeter&amp;amp;nbsp;? Je donne ici dans l’euph&#233;misme, car le pr&#233;jug&#233; courant, aussi inepte que tenace, si l’on creuse un peu, consiste plut&#244;t &#224; le m&#233;conna&#238;tre, le calomnier, l’enfouir, voire l’assassiner silencieusement sous l’aur&#233;ole dor&#233;e d’une pompeuse autorit&#233; officielle, reconnue et recommand&#233;e. Ne serait-il pas temps de faire un bond hors du rang de cette unanime inimiti&#233; &#224; l’&#233;gard de la langue sacr&#233;e&amp;amp;nbsp;et de restituer &#224; sa pens&#233;e – c’est-&#224;-dire &#224; sa glorieuse kabbale – ce texte dont la parole supprime tout enfermement&amp;amp;nbsp;?   Constatons d&#233;j&#224; que si cet &#233;vangile a bien un original grec, l’on comprend mal la sorte d’&#233;nigme qui y est clairement pos&#233;e au &#167; 39[3] : &#171;&amp;amp;nbsp;Une chose est Echamoth [&amp;amp;#292;WKMTh’[4], ekamot, mot aram&#233;en translitt&#233;r&#233; en copte, non traduit] et une autre chose est Echmoth [&amp;amp;#292;KMTh’[5], ekmot, idem]. Echamoth est la Sagesse simple[6]. Echmoth en revanche est la Sagesse de la mort, c’est-&#224;-dire celle {&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;} qui conna&#238;t[7] la mort, qu’on appelle la petite Sagesse.&amp;amp;nbsp;&#187; (Je souligne.)&amp;amp;nbsp;En effet, il semble bien difficile d’expliquer cette parole sans le recours aux deux langues qui, seules, rendent intelligibles les jeux de mots sous-jacents, livrant la cl&#233; de l’&#233;nigme, &#224; savoir l’h&#233;breu et l’aram&#233;en. Ainsi, c’est en cette derni&#232;re langue que Echmoth (ou Echamoth), &amp;amp;#292;(W)KMTh’[8], signifie la Sagesse. De plus, le texte nous dit que cette Echmoth (ou Echamoth), en tant que &#171;&amp;amp;nbsp;petite Sagesse&amp;amp;nbsp;&#187;, est &#171;&amp;amp;nbsp;la Sagesse de la mort&amp;amp;nbsp;&#187;, pr&#233;cisant qu’elle &#171;&amp;amp;nbsp;conna&#238;t la mort&amp;amp;nbsp;&#187;, comme je l’ai soulign&#233;. Or, si Echmoth (ou Echamoth) est bien un terme aram&#233;en, il se trouve que c’est en h&#233;breu, et en h&#233;breu seulement, que &amp;amp;#292;KMH, &amp;amp;#293;&#244;km&#226;h, &amp;amp;#292;KM, &amp;amp;#293;&#226;kam, et MWTh, m&#244;th, signifient respectivement &#171;&amp;amp;nbsp;la Sagesse&amp;amp;nbsp;&#187;, &#171;&amp;amp;nbsp;&#234;tre sage,conna&#238;tre&amp;amp;nbsp;&#187; et &#171;&amp;amp;nbsp;la mort&amp;amp;nbsp;&#187;. La &#171;&amp;amp;nbsp;Sagesse de la mort&amp;amp;nbsp;&#187; repose par cons&#233;quent sur un jeu de mots que redouble l’expression &#171;&amp;amp;nbsp;conna&#238;tre la mort&amp;amp;nbsp;&#187;, et qui n’est autre qu’une condensation[9] de &amp;amp;#292;KM (ou &amp;amp;#292;KMH) et de MWTh, cette condensation formant le mot &amp;amp;#292;(W)KMTh’, la Sagesse en aram&#233;en. Ainsi, pour ces gnostiques, les deux Sagesses dont il est ici question r&#233;verb&#232;rent la dualit&#233; propre &#224; la Sagesse juive, sur laquelle nous reviendrons, entre la Sagesse du dedans, ant&#233;rieure &#224; la Cr&#233;ation, ici Echamoth, et la Sagesse perdue[10], celle du dehors, m&#234;l&#233;e &#224; la confusion de ce monde et qui conna&#238;t la mort au sens aussi o&#249; elle est mortelle, celle que le texte semble prononcer Echmoth.   Je puis encore ajouter cet autre exemple, pour bien enfoncer le clou&amp;amp;nbsp;: &#171;&amp;amp;nbsp;(53) L'eucharistie est J&#233;sus car on l'appelle en syriaque “ Pharisatha ”, c'est-&#224;-dire “ l'&#233;tendu ”. &#187; Ne s’agit-il pas &#224; l’&#233;vidence d’une interpolation[11] du traducteur, car ce passage ne devient intelligible qu’en indiquant que lors de l’eucharistie il s’agit de briser le pain (racine PRS ou PRSh), tandis que celle-ci est de cette m&#234;me racine PRS (voulant dire rendre gr&#226;ce, distribuer), celle de Pharisatha, &#171;&amp;amp;nbsp;l’&#233;tendu&amp;amp;nbsp;&#187;, mais aussi ce qui est divis&#233;, multipli&#233;, distribu&#233;. Ce texte joue donc sciemment, et savamment, sur l’aram&#233;en, mais surtout sur l’h&#233;breu. A-t-il &#233;t&#233; &#233;crit en grec ou dans le seul syriaque&amp;amp;nbsp;? Les jeux de mots ne faisant sens qu’en recourant &#224; l’h&#233;breu que nous avons d&#233;cel&#233;s dans la trame savante de cet &#233;crit gnostique permettent non seulement d’en douter, mais nous invitent en outre &#224; emprunter un autre chemin de pens&#233;e, la voie, &#244; combien plus audacieuse et salutaire, de la vie et de la v&#233;rit&#233;, visant &#224; r&#233;fl&#233;chir les propos pes&#233;s de cet &#233;vangile avec la tradition &#233;sot&#233;rique juive, montrant par l&#224;, et de fa&#231;on, je le crois, assez lumineuse, que celui-l&#224; est ins&#233;parable de celle-ci.   Si le nom de Philippe n’appara&#238;t qu’une seule fois dans l’&#233;vangile qui porte son nom – au &#167; 91 o&#249; il est question de &#171;&amp;amp;nbsp;l’ap&#244;tre Philippe&amp;amp;nbsp;&#187;, celui qui, dans L’Evangile selon Jean, demande au Christ &#171;&amp;amp;nbsp;Seigneur, montre-nous le P&#232;re, et cela nous suffit&amp;amp;nbsp;&#187;, le Fils lui r&#233;pondant alors, de fa&#231;on fulgurante&amp;amp;nbsp;: &#171;&amp;amp;nbsp;Comment&amp;amp;nbsp;? Tu me vois, et tu ne vois pas le P&#232;re&amp;amp;nbsp;?&amp;amp;nbsp;&#187; –, rien ne m’emp&#234;che pourtant d’observer de plus pr&#232;s ce nom en h&#233;breu. Je constate alors que c’est un terme translitt&#233;r&#233; du grec : PYLPY, pilpi, ou PYLYPY, pilipi, ou PLYPH, plip&#226;h, ou encore PYLP’, plip&#226;’. Il s’av&#232;re tr&#232;s proche des racines PLL, p&#226;lal, s&#233;parer, diviser, arbitrer, prier, qui est &#233;galement plal, arguer, d&#233;battre, ou PLPL, pilp&#234;l – racine du piment&#233; pilpo&#251;l –,&amp;amp;nbsp;chercher, raisonner, donner des arguments, mais aussi palp&#234;l, entourer, rouler ou encore couvrir, ce qui &#233;voque tant le d&#233;voilement du secret que son voilement. Les calembours, exploit&#233;s par les diff&#233;rents textes midrashiques o&#249; il intervient, sont innombrables. Citons&amp;amp;nbsp;encore celui avec Paul, grec paulos, pour cette raison l’un de ses compagnons de pr&#233;dilection, avec Pallas, d&#233;signation grecque d’Ath&#232;nes pr&#233;sente dans les Actes de Philippe, avec le miracle, pele’, avec le philosophe, PYLWSWPWS, pil&#244;s&#244;ph&#244;s (dans ses Actes, il joute all&#232;grement avec des philosophes…), etc. Sur ces jeux de mots – et bien d’autres –, on consultera &#224; bon escient le travail tr&#232;s fouill&#233; et foisonnant de Maurice Mergui[12].&amp;amp;nbsp;  Soulignons, avant de l’&#233;tudier plus en profondeur, que cet &#233;vangile est puissamment &#171; inactuel &#187;, tant par son ton tranchant que par sa langue, ce qui ne l’emp&#234;che pas, bien au contraire, d’&#234;tre aussi d’une &#171;&amp;amp;nbsp;actualit&#233;&amp;amp;nbsp;&#187; foudroyante (ce monde – la soci&#233;t&#233; spectaculaire plan&#233;taire – n’est-il pas, vu sous un certain angle, un mangeur de cadavres et lui-m&#234;me un cadavre&amp;amp;nbsp;?). On ne saurait trop en conseiller la lecture &#224; qui veut nager &#224; contre-courant du sens commun et de l’insuffisance repr&#233;sentative de la langue lacunaire, vide et st&#233;r&#233;otyp&#233;e qu’emploient couramment ses serviles cerb&#232;res. Il pr&#233;sente de plus l’avantage de nous permettre de jeter quelques lumi&#232;res sur ce continent gnostique &#224; tort r&#233;put&#233; obscur, et d’en finir avec une sorte de Da-Vinci-code-mania, de mani&#232;re qu’a le Spectacle de se repr&#233;senter illusoirement &#224; grand renfort de techniques multiples ce qui se condense de savoir-vivre – dont l’&#233;picentre est bien entendu le Verbe – dans ces tr&#233;sors textuels de la gnose juive ressurgis &#224; Nag Hammadi. Plus prosa&#239;quement, en mettant &#224; nu les arcanes d’un tel texte, nous rendrons &#224; sa vie propre et &#224; sa lumi&#232;re le lien essentiel entre le Christ et Marie Madeleine, et trancherons une bonne fois ce cordon accrochant st&#233;rilement les foules hypnotis&#233;es &#224; cette matrice des d&#233;lires et fantasmes qui entourent le ph&#233;nom&#232;ne Marie Madeleineet sa suppos&#233;e descendance, sujet digne des d&#233;veloppements romanesques ou cin&#233;matographiques les plus fades, et que le nec plus ultr&#224; de l’intelligence – j’ai nomm&#233; le go&#251;t –, imp&#233;rieux et r&#233;solu tel l’un des vingt-quatre Anciens si&#233;geant sur leurs tr&#244;nes dans l’Apocalypse de Jean au Jour du Jugement, avec l’&#233;lectricit&#233; foudroyante de la parole et du rire, fatidiquement, ne peut que condamner. Enfin, cet &#233;crit gnostique m’est d’autant plus cher qu’il montre la peur panique qu’engendre la puissance de la parole messianique parmi tous ceux qui n’aiment pas assez la libert&#233; pour l’assumer. Ainsi cet &#233;vangile magnifique &#233;nonce-t-il&amp;amp;nbsp;: &#171;&amp;amp;nbsp;(49) Si tu dis&amp;amp;nbsp;: “&amp;amp;nbsp;Je suis juif&amp;amp;nbsp;”, personne ne sera &#233;mu&amp;amp;nbsp;; si tu dis&amp;amp;nbsp;: “&amp;amp;nbsp;Je suis un Romain&amp;amp;nbsp;”, personne ne sera d&#233;rang&#233;&amp;amp;nbsp;; si tu dis&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp;“&amp;amp;nbsp;Je suis un Grec, un barbare, un esclave, un [homme] libre ”, personne ne tremblera. Si tu dis&amp;amp;nbsp;: “ Je suis chr&#233;tien [entendez messianiste…]&amp;amp;nbsp;”, tout le monde tremblera.&amp;amp;nbsp;&#187; En effet, les auteurs de ce texte le soulignent avec la force m&#234;me qui les vivifie&amp;amp;nbsp;: ils sont de v&#233;ritables apocalypses portatives d&#233;voilant la messianit&#233; du Temps, la laissant souffler &#224; m&#234;me ce monde, ce qui ne manque pas d’en an&#233;antir la fausset&#233;, de relever les D&#233;luges et de tout renouveler. Cet article est extrait d'un ouvrage en vente ici:&amp;amp;nbsp;     http://www.thebookedition.com/l-evangile-de-philippe-devoile-olivier-pierre-thebault-p-39489.html                       [1] Hormis pour quelques-uns de ces textes qui ont eu droit &#224; des &#233;ditions courantes comme L’Evangile selon Thomas.      [2] Ainsi de l’introduction du volume, fort longue, analytique, minutieuse, mais terriblement atterrante, impuissante, ennuyeuse. Pensez, pas la moindre mention de la pens&#233;e juive (alors que Platon, Plotin et les P&#232;res de l’Eglise sont cit&#233;s &#224; qui mieux mieux)&amp;amp;nbsp;! J’y ai m&#234;me d&#233;cel&#233; une partisane et insane pudibonderie &#224; l’&#233;gard de la langue primordiale du biblique. Ainsi, lorsque l’un des auteurs en vient &#224; devoir a priori prononcer les mots &#171;&amp;amp;nbsp;h&#233;breu&amp;amp;nbsp;&#187; ou &#171;&amp;amp;nbsp;langue h&#233;bra&#239;que&amp;amp;nbsp;&#187;, il a tout simplement pr&#233;f&#233;r&#233; omettre le mot (donc la chose) apparemment si g&#234;nant, si d&#233;rangeant. En effet, quand, &#224; la page XXXIX, on lit &#171;&amp;amp;nbsp;de la M&#232;re (Barb&#233;l&#244;, dont le nom signifie “&amp;amp;nbsp;Dieu en quatre&amp;amp;nbsp;”)&amp;amp;nbsp;&#187;, il ne nous est m&#234;me pas dit en quelle langue&amp;amp;nbsp;! Or, comment le lecteur est-il cens&#233; savoir que cela n’est vrai qu’en h&#233;breu (et en aram&#233;en) o&#249; Barb&#233;l&#244; peut se lire comme be’arba‘ Eloha, &#171;&amp;amp;nbsp;en quatre le Dieu&amp;amp;nbsp;&#187;, d’apr&#232;s Leisegang, ou Bara-b-Eloha, &#171;&amp;amp;nbsp;le Fils est en Dieu&amp;amp;nbsp;&#187;, d’apr&#232;s Ren&#233; Pierre Boullu, dans La th&#233;urgie de l’Autre (derni&#232;re explication qui a le m&#233;rite de clarifier ce pourquoi les textes aiment y lire Seth ou le Messie…) ? Pourquoi une telle omission, par elle-m&#234;me ais&#233;ment interrogeable, de la langue sacr&#233;e&amp;amp;nbsp;? Quel meurtre du p&#232;re, psychanalytiquement parlant, cela cache-t-il&amp;amp;nbsp;? Et une m&#234;me frileuse ignorance r&#232;gne ainsi tout au long de l’introduction, comme de la quasi-totalit&#233; des notules et commentaires. Pour ces sp&#233;cialistes &#232;s gnose (de quelle gnose&amp;amp;nbsp;?), tout doit n&#233;cessairement se passer comme si l’h&#233;breu et la pens&#233;e juive n’avaient jamais exist&#233; pour nos gnostiques…&amp;amp;nbsp;      [3] Pour la num&#233;rotation des paragraphes et la traduction, je suivrai l’&#233;dition de la Pl&#233;iade. L’&#233;cart souvent criant entre le litt&#233;ral copte et cette traduction m’obligera toutefois &#224; l’amender &#224; plusieurs reprises, lorsque celle-ci chute bien trop pesamment et brutalement dans l’orni&#232;re du contresens complet.&amp;amp;nbsp;      [4] Dans le pr&#233;sent texte, je serai n&#233;cessairement amen&#233; &#224; translitt&#233;rer des termes h&#233;breux. Pour ce faire, j’adopte donc, pour les vingt-deux lettres de l’alphabet h&#233;bra&#239;que (ou aram&#233;en), les translitt&#233;rations suivantes&amp;amp;nbsp;: aleph ’&amp;amp;nbsp;; beth B (b)&amp;amp;nbsp;; guimel G (g)&amp;amp;nbsp;; daleth D (d)&amp;amp;nbsp;; h&#233; H (h)&amp;amp;nbsp;; waw W (w)&amp;amp;nbsp;; za&#239;n Z (z)&amp;amp;nbsp;; &amp;amp;#293;eth &amp;amp;#292; (&amp;amp;#293;)&amp;amp;nbsp;; teth T (t)&amp;amp;nbsp;; yod Y (y)&amp;amp;nbsp;; kaph K (k)&amp;amp;nbsp;; lamed L (l)&amp;amp;nbsp;; mem M (m)&amp;amp;nbsp;; no&#251;n N (n)&amp;amp;nbsp;; samek S (s)&amp;amp;nbsp;; ‘a&#239;n ‘&amp;amp;nbsp;; ph&#233; P (p)&amp;amp;nbsp;; tsad&#233; Sd (ts)&amp;amp;nbsp;; qoph Q (q)&amp;amp;nbsp;; r&#234;sh R (r)&amp;amp;nbsp;; shin Sh (sh)&amp;amp;nbsp;; thaw Th (th). Je pr&#233;viens d’embl&#233;e mon lecteur afin qu’il n’en soit pas trop violemment d&#233;sar&#231;onn&#233;&amp;amp;nbsp;: je ferai au fil de ces pages un usage non n&#233;gligeable des proc&#233;d&#233;s de calcul portant sur les valeurs num&#233;riques des lettres h&#233;bra&#239;ques, proc&#233;d&#233;s qui sont commun&#233;ment appel&#233;s du nom de &#171;&amp;amp;nbsp;g&#233;matrie&amp;amp;nbsp;&#187;. Ainsi, en h&#233;breu, les lettres sont imm&#233;diatement des nombres – et ceux-ci sont not&#233;s &#224; l’aide de lettres. Les mots et expressions h&#233;bra&#239;ques issus de la litt&#233;rature sacr&#233;e poss&#232;dent leurs valeurs num&#233;riques r&#233;sultant de la somme (ou parfois du produit, etc.) de celles de leurs lettres constitutives. La langue du dieu &#233;crivain en joue, rapprochant tel mot ou assemblement de vocables de tel autre, etc., et ce, non par divertissement ou frivole amusement, mais avec le plus grand s&#233;rieux, dans le but de &#171;&amp;amp;nbsp;faire lever le sens&amp;amp;nbsp;&#187;. La g&#233;matrie dite classique attribue les valeurs des unit&#233;s, de 1 &#224; 9, aux neuf premi&#232;res lettres, puis celles des dizaines, de 10 &#224; 90, aux neuf suivantes, et des centaines, de 100 &#224; 400, pour les quatre derni&#232;res&amp;amp;nbsp;; enfin, &#233;tant donn&#233; que cinq de ces lettres, le kaph, le mem, le no&#251;n, le ph&#233; et le tsad&#233;, outre leur graphie ordinaire, sont &#233;galement pourvues d’une graphie dite finale lorsqu’elles se trouvent &#224; la fin d’un mot, ce proc&#233;d&#233; leur attribue alors, quand elles occupent cette position, les valeurs restantes des centaines, de 500 &#224; 900. Pour la g&#233;matrie par rangs, comme son nom l’indique, elle donne aux lettres les valeurs num&#233;riques correspondant &#224; leurs rangs ou places dans l’alphabet, 1 pour l’aleph, 2 pour le beth, etc., jusqu’&#224; 22 pour le thaw.&amp;amp;nbsp;J’emprunte les notations GR et GC, pour g&#233;matrie par rangs et g&#233;matrie classique, au Portrait d’Isra&#235;l en jeune fille de Sandrick Le Maguer. Je renvoie &#224; son livre, ainsi qu’&#224; L’invention de J&#233;sus de Bernard Dubourg, pour une explication d&#233;taill&#233;e, savante et savoureuse, de ces proc&#233;d&#233;s.       [5] Le texte jouerait ici sciemment sur deux graphies et prononciations diff&#233;rentes de la Sagesse en aram&#233;en – ou syriaque –, pour d&#233;signer deux facettes oppos&#233;es de celle-ci. Le traducteur a peut-&#234;tre voulu rendre cette diff&#233;rence en introduisant un a &#171;&amp;amp;nbsp;privatif&amp;amp;nbsp;&#187; devant moth (h&#233;breu mort) dans Echamoth, distinguant ainsi celle-ci d’Echmoth, la premi&#232;re ignorant la mort (puisqu’elle est la Sagesse de Gen&#232;se 1, 1, &#233;ternelle), tandis que la seconde la conna&#238;t (puisqu’elle est &#171;&amp;amp;nbsp;du monde&amp;amp;nbsp;&#187;). Il y aurait ainsi un jeu subtil se poursuivant &#224; travers plusieurs langues…&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;       [6] ou parfaite, copte aplos, grec apl&#244;s, h&#233;breu ThMH, th&#226;mah.      [7] Le verbe copte est bien sooun, racine de Sophia, la Sagesse en grec ou en copte (sophia), comme &amp;amp;#292;KM est la racine de &amp;amp;#292;KMH en h&#233;breu.      [8] Cette parenth&#232;se signifie qu’il y a deux &#233;critures possibles de ce mot aram&#233;en, avec ou sans le waw (W).      [9] Ici, la derni&#232;re lettre de &amp;amp;#292;KM(H) est aussi la premi&#232;re de MWTh, ce redoublement autorise la condensation des deux mots. C’est une pratique courante de l’&#233;sot&#233;risme h&#233;breu. J’ajoute que l’autre Sagesse, &#171;&amp;amp;nbsp;la Sagesse simple&amp;amp;nbsp;&#187; est riche elle aussi d’un jeu de mots faisant &#233;cho &#224; celui-ci, entre &amp;amp;#292;KMH et ThMH, th&#226;mah, anagramme exacte, et inverse (comme les deux Sagesses sont l’envers l’une de l’autre) de HM(W)Th, la mort ou le mort… Dois-je pr&#233;ciser que dans l’&#233;dition de la Pl&#233;iade vous ne trouverez pas la moindre note explicative sur tout ce &#167; 39&amp;amp;nbsp;?      [10] Le retour ou la th&#233;sho&#251;vah de celle-ci est la grande affaire de la gnose valentinienne, car celle qui s’&#233;gare ainsi est encore la Sagesse&amp;amp;nbsp;!      [11] Cette interpolation ou glose est le fait du traducteur de ce texte (chose fr&#233;quente dans le Nouveau Testament ou dans la Septante par exemple). Bernard Dubourg explique excellemment, dans le glossaire de L’h&#233;breu du Nouveau Testament, ce qu’il faut entendre par l&#224;&amp;amp;nbsp;: &#171;&amp;amp;nbsp;glose : note cens&#233;e, en regard d’un texte, en &#233;clairer tel ou tel terme ou passage difficile ou obscur. Du fait des copistes, tous les textes antiques, manuscrits, ont fini par absorber diverses gloses initialement marginales. Le Nouveau Testament n’&#233;chappe pas &#224; cette r&#232;gle : par exemple, toutes les remarques y concernant les usages juifs et les expliquant, sont des gloses, gloses qui ne figuraient &#233;videmment pas dans la version primitive-h&#233;bra&#239;que destin&#233;e &#224; des lecteurs juifs-h&#233;breux. Les traducteurs antiques des &#201;vangiles, en faisant passer ceux-ci du s&#233;mite au grec, ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de gratifier leurs lecteurs grecs et, d&#232;s lors, suppos&#233;s ignorer les pratiqueset les id&#233;es juives, de toutes sortes de remarques documentaires concernant ces pratiques et ces id&#233;es (ainsi que le sens de divers termes h&#233;breux ou aram&#233;ens). Par la suite, les copistes des manuscrits grecs du Nouveau Testament ont int&#233;gr&#233; dans le corps m&#234;me du texte ces gloses d’abord, en effet, marginales. Incapables de discerner ce processus (pourtant simple), les ex&#233;g&#232;tes modernes, gr&#233;cistes en diable, croient que les passages en question ont &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s par les &#233;vang&#233;listes primitifs !&amp;amp;nbsp;&#187;      [12] En particulier ses trois livres Un &#233;tranger sur le toit, Comprendre les origines du christianisme, Paul &#224; Patras, ainsi que ses traductions du corpus midrashique.       </description>
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     <title> Une Tour et Deux Rois - par Webmaster le 10/03/2010 : 00:18</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=487</link>
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     <description>Une Tour et deux Rois(&#224; propos de ceux qui sont en &#233;chec pr&#232;s de la Fin)Salomon construisit le Temple et il l'acheva va-yiben shelomo et ha-bayit va-yekhalehu(1R 6, 14)La Parabole double du Constructeur de Tour et des Deux Rois est une parabole doublement orpheline. Orpheline d’abord car seul Luc a pens&#233; &#224; nous la rapporter. Matthieu, Marc et Jean n’ont pas jug&#233; utile de mentionner ce fragment suppos&#233; pourtant inspir&#233;. Une erreur de distraction sans doute. Parabole orpheline encore car elle n’a pas suscit&#233; beaucoup d’efforts d’imagination chez les ex&#233;g&#232;tes. On en restera donc aux platitudes habituelles sur ce qu’il en co&#251;te d’&#234;tre disciple, etc…Il faut dire que notre Parabole commence d’une mani&#232;re abrupte: Si quelqu'un vient &#224; moi sans ha&#239;r son p&#232;re, sa m&#232;re, sa femme, ses enfants, ses fr&#232;res, ses sœurs, et jusqu'&#224; sa propre vie, il ne peut &#234;tre mon disciple (Lc 14, 26)De quoi d&#233;contenancer m&#234;me les P&#232;res de l’Eglise, comme celui-&#231;i dont je ne me souviens plus bien du nom:On peut se demander comment Notre Seigneur nous fait un devoir de ha&#239;r nos parents et ceux qui nous sont unis par les liens du sang, alors qu'il nous est command&#233; par ailleurs d'aimer jusqu'&#224; nos ennemis !Si m&#234;me les P&#232;res en perdent leur latin, que pouvons-nous dire de plus ? Il faudra peut-&#234;tre se r&#233;signer &#224; ce que cette Parabole reste &#224; jamais incompr&#233;hensible. Les sp&#233;cialistes ont pour cela une arme absolue, bien qu'elle ait d&#233;j&#224; beaucoup servi : l’erreur du r&#233;dacteur.Nous avons signal&#233; dans un ouvrage d&#233;j&#224; ancien que le texte de cette parabole est bien trop construit pour qu’une erreur quelconque puisse &#234;tre m&#234;me envisageable.Si j’&#233;tais ex&#233;g&#232;te, je me demanderais d’abord pourquoi il faut deux paraboles pour v&#233;hiculer un message fut-il divin. Pas vous ?Je me demanderais aussi pourquoi il faut s’asseoir pour calculer (le prix des travaux) ou pour examiner (si on a bien les moyens de guerroyer). En essayant (&#224; tout hasard) une r&#233;troversion vers l’h&#233;breu, on s’apercevrait alors que le texte contient ici un jeu de sonorit&#233;s (yosheb veHosheb). De m&#234;me, le verbe ha&#239;r de 14,36 (h&#233;breu: sone) consonne, c’est le cas de le dire, avec le verbe porter (h&#233;breu: nose) de 14,37 (porter sa croix). Certes, cela ne nous dit rien sur le sens ultime de la Parabole, mais on saurait au moins qu'il y avait de l'h&#233;breu derri&#232;re notre texte grec. On ne capte toujours pas bien, mais on a une information sur la nature du signal. On capte au moins une petite musique, m&#234;me si on n’a toujours pas d’image. Cette petite musique, c'est celle qui sert de leitmotiv aux Evangiles: L’id&#233;e c’est que les juifs n’ont pas la force d’aller jusqu’au bout de l’id&#233;e messianique. Ils sont grands au d&#233;but, mais ils ont un probl&#232;me avec la fin (des temps). C'est le message central de notre parabole double: c’est nul de commencer et de ne pas finir.Puisque nous en sommes aux jeux de sonorit&#233;s, on pourrait peut-&#234;tre mettre l’accent sur l’id&#233;e d’ach&#232;vement: Est-ce que par hasard l’h&#233;breu originel ne faisait pas de jeux de mots sur l’id&#233;e de &#171;&amp;amp;nbsp;ne pas pouvoir achever&amp;amp;nbsp;&#187;&amp;amp;nbsp; ? J’aurais pour ma part tendance &#224; le penser, mais j’h&#233;site entre deux r&#233;troversions. Une r&#233;troversion s&#233;duisante serait: lo yukhal lekhalot pour rendre la nullit&#233; du b&#226;tisseur de Tour. Voil&#224; un homme qui a commenc&#233; de b&#226;tir et il n'a pu achever!&amp;amp;nbsp; Sous cette phrase il devait y avoir quelque chose comme: hine ish asher hitHil libnot velo yukhal lekhalot. Le jeu de sonorit&#233; de la fin de ce verset est &#233;videmment humoristique : pour rendre cela en fran&#231;ais il faudrait une phrase absurde du type: il n’arrive pas &#224; arriver, ou il n’en finit pas de finir. Mais achever c’est aussi le-shalem,&amp;amp;nbsp; terme qui nous convient aussi tr&#232;s bien. D'ailleurs pourquoi choisir? Peut-&#234;tre est-ce ce double registre qui aurait justifi&#233; une double parabole ? Allez savoir ! Le-shalem nous convient parfaitement car on est dans un mashal comme vous l’aurez constat&#233;, et qu’il faut maintenant passer &#224; la caisse pour r&#233;gler les d&#233;penses de la Tour (leshalem= payer) ou demander la paix (shalom).Quand on utilise la Parabole, le risque, on l’a vu, c'est de conna&#238;tre des probl&#232;mes de r&#233;ception. Par exemple dans notre cas: comment &#234;tre s&#251;r que notre Parabole va &#234;tre comprise comme faisant allusion &#224; l’id&#233;e messianique ?- D’abord en livrant le mode d’emploi de la Parabole. Ici l’utilisateur a &#233;t&#233; averti: que celui qui a des oreilles entende (Lc 14, 35)&amp;amp;nbsp; On sait que l’acronyme du d&#233;but de cette phrase mi-sheyeshlo oznayim lishmo’a... donne pr&#233;cis&#233;ment le mot mashal. Ensuite certains termes de la Parabole doivent faire allusion au messie. Cela ne devrait pas &#234;tre tr&#232;s difficile &#224; obtenir, puisque selon les Chr&#233;tiens toute la Bible ne parle que du messie. Si j'&#233;tais ex&#233;g&#232;te, je me demanderais par exemple si, dans notre cas, le vocabulaire utilis&#233; (lo yukhal) n’est pas une allusion au langage utilis&#233; lors de l'&#233;pisode de la Faute des Explorateurs qui est lu par le midrash comme renvoyant au refus de l'id&#233;e messianique. En Nombres 13,31 les mauvais Explorateurs disent en effet: Nous ne pouvons pas (lo nukhal) marcher contre ce peuple, car il est plus fort que nous. A quoi le bon explorateur Caleb 52 r&#233;pond: Il faut marcher et conqu&#233;rir ce pays : nous en sommes capables.(ki yakhol nukhal). Vous aurez remarqu&#233; que cette forme verbale du &amp;quot;pouvoir/achever&amp;quot; est dispos&#233;e partout dans notre Parabole. Par exemple au d&#233;but, o&#249; on nous explique que celui qui ne hait pas etc... ou ne porte pas etc... ne peut pas (lo yukhal) &#234;tre mon disciple. On me signale que lo yukhal&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1500; vaut 52,&amp;amp;nbsp; nous sommes en quelque sorte cern&#233;s par le hasard ou alors le texte est tr&#232;s construitMais dans ce cas une seule parabole suffirait. Celle de la Tour par exemple. Pourquoi redoubler le mashal avec une nouvelle parabole, celle des deux rois qui s’affrontent? Nous avons vu, par exemple dans le Midrash Rabba sur Ruth, que la controverse entre disciples des Sages est compar&#233;e dans le midrash juif aux arts martiaux. Le mashal des Deux Rois &#233;voquerait alors l’id&#233;e que le juda&#239;sme messianique a deux fois plus d’arguments que le courant non-messianique et que donc ce dernier devrait rendre les armes : demander la paix c’est en effet demander le messie. Ce ne sont pas les textes chr&#233;tiens qui nous l’apprennent mais des textes juifs (shalom be-gematria ze mashiaH). La seconde Parabole dirait en quelque sorte: Vous feriez mieux de renoncer (la peshitta sur ce verset utilise le verbe shabaq) et demander/rechercher (le-baquesh) le messie.La notion de haine qui nous semblait si &#233;trange au d&#233;but de notre parabole devait, normalement elle-aussi, conduire l’auditeur vers le th&#232;me messianique via ce verset de Mich&#233;e:&amp;amp;nbsp;Car le fils insulte le p&#232;re, la fille se dresse contre sa m&#232;re, la belle-fille contre sa belle-m&#232;re, chacun a pour ennemis les gens de sa maison (Mi 7,6) Isa&#239;e comme Mich&#233;e proph&#233;tisent en effet qu’&#224; la fin des temps, on se ha&#239;ra les uns les autres&amp;amp;nbsp; dans chaque famille. Il s’agit tout simplement de l’id&#233;e que le messie arrivera au comble de l’impi&#233;t&#233;. Il resterait encore bien des d&#233;tails &#224; r&#233;gler pour que cette Parabole double puisse nous permettre de recevoir un message clair, mais il faudrait pour cela que nos ex&#233;g&#232;tes passent beaucoup plus de temps sur les toits. On v&#233;rifie au moins ici l’id&#233;e que la Parabole n’est jamais gratuite.</description>
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     <title> Un puits et des murmures - par Webmaster le 09/03/2010 : 23:54</title>
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     <description>Un puits et des murmures• Errance dans le CALEn surfant par hasard sur le site du CAL (Comprehensive Aramaic Lexicon) on peut parfois tomber sur des racines syriaques amusantes, par exemple celle-ci:&amp;amp;nbsp;zmzm : to whisper&amp;amp;nbsp; (murmurer, chuchoter)Comme nous parlions (toujours par hasard) du puits de Zemzem dans un article pr&#233;c&#233;dent de cette revue, il &#233;tait naturel de nous demander si ce puits que fr&#233;quentent des millions de p&#232;lerins &#224; la Mecque a quelque chose &#224; voir avec cette racine syriaque.La tradition musulmane, l&#224; non plus, n’aime pas trop l'id&#233;e de l’influence du syriaque sur l’Arabe, car cette derni&#232;re langue n’a pas d’origine, c’est une structure descendue du ciel enti&#232;rement constitu&#233;e. C’est comme le jeu d’&#233;chec, s’il manque une seule r&#232;gle, comme par exemple celle qui d&#233;finit le d&#233;placement du cheval, il n’y a pas de jeu d'&#233;chec. Ou bien on a toutes les r&#232;gles et on a un jeu ou alors on n’a rien du tout. Eh bien, c’est pareil pour l’arabe dont pas un seul mot ne d&#233;pend d’une autre langue puisqu’il a &#233;t&#233; donn&#233; (il est descendu) d’un seul tenant.• Le riteAller se d&#233;salt&#233;rer &#224; la source ou au puits de Zemzem (ou Zamzam) fait partie d'un des rites obligatoires du p&#232;lerinage &#224; la Mecque, juste avant d’aller lapider Satan un peu plus loin &#224; Mina. Mais pourquoi ce puits porte-t-il le nom curieux (voire cacophonique) de Zemzem ?• les Hadith sur le puits de ZemzemLes Hadith sur le puits et l’eau de Zemzem paraissent au premier abord disparates: Ce puits serait celui qui abreuva Isma&#235;l.&amp;amp;nbsp; L’eau de ce puits aurait aussi servi &#224; l’ange Gabriel pour laver le cœur de Muhammad. Le Proph&#232;te lui m&#234;me a bu de ce puits. On retiendra surtout ce hadith curieux : le puits de Zemzem &#233;tait autrefois une source de dispute entre les gens. Enfin l’eau de Zemzem est aussi un aliment et cette eau permet d’obtenir ce que l’on d&#233;sire. Curieusement, certaines traditions&amp;amp;nbsp; recommandent de rester assis en buvant cette eau. Qu’un hadith &#233;tablisse un lien entre un puits et des disputes est assez curieux pour retenir notre attention. En plus de Gn 26, 21-22&amp;amp;nbsp; o&#249; un puits est cause de dispute, cela &#233;voque la saga des juifs dans le d&#233;sert marqu&#233;e par la r&#233;volte permanente qui tourne autour de l'eau. Et plus pr&#233;cis&#233;ment l’&#233;pisode de M&#233;riba. Car M&#233;riba c’est justement la dispute. Les p&#233;r&#233;grinations des juifs dans le d&#233;sert sont aussi   une histoire de murmures or ces murmures s’&#233;l&#232;vent contre le manque de   nourriture et d’eau. On les retrouve de nombreuses fois et de mani&#232;re redoubl&#233;e (r&#233;p&#233;tition &#224; l'int&#233;rieur du m&#234;me verset):Car il a entendu vos murmures contre Yahv&#233;. Et nous, que sommes-nous pour que vous murmuriez contre nous?&amp;amp;nbsp; (Ex 16,7)… car Yahv&#233; a entendu vos murmures contre lui. Nous, que sommes-nous?&amp;amp;nbsp; Ce n'est pas contre nous que vont vos murmures, mais contre Yahv&#233;. (Ex 16,8)&amp;amp;nbsp;Jusques &#224; quand cette communaut&#233; perverse qui murmure contre moi?&amp;amp;nbsp; J'ai entendu les plaintes que murmurent contre moi les Isra&#233;lites.(Nb 14, 27)Les eaux de M&#233;riba  deviennent dans la Bible le paradigme de la r&#233;volte contre Dieu et donc  de l'ingratitude et de l'infid&#233;lit&#233; des Juifs.Ce sont l&#224; les eaux de Meriba, o&#249; les Isra&#233;lites s'en prirent &#224; Yahv&#233; (Ex 20, 13)Un autre verset &#233;tablit une &#233;quivalence entre la r&#233;volte et la dispute:Il donna &#224; ce lieu le nom de Massa et Meriba, parce que les Isra&#233;lites cherch&#232;rent querelle&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; (Ex 17,7)Mo&#239;se est la premi&#232;re victime de cette r&#233;volte:Ils le f&#226;ch&#232;rent aux eaux de Meriba;&amp;amp;nbsp; mal en prit &#224; Mo&#239;se par leur faute (Ps 106,32)Il semble bien que notre racine syriaque du murmure soit le cha&#238;non manquant qui explique non seulement le lien bizarre que fait le Hadith entre le puits de Zemzem et la dispute, mais qu'il permet de comprendre le lien entre l'ensemble des &#233;l&#233;ments du Hadith qui nous semblaient de prime abord si disparates.&amp;amp;nbsp;Il n'est pas &#233;tonnant que l'ange Gabriel lave et purifie le cœur du Proph&#232;te de l'Islam avec l'eau de Zemzem, car c'est &#224; cause de l'eau que le cœur des Isra&#233;lites a &#233;t&#233; endurci.N'endurcissez pas vos cœurs comme &#224; Meriba, comme au jour de Massa dans le d&#233;sert (Ps 95,8)Le Proph&#232;te qui a connu la fuite vers M&#233;dine est mis en rapport avec un puits car Mo&#239;se connut lui aussi une fuite en Madian aupr&#232;s d'un puits:Il s'enfuit au pays de Madian et s’assit aupre&amp;amp;#768;s d’un puits (Ex 2, 15)Est-ce ce verset qui explique le conseil de rester assis en buvant cette eau ? Ce n'est pas impossible &#224; cause d'une curiosit&#233; de ce verset: en h&#233;breu le mot il s'assit est redoubl&#233; (vayeshev,...vayeshev) </description>
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     <title> Comment entrer dans l'Histoire - par Webmaster le 28/02/2010 : 12:40</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=485</link>
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     <description>Comment entrer dans l'HistoireEntretien avec Emilio Campari• Emilio CAMPARI&amp;amp;#8201;: Nous sommes, au moment o&#249; nous parlons, &#224; la veille de Purim. J'ai vu &#231;&#224; et l&#224; sur le net, quelques uns de vos articles sur cette f&#234;te. Ont-ils eu un &#233;cho ?• Maurice MERGUI: Aucun ! mais rassurez-vous, je m'y attendais.• Effectivement, j'ai longuement parcouru les sites de tous bords, il n'y a aucun doute: on baigne dans l'historicit&#233; pure et dure, ce que vous appelez&amp;amp;nbsp; &amp;quot;l'illusion historique&amp;quot;.• Absolument. On en est &#224; dater l'ann&#233;e o&#249; Esther est devenue reine ou &#224; calculer son &#226;ge.• Cela ne se fait pas. Nous reviendrons si vous le voulez bien &#224; Esther. Je voulais juste faire un parall&#232;le avec vos articles sur Paul. L&#224; aussi, vous avez pratiquement labour&#233; l'ensemble des Actes avec votre &amp;quot;hypoth&#232;se midrashique&amp;quot; sans aucun &#233;cho. Vous n'&#234;tes pas un peu fatigu&#233; de &amp;quot;midrashiser&amp;quot; dans le d&#233;sert ?• Pas vraiment. D'abord il reste sans doute quelques passages qui n'ont pas encore &#233;t&#233; labour&#233;s. Ensuite ce travail m'amuse &#233;norm&#233;ment. Quant au fait d'&#234;tre isol&#233;, cela m'amuse encore plus.• Ah, &#231;&#224; vous amuse !• Bien entendu. Cela n'amuse que moi, mais au moins &#231;&#224; m'amuse.&amp;amp;nbsp; Vous &#234;tes certain de l'inexistence de Paul, vous entrez&amp;amp;nbsp; dans une grande librairie,&amp;amp;nbsp; vous voyez sur une immense table (Ann&#233;e Paul oblige) les milliers de titres sur Paul, sur ses &amp;quot;voyages&amp;quot;,&amp;amp;nbsp; sa &amp;quot;philosophie&amp;quot;, son universalisme, ses probl&#232;mes de sant&#233;. Vous ne trouvez pas cela amusant ?• Je sais me contenir ! Que pensez-vous en g&#233;n&#233;ral du niveau des discussions sur la Toile ?• Vous voulez dire : sur Paul ?• Pas seulement. Sur les th&#232;mes dont traite votre revue en g&#233;n&#233;ral. J'ai vu que vos articles &#233;taient rang&#233;s dans la cat&#233;gorie des th&#233;ories &amp;quot;mythistes&amp;quot;•&amp;amp;nbsp; Ne m'en parlez-pas, c'est une catastrophe. On a rarement atteint un niveau aussi d&#233;bile. Vous pensez si l'hypoth&#232;se midrashique a quelque chose &#224; voir avec l'id&#233;e de &amp;quot;mythe&amp;quot;. On a vraiment atteint le fond !• Quelle suite entendez-vous donner &#224; vos articles ?•&amp;amp;nbsp;C'est l&#224; o&#249; je voudrais qu'on revienne &#224; Purim, ou plut&#244;t &#224; Esther.• Je suis toute ou&#239;e.• J'en suis &#224; me dire que tant que l'on n'aura pas montr&#233; comment le juda&#239;sme en est arriv&#233; &#224; &amp;quot;croire&amp;quot; &#224; l'historicit&#233; d'Esther (ou de Ruth, si vous voulez) on n'avancera pas d'un pouce.• Mais comme nous le disions tout &#224; l'heure, il y a encore du travail.• Tout &#224; fait. Mais si nous arrivons &#224; mettre au jour les m&#233;canismes qui ont produit l'illusion historique relative &#224; Esther, on aura fait un pas de g&#233;ant.• Je vois: du genre Aldrin ! Vous devez bien avoir une petite id&#233;e sur ces m&#233;canismes ?• Je pense que ce sont des m&#233;canismes litt&#233;raires et langagiers, j'aurais bien aim&#233; int&#233;resser quelques linguistes &#224; mon affaire, mais bon. Je pense qu'il s'est pass&#233; exactement la m&#234;me chose pour les Evangiles que pour Esther. Des textes midrashiques lus en assembl&#233;e ont fini par &#234;tre pris pour de l'histoire.• Cette approche soul&#232;ve beaucoup de questions. Car enfin, vous dites vous-m&#234;me qu'on trouve au sein m&#234;me de la tradition juive des &#233;l&#233;ments qui mettent en doute cette historicit&#233;, alors qu'on n'a rien de tel dans le christianisme.• C'est vrai. Mais le Christianisme est devenu tr&#232;s vite une machine de pouvoir qui ne laisse plus aucune place aux d&#233;bats de type talmudique, genre pilpul.• Reprenons: Le livre d'Esther n'aurait pas toujours &#233;t&#233;, dans le Juda&#239;sme, un livre consid&#233;r&#233; comme&amp;amp;nbsp; historique mais il le serait devenu.• Je le pense. Vous en trouverez de nombreux exemples dans notre revue. Par forc&#233;ment sur Esther, mais par exemple sur Job. Ainsi dans le Talmud de J&#233;rusalem, trait&#233; sota, Resh Laqish affirme: Job n'a jamais exist&#233; et n'est pas pr&#232;s d'exister. M&#234;me chose sur la Reine de Saba: il faut lire selon le Docteur en question, Royaume de Saba et non Reine de Saba. Exit la reine.•&amp;amp;nbsp;Pourtant bien des &#233;v&#233;nements sont repris dans les livres des Chroniques qui se donnent pour historiques.• L&#224; aussi, mise en garde du midrash: le livre divre ha-yamim n'a &#233;t&#233; donn&#233; qu'en vue d'&#233;laborations midrashiques.•&amp;amp;nbsp;Quid des proph&#232;tes ?•&amp;amp;nbsp;Les Proph&#232;tes rel&#232;vent totalement de l'eschatologie et donc du midrash. Les Proph&#232;tes sont toujours lus comme un midrash. La vision des ossements d'Ez&#233;chiel est lue par certains docteurs comme un mashal. En tout cas le d&#233;bat reste ouvert, car la formule emet mashal haya (v&#233;rit&#233; parabole &#233;tait) reste ambivalente. Le livre d'Os&#233;e &#224; qui Dieu demande d'aller &#233;pouser une prostitu&#233;e et d'en avoir des enfants est bien &#233;videmment une parabole, un mashal. Quant &#224; Jonas, je n'en parlerai m&#234;me pas. Seuls quelques fondamentalistes attard&#233;s peuvent soutenir que ce livre est historique.•&amp;amp;nbsp;C'est gentil pour l'Eglise catholique qui soutient mordicus l'historicit&#233; de Jonas.• Oui, mais c'est un cas sp&#233;cial. L'Eglise ne peut pas, dans ce cas pr&#233;cis, aller contre le t&#233;moignage de J&#233;sus qui cite Jonas dans les Evangiles. Sans cela, l'histoire de la baleine aurait &#233;t&#233; plus que difficile &#224; avaler. Habituellement, l'Eglise est tout &#224; fait prompte &#224; traiter certains passages de l'AT de fables ou d'inventions. Sans probl&#232;me.• Revenons &#224; Esther.• En ce qui concerne Esther, le talmud de J&#233;rusalem indique que la megila doit &#234;tre lue de mani&#232;re midrashique.• Et pourtant, selon vous,&amp;amp;nbsp; le rouleau d'Esther a fini par &#234;tre lu comme Histoire. Pourquoi cela ? Comment est-ce possible ?• C'est ce sur quoi je travaille actuellement. Mais je n'en suis qu'au stade de l'hypoth&#232;se.• Quelques pistes ?• T&#233;nues. D'abord le langage. Comment commencent les livres d'Esther ou de Ruth? Comme un r&#233;cit historique : Au temps d'Assu&#233;rus.... Au temps des Juges. Vayehi bime....On n'a plus ici comme dans les Proph&#232;tes le verbe &#234;tre&amp;amp;nbsp; vehaya &#224;&amp;amp;nbsp; l'inaccompli. On passe &#224; l'accompli. L'action n'est plus en train de s'accomplir, elle est termin&#233;e. L'illusion historique commence par l'effet-vayehi.• Vous dites qu'il s'agit de l'effet &amp;quot;performatif&amp;quot; du r&#233;cit. On va &#233;viter si vous voulez bien d'aborder la question du vav inversif, &#224; chaque fois cela se termine chez moi par un violent mal de t&#234;te.• Rassurez-vous, je n'avais pas l'intention d'aborder cette question. Parmi les 12 petits proph&#232;tes, seul Jonas est un livre-vayehi. Continuons notre lecture d'Esther: hu Ahashverosh, c'est cet Assu&#233;rus qui regna des Indes &#224; l'Ethiopie...On tente d'ancrer cette &amp;quot;histoire&amp;quot; dans une &amp;quot;g&#233;ographie&amp;quot;. Curieusement, ce m&#234;me midrash qui prend la posture de l'histoire et de l'ancrage dans la g&#233;ographie, se moque royalement de l'histoire, puisqu'il nous parle de l&#233;gions &#224; propos de la Perse. Ou bien il nous parle de Sanh&#233;drin &#224; l'&#233;poque des Juges !• Donc, selon vous, une des raisons de l'illusion historique, c'est la langue: le pouvoir du &amp;quot; il &#233;tait une fois....&amp;quot;• Pas seulement. Un autre &#233;l&#233;ment, c'est que le livre d'Esther est lu annuellement en Assembl&#233;e, alors que le midrash en g&#233;n&#233;ral ne l'est pas. Enfin la f&#234;te de Purim, d'institution rabbinique, va contribuer &#224; conf&#233;rer l'historicit&#233; &#224; Esther. On ne cr&#233;e pas une f&#234;te pour comm&#233;morer un midrash. Si on comm&#233;more, c'est qu'il y a eu &#233;v&#233;nement.• Cela tombe sous le sens !•Le livre d'Esther met en sc&#232;ne son propre&amp;amp;nbsp; &amp;quot;devenir fait d'histoire&amp;quot;. Il fait &#233;tat de l'&#233;criture de Lettres envoy&#233;es &#224; toutes les communaut&#233;s. C'est le m&#234;me sch&#233;ma que l'on retrouve dans les Evangiles. Dans les Evangiles, les subtilit&#233;s de l'accompli et de l'inaccompli n'ont plus cours. Matthieu n'a m&#234;me pas besoin de l'effet vayehi, il commence directement par sefer toledot: livre de la g&#233;n&#233;alogie. Matthieu ne se pr&#233;sente pas comme midrash, mais comme divre hayamim, un livre de Chroniques. Matthieu est lu en assembl&#233;e. Et la messe ou la P&#226;que comm&#233;morent la mort du messie. Paul &#233;crit des lettres et demande qu'on les lise en Assembl&#233;e.• Et Marc ?• Marc, Luc et Jean ont tous une sorte de prologue-Gen&#232;se marqu&#233;e par le terme de commencement (reshit ou bereshit) Marc poss&#232;de un prologue-bereshit (Au commencement) tout comme Jean, mais d&#232;s Mc 1,4 on est dans un livre vayehi. Luc malgr&#233; son curieux prologue, est un livre-vayehi: Vayehi bime hordos (Et ce fut au temps d'H&#233;rode... Mc 1,5).&amp;amp;nbsp; De m&#234;me Jean apr&#232;s son prologue (Au commencement &#233;tait le Verbe) revient au r&#233;cit: Il y eut un homme (Jn 1,6)• Les Actes aussi ont un prologue, mais sans Gen&#232;se !• Ce n'est pas s&#251;r. Les Actes commencent par une r&#233;f&#233;rence &#224; un &amp;quot;premier livre&amp;quot; (ton proton logon)• Donc: effets de langage, lecture publique, rite annuel. What else ?•&amp;amp;nbsp;Esther et les Evangiles ont aussi un autre point commun. Ils t&#233;moignent tous deux de la volont&#233; d'ajouter un livre &#224; la bible. C'est aussi le but des Evangiles: continuer la bible, s'ajouter au canon. D'o&#249; peut-&#234;tre cette r&#233;f&#233;rence &#224; un &amp;quot;premier livre&amp;quot;.• Vous dites qu'on a dans Esther une mise en sc&#232;ne de son &amp;quot;devenir fait d'histoire&amp;quot;. Que voulez-vous dire?• Un curieux passage du trait&#233; megila fait &#233;tat du dire d'un certain R. Samuel bar Y&#233;huda : Esther a envoy&#233; dire aux Sages:&amp;amp;nbsp; Fixez-moi&amp;amp;nbsp; pour les g&#233;n&#233;rations futures. Les Sages lui envoy&#232;rent dire : Tu susciteras des sentiments violents contre nous parmi les nations.&amp;amp;nbsp; Elle leur envoya alors dire : (de toutes fa&#231;ons) je suis d&#233;j&#224; inscrite dans le livre des Chroniques des rois de Perse et de M&#233;die. Esther impose une historicit&#233; par un coup de force logique. Car ce livre des Chroniques des rois de Perse n'existe que dans le livre d'Esther&amp;amp;nbsp; (Est 10, 2). C'est une auto-r&#233;f&#233;rence. Il y a aussi l'ambig&#252;it&#233; du mot davar.• A savoir ?• davar en h&#233;breu est &#224; la fois le mot et le fait En h&#233;breu on passe facilement des mots aux faits. Dans la bible on trouve tr&#232;s souvent la phrase: AHar&#233; ha-devarim ha-el&#233;, qui est toujours traduite par: apr&#232;s ces &#233;v&#233;nements, alors que devarim ce sont aussi les paroles. On a donc une sorte de circularit&#233;: En Est 9, 29 Esther &#233;crit une lettre et au verset suivant elle &#233;crit des lettres (sefarim, litt: des livres) pour que les juifs accomplissent (leqayem) la f&#234;te de Purim. Au verset suivant, on a Ainsi le &amp;quot;maamar&amp;quot; d'Esther  accomplit les  paroles des Purim et cela fut &#233;crit dans un livre (sefer)  (Est 9, 32)La lettre-r&#233;cit est &#233;crite pour accomplir (le-qayem ma shenemar) un davar (une parole), ce r&#233;cit devient ensuite vrai, les  devarim (paroles) deviennent des faits (devarim) et ces faits confirment  les paroles. On part d'un texte &#233;crit et on aboutit &#224; un texte &#233;crit. On est bien dans la logique du midrash: production du texte par le texte. Cet envoi de lettres est double. Il est redoubl&#233;.La reine Esther, fille d'Abihayil, &#233;crivit avec toute autorit&#233; pour donner force de loi (leqayem, pour accomplir) &#224; cette seconde lettre...Encore une auto r&#233;f&#233;rence: Esther &#233;crit une 2e lettre pour &amp;quot;accomplir&amp;quot;... cette 2e lettre. Pourquoi Mardoch&#233;e et Esther doivent-ils envoyer des lettres&amp;amp;#8201;? D'abord pour annuler celles d'Assu&#233;rus. Assu&#233;rus avait en effet lui-aussi envoy&#233; des lettresAssu&#233;rus envoya des lettres (sefarim) &#224; toutes les provinces de l'empire, &#224; chaque province selon son &#233;criture et &#224; chaque peuple selon sa langue, afin que tout mari f&#251;t ma&#238;tre chez lui. (Est 1, 22)Ces lettres du &amp;quot;Roi&amp;quot;&amp;amp;nbsp; &#233;taient des d&#233;cisions imprescriptibles et condamnaient les Jud&#233;ens. Les nouvelles lettres portent en h&#233;breu les noms&amp;amp;nbsp; de sefer 52 (pluriel: sefarim) et igeret (pluriel: igrot 52). Elles sont donc des &#233;quivalents du messie. Esther est un proto-&#233;vangile.&amp;amp;nbsp; L'intercession d'Esther annule le d&#233;cret divin.• Esther, un proto-&#233;vangile ? C'est un scoop !• Dans le sens o&#249; le midrash chr&#233;tien reprendra le sch&#233;ma qui est &#224; l'œuvre dans le livre d'Esther: Dieu avait condamn&#233; Isra&#235;l et son d&#233;cret &#233;tait sans appel. Seul l'intercession du messie peut annuler le d&#233;cret de mort.• Le d&#233;cret du &amp;quot;Roi&amp;quot; ?• Exactement. Et c'est l&#224; o&#249; le midrash chr&#233;tien va intervenir. Les lettres de Mardoch&#233;e et d'Esther ne sont pas seulement destin&#233;es &#224; annuler les sefarim (lettres/livres) d'Assu&#233;rus. Elles sont destin&#233;es &#224; annuler d'autres mal&#233;dictions contenues dans un livre (sefer). Lequel&amp;amp;#8201;? Le midrash Rabba sur Esther nous en donne un indice d&#232;s l'ouverture de ce midrash&amp;amp;#8201;:D'avance la vie te sera hasardeuse, Tu seras dans l'effroi jour et nuit, Sans pouvoir croire en ta vie (Dt 28, 66).Il s'agit du Deut&#233;ronome et de ses mal&#233;dictions. Le midrash chr&#233;tien reprendra cette id&#233;e &#224; la lettre: Isra&#235;l n'est pas arriv&#233; &#224; observer la loi, or celle-ci pr&#233;voyait, dans ce cas, une mal&#233;diction. Donc la loi m&#234;me nous a maudit. Seul le messie peut nous racheter.•&amp;amp;nbsp;Dans Esther, c'est diff&#233;rent !• Bien entendu. Esther n'est pas un midrash chr&#233;tien, c'est encore un midrash juif.&amp;amp;nbsp; Il n'y a pas de passage &#224; la limite. Dans Esther, on r&#233;active l'alliance du Sinai. Les juifs accomplissent et re&#231;oivent (qiyemu veqiblu). On accomplit d'abord, on re&#231;oit la tradition ensuite. On reste plus que jamais dans la Loi.• La forme courrier (la lettre) contribue selon vous &#224; donner l'illusion de l'historicit&#233; ?• Oui, en m&#234;me temps la lettre est un objet d'&#233;laborations midrashiques. Isa&#239;e 50,1 ironise:&amp;amp;nbsp; (vous vous croyez affranchis)&amp;amp;nbsp; mais o&#249; est la lettre de r&#233;pudiation (sefer kritut) par laquelle Dieu aurait r&#233;pudi&#233; Isra&#235;l ? J&#233;r&#233;mie pour d&#233;livrer l'annonce messianique utilise lui-aussi le moyen d'une lettre.Voici le texte de la lettre (sefer52)que le proph&#232;te J&#233;r&#233;mie exp&#233;dia de J&#233;rusalem&amp;amp;nbsp; (Jr 29, 1)...Recherchez (dirshu) la paix (shalom52) pour la ville o&#249; je vous ai d&#233;port&#233;s&amp;amp;#8201;; priez Yahv&#233; en sa faveur, car de sa paix d&#233;pend la v&#244;tre. Car ainsi parle Yahv&#233;&amp;amp;#8201;: Quand seront accomplis les soixante-dix ans &#224; Babylone, je vous visiterai et je r&#233;aliserai pour vous ma promesse de bonheur en vous ramenant ici. Car je sais, moi, les desseins que je forme pour vous - oracle de Yahv&#233; - desseins de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une esp&#233;rance (tiqva52).• C'est parce que la lettre est d&#233;j&#224; un th&#232;me midrashique que selon vous Matthieu &#233;crit un Sefer. Et Paul des lettres.• Paul envoie des lettres pour plusieurs raisons&amp;amp;#8201;:&amp;amp;#8232; Parce qu'il faut commencer la pr&#233;dication aux pa&#239;ens et annoncer la bonne nouvelle messianique.&amp;amp;#8232; Pour compl&#233;ter la Bible avec de nouveaux livres (sefarim). Pour que ces lettres, comme celles d'Esther, soient lues dans la synagogue. Et que le midrash messianique entre dans la liturgie comme le rouleau d'Esther.Quand cette lettre aura &#233;t&#233; lue chez vous, faites qu'on la lise aussi dans l'&#201;glise des Laodic&#233;ens, et procurez-vous celle de Laodic&#233;e, pour la lire &#224; votre tour (Col 4, 16)• Vous allez plus loin. Vous dites que Paul est Mardoch&#233;e.• C'est une id&#233;e qui peut para&#238;tre &#233;trange, mais je ne vois pas comment faire autrement pour donner au corpus paulinien sa coh&#233;rence. Paul est un patchwork. Il est Sa&#252;l, Jacob, Juda, Jonas et surtout Elie. Et aussi Mardoch&#233;e.• Mais pourquoi Mardoch&#233;e ? et pas Cl&#233;op&#226;tre ?• Sa&#252;l et&amp;amp;nbsp; Mardoch&#233;e sont tous deux des &amp;quot;fils de Qish&amp;quot; et des Benjaminites, la plus &amp;quot;petite&amp;quot; des tribus.Or, &#224; la citadelle de Suse vivait un Juif nomm&#233; Mardoch&#233;e, fils de Ya&#239;r, fils de Shim&#233;&#239;, fils de Qish, de la tribu de Benjamin (Est 2,5)Il y avait un homme de Benjamin qui s'appelait Qish, fils d'Abiel, fils de &#199;eror, fils de Bekorat, fils d'Aphiah, fils d'un Benjaminite, un homme vaillant (1S 9,1)Nous avons donc deux fils de Qish qui agissent de la m&#234;me mani&#232;re: envoi de lettres et recherche de la paix (lire: messie). Paul doit annuler lui aussi une mal&#233;diction et de mauvaises lettres, et d'abord les siennes:et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s'il y trouvait quelques adeptes de la Voie, hommes ou femmes, il les amen&#226;t encha&#238;n&#233;s &#224; J&#233;rusalem (Ac 9,2)Il annonce donc lui aussi la venue du messie qui doit annuler les mal&#233;dictions de certains sefarim. Il s'agit des mal&#233;dictions qui sont formul&#233;es dans le Deut&#233;ronome. Celles qui visent Isra&#235;l s'il n'ob&#233;it pas &#224; toutes les lois (Dt 28, 15).•&amp;amp;nbsp;La question de la &amp;quot;v&#233;rit&#233;&amp;quot; du texte d'Esther n'a selon vous aucun sens. • Non. Pour reprendre les termes d'Austin, nous ne sommes pas dans des &#233;nonc&#233;s &amp;quot;constatifs&amp;quot; susceptibles de prendre des valeurs de v&#233;rit&#233;, comme &amp;quot;il fait chaud en &#233;t&#233;&amp;quot;. Dans le midrash nous avons affaire &#224; des &#233;nonc&#233;s&amp;amp;nbsp; &amp;quot;performatifs&amp;quot;. Ce sont des actes. Le texte vise la performance. Ce que performe par exemple le livre de Ruth, c'est d'abord l'explication de l'exil. Je pense maintenant que toute la bible juive doit &#234;tre relue comme r&#233;ponse au traumatisme de l'exil. Le midrash &amp;quot;explique&amp;quot; l'exil, il &amp;quot;promet&amp;quot; le retour, il &amp;quot;console&amp;quot; enfin. Tout cela ce sont des actes qui ne sont pas susceptibles de v&#233;rit&#233; ou de fausset&#233;, mais de r&#233;ussite ou non &#224; atteindre leur but. La proph&#233;tie de Jonas &amp;quot;Encore 40 jours et Ninive se retournera (hapekha)&amp;quot; n'est ni vraie ni fausse. Mais elle est ici heureuse gr&#226;ce &#224; l'humour du midrash. • Vous parlez souvent de l'humour du midrash. Mais ici, dans le livre de Jonas, j'avoue que je ne vois pas vraiment ...• Ninive connait de toute fa&#231;on la hapekha, soit elle se retourne (hapekha) et se repent, soit elle sera d&#233;truite (hapekha).• Effectivement, c'est un peu sp&#233;cial comme humour. Pour conclure: pensez-vous que vous pourrez parvenir &#224;&amp;amp;nbsp; nous expliquer pourquoi nous croyons &#224; l'existence d'Esther ?• Je ne sais pas. Hume aurait dit de la croyance: Cet acte de l'esprit n'a encore jamais &#233;t&#233; expliqu&#233; par aucun philosophe. Mais on peut peut-&#234;tre essayer ?</description>
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     <title>Liens midrashiques - par Webmaster le 27/02/2010 : 02:48</title>
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     <description> Quelques liens avec le midrashA la demande de quelques lecteurs, nous publions une liste de liens (en bleu) qui permettra de trouver sur Internet des textes h&#233;bra&#239;ques ou aram&#233;ens en rapport avec le midrash. ll peut s'agir de textes en pdf ou en Unicode. En vert, vous avez les &#233;ditions (ex. Vienne, Varsovie, Vilna etc...) ainsi que d'autres indications sur l'&#233;dition.  &amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1514;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1490;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1501; Targum  &amp;amp;#1514;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1490;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1505;, &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1496;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1506;, &amp;amp;#1508;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1512;&amp;amp;#1502;&amp;quot;&amp;amp;#1494; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1498;, 8 &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1502;', &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1489;, &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514;, &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488;, &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1488;, 1.4 &amp;amp;#1514;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1490;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1501; 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     <title> Cor&#233; dans le Coran - par Webmaster le 06/02/2010 : 16:00</title>
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     <description>Cor&#233; dans le Coran• A propos de Cor&#233;.Flavius Jos&#232;phe sait une chose que la Bible ne sait pas, &#224; savoir que Cor&#233; &#233;tait riche.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Cor&#233; (Kor&#233;s), un des plus &#233;minents d'entre les H&#233;breux par la naissance et par les richesses&amp;amp;nbsp;Si la Bible ne dispose pas de cette information, c’est donc que Jos&#232;phe fait r&#233;f&#233;rence &#224; une tradition extra biblique, une sorte de midrash. Bonne pioche: la Agada nous parle longuement des richesses de Cor&#233; (Sanh&#233;drin 110a ; PessaHim 119a) : R. Sim&#233;on ben Laqish voit par exemple dans le verset de l'Eccl&#233;siaste&amp;amp;nbsp; : &#171; la richesse conserv&#233;e pour le malheur de son d&#233;tenteur &#187;, une allusion &#224; la richesse de Cor&#233;. Avec R. L&#233;vi, cette richesse devient hyperbolique: il raconte que Cor&#233; avait besoin de trois cents mules blanches pour simplement porter les clefs de ses tr&#233;sors.• Cor&#233; dans le Coran.Tout comme Jos&#232;phe, le Coran conna&#238;t lui-aussi cette tradition d’un Cor&#233; richissime:28, 76. En v&#233;rit&#233;, Cor&#233; [Karun] &#233;tait du peuple de Mo&#239;se mais il &#233;tait empli de violence envers eux. Nous lui avions donn&#233; de tr&#233;sors dont les clefs pesaient lourd &#224; toute une bande de gens forts. Son peuple lui dit :&amp;amp;nbsp; Ne te r&#233;jouis point. Car Dieu n'aime pas les arrogants. Pourquoi un texte du VIe si&#232;cle (le Coran) s'int&#233;resse-t-il soudain &#224; un personnage comme Cor&#233; ? Je suis s&#251;r que vous vous posez cette question tous les matins. Le coran va m&#234;me plus loin que Jos&#232;phe puisqu’il connait lui-aussi la version hyperbolique que nous avions trouv&#233;e chez R. L&#233;vi et qu’il fait allusion aux cl&#233;s des tr&#233;sors de Cor&#233;. La tradition fait aussi de Qarun un chanteur. Avant de crier &#224; l’invention fantaisiste, il faut se demander si cette information ne vient pas elle aussi d’une lecture midrashique des Psaumes o&#249; les fils de Cor&#233; sont li&#233;s au mizmor et donc au chant.L'Islam a-t-il h&#233;rit&#233; de traditions midrashiques ? La tradition islamique n’aime pas trop cette id&#233;e et une partie de cette tradition tente de gommer ce qu’elle nomme les israiliyat. Pourtant cette id&#233;e semble s’appuyer sur de nombreux indices. Tanhuma sur Nombres 16,1 fait de Cor&#233; un homme&amp;amp;nbsp; d'une grande science. Or le Coran fait de m&#234;me:28, 78. Il dit : &amp;quot;C'est par une science que je poss&#232;de que ceci m'est venu&amp;quot;. Autre correspondance: Nombres Rabba 22, 7 rapproche Cor&#233; de Haman: De m&#234;me, deux hommes riches surgirent dans le monde, un en Isra&#235;l et un au sein des nations du monde - Cor&#233; en Isra&#235;l et Haman parmi les nations du monde, et tous deux furent extermin&#233;s du mondeEt le Coran fait de m&#234;me en 40, 23-24: Nous envoyons ainsi M&#251;ssa .... &#224; Pharaon, Ham&#226;n et Q&#226;runCurieusement, Cor&#233; et sa bande connaissent un destin tr&#232;s ambivalent. Ils repr&#233;sentent la r&#233;volte contre Mo&#239;se et contre Dieu, et pour cette faute ils sont engloutis vivants, mais en m&#234;me temps les fils de Cor&#233; ne meurent pas puisque on les retrouve dans les Psaumes.&amp;amp;nbsp; Nb 26, 11 nous dit clairement: Les fils de Cor&#233; ne p&#233;rirent pas. Or il existe dans la tradition islamique une ambivalence de ce type qui affecte un groupe tr&#232;s particulier : les Qurayshites, la tribu de Muhammad.Rapprocher les Qurayshites des Cor&#233;ites para&#238;t de prime abord absurde. L’historiographie arabe sait en effet tout de cette tribu arabe et de ses origines, tribu qui ne saurait donc rien avoir de commun avec Cor&#233;. Cependant il existe des &#233;l&#233;ments troublants qui sugg&#232;rent de ne pas &#233;carter tout de suite un tel rapprochement.Tout d’abord ces fameux Qurayshites, originaires du Nord de l’Arabie, ne sont cit&#233;s qu’une seule fois dans le Coran, dans la sourate 106. Cette courte sourate de quatre versets &#233;nigmatiques fait d’eux les serviteurs de la Demeure. Or les Cor&#233;ites sont des L&#233;vites, serviteurs du Temple. Le Coran ne sait rien d’autre des Qurayshites. Ce sont les Hadiths qui informent la tradition musulmane sur les fameux Qurayshites, famille d’origine de Muhammad.R&#233;capitulons: Les Cor&#233;ites sont apparent&#233;s &#224; Mo&#239;se mais se dressent contre lui. Ils sont punis et engloutis, mais la descendance de Cor&#233; reste au service du Temple. De m&#234;me, les Qurayshites sont la tribu de Muhammad et s’opposent violemment &#224; lui et pourtant les successeurs de Muhammad devront provenir de cette tribu jusqu’&#224; la fin des temps.Un Hadith affirme en effet que tous les califes doivent descendre des Qurayshites:&#171;&amp;amp;nbsp;Abd Allah ben `Umar, rapporte: Le Messager de Dieu disait: Le califat restera parmi les Quraysh m&#234;me s'il ne reste que deux personnes sur terre &#187;.Les plus farouches adversaires de Muhammad sont en effet des Qurayshites.&amp;amp;nbsp; Un exemple au hasard: Un de ses oncles Ab&#251; Lahab. Curieusement, ce personnage fait lui-aussi l'objet d'une condamnation divine dans la sourate 111. Lui aussi se voit reprocher sa fortune. Il existerait donc une continuit&#233; entre l'&#233;laboration midrashique relative &#224; Cor&#233; dans la tradition juive et une &#233;laboration du m&#234;me type dans la tradition musulmane relative aux Qurayshites. Cette hypoth&#232;se se heurte imm&#233;diatement &#224; une objection majeure: Cor&#233; est rendu dans le Coran par Qarun. Si le Qoran avait rendu Cor&#233; par Quraysh on aurait pu &#224; la rigueur penser &#224; une telle continuit&#233;, mais tel n’est pas le cas. Avant d'abandonner notre hypoth&#232;se, il faudrait n&#233;anmoins examiner un certain nombre de faits curieux. Certes le Coran ne rend pas Cor&#233; par Quraysh, mais on a vu que Jos&#232;phe rendait Cor&#233; par Kor&#233;s ou Koresh, et il ne suit pas en cela la Septante qui garde Kore. Pourquoi cette innovation de Flavius Jos&#232;phe ? Myst&#232;re !Encore plus &#233;trange: Tabari (Histoire des Proph&#232;tes et des Rois 3,47) nous rapporte deux &#233;tymologies possibles de Quraysh. Preuve que l'origine de ce terme n'est peut-&#234;tre pas aussi simple que cela. L'une est &amp;quot;investigation&amp;quot; et l'autre est requins. Il cite ce dit:Abdallah ibn Abbas , a dit &#224; ce sujet le vers suivant :Qora&#239;seh, qui est cet animal qui habite la mer, du nom duquel s’appellent les Quraysh.Or il se trouve qu'en latin requin se dit: Carcharias, et qu'en h&#233;breu cet animal se nomme &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513; (karish) sans qu'on sache bien si l'h&#233;breu suit ici le latin ou l'inverse.Par ailleurs le lien entre la tribu de Quraysh et le Sanctuaire est insistant. Le clan principal des Qurayshites est celui des beni hashim. L’actuelle dynastie de Jordanie (dite pr&#233;cis&#233;ment hash&#233;mite) se r&#233;clame encore de cette origine. Elle provient du fait que la famille avait gard&#233; le sanctuaire mequois dans le pass&#233;.R&#233;sumons: En s'opposant &#224; Muhammad les Qurayshites sont le type m&#234;me de l'abomination:Abou Daoud 14, 2626: Le proph&#232;te a dit: -Allah m’a ordonn&#233; de br&#251;ler les Quraysh.Abou Daoud 21, 3279:-Je jure par Allah , je combattrai contre les Quraysh (trois fois)Et pourtant leur sacerdoce est &#233;ternel:SaHiH bukhari 93,2: Le commandement appartient aux Quraysh : personne ne se dresse contre eux en ennemi tant qu’ils ont en charge le culte , sans qu’Allah ne le renverse la face contre terre.SaHiH muslim 20,4476:Le messager d'Allah dit: Le califat restera parmi les Quraysh , m&#234;me s'il ne reste plus que deux personnes sur terre.Qui sont donc ces Qurayshites qui sont la pire des engeances et le sel de la terre ?&amp;amp;nbsp;• Les Qurayshites sont des caravaniers, des marchands li&#233;s au p&#232;lerinage: ils se partagent les taches &#224; caract&#232;re religieux tout comme les L&#233;vites: Les Hash&#233;mites (le clan de Muhammad) ont par exemple le privil&#232;ge de distribuer aux p&#232;lerins l'eau du puits de Zemzem, la source qui jaillit pr&#232;s de la Qaaba.&amp;amp;nbsp; Ce sont donc des porteurs d'eau. Les Umayya (clan qui donnera les deux futurs Califes, Othman et Mu'&#226;wiya, qui fondera la dynastie des Ommeyyades) &#233;taient les porte-&#233;tendards. Les Nawfal collectaient les oboles et distribuaient la nourriture aux p&#232;lerins. On choisissait le portier du b&#226;timent du conseil parmi les Asad. Il se trouve que dans la Bible, les Qor&#233;&#239;tes sont des portiers (1Ch 9,19; 26, 1&amp;amp;amp;19). On peut r&#233;sumer la chose ainsi: les Qurayshites sont des marchands li&#233;s au Temple. Voil&#224; qui peut rappeler d'autres textes.• Les L&#233;vites disposaient de 24 classes sacerdotales (1Ch 24,6). Les Qurayshites disposent de 25 clans.• La sourate 106 d&#233;bute par ce verset qui est le seul du Coran &#224; parler des Qurayshites: li alifin qurayshin. Les Qurayshites sont ici mis en rapport avec le terme alp ou aleph. Or il se trouve que Cor&#233; est mis en rapport dans la Bible avec le mot aluf en Gn 36,18 (aluf QoraH). Cor&#233; est donc un chef ou un g&#233;n&#233;ral.Conclusion: Etant donn&#233; que le Coran ne fournit presque aucune information historique sur Muhammad, la tradition musulmane a &#233;t&#233; contrainte d'&#233;difier une immense &#233;laboration autour du personnage de Muhammad, et elle l'a fait sur le mod&#232;le de Mo&#239;se. C'est pourquoi Muhammad&amp;amp;nbsp; se heurtera &#224; l'opposition de sa propre tribu, tout comme Mo&#239;se fit face &#224; l'opposition des Cor&#233;ites, comme lui issus de la Tribu de L&#233;vi.</description>
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     <title>Jonas, encore - par Webmaster le 03/02/2010 : 01:12</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=480</link>
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     <description>Jonas, encoreLampe &#224; huile, figurant un poisson en avalant un autre, Mus&#233;e de Laon.•Un midrash sur JonasLe midrash nomm&#233; Pirq&#233; de Rabbi Eli&#233;zer nous a gard&#233; des &#233;laborations originales sur Jonas.&amp;amp;nbsp; Curieusement, ces&amp;amp;nbsp; &#233;laborations sont pr&#233;sent&#233;es &#224; l'occasion du commentaire sur le 5e jour de la cr&#233;ation et interrompent en quelque sorte le commentaire sur cette cr&#233;ation. Qu'est-ce que Jonas a donc de si important pour s'immiscer ainsi au milieu de la cr&#233;ation du monde? Notre midrash croit savoir que c'est en ce 5e jour que Jonas s'enfuit de devant Dieu. A propos, pourquoi s'enfuit-il ? C'est qu'une fois, Dieu l'envoya restaurer la fronti&#232;re d'Isra&#235;l (2R 14, 25) et sa parole s'accomplit. Une seconde fois, il l'envoya avertir J&#233;rusalem qu'il allait la d&#233;truire, mais Dieu se repentit du mal qu'il projetait et ne la d&#233;truisit pas, du coup on appela Jonas faux proph&#232;te. Comme souvent dans le midrash, on est assez vite perdu. Nous perdons vite le fil, et nous ne savons plus o&#249; nous sommes. Continuons. On nous dit ensuite que Jonas entre dans le poisson comme dans une grande synagogue (kenesset hagedola), et on nous informe m&#234;me de la lumi&#232;re r&#233;gnant dans ce lieu. Les yeux&amp;amp;nbsp; du poisson &#233;taient comme deux fen&#234;tres de verre qui &#233;clairaient Jonas. Selon R. M&#233;ir: une perle l'&#233;clairait comme un soleil et il put voir ainsi les secrets des abysses. Le poisson parle &#224; Jonas, il lui dit : le jour approche o&#249; je vais &#234;tre d&#233;vor&#233; par le L&#233;viathan. Jonas demande au poisson de le mener au L&#233;viathan et il d&#233;clare au monstre marin qu'il va mettre un hame&#231;on sur sa langue et le remonter pour le banquet des Justes.&amp;amp;nbsp; Il est clair que ce midrash conf&#232;re au r&#233;cit de Jonas un sens eschatologique. Jonas se situe &#224; la fin des temps. A cette &#233;poque, il suffit de la pr&#233;dication pour que les pa&#239;ens se convertissent (teshuva) en masse et entrent (lehikaness, d'o&#249; la knesset hagedola, la grande synagogue. Sur l'humour du midrash, je n'insiste m&#234;me plus). C'est cela la hapekha, le retournement de Ninive. D'o&#249; la fin du L&#233;viathan. Jonas ici hame&#231;onne le L&#233;viathan en passant une corde (Hevel) dans sa langue. C'est le fait que Jonas est jet&#233; &#224; la mer qui fait que la mer se calme et que le navire est sauv&#233;. Jonas est donc une sorte d'ancre. Gardons provisoirement cette id&#233;e: Jonas serait li&#233; &#224; l'ancre et &#224; l'hame&#231;on.• Ancre et hame&#231;onEn Hb 6, 18-19 on nous explique que l'esp&#233;rance (h&#233;breu : tikva 52&amp;amp;nbsp; donc un &#233;quivalent num&#233;rique du messie) est une ancre. Ou plut&#244;t une agkura. En effet, ancre n'est pas vraiment la traduction de agkura mais une simple translitt&#233;ration. agkura (qui se lit ancura) a donn&#233; le calque latin ancora et le fran&#231;ais ancre, l'anglais anchor etc. Ce terme agkura n'existe pas dans la Septante, ce qui est fort dommage car on aurait aim&#233; disposer par r&#233;troversion de l'h&#233;breu sous-jacent. On retrouve ce mot trois fois seulement dans Actes 27, en rapport avec la navigation, et on admet donc qu'il s'agit d'une ancre de bateau. En Isa&#239;e 19,8 on trouve ce verset:Les p&#234;cheurs g&#233;miront, ce sera le deuil pour tous ceux qui lancent l'hame&#231;on dans le Nil, ceux qui jettent le filet sur les eaux seront d&#233;sol&#233;s. Cet hame&#231;on est en grec un agkistron, terme proche de agkura. C'est&amp;amp;nbsp; la m&#234;me racine indo-europ&#233;enne de la courbure&amp;amp;nbsp; ank-, ang- qui a donn&#233; la s&#233;rie:&amp;amp;nbsp; agk&#244;n (courbure du bras, coude) agkistron (crochet) agkulos (recourb&#233;) agkura&amp;amp;nbsp; (ancre) ogkos (croc). Curieusement, ce terme agkistron traduit l'h&#233;breu Haca qui signifie attendre en embuscade, esp&#233;rer, et ce m&#234;me terme agkistron traduit aussi un mot qui emporte avec lui une forte charge eschatologique: le Herem (le filet) qui est comme nous le savons le dernier mot de la proph&#233;tie. Nous touchons ici aux origines du rapport entre le vocabulaire de la p&#234;che (miraculeuse)&amp;amp;nbsp; et de l'eschatologie. Rapport qui a g&#233;n&#233;r&#233; bien des d&#233;veloppements &#233;vang&#233;liques. L'hame&#231;on devient le symbole de la p&#232;che et donc de la conversion eschatologique de la fin des temps, du retournement de toutes choses et partant de la r&#233;surrection. Sans cet encha&#238;nement d'id&#233;es on ne peut pas comprendre le rapport entre un hame&#231;on et l'esp&#233;rance (h&#233;breu: Haca) en la r&#233;surrection qui expliquerait la pr&#233;sence de ce symbole sur des monuments fun&#233;raires. Dans le Talmud de J&#233;rusalem, au trait&#233; Hagiga 2, 1 on nous explique&amp;amp;nbsp; que la lettre h&#233; &amp;amp;#1492;&amp;amp;nbsp; est ouverte vers le bas pour signifier que les mortels devront descendre au sh&#233;ol, mais qu'elle comporte &#224; sa gauche un petit segment angul&#233; pour indiquer qu'ils pourront en remonter.&amp;amp;nbsp; Autre exemple:Ainsi parle le Seigneur Yahv&#233; : J'&#233;tendrai sur toi mon filet (reshet) au milieu d'un grand concours de peuples, et ils te tireront dans mon filet (Herem, agkistro) (Ez 12, 13)Quel &#233;tait le terme s&#233;mitique pr&#233;sent dans Hb 6, 19 ? Nous ne le saurons donc pas, d'autant que le syriaque ou l'h&#233;breu tardif nous renvoient eux-m&#234;mes vers des translitt&#233;rations fantaisistes du grec, comme nous l'indique cet extrait du CAL (Comprehensive Aramaic Lexicon)• wnql, &amp;amp;#702;wnql&amp;amp;#702; : hook•&amp;amp;#702;wnqly : hook•&amp;amp;#702;wqyn, &amp;amp;#702;wqyn&amp;amp;#702; (&amp;amp;#704;ewq&amp;amp;#299;n&amp;amp;#257;) : anchor, hook , sailors' sounding line(Notez s'en Ac 28,27 on jette des sondes syr: ewqinas) •&amp;amp;#702;wqynr, &amp;amp;#702;wqynr&amp;amp;#702; (&amp;amp;#704;ewq&amp;amp;#299;n&amp;amp;#257;r&amp;amp;#257;) : hook•&amp;amp;#702;nqynr&amp;amp;#702; (&amp;amp;#704;nqynr:&amp;amp;#704;) :hook, anchor• wnql : hookDe plus, comme vous pouvez le constater, certains termes renvoient &#224; la fois &#224; l'ancre et &#224; l'hame&#231;on. La question que nous posons ici est la suivante: le symbole que nous retrouvons si souvent dans l'iconographie chr&#233;tienne primitive est-il une ancre ou un hame&#231;on ?&amp;amp;nbsp; S'agit-il m&#234;me d'une synth&#232;se des deux, d'un ancre-hame&#231;on ? Et d'abord : Que signifie ce symbole ? Pourquoi le symbole du ou des poissons est-il omnipr&#233;sent dans le christianisme primitif ? Pourquoi ces poissons sont-ils souvent repr&#233;sent&#233;s par deux ? Pourquoi trouvons-nous des lampes repr&#233;sentant des poissons avalant d'autres poissons? Le Midrash sur Jonas nous permet d&#233;j&#224; de commencer &#224; r&#233;pondre &#224; ces questions: Un hame&#231;on&amp;amp;nbsp; peut en effet symboliser l'esp&#233;rance messianique.&amp;amp;nbsp; L'hame&#231;on symboliserait la fin du L&#233;viathan, donc la victoire messianique et partant, la r&#233;surrection imminente. D'o&#249; sa pr&#233;sence sur les sarcophages chr&#233;tiens.R&#233;sumons. Dans le livre biblique de Jonas, nous avons vu que le proph&#232;te fait office d'ancre (sa &amp;quot;jet&#233;e&amp;quot; stabilise le navire) et que dans le midrash, Jonas hame&#231;onne le l&#233;viathan ce qui lui donne une dimension clairement eschatologique. On sait&amp;amp;nbsp; aussi que l'entr&#233;e des pa&#239;ens est le m&#234;me &#233;v&#232;nement que la venue du messie. L'entr&#233;e massive&amp;amp;nbsp; et spontan&#233;e des Ninivites symbolise donc la fin des temps. Elle est le mod&#232;le de la p&#232;che miraculeuse. Nous avons affaire ici &#224; un r&#233;seau extr&#234;mement dense et surd&#233;termin&#233;. On a vu que la lumi&#232;re qui &#233;claire Jonas m&#234;me au fond du poisson. est la lumi&#232;re messianique.  Mais nous aimerions pouvoir r&#233;pondre clairement &#224; la question de savoir ce que signifie vraiment le poisson. Nous allons voir en effet que les Chr&#233;tiens se vivaient comme des poissons.•&amp;amp;nbsp; Tous les Chr&#233;tiens sont des poissons.Lorsque Cl&#233;ment d'Alexandrie &#233;crit pour les cat&#233;chum&#232;nes un ouvrage nomm&#233; le P&#233;dagogue, il entend d&#233;finir &amp;quot;les signes qui doivent distinguer le chr&#233;tien&amp;quot; : voici ces signes : une colombe, un poisson, un navire...une ancre&amp;amp;nbsp; (Signa nobis sint columba, aut piscis, aut navis, ...aut anchora nautica). Julius Africanus appelle le Christ &amp;quot; Le grand poisson pris &#224; l'hame&#231;on de Dieu et dont la chair nourrit le monde entier&amp;quot;. Pour Tertullien &amp;amp;nbsp;: Le chr&#233;tien est comparable &#224; un petit poisson &#224; l'image du Christ Lui m&#234;me. Saint Augustin dans son livre sur Tobie nous explique cela tr&#232;s bien:&amp;amp;nbsp; Ce poisson, qui remontait le fleuve et se livrait &#224; Tobie, c'est le Christ qui par sa passion am&#232;re, a mis en fuite Satan et gu&#233;ri le monde aveugle. Il compare m&#234;me le poisson grill&#233; &#224; la passion du Christ (Piscis assus, Christus passus). Un auteur comme S. Reinach a soutenu que les chr&#233;tiens du IIe si&#232;cle disaient &#234;tre des poissons et qu’ils qualifiaient le Christ de Grand Poisson. Il note cependant que &amp;quot;les auteurs chr&#233;tiens en donnent des raisons tr&#232;s diff&#233;rentes, preuve qu’ils en ignoraient la v&#233;ritable&amp;quot;. Tout se passe au contraire comme si le r&#233;seau de sens h&#233;rit&#233; du Juda&#239;sme &#233;tait si dense, que chaque auteur a conscience de ne pouvoir aborder qu'un &#233;l&#233;ment: Si nous sommes des poissons dit Tertullien c'est &amp;quot;parce que nous naissons dans l’eau et nous ne pouvons &#234;tre sauv&#233;s qu’en restant dans l’eau&amp;quot;. Mais, suivant d’autres &#233;crivains eccl&#233;siastiques, les chr&#233;tiens sont des poissons parce qu’ils voguent dans la mer qui est la vie du si&#232;cle, ou parce que les fid&#232;les sont les poissons pris dans les filets de la p&#234;che miraculeuse, ou parce que J&#233;sus et les Ap&#244;tres ont &#233;t&#233; des p&#234;cheurs d’&#226;mes. On all&#232;gue que les chr&#233;tiens sont des poissons parce qu’ils sont la descendance spirituelle du Grand Poisson qui est J&#233;sus, […], comme dit l’auteur de l’inscription grecque d’Autun. Le t&#233;moignage de ce texte est confirm&#233; par un correspondant de saint J&#233;r&#244;me&amp;amp;nbsp;; parlant d’un certain Benosus, qui s’&#233;tait retir&#233; dans une &#238;le de Dalmatie, il dit que Benosus, fils du Poisson qui est le Christ et par suite poisson lui-m&#234;me, a cherch&#233; naturellement un s&#233;jour au milieu des eaux, aquosa petit. L’assimilation de J&#233;sus &#224; un grand Poisson, p&#232;re spirituel des poissons fid&#232;les, para&#238;t aussi dans l’inscription d’Abercius &#224; Hi&#233;rapolis de Phrygie. Sur ce point encore, les P&#232;res et les &#233;crivains post&#233;rieurs offrent des explications divergentes et embarrass&#233;es […]. J&#233;sus est un poisson, parce qu’il a daign&#233; se cacher dans les eaux du genre humain et &#234;tre pris au lacet de notre mort&amp;amp;nbsp;; parce qu’il a apport&#233; le salut, comme le poisson p&#234;ch&#233; par le jeune Tobie dans le Tigre&amp;amp;nbsp;; parce qu’il s’est offert comme tribut pour le monde entier, alors que, sollicit&#233; de payer l’imp&#244;t, il a extrait le didrachme de la bouche d’un poisson&amp;amp;nbsp;; parce qu’il s’est offert &#224; sept de ses disciples, sur les bords du lac de Tib&#233;riade, sous les esp&#232;ces de poissons frits et que lui-m&#234;me, au temps de la Passion, fut r&#244;ti par la tribulation, tribulatione assatus&amp;amp;nbsp;; parce que, dans le d&#233;sert, il a rassasi&#233; 5.000 personnes avec deux poissons, multipli&#233;s ind&#233;finiment par la vertu de sa propre substance&amp;amp;nbsp;; parce qu’il a institu&#233; la r&#233;g&#233;n&#233;ration dans l’eau, le bapt&#234;me, ou parce qu’il porte et conduit la barque de l’&#201;glise. Rapha&#235;l: La Vierge au Poisson (1514)• Tobie   Dans le livre de Tobie, le h&#233;ros attrape aussi un poisson et il est mis en rapport avec Ninive. Or on sait que Tobie est un texte eschatologique.&amp;amp;nbsp; Tobie 6, 2-3 fait &#233;tat d'une inversion (tout comme l'&#233;pisode cit&#233; plus bas du midrash Abba Gurion): L'enfant descendit au fleuve se laver les pieds, quand un gros poisson sauta de l'eau, et faillit lui avaler le pied. Le gar&#231;on cria, et l'ange lui dit :&amp;amp;nbsp; Attrape le poisson, et ne le l&#226;che pas!&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Le gar&#231;on vint &#224; bout du poisson, et le tira sur la rive. Tel est pris... Alors que le grec ne dit rien de la taille du poisson, le texte latin en fait un v&#233;ritable monstre marin (piscis immanis). L'histoire de la r&#233;ception du livre de Tobie par le christianisme est presque aussi complexe que l'interpr&#233;tation du tableau de Rapha&#235;l. Selon certains auteurs ce tableau est une all&#233;gorie de la canonicit&#233; du Livre de Tobie et annoncerait son entr&#233;e dans le Canon op&#233;r&#233;e par le Concile de Trente quelques ann&#233;es plus tard. Le personnage de droite serait J&#233;r&#244;me et l'enfant serait Tobie accompagn&#233; de son Ange (Rapha&#235;l, comme le peintre...). Pour d'autres au contraire, le personnage de droite est Marc reconnaissable au lion, et l'enfant est l'all&#233;gorie du chr&#233;tien dont le symbole est le poisson. C'est vous qui voyez. Notons enfin que le lien entre la vierge et le poisson ne va pas de soi. Une &#233;pitaphe du IIeme si&#232;cle mentionne:&amp;amp;nbsp; un poisson de source en nourriture, immens&#233;ment grand et pur, un vierge immacul&#233;e le p&#234;che. Il faudra peut-&#234;tre revenir &#224; Miriam qui retire Mo&#239;se de l'eau.  •&amp;amp;nbsp; Le signe du poisson dans le Juda&#239;sme.Que signifient les repr&#233;sentations de deux poissons que l'on trouve par exemple sur le pavement de mosa&#239;que  de la synagogue de Bet Alpha et de Hamat (ci-dessous). Vous aimeriez bien disposer de la r&#233;ponse ? Nous aussi. Deux poissons font inmanquablement penser &#224; un signe astrologique. La pr&#233;sence de signes du Zodiaque dans l'ornementation juive est une v&#233;ritable &#233;nigme. Est-il possible que le Rabbinisme ait tol&#233;r&#233; ce symbole quasiment idol&#226;tre ? Ils ornent pourtant m&#234;me les mapot enroul&#233;es autour des rouleaux de la Tora. On les trouve dans les livres de pri&#232;re des jours de f&#234;tes o&#249; ils symbolisent les mois. La Tablette d'Adar, autre exemple, est un dessin reproduisant divers symboles se rattachant au mois d'Adar et donc &#224; Purim. On y trouve divers symboles : une bouteille de vin et des verres, des oreilles d'Haman, g&#226;teau de Purim&amp;amp;nbsp;de&amp;amp;nbsp;forme triangulaire, une cr&#233;celle, une table dress&#233;e pour un banquet, et surtout deux poissons g&#233;ants nageant l'un au-dessous de l'autre. Pourquoi ce symbole ? L'une des raisons avanc&#233;e est que Mo&#239;se fut &amp;quot; tir&#233; de l'eau &amp;quot; apr&#232;s que sa m&#232;re l'eut plac&#233; dans une nacelle sur les eaux du Nil. Ce symbole nous rappellerait que Mo&#239;se est n&#233; le 7 Adar. Bien entendu, comme dans le christianisme, on avance&amp;amp;nbsp; une raison plus classique: de m&#234;me que le poisson ne peut vivre sans eau, le juif ne peut vivre sans Tora. On s'avise enfin que le mois d'Adar est reli&#233; &#224; la constellation des Poissons dans les signes du zodiaque. •&amp;amp;nbsp; Hypoth&#232;se de Purim.On sait que Purim est une f&#234;te eschatologique. D'o&#249; l'importance des th&#232;mes de l'inversion, de la confusion, et du retournement. Il est donc parfaitement possible que le Juda&#239;sme ait symbolis&#233; le mois d'Adar en retournant le sens zodiacal des poissons. En voici une preuve possible: Le midrash Rabba sur Esther et celui connu sous le nom de Abba Gurion nous expliquent que Haman consulta les astres afin de trouver le meilleur moment pour exterminer les Juifs. A chaque moment il trouve qu'un m&#233;rite prot&#232;ge ce peuple. Mais quand il arrive au signe des Poissons, Haman ne trouve aucun m&#233;rite. Il se dit alors: de m&#234;me que les poissons s’avalent entre eux, de m&#234;me les enfants d’Isra&#235;l s’avalent, ils seront pris entre mes mains comme des poissons. Le Saint b&#233;ni soit-il lui dit alors: Ils ne sont pas entre tes mains, c’est toi qui es entre leurs mains. De m&#234;me que le poisson parfois avale, et parfois est aval&#233;, toi aussi tu seras aval&#233;. Le symbole des deux poissons serait ainsi celui de la lutte finale entre le messie et l'Ant&#233;christ. Le messie devant bien &#233;videmment triompher du L&#233;viathan et le d&#233;vorer lors du banquet eschatologique en pr&#233;sence des Saints. On comprend mieux l'existence de lampes en forme de poissons avalant d'autres poissons qu'on trouve en milieu chr&#233;tien.• Polys&#233;mie prolifique du PoissonLe Midrash juif observe que, dans le r&#233;cit la Cr&#233;ation, il est dit trois fois de Dieu: va-yebarekh (et il b&#233;nit), que ces b&#233;n&#233;dictions&amp;amp;nbsp; concernent les trois derniers jours et sont en connexion avec&amp;amp;nbsp; le poisson. Ainsi le 5&#232;me jour, &#224; l'occasion de la cr&#233;ation d'&#234;tres marins&amp;amp;nbsp; (Dieu cr&#233;a les grands monstres marins et tous les &#234;tres vivants qui glissent : les eaux les firent grouiller selon leur esp&#232;ce, et toute la gent ail&#233;e selon son esp&#232;ce, et Dieu vit que cela &#233;tait bon, va-yebarekh....). De m&#234;me, le 6&#232;me jour, &#224; propos de la cr&#233;ation de l'homme et de l'injonction &amp;quot;croissez et multipliez&amp;quot; (d'o&#249; le th&#232;me du poisson &amp;quot;fertile&amp;quot;)&amp;amp;nbsp; et enfin le 7&#232;me jour relativement &#224; l'instauration du shabat.On comprend mieux pourquoi les Pirqu&#233; de Rabbi Eli&#233;zer mettent Jonas en rapport avec le 5e jour. En ce jour, le poisson a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; avant l'homme, il est donc la premi&#232;re cr&#233;ature vivante cr&#233;&#233;e par Dieu. Or c'est aussi le cas du messie. Les deux entit&#233;s peuvent donc &#234;tre identifi&#233;es. On comprend mieux pourquoi les Chr&#233;tiens feront de J&#233;sus le Grand Poisson qui avale l'autre Grand poisson primordial qui s'&#233;tait r&#233;volt&#233; contre Dieu. Le poisson &#233;voque aussi le festin du monstre L&#233;viathan que Dieu a mis de c&#244;t&#233; pour les Justes dans le monde futur, monde que le shabat doit &#233;voquer, d'o&#249; la tradition juive de manger du poisson le shabat. Poisson se dit dag en h&#233;breu et sa valeur num&#233;rique 7 renvoie justement au shabat eschatologique. C'est encore le midrash juif qui expliquerait la pr&#233;sence du poisson dans les n&#233;cropoles chr&#233;tiennes. Lors du d&#233;luge, seules les cr&#233;atures allant par couples et conduites par No&#233; dans l'Arche furent sauv&#233;es, ainsi que les poissons. Le Midrash impute donc leur survie, malgr&#233; leur absence de l'Arche, &#224; leur mode de vie exempt d'immoralit&#233;. et de m&#233;lange. Le poisson symbolise ainsi la saintet&#233; d'une vie pure et donc pouvant &#234;tre sauv&#233;e. On comprendrait alors pourquoi les poissons vont par deux, s'affranchissant ainsi non sans humour de toute r&#233;f&#233;rence zodiacale. Il est possible qu'on ait ici une &#233;laboration qui mime l'astrologie pour mieux l'inverser, dans la tradition de Purim, derni&#232;re f&#234;te et f&#234;te des derniers jours. Bien entendu, comme en milieu chr&#233;tien, le midrash va ensuite empiler des &amp;quot;explications&amp;quot; qui vont prolif&#233;rer. Ainsi, le pluriel du poisson dag: dagim qui vaut 57 renverra au nombre de b&#233;n&#233;dictions r&#233;cit&#233;es quotidiennement.&amp;amp;nbsp; Son inverse gad renverra &#224; la manne qui nourrit les H&#233;breux pendant 40 ans. Le nombre 7 de dag &#233;voquera les 4 Matriarches (Sara, Rebecca, Rachel et L&#233;a), et les 3 Patriarches (Abraham, Isaac, Jacob). Etc. Trop proche des symboles juifs, le th&#232;me du poisson va progressivement c&#233;der la place dans le christianisme &#224; d'autres symboles et singuli&#232;rement celui de l'agneau. Comme dans le cas de la fixation de la date de la p&#226;que, le christianisme ne supportera pas de d&#233;pendre des juifs pour ses symboles essentiels. De plus l'affaissement de la tradition midrashique en milieu chr&#233;tien d&#233;pouillera le poisson de son aura symbolique et le r&#233;duira &#224; la chose malodorante dont doivent se satisfaire les classes pauvres. Les Empereurs romains ayant adopt&#233; la nouvelle religion et habitu&#233;s &#224; la statuaire grecque attendaient des symboles plus flatteurs.• Cas de l'hame&#231;on italien.Se pourrait-il que le r&#233;cit de Paul en Actes 27-28 si marqu&#233; par Jonas, ne comporte pas une seule allusion, m&#234;me sonore, &#224; notre hame&#231;on ? Au premier abord on ne trouve pas trace d'hame&#231;on dans ces parages. Pourtant le CAL nous signale un autre terme pour hame&#231;on :•tly, tly&amp;amp;#702; (tl&amp;amp;#257;y, tl&amp;amp;#257;y&amp;amp;#257;) : suspension, weapon, hook, loop, cord, grape cluster Ce serait la raison pour laquelle le chapitre 27 s'ouvre sur une r&#233;f&#233;rence &#224; l'Italie. Elle aussi devra se retourner. Nous nous disions aussi...• Corneille et compagnie: un suppl&#233;ment corn&#233;lien au livre de Jonas.Avec le midrash, cela se passe toujours ainsi: Au premier abord, le r&#233;cit de Corneille d'Actes 10 ne semble pr&#233;senter aucun rapport avec Jonas. Et puis &#224; force de les relire on s'aper&#231;oit que les deux r&#233;cits sont intimement li&#233;s. Au d&#233;but, un simple soup&#231;on: la r&#233;f&#233;rence &#224; Jopp&#233; (Yafo, le port jonasien). Mais surtout on s'avise du contraste renversant que le r&#233;cit corn&#233;lien repr&#233;sente par rapport &#224; Ninive.&amp;amp;nbsp; Il est dit de Corneille: Tes pri&#232;res et tes aum&#244;nes, sont mont&#233;es devant Dieu. On se souvient alors que des Ninivites il est dit dans le livre de Jonas : leur m&#233;chancet&#233; est mont&#233;e devant Dieu. Corneille repr&#233;sente donc l'inversion des Ninivites, c'est Ninive (ici Rome) qui fait sa repentance (teshuva) et de toutes ses forces, et donc avec tous ses signifiants: C&#233;sar&#233;e, Centurions et&amp;amp;nbsp; Cohortes (Comme le texte de Jonas dit que les Ninivites&amp;amp;nbsp; se sont repentis &amp;quot;de toutes leurs forces&amp;quot; baHazaqa Jon 3,8 le midrash chr&#233;tien prend le texte au mot et en fait des forces &amp;quot;militaires&amp;quot;). Avec Qornelios, c'est tout le qeren (la force) du mal qui se retourne, avec tout le toutim (centurions, cohortes et compagnie). N'oublions pas qu'&#224; Ninive le Roi lui-m&#234;me se retourne. Mais il reste un dernier d&#233;tail &#224; r&#233;gler dans le sc&#233;nario: on sait que Jonas regimba &#224; accepter la conversion de Ninive. Il faut donc que ce soit Jonas l'h&#233;breu qui reconnaisse lui-m&#234;me cette repentance et ce retournement.&amp;amp;nbsp; Un ange demandera donc &#224; Corneille de convoquer Pierre pour qu'il &amp;quot;avoue&amp;quot; publiquement la vision qu'il vient &#224; l'instant de recevoir (c'est tout nouveau): &#224; savoir qu'il n'y a plus d'impuret&#233;&amp;amp;nbsp; (alimentaire ? vraiment ?) qui frappe les animaux (lire : les pa&#239;ens. Souvenons-nous de l'adage rabbinique : ovde kokhavim qeruyim behema; les serviteurs des &#233;toiles sont appel&#233;s animaux. Si les pa&#239;ens se sont retourn&#233;s, c'est que nous sommes &#224; la fin des temps et la loi elle aussi se retourne et s'all&#232;ge, car m&#234;me les animaux se retournent dans le livre de Jonas, ils je&#251;nent et se couvrent de sac).Sur l'identit&#233; entre Ninive et Rome voir par exemple le Sefer ZorobabelZorobabel est &amp;quot;transport&#233; par un ruaH (vent/esprit) qui le soul&#232;ve entre ciel et&amp;amp;nbsp; terre et le transporte &#224; Ninive, la grande ville, qui est la ville du sang&amp;quot;.&amp;amp;nbsp; Il y rencontre le messie &#224; qui il demande le nom du lieu: r&#233;ponse: C'est&amp;amp;nbsp; Rome la Grande, o&#249; je suis emprisonn&#233; dans les fers jusqu'&#224; ce que vienne mon temps. </description>
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     <title>Journal de bord - par Webmaster le 28/01/2010 : 17:07</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=477</link>
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     <description>Journal de bordQue penseriez-vous d'un r&#233;cit dans lequel le h&#233;ros serait &amp;quot;transport&#233; dans une ville nomm&#233;e Transe-Port&amp;quot; ou bien encore qui serait un marin dont le fruit pr&#233;f&#233;r&#233; serait l'abri c&#244;tier ? - Qu'il s'agit d'un texte pour le moins construit et non d'un r&#233;cit spontan&#233; rapportant des faits historiques. Les deux derniers chapitres des Actes sont pourtant consid&#233;r&#233;s comme un exemple m&#234;me d'Histoire. Ce serait la naissance de l'Histoire chr&#233;tienne. Les Bibles indiquent &#224; l'unisson que &amp;quot;la pr&#233;cision du r&#233;cit (d'Actes 27) donne l'impression d'un minutieux journal de voyage&amp;quot;. L'exactitude et la minutie du journal de Paul ne cr&#232;vent pourtant pas les yeux: nous disposons de plusieurs&amp;amp;nbsp; recensions et de nombreuses variations selon les manuscrits. Ainsi l'&#238;le appel&#233;e Cauda en Actes 27,6 est rendue par Clauda dans certaines versions. On a vu des journaux de bord plus minutieux. La ville de Lasa&#239;a (Ac 27, 8) est rendue en latin par Thalassa. Soit J&#233;r&#244;me manque de minutie, soit il avait&amp;amp;nbsp; sous les yeux un texte peu minutieux. Le m&#234;me J&#233;r&#244;me rend Mura (en Ac 27,5) par Lystram, il faudrait qu'on nous explique un jour ces &#233;carts de traduction. Le texte d'Actes 27 regorge de jeux de mots ou de jeux de sonorit&#233;s et ce, aussi bien en grec que dans le substrat s&#233;mitique d'origine, ce qui nous rend plus que sceptiques sur le cot&#233; &amp;quot;journal de voyage minutieux&amp;quot; d'Actes 27-28. • Jeux de mots et assonancesLisons &#224; haute voix Actes 27,8 en grec. Paul y arrive en un endroit nomm&#233; Bons Ports. Jusque l&#224; rien d'extraordinaire, sauf que nomm&#233;&amp;amp;nbsp; traduit kaloumenon et Bons-Ports Kalous Limenas. Un peu gros, m&#234;me pour des sourds. Paul a not&#233; minutieusement que pr&#232;s de Ph&#233;nix (Syriaque: puniqos) se l&#232;ve un ouragan (Syriaque : typuniqos). Paul a not&#233; aussi que cet ouragan s'appelle Euraklion,&amp;amp;nbsp; or Paul &#233;tait tout pr&#232;s de H&#233;raklion. Une r&#233;troversion m&#234;me approximative vers l'h&#233;breu de: On remit Paul et quelques autres prisonniers donnerait : Va-yimaser...'im mispar assirim.M&#234;me si Paul est un observateur minutieux et un marin averti, c'est quand m&#234;me une vision divine qui le guide. Ou bien l'Esprit:Le vent ne nous permit pas d'aborder, nous longe&#226;mes alors la Cr&#232;te&amp;amp;nbsp; vers le cap Salmon&#233;,Ce vent (ruaH) est &#233;videmment l'Esprit (ruaH)  qui, comme pour Jonas, ne permet pas &#224; Paul d'aller en certains lieux :Parvenus aux confins de la Mysie, ils tent&#232;rent d'entrer en Bithynie, mais l'Esprit de J&#233;sus ne le leur permit pas.Ils parcoururent la Phrygie et la r&#233;gion galate, le Saint Esprit les ayant emp&#234;ch&#233;s d'annoncer la parole en Asie.D&#232;s son arriv&#233;e en Cr&#232;te (&#224; Bons-Ports justement) Paul voit proph&#233;tiquement que le voyage va devenir d&#233;sormais dangereux, mais il n'est pas &#233;cout&#233;. Les Chefs (centurion, capitaine, armateurs) d&#233;cident d'aller &#224; Ph&#233;nix, et l&#224;, comme pr&#233;vu, le typhon se d&#233;chaine. Paul garde confiance: vous auriez du m'&#233;couter et ne pas quitter la Cr&#232;te. Un miracle (nes) nous fera &#233;chouer sur une &#238;le (nes). Mettant fin au je&#251;ne des prisonniers (reprise de celui des Ninivites) Paul encourage ses compagnons &#224; partager la loi (le pain), le trop-de-loi (le bl&#233;) est jet&#233; &#224; la mer.&amp;amp;nbsp; La providence emp&#234;che les soldats de tuer les prisonniers (les pa&#239;ens). Salut de tous. L'&#238;le s'appelle d'ailleurs Salut. On connait la suite : les indig&#232;nes pa&#239;ens se montrent accueillants &#224; la parole, contrairement aux chefs ad hoc (les Juifs) qui, eux, n'ont pas &#233;cout&#233; Paul (la parole). La m&#234;me s&#233;quence est reproduite en fin du chapitre 28, pour le cas o&#249; l'on n'aurait pas bien compris : les juifs n'&#233;coutant pas, on se tourne vers les Pa&#239;ens. Car, eux, ont &#233;cout&#233; Jonas. L'ensemble du christianisme semble tenir dans l'histoire de Jonas d'o&#249; son incroyable pr&#233;sence dans les toutes premi&#232;res repr&#233;sentations chr&#233;tiennes.• Pourquoi aller &#224; Rome ?Apr&#232;s avoir visit&#233; Ath&#232;nes, Paul doit visiter Rome. L'eschatologie juive ne conna&#238;t que la succession des oppressions et des Empires comme le montre le d&#233;but du Midrash Rabba sur Esther. Le sch&#233;ma est clairement annonc&#233;:Apr&#232;s ces &#233;v&#233;nements, Paul forma le projet de traverser la Mac&#233;doine et l'Acha&#239;e ... Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; l&#224;, disait-il, il me faut voir &#233;galement Rome (Ac 19, 21). Apr&#232;s la Gr&#232;ce, vient le temps de Rome. Une vision nocturne confirme ce sch&#233;ma midrashique: La nuit suivante, le Seigneur vint le trouver et lui dit :&amp;amp;nbsp; Courage! De m&#234;me que tu as rendu t&#233;moignage de moi &#224; J&#233;rusalem, ainsi faut-il encore que tu t&#233;moignes &#224; Rome. Le livre de Jonas a donn&#233; lieu &#224; de nombreuses &#233;laborations midrashiques. Dans certaines d'entre elles, Jonas avait d'abord &#233;t&#233; envoy&#233; porter la parole divine &#224; J&#233;rusalem avant d'&#234;tre envoy&#233; &#224; Ninive. Pour le midrash qui ne connait ni l'histoire ni la g&#233;ographie, J&#233;rusalem, Ninive ou Rome, c'est pareil: la grande ville (Urbs). Actes 27-28 est une reprise de l'histoire de Jonas. Jonas ne veut pas porter la parole aux pa&#239;ens, il ne veut pas que les pa&#239;ens se repentent et soient sauv&#233;s, il pense que ce sera la fin d'Isra&#235;l. Mais Dieu pardonne &#224; Ninive et m&#234;me &#224; Rome. Les Pa&#239;ens finiront par je&#251;ner, se repentir et entrer. D'o&#249; la r&#233;f&#233;rence au jour de Kipur en Ac 27,9. Le jour de Kipur, en fin de journ&#233;e, apr&#232;s qu’ils aient demand&#233; pardon &#224; Dieu, les juifs se demandent si Dieu va leur pardonner leurs fautes (forc&#233;ment immenses)&amp;amp;nbsp; alors ils lisent le livre de Jonas et y trouvent que Dieu pardonne m&#234;me le comble&amp;amp;nbsp; et l’impardonnable. Paul doit donc aller &#224; Rome, car c'est la ville de l'asservissement tout autant que la Gr&#232;ce. C'est pourquoi le signifiant&amp;amp;nbsp; maqedon est ici pr&#233;sent sous la forme d'Aristarque, le &amp;quot;mac&#233;donien&amp;quot;. Curieusement&amp;amp;nbsp; quand J&#233;sus navigue, il&amp;amp;nbsp; va &#224; Magadan (ou &#224; Dalmanoutha, on n'est pas bien s&#251;r).Apr&#232;s avoir renvoy&#233; les foules, J&#233;sus monta dans la barque et s'en vint dans le territoire de Magadan (Mt 15,39)et aussit&#244;t, montant dans la barque avec ses disciples, il vint dans la r&#233;gion de Dalmanoutha.( Mc 8, 10)Ici les Bibles ne nous parlent pas de minutieux journal de bord mais reconna&#238;ssent qu'il s'agit de sites inconnus, encore un effort et vous verrez qu'un jour on finira par parler de midrashPaul veut aller en Espagne (Rm 15, 24 et 28) c'est-&#224;-dire &#224; Tarsis comme Jonas, mais il ira &#224; Rome-NiniveLe mod&#232;le de Paul est incontestablement Jonas. Mais le livre des Maccab&#233;es n'est pas absent de la pens&#233;e du r&#233;dacteur.&amp;amp;nbsp; Dans ce livre il est clair que les Empires sont l'expression de la volont&#233; divine et que Rome peut d&#233;livrer Juda du joug de la Gr&#232;ce.&amp;amp;nbsp;1M 8, 17-20. Ayant choisi Eupol&#232;me, fils de Jean, de la maison d'Akk&#244;s, et Jason, fils d'&#201;l&#233;azar, Judas les envoya &#224; Rome conclure avec les Romains amiti&#233; et alliance,. et obtenir d'&#234;tre d&#233;livr&#233;s du joug, car ils voyaient que la royaut&#233; des Grecs r&#233;duisait Isra&#235;l en servitude.. Ils arriv&#232;rent &#224; Rome au bout d'un tr&#232;s long voyage et, entr&#233;s au S&#233;nat, ils prirent la parole en ces termes :&amp;amp;nbsp; Judas, dit Maccab&#233;e, et ses fr&#232;res avec le peuple juif nous ont envoy&#233;s vers vous pour conclure avec vous un trait&#233; d'alliance et de paix et pour &#234;tre inscrits au nombre de vos alli&#233;s et de vos amis.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;• A bon port.C'est le livre de Jonas qui explique bien evidemment le jeu de sonorit&#233;s, mentionn&#233; plus haut, concernant le &amp;quot;bon port&amp;quot; inconnu de nos Atlas. En effet le seul port qui peut &#234;tre dit beau est yafo, le port de Jonas, yafo qui en h&#233;breu signifie beau ou bon. (Cette fois, si vous n'appr&#233;ciez toujours pas l'humour du midrash, on ne peut plus rien pour vous). Paul explique &#224; ses compagnons qu'il fallait l'&#233;couter quand il les avertissait de ne pas quitter la Cr&#232;te. Ce passage s'explique par le Midrash juif sur Jonas. Lorsque Jonas voulut fuir sa mission et s'embarquer &#224; Yafo, Dieu, selon un midrash, fit revenir le bateau &#224; Yafo (beau-port). Jonas comprit alors qu'il ne servait &#224; rien de vouloir fuir sa mission. Comme maintenant Yafo-Beau-Port se trouve en Cr&#232;te, Paul peut dire:&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Il fallait m'&#233;couter, mes amis, et ne pas quitter la Cr&#232;te; on se serait &#233;pargn&#233; ce p&#233;ril et ce dommage. (Actes 27,21). Or depuis que vous avez adopt&#233; notre r&#233;gime cr&#233;tois vous savez que la Cr&#232;te est le pays des Juifs. D'autres toponymes comme Salmon&#233; ou Adramyttium ne s'expliquent que par le travail du midrash. Jonas &#233;tant li&#233; &#224; Tarsis et cette ville &#224; Salomon et &#224; la reine de Saba, elle le sera donc de l'Arabie.•&amp;amp;nbsp; Paradoxe du signe de Jonas:&amp;amp;nbsp; un signe n&#233;gatif.&amp;amp;nbsp;Ainsi parle Yahv&#233;, le Saint d'Isra&#235;l, son cr&#233;ateur : On me demande des signes. Au sujet de mes enfants, de l'œuvre de mes mains, on me donne des ordres&amp;amp;nbsp; (Isa&#239;e 45,11)Vous vous demandez depuis toujours en quoi consiste exactement le signe de Jonas ? Pour le comprendre, il faut d'abord se demander pourquoi l'on demande des signes &#224; J&#233;sus (Mt 12, 39) ? Et ensuite pourquoi il r&#233;pond que cette g&#233;n&#233;ration n’en aura pas. On demande des signes &#224; J&#233;sus pour accomplir Isa&#239;e 45,11. Comme cela est &#233;crit, il faut donc que les Juifs doutent et demandent des signes ou des miracles.On me demande des signes: 'al ha-otiot shealuni, litt&#233;ralement: sur les signes, on m’interroge. Ce qui peut se lire: aussi sur les lettres (otiot) on m’interroge.&amp;amp;nbsp; Or J&#233;sus, dans les Apocryphes, se voit interroger sur les lettres de l’alphabet. Ce qui prouve bien qu'il s'agit ici d'une &#233;laboration midrashique. Le passage de Matthieu o&#249; on demande des signes &#224; J&#233;sus signifie donc ceci: Par leur conversion spontan&#233;e &#224; la pr&#233;dication de Jonas, les pa&#239;ens se sont montr&#233;s plus m&#233;ritants que les Juifs qui demandent, eux, un “signe”. Les pa&#239;ens n'ont pas demand&#233; de signe &#224; Jonas. De m&#234;me la Reine de Saba, consid&#233;r&#233;e par le midrash juif comme une pros&#233;lyte. Elle se “l&#232;vera”, au double sens de ressusciter et de t&#233;moigner (le verbe la’amod a ces deux sens). Notre passage ne manque pas d'humour: J&#233;sus ne peut donner &#224; cette g&#233;n&#233;ration le signe qu'elle demande, car il est Jonas (et m&#234;me un peu plus)&amp;amp;nbsp; et que Jonas n'a pas donn&#233; de signe (aux pa&#239;ens). Cette g&#233;n&#233;ration aura donc le signe n&#233;gatif de Jonas, le signe que les pa&#239;ens n'ont pas demand&#233;. Le signe est Jonas lui-m&#234;me. Et les pa&#239;ens l'ont entendu. Luc&amp;amp;nbsp; 11, 30 : Car, tout comme Jonas fut un signe pour les Ninivites, de m&#234;me le Fils de l'homme en sera un pour cette g&#233;n&#233;ration.&amp;amp;nbsp; CQFD.&amp;amp;nbsp;•&amp;amp;nbsp; Retour &#224; bord.Cette digression sur Jonas ne doit pas nous faire oublier notre analyse du journal de bord paulinien.&amp;amp;nbsp; Apr&#232;s les vents et les ports, nous allons aborder les noms de lieux. Les toponymes qui interviennent dans les Actes sont des noms de lieux bien r&#233;els, mais &amp;quot;revisit&#233;s&amp;quot; par le midrash, par la technique du heqesh. On ausculte le nom et on cherche des sonorit&#233;s connues: Ainsi la Sicile &#233;voquera la seqila, la mise en croix. Syracuse rendra des sonorit&#233;s proches de la chair (sarkosa). Cnide peut tout-&#224;-fait &#234;tre lu ke-nida comme une abomination. La Cilicie renverra &#224; qiliqia et au verbe leqalqel (Jastrow 709) etc... &amp;amp;nbsp;• SidonUne fois commenc&#233; son p&#233;riple vers Rome, Paul ne pouvait &#233;viter de commencer par Sidon, ville bien connue de J&#233;sus En sortant de l&#224;, J&#233;sus se retira dans la r&#233;gion de Tyr et de SidonPaul doit se rendre &#224; Sidon car il est Jonas, et que Sidon a quelque rapport avec Ninive, la Grande Ville. Comme elle, elle est&amp;amp;nbsp; appel&#233;e la Grande (Tsidon Rabba ). J&#233;sus lui-m&#234;me compare Sidon &#224; Ninive, via le sac et la cendre, dans le verset suivant:Malheur &#224; toi, Choraze&#239;n! Malheur &#224; toi, Bethsa&#239;de!&amp;amp;nbsp; Car si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu &#224; Tyr et &#224; Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties.Paul est aussi Elie or Elie est envoy&#233; &#224; Sidon: et ce n'est &#224; aucune d'elles que fut envoy&#233; &#201;lie, mais bien &#224; une veuve de Sarepta, au pays de Sidon.&amp;amp;nbsp;• Choraze&#239;n.Profitons de l'occasion pour tenter de r&#233;soudre une &#233;nigme qui dure depuis deux mill&#233;naires. Personne en effet ne sait que faire du nom de cette ville inconnue des Atlas, et jamais cit&#233;e par aucun historien ni g&#233;ographe. Nous apportons modestement notre contribution au d&#233;bat et proposons qurtsin  &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; (Jastrow 1344). Ce terme signifie destruction.• A Chypre.A Chypre, nous trouvons dans le journal de bord de Paul cette notation digne d'un marin aguerri, observateur minutieux des r&#233;gimes des vents:Partis de l&#224;, nous longe&#226;mes la c&#244;te de Chypre, parce que les vents &#233;taient contraires.Il se trouve que la racine kpr de Kupros (Chypre) est ambivalente: c'est celle de l'apostasie et aussi de la propitiation. Paul ferait peut-&#234;tre ici de l'esprit sur le sens spirituel ambivalent de cette racine. (Je vous ai d&#233;j&#224; parl&#233; de l'humour du midrash ?)•&amp;amp;nbsp; MyreMyre n'intervient qu'une fois dans le NT et n'existe pas dans l'AT. Cette charmante petite ville est rendue par Lystra en Latin pour des raisons que vous n'avez pas &#224; conna&#238;tre. Dans le texte grec, Myre est &amp;quot;en Lycie&amp;quot; mais en latin elle est Lycie (quae est Lyciae). Circulez, il n'y a rien &#224; voir. Ce nom Myre serait une cr&#233;ation &#224; partir de la racine s&#233;mitique de la r&#233;volte (qui est aussi celui de miriam). Si vous pr&#233;f&#233;rez Lystra, nous pouvons vous proposer aussi un nom gentil comme listerin (Jastrow 709) qui signifie repaire de brigands.•&amp;amp;nbsp; Trois Tabernes  Le chiffre trois est omnipr&#233;sent dans les Actes. Il est vrai qu'il &#233;tait d&#233;j&#224; insistant dans Jonas (Ninive &amp;quot;mesure&amp;quot; trois jours de marche, Jonas reste trois jours dans le poisson...). Mais que signifie Taberne en Actes 28,15? Ce terme semble avoir le sens de boutique,&amp;amp;nbsp; mais il serait ici surtout pour faire entendre le nom de Tib&#232;re. En effet la Passion est cens&#233;e s'&#234;tre d&#233;roul&#233;e sous Tib&#232;re. Or dans Jonas le roi de Ninive se retourne. L'empereur de Rome doit donc&amp;amp;nbsp; s'inverser aussi. Le nom complet de cet empereur est: Tiberius Iulius Caesar Augustus.&amp;amp;nbsp; Or deux de ces noms figurent&amp;amp;nbsp; dans les Actes.Quand notre embarquement pour l'Italie ('tl) eut &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;, on remit Paul et quelques autres prisonniers &#224; un centurion (qntrn) de la cohorte (qintinar) Augusta, nomm&#233; Julius. (Ac 27 1).&amp;amp;nbsp;Il nous manquait donc Tib&#232;re et C&#233;sar.&amp;amp;nbsp; Tib&#232;re &#233;tant de la dynastie des&amp;amp;nbsp; julio-claudiens, ce serait la raison de la pr&#233;sence&amp;amp;nbsp; d'un julius et de l'&#238;le nomm&#233;e Clauda. Au chapitre 10 des Actes, on retrouve &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me verset, car nous sommes dans la m&#234;me situation, &#224; ceci pr&#232;s que c'est Pierre et non Paul qui d&#233;couvre que la parole peut &#234;tre port&#233;e d&#233;sormais aux pa&#239;ens figur&#233;s par Corneille.Il y avait &#224; C&#233;sar&#233;e (qissaria) un homme du nom de Corneille (qornelios) centurion (qntron)&amp;amp;nbsp; de la cohorte (qintinar) niqrat Italique ('tliqit)&amp;amp;nbsp;On voit tout de suite que les deux versets sont &#224; peu pr&#232;s identiques.&amp;amp;nbsp; Actes 27, 1 est une reprise de Actes 10,1. Les deux versets partagent les m&#234;mes signifiants (Italie, et donc inversion et crucifixion par jeu de sonorit&#233; sur taluy, C&#233;sar, cohorte, Auguste). Notons que dans les Evangiles la ville de Tib&#233;riade intervient &#233;galement trois fois.Apr&#232;s cela, J&#233;sus s'en alla de l'autre c&#244;t&#233; de la mer de Galil&#233;e ou de Tib&#233;riade. Jn 6,1Cependant, de Tib&#233;riade des bateaux vinrent pr&#232;s du lieu o&#249; l'on avait mang&#233; le pain. Jn 6,23Apr&#232;s cela, J&#233;sus se manifesta de nouveau aux disciples sur le bord de la mer de Tib&#233;riade. Il se manifesta ainsi. Jn 21,1</description>
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     <title>Orf&#232;vres en r&#233;volte - par Webmaster le 03/01/2010 : 15:58</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=455</link>
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     <description>Orf&#232;vres en r&#233;volte...o&#249; l'on retrouve Virginit&#233;, noirceur et arroganceDiane d'Eph&#232;seMalheur &#224; ceux qui ajoutent maison &#224; maison, qui joignent champ &#224; champ jusqu'&#224; ne plus laisser de place&amp;amp;nbsp; (Is&amp;amp;nbsp; 5,8)• Consensus universel.S'il est un passage des Actes dont l'historicit&#233; ne fait aucun doute, c'est bien ceui de la r&#233;volte des artisans d'Eph&#232;se lors du passage de Paul dans cette ville (Actes 19). Personne n'aurait l'id&#233;e saugrenue d'aller remettre en question la r&#233;alit&#233; historique de ce r&#233;cit. Et d'ailleurs personne ne le fait. Pourquoi Paul irait-il inventer une telle histoire, sans aucun enjeu doctrinal, th&#233;ologique ou pol&#233;mique? Vous remarquerez qu'on a tendance &#224; opposer automatiquement historicit&#233; et invention. Ou bien Paul invente ou bien sa narration est historique. Pas de tierce possibilit&#233;. Le midrash ne fait jamais partie de l'horizon intellectuel des chercheurs. Et comme Paul n'a aucun int&#233;r&#234;t ici &#224; inventer, c'est donc que&amp;amp;nbsp; son r&#233;cit est&amp;amp;nbsp; vrai et historique. Vous aurez beau chercher sur Internet, vous ne trouverez pas un auteur qui conteste l'historicit&#233; de ce passage. Vous trouverez toujours un auteur pour contester tel d&#233;tail du corpus: l'authenticit&#233; ou la datation de telle Ep&#238;tre ou l'interpr&#233;tation de telle ou telle id&#233;e, mais sur la r&#233;volte des Eph&#233;siens, il existe semble-t-il un consensus universel quant &#224; l'historicit&#233;. C'est pourquoi nous avons choisi d'&#233;tudier de pr&#232;s ce passage.• Le manifeste et le latent.La double entente n'est pas une technique aussi simple que l'on croit. Elle prend parfois des formes subtiles. Un exemple: supposons que vous fassiez un r&#233;cit. Nous l'appellerons ici &amp;quot;contenu manifeste&amp;quot;.&amp;amp;nbsp; Ce r&#233;cit traite d'un sens A. Dans ce r&#233;cit vous&amp;amp;nbsp; glisserez quelque signifiants anodins qui, pour des oreilles attentives et form&#233;es &#224; la double entente, et seulement pour ces oreilles, auront le pouvoir de faire surgir un autre sens B &#224; votre r&#233;cit.&amp;amp;nbsp; Les auditeurs qui ne sont pas form&#233;s &#224; la double entente ne pourront jamais avoir acc&#232;s de mani&#232;re claire au sens B, mais comme ils auront quand m&#234;me &#233;t&#233; les r&#233;cepteurs des signifiants en question, ils ressentiront comme un malaise. Le sens B agira en eux comme &#224; leur insu, il sera pour eux comme un contenu inconscient, mais qui n'en op&#232;re pas moins.• Exemples. Prenons l'&#233;l&#233;ment le plus spectaculaire de notre r&#233;volte des orf&#232;vres. Nos orf&#232;vres fabriquent et vendent des reproductions miniatures du temple d'Artemis. Cela c'est le contenu manifeste. Le contenu latent est bien diff&#233;rent: C'est que nos pa&#239;ens&amp;amp;nbsp; sont &#224; la lettre des marchands du temple: ils vivent des reproductions miniatures du temple, ils transforment donc le Temple en argent. Le terme h&#233;bra&#239;que pour orf&#232;vres (tsorephim, comme en N&#233;h&#233;mie 3, 32) est l'anagramme des brigands de J&#233;r&#233;mie 7, 11 (peritsim) Or ce verset de J&#233;r&#233;mie est repris par J&#233;sus lorsqu'il chasse les Marchands.Admettons un instant l'hypoth&#232;se que notre passage soit &#224; double entente. Quels seraient les autres signifiants-connecteurs qui nous renverraient &#224; un contenu latent suppos&#233; ? En Actes 19, 35 c'est un grammateus qui calme la foule. Ce grammateus est traduit par &amp;quot;chancelier&amp;quot;. On se demande comment grammateus a pu signifier chancelier car grammateus traduit toujours sofer (scribe). Tout se passe comme si la traduction elle-m&#234;me contribuait &#224; garder enfoui le sens latent. Scribe serait trop explicite et &#233;voquerait les juifs. On aurait donc selon notre hypoth&#232;se un r&#233;cit manifeste qui parle des pa&#239;ens et un r&#233;cit latent qui parle des Juifs. Le but est de d&#233;livrer un message subliminal: les Juifs sont devenus aussi idol&#226;tres que les pa&#239;ens, ce qui est selon nous le leitmotiv des textes chr&#233;tiens. En effet, le messie ne peut advenir sans ce passage au comble, si les juifs ne sont pas tous devenus idol&#226;tres. • L'id&#244;le. Juste avant notre r&#233;volte, des esprits-d&#233;mons attaquent les 7 fils de Sceva. On se souvient alors que J&#233;sus gu&#233;rissait Marie (Isra&#235;l) de ses 7 d&#233;mons. Or d&#233;mon se dit shed. Observez maintenant la statue de l'Artemis d'Eph&#232;se, elle a, selon la plupart des repr&#233;sentations, un grand nombre de seins. Or il se trouve que les seins se disent shadayim ou m&#234;me shad (Jastrow). shade c'est aussi le champ. On aurait donc un contenu manifeste (Art&#233;mis ou Diane) et un contenu latent qui n'apparait jamais &#224; la conscience: &#224; savoir Marie/Miriam aux nombreux&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1491;&amp;amp;nbsp; seins/d&#233;mons,&amp;amp;nbsp; r&#233;volt&#233;e notoire et orf&#232;vre en la mati&#232;re, selon le midrash. • Connexions. Certes, Marie n'appara&#238;t pas dans le r&#233;cit de la r&#233;volte des orf&#232;vres, mais elle appara&#238;t ailleurs en connexion avec Eph&#232;se puisqu'elle va selon les Apocryphes (c'est le nom que les chr&#233;tiens donnent &#224; leurs midrashim trop g&#234;nants) mourir &#224; Eph&#232;se.&amp;amp;nbsp; Noter que, de son c&#244;t&#233;, Miriam est li&#233;e au mot esef du fait de Nb 12,15 'ad he-asef le peuple ne bouge pas avant sa r&#233;int&#233;gration dans le camp (la fin de sa l&#232;pre)Dans l'article &amp;quot;virginit&#233;, noirceur et arrogance&amp;quot; nous avancions l'hypoth&#232;se que toutes les Marie du NT sont une seule et m&#234;me figure: le peuple juif figur&#233; par Miriam, la sœur de Mo&#239;se, et paradigme de la r&#233;volte. Ce pourquoi Marie est mise (via Madeleine) en connexion avec le signifiant de la grandeur-arrogance. La tour (migdal) et la chevelure signifiant cette arrogance, d&#233;nonc&#233;e aussi sous la forme de la fausse s&#233;curit&#233;. Or tous ces &#233;l&#233;ments qui doivent rester latents ont un repr&#233;sentant dans le contenu manifeste. Diane porte une tour fortifi&#233;e sur la t&#234;te qui &#233;voque son sentiment de s&#233;curit&#233;. De proche en proche on s'aper&#231;oit que bien des signifiants du r&#233;cit manifeste sont des connecteurs vers le sens latent: Grande est l'Art&#233;mis des Eph&#233;siens. Voici pour la grandeur-arrogance de Miriam et des Juifs. Le terme Art&#233;mis lui-m&#234;me renvoie au terme latent -et latin- de Diana. Car Dina c'est la loi et la religion. Dina a aussi l'avantage de souligner la r&#233;volte. Mais pour entendre cela, il faut &#234;tre connaisseur et expert en midrash. En effet, Dina, la fille de Jacob est un peu trop sortie (trop &#233;loign&#233;e du juda&#239;sme et trop rapproch&#233;e des pa&#239;ens) ce qui lui a valu quelques ennuis. Noter aussi que le mot diana existe en h&#233;breu tardif (avec un alef entre le yod et le nun) et signifie perte.-Mais, direz-vous, la connexion entre Marie et Eph&#232;se est peut-&#234;tre due au hasard. Il nous faudrait une autre preuve. Pourquoi Madeleine n'est-elle pas associ&#233;e elle-aussi &#224; Eph&#232;se ? Eh bien, figurez-vous que Gr&#233;goire de Tours&amp;amp;nbsp; a entendu parler de Madeleine &#224; Eph&#232;se. Il mentionne m&#234;me son tombeau : &#171;Dans cette ville [Eph&#232;se] repose Marie-Madeleine, n'ayant au dessus d'elle aucune toiture&amp;amp;nbsp;&#187; (in gloria martyrium, ch. 29). Les deux Marie (qui n'en font qu'une) sont donc associ&#233;es &#224; Eph&#232;se et &#224; la mort. Or la mort est elle-m&#234;me un contenu manifeste de l'idol&#226;trie latente, c'est le cas de le dire, des Juifs. Pour le coup, Madeleine n'a plus, mais plus du tout, de sentiment de s&#233;curit&#233;. Son tombeau n'a plus de toit. Elle n'a plus rien sur la t&#234;te. Plus de tour fortifi&#233;e ou plus de cheveux par exemple. Une l&#233;gende du VIIe si&#232;cle&amp;amp;nbsp; pr&#233;sente Madeleine comme &#233;tant la marie dont J&#233;sus avait chass&#233; les sept d&#233;mons et qui de plus aurait &#233;t&#233; vierge et martyre. D&#233;cid&#233;ment ces Apocryphes sont bien g&#234;nants, ils risquent un beau jour de &amp;quot;cracher le morceau&amp;quot;, de tout rendre manifeste. Il faut donc les &#233;liminer. Au profit de textes plus savants qui maintiennent la tension entre le contenu manifeste et le contenu latent. Mais le bon peuple semble appr&#233;cier, lui, les apocryphes. Il prend au s&#233;rieux&amp;amp;nbsp; Lc 8,17: Car rien n'est cach&#233; qui ne deviendra manifeste (nigla). Il faudra donc l'&#233;duquer et au besoin s&#233;vir. Mieux : ridiculiser ces textes infantiles.• Le r&#233;seau Marie.Pour compliquer le tout il existe une autre forme d'&#233;laboration &amp;quot;mariale&amp;quot;. Il s'agit de Marie L'Egyptienne, souvent confondue avec Marie-Madeleine. D&#233;cid&#233;ment!&amp;amp;nbsp; Marie l'Egyptienne vivait &#224; Alexandrie de la prostitution (lire: idol&#226;trie). Elle voulut se rendre &#224; J&#233;rusalem, paya son voyage de ses charmes, mais une force irr&#233;sistible l'emp&#234;cha d'entrer dans le Temple. Elle comprit que cette r&#233;sistance &#233;tait due &#224; la noirceur de son &#226;me. Elle pria alors la Vierge Marie pour obtenir le pardon de ses p&#233;ch&#233;s. Pour p&#233;nitence elle se retira dans le d&#233;sert, de l'autre c&#244;t&#233; du Jourdain, et promit d'y vivre dans la chastet&#233;. Elle s'en alla avec trois petits pains qui lui servirent d'unique nourriture et, ses v&#234;tements partis en lambeaux, elle n'eut plus rien pour se v&#234;tir.&amp;amp;nbsp; Zozime qui la d&#233;couvrit un jour dans le d&#233;sert, lui donna son manteau pour voiler sa nudit&#233;. Marie lui demanda de revenir l'ann&#233;e suivante &#224; P&#226;ques lui apporter la sainte Communion, ce qu'il fit. Elle communia&amp;amp;nbsp; et mourut peu apr&#232;s avoir travers&#233; le Jourdain &#224; pieds secs. Elle serait morte en 421. On la repr&#233;sente g&#233;n&#233;ralement uniquement couverte de ses cheveux de la t&#234;te aux pieds.&amp;amp;nbsp;On la f&#234;te le 2 avril.Dans cette nouvelle &#233;laboration nous retrouvons les items habituels (idol&#226;trie/prostitution, cheveux) mais aussi un &#233;l&#233;ment nouveau : l'Egypte. Et notamment Alexandrie. Or il se trouve, mais c'est &#233;videmment un pur hasard, que nous trouvons dans le r&#233;cit de Paul un Alexandre qui essaie m&#234;me de prendre la t&#234;te des r&#233;volt&#233;s d'Eph&#232;se. Encore un juif qui prend un nom grec, signe d'abandon de son identit&#233;. Il va m&#234;me au Th&#233;&#226;tre. Et encore un nom en connexion avec l'id&#233;e de grandeur (via Alexandre le Grand. Vous n'aimez toujours pas l'humour midrashique ?)• Confirmations.Le discours de D&#233;m&#233;trios sur l'importance &#233;conomique&amp;amp;nbsp; de l'exploitation du temple et les avantages en terme d'emploi t&#233;moigne de l'humour du midrash, il s'agit ici de faire un bon mot sur la 'avoda, le culte du temple ('avoda signifie travail). Que l'ensemble de ce passage soit de nature midrashique, nous aurions pu le savoir si nous avions lu le d&#233;but de notre passage: tout ce tumulte (mehuma) se produit uniquement &#224; propos de la Voie. Et le moment ou cela se passe est aussi instructif: Egeneto de kata ton kairon, soit bayamim hahem, expression qui renvoie en g&#233;n&#233;ral au temps ind&#233;fini de l'eschatologie. A moins qu'il ne s'agisse du moment pr&#233;vu par les Psaumes: Pourquoi ces nations en tumulte ? (Ps 2,1) Il est possible que ce psaume ait m&#234;me &#233;t&#233; &#224; l'origine&amp;amp;nbsp; de notre &#233;laboration, car il contient justement le signifiant Eph&#232;se en Ps 2,8 sous la forme des extr&#233;mit&#233;s de la terre (afs&#233; arets) efes en h&#233;breu c'est l'extr&#233;mit&#233; ou le n&#233;ant. C'est aussi le mot malheureux des explorateurs qui craignent l'entr&#233;e en terre promise et l'&#232;re messianique. Notre r&#233;volte &amp;quot;pa&#239;enne&amp;quot; intervient dans un contexte tr&#232;s particulier. Au d&#233;but du chapitre 19 des Actes, Paul mentionne des disciples qui ne sont pas au courant de l'existence du saint Esprit. Ils sont presque chr&#233;tiens. Ils croient en Jean (Elie) mais pas en J&#233;sus. Paul doit alors passer trois mois &#224; la Synagogue d'Eph&#232;se pour enseigner la Bonne Voie. Le r&#233;sultat est d&#233;cevant car les juifs r&#233;sistent. Ils s'adonnent m&#234;me &#224; la magie. Tel est le contexte de la r&#233;volte des Eph&#233;siens. Cette r&#233;volte a pour but de montrer que les juifs sont devenus aussi idol&#226;tres que les pa&#239;ens. Il faut donc s'en s&#233;parer pour garder la vraie religion. Il faut aussi montrer que les juifs ont abandonn&#233; la tora, et que Paul lui, reste dans la tora, d'o&#249; le fait qu'il enseigne dans une &#233;cole toranique&amp;amp;nbsp; Ac 19,9. (Toujours pas ?)&amp;amp;nbsp;Les lecteurs un peu lass&#233;s par Paul pourront lire sur ce site les Actes de Jean. En effet, dans ce texte Jean lui aussi a fait le voyage d'Eph&#232;se, lui aussi visite son fameux th&#233;&#226;tre et bien entendu son Temple incontournable. Curieusement il n'y voit pas de statue d'Art&#233;mis. Sans doute une erreur d'inattention.• Effets sonores chez Sophonie.Il existe chez Sophonie une occurrence du mot h&#233;breu efes qui pourrait &#233;clairer notre lanterne. Dans le dernier verset du chapitre 2 Sophonie proph&#233;tise l'&#233;croulement des villes pa&#239;ennes (Moab et Am&#244;n notamment). Ce qu'il leur reproche c'est leur &#233;go&#239;sme et leur arrogance: n&#233;ant hormis moi.C'est la cit&#233; joyeuse qui tr&#244;nait avec assurance, celle qui disait en son cœur :&amp;amp;nbsp; Moi, sans &#233;gale! (ani ve-afsi 'od) (2,15)efes serait donc li&#233; &#224; l'id&#233;e de toute-puissance: rien en dehors de moi. C'est l'id&#233;e de se prendre pour Dieu et donc de nier Dieu. Mais au verset suivant, il n'est plus question des pa&#239;ens mais d'Isra&#235;l. On a chang&#233; de chapitre.Malheur &#224; la rebelle (morah racine de Miriam) , la souill&#233;e, &#224; la ville tyrannique (yona) (3,1)yona pourrait &#234;tre ici un bel exemple de double entente : c'est la colombe, attribut d'Isra&#235;l, mais ce mot peut &#234;tre lu yavana, la grecque! Le grec a peristera et le latin columba mais le traducteur fran&#231;ais est bien oblig&#233; de traduire tyrannique, pourquoi le proph&#232;te maudirait-il une colombe ?  On aurait ici un exemple de double entente proche de notre passage des Actes. Sophonie reproche &#224; Isra&#235;l:Elle n'a pas &#233;cout&#233; l'appel, elle n'a pas accept&#233; la le&#231;on (musar);&amp;amp;nbsp; &#224; Yahv&#233; elle ne s'est pas confi&#233;e, de son Dieu elle ne s'est pas approch&#233;e. Sophonie n'a rien &#224; voir avec Eph&#232;se, mais c'est le proph&#232;te du asaf, anagramme de efes. Voyez les premiers mots de sa proph&#233;tie:&amp;amp;nbsp;Oui, je vais tout supprimer (asof asef)&amp;amp;nbsp; de la face de la terre, oracle de Yahv&#233;. Je supprimerai (asef) hommes et b&#234;tes, je supprimerai&amp;amp;nbsp; (asef) oiseaux du ciel et poissons de la mer (1, 2-3)Sophonie n'est&amp;amp;nbsp; bien &#233;videmment jamais all&#233; &#224; Eph&#232;se, et cependant il a pu maudire des marchands et des orf&#232;vres qui hurlent.Hurlez, habitants du Mortier, car tout le peuple de Canaan est an&#233;anti (nidma), tous les peseurs d'argent sont retranch&#233;s (nikretu). (1,11) Une note de la BJ nous indique en effet fort &#224; propos que canaani c'est un marchand. Le verset peut &#234;tre traduit: tout le peuple ressemble &#224; des marchands. Si Eph&#232;se n'est plus dans Eph&#232;se, on peut se demander si les Cr&#233;tois dont parle Paul ne sont pas eux-aussi un peu Juifs. En effet un peu plus loin Sophonie proph&#233;tise:Malheur aux habitants de la ligue de la mer, &#224; la nation des Ker&#233;tiens!&amp;amp;nbsp; Voici la parole de Yahv&#233; contre vous : Canaan, terre des Philistins, je vais te faire p&#233;rir faute d'habitants!&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; </description>
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     <title>Virginit&#233;, noirceur et arrogance - par Webmaster le 25/12/2009 : 18:44</title>
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     <description> Virginit&#233;, noirceur et arrogance Georges de la Tour : Madeleine &#224; la veilleuse (1630-1635)• Vierges noires.On a beaucoup parl&#233;, du temps de Jean Paul II, de la&amp;amp;nbsp; Vierge noire de Cz&amp;amp;#281;stochowa. Les Vierges noires sont des repr&#233;sentations &#233;tonnantes de la Vierge Marie qui&amp;amp;nbsp; tirent leur nom de leur couleur sombre, souvent limit&#233;e au visage et aux mains. La plupart d'entre elles se rencontrent dans le bassin m&#233;diterran&#233;en avec une concentration importante dans le sud de la France o&#249; on en compte 180 sur les 400 &#224; 500 vierges noires. Selon l’&#201;glise catholique, il n’existe aucun fondement th&#233;ologique &#224; la couleur de ces Vierges. L’explication traditionnellement avanc&#233;e, c'est que ces&amp;amp;nbsp; statues n'&#233;taient pas noires &#224; l'origine mais qu'elles le sont devenues &#224;&amp;amp;nbsp; cause des d&#233;p&#244;ts de suie provenant des bougies votives. Cette th&#233;orie officielle est tr&#232;s s&#233;duisante et m&#234;me progressiste (on ne nait pas noir, on le devient) mais elle n'explique pas pourquoi dans ce cas toutes les statues expos&#233;es aux suies ne sont pas devenues des Vierges Noires. Il semble qu'il faille adopter l'id&#233;e que ces statues &#233;taient noires &#224; l'origine. Mais pour quelle raison ? Le choix de cette couleur relevait sans doute d'une tradition orale ce qui rapproche ce choix d'un midrash. Marie repr&#233;sente le peuple juif dans ses deux &#233;tats: la r&#233;volte et donc la noirceur des p&#233;ch&#233;s, mais aussi la repentance (si miriam reconna&#238;t ses p&#233;ch&#233;s, adopte le vrai messie, en un mot si elle devient chr&#233;tienne). Or cette oscillation est celle du Cantique des Cantiques 1,5: je suis noire et belle (sheHora ani ve-nava).Dans la pol&#233;mique entre juifs et chr&#233;tiens ce th&#232;me de la noirceur a &#233;t&#233; tr&#232;s utilis&#233; d&#232;s l'origine. Le Targum du Cantique des Cantiques par exemple &#233;tablit un lien explicite entre noirceur et p&#233;ch&#233;s: Quand le peuple d’Israe&amp;amp;#776;l fit le veau d’or, son visage s’obscurcit comme celui des fils de Kush (les Ethiopiens) qui habitent dans les tentes de Ke&amp;amp;#769;dar. Il s'agit donc d'une couleur toute midrashique (vous ne la retrouverez pas dans la gamme Pantone). Cette couleur midrashique est rapproch&#233;e de la r&#233;volte. Cantique Rabba 1,34 commente le mot noire en le r&#233;f&#233;rant longuement &#224; la r&#233;volte: NOIRE : sur les bords de la Mer Rouge, ainsi qu’il est &#233;crit : Ils furent rebelles pr&#232;s de la mer, pr&#232;s de la Mer Rouge (Ps 106, 7) NOIRE : &#224; Mara, ainsi qu’il est &#233;crit : le peuple murmura contre Mo&#239;se, en disant : Que boirons-nous ? (ib. 24) etc.Cette couleur est aussi associ&#233;e &#224; l'arrogance (&#224; l'origine du p&#233;ch&#233;) et au m&#233;pris (Ne me me&amp;amp;#769;prisez pas a&amp;amp;#768; cause de mon teint noir, le soleil m’a bru&amp;amp;#770;le&amp;amp;#769;e). Or on se souvient que Marie/Miriam m&#233;prisa la femme de Mo&#239;se qui &#233;tait kushite (Ethiopienne). Il semble que ces passages ont &#233;t&#233; repris pour parler de rivalit&#233; entre juifs de souche et jud&#233;o-chr&#233;tiens d'origine pa&#239;enne. En parall&#232;le avec la rivalit&#233; entre Sara et sa servante Agar (une &#233;gyptienne selon le midrash). Ct R 1,40 se fait l'&#233;cho de cette pol&#233;mique:&amp;amp;nbsp; R. Isaac ajouta : Une dame avait une servante &#233;thiopienne. Celle-ci descendit avec son compagnon pour puiser de l’eau &#224; la source. Elle dit &#224; son compagnon : Demain mon ma&#238;tre va divorcer avec son &#233;pouse et m’&#233;pouser. Et l’autre de lui demander : pourquoi ? Elle lui r&#233;pondit : il a vu que ses mains sont toutes sales. - &#212; femme stupide, lui dit l’autre : pense &#224; ce que tu dis. Il aime excessivement son &#233;pouse, et tu dis qu’il va la r&#233;pudier parce qu’une fois il l’a vue les mains sales. Comment alors te supportera-t-il, toi qui es sale de partout et noire depuis ta naissance ! De m&#234;me lorsque les autres peuples raillent Isra&#235;l en disant : cette nation s’est d&#233;grad&#233;e elle-m&#234;me, ainsi qu’il est &#233;crit : ils &#233;chang&#232;rent leur gloire pour l’image du bœuf mangeur d’herbe (Ps 106, 20), Isra&#235;l leur r&#233;pond : si nous, qui avons p&#233;ch&#233; une seule fois, avons &#233;t&#233; autant punis, combien plus lourde sera votre punition ? Isra&#235;l dit aussi aux Nations : Je vais vous dire &#224; quoi on peut nous comparer : &#224; un prince qui quitta sa ville pour le d&#233;sert. Le soleil lui br&#251;la le cr&#226;ne de sorte que son visage en devint tout basan&#233;. Mais quand il revint chez lui, un peu d’eau et un brin de toilette lui firent retrouver son aspect. De m&#234;me pour nous, le soleil des idoles peut nous avoir br&#251;l&#233;s, mais vous, vous &#234;tes basan&#233;s depuis le ventre de vos m&#232;res, vous avez servi des idoles dans le ventre de vos m&#232;res ; car, quand une femme est enceinte, elle entre dans le temple idol&#226;tre et se prosterne devant l’idole et son enfant avec.&amp;amp;nbsp;• Tours et cheveuxToutes les Marie des Evangiles sont la m&#234;me Miriam, sœur de Mo&#239;se, et figure de la r&#233;volte contre Dieu. Nous avons vu dans Un Etranger sur le toit, que lorsque J&#233;sus gu&#233;rit Marie de ses 7 d&#233;mons, cela signifie qu'il vient au comble de l'Idol&#226;trie (sheva'= 7= sati&#233;t&#233;=comble) sauver les juifs et les pa&#239;ens. Il existe une autre &#233;laboration dans les Evangiles autour de Marie de Magdala, devenue Marie-Madeleine. On a compris pourquoi Marie &#233;tait mise en rapport avec des d&#233;mons : il faut que les juifs soient &#224; la fin des temps aussi idol&#226;tres que les pa&#239;ens, sinon le messie ne peut arriver. Mais pourquoi faut-il que Marie soit aussi associ&#233;e &#224; une tour ? C'est d'abord que la tour est elle-m&#234;me associ&#233;e &#224; la r&#233;volte (la tour de Babel) &#224; l'arrogance et &#224; la Hauteur. Marie sera donc de Magdala car migdal signifie Tour. J&#233;r&#244;me dans ses lettres parle de Marie-Madeleine en liaison avec une tour: Magdalena Turrita. Ouvrons un vieux Gaffiot : turritus, a, um : - 1 - muni de tours, garni de tours. - 2 - surmont&#233; d'une tour&amp;amp;nbsp; - 3 - qui porte une tour (en parl. d'un &#233;l&#233;phant). - 4 - qui porte une couronne cr&#233;nel&#233;e. Exemples:&amp;amp;nbsp; Turrita dea (mater) : la d&#233;esse dont le front est couronn&#233; de tours (= Cyb&#232;le).&amp;amp;nbsp; - turrita corona, Luc. : coiffure en forme de tour. Curieusement la tour est associ&#233;e &#224; la coiffure dans un dictionnaire Latin. On sait par la numismatique romaine que les provinces sont souvent repr&#233;sent&#233;es par des femmes coiff&#233;es d'une tour. Par exemple, sur cette pi&#232;ce de monnaie, on a une repr&#233;sentation de la ville d'Eph&#232;se en Diane coiff&#233;e du Pollos en forme de tour. Notre dictionnaire conna&#238;t aussi un autre couvre-chef : le&amp;amp;nbsp; t&amp;amp;#365;t&amp;amp;#365;lus, i, m. :&amp;amp;nbsp; - 1 - bonnet de laine en forme de c&#244;ne, port&#233; par les flamines. - 2 - Varr. coiffure de femme, tr&#232;s &#233;lev&#233;e et de forme conique. Porter une tour sur la t&#234;te semble donc &#234;tre chose banale dans le monde romain. Dans le monde grec, Purgophoros (qui porte une tour)&amp;amp;nbsp; se dit d'une dame &#224; la coiffure &#233;labor&#233;e. Il semble qu'il s'agisse ici d'un symbole de force et de s&#233;curit&#233;. Le tutulus aurait un lien avec le terme t&amp;amp;#363;tus, a, um : part. pass&#233; de tueor. - 1 - d&#233;fendu, garanti, en s&#251;ret&#233;, &#224; l'abri de. - 2 - s&#251;r, o&#249; l'on est en s&#251;ret&#233;, &#224; quoi on peut se fier. - 3 - qui a l'esprit tranquille, qui n'a pas de crainte. - 4 - qui est sur ses gardes, craintif, prudent, circonspect, sage. Le midrash reprocherait donc au peuple juif de mettre sa confiance en des remparts et des tours plut&#244;t qu'en Dieu. Isa&#239;e, on l'a vu, reproche aux Jud&#233;ennes leur arrogance:Yahv&#233; dit : Parce qu'elles font les fi&#232;res, les filles de Sion, qu'elles vont le cou tendu et les yeux provocants, qu'elles vont &#224; pas menus, en faisant sonner les anneaux de leurs pieds (Is 3, 16)Dans la Bible on a souvent chant&#233; les pharisiennes, mais ce n'est pas le cas dans ce passage d'Isa&#239;e. Le ch&#226;timent de cette arrogance, appara&#238;t dans le verset qui suit:le Seigneur rendra galeux le cr&#226;ne des filles de Sion, Yahv&#233; d&#233;nudera leur front. Ce que nous dit ce verset c'est que toute cette hauteur se terminera par une mise &#224; nu, un d&#233;voilement, une apocalypse (nigla) un rasage (galaH) et un exil (galut). Curieusement, notre dictionnaire latin nous indique que t&amp;amp;#301;t&amp;amp;#365;lus, c'est aussi: 1- inscription, &#233;criteau (au cou d'un esclave, d'un condamn&#233;),&amp;amp;nbsp; - 2 - affiche de vente. - 3 - titre (d'un livre), intitul&#233; (d'un chapitre). Les deux &#233;laborations autour de Marie se rejoignent donc autour de l'arrogance comme p&#233;ch&#233; capital des Juifs. Le Midrash juif tardif retournera en bloc ce type d'&#233;laboration contre le christianisme. J&#233;sus devient lui-m&#234;me idol&#226;tre: il se prosterne devant une brique. Il est lui-m&#234;me arrogant car il contredit ses ma&#238;tres. Enfin sa m&#232;re devient une coiffeuse pour dames (megadelet sha'ar) ce qui peut s'entendre comme celle qui agrandit les cheveux ou bien comme celle qui agrandit la porte (la conversion des pa&#239;ens). </description>
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     <title>Histoire d'un malentendu - par Webmaster le 25/11/2009 : 17:52</title>
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     <description>Histoire d'un malentenduGustave Dor&#233;: Elis&#233;e maudit les gar&#231;ons de B&#233;thelParmi les arguments les plus souvent avanc&#233;s &#224; l'encontre de l'hypoth&#232;se midrashique, il y a les textes du Talmud qui parleraient de J&#233;sus. Il&amp;amp;nbsp; s'agit&amp;amp;nbsp; des passages, censur&#233;s par l'Eglise, que la tradition juive conna&#238;t sous le nom de&amp;amp;nbsp; Hesronot haShass (&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1513;&amp;quot;&amp;amp;#1505;). Comme ces textes sont suppos&#233;s constituer l'arme absolue destin&#233;e &#224; pulv&#233;riser l'hypoth&#232;se midrashique fa&#231;on puzzle, il &#233;tait naturel que nous les examinions un instant.Voyons donc ces extraits suppos&#233;s &#233;tablir l'historicit&#233; incontestable des Evangiles.Sanhedrin 107 b[Nos ma&#238;tres ont enseign&#233; : Que ta gauche repousse sans cesse et que ta main droite rapproche, non point comme Elis&#233;e qui repoussa Gehazi des deux mains] ni comme R. Y&#233;hoshua ben PeraHia qui repoussa Yeshu des deux mains. Qu'en est-il de&amp;amp;nbsp; R. Y&#233;hoshua ben PeraHia ? Lorsque le roi Jann&#233;e tua les Sages, R. Y&#233;hoshua ben PeraHia&amp;amp;nbsp; et Yeshu partirent &#224; Alexandrie d'Egypte... Lorsque le calme revint, Shimon b. ShetaH lui envoya ce message: De moi, J&#233;rusalem, ville sainte &#224; Alexandrie d'Egypte:sœur, mon mari r&#233;side chez toi et moi je reste afflig&#233;e. Ils s'en revinrent alors et trouv&#232;rent une auberge o&#249; on leur fit grand honneur.L'un dit: comme elle est belle l'h&#244;tesse! L'autre r&#233;pondit: Ma&#238;tre, elle a des yeux ronds.Il lui dit: Impie, de cela tu te soucies ? Avec 400 trompettes, il le mit au ban. Il revint vers lui en ces termes: reprends-moi !Mais il ne fit pas attention &#224; lui. Un jour o&#249; il r&#233;citait la pri&#232;re du Shema', il vint &#224; lui, et il d&#233;cida de l'accepter.Il fit un signe mais l'autre pensa qu'il &#233;tait rejet&#233;. Il sortit, dressa une pierre et se prosterna devant elle. Il lui dit : Repens-toi ! Il lui r&#233;pliqua : Voici la tradition que j'ai re&#231;ue de toi : on ne donne pas les moyens de se repentir &#224; quiconque p&#232;che et entra&#238;ne maints autres &#224; p&#233;cher ! Mar a dit : Yeshu pratiquait la sorcellerie, il a s&#233;duit et &#233;gar&#233; Isra&#235;l&amp;quot;.&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1506; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1508;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513;&amp;quot;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1501;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1512;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1506; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1508;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488; 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Vous ne pouvez pas le nier ! Soyez coh&#233;rents, prenez au s&#233;rieux vos textes fondateurs ! Devant ce t&#233;moignage accablant, nous voil&#224; pr&#234;ts &#224; rendre les armes et &#224; admettre l'&#233;vidence historique. J&#233;sus et Y&#233;hoshua b. PeraHia ont bien voyag&#233; ensemble en Egypte lorsque le roi Jann&#233;e massacra les Sages. Certes, Alexandre Jann&#233;e a v&#233;cu un si&#232;cle avant J-C,&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; reconnaissent nos talmudistes fraichement convertis, mais c'est un d&#233;tail.&amp;amp;nbsp; L'anecdote PeraHia-Yeshu&amp;amp;nbsp; rappelle&amp;amp;nbsp; furieusement&amp;amp;nbsp; la narration relative &#224; H&#233;rode, dont on sait qu'elle est aussi tr&#232;s historique. Fascin&#233;s par l'historicit&#233; de notre passage talmudique, nos historiens doivent donc admettre que J&#233;sus a voyag&#233; en Egypte&amp;amp;nbsp; (un si&#232;cle avant sa propre naissance) en compagnie d'un Sage du Talmud. Ces nouveaux ap&#244;tres de la Agada&amp;amp;nbsp; devraient se demander pourquoi l'Eglise a censur&#233; ces passages, voire br&#251;l&#233; les Talmuds, puisque ces passages prouvent l'existence de J&#233;sus.&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Sanh&#233;drin, 43aOn a enseign&#233;: la veille de PessaH, on a pendu Yeshu Un h&#233;raut marcha devant lui durant quarante jours disant : il sera lapid&#233; parce qu’il a pratiqu&#233; la magie, tromp&#233; et &#233;gar&#233; Isra&#235;l. Que ceux qui connaissent le moyen de le d&#233;fendre viennent et t&#233;moignent en sa faveur. Mais on ne trouva personne qui t&#233;moign&#226;t en sa faveur et donc on le pendit la veille de la P&#226;que. Ulla dit : — Croyez-vous que Yeshu de Nazareth &#233;tait de ceux dont on recherche ce qui peut leur &#234;tre &#224; d&#233;charge ? C'&#233;tait un s&#233;ducteur ! et la Tora dit : tu ne l'&#233;pargneras pas et tu ne l'excuseras pas (Dt 13,9)... Une tradition rapporte : Yeshu avait cinq disciples, Mattai, Naqi, Netser, Boni et Toda&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1489; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1495; &amp;amp;#1514;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1494; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1502;' &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1507; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1495; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1506; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1494;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1491; &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1494;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1489; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1495; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1512; &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1494;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1512; (&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1490;, &amp;amp;#1496;) &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1514;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1514;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1491;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1489; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1492;: &amp;amp;#1514;&amp;quot;&amp;amp;#1512; &amp;amp;#1495;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1514;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1504;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1504;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1512; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1492; Cet extrait est limpide, nous disent nos Historiens, il nous confirme&amp;amp;nbsp; la mort de J&#233;sus-Christ, donc son existence. Cette condamnation &#224; mort est approuv&#233;e officiellement comme l'atteste la pr&#233;sence d'un h&#233;raut. La ville de Nazareth est mentionn&#233;e et la date de la mort, le 14 Nisan,&amp;amp;nbsp; veille de la P&#226;que, correspond aux indications chronologiques de l'Evangile de Jean (la Pr&#233;paration de la P&#226;que)Certes, le h&#233;raut fait ici un lapsus&amp;amp;nbsp; (il parle de lapidation, alors que la sentence est la pendaison) mais personne n'est parfait. Les h&#233;rauts peuvent aussi &#234;tre fatigu&#233;s. Voir plus bas le sens de ce &amp;quot;lapsus&amp;quot;.Curieusement, ces sources juives ne mentionnent jamais les Romains en relation avec J&#233;sus, alors qu'il eut &#233;t&#233; si simple de rejeter sur l'occupant la responsabilit&#233; de l'ex&#233;cution du Christ et de se disculper de cette accusation qui leur a valu quelques ennuis au cours des si&#232;cles. Vous l'avez compris, nos Agadistes d'un soir prennent dans la Agada ce qui leur convient.&amp;amp;nbsp; Ce qui ne leur convient pas rel&#232;ve des &#233;lucubrations coutumi&#232;res du Midrash. Mais en mati&#232;re de Midrash et de Agada, il faut prendre tout le paquet ou rien. Appliquons ce principe &#224; nous-m&#234;mes. En l'occurrence, ici, il faut tenir compte de l'ensemble du contexte. Or cette histoire de promenade &#233;gyptienne intervient dans un contexte qui traite d'un obscur personnage de la Bible : G&#233;hazi, le serviteur d'Elis&#233;e. Vous pourriez objecter que ces deux &#233;pisodes sont d&#233;connect&#233;s l'un de l'autre, et que J&#233;sus/Yeshu n'a rien &#224; voir avec G&#233;hazi. Mais on va voir qu'il n'en est rien.&amp;amp;nbsp; La Jewish Encyclopedia nous apprend en effet que la tradition rabbinique a reproch&#233; &#224; Elis&#233;e d'avoir &#233;t&#233; trop s&#233;v&#232;re &#224; l'&#233;gard de G&#233;hazi. Elis&#233;e a repouss&#233; G&#233;hazi &amp;quot;des deux mains&amp;quot; au lieu d'utiliser une main &#224; cette fin et&amp;amp;nbsp; l'autre&amp;amp;nbsp; pour l'attirer vers lui (Yer. Sanh. 29b). Selon une autre &#233;laboration, &#201;lis&#233;e se serait m&#234;me rendu &#224; Damas pour inciter G&#233;hazi &#224; se repentir, mais G&#233;hazi refusa, citant les propres enseignements de son ma&#238;tre, &#224; savoir qu'un p&#233;cheur qui avait conduit d'autres au p&#233;ch&#233; n'avait aucun espoir (Sanhedrin 107b; Sota 47a). Or c'est exactement ce que dit Yeshu &#224; PeraHia. Voila d&#233;j&#224; qui rend l'historicit&#233; de l'&#233;pisode PeraHia/Yeshu totalement impossible. Cet &#233;pisode est une reprise&amp;amp;nbsp; pure et simple, un calque de l'histoire de G&#233;hazi.&amp;amp;nbsp; Yeshu est simplement mis en parall&#232;le avec G&#233;hazi. Mais pour quelle raison ?Autre &#233;l&#233;ment qu'on retrouve dans les deux narrations:&amp;amp;nbsp; Traitant de l'hospitalit&#233; offerte &#224; Elis&#233;e, un midrash rapporte que le Proph&#232;te allait d'une grotte &#224; l'autre... Quand il arriva dans la ville de Shunem, la femme Shunamite le re&#231;ut avec tous les honneurs (Pirq&#233; de Rabbi Eli&#233;zer, chap. 32). D'o&#249; cette reprise par notre passage du Talmud: ils arriv&#232;rent dans une auberge o&#249; on leur fit honneur. Mais d'abord qui est G&#233;hazi ? Plus exactement: Que repr&#233;sente-t-il pour le midrash ? Pourquoi est-il mis en vis-&#224;-vis de Yeshu ? Pour r&#233;pondre &#224; cette question, il faut revenir &#224; certains d&#233;tails de notre narration. Que vient faire ici Alexandrie ? Et que vient faire ici cette histoire d'auberge et d'h&#244;tesse ? Curieusement, le lexique h&#233;breu rapproche lui-m&#234;me &amp;quot;Alexandrie&amp;quot; et &amp;quot;H&#244;tesse&amp;quot;: Alexandrie est souvent translitt&#233;r&#233; sous le vocable acsandria et h&#244;tesse se dit acsania. Dans le dictionnaire Jastrow les deux mots viennent d'ailleurs &#224; la suite l'un de l'autre. Par ailleurs, le midrash &#233;nonce que l'Egypte fut une auberge pour les Isra&#233;lites.&amp;amp;nbsp; Voici d&#233;j&#224; deux traces d'une &#233;laboration midrashique. Nous nous avisons alors qu'il est fortement question d'une h&#244;tesse dans la geste d'Elis&#233;e, c'est la shunamite : Un jour qu'&#201;lis&#233;e passait &#224; Shunem, une femme de qualit&#233; qui y vivait l'invita &#224; table. Depuis, chaque fois qu'il passait, il se rendait l&#224; pour manger. Elle dit &#224; son mari :&amp;amp;nbsp; Vois! Je suis s&#251;re que c'est un saint homme de Dieu qui passe toujours par chez nous. Construisons-lui donc une petite chambre haute avec des murs, et nous y mettrons pour lui un lit, une table, un si&#232;ge et une lampe : quand il viendra chez nous, il se retirera l&#224;. (2R 4, 8-10)*R&#233;capitulons: Pourquoi le Talmud de Babylone &#233;tablit-il un parall&#232;le entre G&#233;hazi et Yeshu ?&amp;amp;nbsp; Alors que de son c&#244;t&#233;, le Talmud Palestinien (Hagiga 2,2) rapporte une anecdote tr&#232;s semblable mais o&#249; il n'est absolument pas question de Yeshu:Les habitants de J&#233;rusalem voulaient confier &#224; Juda b. Taba&#239; les fonctions de Nassi; mais celui-ci s’&#233;tait enfui &#224; Alexandrie. Les J&#233;rusal&#233;mites &#233;crivirent donc&amp;amp;nbsp;: “J&#233;rusalem la grande &#224; Alexandrie la petite&amp;amp;nbsp;! Combien de temps encore mon fianc&#233; restera-t-il avec vous, tandis que moi, je demeure abandonn&#233;e.” Juda quitta la ville pour se rendre dans un vaisseau.“ -Qu’est-ce qui manquait donc &#224; Debora, dit-il, l’h&#244;tesse qui nous avait accueillis chez elle&amp;amp;nbsp;? – Ma&#238;tre, r&#233;pondit un de ses disciples, elle &#233;tait borgne.– Tu commets l&#224; une double faute, dit Juda&amp;amp;nbsp;: d’abord de me soup&#231;onner de l’avoir envisag&#233;e comme beaut&#233;; puis, c’est une preuve que tu l’as regard&#233;e avec convoitise (action interdite); or, je n’ai pas dit qu’il s’agit d’une belle femme, et je n’ai parl&#233; d’elle qu’en passant. En voyant cette irritation, le disciple s’en alla.&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1496;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1504;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1491;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1506; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1496;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1501; 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On peut alors l&#233;gitimement se demander si cela ne serait pas le cas aussi dans la geste de G&#233;hazi. Il nous faut donc reconstituer ce que le midrash a &#233;tabli comme rapports entre G&#233;hazi et l'h&#244;tesse d'Elis&#233;e. Or G&#233;hazi est celui qui, parlant &#224; la place de l'h&#244;tesse, &#233;nonce son d&#233;sir comme &#233;tant celui d'avoir un fils, alors qu'elle n'a rien demand&#233;.Il dit &#224; G&#233;hazi son serviteur :&amp;amp;nbsp; Appelle cette Shunamite.&amp;amp;nbsp; - Il l'appela et elle se tint devant lui. -. &#201;lis&#233;e reprit :&amp;amp;nbsp; Dis-lui : Tu t'es donn&#233; tout ce souci pour nous. Que peut-on faire pour toi?&amp;amp;nbsp; Y a-t-il un mot &#224; dire pour toi au roi ou au chef de l'arm&#233;e?&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Mais elle r&#233;pondit :&amp;amp;nbsp; Je s&#233;journe au milieu des miens. Il continua :&amp;amp;nbsp; Alors, que peut-on faire pour elle?&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; G&#233;hazi r&#233;pondit :&amp;amp;nbsp; Eh bien! Elle n'a pas de fils et son mari est &#226;g&#233;. Comme le midrash lit le mot &amp;quot;fils&amp;quot; comme &amp;quot;messie&amp;quot;, notre hypoth&#232;se est que G&#233;hazi est reli&#233; &#224; la donation du messie aux pa&#239;ens (les &amp;quot;h&#244;tes&amp;quot;). Or un peu plus loin, G&#233;hazi est celui qui veut repousser l'h&#244;tesse (apr&#232;s l'avoir rapproch&#233;e)Quand elle rejoignit l'homme de Dieu sur la montagne, elle saisit ses pieds. G&#233;hazi s'approcha pour la repousser, mais l'homme de Dieu dit :&amp;amp;nbsp; Laisse-la, car son &#226;me est dans l'amertume; Yahv&#233; me l'a cach&#233;, il ne m'a rien annonc&#233;. (2R 4, 27). Ici, G&#233;hazi rapproche, puis &#233;loigne, et il est lui-m&#234;me repouss&#233; En revanche, apr&#232;s l'&#233;pisode du bapt&#234;me de Na&#226;man, Elis&#233;e rejette G&#233;hazi des deux mains, ce qui lui est reproch&#233; par le midrash. Pour que le midrash s'autorise&amp;amp;nbsp; &#224; faire des reproches &#224; un proph&#232;te (Elis&#233;e est&amp;amp;nbsp; un homme de Dieu) il faut que l'enjeu soit essentiel. Quel pourrait bien &#234;tre cet enjeu majeur? On ne le sait pas, mais un&amp;amp;nbsp; d&#233;tail&amp;amp;nbsp; permet d'&#233;mettre une hypoth&#232;se. Comment G&#233;hazi repousse-t-il la Shunamite ? Le midrash a son id&#233;e la-dessus: R. Yossi bar Hanina a dit : cela signifie qu'il la repoussa par la partie de son corps qui &#233;tait son ornement, &#224; savoir sa poitrine. R. Aibun a dit : nous apprenons de l&#224; qu'&#201;lis&#233;e n'avait m&#234;me jamais jet&#233; les yeux sur elle. Elis&#233;e est strict envers la&amp;amp;nbsp; Shunamite,  G&#233;Hazi est plus laxiste, il touche sa poitrine. PeraHia reproche &#224; Yeshu de regarder l'h&#244;tesse. Il s'agirait d'une allusion &#224; l'all&#232;gement de la loi. Nous serions encore une fois dans le registre de l'eschatologie. Certains passages midrashiques mettent&amp;amp;nbsp; d'ailleurs en rapport la geste d'Elis&#233;e avec la fin des temps, l'av&#232;nement messianique et la r&#233;surrection.&amp;amp;nbsp; R. Y&#233;huda dit au nom de R. Zeira et R. YoHanan au nom de R. Shim’on b. YoHa&#239; : Grande est la r&#233;compense de celui qui fait vivre le n&#233;cessiteux, car il h&#226;te la venue de la r&#233;surrection des morts. La femme de Sarepta fut r&#233;compens&#233;e par la r&#233;surrection de son fils parce qu’elle avait nourri &#201;lie. La Shunamite, pour avoir nourri Elis&#233;e, fut r&#233;compens&#233;e par le retour de son fils &#224; la vie. (Ct Rabba 2, 18)• En parler ou pas.Jusqu'au IVe&amp;amp;nbsp;si&#232;cle, il est presque impossible de distinguer un Chr&#233;tien d'un Juif. Un Chr&#233;tien est un juif messianiste. En revanche, &#224; l'&#233;poque de la cl&#244;ture du Talmud, il devient difficile d'ignorer une secte qui est sur le point de s'emparer des leviers de l'Empire Romain et qui ne porte pas pr&#233;cis&#233;ment les Juifs dans son cœur. Ce serait pourquoi le Talmud Palestinien ne conna&#238;t pas Yeshu, alors que le Talmud Babylonien se croit tenu de faire r&#233;f&#233;rence &#224; un certain Yeshu. La question que nous nous posons est la suivante: Les r&#233;dacteurs du Talmud ont-ils une vision parfaitement claire de l'origine du Christianisme?&amp;amp;nbsp; Savent-ils de fa&#231;on certaine d'o&#249; viennent les chr&#233;tiens&amp;amp;#8201;? Si c'est le cas, pourquoi n'exposent-t-ils pas publiquement dans le Talmud cette origine? La tradition juive pourrait ainsi affirmer sa propre identit&#233; et pol&#233;miquer sur les th&#232;ses chr&#233;tiennes (par exemple la divinit&#233; de J&#233;sus ou la fin de la loi). C'est ce que fit Luther en exposant ses 95 th&#232;ses. Si pour la tradition juive l'origine du christianisme r&#233;sidait dans une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements historiques (pr&#233;dication de J&#233;sus, accusation, proc&#232;s, mise en croix, etc.) pourquoi faire silence sur ces &#233;l&#233;ments historiques, plut&#244;t que d'en faire &#233;tat, quitte &#224; en contester l'interpr&#233;tation th&#233;ologique (la divinit&#233; de J&#233;sus, ou sa messianit&#233;).Or tout se passe comme si la tradition juive n'avais jamais re&#231;u d'information historique sur l'origine du christianisme. Le Christianisme est alors trait&#233; comme un banal ph&#233;nom&#232;ne sectaire, comme une r&#233;volte (une de plus) de type Cor&#233;ite. Or on ne sait m&#234;me pas tr&#232;s bien les raisons de la r&#233;volte de Cor&#233;. Le Christianisme appara&#238;t alors comme une &#233;laboration anhistorique, n&#233;e au sein du Juda&#239;sme, mais qui lui appara&#238;t d&#233;sormais comme &#233;trang&#232;re, voire d'une inqui&#233;tante &#233;tranget&#233;, comme une image d&#233;form&#233;e de lui-m&#234;me. Dans ce cas, on peut comprendre qu'il soit tent&#233; de cacher cette origine. Mais alors pourquoi ne pas la taire compl&#232;tement ? Pourquoi parler d'un certain Yeshu et inventer des histoires tarabiscot&#233;es de promenades en &#201;gypte et d'h&#244;tesses accueillantes&amp;amp;#8201;?Nous proposons cette hypoth&#232;se : La tradition juive appr&#233;hende de fa&#231;on claire la v&#233;ritable origine du christianisme, son engendrement midrashique, mais il lui est impossible d'en parler autrement que de mani&#232;re voil&#233;e. Elle ne peut pas en parler de fa&#231;on claire, non pas par peur de heurter les Chr&#233;tiens, mais parce que ce serait d&#233;voiler et fragiliser ses propres fondements. La tradition juive ne peut donc ni passer sous silence l'origine du Christianisme, ni en parler. Elle va donc laisser subsister quelques passages difficiles, pour les initi&#233;s. Elle va d&#233;velopper la th&#232;se du malentendu: Les Chr&#233;tiens n'ont rien compris au midrash juif s'ils pensent qu'il peut &#234;tre r&#233;alis&#233;.&amp;amp;nbsp; Dans le registre de la double entente cela donne ceci: Yeshu a mal interpr&#233;t&#233; le geste de son ma&#238;tre.Seule l'analyse patiente de la Agada sur Yeshu pourra nous apprendre, par inf&#233;rence, ce que la tradition juive a compris de l'apparition du Christianisme. La quasi-totalit&#233; des auteurs adopte une d&#233;marche inverse&amp;amp;#8201;: on postule une r&#233;alit&#233; historique incontestable et on tente de plaquer de force ces &#233;v&#233;nements sur les passages agadiques relatifs &#224; Yeshu. &#201;videmment &#231;&#224; ne colle pas&amp;amp;#8201;: Par exemple, pourquoi la Agada ne parle-t-elle que de cinq disciples (alors que &amp;quot;tout le monde sait&amp;quot; qu'il y en a douze). On met cela sur les approximations du Talmud, son m&#233;pris de l'exactitude, etc. (En revanche le m&#234;me Talmud est fiable quand il parle de Yeshu, &#231;&#224; c'est du solide). On se raccroche au moindre indice, &#224; la moindre ressemblance&amp;amp;#8201;: un des disciples de Yeshu, selon la Agada, est Mattay. - Mais c'est donc Matthieu&amp;amp;#8201;! On vous le disait bien&amp;amp;#8201;!- Mais qui sont alors les autres disciples&amp;amp;#8201;: Naqi, Netser, Boni et Toda&amp;amp;#8201;? Pourquoi ces noms&amp;amp;#8201;?- Ah, &#231;&#224; ce sont les approximations du Talmud, on ne peut pas se fier &#224; ces textes (ce n'est pas comme les &#201;vangiles, qui eux sont fiables). C'est ainsi que certains auteurs ont pens&#233; que G&#233;hazi &#233;tait Paul: en effet, G&#233;Hazi est un disciple, et son Ma&#238;tre va le chercher &#224; Damas, donc c'est Paul. CQFD.Qui est donc Yeshu, nom g&#233;n&#233;rique qui permet de parler des chr&#233;tiens&amp;amp;#8201;? Pourquoi est-il rapproch&#233; d'un obscur personnage de second rang, nomm&#233; G&#233;hazi&amp;amp;#8201;? Quel message cherche-t-on &#224;&amp;amp;nbsp; v&#233;hiculer ainsi&amp;amp;#8201;? Pour aller &#224; l'essentiel,&amp;amp;nbsp; l'assimilation de Yeshu &#224; G&#233;hazi, vise &#224; mettre en exergue le r&#244;le d'&#201;lis&#233;e. Le vrai Ma&#238;tre (sous-entendu: le vrai messie) c'est &#201;lis&#233;e, l'homme de Dieu.&amp;amp;nbsp; Apr&#232;s tout, Elis&#233;e a &#233;t&#233; oint par Elie, le h&#233;raut du messie.&amp;amp;nbsp; Le vrai h&#233;raut, pas celui qui fait des lapsus et qui se trompe d'annonce. Comme le Christ, Elis&#233;e est outrag&#233;&amp;amp;nbsp; (voir le tableau de Dor&#233;) Mais &#224; la diff&#233;rence de J&#233;sus, il ne tend pas la joue gauche. Les Chr&#233;tiens affirment &#234;tre les vrais juifs (Verus Isra&#235;l). Le midrash r&#233;pond&amp;amp;#8201;: le vrai messie, c'est &#201;lis&#233;e. Non pas au sens o&#249; Elis&#233;e serait vraiment le messie, mais au sens o&#249; le r&#233;cit biblique relatif &#224; Elie/Elis&#233;e est la v&#233;ritable source du midrash chr&#233;tien. Ceci est surtout visible chez Marc: Marc se r&#233;f&#232;re d'embl&#233;e au cycle Elie/Elis&#233;e (H&#233;rode croit que J&#233;sus est Elie.) Elis&#233;e parcourt Isra&#235;l, parlant et faisant le bien, il purifie l'eau d'une source, secourt une veuve, ressuscite un enfant, rend le go&#251;t aux aliments, et multiplie le pain pour nourrir la foule affam&#233;e, il gu&#233;rit les l&#233;preux, il baptise dans le Jourdain et fait&amp;amp;nbsp; m&#234;me miraculeusement flotter une hache sur l'eau. Elis&#233;e (Elisha') signifie Dieu sauve. Enfin Elis&#233;e est oint par Elie, raison pour laquelle J&#233;sus sera baptis&#233; par Jean Baptiste.Elis&#233;e op&#232;re en g&#233;n&#233;ral par la douceur contrairement &#224; Elie qui est le mod&#232;le du z&#233;lote.&amp;amp;nbsp; Cet &#233;l&#233;ment anodin est en r&#233;alit&#233;&amp;amp;nbsp; ici un argument anti-chr&#233;tien de poids: Ce sch&#233;ma (le passage de la loi &#224; l'amour) est simplement actualis&#233; dans le midrash chr&#233;tien o&#249; il et pr&#233;sent&#233; comme novateur (celui du Dieu d'amour oppos&#233; au Dieu jaloux des Juifs) alors qu'il figure d&#233;j&#224; dans le Juda&#239;sme et sp&#233;cifiquement dans la geste d'Elis&#233;e.On peut donc commencer &#224; r&#233;pondre &#224; la question&amp;amp;#8201;: pourquoi le midrash exhibe-t-il la figure secondaire de G&#233;hazi&amp;amp;#8201;? C'est pour, sans le dire, parler d'&#201;lis&#233;e qui est &#224; la source du midrash chr&#233;tien sur Yeshu. Autrement dit, la Agada d&#233;voile, pour qui sait entendre, que J&#233;sus n'est qu'un midrash qui reprend la geste d'&#201;lis&#233;e. Pour masquer cet &#233;l&#233;ment central, on maintient l'&#233;cran de fum&#233;e de la pol&#233;mique: Si Yeshu est compar&#233; &#224; G&#233;hazi, il n'est qu'un p&#226;le imitateur, un second r&#244;le, un disciple incomp&#233;tent. On sait que G&#233;hazi &#233;choue &#224; r&#233;aliser la r&#233;surrection avec son b&#226;ton. Seul le contact &#233;troit d'&#201;lis&#233;e avec le corps de l'enfant permet son retour. G&#233;hazi est un personnage qui agit en son propre nom. Son nom en h&#233;breu&amp;amp;nbsp; g&#233;Hazi, peut signifier &amp;quot;vall&#233;e de ma vision&amp;quot; mais peut aussi &#234;tre lu gimel Hazi, ma vision trine. G&#233;hazi parle au nom de la Shunamite, et contredit son ma&#238;tre qui ne voulait tirer aucun b&#233;n&#233;fice de la gu&#233;rison de Na&#226;man. Comme Miriam, G&#233;hazi sera puni de la l&#232;pre. Et pourtant, &#201;lis&#233;e aurait d&#251; le retenir et ne pas le rejeter. Comme Miriam, il aurait d&#251; &#234;tre r&#233;int&#233;gr&#233;. La l&#232;pre est souvent associ&#233;e &#224; la r&#233;volte contre l'autorit&#233;. Myriam conteste le caract&#232;re unique de la proph&#233;tie accord&#233;e &#224; Mo&#239;se, Ozias contesta les droits exclusifs des descendants d'Aaron &#224; la fonction sacerdotale; G&#233;hazi contredit son ma&#238;tre &#201;lis&#233;e. M&#234;me la l&#232;pre dont est frapp&#233; Mo&#239;se devient une punition pour avoir refus&#233; sa mission aupr&#232;s de Pharaon. L'argumentaire est clair&amp;amp;#8201;: Le manque de respect pour l'autorit&#233; des envoy&#233;s de dieu est un affront &#224; la souverainet&#233; divine. Tout comme un p&#232;re peut cracher &#224; la face d'un fils ou une fille qui refuse son autorit&#233; et les renvoyer de son domicile, de m&#234;me celui qui refuse d'accepter l'autorit&#233; divine, doit &#234;tre retir&#233; du sein d'Isra&#235;l. Mais l'&#233;cran de fum&#233;e finit par se dissiper: en d&#233;finitive &#201;lis&#233;e/P&#233;raHia aurait d&#251; rapprocher G&#233;hazi/Yeshu. En effet, le Chr&#233;tien ne savait pas. Il a mal entendu. Ou encore il n'a pas acc&#232;s &#224; la double entente. Les chr&#233;tiens sont d&#233;crits ici comme pouvant toujours revenir vers Isra&#235;l. Ce malentendu serait une r&#233;ponse ironique au &amp;quot;ils ne savent pas ce qu'ils font&amp;quot; &#233;vang&#233;lique.• Le point de divergence&amp;amp;#8201;: l'h&#244;tesse.La divergence ou le malentendu entre PeraHia et Yeshu &#233;clatent &#224; l'auberge, &#224; propos d'une h&#244;tesse. PeraHia dit&amp;amp;#8201;: kama yafa aksania,&amp;amp;nbsp; comme l'h&#244;tesse est belle ! Dans le midrash juif l'hospitalit&#233; est r&#233;compens&#233;e par la naissance d'un fils. Sara ou la Shunamite ont &#233;t&#233; hospitali&#232;res, elles pourront enfanter. Dans notre midrash, Yeshu trouve &#224; redire, et conteste la parole de son ma&#238;tre, il est donc exclu. Mais s'agit-il&amp;amp;nbsp; vraiment ici d'hospitalit&#233;&amp;amp;#8201;? On sait qu'Isra&#235;l est plong&#233; au milieu des pa&#239;ens qui sont donc ses h&#244;tes. Sous couvert d'hospitalit&#233;, c'est une vue d'ordre eschatologique &#224; propos des pa&#239;ens qui serait en cause. Le Ma&#238;tre et le disciple partagent l'id&#233;e que les pa&#239;ens m&#233;ritent d'avoir acc&#232;s au messie et &#224; la r&#233;surrection, mais ils divergent sur un point&amp;amp;#8201;: &#201;lis&#233;e ne regarde pas la Shunamite. G&#233;hazi la regarde: il est moins strict sur les r&#232;gles de morale sexuelle, il all&#232;ge donc d&#233;j&#224; la loi. Yeshu trouvera&amp;amp;nbsp; donc &#224; redire quant &#224; l'h&#244;tesse, et son ma&#238;tre lui reprochera donc de l'avoir regard&#233;e. La divergence porterait en r&#233;alit&#233; sur l'entr&#233;e pr&#233;cipit&#233;e des pa&#239;ens et l'all&#233;gement avant terme de la Loi.L'h&#244;tesse d'&#201;lis&#233;e peut &#234;tre aussi bien une juive qu'une pa&#239;enne. Son statut reste dans l'indistinction. L'absence de fils l'indexe comme pa&#239;enne, elle si&#232;ge au sein de son peuple, elle est am&#232;re comme No&#233;mi, elle forme un parall&#232;le avec Na&#226;man qui, lui, est pa&#239;en. D'un autre cot&#233; son fils meurt et ressuscite. Il n'y a pas d'indication claire sur son appartenance. Car le messie vient pour les Juifs et les pa&#239;ens. Dieu est unique. C'est pendant que PeraHia r&#233;cite le shema' que Yeshu pense &#234;tre rejet&#233;. La pri&#232;re du shema' est celle o&#249; est affirm&#233;e l'unit&#233; divine,   on la r&#233;cite en mettant la main devant les yeux.   Il y a donc &#224; nouveau l&#224; une ambigu&#239;t&#233; pour souligner l'id&#233;e de malentendu&amp;amp;#8201;: PeraHia comprend un Dieu commun pour les Juifs et les Pa&#239;ens. Yeshu comprend que son ma&#238;tre le rejette, que son ma&#238;tre ne veut pas le voir. Les chr&#233;tiens &amp;quot;actuels&amp;quot; (ceux dont parle la Agada) sont pr&#233;sent&#233;s comme des gens qui se sentent rejet&#233;s par les Juifs. Renvoy&#233;s du c&#244;t&#233; des pa&#239;ens. Ils pensent, comme les pa&#239;ens, que les rituels juifs (ici le ma&#238;tre qui se couvre les yeux pour la pri&#232;re du shema') sont un signe d'exclusion (je ne veux pas te voir) alors qu'il s'agit pour les juifs d'un geste d'union (il n'y a qu'un seul Dieu). Ce serait l&#224; l'origine du malentendu. </description>
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     <title>R&#233;gime cr&#233;tois - par Webmaster le 16/08/2009 : 14:02</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=416</link>
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     <description>R&#233;gime cr&#233;toisDavid et Goliath Le Caravage Nous avons tent&#233; d'expliquer r&#233;cemment le navrant passage de la Lettre &#224; Tite relatif aux cr&#233;tois. Nous revenons sur cette Lettre en nous posant deux questions. Pourquoi Tite doit-il rester en Cr&#234;te ?&amp;amp;nbsp; Et pourquoi dans cette Lettre &#224; Tite le vocabulaire de la pol&#233;mique est-il si viril ? Nous avons vu que dans le Deut&#233;ronome, Mo&#239;se exhorte les h&#233;breux &#224; &#233;tablir des sages et des tribunaux qui jugeront leurs fr&#232;resPrenez donc des hommes sages, perspicaces et d'exp&#233;rience dans chacune de vos tribus, que j'en fasse vos chefs. En ce m&#234;me temps je prescrivis &#224; vos juges :&amp;amp;nbsp; Vous entendrez vos fr&#232;res et vous rendrez la justice entre un homme et son fr&#232;re ou un &#233;tranger en r&#233;sidence pr&#232;s de lui. (Dt 1, 15-16)C'est pourquoi Paul reproche aux Corinthiens de ne pas disposer de leurs propres tribunaux:Et quand vous avez l&#224;-dessus des litiges, vous allez prendre pour juges des gens que l'&#201;glise m&#233;prise! Je le dis &#224; votre honte; ainsi, il n'y a parmi vous aucun homme sage, qui puisse servir d'arbitre entre ses fr&#232;res! (1Co 6, 1-2)Paul a donc laiss&#233; Tite en Cr&#234;te pour pr&#233;cis&#233;ment &#233;tablir des presbytres (zeqenim). Si je t'ai laiss&#233; en Cr&#232;te, c'est pour y achever l'organisation et pour &#233;tablir dans chaque ville des presbytres, conform&#233;ment &#224; mes instructions (Tt 1,5)Mais que vient faire ici la Cr&#234;te ? Nous avons soulign&#233; dans ce verset ce qui nous semble constituer un triple effet sonore. En effet, ville se dit par exemple qiria ou qrit'.&amp;amp;nbsp; Trois sonorit&#233;s &amp;quot;cr&#233;toises&amp;quot; pour un seul&amp;amp;nbsp; verset, voila qui fait beaucoup.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Je dis trois, car l'h&#233;breu pour dire &amp;quot;chaque ville&amp;quot; utilise le redoublement:bekol qiria ve qiria.Ville en H&#233;breu tardif : qarta, en Syriaque: qrit'. Ce n'est pas le seul cas, dans le d&#233;but de Corinthiens le son de la qeria est omnipr&#233;sent: polos qaruy....asher beqorinthos haqeruim ...veet kol ha qorim&amp;amp;nbsp; : qryt (qrayta: calling) Tite doit &#233;tablir (par midrash) des juges (syriaque : qrytys) dans chaque ville&amp;amp;nbsp; (qryt) pour accomplir le Deut&#233;ronome (&#224; travers Paul, c'est Mo&#239;se qui ordonne).• Critique de la raison midrashique.Pourquoi la Cr&#234;te ? En 2 Samuel&amp;amp;nbsp; il est question de cr&#233;tois d'un genre un peu particulier: les K&#233;r&#233;tiens (h&#233;breu: kreti) associ&#233;s aux P&#233;l&#233;tiens (pleti). Il existe donc dans la Bible une association entre le son de la Cr&#234;te et celui de Paul (P&#233;l&#233;tiens)Tous ses serviteurs d&#233;filaient pr&#232;s de lui. Tous les K&#233;r&#233;tiens, tous les Pel&#233;tiens, ... d&#233;filaient devant le roi. (2S&amp;amp;nbsp; 15, 18)Il s'agit ici, selon la lecture habituelle, des mercenaires pa&#239;ens du roi David. Mais le Midrash ne lit pas les livres de Samuel comme des livres d'histoire. Figurez-vous que le Midrash fait de ces gardes pr&#233;toriens de David, des membres du Sanh&#233;drin. Kreti est lu comme issu du verbe krt d&#233;cider, trancher. Propre du travail judiciaire du Sanh&#233;drin. Et pleti est tir&#233; vers le sens d'&#233;lection et de distinction (Berakhot 4a). Vous pourriez objecter que ces acrobaties n'affectent que les juifs, coutumiers du fait, et que jamais il n'y eut de contamination&amp;amp;nbsp; entre les &#233;lucubrations&amp;amp;nbsp; juives et la saine raison chr&#233;tienne. L&#224;s! Le Pseudo-J&#233;r&#244;me reprend ces &#233;laborations et pour lui les K&#233;r&#233;tiens et les P&#233;l&#233;tiens forment la &amp;quot;congregatio dei&amp;quot; • Les arts martiaux et la Loi. R&#233;capitulons: Nous trouvons dans la Bible de myst&#233;rieux K&#233;r&#233;tiens, dont on ne sait que faire. Sauf qu'ils sont associ&#233;s &#224; David et &#224; la guerre. Le Targum et la Peshitta rendent ces K&#233;r&#233;tiens par des guerriers, des archers, tandis que la Septante en fait des cr&#233;tois. Or, - est-ce un hasard ?- nous retrouvons dans la Lettre &#224; Tite ces deux dimensions du midrash. Le discours de Paul a Tite est en effet tr&#232;s pugnace:&amp;amp;nbsp;ne doit-il pas &#234;tre capable, &#224; la fois, d'exhorter dans la saine doctrine et de confondre les contradicteurs? (Tt 1,9)il faut aussi que l'adversaire soit rempli de confusion. (Tt 2,8) Il faut leur fermer la bouche (Tt 1,11) etc.Or nous savons que c'est un lieu commun de la pens&#233;e rabbinique que de comparer l'art de la controverse&amp;amp;nbsp; talmudique &#224; un art martial. En voici deux exemples tir&#233;s de Ruth Rabba.***Il est &#233;crit de David: il sait jouer, et c'est un vaillant, un homme de guerre, il parle bien, il est beau et Yahv&#233; est avec lui (1S 16, 18). Il sait jouer (de la musique) se r&#233;f&#232;re en fait &#224; sa connaissance des &#201;critures ; et c'est un vaillant : par sa connaissance de la mishna ; un homme de guerre : qui sait comment donner et recevoir des coups dans les batailles d’arguments autour de la Tora; il parle bien&amp;amp;nbsp; (navon davar) il est riche de bonnes actions ; il est beau : lorsqu’il disserte du Talmud. Autre interpr&#233;tation : il parle bien : il sait d&#233;duire un probl&#232;me d’un autre. Il est beau (ish toar) : il &#233;tait illumin&#233; par la lumi&#232;re (m&#233;ir) de la Loi. Et Yahv&#233; est avec lui : La halakha &#233;tait fix&#233;e en fonction de ses dires.***R. Sim’on a dit au nom de R. Y&#233;hoshua b. L&#233;vi et de R. Hama, le p&#232;re de R. Hoshea au nom de Rabbi : le Livre des Chroniques n’a &#233;t&#233; donn&#233; qu’en vue d’&#233;laborations midrashiques.Et non de v&#233;rit&#233;s historiques.Prenons par exemple ce verset : fils de Sh&#233;la, fils de Juda : Er p&#232;re de L&#233;ka, Lada p&#232;re de Maresha et les clans des producteurs de byssus &#224; Bet-Ashb&#233;a. Yoqim, les hommes de Kozeba, Yoash et Saraph qui all&#232;rent se marier en Moab avant de revenir &#224; Bethl&#233;em. Ces &#233;v&#233;nements sont anciens. Ce sont eux qui &#233;taient potiers et habitaient Neta'im et Ged&#233;ra. Ils demeuraient l&#224; avec le roi, attach&#233;s &#224; son atelier (1Ch 4, 21-23).R. Samuel b. NaHman interpr&#233;ta ce passage en r&#233;f&#233;rence &#224; David : &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; - Fils de Sh&#233;la, fils de Juda : Er p&#232;re de L&#233;ka : c'est-&#224;-dire : av bet din de L&#233;ka ; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; - Lada p&#232;re de Maresha, veut dire av bet din de Maresha.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; - Et les clans des producteurs de byssus : c’est David qui entreprit lui-m&#234;me de tisser le rideau de l'Arche. Telle est la signification du verset : et Elhan&#226;n, fils de Ya&#239;r, de Bethl&#233;em, tua Goliath (2S 21, 19)Le verset continue par : le bois de sa lance &#233;tait comme un lais de tisserand, d’o&#249; le lien avec les producteurs de byssus.Il fut appel&#233; ElHanan, car le Saint b&#233;ni soit-il fut gracieux (el Hanan) envers lui.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; - Le fils de Ya&#239;r : le fils qui a grandi dans la for&#234;t (ya'ar).&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; - tua (oregim) Goliath : parce qu'il tissa (oreg) le rideau.Le verset joue sur les sonorit&#233;s proches de oreg (tuer) et oreg (tisser).Autre interpr&#233;tation de oregim , c’est qu'ils lui amen&#232;rent la loi, et il la tissa. Autre interpr&#233;tation : cela se r&#233;f&#232;re au Sanh&#233;drin qui tissa avec lui les paroles de la Tora.• Un texte tr&#232;s construit.Il serait sans doute n&#233;cessaire de r&#233;trovertir compl&#233;tement la lettre de Tite pour conna&#238;tre toutes les dimensions de son sens. Mais un bref survol du vocabulaire&amp;amp;nbsp; montre que nous y retrouvons les proc&#233;d&#233;s habituels du corpus messianico-paulinien. On y retrouve notamment le proc&#233;d&#233; qui consiste &#224; saturer le texte de termes apparemment anodins mais &#224; valence messianique: comme: visiteurs (orHim 52) paix (shalom 52) esp&#233;rance (tiqva 52) etc.&amp;amp;nbsp;• Un midrash ventriloqueQue faire alors de l'expression gasteres argai (Aaargh ! deux hapax, quand m&#234;me !), qui seraient donc des ventres paresseux (Tt 1, 12) ? Les textes inspir&#233;s se pr&#233;occupent parfois de d&#233;tails inattendus. Bien que Paul mette ici courageusement la chose sur le compte d'un proph&#232;te anonyme, on ne comprend toujours pas l'importance de cette information capitale relative &#224; la digestion des cr&#233;tois. Dans son Dictionnaire Philosophique, Voltaire, effondr&#233; par la trivialit&#233; de ce d&#233;tail, se perd en conjectures avant de d&#233;clarer forfait.&amp;amp;nbsp; Il faut donc faire parler le texte au risque de quelques acrobaties.&amp;amp;nbsp; Mais comme cela fait plusieurs si&#232;cles que le ridicule ne tue plus en mati&#232;re d'&#233;tude du NT, sinon nous aurions connu une h&#233;catombe, on ne risque pas grand chose. Voici deux hypoth&#232;ses. 1) la Peshitta rend cette expression par krs btyl (sein/ventre/matrice inutile). Dans ce cas l'expression originale viserait l'inutilit&#233;/st&#233;rilit&#233;/vacuit&#233; des juifs qui retardent ind&#233;finiment l'id&#233;e d'avoir un fils/messie. Mais il est aussi possible que le traducteur syriaque ait simplement fait ce qu'il pouvait.2) Nous sommes partis de l'id&#233;e que la lettre &#224; Tite &#233;tait un midrash eschatologique qui entend accomplir le Deut&#233;ronome et les ordres de Mo&#239;se en mati&#232;re de nomination des Juges. Tite traiterait du Sanh&#233;drin eschatologique. Comme le midrash juif rapproche le Sanh&#233;drin des k&#233;r&#233;tiens&amp;amp;nbsp; (kreti &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497;) et que ces derniers sont assimil&#233;s aux cr&#233;tois, ce serait la raison pour laquelle Tite se trouve en Cr&#234;te. Or il existe en h&#233;breu un terme proche de kreti (&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497;) c'est karti (&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1488;) poireau. Apparemment hors sujet. Certes. Mais poireau a aussi un autre nom h&#233;breu beaucoup plus int&#233;ressant c'est koresh (&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1513;). Et l&#224; nous sommes moins hors-sujet, car ce nom poss&#232;de la valence messianique (52). Raison pour laquelle Cyrus (koresh, en h&#233;breu) est dit &#234;tre le messie. Mais&amp;amp;nbsp; revenons &#224; notre poireau. Il se trouve que &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1513;&amp;amp;nbsp; c'est justement le ventre (&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1505;, en h&#233;breu tardif). Voila comment on serait pass&#233; d'un jeu de sens messianique &#224; cette histoire de ventre paresseux. Mais au fait quel serait ce jeu de sens ? Il porterait sur le fait que les juifs-de-la-loi (ici travestis en Cr&#233;tois) sont&amp;amp;nbsp; des messianistes (kareshim) lents. Ils ont du mal &#224; dig&#233;rer l'id&#233;e&amp;amp;nbsp; messianique en quelque sorte.&amp;amp;nbsp;• Code cr&#233;tois et midrash chr&#233;tien.Le midrash chr&#233;tien utiliserait le vocabulaire de la Cr&#232;te et des Cr&#233;tois pour parler des Juifs, mais il n'invente pas ce code: il le trouve tout pr&#234;t dans le midrash juif.Ainsi parle le Seigneur Yahv&#233;. Voici que j'&#233;tends la main contre les Philistins, je vais retrancher les Ker&#233;tiens (Ez 25, 16)Malheur ...&#224; la nation des Ker&#233;tiens!&amp;amp;nbsp; Voici la parole de Yahv&#233; contre vous :&amp;amp;nbsp; Canaan, terre des Philistins, je vais te faire p&#233;rir faute d'habitants! (So 2, 5)&amp;amp;nbsp; On voit ici clairement que les &amp;quot;K&#233;r&#233;tiens&amp;quot; sont assimil&#233;s aux philistins c'est-&#224;-dire aux habitants originaires et donc pa&#239;ens du pays de Canaan. Les Juifs sont assimil&#233;s &#224; ces indig&#233;nes car ils sont d&#233;sormais (lire: &#224; la fin des temps) aussi idol&#226;tres qu'eux. Il &#233;tait donc in&#233;vitable que nous trouvions dans le midrash chr&#233;tien un verset comme:tant Juifs que pros&#233;lytes, Cr&#233;tois et Arabes, nous les entendons publier dans notre langue les merveilles de Dieu!&amp;amp;nbsp; (Ac 2, 11)Le midrash ne conna&#238;t que deux cat&#233;gories : les juifs et les pa&#239;ens. Mais comme &#224; la fin des temps les pa&#239;ens &amp;quot;entrent&amp;quot; ces deux cat&#233;gories deviennent : juifs de souche et gerim. Par cons&#233;quent Cr&#233;tois et Arabes ne constituent pas d'autres cat&#233;gories mais un parall&#232;le avec les cat&#233;gories pr&#233;c&#233;dentes. Cr&#233;tois illustre donc les Juifs de souche et Arabes les gerim (vari&#233;t&#233; Reine de Saba)• Hygi&#232;ne et r&#233;gime cr&#233;toisLa Lettre &#224; Tite parle &#224; plusieurs reprises de sant&#233; ou d'hygi&#232;ne (verbe grec: hugiain&#244;).&amp;amp;nbsp;capable, &#224; la fois, d'exhorter dans la saine doctrine (Tt&amp;amp;nbsp; 1,9)aussi reprends-les vertement, pour qu'ils conservent une foi saine (Tt 1, 13)Pour toi, enseigne ce qui est conforme &#224; la saine doctrine. (Tt 2, 1)Certaines versions r&#233;trovertissent &amp;quot;sain&amp;quot; dans l'h&#233;breu bari ce qui est tr&#232;s bien vu (bar, c'est le fils, en aram&#233;en, et donc le messie). Nous postulons pour notre part la pr&#233;sence du mot cacher 52 (&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1512;) pour cette hygi&#232;ne. Car ce terme a la bonne fortune de poss&#233;der la valence messianique.&amp;amp;nbsp; L'avantage de casher, outre sa valence, est de faire anagramme avec koresh. Le mensonge, terme tr&#232;s cr&#233;toisement pr&#233;sent dans la Lettre serait alors sheqer (&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1512;).La lettre &#224; Tite nous apprend par exemple en 1,2 que Dieu &amp;quot;ne ment pas&amp;quot; (contrairement aux Cr&#233;tois).Le bon Ancien (1,7) de son cot&#233; ne doit pas &#234;tre ivrogne shikor (&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1512;) etc. Bref, le r&#233;seau habituel de jeux de sens qui fait la trame et le charme discret de tout midrash, mais qui surtout le signe et le signale comme midrash.Au passage, notez une des nombreuses raisons pour lesquelles les Chr&#233;tiens n'ont plus besoin de manger &amp;quot;cacher&amp;quot;, comme ils mangent directement le messie 52, ils mangent l'&#233;quivalent num&#233;rique du&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1512;• En finir avec le midrash.En Tt 3,9 Paul demande &#224; Tite de mettre fin aux &amp;quot;folles recherches, aux g&#233;n&#233;alogies&amp;quot; (grec: m&#244;ras de z&#234;t&#234;seis). La racine grecque z&#234;t&#234;sis&amp;amp;nbsp; renvoie en g&#233;n&#233;ral &#224; la racine baqesh (demander, chercher) mais ici elle pourrait fort bien &#234;tre&amp;amp;nbsp; r&#233;trovertie dans l'h&#233;breu midrash.(Exemple en Lv 10, 16 z&#234;t&#244;n exez&#234;t&#234;sen traduit darosh darash).Paul demanderait donc qu'on en finisse avec le midrash. Puisque nous sommes, pense-t-il, &#224; l'&#233;poque messianique, le midrash est accompli, et il n'a donc plus lieu d'exister comme pratique ou &#233;tude. Continuer le midrash reviendrait en effet &#224; prolonger d'une part l'attente eschatologique. Mais surtout, Paul est Elie (par midrash) or Elie devait venir r&#233;soudre &#224; la fin des temps les questions rest&#233;es sans solution et notamment les questions dont traite le midrash. Ce serait la raison pour laquelle notre verset mentionne les g&#233;n&#233;alogies. Un passage du Tanna debe Eliyahu mentionne:En ce qui concerne les pros&#233;lytes, note que puisque les dix tribus ont disparu parmi les Cuth&#233;ens pa&#239;ens, on ne recevra plus de pros&#233;lytes parmi les Cuth&#233;ens jusqu’&#224; ce que viennent Elie et le Messie et qu’ils &#233;claircissent la question de leurs g&#233;n&#233;alogies, comme il est dit : Voici que je vais vous envoyer Elie le proph&#232;te...&amp;amp;nbsp; </description>
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     <title>Paul &#224; Patras - par meknes le 20/04/2009 : 18:10</title>
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     <title>Les adeptes de l'intelligence borgnesse - par meknes le 09/04/2009 : 13:28</title>
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     <description>Les adeptes de l’intelligence borgnesse Une formule saillante ressort du texte de l’Apocalypse et qui ferait figure d’&#233;nigme, ce sont les fameux &#171;&amp;amp;nbsp;Nicola&#239;tes&amp;amp;nbsp;&#187;. La tournure a &#233;t&#233; maintes fois r&#233;p&#233;t&#233;e et comment&#233;e par les p&#232;res de l’Eglise, &#224; commencer par les h&#233;r&#233;siologues Ir&#233;n&#233;e et Epiphane. Il para&#238;trait, aux yeux de telles sommit&#233;s, que des barb&#233;lo gnostiques seraient &#224; devoir incriminer. Ou alors il s’agirait d’y m&#234;ler Paul, voire ses disciples. Il faut dire que la vari&#233;t&#233; des candidats &#224; pouvoir &#234;tre ainsi &#233;pingl&#233;s et catalogu&#233;s comme &#171;&amp;amp;nbsp;Nicola&#239;tes&amp;amp;nbsp;&#187; est grande vue la multitude de sectes ou d’h&#233;r&#233;sies – mais ne faut-il pas plut&#244;t parler de riches courants d’autant plus riches que contradictoires et contradictoires que riches&amp;amp;nbsp;? – que rec&#232;le le juda&#239;sme, de celui qui a fait si continuellement peur aux Eglises tant la pens&#233;e peut effrayer qui ne veut pas aller plus avant que l’opinion re&#231;ue. Nous verrons que les interpr&#233;tations admises, sur ce point comme sur tant d’autres, s’effondrent sans qu’on ait un seul instant &#224; les regretter, ne laissant derri&#232;re elles qu’un vague bruit &#233;cumeux que le Temps dissipe.Mais qui peuvent donc bien &#234;tre ces Nicola&#239;tes dont le nom &#224; agac&#233; les dents, &#233;nerv&#233; l’estomac, et empoisonn&#233; les cervelles de tant et tant de commentateurs impropres &#224; retrouver et &#224; dig&#233;rer ce poison admirable distill&#233; par la langue du midrash et qui a pour nom &#171;&amp;amp;nbsp;pol&#233;mique midrashique&amp;amp;nbsp;&#187;&amp;amp;nbsp;? Ne faut-il pas pr&#233;f&#233;rer ce poivre, ce sel, ce piment – que dis-je, ce pilpul&amp;amp;nbsp;! – aux fadeurs d’une ex&#233;g&#232;se &#171;&amp;amp;nbsp;chr&#233;tienne&amp;amp;nbsp;&#187; tout bonnement &#224; c&#244;t&#233; du sujet&amp;amp;nbsp;?La seconde question est sans doute affaire de go&#251;t, mais l’on aurait pourtant tort de ne prendre celui-ci que pour subjectif. Quant &#224; la premi&#232;re, l’article que voici se propose d’y r&#233;pondre en hauteur, en largeur et en profondeur afin de restituer tout leur volume &#224; ces suppos&#233;s &#171;&amp;amp;nbsp;Nicola&#239;tes&amp;amp;nbsp;&#187;, car mon lecteur le devine ils ne se nomment &#171;&amp;amp;nbsp;Nicola&#239;tes&amp;amp;nbsp;&#187; qu’une fois qu’ils ont quitt&#233; le bon moule de leur h&#233;breu primitif ainsi que le note Bernard Dubourg, cet incontournable auteur de L’invention de J&#233;sus, lui sans qui nous en serions encore &#224; balbutier de pauvres syllabes et &#224; claudiquer dans les t&#233;n&#232;bres une bougie &#224; la main ne sachant m&#234;me pas ce que nous recherchons et qu’il a os&#233; le premier r&#233;v&#233;ler, &#224; savoir les lumi&#232;res v&#233;ritables de l’intellection paradisiaque du nouveau testament, rien de moins. Mais il est temps, levons l’ancre, entrons en mati&#232;re.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; La formule &#171;&amp;amp;nbsp;Nicola&#239;tes&amp;amp;nbsp;&#187; est en fait tout sauf &#233;nigmatique. En l’employant, les auteurs de l’Apocalypse entendent non seulement d&#233;signer, mais fustiger, insulter et pilonner leurs adversaires principaux, tout en restant bien entendu dans l’esprit sp&#233;culatif du langage pol&#233;mique propre au midrash, c’est-&#224;-dire ne tombant jamais dans l’orni&#232;re de la lettre. Elle repose ainsi sur un jeu de mots avec Balaam, Nicolas &#233;tant un &#233;quivalent traduit en grec de l’un des jeux lus &#224; m&#234;me ce nom h&#233;breu. En effet, celui-ci est d&#233;crypt&#233; comme condensation de BL‘/avaler, d&#233;truire + ‘M/le peuple (cf. Sanhedrin 105a), et le peuple comme notion est au cœur du souci essentiel non seulement des nazar&#233;ens de J&#233;sus mais de tout juif-h&#233;breu &#233;tudiant la tradition de la Thora car le peuple est le sujet de celle-ci, Mo&#239;se ou Josu&#233; en &#233;tant le guide, la conscience &#233;veill&#233;e. Pour l’Apocalypse ‘M/‘am, le peuple – qui prononc&#233; ‘im signifie &#171;&amp;amp;nbsp;avec&amp;amp;nbsp;&#187; ce dont joue le midrash lorsqu’il est question d’&#234;tre avec dieu ou du dieu avec les hommes… –, est uni au dieu au &#171;&amp;amp;nbsp;nom nouveau&amp;amp;nbsp;&#187;, parce que sa gR est de 29, la g&#233;matrie de ce YHtWH (le nom nouveau). L’union du peuple (de la fianc&#233;e, l’Assembl&#233;e, la Sagesse, Eve, J&#233;rusalem etc. tous termes synonymes…) et de son dieu est un th&#232;me crucial du juda&#239;sme, ce qui se passe de commentaires. Quant &#224; elle, la racine grecque nika&#244; signifie d’abord vaincre, pr&#233;valoir, gagner une cause, mais aussi d&#233;truire comme BL‘ (au piel), tandis que laos signifie bien peuple. C’est pourquoi Nicolas traduit en grec Balaam. Partant de l&#224;, les Nicola&#239;tes seraient les bn&#234;y bile‘am, les fils de Balaam (le pluriel d’un nom propre en h&#233;breu se note g&#233;n&#233;ralement ainsi, cf. les bn&#234;y Isra&#235;l pour dire bibliquement les &#171;&amp;amp;nbsp;isra&#233;lites&amp;amp;nbsp;&#187;), autrement dit ceux qui sous pr&#233;texte de guider le peuple ne feraient que le perdre, l’avaler, le d&#233;truire, l’avilir. Si dans le midrash c’est un sujet de joute verbale qui ne sort pas du langage et de ceux qui savent y acc&#233;der, cette &#233;poque canc&#233;ris&#233;e en voit malheureusement la r&#233;alisation invers&#233;e &#224; l’&#233;chelle de la r&#233;alit&#233; plan&#233;taire. Ainsi, la d&#233;mocratie spectaculaire – ceux qui en tiennent et manipulent le discours – ne parle autant de l’id&#233;e de peuple – dont la manipulation est &#171;&amp;amp;nbsp;h&#233;rit&#233;e&amp;amp;nbsp;&#187; du nazisme – que parce qu’agiter celle-ci maintient et renforce l’int&#233;r&#234;t du despotisme dont cette d&#233;mocratie suppos&#233;e sert de pauvre paravent. L&#224; aussi le peuple est aval&#233; et avili mais dans un tout autre sens&amp;amp;nbsp;!&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; De plus, nous savons, d&#232;s lors que nous ouvrons le Midrash et les Talmud plut&#244;t que les patrologies poussi&#233;reuses qui s’accroupissent sur les rayonnages des biblioth&#232;ques d&#233;sert&#233;es par ceux qui savent lire, que Balaam est une d&#233;signation crypt&#233;e du J&#233;sus nazar&#233;en pour la pol&#233;mique du midrash. En Yalkut shim'oni sur Nb. 23,7 il est accus&#233; d’avoir voulu &#171;&amp;amp;nbsp;se faire Dieu&amp;amp;nbsp;&#187;, ce qui renvoie en le travestissant au propre du midrash chr&#233;tien qui est bien plut&#244;t de faire (au sens du ma‘asseh, l’œuvre de la Cr&#233;ation ou du Char) Dieu ou de le rev&#234;tir, bref de laisser l’infinit&#233; faire retour dans la finit&#233; celle-ci &#233;tant ainsi v&#233;ritablement fond&#233;e et celle-l&#224; enfin v&#233;ritable dans son unit&#233;. On retrouve cette accusation dans le Talmud lui-m&#234;me sans que j’&#233;prouve le besoin d’y insister, car si les exemples abondent, ils ont une f&#226;cheuse tendance &#224; se ressembler tous. D&#232;s le livre des Nombres, Balaam est dit instruit de &#171;&amp;amp;nbsp;la science du Tr&#232;s Haut&amp;amp;nbsp;&#187;. Le Talmud s’en &#233;tonnant clarifie celle-ci en indiquant qu’il s’agit de la science du temps de la fin, du rega‘. Le terme rega‘/RG‘ n’est pas anodin.&#171;&amp;amp;nbsp;Ces deux choses t'arriveront en un instant (RG‘), en un seul jour (le YWM y&#244;m du jugement, le grand et redoutable qui conclut les Proph&#232;tes, cf. la fin de Malachie ou encore Jo&#235;l, Isa&#239;e etc.), la privation d'enfant et le veuvage&amp;amp;nbsp;; elles viendront sur toi en plein, malgr&#233; la multitude de tes sorcelleries, malgr&#233; le grand nombre de tes sortil&#232;ges.&amp;amp;nbsp;&#187; (Is 47, 9)Cet instant du jugement doit donc &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme moment de l'interruption des g&#233;n&#233;rations (plus de p&#232;res, plus d'enfants), autrement dit de l'interruption par le dieu du cours naturel des engendrements et des affaires humaines. Ce rega‘ est aussi le clin d’œil, le laps de temps que dure le jugement de dieu dont chacun sait depuis l’Apocalypse qu’il vient comme un voleur, en un clin d’œil en effet. Ce RG‘ a pour gR 39 et gC 273(93) : la R&#233;v&#233;lation (HNGLH hanigla, de g&#233;matries en miroir 39/93).Ainsi, les auteurs de l’Apocalypse renversent-ils l’accusation envers J&#233;sus (c’est-&#224;-dire eux-m&#234;mes) et critiquent-ils vertement leurs adversaires en rapprochant leur enseignement de celui de Balaam et de ses fils, c’est-&#224;-dire d’un enseignement &#224;&amp;amp;nbsp; &#171;&amp;amp;nbsp;l’intelligence borgnesse&amp;amp;nbsp;&#187; quant au temps de la fin, impuissant &#224; r&#233;ellement d&#233;celer, distinguer et penser ce temps subtil entre tous, ce rega‘ fulgurant du divin. Les soi-disant Nicola&#239;tes ne sont autres que ces adeptes de l’intelligence borgnesse qui ne veulent pas voir la fin et la diff&#232;rent sans fin, ce qui se confond justement avec l’accusation de l’Evangile &#224; l’&#233;gard des pharisiens diversement r&#233;ticents ou hostiles &#224; l’&#233;gard du midrash chr&#233;tien. De plus, Tikun&#234; Zohar 142b identifie ces fils de Balaam (seule mention que j’ai pu en trouver, mais qu’il y en ai une est d&#233;j&#224; un signe) aux deux magiciens &#233;gyptiens Yanis et Yambris – le midrash inventant leurs noms – qui s’oppos&#232;rent &#224; Mo&#239;se lors de la c&#233;l&#232;bre joute biblique sceptre-serpent contre serpent-sceptre, Mo&#239;se ayant l’avantage d&#233;cisif de la puissance miraculeuse de YHWH. Or, ces deux magiciens figurent aussi dans le Nouveau Testament. Ainsi, en 2 Timoth&#233;e 3, 8 Paul dit&amp;amp;nbsp;: &#171;&amp;amp;nbsp;de m&#234;me que Yann&#232;s et Yambr&#232;s s’oppos&#232;rent &#224; Mo&#239;se, ainsi ces gens-l&#224; [mais qui donc&amp;amp;nbsp;?] s’opposent &#224; la v&#233;rit&#233; [la voie du tov de l’accomplissement messianique, le fait de se tenir dans cette voie], ce sont des humains [’an&#244;shim, des membres de yeshivot et synagogues d’Isra&#235;l&amp;amp;nbsp;!] corrompus quant &#224; l’intelligence [borgnesse, vous disais-je…]&amp;amp;nbsp;&#187; etc., bref ce sont des fils de Balaam, des Nicola&#239;tes&amp;amp;nbsp;! Sachant que l’Apocalypse juge elle aussi des humains (anashim), qu’ils soient lapid&#233;s par la gr&#234;le (BRD anagramme exacte du verbe, de davar DBR), calcin&#233;s par le feu du soleil du r&#233;el ou encore envoy&#233;s avec le Satan et le faux proph&#232;te dans l’&#233;tang de feu et de souffre rappelant le jugement de Sodome – ce premier jugement de l’idol&#226;trie d’apr&#232;s le D&#233;luge –, j’en d&#233;duis bien que les adversaires des auteurs de l’Apocalypse et ceux du midrash paulinien sont les m&#234;mes, les Nicola&#239;tes, les anashim d’Isra&#235;l qui refusent le midrash chr&#233;tien. C’est ainsi que toute confusion est dispers&#233;e quant &#224; ces Nicola&#239;tes, elle qui fut colport&#233;e d&#232;s les premiers h&#233;r&#233;siologues de l’Occident chr&#233;tien et qui visait par exemple &#224; introduire une dissonance majeure entre Paul et l’Apocalypse ou entre des gnostiques et les auteurs de celle-ci. Eh bien, non&amp;amp;nbsp;! Les fils de Balaam sont &#224; chercher du c&#244;t&#233; des rabbis oppos&#233;s &#224; l’av&#232;nement du Rabbi apocalyptique, ce principe de la recr&#233;ation divine, par exemple chez un certain Rabbi Tarphon de triste m&#233;moire puisque c’est dans sa bouche que, selon certains pans du Talmud, fut mis la parole la plus dure contre les midrashim &#233;vang&#233;liques enjoignant de les laisser br&#251;ler en cas d’incendie etc. Choses pour certains famili&#232;res mais pas pour autant connues, car l&#224; encore il ne faut pas prendre ces choses au pied de la lettre, mais commencer par rappeler qu’il en va ici de cet arsenic m&#233;taphorique – &#233;trangement d&#233;lectable pour qui a foi en pareil poison – qu’est le langage de la pol&#233;mique.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Mais il est temps de conclure en r&#233;injectant le terme de notre r&#233;troversion (Dubourg ne s’est nullement interdit toute post&#233;rit&#233; en inventant cet art subtile) dans l’h&#233;breu de l’Apocalypse.Tout d’abord, Ap. 2, 15 nomme les adversaires comme les d&#233;tenant l’enseignement des &#171;&amp;amp;nbsp;Nicola&#239;tes&amp;amp;nbsp;&#187;. Sous ce &#171;&amp;amp;nbsp;les d&#233;tenant&amp;amp;nbsp;&#187; il s’agirait de lire la racine B‘L, poss&#233;der, d&#233;tenir faisant jeu avec la racine BL‘ avaler, d&#233;truire pr&#233;sente dans nos bn&#234;y Bileam. L’expression compl&#232;te des &#171;&amp;amp;nbsp;d&#233;tenant l’enseigner des fils de Balaam&amp;amp;nbsp;&#187; serait d&#232;s lors B‘WLYM LMD (H)BNY BL‘M&amp;amp;nbsp; dont la notarique initiale n’est autre que BLBB dans le cœur, le cœur &#233;crit avec deux b&#234;th, celui qui n’est pas circoncis, symbolisant l’idol&#226;trie elle-m&#234;me. Quelques g&#233;matries en guise d’afikoman dionysiaque&amp;amp;nbsp;?&amp;amp;nbsp; Cet &#171;&amp;amp;nbsp;enseigner des Nicola&#239;tes&amp;amp;nbsp;&#187; repose en effet sur de la g&#233;matrie. L’enseigner est ici LMD de gR et gC 29/74, tandis que les Nicola&#239;tes sont les bn&#234;y Bile‘am, soit avec article HBNY BL‘M de gR et gC 74/2(0)9, les m&#234;mes r&#233;seaux g&#233;matriques&amp;amp;nbsp;!&amp;amp;nbsp; Mais comme je vois que je n’ai fait qu’ouvrir l’app&#233;tit de ceux dont il ne se comble pas ais&#233;ment parce qu’il est spirituel par nature, je me dois d’ajouter que HB‘WLYM LMD BNY BL‘M/&#171;les d&#233;tenant l’enseigner des fils de Balaam&amp;amp;nbsp;&#187; a pour gC 441 = ’MTh/ emet (gC), v&#233;rit&#233;-fid&#233;lit&#233;, celle qui lib&#232;re, celle qu’am&#232;ne la Thora du Messie J&#233;sus-I&#233;sho&#251;‘a en m&#234;me temps que la fin, cette parousie du ‘&#244;lam haba’ qui survient &#224; chaque instant pour qui le d&#233;sire, ou plut&#244;t &#224; chaque fois qu’il y a donation du Temps, dirais-je pour parler &#224; peu pr&#232;s comme un philosophe m&#233;connu. Par identit&#233; sp&#233;culative des contraires, nous savons donc que les opposants d&#233;sign&#233;s sous le nom de Nicola&#239;tes sont les opposants rabbiniques &#224; la v&#233;rit&#233; m&#234;me, c'est-&#224;-dire &#224; l’accomplissement gnostique des &#233;critures enfin advenu, dans le rega‘ que de leurs yeux jamais las scrutent et contemplent en eux-m&#234;mes les divins auteurs de l’Apocalypse johannique, ces autres rabbins qui, dans l’humilit&#233; supr&#234;me, ont accept&#233;s de ne plus se dire rabbi pour rev&#234;tir le Rabbi d&#233;finitif, le Messie.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Pour s&#251;r, ce ne sont pas les patrologies d&#233;compos&#233;es qui vous enseigneront pareilles subtilit&#233;s, mais le midrash et lui seul.Olivier-Pierre Th&#233;bault</description>
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     <title>Esdras inspir&#233; - par meknes le 06/01/2009 : 00:06</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=385</link>
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     <description>                                                     &amp;amp;nbsp;Troisi&#232;me &#233;tude : Esdras inspir&#233; ou l’esprit saint d&#233;voil&#233;  &amp;amp;nbsp;        &#171;&amp;amp;nbsp;Celui qui souhaite &#234;tre parmi les &#233;lus du Verger de la Science, doit accomplir ses œuvres suivant la voie de l'humilit&#233;, ainsi que conserver ce qui lui a &#233;t&#233; transmis. Alors la source de la Sagesse et de l'Intelligence s'&#233;panchera sur lui. Mais en dehors de ce point, la Sh&#233;kinah ne r&#233;sidera pas avec lui, car la lumi&#232;re &#233;clatante ne se pose que sur celui qui a l'humilit&#233; pour nature. C'est le secret du verset : &#171;&amp;amp;nbsp;L'homme Mo&#239;se &#233;tait tr&#232;s humble, plus que tout homme.&amp;amp;nbsp;&#187; (Mo&#239;se Botarel, introduction au commentaire sur le Livre de la Cr&#233;ation)Apr&#232;s avoir questionn&#233; la richesse du &#171;pros&#233;lytisme midrashique&#187; en explicitant le coup des Septante et son grand succ&#232;s secret, cette Pentec&#244;te s&#233;raphique qu’est le surgir de l’esprit de la Nouvelle Alliance, nous nous dirigeons d&#233;sormais, dans cette magique &#233;tude de la raison des H&#233;breux (que la plupart &#233;ludent !), vers le chapitre quatorze de IV Esdras.   En effet, la claire compr&#233;hension de ce texte nous d&#233;voilera le sens de l’affirmation de l’esprit saint (rou&#226;h (ha)q&#244;desh) en h&#233;breu, sens d&#233;velopp&#233; par les pharisiens, rejet&#233; par certains gnostiques, mais approfondi et accompli par les auteurs de la Nouvelle Alliance &#233;vang&#233;lique, apostolique et apocalyptique.  Le but de cette &#233;tude, comme de la suivante, est de d&#233;terminer comment, singuli&#232;rement, les pharisiens et les auteurs se r&#233;clamant de la Nazareth midrashique pensent la mesure des Livres Saints et l'accomplissement des &#233;critures, du TaNaK. Ce but est li&#233; &#224; la question que nous venons de traiter, celle du pros&#233;lytisme midrashique. En effet, la question de l’ouverture du don de la Thora &#224; la Sagesse des nations comme celle de l’approfondissement int&#233;rieur des &#233;critures ne sont pas abstraitement s&#233;parables.   Leur rapport est comparable &#224; celui entre l’int&#233;rieur et l’ext&#233;rieur du rouleau h&#233;breu, l'exot&#233;rique et l'&#233;sot&#233;rique. En effet, ces deux faces du rouleau ne sont pas ext&#233;rieures l’une &#224; l’autre, mais sont toujours le fruit du m&#234;me intellect divin y inscrivant Sa pens&#233;e.  &amp;amp;nbsp;  &amp;amp;nbsp;  &amp;amp;nbsp;  Le roseau d’or du dieu&amp;amp;nbsp;:  QNH/q&#226;neh c’est la canne &#224; mesurer, le roseau, le calame. Cette notion h&#233;bra&#239;que n’est pas sans rapport avec ce qui deviendra le &#171;&amp;amp;nbsp;canon des &#233;critures&amp;amp;nbsp;&#187;, bien qu'en grec.   En effet, si le terme canon vient directement du grec kan&#244;n signifiant principe philosophique, r&#232;gle, barre, rail ou encore canne, il serait, en amont, un emprunt &#224; l'h&#233;breu q&#226;neh (lequel est aussi l'&#233;quivalent du &#171;&amp;amp;nbsp;canon&amp;amp;nbsp;&#187; par r&#233;troversion), avec les sens h&#233;bra&#239;ques de r&#232;gle herm&#233;neutique, de mesure ou de branche, de tige, de roseau ou encore de pilier. De m&#234;me que r&#232;gle herm&#233;neutique du midrash (q&#226;neh) n'a pas le m&#234;me sens que principe philosophique, de m&#234;me la r&#233;troversion h&#233;bra&#239;que de la notion de canon nous d&#233;voilera tout autre chose que ce &#224; quoi l'entente grecque et latine d'une telle notion nous a habitu&#233;.  &amp;amp;nbsp;  Des exemples :  Ce kan&#244;n grec sert dans la traduction des Septante en Judith 13,6 et 8. Ce passage que je cite ici, celui de la mise &#224; mort d’Holopherne par Judith, semble n’avoir aucun rapport avec ce que nous allons &#233;tudier, et pourtant :  &#171;&amp;amp;nbsp;C’est alors qu’elle s’approcha du pilier du lit (grec kanoni t&#234;s klines), proche de la t&#234;te (rosh, le principe) d’Holopherne, et elle retira le drap qui le recouvrait (ce qui &#233;voque le fait de d&#233;couvrir la nudit&#233; ou encore la relation mystique du fianc&#233; et de la fianc&#233;e sous le dais nuptial) et s’approcha du lit, et elle l’attrapa par les cheveux (la force cf. Samson), et elle dit&amp;amp;nbsp;: rends-moi forte Seigneur d’Isra&#235;l, ce jour. Et elle frappa son cou par deux fois de toute sa force et elle enleva sa t&#234;te.&amp;amp;nbsp;&#187;  Elle &#244;te ainsi le principe et la force de l’ennemi d’Isra&#235;l, jusque-l&#224; rien d’extraordinaire.   Mais ce qui me requiert ici c’est le lieu (o&#249; nous trouvons notre grec kan&#244;n) o&#249; s'exerce ce ch&#226;timent &#171;&amp;amp;nbsp;divin&amp;amp;nbsp;&#187; (la mort par l’&#233;p&#233;e est l’un des quatre degr&#233;s de la peine de mort chez les juifs-h&#233;breux, par exemple pour idol&#226;trie). Il s'agit en effet du pilier du lit soit l'association des deux mots QNH et MTH.  Or ce pilier ou tige ou roseau a aussi le sens de mesure ou r&#232;gle herm&#233;neutique et ce lit MTH/matah est aussi le sceptre ou le b&#226;ton (de Mo&#239;se ou d’Aaron). Il se trouve donc que ce lieu du ch&#226;timent de l’ennemi d’Isra&#235;l dont le nom m&#234;me a un sens plus qu’ambigu  &amp;amp;nbsp;  Holopherne, grec holophernou, s’entend comme holos, complet, tout entier + phern&#234; dot, le prix &#224; payer pour obtenir la fianc&#233;e… Sachant qu’il convoite la belle Judith (soit la jud&#233;enne, la juive&amp;amp;nbsp;; la fianc&#233;e), cette d&#233;termination volontaire de son nom ne nous laissera pas indiff&#233;rents…  &amp;amp;nbsp;  condense en lui le plus sacr&#233; de l’herm&#233;neutique juive. On comprend ainsi que l’apparent d&#233;sordre de ce commencement n’en est pas un en r&#233;alit&#233;.   On trouve aussi, en IV Macchab&#233;es 7,21, le verbe kan&#244;n substantiv&#233; en usage au sens de r&#232;gle herm&#233;neutique (en faisant mine de parler de r&#232;gle philosophique), exprimant le fait qu’une personne vivant en philosophe (aimant la Sagesse, la (r)hochmah cr&#233;atrice) doive suivre les r&#232;gles (notre kan&#244;n) de la &#171;&amp;amp;nbsp;philosophie&amp;amp;nbsp;&#187; (en fait le midrash), croire en YHWH etc.  Ainsi, le grec kan&#244;n traduit-il une notion h&#233;bra&#239;que qui va nous occuper, celle de mesure au roseau (celui de l’&#233;criture au principe de toute chose). La plurivocit&#233; de ce concept h&#233;bra&#239;que comme le montre d&#233;j&#224; la richesse des deux exemples introductifs, tant de Judith que de IV Macchab&#233;es, ne se retrouve &#233;videmment pas dans la notion grecque qu’emploieront les &#233;glises chr&#233;tiennes apr&#232;s les glorieuses moissons du midrash antique.  Si c’est bien de cette id&#233;e de mesure des livres saints que d&#233;coulera dans le christianisme le mot &#171;&amp;amp;nbsp;canon&amp;amp;nbsp;&#187;, et la chose qui y est li&#233;e, a contrario pouvons-nous employer le mot de &amp;quot;canon&amp;quot; pour dire la mesure (ou plut&#244;t les mesures, diverses ?) des livres saints retenus pour former le TaNaK ?   Le mot canon, auquel nous pr&#233;f&#233;rons pour des raisons objectives la formule de mesure au roseau, semble peu appropri&#233; pour d&#233;signer ce que ces auteurs h&#233;breux pensent dans le mot QNH/q&#226;neh, sauf &#233;ventuellement &#224; entendre le canon au sens musical d’une triomphante composition glorifiant la divinit&#233; de par le libre jeu de ses propres variations&amp;amp;nbsp;!   Comme le dit Moses Gaster traduit par Bernard Dubourg&amp;amp;nbsp;:   &#171;&amp;amp;nbsp;Il faut ici noter que les mots 'canon', 'canonique' ou 'non-canonique', s'appliquent exclusivement &#224; la traduction grecque des Ecritures. Il n'existe en h&#233;breu aucun mot ou concept approchant. Mais je ne puis insister sur ce point.&amp;amp;nbsp;&#187; (p.169 in LesSamaritains)   S’il n’existe pas de mot ou concept approchant en h&#233;breu au sens par trop restrictif o&#249; canon est employ&#233; dans les langues europ&#233;ennes, il existe en revanche la mesure au roseau d’or tant de la cit&#233; sainte que des &#233;critures selon leur cœur de vingt-quatre livres, ceux qui seront rassembl&#233;s sous le titre de (Ha)TaNaK.   Le concept h&#233;bra&#239;que de mesure qu’incarne l’h&#233;breu QNH/q&#226;neh, ou encore l’h&#233;breu MDH/midah, n’est donc nullement &#233;puis&#233; par le mot de &#171;&amp;amp;nbsp;canon&amp;amp;nbsp;&#187;. Ce dernier s’av&#232;re m&#234;me &#234;tre fautif par tout ce qu’il &#233;voque d’ext&#233;rieur &#224; la langue sainte. Nous &#233;viterons par cons&#233;quent de l'employer ici.   QNH/q&#226;neh est le roseau, le calame. Il &#233;voque et d&#233;ploie par ses calembours une richesse de sens qu’il est bon d’indiquer d’entr&#233;e pour sortir des orni&#232;res de l’abstraction intrins&#232;quement li&#233;e &#224; la notion gr&#233;co-latine de &#171;&amp;amp;nbsp;canonicit&#233;&amp;amp;nbsp;&#187;.   Il se retrouve dans le z&#232;le (pour la Thora), QYNH/quin&#226;h, mot qui d&#233;signe aussi la jalousie, celle du dieu qui n’en est pas moins mis&#233;ricordieux, puisqu’il accorde ses deux faces avec brio, col&#232;re de feu et mis&#233;ricorde infinie. Ce QNH &#233;voque en outre Canaan, la terre promise ou encore QNH/q&#226;nah, verbe mesurer signifiant encore poss&#233;der ou cr&#233;er. Et cr&#233;er en h&#233;breu, comme l’indique le ma‘asseh (l’œuvre) de la Gen&#232;se, c’est avant tout savoir lire, chiffrer, &#233;crire dans l'ad&#233;quation avec la Sagesse.   Ce dernier rapprochement n’est pas fortuit&amp;amp;nbsp;: il y a en h&#233;breu un lien indissoluble entre l’acte de mesurer, d’&#233;crire l’œuvre et de la cr&#233;er au sens de la Cr&#233;ation du monde, ce dernier &#233;tant compris dans les filets du texte global qu’est la Thora. La vibrante actualit&#233; de telles consid&#233;rations h&#233;bra&#239;ques pourrait se formuler ainsi : &#171;&amp;amp;nbsp;Soyez impossibles, prenez le r&#233;el dans les filets du Verbe !&amp;amp;nbsp;&#187;.  Pour ces juifs-h&#233;breux, en un sens, il n’y a pas de monde subsistant par soi-m&#234;me hors du Livre, le monde est ainsi compris dans le Livre dont l’&#233;tude est plus r&#233;elle que la r&#233;alit&#233; coutumi&#232;re.   C’est pourquoi ils en vinrent &#224; affirmer par le biais des divins auteurs de l’alliance &#233;vang&#233;lique que leur pens&#233;e est toujours d&#233;j&#224; en train de se r&#233;aliser, qu’elle est proph&#233;tie au sens de la pens&#233;e qui se sait comme consubstantielle &#224; toute r&#233;alit&#233; et y agit, insoup&#231;onn&#233;e tout d'abord… qu’elle mesure la r&#233;alit&#233; factuelle pass&#233;e dans le midrash, filtr&#233;e par lui. Proph&#233;tiser prend alors le sens concret du savoir mesurer et lire le Livre, tout comme de savoir r&#233;fl&#233;chir l’histoire d’Isra&#235;l dans le midrash, ou encore de savoir mesurer la cit&#233; sainte, l’Assembl&#233;e, laquelle ne r&#233;v&#233;lera au final rien d’autre que le Livre lu &#224; un tel point d’accomplissement qu’il devient vivant, renouvel&#233; dans l'ensemble de ceux qui savent le lire.  L’enjeu dans toutes ces assembl&#233;es (pharisiens, mand&#233;ens, sadduc&#233;ens, Samaritains, s&#233;thiens, naass&#232;nes, gardiens nazar&#233;ens de la loi de J&#233;sus etc.) est le m&#234;me. Il s'agit - outre de produire les midrashim les plus dignes de l'Eternel tout en se produisant soi-m&#234;me - de trouver une mesure des livres saints, selon divers sens foisonnants loin de tout formalisme sch&#233;matisant. Ces sens convergent dans la volont&#233; de savoir lire les livres en engendrant du texte pour porter l’eschatologie &#224; son comble. C’est aussi trouver une mesure au sens de penser une unit&#233; entre le jardin des justes et le Livre accompli, une unit&#233; paradisiaque o&#249; viennent se recueillir toutes les autres lectures et d’o&#249;, ce paradis conquis de l’ex&#233;g&#232;se, ces lectures color&#233;es se trouvent renouvel&#233;es. Ce sens sp&#233;cifique sera &#233;tudi&#233; dans notre quatri&#232;me &#233;tude, jusqu'en ses cons&#233;quences les plus rigoureuses et extr&#234;mes.   Ces &#233;crivains de tendances si diverses n’ont pas tous les m&#234;mes qualit&#233;s et facult&#233;s d’ante-n&#233;ant et d’outre-gouffre, la m&#234;me force pour mener &#224; son comble l’eschatologie. Seuls y parviennent les nazar&#233;ens de la Nouvelle Alliance parce qu'ils d&#233;tiennent la cl&#233; du puits de l’ab&#238;me, comme le dit l'Apocalypse : cl&#233; qui est aussi, d&#233;multipli&#233;e, les cl&#233;s de mort et Sh&#233;ol et de la recr&#233;ation totale.  Parce que la Thora avait &#233;t&#233; suffisamment comment&#233;e, il s’est agit alors de la transformer, de la rev&#234;tir en se faisant soi-m&#234;me Livre vivant. Ce sont les nazar&#233;ens de J&#233;sus, les impeccables &#233;vang&#233;listes, qui op&#232;rent ce bond&amp;amp;nbsp;! Ce qui eut des cons&#233;quences f&#226;cheuses venant de leurs ennemis, notamment de rabbins trop ti&#232;des pour nos nazar&#233;ens, et qui furent donc vomis, dirai-je en employant le langage pol&#233;mique de l'Apocalypse de Jean.   &amp;amp;nbsp;  On y trouve en effet que le ti&#232;de/PShWR’/psho&#251;r&#226;’ (Ap. 3, 16), parce qu'il n'est ni froid ni bouillant, doit &#234;tre vomi du sein de YHWH. M&#234;me si cette parole est adress&#233;e &#224; l'&#233;glise de Laodic&#233;e (trop pharisienne ?), il s'agirait d'entendre ici le pharisien PRWSh/pero&#251;sh sous ce ti&#232;de en faisant le lien avec la critique acide des pharisiens dans l'Evangile.   &amp;amp;nbsp;  Comme exemple d’emploi de l’h&#233;breu QNH/q&#226;neh au sens de mesure, de roseau d’or, de canne d’arpenteur, voici :   &#171;&amp;amp;nbsp;Et il m'amena l&#224;, et voici un homme dont l'aspect &#233;tait comme l'aspect de l'airain&amp;amp;nbsp;; et [il avait] dans sa main un cordeau de lin et une canne &#224; mesurer, et il se tenait dans la porte.&amp;amp;nbsp;&#187; (&#201;z&#233;chiel 40, 3)  Puis cet arpenteur ang&#233;lique mesure la future cit&#233; apocalyptique devant un Ez&#233;chiel stup&#233;fait et comme vivifi&#233; par le cœur d’une telle vision.  Ici, &#171;&amp;amp;nbsp;et la canne &#224; mesurer&amp;amp;nbsp;&#187; n’est autre que WQNH HMDH/vo&#251;qn&#234;h hamid&#226;h, &#171;&amp;amp;nbsp;(et) le roseau de la midah&amp;amp;nbsp;&#187;, la mesure au sens herm&#233;neutique aussi. Elle fait calembour avec H’MWNH/ha’&#233;mo&#251;nah, la foi-v&#233;rit&#233; des H&#233;breux, ainsi qu'avec le sanctuaire MDQSh/miqdash, celui qu'elle doit justement servir &#224; mesurer. Elle contient encore QDM/qedem, l’Orient ou la Cr&#233;ation, sans parler de la R&#233;surrection, ThQWMH/theqo&#251;mah, etc. Ce roseau est d’une richesse de sens &#224; proportion de son importance.  La mesure, hamidah/HMDH, a pour gC 54 comme BRYTh/l’alliance, ou les DBRYM/les paroles-choses de la Cr&#233;ation et de la R&#233;v&#233;lation. Le roseau de mesure est aussi ce qui sculpte fid&#232;lement selon les paroles du dieu, selon le feu de son &#233;ternelle alliance grav&#233;e &#224; m&#234;me la chair des mots, l’&#233;corce de ce bois dont il fait sa force. MDH peut aussi se lire comme MH le quoi, le questionnement auquel s'ajoute un daleth D dont le sens est ouverture, porte. Ainsi, la mesure se laisse-t-elle lire comme ouverture du questionnement et comme le recueillement de celui-ci en une loi textuelle.  Bernard Dubourg dans Ce que je sais du Sepher Yetsirah nous instruit souverainement quant &#224; cette MDH&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp;  &#171;Mdh d&#233;signe, au propre, la mesure de longueur, et non de volume ou de surface, puis une grande mesure, une grande taille et, au figur&#233;, une proportion (cf. par exemple Isa&#239;e LXV, 7 : &#171; Je mesurerai leurs faits &#187;, pour dire : je trouverai une peine qui soit &#224; la mesure de leurs actions, qui leur soit proportionn&#233;e). Dans le Talmud, le mot a le sens de syst&#232;me ou de mode de r&#233;tribution (en bien ou en mal, selon les cas) ad&#233;quat, puis de mani&#232;re, de condition ou de nature. Il s’agit, dans tous les cas, d’un &#233;talon.&amp;amp;nbsp;&#187;  Si je tente une interpr&#233;tation hi&#233;roglyphique de ce terme, MDH/midah se manifeste alors comme condensation des sens suivants : le tout, l’universel milieu, ou encore les eaux pour le mem ; la mamelle, l’&#233;coulement, la porte, pour le daleth ; et enfin l’ouverture, la b&#233;ance, ou encore le souffle, pour le h&#233;. Certaines des id&#233;es les plus essentielles de la pens&#233;e h&#233;bra&#239;que y sont ainsi inscrites, en suivant le fil de ces diff&#233;rents signifi&#233;s, avec insistance sur l'aspect nourricier, sur l'acc&#232;s au tout, sur l'ouverture.  &amp;amp;nbsp;  La racine de la mesure MDH/midah est le verbe mesurer MDD/m&#226;dad.   De lui fleurissent &#224; foison les middoth/MDWTh, lesquelles, bien que d&#233;j&#224; pr&#233;sentes dans le TaNaK au sens simple de mesures de la ville, de ses remparts, ne semblent prendre le sens de r&#232;gles herm&#233;neutiques, codifi&#233;es comme telles, que plus tard.   Ces r&#232;gles du midrash servent &#224; &#233;crire selon la halakah du roseau d’or du dieu. Il y a les sept d’Hillel, les treize de Rabbi Ishma&#235;l, les 32 de Rabbi Josu&#233; le galil&#233;en etc. A chaque fois ce sept (pl&#233;nitude), ce treize (unit&#233; de l’amour divin) et ce 32 (les 32 voies du cœur LB/lev qui sortent de la Thora, en jaillissent) ne sont pas anecdotiques.&amp;amp;nbsp;   &amp;amp;nbsp;  Quant au contenu explicite des r&#232;gles herm&#233;neutiques, on pourra en trouver un r&#233;sum&#233; succinct dans La litt&#233;rature rabbinique de M.R. Hayoun au chapitre trois : &#171;&amp;amp;nbsp;herm&#233;neutique, autorit&#233;s et litt&#233;rature rabbiniques&amp;amp;nbsp;&#187;. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment dans le Talmud ou sa Tosefta.  &amp;amp;nbsp;  Ce MDWTh/les middoth, les r&#232;gles tant de la conduite &#233;thique que de l’&#233;criture ont pour anagramme exacte DMWTh, demo&#251;th, la ressemblance, celle de la Cr&#233;ation de l’homme &#224; la ressemblance d’Elohim d&#232;s la Gen&#232;se, ou celle essentielle dans la mystique de l'œuvre du Char (les hay&#244;th et leurs ressemblances &#233;tant un midrash sur l'Adam primordial androgyne et ses ressemblances), ou dans la science des doubles, des ressemblances, ch&#232;re &#224; certains gnostiques ou au pasteur d'Hermas.   C’est dire si les sens ramifi&#233;s de ce concept de mesure en h&#233;breu vont loin, ce que le mot de &#171;&amp;amp;nbsp;canon&amp;amp;nbsp;&#187;, loin de l’h&#233;bra&#239;que QNH/qu&#226;neh, ne permet certes pas de deviner.   Parmi les r&#232;gles herm&#233;neutiques, il y a d’abord les sept d’Hillel l’ouvert, lesquelles se trouvent en Tosefta Sanh&#233;drin 7, tandis que les treize de Rabbi Ishma&#235;l se situent dans l'introduction au Sifra, les trente-deux de Rabbi Josu&#233; le galil&#233;en, quant &#224; elles, peuvent se lire en appendice (tosefta) &#224; B&#233;rakoth 32.   Outre ces r&#232;gles herm&#233;neutiques, middoth peut d&#233;signer les attributs divins, les mesures du dieu lui-m&#234;me mesure de toutes choses, de Sa cr&#233;ation, de par la gr&#226;ce du calame avec lequel il cr&#233;&#233; et o&#249; il met toute l'&#233;nergie de son &#226;me &#233;ternelle.  Cela indique qu’il y a bien un pont, &#224; emprunter et arpenter, entre la notion de mesure telle qu’elle s’esquisse chez les Grecs et la mesure que d&#233;veloppent les H&#233;breux, mesure int&#233;rieure, herm&#233;neutique, &#171;&amp;amp;nbsp;organique&amp;amp;nbsp;&#187;, non point li&#233;e ici &#224; la saisie de la nature ou de l’&#202;tre par sa mesure comme objet de la math&#233;matique, de la physique ou de la pens&#233;e pure.  Je le r&#233;p&#232;te, s’il n’y a pas &#224; proprement parler de canon au sens grec ici, il y a en revanche une puissante pens&#233;e de la mesure par l’&#233;criture, mesure des livres et des cit&#233;s, des assembl&#233;es et de leurs membres, de la Cr&#233;ation tout enti&#232;re enfin.  L’Apocalypse se souviendra de tous ces sens de la mesure et du roseau, les convoquant dans l’int&#233;rieur du Temple dans son chapitre 11 (mesure de l'autel/MZBHt/mizb&#234;(r)ha), comme dans celui de la cit&#233; sainte renouvel&#233;e en ses chapitres 21 et 22 o&#249; l'homme lui-m&#234;me, recr&#233;&#233;, apprend qui est &#224; la mesure de l'ange.  &#171;&amp;amp;nbsp;Et celui qui me parlait (&#224; Jean) avait pour mesure (LMDH/lemidah) un roseau (QNH/q&#226;neh) d'or (BZHB/baz&#226;h&#226;v), pour mesurer (LMD/l&#226;m&#244;d, qui peut &#234;tre lu comme le verbe LMD/l&#226;m&#234;d, enseigner, bien qu’il se construise &#224; partir de la pr&#233;position L + MD infinitif de MDD/m&#226;dad) la cit&#233; et ses portes et sa muraille.&amp;amp;nbsp;&#187; (Apocalypse 21, 15)  Disons juste que le roseau d’or en question est celui du scribe &#224; la main rapide comme le nomme un psaume, autrement dit celui du divin &#224; la terrible c&#233;l&#233;rit&#233; d’&#233;criture &#233;prouv&#233;e au creuset. Ajoutons toutefois que ce roseau d’or (QNH BZHB/q&#226;neh baz&#226;h&#226;v) a m&#234;me gR de 54 que l’alliance (BRYTh/berith) et les devarim (paroles, commandements divins), et est l'&#233;quivalent de la mesure elle-m&#234;me (HMDH a pour gC ce m&#234;me 54), ce qui, me semble-t-il, est une raison de plus de l'&#233;tudier en profondeur.  Je donne un ou deux autres exemples bibliques d’emploi de ce syst&#232;meh&#233;bra&#239;que de la mesure que l’Apocalypse portera &#224; son comble, puis je reprends :  &#171;&amp;amp;nbsp;Et je levai les yeux, et je regardai&amp;amp;nbsp;; et voici un homme, et dans sa main un cordeau &#224; mesurer.&amp;amp;nbsp;&#187; (Zacharie 2, 1)  Ou encore en plus universel sans doute&amp;amp;nbsp;:  &#171;&amp;amp;nbsp;Et l'&#201;ternel r&#233;pondit &#224; Job du milieu du tourbillon, et dit&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp;  Qui est celui-ci qui obscurcit le conseil par des discours sans connaissance&amp;amp;nbsp;?&amp;amp;nbsp;  Ceins tes reins comme un homme, et je t'interrogerai et tu m'instruiras&amp;amp;nbsp;!  O&#249; &#233;tais-tu quand j'ai fond&#233; la terre&amp;amp;nbsp;? D&#233;clare-le-moi, si tu as de l'intelligence.&amp;amp;nbsp;  Qui lui a &#233;tabli sa mesure (MY-ShM MMDYH/mi-som mmadeyh&#226;), - si tu le sais&amp;amp;nbsp;? Ou qui a &#233;tendu le cordeau sur elle&amp;amp;nbsp;?&amp;amp;nbsp;  Sur quoi ses bases sont-elles assises, ou qui a plac&#233; sa pierre angulaire (litt&#233;ralement ’BN PNThH/'even pinatha, fondement de c&#244;t&#233; ou tourn&#233;, de la racine PNH…),&amp;amp;nbsp;&#187; (Job 38, 1 &#224; 6)        Cette &#233;tude de IV Esdras et la suivante vont nous permettre de comprendre ce qui est commun aux sadduc&#233;ens, aux pharisiens, et aux nazar&#233;ens quant au sens de la mesure du Livre,   En fait, le livre en question est une biblioth&#232;que, c’est ainsi en tout cas qu’on pourrait le traduire en fran&#231;ais bien qu’en perdant, comme en grec, en latin etc. toutes les nuances du mot h&#233;bra&#239;que SPR comme narration, chiffrage, compte, d&#233;compte, livre et tout l'aspect concret de l'h&#233;breu quant au Livre, bien plus &#171;&amp;amp;nbsp;organique&amp;amp;nbsp;&#187;, corporel, que &#171;&amp;amp;nbsp;canonique&amp;amp;nbsp;&#187;.    et ce qui les diff&#233;rencie radicalement.Olivier THEBAULTExtrait de l'ouvrage Alchimie du Verbe tome 1</description>
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     <title>Alchimie du Verbe - par Webmaster le 17/12/2008 : 15:54</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=378</link>
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     <description>La boutique Pour commander en France cliquez: iciPour commander hors de France dans un pays de l'Union Europ&#233;enne cliquez: iciPour commander hors de l'Union Europ&#233;enne cliquez: ici</description>
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     <title>Retour aux choses s&#233;rieuses - par meknes le 21/11/2008 : 11:32</title>
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     <description>Retour aux choses s&#233;rieusesBas-relief repr&#233;sentant J&#233;sus et les Docteurs• Paul m'a tuer ?Le th&#232;me de la Loi versus la Gr&#226;ce remplit les biblioth&#232;ques depuis deux mill&#233;naires. On va donc veiller &#224; ne pas&amp;amp;nbsp; surcharger les rayons. Le texte qui suit entend simplement effleurer le sujet sous l'angle du rapport au midrash. En effet, la tradition juive ne conna&#238;t pas d'&#233;laboration de l'ampleur de celle de Paul autour de la notion de Gr&#226;ce ou de Justification. Elle ne conna&#238;t pas non plus d'&#233;laboration dans laquelle la Gr&#226;ce remplacerait la Loi. Une telle &#233;laboration semble m&#234;me impensable dans le Juda&#239;sme. Si le paulinisme &#233;tait le d&#233;veloppement d'une vaste &#233;laboration midrashique au sein m&#234;me du Juda&#239;sme, comment expliquer cet &#233;vanouissement de la loi et son remplacement par la Gr&#226;ce? Ne faut-il pas abandonner l'hypoth&#232;se midrashique pour revenir aux choses&amp;amp;nbsp; s&#233;rieuses et aux th&#233;ories bien &#233;tablies: Paul juif hell&#233;nis&#233;, Paul philosophe, crise du pharisa&#239;sme, etc ?&amp;amp;nbsp; Encore faut-il assigner un sens stable aux &#233;nonc&#233;s pauliniens, ce qui n'est pas si simple. Voyez vous-m&#234;me:...personne ne sera justifi&#233; devant lui par la pratique de la Loi (Rm 3,20)Vous le voyez : c'est par les œuvres que l'homme est justifi&#233; et non par la foi seule (Jc 2,24)ce ne sont pas les auditeurs de la Loi qui sont justes devant Dieu, mais les observateurs de la Loi qui seront justifi&#233;s (Rm&amp;amp;nbsp; 2,13)et cependant, sachant que l'homme n'est pas justifi&#233; par la pratique de la Loi, mais seulement par la foi en J&#233;sus Christ, nous avons cru, nous aussi, au Christ J&#233;sus, afin d'obtenir la justification par la foi au Christ et non par la pratique de la Loi, puisque par la pratique de la Loi personne ne sera justifi&#233;. (Ga&amp;amp;nbsp; 2,16)Tous ceux en effet qui se r&#233;clament de la pratique de la Loi encourent une mal&#233;diction. Car il est &#233;crit : Maudit soit quiconque ne s'attache pas &#224; tous les pr&#233;ceptes &#233;crits dans le livre de la Loi pour les pratiquer. (Ga 3, 10)R&#233;sumons : L'homme est justifi&#233; par les œuvres, mais personne n'est justifi&#233; par la pratique de la Loi. Les observateurs de la Loi seront justifi&#233;s. Pourtant l'homme n'est pas justifi&#233; par la pratique de la Loi. Enfin, ceux qui se r&#233;clament de la Loi encourent une mal&#233;diction, bien qu'il soit &#233;crit pour eux l'inverse: Maudit soit quiconque ne s'attache pas &#224; tous les pr&#233;ceptes &#233;crits dans le livre de la Loi pour les pratiquer.Le lecteur na&#239;f en &#233;tait rest&#233; aux Evangiles o&#249; le messie venait  accomplir la loi et non l'abolir. Curieusement le terme de gr&#226;ce est peu pr&#233;sent dans les Evangiles, il n'y figure pas comme concept. Certes Marie est pleine de gr&#226;ce et J&#233;sus dit des choses pleines de gr&#226;ce, mais jamais cette gr&#226;ce ne devient ce concept capable d'&#233;radiquer la Loi. Chez Paul, la gr&#226;ce conf&#232;re &#224; la Loi un signe n&#233;gatif. La Loi pourrait dire en quelque sorte: Paul m'a tuer. Encore tout n'est-il pas aussi simple car notre meurtrier, tout en &#233;tranglant la loi d'une main, trouve de l'autre le moyen de circoncire Timoth&#233;e (Ac 16,1-3), de respecter les proc&#233;dures relatives au nazir&#233;at (Ac 18,18; 21,17-26) d'observer la P&#226;que (Ac 20,6) ainsi que la Pentec&#244;te,&amp;amp;nbsp; de je&#251;ner &#224; Kippur (Ac 27,9) de pr&#233;senter des sacrifices au Temple (Ac 21,17-26 ) d'affirmer qu'il n'a jamais commis aucune faute contre la Loi des Juifs, ni contre le Temple (Ac 25,8) ni contre les coutumes des p&#232;res (Ac&amp;amp;nbsp; 28,17) et de nous expliquer que La Loi est donc sainte, et saint le pr&#233;cepte, et juste et bon (Rm 7,12). Et tout cela avec une rh&#233;torique talmudique (qui lui vient bien entendu de son ma&#238;tre Gamliel) Alors, par la foi nous privons la Loi de sa valeur?&amp;amp;nbsp; Certes non! Nous la lui conf&#233;rons (Rm 3,31). Sous ses apparences de doctrinaire, Paul est un sentimental, il a jet&#233; par dessus bord le superflu (la Loi) mais gard&#233; par affection&amp;amp;nbsp;pour son ma&#238;tre, l'essentiel: les ornements du pilpul: pollo mallon (&#224; plus forte raison, 'al aHat kama ve-Kama) tounantion (bien au contraire, adraba !) me genoito&amp;amp;nbsp; (Has ve-Halila! expression intraduisible: Certes non! Jamais de la vie!)• Le messie perdu et retrouv&#233;.En Lc 2 on nous raconte une histoire: celle de la perte du messie. Angoisse des proches. Finalement le messie qu'on croyait perdu est retrouv&#233;. Il &#233;tait tout simplement dans le Temple en train de discuter de la loi avec les Docteurs. Le messie s'&#233;tonne qu'on le cherche ailleurs que du c&#244;t&#233; de la Loi. Le bas relief pr&#233;sent&#233; plus haut est une des interpr&#233;tations artistiques de ce passage. L'int&#233;r&#234;t de cette interpr&#233;tation est de monter que le r&#244;le du messie&amp;amp;nbsp; est de d&#233;rouler enti&#232;rement la Loi et ainsi de la d&#233;voiler. C'est le m&#234;me verbe h&#233;breu: nigla. Notez qu'&#224; Purim, on doit d&#233;rouler enti&#232;rement la megila. C'est ce que les Evangiles appellent accomplir. C'est le contraire de abolir. Abolir serait&amp;amp;nbsp; le-baTel&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; (h&#233;breu: &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1496;&amp;amp;#1500; ) c'est pourquoi le messie affirme qu'il vient au contraire plonger le peuple dans la Loi, le &amp;quot;baptiser&amp;quot; le-Tobel (immerger: &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1496;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1500; ). Le r&#244;le du messie est donc purement eschatologique et n'a rien &#224; voir avec une discussion juridique sur la Loi. Le messie r&#233;v&#232;le ou d&#233;voile le sens de la loi qui est qu'&#224; la fin des temps elle doit &#234;tre all&#233;g&#233;e pour que tout le monde puisse entrer. Vous avez remarqu&#233; bien s&#251;r qu'outre le rouleau qui est d&#233;roul&#233;, le rideau du Temple est tir&#233; pour que tout soit visibleainsi que le nombre des Docteurs. Six. • Aux origines de la gr&#226;ce.Pour comprendre le cheminement qui a conduit Paul &#224; son &#233;laboration sur la Loi et la Gr&#226;ce, il nous faut faire un d&#233;tour par No&#233;. En effet, cette gr&#226;ce (h&#233;breu: Hen, &amp;amp;#1495;&amp;amp;#1503;) qui chez Paul va remplacer la loi, appara&#238;t&amp;amp;nbsp; dans la Bible dans l'&#233;pisode de No&#233; (&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1495;) dont il est graphiquement l'inverse.No&#233; avait trouv&#233; gr&#226;ce aux yeux de Yahv&#233;&amp;amp;nbsp; ve-noaH matsa Hen ...(Gn 6,8)Dans ce passage, Dieu s'aper&#231;oit que l'homme n'a pas un bon fond, que le yetser de l'homme est fondamentalement mauvais et il d&#233;cide d'effacer l'humanit&#233;. Toute ? Non, car&amp;amp;nbsp; No&#233; avait trouv&#233; gr&#226;ce aux yeux de Yahv&#233;. Comme ensuite la Bible nous dit que No&#233; &#233;tait juste, nous trouvons ici pour la premi&#232;re fois l'id&#233;e de la justification par la gr&#226;ce. No&#233; est donc li&#233; &#224; la gr&#226;ce (NoaH est l'anagramme de Hen) mais il l'est de mani&#232;re inexplicable. La Gr&#226;ce sera donc inexplicable et gratuite. Le midrash juif se posait d&#233;j&#224; la question de savoir ce qui avait valu &#224; No&#233; le Salut et son statut de Juste. Au fait, qu'avait-il donc fait de si m&#233;ritoire? Ne voyant rien, le midrash &#233;labore laborieusement ceci: No&#233; voyait ses contemporains peiner &#224; travailler la terre &#224; la suite de la mal&#233;diction d’Adam (&#224; la sueur de ton front ...). Il se demanda :&amp;amp;nbsp; comment pourrais-je les soulager dans leur labeur&amp;amp;nbsp; ? Alors No&#233; inventa la charrue. Ce serait par ce m&#233;rite d'avoir aid&#233; ses contemporains qu’il fut sauv&#233;. Mais il semble que cette &#233;laboration soit tardive. Selon les textes de Ginzberg, No&#233; fut sauv&#233; sans raison, par pure gr&#226;ce. Le midrash chr&#233;tien reprend lui-aussi cette solution et la d&#233;veloppe. No&#233; est juste &#224; cause du Hen. Il est sauv&#233; gratuitement avec un petit reste. Dans le midrash juif, No&#233; repr&#233;sente Isra&#235;l, dont le Salut restera toujours incompr&#233;hensible. En effet le Salut doit survenir au comble du mal, alors qu'il n'existe plus un seul juste, sinon la parole divine n'est pas v&#233;ridique. Mais dans ce cas, comment No&#233; peut-il &#234;tre dit Juste ? Le texte porte une contradiction, &#224; moins que tout cela n'ait &#233;t&#233; orchestr&#233; pour aboutir &#224; ceci:&amp;amp;nbsp; No&#233; a &#233;t&#233; rendu juste par gr&#226;ce. No&#233; est nomm&#233; de ce nom car il doit &amp;quot;consoler&amp;quot;.Il lui donna le nom de No&#233;, car, dit-il,&amp;amp;nbsp; celui-ci nous apportera, dans notre travail et le labeur de nos mains, une consolation tir&#233;e du sol que Yahv&#233; a maudit. Gn 5, 29Consoler de quoi ? De la mal&#233;diction (arara) divine frappant le sol. Celle du D&#233;luge ? Celle du travail p&#233;nible de la terre ? Celle du Deut&#233;ronome ? Surtout, No&#233; repr&#233;sente le moment de la Fin. La fin &amp;quot;actuelle&amp;quot; dans laquelle vit Paul est donc l'image de cette autre fin que fut le D&#233;luge et de cet autre recommencement que sera l'&#232;re post-diluvienne. Le Proph&#232;te Isa&#239;e y fait r&#233;f&#233;rence:Ces jours sont pour moi les jours de No&#233; (Is&amp;amp;nbsp; 54,9)et les Evangiles reprennent ce rapprochement:Comme les jours de No&#233;, ainsi sera l'av&#232;nement du Fils de l'homme. Mt 24, 37&amp;amp;nbsp;Et comme il advint aux jours de No&#233;, ainsi en sera-t-il encore aux jours du Fils de l'homme. Lc 17,26Avant les Evangiles, le Siracide avait fait de No&#233;, d&#233;j&#224;, un surgeon:No&#233; fut trouv&#233; parfaitement juste, au temps de la col&#232;re il fut le surgeon : gr&#226;ce &#224; lui un reste demeura &#224; la terre lorsque se produisit le d&#233;luge. Si&amp;amp;nbsp; 44, 17R&#233;sumons: Paul vit mentalement le temps de la Fin, il vit donc au temps de No&#233;. No&#233; est l'homme du d&#233;luge et de la Fin, mais aussi l'homme de l'Alliance d&#233;finitive. No&#233; est un proto-messie. Ginzberg rapporte un midrash o&#249; No&#233; est nomm&#233; MenaHem, nom messianique:&amp;amp;nbsp; le consolateur, le paraclet.&amp;amp;nbsp; No&#233;, c'est aussi l'homme de la Loi, mais d'une loi l&#233;g&#232;re (la loi Noachide) et qui a l'avantage comp&#233;titif de s'appliquer &#224; tous, m&#234;me aux pa&#239;ens. No&#233; peut ainsi rassembler et sauver les animaux (vous pouvez ici lire: pa&#239;ens). Dieu avait maudit la terre avec Adam, mais selon un midrash cit&#233; par Ginzberg, cette mal&#233;diction devait prendre fin d&#232;s qu'un enfant serait n&#233; qui rendrait la circoncision inutile. Or selon le midrash No&#233; est n&#233; circoncis. Encore une aubaine pour le midrash chr&#233;tien: la circoncision devient inutile pour qui est Juste. No&#233; met fin &#224; la mal&#233;diction d'Adam, il est donc un messie. Dieu d&#233;cide de maudire une nouvelle fois la terre par le D&#233;luge. Mais No&#233; &#233;chappe miraculeusement au D&#233;luge et ouvre la possibilit&#233; d'une humanit&#233; juste. Cette gr&#226;ce lui est conf&#233;r&#233;e sans raison. Mais comment passe-t-on de ce midrash sur la Gr&#226;ce &#224; l'abolition de la loi ? Pour le savoir nous allons nous transporter plusieurs si&#232;cles apr&#232;s Paul.• D&#233;tour par CardozoDans son ouvrage Sabbata&#239; Tsevi, le messie mystique, Gershom Scholem analyse le r&#244;le essentiel d'un marrane nomm&#233; Cardozo dans la gen&#232;se du sabbata&#239;sme. On sait&amp;amp;nbsp; que le syst&#232;me de Luria donnait un nouveau sens &#224; l'exil. Il devenait une mission par laquelle Isra&#235;l devait faire le tiqun du monde. La chute (l'exil, le d&#233;luge...) devient donc un concept essentiel. Elle est compar&#233;e par Cardozo (p.793) &#224; la chute d'un homme dans un puits profond. Tous ses membres sont meurtris. La gu&#233;rison ne peut &#234;tre d&#233;s lors obtenue que par un r&#233;gime s&#233;v&#232;re, celui de la Loi. Lorsque l'homme se r&#233;tablit, ce r&#233;gime s&#233;v&#232;re&amp;amp;nbsp; ne convient plus &#224; son &#233;tat, il devient m&#234;me contraire aux besoins du malade. Cardozo fait aussi usage du verset Is 60, 22&amp;amp;nbsp; : Moi, Yahv&#233;, en temps voulu j'agirai vite que Sanh&#233;drin 98a expliquait d&#233;j&#224; ainsi: Si Isra&#235;l le m&#233;rite, j'agirai vite, sinon le messie viendra en son temps. Ce verset semble anodin mais sa lecture par Cardozo est explosive: Puisque le messie doit maintenant venir en son temps, cela signifie qu'Isra&#235;l ne peut plus rien h&#226;ter par son m&#233;rite, quoi que fasse Isra&#235;l, cela n'a plus d'importance, en cons&#233;quence Dieu n'attend plus rien d'Isra&#235;l et notamment pas l'observance de la Loi. La loi actuelle ne correspond plus &#224; l'&#232;re messianique : quiconque d&#233;sire continuer &#224; servir Dieu de la mani&#232;re actuelle...d&#233;truit les plantations. Mieux : la loi orale avec ses six ordres correspond aux six jours de la semaine, l'&#233;poque messianique correspond au shabat. Accomplir la loi revient &#224; transgresser ce shabat (p.794). La question que nous nous posons est celle-ci: le raisonnement de Cardozo et celui de Paul puisent-ils &#224; la m&#234;me source ? On pourrait le penser. Les Evangiles font dire au chef de la synagogue, indign&#233; de ce que J&#233;sus e&#251;t fait une gu&#233;rison le sabbat: Il y a six jours pendant lesquels on doit travailler; venez donc ces jours-l&#224; vous faire gu&#233;rir, et non le jour du sabbat!&amp;amp;nbsp; • La Loi est venue pour que se multipli&#226;t la faute.A cot&#233; de la loi juste et bonne on aurait donc une loi mauvaise qui fait se multiplier la faute. Comment le savons-nous ? Par ce verset:La Loi, elle, est intervenue pour que se multipli&#226;t la faute (hina pleonas&#234; to parapt&#244;ma)mais o&#249; le p&#233;ch&#233; s'est multipli&#233;, la gr&#226;ce a surabond&#233; (Rm 5, 20)Ce verset pose un probl&#232;me, c'est que le &amp;quot;mais&amp;quot; n'a pas beaucoup de sens. Mais le plus grave c'est que le sens m&#234;me du verset d&#233;pend d'un petit mot grec hina traduit ici par &amp;quot;pour que&amp;quot; ce qui d&#233;note une intentionnalit&#233;. hina pleonas&#234; to parapt&#244;ma&amp;amp;nbsp; : pour accomblir la faute (accomblir est un concept artisanal qui signifie accomplir+mettre au comble). Nous allons prendre un moment pour creuser ce verset. Comment feriez-vous si vous deviez traduire le grec hina ? La premi&#232;re id&#233;e qui vient &#224; l'esprit, c'est de se dire que ce mot a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; traduit des milliers de fois dans la Septante. Il suffit donc de disposer d'un outil logiciel comme la BJ sur CD-Rom et de consulter tous les hina, avec l'h&#233;breu en face. Par exemple on a un hina d&#232;s Gn 3,3 : hina m&#234; apothan&#234;te traduit par: sous peine de mort. Tiens, hina pourrait traduire l'h&#233;breu pen: de peur que...? Autre exemple en Gn 19,15 :hina m&#234; sunapol&#234;: de peur d'&#234;tre emport&#233;. Comment &#234;tre certain que notre hina n'&#233;tait pas la traduction de l'h&#233;breu pen ? Dans ce cas, le sens du verset change et prend m&#234;me un peu de sens: La loi est intervenue de peur que le p&#233;ch&#233; ne se multiplie, mais (ce mais-l&#224; trouve d&#233;sormais un sens: &amp;quot;heureusement&amp;quot;) mais o&#249; le p&#233;ch&#233; s'est multipli&#233;, la gr&#226;ce a surabond&#233;. Par exemple, malgr&#233; le D&#233;luge d&#251; au comble de la faute, la gr&#226;ce accord&#233;e &#224; No&#233; &#224; pr&#233;valu. Mais &#224; l'avenir nous devrons &#234;tre prudents. Nous devrons d&#233;sormais soup&#231;onner chaque mot, chaque adverbe, chaque verbe, et m&#234;me chaque virgule ou pause. Car s'il suffit du sens d'un minuscule hina pour alt&#233;rer le sens global du texte paulinien, nous risquons &#224; tout moment le malentendu, voire le contresens. En fait, le sens de nombreux versets du corpus paulinien d&#233;pend de centaines de termes anodins comme : selon, sous, en vue de, pour...Et parfois comme on va le voir maintenant, il ne d&#233;pend m&#234;me pas d'un mot, mais d'un interstice.• Esprit, pause et ex&#233;g&#232;se.Car celui qui est mort est affranchi du p&#233;ch&#233; (Rm 6,7)Ce verset est un calque d'un &#233;nonc&#233; &#233;nigmatique que l'on retrouve plusieurs fois dans les textes talmudiques:apr&#232;s la mort, l’homme (adam) est exempt&#233; de la Loi et de la pratique des commandements.(kevan she-met adam na'asse Hofshi min ha-tora u min ha-mitsvot)&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1496;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1491;&amp;amp;#1488;&amp;quot;&amp;amp;#1512; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1503; (&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1508;&amp;amp;#1495;) &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1495;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1504;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1495;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514;Cet &#233;nonc&#233; curieux vient pour interroger un obscur fragment de Ps 88,6: libre parmi les morts. Les Docteurs&amp;amp;nbsp; du Talmud interpr&#232;tent cette &amp;quot;libert&#233;&amp;quot; des morts comme une incitation &#224; &#233;tudier la Loi de notre vivant, car ensuite il est un peu tard. D'o&#249; vient donc l'interpr&#233;tation paulinienne ? Pour le comprendre, il faut utiliser la pause, &#233;quivalent de la virgule, qui n'existe pas en h&#233;breu. Il faut faire une autre pause dans la phrase h&#233;bra&#239;que. Cela rel&#232;ve de la voix et donc du souffle (ou de l'esprit, si vous savez ce que c'est). Il ne faut pas marquer d'arr&#234;t apr&#232;s kevan she-met, mais apr&#232;s kevan she-met adam. Nous ne sommes pas exempt&#233;s apr&#232;s la mort, mais apr&#232;s la mort d'Adam autrement dit du messie.&amp;amp;nbsp; Nous lisons en effet quelques versets plus haut: quand Adam mourut, figure de celui qui allait venir (Rm 5, 14). Nous sommes donc devant une lecture pneumatique d'un &#233;nonc&#233; rabbinique. C'est la mort du messie pr&#233;vue&amp;amp;nbsp; par Isa&#239;e qui nous lib&#232;re de la Loi. Autrement dit, nous avons ici une &#233;laboration fond&#233;e sur Is 53, 5:Mais lui, il a &#233;t&#233; transperc&#233; &#224; cause de nos crimes, &#233;cras&#233; &#224; cause de nos fautes.&amp;amp;nbsp; Le ch&#226;timent qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la gu&#233;rison. Apr&#232;s la mort du messie, nous sommes donc affranchis de la Loi puisque le messie&amp;amp;nbsp; s'est charg&#233; de nos p&#233;ch&#233;s. Ce petit paragraphe montre simplement que l'&#233;tude de l'hypoth&#232;se&amp;amp;nbsp; midrashique pourrait bien aboutir &#224; un texte coh&#233;rent mais dont le sens serait bien &#233;videmment l&#233;g&#232;rement diff&#233;rent. Pour bien me faire comprendre, je vais prendre un autre exemple. Un passage du midrash sur les Psaumes &#233;nonce: Un jour l'union entre l'homme et la femme sera interdite. C'est une lecture &amp;quot;spirituelle&amp;quot; d'un passage de l'Exode, une gezera shava sur ce verset: Tenez-vous pr&#234;ts pour apr&#232;s-demain, ne vous approchez pas de la femme (Ex 19, 15). Si la femme est prohib&#233;e trois jours avant la donation de la Loi, &#224; plus forte raison dans les moments qui pr&#233;c&#232;dent la venue&amp;amp;nbsp; d&#233;finitive de Dieu &#224; la fin des temps. Si Paul se vit &#224; la fin des temps, et qu'il a cette tradition en t&#234;te, n'est-il pas logique qu'il aborde cette question et conseille:&amp;amp;nbsp;il est bon pour l'homme de s'abstenir de la femme (1Co 7,1)Vous sentez la diff&#233;rence ?• Un autre champ du midrash.Si le texte paulinien est un prolongement du midrash juif, comment se fait-il qu'on y trouve quelque chose qui ressemble &#224; une remise en cause de la loi ?&amp;amp;nbsp; Dans tous les textes juifs la loi est affect&#233;e d'un signe positif. Elle est la parole de Dieu. Or dans les textes pauliniens, la Loi semble affect&#233;e d'un signe n&#233;gatif. Comment est-ce possible ? Notre hypoth&#232;se est que la Loi n'a pas chang&#233; de signe par elle-m&#234;me, mais c'est que le champ du midrash est d&#233;sormais polaris&#233; autrement. L'espace a chang&#233;, nous sommes d&#233;sormais dans l'espace-temps de l'eschatologie. C'est&amp;amp;nbsp; seulement dans cet espace que la loi peut sembler &#234;tre affect&#233;e d'un signe n&#233;gatif. Les &#233;laborations pauliniennes explorent par la pens&#233;e ce qui se passe &#224; la fin des temps, dans l'eschatologie &amp;quot;r&#233;alis&#233;e&amp;quot;. Dans l'espace-temps de l'eschatologie des &#233;nonc&#233;s tels que ceux qui suivent sont possibles:• la Loi n'est pas juste (au sens o&#249; elle ne justifie pas le p&#233;cheur)• Elle est d&#233;ficiente car elle n'est pas valable pour tous (elle interdit l'entr&#233;e des pa&#239;ens)Dans le midrash juif la loi devait changer de sens &#224; la fin des temps. Il faut prendre le mot sens au sens presque &#233;lectrique du terme. Si on se place dans la perspective de la fin des temps, de nombreux &#233;nonc&#233;s apparemment antinomistes sont valides.• La nouvelle &#232;re n'a pas besoin de loi, la nouvelle loi &#233;tant inscrite directement dans les cœurs• La loi de la fin est l&#233;g&#232;re et universelle• la loi n'a pas r&#233;ussi &#224; nous prot&#233;ger de la chute• la loi n'est pas de taille face au yetser ha-ra'• nous n'avons plus besoin de loi, car nos fautes seront port&#233;es par le messie etc.Nous avons rencontr&#233; dans une autre &#233;tude un tel changement de polarit&#233;. Nous reproduisons ci-dessous un r&#233;sum&#233; de cette &#233;tude:• Affolement du champMa&#239;monide traite en plusieurs passages du statut du pros&#233;lyte. La question pratique est de savoir si le ger, le converti au juda&#239;sme, est en tout point &#233;gal au Juif. Ma&#239;monide r&#233;pond en affirmant l’indistinction absolue entre Juif et pros&#233;lyte:Le ger est consid&#233;r&#233; comme Juif en toutes choses.Voil&#224; accessoirement qui ressemble fort au ni juif ni grec de l'eschatologie paulinienne. Mais &#224; peine ce principe est-il pos&#233;, que la situation juridique du ger se met &#224; &#233;chapper &#224; tout contr&#244;le, et qu’&#224; l’inverse, son statut se met &#224; ob&#233;ir &#224; des r&#232;gles exorbitantes du droit commun. Vous allez assister en direct &#224; la naissance d'un monstre juridique, provoqu&#233;e par une exposition au champ de l'eschatologie.Le principe de l’&#233;galit&#233; absolue entre Juif et ger se sp&#233;cifie d’abord dans la pri&#232;re. C’est que la question se posait, par exemple, de savoir si un ger pouvait prononcer l’expression “Dieu de nos p&#232;res” figurant dans les pri&#232;res, sans mentir en quelque sorte. A cette question Ma&#239;monide r&#233;pond sans h&#233;sitation par l’affirmative: le ger peut &#233;noncer: Dieu de nos p&#232;res; la terre dont tu nous as fait h&#233;riter; ha’oss&#233; nissim la-avot&#233;nu (celui qui a accompli des miracles pour nos p&#232;res) etc. Ma&#239;monide utilise alors l’expression: Dieu a fait les miracles pour tes anc&#234;tres et les n&#244;tres, il n’y a pas de diff&#233;rence entre toi et nous. Ma&#239;monide fait r&#233;f&#233;rence ici &#224; une tradition bien connue: le ger est consid&#233;r&#233; comme un nouveau-n&#233; et donc, comme ayant perdu toute attache familiale ou biologique avec sa vie ant&#233;rieure. Cette tradition n’est pas de nature juridique, elle est de nature eschatologique.L’attraction du champ de l'eschatologie va maintenant se faire sentir par un ensemble de difficult&#233;s juridiques inextricables. Juridiquement parlant, en effet, un converti pourrait &#233;pouser sa propre m&#232;re biologique qui se serait elle aussi convertie. Cette dame n’est plus sa m&#232;re. Happ&#233; par le champ de forces de l’eschatologie, le raisonnement juridique est comme pris de folie. Le ger ne peut ainsi jamais h&#233;riter. Ni de son p&#232;re biologique rest&#233; pa&#239;en (ce n’est plus son p&#232;re) ni m&#234;me de son p&#232;re biologique converti. En effet, ce dernier une fois converti n’a plus d’attaches familiales avec lui. En un mot, toutes les r&#232;gles habituelles du droit commun sont boulevers&#233;es d&#232;s qu’on introduit le principe de la nouvelle naissance. Et ce, dans les moindres d&#233;tails de la vie quotidienne. Si bien que le principe de d&#233;part de Ma&#239;monide (pas de diff&#233;rence entre juif et ger) s’inverse: le statut du ger est maintenant totalement diff&#233;rent de celui du juif d'origine.Par exemple, pour t&#233;moigner valablement en justice en faveur d’un accus&#233;, il ne faut pas lui &#234;tre apparent&#233;.&amp;amp;#8200;Deux fr&#232;res pros&#233;lytes pourront pourtant t&#233;moigner l’un pour l’autre (ils ne sont plus fr&#232;res). Je vous fais gr&#226;ce du cas du meurtrier qui se convertit, vous vous doutez qu'on aura du mal &#224; le condamner. L'eschatologie a pris le pas sur le juridique. Tout se passe comme si les lois sur les gerim  avaient non seulement une origine diff&#233;rente, mais une force sup&#233;rieure aux autres. Or, c’est sur cette id&#233;e de hi&#233;rarchie des sources du droit que se fonde le midrash paulinien. Ma&#239;monide, on l’a vu, d&#233;duit l’&#233;galit&#233; absolue entre Juifs et gerim  de la commune paternit&#233; d’Abraham. Le midrash paulinien ne fait pas autre chose. Il r&#233;f&#232;rerait cette hi&#233;rarchie &#224; une ant&#233;riorit&#233; temporelle: la promesse &#224; Abraham &#233;tait ant&#233;rieure &#224; sa circoncision. Mais en fin de compte, le seul fondement de cette pr&#233;&#233;minence des gerim ne peut se d&#233;duire de la loi elle-m&#234;me, de la sph&#232;re du juridique, elle ne peut tenir sa l&#233;gitimit&#233; que de l’eschatologie. Or, comment Paul fonde-t-il la sup&#233;riorit&#233; de la foi sur la loi? Quel est l’objet de la foi d’Abraham? C’est la foi dans la promesse d’un fils, c’est-&#224;-dire d’un messie. Dans l’eschatologie juive, on sait que le messie jouit d’une ant&#233;riorit&#233; absolue puisqu’il est cr&#233;&#233; avant toute chose. Le messianisme rel&#232;ve donc d’une sorte de loi (torat ha-mashiaH) sup&#233;rieure, &#233;trang&#232;re et ant&#233;rieure &#224; la loi manifeste.Le caract&#232;re exorbitant des lois sur les gerim risquait de menacer la coh&#233;rence de l’ensemble de la Loi. C’est pourquoi les Rabbins ont r&#233;tabli, par mesure de sauvegarde, un certain rapport entre le ger et son pass&#233;. Vous pouvez &#234;tre totalement rassur&#233;s: un homme qui se convertit en m&#234;me temps que sa m&#232;re ne peut l’&#233;pouser. A contrario, on mesure ce que l’eschatologie repr&#233;sente comme puissance d’inversion, puisqu’elle a failli cr&#233;er dans le droit talmudique une r&#233;gression pr&#233;-pa&#239;enne. En effet, m&#234;me les pa&#239;ens pratiquent cet interdit de l’inceste, alors qu’ils sont suppos&#233;s ne pas avoir re&#231;u la Loi. Un comble. Il faut donc se rendre &#224; l'&#233;vidence. L'eschatologie est une inversion de toute chose. Elle affecte donc aussi la loi. Elle l'affole. En langage paulinien cela pourrait &#234;tre: Dieu frappe de folie la sagesse du monde.&amp;amp;nbsp;</description>
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     <title>L'art de la correspondance II - par Webmaster le 10/11/2008 : 22:50</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=368</link>
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     <description>L'art de la correspondance II•Viandes II.Comme tout le monde, vous vous demandez depuis votre plus tendre enfance pourquoi Paul r&#233;pond:&amp;amp;nbsp; nous avons tous la science, c'est entendu. Mais la science enfle; c'est la charit&#233; qui &#233;difie&amp;amp;nbsp; alors qu'on lui pose la question de savoir si on peut consommer les viandes immol&#233;es aux idoles. Nous tentons ici un d&#233;but de r&#233;ponse &#224; cette question. En 1Co, Paul est en train de traiter de l'important probl&#232;me du remariage des veuves, lorsque soudain et sans transition, il ressent le besoin de traiter d'un probl&#232;me non moins essentiel: celui des viandes immol&#233;es aux idoles. La Bible de J&#233;rusalem suppose que les Corinthiens &#233;taient divis&#233;s &#224; ce sujet, et qu'ils ont interrog&#233; Paul sur ce point. C'est qu'il faut en faire des suppositions pour donner un minimum de coh&#233;rence aux brusques virages de la pens&#233;e paulinienne. Ce qui est encore plus curieux, c'est la r&#233;ponse de Paul: sur le principe, on peut manger, mais dans la r&#233;alit&#233; il vaut mieux ne pas. Toujours plus curieux: Paul se soucie comme d'une guigne des d&#233;cisions du fameux &amp;quot;Concile de J&#233;rusalem&amp;quot; qui avait interdit, para&#238;t-il, ce type de viande aux pa&#239;ens:Qu'on leur mande seulement de s'abstenir de ce qui a &#233;t&#233; souill&#233; par les idoles, des unions ill&#233;gitimes, des chairs &#233;touff&#233;es et du sang. Ac 15, 20...vous abstenir des viandes immol&#233;es aux idoles, du sang, des chairs &#233;touff&#233;es et des unions ill&#233;gitimes (Ac 20, 29)•&amp;amp;nbsp;Une autre suppositionAu lieu de supposer que les Corinthiens &#233;taient divis&#233;s et qu'ils interrogeaient Paul &#224; ce sujet, nous allons supposer que Paul se pose ici une toute autre question: celle-l&#224; m&#234;me qui s'&#233;tait pos&#233;e &#224; El&#233;azar dans le second livre des Maccab&#233;es. On demanda &#224; cet Ancien de manger des viandes illicites en public et il refusa. Les autorit&#233;s eurent alors l'id&#233;e de le faire p&#233;cher par ruse.2M 6, 21-23. Ceux qui pr&#233;sidaient &#224; ce repas rituel interdit par la Loi le prirent &#224; part, car cet homme &#233;tait pour eux une vieille connaissance; ils l'engag&#232;rent &#224; faire apporter des viandes dont il &#233;tait permis de faire usage, et qu'il aurait lui-m&#234;me pr&#233;par&#233;es; il n'avait qu'&#224; feindre de manger des chairs de la victime, comme le roi l'avait ordonn&#233;, afin qu'en agissant de la sorte, il f&#251;t pr&#233;serv&#233; de la mort et profit&#226;t de cette humanit&#233; due &#224; la vieille amiti&#233; qui les liait. Mais lui, prenant une noble r&#233;solution, digne de son &#226;ge, de l'autorit&#233; de sa vieillesse et de ses v&#233;n&#233;rables cheveux blanchis dans le labeur, digne d'une conduite parfaite depuis l'enfance et surtout de la sainte l&#233;gislation &#233;tablie par Dieu m&#234;me, il fit une r&#233;ponse en cons&#233;quence, disant qu'on l'envoy&#226;t sans tarder au s&#233;jour des morts. &#192; notre &#226;ge, ajouta-t-il, il ne convient pas de feindre, de peur que nombre de jeunes, persuad&#233;s qu'&#201;l&#233;azar aurait embrass&#233; &#224; quatre-vingt-dix ans les mœurs des &#233;trangers,Dans ce texte El&#233;azar refuse de manger en public de la viande non parce qu'elle est illicite - il sait qu'elle est licite - mais parce que les autres ne le savent pas et pourraient croire qu'un Ancien enfreint la loi, donnant le mauvais exemple. Ce serait en r&#233;f&#233;rence &#224; ce cas que Paul &#233;nonce :Mais tous n'ont pas la science&amp;amp;nbsp; (1Co 8, 7)Mais prenez garde que cette libert&#233; dont vous usez ne devienne pour les faibles occasion de chute (1Co 8,9)Mais pourquoi Paul &#233;prouve-t-il le besoin de traiter du cas d'El&#233;azar ? Peut-&#234;tre pour&amp;amp;nbsp; r&#233;pondre&amp;amp;nbsp; &#224; une objection ou &#224; une r&#233;ticence. Que pourraient bien penser les pa&#239;ens de la fin des temps s'ils voyaient les Juifs (tout juste affranchis de la Loi par le messie) transgresser ouvertement la Loi en public ? Eux qui n'ont pas la science messianique, comment sauraient-ils que le messie est venu ?&amp;amp;nbsp; Et que la Loi est all&#233;g&#233;e, puisqu'ils n'ont pas la moindre id&#233;e de ce qu'est un midrash. On voit que pour Paul il s'agit d'un &#233;v&#233;nement purement int&#233;rieur. On aurait ici le d&#233;but&amp;amp;nbsp; d'une interrogation sur le probl&#232;me de la dissimulation messianique, question qui se reposera avec acuit&#233; lors de l'&#233;ruption sabbat&#233;enne.•&amp;amp;nbsp; GreffeDans sa correspondance (Romains 11, 17) Paul utilise une m&#233;taphore originale, celle de la greffe. Mais si quelques-unes des branches ont &#233;t&#233; coup&#233;es tandis que toi, sauvageon d'olivier tu as &#233;t&#233; greff&#233; parmi elles pour b&#233;n&#233;ficier avec elles de la s&#232;ve de l'olivierOriginale ? Sans aucun doute. Mais aucun commentateur ne nous a signal&#233; que Paul faisait ici un jeu de sens entre la greffe et la b&#233;n&#233;diction (berakha). Il est vrai que ce jeu de sens est plus visible dans ce passage du trait&#233; talmudique Yebamot 63a: R. El&#233;azar a dit : Que signifie le verset:&amp;amp;nbsp; Par toi se b&#233;niront (nibrekhu) tous les clans de la terre (Gn 12, 3) ? Le Saint b&#233;ni soit-il dit &#224; Abraham: J'ai deux belles pousses &#224; greffer (lehabrikh) sur toi : Ruth la Moabite et Naama l'Ammonite. tous les clans de la terre:&amp;amp;nbsp; tous les clans qui vivent sur terre&amp;amp;nbsp; ne sont b&#233;nies qu'en vue d'Isra&#235;l. Toutes les nations de la terre (Gn 18,18): m&#234;me les navires qui vont de Gaule en Espagne sont b&#233;nis en vue d'Isra&#235;l. Sources :&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1512; &amp;amp;#1512;' &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1494;&amp;amp;#1512; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1491;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1489; (&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1489;) &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1498; &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1512; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1489;&amp;quot;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1496;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1498; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1498; &amp;amp;#1512;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1492; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500; (&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1495;) &amp;amp;#1499;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1490;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1509; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493; &amp;amp;#1505;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1490;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1488; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;•&amp;amp;nbsp; Paul en athl&#232;te.&#201;z&#233;chias envoya des messagers &#224; tout Isra&#235;l et Juda, et &#233;crivit m&#234;me des lettres &#224; &#201;phra&#239;m et &#224; Manass&#233;, pour que l'on vienne au Temple de Yahv&#233; &#224; J&#233;rusalem c&#233;l&#233;brer une P&#226;que pour Yahv&#233;, le Dieu d'Isra&#235;l....Des courriers (ratsim) partirent, avec des lettres (igrot) de la main du roi et des officiers, dans tout Isra&#235;l et Juda. Ils devaient dire, selon l'ordre du roi : Isra&#233;lites, revenez &#224; Yahv&#233;...(2Ch 30,1sq) Les bonnes nouvelles, on l'a vu, sont port&#233;es par des lettres, mais aussi par des hommes qui portent ces lettres : des courriers ou des coursiers. En Esther, ces agents sont des ratsim (&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1501;) des gens qui &amp;quot;courent&amp;quot;.Sur l'ordre du roi, les courriers (ratsim) partirent dans les plus brefs d&#233;lais (Est 3,15)Nous trouverions l&#224; l'origine du vocabulaire &amp;quot;athl&#233;tique&amp;quot; de Paul: Ne savez-vous pas que, dans les courses du stade, tous courent, mais un seul obtient le prix?&amp;amp;nbsp; Courez donc de mani&#232;re &#224; le remporter (1Co 9,24)car ma course et ma peine n'auront pas &#233;t&#233; vaines. (Ph 2,16)Mais cette racine &amp;amp;#1512;&amp;amp;#1509; de la course serait aussi &#224; l'origine d'autres &#233;laborations du fait de sa proximit&#233; avec la racine du vouloir humain et de la faveur divine (&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1503;). Le hasard a voulu que ces trois sens apparaissent ensemble dans ce verset:Il n'est donc pas question de l'homme qui veut ou qui court, mais de Dieu qui fait mis&#233;ricorde (Rm 9,16)Paul cite en 2Co 6, 2 un verset d'Isa&#239;e 49,8 qui mentionne justement ce ratson (&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1510;&amp;amp;#1503;) le moment de la faveur divine:Au moment favorable (be'et ratson) je t'ai exauc&#233; ; au jour du salut, je t'ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut (2Co 6,2)L'&#233;laboration autour du terme ratson&amp;amp;nbsp; se comprend mieux si on s'avise que sa valeur est 52 soit celle du messie et qu'elle fait anagramme avec netser, terme lui-m&#234;me &#224; l'origine de l'&#233;laboration nazar&#233;enne. La course devient par simple m&#233;tonymie la bonne nouvelle elle-m&#234;me, la pr&#233;dication. Le davar doit aller jusqu'au bout de sa trajectoire qui est le messie, et il doit le faire vite, car les portes du ratson ne restent pas&amp;amp;nbsp; ind&#233;finiment ouvertes. Il y a une occasion, un kairos, les temps de la fin sont enfin venus, le jour de gloire est arriv&#233;. La course de Paul est un accomplissement de la proph&#233;tie, c'est pourquoi on trouve plusieurs occurrences dans lesquelles la notion de course et celle d'accomplissement sont conjointes:Enfin, fr&#232;res, priez pour nous, demandant que la parole du Seigneur accomplisse sa course&amp;amp;nbsp; (2Th 3,1)Au moment de terminer sa course (epl&#234;rou ton dromon), Jean disait ...&amp;amp;nbsp; (Ac 13, 25)&amp;amp;nbsp;j'ai achev&#233; ma course&amp;amp;nbsp; (2Tm 4,7)&amp;amp;nbsp;pourvu que je m&#232;ne &#224; bonne fin ma course (dromon)&amp;amp;nbsp; ... (Ac 20, 24)Paul &#233;tant aussi Pierre et Jean, ceux-ci font la m&#234;me course que Paul.Elle court alors et vient trouver Simon-Pierre, ainsi que l'autre disciple, celui que J&#233;sus aimait, et elle leur dit :&amp;amp;nbsp; On a enlev&#233; le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas o&#249; on l'a mis&amp;amp;nbsp; (Jn 20,2)..Ils couraient tous les deux ensemble. L'autre disciple (Jean), plus rapide que Pierre, le devan&#231;a &#224; la course et arriva le premier au tombeau&amp;amp;nbsp; (Jn 20,4)• Le tout.&amp;amp;nbsp;la pl&#233;nitude de celui qui est rempli, tout en tout&amp;amp;nbsp; (Ep 1, 23)( to pl&#234;r&#244;ma tou ta panta en pasin pl&#234;roumenou)On reconna&#238;t tout de suite, &#224; l'oreille, le style inimitable de Paul, c'est-&#224;-dire: r&#233;dig&#233; dans un excellent grec, qui se laisse traduire facilement en un fran&#231;ais limpide. Plus paulinien et plus grec, c'est difficile. On ne peut qu'essayer d'imiter ou de r&#233;p&#233;ter ce style tr&#232;s pur, et Paul lui-m&#234;me ne s'en prive pas:mais c'est le m&#234;me Dieu qui op&#232;re tout en tous. 1Co 12,6 (ta panta en pasin)afin que Dieu soit tout en tous. 1Co 15,28&amp;amp;nbsp; (ta panta en pasin)qui est au-dessus de tous, par tous et en tous. Ep 4,6&amp;amp;nbsp; (kai dia pant&#244;n kai en pasin)et je vous&amp;amp;nbsp; passe les &amp;quot;en pas&#234;&amp;quot;, les &amp;quot;epi panta&amp;quot;, et les &amp;quot;en pasi&amp;quot;. Aussi &#233;trange que cela paraisse ces effets de style proviendraient d'une &#233;laboration sur Gn 24, 1.Abraham &#233;tait alors un vieillard avanc&#233; en &#226;ge, et Yahv&#233; avait b&#233;ni Abraham en tout (bakol).Le Midrash nomm&#233; Bahir croit savoir que cette &amp;quot;b&#233;n&#233;diction&amp;quot; consista en une fille qu'Abraham aurait engendr&#233; et qui se serait appel&#233;e bakol. D'autres sources nous livrent des &#233;l&#233;ments plus pr&#233;cis: comme bakol &#233;quivaut par g&#233;matrie au mot fils, ce verset ferait r&#233;f&#233;rence &#224; la promesse d'un fils (lire: messie). Avec ce fils, Abraham a donc &#233;t&#233; combl&#233;. Paul utiliserait donc cette expression &amp;quot;en tout&amp;quot; pour que, le plus souvent possible, on lise ou entende le chiffre 52 du messie. Supposons un instant que notre hypoth&#232;se soit exacte, elle produirait alors, dans certains versets, des effets qui rendent au texte paulinien tout son humour:Paul dit alors :&amp;amp;nbsp; Ath&#233;niens, &#224; tous &#233;gards&amp;amp;nbsp; (kata panta, bakol) vous &#234;tes, je le vois, les plus religieux des hommes (Ac 17, 22)Paul parle-t-il ici &#224; des pa&#239;ens ou &#224; des Juifs ? A des pa&#239;ens, bien s&#251;r. Ils sont les seuls &#224; comprendre ces gamineries g&#233;matriques. Mais l'id&#233;e qu'il pourrait s'agir de Juifs n'est pas totalement absurde. En effet, en Rm 3, 1 Paul m&#233;dite sur&amp;amp;nbsp; cette grave question : Quelle est donc la sup&#233;riorit&#233; du Juif?&amp;amp;nbsp; Quelle est l'utilit&#233; de la circoncision?&amp;amp;nbsp; Voyez comment il y r&#233;pond:Grande &#224; tous &#233;gards (kata panta, ba-kol)&amp;amp;nbsp; D'abord c'est &#224; eux que furent confi&#233;s les oracles de Dieu (Rm 3, 2)Conclusion: Paul voit le messie dans toute l'Ecriture et, dans un style tr&#232;s hell&#233;nistique, il demande &amp;quot;tout le bakol&amp;quot;, tout le messie. Notez que la pri&#232;re juive qui suit les repas demande qu'Isra&#235;l soit b&#233;ni &amp;quot;comme les P&#232;res: bakol mikol kol&amp;quot;. Et les ex&#233;g&#232;tes de rappeler que le premier terme de cette &#233;tonnante trilogie vient de Gn 24,1; on vient de le voir, le second de Gn&amp;amp;nbsp; 27, 33 o&#249; Isaac dit: J'ai mang&#233; de tout (mikol) avant que tu ne viennes et je l'ai b&#233;ni, et il restera b&#233;ni! ) et le troisi&#232;me de Gn 33,11, o&#249; Jacob dit: Accepte donc le pr&#233;sent qui t'est apport&#233;, car Dieu m'a favoris&#233; et j'ai tout&amp;amp;nbsp; (kol) • Garder le d&#233;p&#244;t.En 1Tm 6, 20 Paul demande &#224; Timoth&#232;e de garder le d&#233;p&#244;t. Que signifie cette formule &#233;nigmatique ? Le &amp;quot;d&#233;p&#244;t&amp;quot; c'est parath&#234;k&#234; qui traduit l'h&#233;breu piqadon. Il s'agirait d'une &#233;laboration fond&#233;e sur le fait que Paul et Timoth&#232;e sont des sheliHim, des envoy&#233;s, des messagers. Or&amp;amp;nbsp; leur message semble remettre en question l'int&#233;grit&#233; de la Loi et des commandements. Ils pourraient donc &#234;tre accus&#233;s de tromper leurs compatriotes. Paul peut &#234;tre accus&#233; d'abandonner la Loi et les commandements. En effet, dans le juda&#239;sme on garde (shomer) les commandements. Dans le L&#233;vitique on trouve ce verset: Si quelqu'un p&#232;che et commet une fraude envers Yahv&#233; en trompant son compatriote au sujet d'un d&#233;p&#244;t (piqadon) d'une garde ou d'un retrait d'objet ... (Lv 5, 21). Or sheliHut yad&amp;amp;nbsp; signifie&amp;amp;nbsp; justement abus de confiance. Usage abusif d’un d&#233;p&#244;t, abus de confiance, d&#233;tournement, telles sont en effet les accusations contre Paul. C'est pourquoi d'ailleurs il passe son temps &#224; se justifier: Je n'ai convoit&#233; l'argent ni l'or, ni le v&#234;tement de personne (Ac 20, 33) Je me suis gard&#233; d'&#234;tre une charge pour vous, je ne vous encombrerai pas de ma personne, vous ai-je exploit&#233; ? (2Co 11, 9) etc. En 2Tm 1, 12 Paul &#233;nonce: j'ai la conviction qu'il est capable de garder mon d&#233;p&#244;t jusqu'&#224; ce Jour-l&#224;.&amp;amp;nbsp; M&#234;me sans la majuscule &#224; &amp;quot;Jour&amp;quot;, nous savons qu'il s'agit de la fin des temps. La r&#233;ponse de Paul serait donc qu'il garde, lui, la loi cach&#233;e pour la fin des temps. Alors que pour le Juda&#239;sme, Paul n'a pas agi en honn&#234;te banquier, &#224; partir du d&#233;p&#244;t juif il aurait fabriqu&#233; en quelque sorte des produits structur&#233;s.•&amp;amp;nbsp; Traces d'emprunts.Il nous est parfois difficile de cerner la pens&#233;e de Paul. Par exemple lorsqu'il donne ce conseil:Emportez-vous, mais ne commettez pas le p&#233;ch&#233; : que le soleil ne se couche pas sur votre col&#232;re (Ep 4, 26)Il s'agit en effet d'une &amp;quot;citation libre&amp;quot; d'un verset des Psaumes, lui-m&#234;me obscur:Fr&#233;missez et ne p&#233;chez plus, parlez en votre cœur, sur votre couche faites silence. Pause (Ps 4,5)Nous en sommes donc r&#233;duit aux conjectures. Dans la lettre aux Eph&#233;siens, Paul argumente au chapitre 2 sur l'entr&#233;e des Pa&#239;ens et sur leur r&#233;conciliation avec les Juifs.Ep 2, 12. rappelez-vous qu'en ce temps-l&#224; vous &#233;tiez sans Christ, exclus de la cit&#233; d'Isra&#235;l, &#233;trangers aux alliances de la Promesse, n'ayant ni esp&#233;rance ni Dieu en ce monde! Or voici qu'&#224; pr&#233;sent, dans le Christ J&#233;sus, vous qui jadis &#233;tiez loin, vous &#234;tes devenus proches, gr&#226;ce au sang du Christ.Inlassablement, Paul d&#233;velopperait ici un midrash sur l'opposition des Juifs &#224; la venue du messie dont le signe serait le refus de la conversion des pa&#239;ens et l'illusion de leur sup&#233;riorit&#233;. Paul ne cesse de reprocher aux Juifs de se penser comme les aristocrates de la Loi. Dans le verset qui pr&#233;c&#232;de imm&#233;diatement notre verset, Paul semble pr&#233;occup&#233; par des probl&#232;mes &#233;thiques, bien loin de toute eschatologie:&amp;amp;nbsp;que chacun dise la v&#233;rit&#233; &#224; son prochain pl&#233;sion traduit ici re'ehu. Ce &amp;quot;prochain&amp;quot; ne serait pas ici le voisin mais viserait les pa&#239;ens. Quittons un instant Paul pour une incursion dans le Midrash Rabba sur Ruth. Le Midrash sur Ruth est justement celui qui est centr&#233; sur l'entr&#233;e des pa&#239;ens &#224; la fin des temps. Voici le texte:R. Abba b. Kahana ouvrit son expos&#233;, par le verset : Fr&#233;missez et ne p&#233;chez plus, parlez en votre cœur, Sur votre couche faites silence (Ps 4, 5). David dit au Saint b&#233;ni soit-il : jusqu’&#224; quand enrageront-ils contre moi en disant : n'est-il pas d’une famille disqualifi&#233;e ? N'est-il pas un descendant de Ruth la Moabite ? Parlez en votre cœur, sur votre couche : vous aussi, ne descendez-vous pas de deux sœurs ? Le midrash lit ce verset des Psaumes comme : “voyez d’abord vos propres coucheries”&amp;amp;nbsp;et compare ensuite les deux filles de Lot, anc&#234;tres incestueuses de Moab, &#224; Rachel et L&#233;a, les deux sœurs dont Isra&#235;l est issu.Autrement dit : consid&#233;rez votre propre couche: voyez votre &amp;quot;sup&#233;riorit&#233; &amp;quot; et taisez-vous. Et Tamar, que prit votre anc&#234;tre Juda, n’est-ce pas l&#224; une descendance ill&#233;gitime ? N’&#233;tait-elle pas une descendante de Sem, fils de No&#233; ? Avez-vous donc vous-m&#234;me une descendance l&#233;gitime ? R. Jacob b. AHiya dit : la signification de ce verset des Psaumes est plut&#244;t : sois en col&#232;re contre ton mauvais penchant et ne p&#232;che plus. Nos Sages expliquent : sois en col&#232;re contre ton inclination au mal&amp;amp;nbsp; (yetser) et tu ne p&#233;cheras plus (Het). Ruth Rabba 8,1Vous noterez qu'il est naturel pour le midrash que dans un texte suppos&#233; commenter le livre de Ruth, on exhibe soudain un obscur verset des Psaumes. Que David lui-m&#234;me (le messie) le commente et le rapporte &#224; sa propre g&#233;n&#233;alogie. Des gens reprochent au messie de &amp;quot;venir par les pa&#239;ens&amp;quot;. Et David leur reproche leur fausse sup&#233;riorit&#233;. Sans avoir lu Paul. Voyez ensuite comment un non moins obscur Docteur vient siffler la fin de la r&#233;cr&#233;ation eschatologique et ramener l'ex&#233;g&#232;se &#224; une saine question de lutte contre l'inclination au mal. Deux questions pourtant: a-t-il, ce Docteur, vraiment quitt&#233; le th&#232;me des pa&#239;ens ? et Paul a-t-il vraiment quitt&#233; l'univers du Midrash pour s'incarner dans un personnage historique ? En conclusion: faire attendre son &amp;quot;prochain&amp;quot; est une lourde faute, surtout si on le fait attendre jusqu'&#224; l'arriv&#233;e du soleil (kebo hashemesh) c'est-&#224;-dire du messie.Tu ne retiendras pas le salaire de l'humble et du pauvre, qu'il soit d'entre tes fr&#232;res ou &#233;tranger en r&#233;sidence chez toi. Chaque jour tu lui donneras son salaire, sans laisser le soleil se coucher sur cette dette; car il est pauvre et il attend impatiemment ce salaire. Ainsi n'en appellera-t-il pas &#224; Yahv&#233; contre toi. Autrement tu serais en faute (Het)• L'alg&#232;bre du NTCar la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le v&#234;tement (Lc 12, 23)Au premier abord, cette phrase n'a rien de myst&#233;rieux. Elle traite de choses &#233;videntes, des choses de la vie quotidienne. Mais dans l'hypoth&#232;se midrashique qui est celle de la double entente, nous allons voir que m&#234;me ce verset traite d'eschatologie et que son d&#233;codage n'est pas simple. Cette phrase fait &#233;tat de deux sup&#233;riorit&#233;s: vie&amp;amp;gt;nourriture et corps&amp;amp;gt;v&#234;tement. Le midrash chr&#233;tien manipule avec brio, un certain nombre d'&#233;quations. Ces identit&#233;s remarquables, le midrash chr&#233;tien ne les invente pas, il les trouve dans le midrash juif. Voici une de ces &#233;quations: vie=messie. Elle ressort clairement dans les versets suivants:la Vie c'est le messie (Ph 1, 21)Qui a le Fils a la vie&amp;amp;nbsp; (1Jn 5, 12)• Jurer sur sa vie.Depuis Luther, chacun conna&#238;t la probl&#233;matique selon laquelle on ne saurait avoir prise sur Dieu. Cependant, Luther oublie un point aveugle:&amp;amp;nbsp; c'est que dans le Jud&#233;o-Christianisme, il semble bien qu'on ait fait pr&#234;ter serment &#224; la divinit&#233;. En effet, la promesse divine relatif &#224; l'envoi d'un fils (d'un messie) s'exprime toujours dans les textes par un serment solennel: Dieu jure &amp;quot;sur sa vie&amp;quot;, il ne peut donc se d&#233;dire, cette &amp;quot;vie&amp;quot; est donc la garantie, l'assurance tous risques de l'envoi du messie. Par ma vie, dit le Seigneur...&amp;amp;nbsp; (Rm 14,11)Dans l'AT, Dieu jure aussi sur sa vie: Hay ani ou Hay YHWH. Nous pouvons donc poser que vie= messie. Ce que confirment toute une s&#233;rie de versets:quand le Christ sera manifest&#233;, lui qui est votre vie (Col 3, 4)car la Vie s'est manifest&#233;e : nous l'avons vue&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; (1Jn 1, 2)Mais si Dieu jure par sa vie qu'il enverra un fils, il donne en quelque sorte sa vie en garantie, ce fils devient le garant de la vie de Dieu. On peut donc aller plus loin : fils= vie de Dieu, et de m&#234;me: non fils= non vie de Dieu. 1Jn 5, 12 insiste sur la logique : apr&#232;s avoir &#233;nonc&#233; :Qui a le Fils a la vie;&amp;amp;nbsp; le verset ajoute: qui n'a pas le Fils n'a pas la vie. Dieu pourrait donc en quelque sorte mourir (midrashiquement) si le messie ne vient pas. Cette lecture serait confirm&#233;e par un autre passage. En Habacuc 2, 4 on conna&#238;t ce verset : Le juste vivra par sa foi&amp;amp;nbsp; (emunato)&amp;amp;nbsp; ou par sa fid&#233;lit&#233; selon l'humeur du traducteur. Ce verset est reproduit trois fois dans le corpus: en Romains 1,17, en Galates 3, 11, et en H&#233;breux 10, 38 (ce chiffre trois devait sans doute plaire au r&#233;dacteur). Mais dans cette derni&#232;re occurrence, H&#233;breux suit la Septante qui n'est pas absolument fid&#232;le &#224; l'h&#233;breu, c'est le cas de le dire, mais nous transmettrait une le&#231;on ancienne.Or mon juste vivra par la foi&amp;amp;nbsp; (ou vivra de la foi en moi, selon l'humeur etc.)Ce verset conforte selon nous l'hypoth&#232;se que nous avions avanc&#233;e dans Comprendre les Origines du Christianisme et qui est que le Juste dont il est question ici, ne serait pas comme la quasi-totalit&#233; des commentateurs le pensent, l'homme juste. La lecture paulinienne de Habacuc serait proche de notre hypoth&#232;se du serment qu'on a fait faire &#224; la divinit&#233;. Ce Juste serait Dieu lui-m&#234;me dont la vie ne tient qu'&#224; la promesse du fils. Si cette promesse devait &#234;tre annul&#233;e, Dieu se renierait et sombrerait dans le n&#233;ant. C'est pourquoi H&#233;breux et la Septante ont &#224; la fin du verset de Habacuc la le&#231;on:&amp;amp;nbsp;et s'il se d&#233;robe, mon &#226;me ne se complaira pas en lui (Hb 10, 38)Le midrash juif lorsqu'il doit manipuler des notions aussi &#233;normes que &amp;quot;la vie de Dieu&amp;quot;, multiplie les expressions comme kibiakhol (si l'on peut dire, si on peut se permettre). Comme cette expression est difficilement traduisible en grec hom&#233;rique, ce serait encore une des raisons des particularit&#233;s du style paulinien.• Le donLe messie et la vie sont un don de Dieu, m&#234;me si c'est un don &amp;quot;promis&amp;quot;. &amp;amp;nbsp;c'est que Dieu nous a donn&#233; la vie &#233;ternelle et que cette vie est dans son Fils&amp;amp;nbsp; (1Jn 5, 11)D'o&#249; des &#233;laborations sur le messie comme don de Dieu, manne, pain de vie.• La R&#233;surrectionSi, &#233;tant ennemis, nous f&#251;mes r&#233;concili&#233;s &#224; Dieu par la mort de son Fils, combien plus, une fois r&#233;concili&#233;s, serons-nous sauv&#233;s par sa vie&amp;amp;nbsp; (Rm 5, 1) Dans ce verset, nous avons un d&#233;veloppement du syst&#232;me d'&#233;quations qui aboutit &#224; vie= r&#233;surrection. De m&#234;me:..afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie (2Co 5,4)• Hayim.En h&#233;breu, la vie c'est Hayim, un pluriel mais surtout un duel: deux vies, ce qui renvoie &#224; la vie future, et qui implique la r&#233;surrection. Il y a donc deux vies: la vie banale (si nous qui sommes dans le Christ n'avons d'espoir que cette vie, nous sommes les plus &#224; plaindre de tous les hommes 1Co 15,19) et la vie au sens du midrash, la vie &amp;quot;en esprit&amp;quot;, celle qui avale la mort. L'AT prenait soin d&#233;j&#224; d'accoler &#224; cette vie des termes messianiques:sefer&amp;amp;nbsp; Hayim : le livre de vie (sefer= 52)meqor Hayim : la source de vie (meqor =52)oraH Hayim ou derekh Hayim : chemin de vie (le pluriel de oraH vaut 52)mayim Hayim : eau vive&amp;amp;nbsp;'ets Hayim : arbre de vie.• Double entente.Si nous utilisons tout ce syst&#232;me d'&#233;quations, notre verset de Luc pourrait alors se lire non pas :Car la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le v&#234;tementMais: Car le messie est plus que la loi, et la doctrine du messie (guf) plus que le le Temple Cette traduction &#233;tant obtenue en rempla&#231;ant vie par messie, nourriture par loi, corps (guf)&amp;amp;nbsp; par guf: le principe essentiel et v&#234;tement par Temple.• Des TribunauxSi Paul se lamente de ce que ses chers Corinthiens n'ont pas leurs propres tribunaux:Et quand vous avez l&#224;-dessus des litiges, vous allez prendre pour juges des gens que l'&#201;glise m&#233;prise! Je le dis &#224; votre honte; ainsi, il n'y a parmi vous aucun homme sage, qui puisse servir d'arbitre entre ses fr&#232;res! (1Co 6, 1-2)C'est d'abord parce qu'il poursuit son dialogue avec le Deut&#233;ronome, il poursuit le d&#233;roulement de la loi:Prenez donc des hommes sages, perspicaces et d'exp&#233;rience dans chacune de vos tribus, que j'en fasse vos chefs. En ce m&#234;me temps je prescrivis &#224; vos juges :&amp;amp;nbsp; Vous entendrez vos fr&#232;res et vous rendrez la justice entre un homme et son fr&#232;re ou un &#233;tranger en r&#233;sidence pr&#232;s de lui. (Dt 1, 15-16)Trois versets apr&#232;s avoir &#233;voqu&#233; le probl&#232;me des Tribunaux, Mo&#239;se passe sans transition &#224; la faute des Explorateurs. Cette faute divise le peuple en deux camps, ceux qui croient &#224; la promesse et h&#233;riteront de la Terre et ceux qui n'y croient pas et n'h&#233;riteront pas. C'est pourquoi le texte paulinien prend lui-aussi un virage abrupt et passe sans transition des tribunaux &#224; ce clivage:Ne savez-vous pas que les injustes n'h&#233;riteront pas du Royaume de Dieu?&amp;amp;nbsp; (1Co 6,9)• Trois insouciances.L'&#233;trange voyage d&#233;crit au d&#233;but du second chapitre du Deut&#233;ronome est compris comme un voyage spirituel dans l'&#232;re messianique. Paul se devait donc donc de l'interpr&#233;ter. En Dt 2 Dieu dit aux H&#233;breux:&amp;amp;nbsp; Ne vous souciez pas de traverser des contr&#233;es hostiles: ne provoquez pas Edom, vous n'h&#233;riterez pas de leur terre, n'attaquez pas Moab, je ne vous donnerai pas leur territoire, n'attaquez pas Amon... Ces trois insouciances deviennent chez Paul ces trois choses dont il ne faut pas se soucier: Quelqu'un &#233;tait-il circoncis lors de son appel?&amp;amp;nbsp; qu'il ne se fasse pas de pr&#233;puce.L'appel l'a-t-il trouv&#233; incirconcis?&amp;amp;nbsp; qu'il ne se fasse pas circoncire (1Co 7, 18) &#201;tais-tu esclave, lors de ton appel?&amp;amp;nbsp; Ne t'en soucie pas (1Co 7, 21)• Paul explorateurNous utilisons souvent&amp;amp;nbsp; l'expression &amp;quot;Paul explore par la pens&#233;e...&amp;quot;. Cette expression est &#224; prendre &#224; la lettre. Paul est l'explorateur eschatologique, celui qui part en reconnaissance dans l'&#232;re messianique, &#224; la fin des temps. Comme c'est le messie qui devait, dans la tradition juive, faire entrer Isra&#235;l dans sa demeure finale, cette entr&#233;e dans la terre devient la m&#233;taphore de l'&#232;re messianique. C'est pourquoi notamment le messie chr&#233;tien s'appelle Josu&#233; (J&#233;sus) car c'est Josu&#233; qui fait entrer dans la terre promise. Les incessants voyages de Paul sont un midrash sur Nombres 13 qui traite de l'envoi des explorateurs afin de reconna&#238;tre la Terre Promise. Paul et ses collaborateurs sont les espions-explorateurs de Mo&#239;se et bien entendu ceux de Josu&#233;.Voyez ce qu'est le pays.... fort ou faible, clairsem&#233; ou nombreux...fertile ou pauvre, bois&#233; ou non.... Prenez des fruits du pays. (Nb 13, 18-20)Les H&#233;breux (sauf Caleb52 et Josu&#233;) sont trop prudents. Ils craignent l'entr&#233;e dans la Terre Promise (lire: dans l'&#232;re messianique). C'est pourquoi Paul ne cesse de les fustiger avec ironie:Nous sommes fous...vous &#234;tes prudents - dans le Christ (= en mati&#232;re de messianisme)La majorit&#233; des explorateurs a trouv&#233; que les habitants de Canaan sont trop forts. C'est pourquoi Paul ironiserait:nous sommes faibles, mais vous, vous &#234;tes forts (1Co 4, 10)Cette hypoth&#232;se sur &amp;quot;Paul explorateur&amp;quot; est confort&#233;e par le passage rapport&#233; en 2Co 11,32 dans lequel Paul est Caleb sauv&#233; par Rahab. Paul et les douze fils de Jacob ne cessent d'arpenter le monde. On se souvient que Joseph lorsqu'il les re&#231;oit en Egypte leur dit par trois fois qu'ils sont des &amp;quot;espions&amp;quot;. Le fran&#231;ais explorer renvoie en h&#233;breu &#224; plusieurs verbes: la-tur, la-regel, la-Hpor ou le-Haqer, or ce dernier verbe est un &#233;quivalent de li-drosh, racine du midrash.&amp;amp;nbsp; En Qo 1,13 le verbe la-tur est lui-aussi associ&#233; au verbe li-drosh. Dans le Siracide on se demande qui peut explorer la sagesse divine.La hauteur du ciel, l'&#233;tendue de la terre, la profondeur de l'ab&#238;me, qui peut les explorer (mi yeHaqer)?&amp;amp;nbsp; (Si 1, 3)Accessoirement, ce verset nous permet peut-&#234;tre d'expliquer l'origine d'un autre verset difficile des Ep&#238;tres:Ainsi vous recevrez la force de comprendre... ce qu'est la Largeur, la Longueur, la Hauteur et la Profondeur (Ep 3, 18)Puisque cette Terre Promise est l'&#232;re messianique, il faut l'explorer par la pens&#233;e dans toutes ses dimensions.cette ville dessine un carr&#233; : sa longueur &#233;gale sa largeur. Il la mesura donc &#224; l'aide du roseau, soit douze mille stades; longueur, largeur et hauteur y sont &#233;gales (Ap 21, 16)• La faute des explorateurs.Le juda&#239;sme conna&#238;t une tradition curieuse: Dieu aurait pardonn&#233; la faute du veau d’or, mais il n’aurait jamais pardonn&#233; la faute des explorateurs. Selon une tradition, le commandement des pr&#233;mices aurait le pouvoir de faire pardonner cette faute. Selon une autre source, la b&#233;n&#233;diction qui suit le repas serait de nature &#224; expier cette faute, puisqu'elle fait mention de ce remerciement adress&#233; &#224; la divinit&#233; &amp;quot;d’avoir mis nos p&#232;res en possession d’un pays fortun&#233; et fertile&amp;quot;. Le midrash juif lisait d&#233;j&#224; la faute des explorateurs comme une faute contre l'espoir messianique. Les dix explorateurs, qui sont aussi des chefs de tribus, ne croient pas aux temps messianiques figur&#233;s par l'entr&#233;e dans la Terre Promise. Leur faute serait non pas d'avoir menti sur ce qu'ils ont vu - ils ont scrupuleusement accompli leur mission - mais d'avoir eu ce mot malheureux: &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1505;&amp;amp;nbsp; (Nb 13,28, ephes signifie &amp;quot;mais&amp;quot; comme restriction mais aussi &amp;quot;jamais&amp;quot; au sens de &amp;quot;on n'y arrivera jamais&amp;quot;). Si une telle &#233;laboration a bel et bien exist&#233; dans le Juda&#239;sme, il est probable qu'elle a laiss&#233; des traces dans le midrash chr&#233;tien et pas seulement dans la lettre aux &amp;quot;Eph&#233;siens&amp;quot;. Ce serait peut-&#234;tre le sens du &amp;quot;p&#233;ch&#233; contre l'esprit saint&amp;quot;.Mais celui qui aura fait insulte au Saint-Esprit ne recevra jamais de pardon, car il est coupable d'un p&#233;ch&#233; &#233;ternel (Mc 3,29)&amp;amp;nbsp; // Mt 12,32 // Lc 12,10//Ac 5, 3L'entr&#233;e en terre promise ne serait pas autre chose qu'une &#233;laboration midrashique figurant l'id&#233;e messianique. • Le pays &#224; explorer.Le messianisme &#233;voque une vision int&#233;rieure en terme d’espace comme tout mysticisme.&amp;amp;nbsp; C’est toujours un lieu imaginaire que le mystique explore, un pardes ou un paradis. L'id&#233;e messianique est projet&#233;e dans un monde suprasensible poss&#233;dant une &#233;tendue, une topie. L'espace lib&#232;re du temps: il est r&#233;versible alors que le temps ne l'est pas, l'espace ne&amp;amp;nbsp; condamne pas &#224; la mort et &#224; la dissolution comme le temps. L'eschatologie visualise donc des lieux. D'o&#249; les descriptions d'Ez&#233;chiel et de l'Apocalypse. Elle imagine des cieux et des terres nouvelles et toutes les utopies imaginables. Les visionnaires sont en quelque sorte les &amp;quot;bons explorateurs&amp;quot;, ceux qui acceptent l'id&#233;e messianique et rach&#232;tent ainsi la faute des dix explorateurs h&#233;sitants. Ces visions sont souvent des reconnaissances. En effet, explorer l'espace-temps de l'eschatologie consiste &#224; scruter les signes et &#224; les reconna&#238;tre. Il s'agit de reconnaissance car les signes sont d&#233;j&#224; r&#233;pertori&#233;s dans l'Ecriture. Les proph&#232;tes ont d&#233;j&#224; balis&#233; le pays merveilleux. Mieux, m&#234;me les pa&#239;ens ont pr&#233;dit par visions les temps messianiques. Le r&#232;gne de mille ans et la nouvelle J&#233;rusalem c&#233;leste seront donc pr&#233;dits aussi par les Sibylles pa&#239;ennes: Teste David cum sibylla. Pour l'explorateur il ne s'agit pas de conna&#238;tre mais de reconna&#238;tre. C'est ce que fait Paul:Au moment favorable (be'et ratson) je t'ai exauc&#233; (Is 49,8) ; au jour du salut, je t'ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut (2Co 6,2)Petits enfants, voici venue la derni&#232;re heure. Vous avez ou&#239; dire que l'Antichrist doit venir; et d&#233;j&#224; maintenant beaucoup d'antichrists sont survenus : &#224; quoi nous reconnaissons que la derni&#232;re heure est l&#224;.Certains textes midrashiques, comme Hermas, parlent&amp;amp;nbsp; de similitudes, d'autres textes parlent directement de reconnaissances. Par exemple&amp;amp;nbsp; les Reconnaissances    du pseudo Cl&#233;ment, &amp;quot;roman chr&#233;tien&amp;quot; des premiers si&#232;cles. L'ouvrage met en sc&#232;ne Cl&#233;ment,&amp;amp;nbsp; qui se pr&#233;sente&amp;amp;nbsp; comme un jeune homme en qu&#234;te de certitudes, dont la famille dispers&#233;e se reconstituera au terme du r&#233;cit, &#224; la suite de retrouvailles romanesques qui sont justement ces &amp;quot;reconnaissances&amp;quot;. </description>
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     <title> Contribution au Jubil&#233; de Paul - par meknes le 30/10/2008 : 01:51</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=358</link>
     <guid>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=358</guid>
     <description>Contribution &#224; l'ann&#233;e PaulLogo du Jubil&#233; de Paul (noter les traces, preuve indiscutable de l'historicit&#233; de l'Ap&#244;tre) • Pas de traces de Paul. Vous ne le saviez peut-&#234;tre pas, mais depuis six mois nous sommes dans l'ann&#233;e Paul.&amp;amp;nbsp; Cette ann&#233;e se situe &#224; cheval sur 2008 et 2009 car Paul serait n&#233; en 8 ou 9. On ne sait pas tr&#232;s bien. Proposer notre modeste contribution au Jubil&#233; de Paul alors que l'hypoth&#232;se midrashique nous conduit &#224; postuler l'inexistence de l'int&#233;ress&#233; est une situation ... originale. Mais pas moyen de faire autrement. En dehors du Nouveau Testament en effet, pas de traces de Paul. Paul manque cruellement de traces, c'est pourquoi d'ailleurs, on a cherch&#233; r&#233;guli&#232;rement&amp;amp;nbsp; &#224; lui en fabriquer.&amp;amp;nbsp; Ainsi de sa fameuse correspondance avec S&#233;n&#232;que. Ou encore de la r&#233;cente &amp;quot;d&#233;couverte&amp;quot; de son tombeau. Non seulement Paul manque de traces, mais il est aussi insaisissable. Tel un savon, il nous glisse des mains &#224; chaque fois que nous pensons avoir saisi un de ses attributs. M&#234;me des attributs essentiels &#224; l'&#233;tablissement d'une identit&#233;. Ainsi de son nom. Avec Sa&#252;l, on croit tenir quelque chose. Et puis voila que m&#234;me ce nom se m&#233;tamorphose en Paul. Disparu Sa&#252;l.&amp;amp;nbsp;Parmi nos contributions, outre quelques articles de fond, nous organiserons une conf&#233;rence sur Paul au printemps et nous publierons d'ici quelques semaines un ouvrage qui reprend, notamment, l'ensemble des articles parus ici sur Paul. L'ouvrage aura pour titre:&amp;amp;nbsp; Paul &#224; Patras. • Trace de juda&#239;sme.Le texte des Actes nous rapporte un discours de Paul dans lequel celui-ci se pr&#233;sente &#224; haute voix:&amp;amp;nbsp;Je suis Juif. N&#233; &#224; Tarse en Cilicie, j'ai cependant &#233;t&#233; &#233;lev&#233; ici dans cette ville, et c'est aux pieds de Gamaliel que j'ai &#233;t&#233; form&#233; &#224; l'exacte observance de la Loi de nos p&#232;res, et j'&#233;tais rempli du z&#232;le de Dieu, comme vous l'&#234;tes tous aujourd'hui (Ac 22,3).Paul parle en h&#233;breu (hebraidi dialekt&#244;) et se pr&#233;sente en ish y&#233;hudi (an&#234;r Ioudaios). A peine pensons-nous d&#233;tenir un &#233;l&#233;ment stable, la Jud&#233;it&#233; de Paul, que le savon nous &#233;chappe &#224; nouveau des mains. Nous avons d&#233;j&#224; vu que cette expression ish y&#233;hudi s'explique par le fait que Paul est midrashiquement apparent&#233; &#224; Mardoch&#233;e. Mardoch&#233;e et Sa&#252;l sont en effet tous deux des fils de Qish. Ils sont tous deux des Benjaminites et des ish y&#233;hudi. C'est pourquoi Paul et Mardoch&#233;e&amp;amp;nbsp; font les m&#234;mes choses, ils envoient des lettres qui annoncent le messie. Curieusement, lors de la lecture de la megila d'Esther, au moment o&#249; le lecteur public arrive pr&#233;cis&#233;ment au verset ish y&#233;hudi haya etc...(Est 2,5) l'assembl&#233;e lit ce verset &#224; haute voix avant que le lecteur ne le lise &#224; son tour.• Tarse et Paul.Pourquoi les Actes &#233;prouvent-ils le besoin imp&#233;rieux de nous informer du lieu de naissance de Paul ? Nous avons vu qu'&#224; chaque fois que l'on nous donnait le lieu de naissance d'un personnage, comme c'est le cas pour Barnab&#233;, c'&#233;tait l'indice d'une &#233;laboration midrashique. Il en est de m&#234;me pour le m&#233;tier. Si Tarse &#233;tait une information historique banale et indiscutable, pourquoi J&#233;r&#244;me aurait-il &#233;t&#233; inventer que Paul est n&#233; &#224; Giscala (gush Halav) en Gallil&#233;e.&amp;amp;nbsp; Ici Tarse est la r&#233;sultante d'une condensation. Tarse renvoie phon&#233;tiquement &#224; Tarshish, car Paul est Jonas. Paul est aussi un tarsi (&amp;amp;#1496;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1497;) car ce terme d&#233;signe en h&#233;breu tardif un tisserand et que Paul est suppos&#233; tisser des tentes.• Traces d'un midrash gaulois.J&#233;r&#244;me dans une lettre dat&#233;e de 388 &#233;crit ceci &#224; une certaine Marcella:Je lisais derni&#232;rement les commentaires de Rh&#233;ticius, &#233;v&#234;que d'Autun sur le Cantique des Cantiques, que les H&#233;breux appellent Sir hasirim; et j'y ai trouv&#233; plusieurs passages insipides; mais, ce qui m'a &#233;tonn&#233;, a &#233;t&#233; de voir un homme de son caract&#232;re, et d'ailleurs &#233;loquent, prendre le mot tarsis pour la ville de Tarse, patrie de l'ap&#244;tre saint Paul; et l'or d'ophax pour saint Pierre, parce que cet ap&#244;tre est appel&#233; Cephas dans l'Evangile....Ne pouvait-il pas consulter quelqu'un qui s&#251;t l'h&#233;breu, et lui demander l'explication de ce qu'il n'entendait pas? Non, il a eu assez mauvaise opinion des autres pour croire qu'il n'y aurait personne capable de d&#233;couvrir ses erreurs.Ainsi notre Gaulois lisait le Cantique des Cantiques de mani&#232;re midrashique. Ses mains sont des globes d'or, garnis de pierres de Tarsis. Son ventre est une masse d'ivoire, couverte de saphirs (Ct 5, 14)Pour notre &#233;v&#234;que Gaulois, lorsque l'Ecriture parle de Tarshish, il s'agit &amp;quot;bien entendu&amp;quot; de Tarse et non de la pierre pr&#233;cieuse du m&#234;me nom. De m&#234;me pour le verset suivant:Ses jambes sont des colonnes d'alb&#226;tre, pos&#233;es sur des bases d'or (paz) pur. Son aspect est celui du Liban, sans rival comme les c&#232;dres.Notre Gaulois faisait donc du midrash, du &amp;quot;al tiqra&amp;quot;; lorsqu'il lit&amp;amp;nbsp; ke-paz&amp;amp;nbsp; (comme de l'or) il lit C&#233;phas, donc il lit &amp;quot;Pierre&amp;quot; qui est C&#233;phas. Ce que nous apprenons ici surtout, c'est qu'en 388, J&#233;r&#244;me ne sait d&#233;j&#224; plus ce qu'est le midrash, ce qui est un tout petit peu g&#234;nant quand on entend traduire la Bible.•&amp;amp;nbsp; Gamliel.Paul dit avoir &#233;t&#233; &#233;lev&#233; (pepaideumenos, du verbe paideu&#244;) aux pieds de Gamliel. La r&#233;troversion de ce terme conduit &#224; la racine h&#233;bra&#239;que du musar, et celle-ci est proche, phon&#233;tiquement, de celle de la pr&#233;dication, de la besora.&amp;amp;nbsp; J&#233;r&#233;mie utilise souvent cette racine:hivaseri...(&amp;amp;#1492;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1497;)&amp;amp;nbsp; corrige toi J&#233;rusalem (Jr 6,8)yisartani ve ivaser ....(&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1514;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1512;) Tu m'as corrig&#233;, j'ai subi la correction (Jr 31,18) Les Psaumes utilisent aussi cette racine:Lui qui reprend (yoser, grec paideu&#244;n) les peuples ne punirait pas?&amp;amp;nbsp; Lui qui enseigne (melamed) &#224; l'homme le savoir (Ps 94,10)malmad, c'est l'aiguillon, objet paulinien s'il en est. Enfin Isa&#239;e 18,5 nous parle d'un moment o&#249; le &amp;quot;boser&amp;quot; devient &amp;quot;gomel&amp;quot;. Que signifie ici la pr&#233;sence de Gamliel en liaison avec la racine du musar, de la correction? La racine GML est celle de l'accomplissement (Is 63,7) mais aussi celle de la r&#233;tribution et de la vengeance. Dieu, en ch&#226;tiant Isra&#235;l, le grandit et le sauve. C'est pourquoi on nous montre Paul (le petit) &amp;quot;grandir&amp;quot; gr&#226;ce &#224; ce gemul, au pied bienveillant de cette  divine correction. La Correction absolue annonce la venue messianique. On le voit par exemple dans ce verset des Psaumes.Retourne, mon &#226;me, &#224; ton repos, car Yahv&#233; t'a fait du bien (gamal)&amp;amp;nbsp; (Ps 11, 7)L'id&#233;e que la correction annonce la venue messianique peut sembler curieuse, mais dans le midrash, c'est une id&#233;e courante. Le Midrash Rabba sur Esther (prologue 11)&amp;amp;nbsp; avance l'id&#233;e que chaque fois qu'un verset commence par l'expression banale &amp;quot;et ce fut...&amp;quot; (en h&#233;breu : va-yehi) ce verset annonce des catastrophes. Et pour quelle raison ? Par jeu de mots: va-yehi est lu vay hi (malheur, il y eut). Autrement dit, chaque fois qu'un &#233;v&#232;nement historique pointe le bout de son nez, c'est une catastrophe pour Isra&#235;l. Un certain Samuel bar NaHman va jusqu'au bout de cette philosophie de l'histoire. Il soutient que si un verset commence par ve-haya (qui peut se lire : il y eut, mais aussi s'inverser en un futur: il y aura) c'est qu'il annonce un heureux &#233;v&#232;nement. On lui objecte alors de nombreux versets qui commencent par ve-haya et qui ne semblent pas annoncer quoi que ce soit de joyeux, comme celui-ci: et voici qu'advint (vehaya), quand J&#233;rusalem fut prise&amp;amp;nbsp; (Jr 38, 28). Voyez ce qu'il r&#233;pond : ce verset n'annonce pas une circonstance de lamentation, mais de joie, car en ce jour un consolateur est n&#233;, et Isra&#235;l a re&#231;u un ch&#226;timent pour ses iniquit&#233;s. Car ainsi a dit R. Samuel : Isra&#235;l a obtenu une expiation compl&#232;te pour ses p&#233;ch&#233;s le jour o&#249; le Temple a &#233;t&#233; d&#233;truit, comme il est dit: Ta faute est expi&#233;e, fille de Sion (Lm 4, 22).• Traces d'Andr&#233; &#224; Patras (et dans le drapeau anglais).On n'a toujours pas la moindre trace de Paul, mais on a retrouv&#233; la trace d'Andr&#233;. Et ceci dans un lieu inattendu: le drapeau anglais. Quel est le rapport entre Andr&#233; et le drapeau anglais ? Andr&#233; est un modeste p&#234;cheur qui vit sur les  bords du lac de Tib&#233;riade. Un jour il est convi&#233; par J&#233;sus &#224; le suivre. Il convainc son fr&#232;re Simon (Pierre) de rejoindre &#233;galement le messie. Apr&#232;s l'ascension du Christ, l'Esprit Saint demande aux ap&#244;tres d'enseigner l'&#201;vangile &#224; toutes les nations. C'est ainsi qu'Andr&#233; va &#233;vang&#233;liser la Gr&#232;ce. Il va devenir le saint patron de la Russie et aussi de l'&#201;cosse. La croix de Saint-Andr&#233; se retrouve sur le drapeau de l'&#201;cosse, puis sur l'Union Jack, qui symbolise depuis le XVIIe si&#232;cle l'union de l'Angleterre et de l'&#201;cosse. Dans un apocryphe, Les Gestes du bienheureux ap&#244;tre Andr&#233; l’auteur, apr&#232;s plusieurs aventures, fait crucifier Andr&#233; &#224; Patras.&amp;amp;nbsp;  • E&#251;t-il exist&#233;.Supposons, c'est une hypoth&#232;se d'&#233;cole, que par miracle, une preuve historique irr&#233;futable de l'historicit&#233; de Paul surgisse soudain dans le champ de la science. Je ne sais pas ce que cela pourrait &#234;tre, une lettre d'un contemporain&amp;amp;nbsp; opportun&#233;ment retrouv&#233;e au fin fond de la Vaticane ou quelque chose dans ce genre. Nous serions alors bien oblig&#233;s d'accepter l'historicit&#233; de Paul. Tr&#232;s bien. Et ensuite ? Eh bien, il ne se passerait absolument rien. Paul aurait exist&#233;, mais nous ne saurions toujours rien de lui. En quoi cette existence historique nous permettrait-elle d'expliquer les textes que nous avons sous les yeux ?&amp;amp;nbsp; En rien. En quoi cette existence fantomatique nous permettrait-elle de mieux comprendre les apocryphes pauliniens ? En rien. En quoi le fait qu'un Paul ait exist&#233; nous permettrait-elle de comprendre la s&#233;paration entre Juda&#239;sme et Christianisme? En rien. L'existence historique de Paul ne nous sert &#224; rien,&amp;amp;nbsp; elle est donc m&#233;thodologiquement inutile. &amp;amp;nbsp;• Traces de particules pauliniennes apr&#232;s collision. Les Evangiles font advenir le messie et lui donnent un nom. Ces textes ne th&#233;orisent pas l'entr&#233;e des pa&#239;ens, mais ils la figurent par la gu&#233;rison des estropi&#233;s et autres idol&#226;tres. Les Evangiles ne th&#233;orisent pas&amp;amp;nbsp; non plus la gratuit&#233; du Salut et la justification. Le corpus Paulinien, en revanche , semble th&#233;oriser l&#224; o&#249; les Evangiles ne font que figurer. Paul ferait de la Th&#233;ologie. En r&#233;alit&#233; les deux &#233;laborations, les Evangiles et le Corpus paulinien reprennent le m&#234;me canevas. Mais les particularit&#233;s du Corpus paulinien permettent de mieux saisir l'origine de son &#233;laboration.Le midrash juif (par exemple le Midrash Rabba sur les Lamentations) conna&#238;t l'id&#233;e d'une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e au sein du peuple juif. Le comble est proche. Ce comble ce sont les tsarot. L'insistance avec lequel le texte Paulinien se r&#233;f&#232;re au Deut&#233;ronome permet d'avancer une hypoth&#232;se: Devant les tribulations de l'exil, de la pers&#233;cution romaine, des d&#233;portations,&amp;amp;nbsp; une partie du&amp;amp;nbsp; peuple juif a pens&#233; que ce qu'il&amp;amp;nbsp; vivait &#233;tait&amp;amp;nbsp; la r&#233;alisation de la mal&#233;diction &#233;nonc&#233;e par la tora : celle que le Deut&#233;ronome promet aux Juifs s'ils n'accomplissent pas tous les commandements de Dieu. Imperceptiblement, il est possible de glisser de cette id&#233;e &#224; une autre id&#233;e: c'est la tora qui nous condamne &#224; ce ch&#226;timent interminable. Nous ne sommes plus condamn&#233;s &#224; cause&amp;amp;nbsp; de&amp;amp;nbsp; la tora (du manquement &#224; la Loi) mais par la Tora en tant que Loi inflexible. Cette situation d'une punition qui n'en finit pas malgr&#233; tous les repentirs, ne peut aboutir qu'&#224; quelques sc&#233;narios assez pr&#233;visibles: Tout d'abord le sc&#233;nario antinomique, autrement dit la r&#233;volte contre ce Dieu qui apparait d&#233;sormais injuste. Ensuite le sc&#233;nario rabbinique.&amp;amp;nbsp; Face au comble, il est celui du retour &#224; la loi et au repentir, c'est le mod&#232;le du livre d'Esther: le je&#251;ne et la pri&#232;re feront cesser la pers&#233;cution et&amp;amp;nbsp; ce miracle&amp;amp;nbsp; est la figure du messie attendu. Enfin le sc&#233;nario messianique : le comble ayant &#233;t&#233; atteint, cette souffrance annonce la venue imminente du messie. Et, s'il le faut, on h&#226;tera la fin en faisant advenir le messie par midrash. Comme le montre l'histoire, il n'y a que deux issues aux mouvements messianistes. Soit le courant messianique reste faible et il se r&#233;sorbe dans la tradition majoritaire. Soit il atteint une &amp;quot;masse critique&amp;quot; et il fait exploser les cadres du Juda&#239;sme. Le courant traditionnel ne peut alors que se s&#233;parer de ce courant comme l'a montr&#233; l'&#233;pisode Sabatta&#239;ste. Le Juda&#239;sme actuel est le r&#233;sultat de la r&#233;action rabbinique &#224; l'explosion messianiste n&#233;e en son sein. (Je rappelle que chr&#233;tien signifie messianiste, mais je crains qu'il faille le rappeler jusqu'&#224; la fin des temps).Mais revenons &#224; la mont&#233;e en puissance de ce messianisme au sein du juda&#239;sme avant qu'il en soit exclu. La difficult&#233; de se repr&#233;senter ce courant consiste en ce qu'il se pr&#233;sente toujours par construction comme le v&#233;ritable juda&#239;sme. Il va simplement jusqu'au bout d'une logique qui dans le rabbinisme reste une virtualit&#233;. De m&#234;me qu'il est d&#233;licat de d&#233;terminer le moment pr&#233;cis o&#249; le Sabbata&#239;sme a diverg&#233; du Juda&#239;sme, il est impossible de d&#233;terminer un moment assignable o&#249; l'on pourrait dire: jusque-l&#224; ils &#233;taient juifs, maintenant c'est autre chose. D'autant que le messianisme chr&#233;tien manque de substrat historique. La&amp;amp;nbsp; rupture serait venue du rabbinisme, lorsque celui-ci refusa que l'eschatologie puisse jamais &#234;tre r&#233;alis&#233;e. Le sc&#233;nario rabbinique consiste &#224; renforcer la loi: c'est la fid&#233;lit&#233; &#224; la loi qui fera advenir le Salut. Le messianisme chr&#233;tien aboutit, lui, &#224; la fin de la Loi par un autre cheminement: Nous sommes actuellement punis. La Loi nous avait certes avertis : Tu seras dans l'effroi jour et nuit, Sans pouvoir croire en ta vie (Dt 28, 66) et donc la loi reste v&#233;ridique. La loi s'applique donc dans toute sa rigueur. Mais comme cette punition s'&#233;ternise, cela signifie que seule la venue du messie peut maintenant nous sauver. La loi, elle, semble&amp;amp;nbsp; ne plus pouvoir le faire. Etant au comble du ch&#226;timent nous sommes aux portes du Salut. Ce dernier a peut-&#234;tre m&#234;me commenc&#233;.&amp;amp;nbsp; Mais ce &amp;quot;peut-&#234;tre&amp;quot; va tendre &#224; devenir un &amp;quot;certainement&amp;quot; pour la raison suivante. Comme le messie devait, selon le midrash, all&#233;ger la loi, voire la supprimer, il vaut mieux qu'il soit d&#233;j&#224; en route, car du coup nous sommes lib&#233;r&#233;s de la mal&#233;diction de la Tora, cause de notre ch&#226;timent. Le raisonnement messianiste trouve dans la venue du messie la seule solution au probl&#232;me &amp;quot;actuel&amp;quot; de l'exil et du ch&#226;timent qui n'en finit pas. Il semble paraphraser Marx: Plut&#244;t une fin effroyable qu'un effroi sans fin.  Totalement inscrite dans l'eschatologie juive, la d&#233;marche messianiste ne vient pas d'un ailleurs du Juda&#239;sme, elle n'est pas le r&#233;sultat d'une influence ext&#233;rieure, elle prend appui sur la tradition juive pour la faire exploser de l'int&#233;rieur. Le Juda&#239;sme, parce qu'il est porteur du logiciel eschatologique, porte donc en lui l'explosion messianiste (Chr&#233;tienne, Sabbata&#239;ste, Islamique) comme la nu&#233;e porte l'orage.&amp;amp;nbsp;</description>
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     <title>Extensions du champ du Midrash - par meknes le 25/10/2008 : 21:48</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=352</link>
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     <description>Extensions du champ du midrashLe Ravissement de Paul (Domenico Zampieri 1608)• Extension du corpus paulinien.Bernard Dubourg a &#233;t&#233; le premier &#224; montrer que Paul &#233;tait le Sa&#252;l biblique. Notre enqu&#234;te sur les &#201;p&#238;tres nous a conduit &#224; &#233;mettre l'hypoth&#232;se que Paul &#233;tait aussi Mo&#239;se. Nous proposons dans cet article une extension de cette hypoth&#232;se. En effet, si, comme nous le proposons, Paul est un artefact midrashique forg&#233; pour figurer divers personnages (Sa&#252;l, Jonas, Mardoch&#233;e, Mo&#239;se ...) il est possible que la distinction entre corpus paulinien et Ep&#238;tres dites catholiques ou Johanniques&amp;amp;nbsp; n'ait plus beaucoup de sens. On pourrait tout aussi bien attribuer &#224; Paul l'ensemble des lettres. Par &amp;quot;Paul&amp;quot;, il faut bien entendu comprendre un courant producteur de midrash au sein du juda&#239;sme, et non un personnage historique nomm&#233; Paul. Notre probl&#232;me ici n'est pas de faire de l'histoire. Nous laissons bien volontiers aux historiens le soin de reconstituer l'histoire des premiers textes chr&#233;tiens, celle du Canon, et donc la question de savoir comment nous en sommes arriv&#233;s &#224; la notion actuelle de &amp;quot;corpus paulinien&amp;quot; (&#224; quelles dates les Lettres furent r&#233;dig&#233;es, dans quel ordre, etc. ). L'hypoth&#232;se midrashique a d&#233;j&#224; la lourde t&#226;che d'essayer d'expliquer le sens de ces textes et leur mode de production. Nous sommes donc soulag&#233;s de ne pas avoir en plus &#224; expliquer certains &#233;l&#233;ments d'ordre mat&#233;riel comme par exemple l'ordre du classement de ces lettres. Dans vos Bibles en effet, ces lettres sont class&#233;es par ordre de longueur d&#233;croissante, comme les sourates du Coran. Le p&#233;rim&#232;tre du corpus paulinien et sa datation sont un autre casse-t&#234;te. Quand on pense que les Actes ne font aucune mention de la r&#233;daction des lettres de Paul on se dit qu'il faut souhaiter beaucoup de courage aux historiens du corpus, ils en auront besoin. Nous savons par exemple par le fragment de Muratori (qui date du VIIIe si&#232;cle mais recopie une liste des livres canoniques de la fin du IIe si&#232;cle) que certaines lettres n'&#233;taient m&#234;me pas re&#231;ues dans le Canon. Cette liste ne contient pas l'&#201;p&#238;tre aux H&#233;breux, ni celle de Jacques, ni celles de Pierre, ni la 3e de Jean. Alors qu'Hermas en fait partie.• Polymorphie de Paul.Revenons &#224; Paul. Il ne serait pas seulement Sa&#252;l ou Mo&#239;se, mais selon notre hypoth&#232;se midrashique &#233;tendue, il serait aussi tous les personnages auxquels nous attribuons les lettres dites Catholiques (Pierre, Jean, Jacques et Jude). Il suffit pour le voir de changer notre regard sur ces Lettres. Mais savons-nous voir ce qui est sous nos yeux ?&amp;amp;nbsp; Si Paul est le Grand Pr&#234;tre eschatologique, il est Aaron. Mais dans le NT, Aaron a lui-m&#234;me &#233;t&#233; &amp;quot;&#233;labor&#233;&amp;quot; sous le nom de K&#233;phas ou Simon-Pierre (cette h&#233;sitation dans la nomination traduit &#224; elle seule une &#233;laboration) Paul serait donc aussi Simon-Pierre, alias Kephas. 1P et 2P feraient donc partie du corpus paulinien. Apr&#232;s tout, Pierre est, tout autant que Paul, l'ap&#244;tre des gentils:Apr&#232;s une longue discussion, Pierre se leva et dit : Fr&#232;res, vous le savez : d&#232;s les premiers jours, Dieu m'a choisi parmi vous pour que les pa&#239;ens entendent de ma bouche la parole de la Bonne Nouvelle et embrassent la foi (Ac 15,7)Et il existe toute une litt&#233;rature dite pseudo-cl&#233;mentine o&#249; Pierre remplace Paul.• Paul et Jacob-Isra&#235;l.Nous avons vu dans l'article &amp;quot;d'Andronicus &#224; Epim&#233;nide&amp;quot; qu'un personnage comme Andronicus pouvait servir&amp;amp;nbsp; de support &#224; la figure de Jacob nomm&#233; aussi Isra&#235;l. Paul est aussi Jacob car il est une figure d'Isra&#235;l. Ce serait la raison pour laquelle nous trouvons une Lettre de &amp;quot;Jacques&amp;quot;.• Paul jud&#233;en. Paul &#233;tant Jud&#233;en, il est li&#233; &#224; Juda.&amp;amp;nbsp; S'il avait pu, le NT aurait m&#234;me effac&#233; compl&#233;tement le nom de Juda. Mais c'est impossible. Il y aura donc le bon et le mauvais Juda, il faudra simplement pr&#233;ciser: pas l'iscariote (Jn 14, 22). Paul sera donc reli&#233; &#224; Juda. Il n'y a pas moyen de faire autrement:Pars, reprit le Seigneur, va dans la rue Droite et demande, dans la maison de Judas, un nomm&#233; Saul de Tarse. Car le voil&#224; qui prie (Ac 9,11)   Ce serait la raison pour laquelle nous trouvons une lettre de Jude &#224; c&#244;t&#233; des lettres de Paul. Jude est en effet Juda, le fils de Jacob :&amp;amp;nbsp; Jude surnomm&#233; Barsabbas. Or Barsabbas signifie fils du vieux, c'est-&#224;-dire fils de Jacob (Jacob est nomm&#233; vieux, zaqen, en Gn 44, 20 ). Ascension d'Elie• Paul en &#201;lie.Paul est enfin &#201;lie, ce qui expliquerait la pr&#233;sence de lettres de Jean aux c&#244;t&#233;s de celles de Paul. En tant que Mo&#239;se de la fin, Paul est en effet le pr&#233;curseur de Josu&#233;. Pr&#233;curseur du messie, il doit donc reprendre les r&#244;les d'Elie et donc de Jean Baptiste. Nous avons vu en effet que Jean n'est qu'une &#233;laboration sur &#201;lie, car &#201;lie est la figure m&#234;me du pr&#233;curseur. Si nous relisons maintenant r&#233;trospectivement les Actes &#224; la lumi&#232;re de cette hypoth&#232;se nous comprenons mieux pourquoi Paul ressuscite un enfant nomm&#233; Eutyque en Ac 20,8.&amp;amp;nbsp; Ce passage ne peut s'expliquer par les attributs de Sa&#252;l ou de Mo&#239;se, il ressemble trop &#224; 1R 17,17 dans lequel &#201;lie ressuscite le fils de la veuve.&amp;amp;nbsp; L'&#233;quation Paul=&#201;lie explique aussi le ravissement de Paul qui est le calque de l'enl&#232;vement d'&#201;lie. Paul en effet est enlev&#233; dans les 'arabot qui sont devenues, on pouvait s'y attendre, l'Arabie (Ga 1, 17). Enfin, de m&#234;me que l'adjoint d'Elie (Elis&#233;e) baptisera Naaman, l'adjoint de Paul/Elie (Philippe) baptisera un pa&#239;en eunuque.• Un peu de surd&#233;termination.Une coutume bien connue dans le Juda&#239;sme veut que lors du repas pascal (le seder) on laisse la porte ouverte. Que celui qui le veut vienne et entre, dit la Hagada. Il s'agit des pa&#239;ens. Mais on attend aussi un autre invit&#233;: le proph&#232;te Elie. On remplit m&#234;me sa coupe de vin (kos eliyahu)&amp;amp;nbsp; car on pense que ce soir-l&#224; il peut&amp;amp;nbsp; venir &#224; tout moment. Ce serait aussi la raison pour laquelle Paul peut parler des portes qui lui sont ouvertes:Car une porte y est ouverte toute grande &#224; mon activit&#233; (1Co 16,9)&amp;amp;nbsp;bien qu'une porte me f&#251;t ouverte (2Co 2, 12)• Bon souvenir.Dans de nombreuses sources juives la r&#233;surrection des morts est li&#233;e au retour d'&#201;lie et &#201;lie lui-m&#234;me est li&#233; &#224; la bonne m&#233;moire (zakhur le tob):la r&#233;surrection des morts viendra par Elie, de bonne m&#233;moire&amp;amp;nbsp; (Mishna Sota 9, 15). ce qui expliquerait ce passage:&amp;amp;nbsp;Timoth&#233;e ...dit que vous conservez toujours de nous un bon souvenir, que vous aspirez &#224; nous revoir&amp;amp;nbsp; (1Th 3,6)• Autres attributs d'&#201;lie.&#201;lie est z&#233;l&#233; pour la loi et Paul le sera donc &#233;galement :et j'&#233;tais rempli du z&#232;le de Dieu, comme vous l'&#234;tes tous aujourd'hui (Ac 22, 3)...quant au z&#232;le, un pers&#233;cuteur de l'&#201;glise (Ph 3,6)&#201;lie est un rassembleur d'Isra&#235;l. Or nous avons vu que Paul rassemble les 12 tribus par midrash.&#201;lie prit douze pierres, selon le nombre des tribus des fils de Jacob, &#224; qui Dieu s'&#233;tait adress&#233; en disant :&amp;amp;nbsp; Ton nom sera Isra&#235;l Elie pr&#233;side aux circoncisons (voir l'article Imposition du nom). &#201;lie d&#233;tient aussi dans la tradition juive un r&#244;le plus inattendu : celui de d&#233;cisionnaire : il tranche et d&#233;cide du pur et de l'impur, et il est cens&#233; r&#233;soudre les questions halakhiques rest&#233;es pendantes &#224; la fin des temps. Or il semble (mais c'est peut-&#234;tre une simple impression) que Paul prend quelques d&#233;cisions sur la d&#233;licate question de la circoncision des pa&#239;ens.&amp;amp;nbsp; Paul tranche (si l'on peut dire) en mati&#232;re halakhique comme un nouveau Mo&#239;se ou comme l'&#201;lie attendu. Encore un mythe qui s'effondre, celui du &amp;quot;Concile de J&#233;rusalem&amp;quot;. Car si ce &amp;quot;concile&amp;quot; interdit aux pa&#239;ens venus au Christianisme les viandes consacr&#233;es aux id&#244;les, Paul lui les autorise et ce pour une raison elle aussi tr&#232;s midrashique. &#201;lie devait en effet, selon le midrash, accomplir la promesse dite &amp;quot;matir assurim&amp;quot;. Paul est &#201;lie, et donc il autorise. Enfin &#201;lie a l'avantage d'&#234;tre li&#233; &#224; des lettres : on trouve en effet la mention mikhtav &#233;liyahu (lettre d'Elie) en 2Ch 21, 12.• Extension du Nouveau Testament aux Maccab&#233;es.Dans un article r&#233;cent nous faisions l'hypoth&#232;se que Paul avait trouv&#233; dans les Maccab&#233;es le nom de Timoth&#233;e. Un de nos lecteurs trouve cette hypoth&#232;se un peu &amp;quot;raide&amp;quot; (je le cite). Qu'est-ce que Paul irait faire dans le Livre des Maccab&#233;es ? Notre lecteur ignore sans doute que ce livre est un livre chr&#233;tien.&amp;amp;nbsp; Il n'aura sans doute pas lu Saint Augustin. Dans son sermon n&#176; 300 &amp;quot;sur la f&#234;te des Saint Macchab&#233;es, martyrs&amp;quot;, Augustin nous apprend ceci: Le peuple juif &#233;tait chr&#233;tien puisqu'il &#233;tait le peuple de Dieu et le peuple du Christ. A ce titre les Macchab&#233;es &#233;taient chr&#233;tiens aussi. Mais en souffrant pour la d&#233;fense de la loi de Mo&#239;se ce qu'ont souffert pour le Christ les martyrs post&#233;rieurs &#224; l'incarnation, eux aussi m&#233;ritent le titre de martyrs chr&#233;tiens. La loi en effet contenait le Christ; il y &#233;tait voil&#233;, mais il n'y &#233;tait pas moins, et le Christ assure en personne que croire Mo&#239;se c'est le croire.Nous trouvons&amp;amp;nbsp; donc chez Augustin un certain nombre d'extensions&amp;amp;nbsp; qui permettent de faire de v&#233;ritables bonds en avant dans l'art d&#233;licat du syllogisme: Les Juifs &#233;taient chr&#233;tiens, les Maccab&#233;es &#233;taient des martyrs juifs , donc les maccab&#233;es &#233;taient des martyrs du Christ:Les Macchab&#233;es sont donc r&#233;ellement des martyrs du Christ. Aussi n'est-il ni d&#233;plac&#233; ni inconvenant, mais fort convenable, au contraire; de c&#233;l&#233;brer avec &#233;clat leur f&#234;te, surtout parmi les chr&#233;tiensPour le sermon complet: http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/sermons/sermons2/solpan/300.htm• Extension du midrash &#224; l'Ecriture.Nous avan&#231;ons l'id&#233;e que la pr&#233;sence du pneuma dans les textes n&#233;o-testamentaires &#233;tait l'indice d'une &#233;laboration midrashique. Lorsque Paul dit :&amp;amp;nbsp; je suis absent de corps; mais en esprit je suis parmi vous, il fait r&#233;f&#233;rence &#224; un midrash, celui du retour de Mo&#239;se. Quand J&#233;sus est emmen&#233; au d&#233;sert par l'Esprit, pour &#234;tre tent&#233; par le diable;il s'agit d'une &#233;laboration midrashique &#233;vidente. De m&#234;me les pauvres en esprit (hoi pt&#244;choi t&#244; pneumati ) sont les pauvres au sens du midrash, pas au sens de l'INSEE.&amp;amp;nbsp; En esprit (ba-ruaH) devient donc un &#233;quivalent de&amp;amp;nbsp; be-mashal (par midrash, par parabole, par exemple) ce qui expliquerait les occurrences de l'expression &amp;quot;en esprit et en v&#233;rit&#233;&amp;quot;. Cette expression renverrait &#224; une probl&#233;matique qu'on rencontre dans le midrash: emet mashal haya.&amp;amp;nbsp; Comme le mashal est introduit par l'expression le-ma ha-davar dom&#233; ? (&#224; quoi comparer ceci ? &#224; quoi la chose ressemble-t-elle ?) &amp;amp;nbsp;&#192; qui donc vais-je comparer les hommes de cette g&#233;n&#233;ration?&amp;amp;nbsp; &#192; qui ressemblent-ils? (Lc 7, 31)le verbe &amp;quot;ressembler&amp;quot; serait lui-m&#234;me l'indice d'une &#233;laboration midrashique (pneumatique selon le grec du NT). De proche en proche, toute l'Ecriture devient, pour le messianisme chr&#233;tien, &amp;quot;spirituelle&amp;quot; c'est-&#224;-dire midrashique. Ce serait le sens d'un passage obscur de la deuxi&#232;me &#224; Timoth&#233;e.&amp;amp;nbsp;Toute &#201;criture est inspir&#233;e. Le r&#233;dacteur de 2Tm 3,16 utilise une formulation qui ne facilite pas la traduction. Non seulement il utilise le terme &#201;criture au singulier ind&#233;fini,&amp;amp;nbsp; mais l’adjectif &amp;quot;inspir&#233;&amp;quot; (theopneustos) est lui-m&#234;me un hapax absolu. Il serait donc possible de comprendre ainsi: La bible enti&#232;re rel&#232;ve du ruaH&amp;amp;nbsp; et donc est un midrash. (Cf. En effet, nous savons que la Loi est spirituelle (Rm 7,14))• L'affaire Jann&#233;s et Mambr&#233;s.&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497; &amp;amp;#1493;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488;Puisque nous sommes dans les Lettres &#224; Timoth&#233;e, restons-y. On trouve en 2Tm 3,8 ce verset: &#192; l'exemple de Jann&#232;s et de Mambr&#232;s qui se dress&#232;rent contre Mo&#239;se, ils se dressent, eux aussi, contre la v&#233;rit&#233;, hommes &#224; l'esprit corrompu, sans garantie en mati&#232;re de foi. Le nom de ces deux opposants &#224; Mo&#239;se ne figurent pas dans l'AT. En principe, cela ne devrait pas poser de probl&#232;me. Mais le champ du dogme n'est pas structur&#233; comme vous le pensez. Cette absence de l'AT pose un grave probl&#232;me. Comment les noms de ces magiciens sont-ils arriv&#233;s sous la plume de Paul? hein ? Paul les a-t-il&amp;amp;nbsp; trouv&#233;s dans la tradition ? Mais cette hypoth&#232;se est dangereuse, elle est la porte ouverte &#224; toutes les d&#233;rives imaginables. En effet, dans ce cas, Paul ferait peut-&#234;tre r&#233;f&#233;rence &#224; un apocryphe, pire: &#224; un midrash, pire encore: &#224;&amp;amp;nbsp; l'&#233;crit d'une secte juive quelconque. Pour les fondamentalistes cela porterait un coup fatal au dogme de la sola scriptura. Non, la seule solution est la suivante: Paul a trouv&#233; le nom de ces opposants dans l'inspiration divine. En esp&#233;rant ainsi avoir &#233;chapp&#233; au midrash, nos fondamentalistes s'enfoncent sans le savoir dans le midrash jusqu'au cou. En effet, ils reprennent un proc&#233;d&#233; typiquement midrashique:Comment Rahab pouvait-elle savoir que les poursuivants des espions reviendraient au bout de trois jours ...c'est donc que l'esprit saint etc... &amp;amp;nbsp;• Extension du midrash &#224; la litt&#233;rature. Concluons sur nos Lettres de Paul. Le r&#233;dacteur de ces lettres en mettant quelques lettres sous les noms de&amp;amp;nbsp; Pierre, Jean, Jude et Jacques nous aurait laiss&#233; un indice que nous n'aurions pas su voir. Il aurait ainsi agi comme le h&#233;ros de Poe. La Lettre Vol&#233;e d'Edgar Poe (The Purloined Letter) est une nouvelle fond&#233;e sur la double entente. Edgar Poe imagine une intrigue dans laquelle son h&#233;ros vole &#224; une dame de qualit&#233; une lettre compromettante. Pour mieux la cacher aux policiers qui fouillent son h&#244;tel, il a l'id&#233;e de la mettre bien en &#233;vidence pour qu'ils ne la voient pas.  L'intrigue polici&#232;re renvoie en r&#233;alit&#233; &#224; un th&#232;me spirituel. Passionn&#233; par la polys&#233;mie, Edgar Poe traite du th&#232;me suivant: L'univers est parfait. Mais l'homme du commun ne voit pas cette perfection. C'est le po&#232;te qui seul peut comprendre cette perfection et la faire conna&#238;tre &#224; l'humanit&#233;. L'aveuglement des policiers qui cherchent vainement ce qu'ils ont sous les yeux est une parabole de l'aveuglement des hommes, incapables de saisir la perfection de ce qu'ils ont sous le nez.un mashal en quelque sorte. &amp;amp;nbsp;   </description>
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     <title>Marc le Gnostique - par meknes le 22/10/2008 : 12:02</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=351</link>
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     <description>MARC&amp;amp;nbsp; LE&amp;amp;nbsp; GNOSTIQUERaymonde ReznikovA Bernard DubourgLe personnage est connu par l’unique t&#233;moignage de l’&#233;v&#234;que Ir&#233;n&#233;e de Lyon, t&#233;moignage repris il est vrai par Hippolyte de Rome, Epiphane, Th&#233;odoret. Quel cr&#233;dit accorder &#224; un t&#233;moin aussi peu scrupuleux, rendu c&#233;l&#232;bre par ses fraudes, impostures, trafics et destructions de documents originaux, un digne pr&#233;d&#233;cesseur d’Eus&#232;be de C&#233;sar&#233;e&amp;amp;nbsp;?Il faut savoir que la connaissance des pratiques des gnostiques ne nous est parvenue que tronqu&#233;e, mutil&#233;e et d&#233;form&#233;e par la haine de notables pourfendeurs d’h&#233;r&#233;tiques, dont les &#233;crits ont &#233;t&#233; ensuite encore am&#233;lior&#233;s par le z&#232;le de pieux moines copistes incultes. De plus, les syst&#232;mes des gnostiques n’&#233;taient pas destin&#233;s &#224; &#234;tre divulgu&#233;s aux profanes. Il s’agissait de rituels secrets et d’enseignements &#233;sot&#233;riques dont la clef&amp;amp;nbsp; n’&#233;tait confi&#233;e qu’aux membres de la communaut&#233; lors des initiations. Marc, Marcos ou Marcus, disciple de l’Alexandrin Valentin, le plus fameux docteur de la Gnose, v&#233;cut &#224; la fin du second si&#232;cle de l’&#232;re vulgaire. Il fonda son &#233;cole en Asie Mineure. Tr&#232;s vite ses initi&#233;s essaim&#232;rent dans l’Empire Romain et c’est en Gaule qu’Ir&#233;n&#233;e leur d&#233;clara la guerre. La hargne et la haine d&#233;ploy&#233;es par l’&#233;v&#234;que de Lyon sont proportionnelles aux succ&#232;s remport&#233;s par la secte. Sous Marc Aur&#232;le, la vall&#233;e du Rh&#244;ne o&#249; vivait une importante colonie originaire d’Asie Mineure, devint une p&#233;pini&#232;re &#171;&amp;amp;nbsp;d’h&#233;r&#233;sies&amp;amp;nbsp;&#187; diverses&amp;amp;nbsp;; certaines dualistes, comme celle de Florin, alors que d’autres &#233;coles tendaient &#224; retourner vers un juda&#239;sme plus pur,&amp;amp;nbsp; par exemple celle des disciples de Blastus. Ir&#233;n&#233;e d&#233;crit Marc comme un sorcier, un s&#233;ducteur de femmes belles et riches, un corrupteur doubl&#233; d’un obs&#233;d&#233; sexuel, et j’en passe… Mais trop, c’est trop et l’exc&#232;s dans la description des turpitudes de l’accus&#233; discr&#233;dite le dossier du beno&#238;t procureur lyonnais. M&#234;me Hippolyte de Rome, peu suspect de sympathie envers Marc, d&#233;clare avec un semblant d’honn&#234;tet&#233; (hypocrite)&amp;amp;nbsp;:&#171;&amp;amp;nbsp;Le bienheureux presbytre Ir&#233;n&#233;e, qui s’est appliqu&#233; &#224; les r&#233;futer avec une grande libert&#233; de langage, a expos&#233; les bapt&#234;mes et les r&#233;demptions en question, racontant copieusement ce que font ces h&#233;r&#233;tiques. Il est vrai que certains d’entre eux, ayant lu ce qu’avance Ir&#233;n&#233;e, ont d&#233;clar&#233; n’avoir jamais entendu parler de ces choses&amp;amp;nbsp;; mais on leur apprend &#224; nier toujours.&amp;amp;nbsp;&#187; (1)Bernard Dubourg, dans le tome I de &#171;&amp;amp;nbsp;L’invention de J&#233;sus&amp;amp;nbsp;&#187; pr&#233;sente un tout autre visage du personnage diffam&#233; et dans son glossaire on peut lire&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp;Marc le Mage&amp;amp;nbsp;: gnostique maltrait&#233; par Ir&#233;n&#233;e dans son Contre les h&#233;r&#233;sies. Les calculs auxquels semble s’&#234;tre, en h&#233;breu, livr&#233; Marc le Mage rel&#232;vent tous de la Kabbale&amp;amp;nbsp;; mais Ir&#233;n&#233;e les transmet en grec, comme s’ils pouvaient &#234;tre longtemps performants dans cette langue&amp;amp;nbsp; (2) • Marc et la g&#233;matrieLa T&#233;trade plus &#233;lev&#233;e que tout, assure-t-il, venant des lieux invisibles et innommables, descendit elle-m&#234;me vers lui sous les traits d’une femme…&amp;amp;nbsp; (3)Celle-ci , &#233;vidente personnification de la Sagesse, lui enseigna que la divinit&#233; se cachait sous le symbole de quatre syllabes (combinaisons), compos&#233;es de trente &#233;l&#233;ments, trente lettres&amp;amp;nbsp;; et l&#224; Ir&#233;n&#233;e ajoute une pr&#233;cision int&#233;ressante&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp;… chacune de ces&amp;amp;nbsp; trente lettres a en elle-m&#234;me d’autres lettres qui servent &#224; la nommer… Et cela jusqu’&#224; l’infini. Pour appuyer sa d&#233;monstration le pol&#233;miste donne en exemple la lettre delta form&#233;e de delta + epsilon + lambda + tau + alpha. Marc enseignait donc un syst&#232;me de g&#233;matrie &#233;tendue&amp;amp;nbsp;; oui mais en quelle langue&amp;amp;nbsp;? Nous avons quatre syllabes de trente &#233;l&#233;ments. La premi&#232;re et la seconde syllabe, ou combinaison, sont compos&#233;es de quatre lettres, la troisi&#232;me de dix lettres, la quatri&#232;me de douze lettres. Voil&#224; qui rappelle de mani&#232;re d&#233;form&#233;e les sp&#233;culations des cabalistes sur le nom en quatre, douze, quarante-deux ou soixante-douze lettres.• TrenteParmi les divers moyens d’obtenir trente, les Marcosiens additionnent les nombres pairs 2 + 4 + 6 + 8 + 10, ou 8 + 10 + 12&amp;amp;nbsp;; ou encore ils additionnent &amp;amp;#945; + &amp;amp;#946; + &amp;amp;#947; + &amp;amp;#948; + &amp;amp;#949; = 15 + &amp;amp;#950; + &amp;amp;#951; (7 + 8) = 30&amp;amp;nbsp;; la suite des lettres de alpha &#224; &#233;ta de valeur 8 comme le Het , consid&#233;r&#233;e comme symbole de l’ Ogdoade. Toutefois il est n&#233;cessaire de skipper le 6, dont la lettre Fav (digamma ou stigma) a &#233;t&#233; supprim&#233;e de l’alphabet grec. Cette lettre fant&#244;me, le Vav h&#233;breu, Marc en fait &#171;&amp;amp;nbsp;le nombre insigne &#187; de Josu&#233; 3 car &amp;amp;#921;&amp;amp;#951;&amp;amp;#963;&amp;amp;#959;&amp;amp;#965;&amp;amp;#962; est compos&#233; de 6 lettres. En grec, le nombre 30, c’est la lettre lambda dont le nom, &#233;galement compos&#233; de 6 lettres, vaut&amp;amp;nbsp;: 30 + 1 + 40 + 2 + 4 + 1 = 78. Lambda correspond au LaMeD h&#233;breu, enfin presque car il se situe au onzi&#232;me rang dans l’alphabet et non au douzi&#232;me. Ce petit d&#233;tail perturbe consid&#233;rablement les d&#233;monstrations de Marc, remani&#233;es en grec par Ir&#233;n&#233;e, dans le but d’amener les sp&#233;culations sur le dod&#233;ca&#232;dre.&amp;amp;nbsp;L’heure elle-m&#234;me, qui est la douzi&#232;me partie du jour, se r&#233;partit en trente portions afin d’&#234;tre une image de la Triacontade. Le cercle du zodiaque comporte aussi 360 degr&#233;s, chacun des signes ayant trente degr&#233;s&amp;amp;nbsp;: ainsi, par le cercle, est conserv&#233; l’image de la conjonction du nombre douze avec le nombre trente. El&#233;mentaire mon cher Watson, sauf que le rapport entre 12 et 30 n’existe qu’ en h&#233;breu. Il existe aussi en base 4…(12 = 304). Le 30 est associ&#233; au Jour de l’An. Dans le rituel de Rosh ha Shanah, les vibrations des sonneries du Shofar sont regroup&#233;es par s&#233;ries de 30. Normal, une explication possible se trouve dans le Sepher Yetsirah&amp;amp;nbsp;:Il a fait r&#233;gner le lamed, Il lui a attach&#233; une couronne, Il les a multipli&#233;s l’un &#224; l’autre et a cr&#233;&#233; avec lui la Balance et Tishry.&amp;amp;nbsp; (4)En g&#233;matrie par rang le 1 Tishry = (1) + 22 + 21 + 20 + 10 = (1) + 73, soit 74 la valeur compl&#232;te de la lettre Lamed. La Balance, Maznym vaut 40 + 1 + 7 + 50 + 10 + 40 = 148, ou 74 x 2.Dans ce qui nous est parvenu, tr&#232;s alt&#233;r&#233; des &#233;crits de Marc, on peut encore d&#233;tecter certaines parent&#233;s avec le Sepher Yetsirah, principalement en ce qui concerne des permutations de lettres de l’alphabet.Parmi les diff&#233;rents calendriers utilis&#233;s dans l’antiquit&#233; classique, la p&#233;riode de 30 ans regroupait, pour les Egyptiens, les cycles de la lune par rapport au lever h&#233;liaque de l’&#233;toile Sothis (Sirius). Ils avaient observ&#233; qu’il fallait 30 ans pour que la lune revienne &#224; la m&#234;me place avec une m&#234;me phase. Cette p&#233;riode comptait 371 mois de r&#233;volution synodique, et 401 mois de r&#233;volution sid&#233;rale (10.957, 5 jours environ par ann&#233;e de 365, 25 jours). La diff&#233;rence entre la r&#233;volution sid&#233;rale et la r&#233;volution synodique est due au mouvement de la terre&amp;amp;nbsp;; curieusement 401 – 371 = 30.&amp;amp;nbsp;Pourquoi le Lamed &amp;amp;#1500; est-il plus &#233;lev&#233; que toutes les autres lettres&amp;amp;nbsp;? Parce qu’il est au centre des 22 lettres et qu’il ressemble &#224; un roi assis sur son tr&#244;ne. La royaut&#233; est devant lui (Mem du mot Malkhout royaut&#233;) ainsi que derri&#232;re lui (Kaf du mot Kiss&#233; tr&#244;ne) et lui se tient au milieu comme un roi.&amp;amp;nbsp; (Rabbi Aqiba, cit&#233; par F. Lalou) (5)Il est amusant de noter que la lettre grecque &amp;amp;#923; a &#233;t&#233; choisie par Einstein pour noter la myst&#233;rieuse constante cosmologique, param&#232;tre rajout&#233; en 1917 dans ses &#233;quations de la relativit&#233; g&#233;n&#233;rale, et qui pourrait d&#233;crire l’influence de l’&#233;nergie sombre dans l’acc&#233;l&#233;ration de l’expansion de l’univers.•La T&#233;trade30 est la somme des 4 premiers carr&#233;s&amp;amp;nbsp;: 12 + 22 + 32 + 42 = 30. Ce qui nous am&#232;ne &#224; la T&#233;trade. D’apr&#232;s Ir&#233;n&#233;e&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp;Le soleil, ce grand luminaire, disent-ils encore, a &#233;t&#233; fait le quatri&#232;me jour &#224; cause du nombre de la T&#233;trade… Bref, tout ce qui, dans les Ecritures, est susceptible de se ramener au nombre quatre, ils le disent fait &#224; cause de leur T&#233;trade.&amp;amp;nbsp; Et Hippolyte pr&#233;cise&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; D’apr&#232;s les Marcosiens en effet cet univers doit sa constitution &#224; la monade et &#224; la dyade. Comptant d’abord depuis l’unit&#233; jusqu’&#224; quatre, ils engendrent ainsi la d&#233;cade. C’est &#224; dire le proc&#233;d&#233; bien connu pour obtenir la valeur triangulaire d’un nombre, ici&amp;amp;nbsp;:1 + 2 + 3 + 4 = 10. Si &#224; cette triangulaire de 4 on demande aux &#233;coliers d’ajouter&amp;amp;nbsp; 42, les bons &#233;l&#232;ves, comme vous, r&#233;pondent&amp;amp;nbsp;: la valeur triangulaire de 4 plus le carr&#233; de 4 &#233;galent 26. Bravo, vous avez 10 sur 10.• ATh - BaShLa T&#233;trade dit &#224; Marc&amp;amp;nbsp;:Je veux te montrer aussi la V&#233;rit&#233; elle-m&#234;me…. Vois donc sa t&#234;te, en haut, qui est A et&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#937;, son cou qui est B et &amp;amp;#936;, ses bras et ses mains qui sont &amp;amp;#915; et &amp;amp;#935;, sa poitrine qui est &amp;amp;#916; et &amp;amp;#934;, sa taille qui est E et Y, son ventre qui est Z et T, ses parties qui sont &amp;amp;#920; et P, ses cuisses qui sont H et &amp;amp;#931;, ses genoux qui sont I et &amp;amp;#928;, ses jambes qui sont K et &amp;amp;#927;, ses chevilles qui sont &amp;amp;#923; et &amp;amp;#926;, ses pieds qui sont M et N.&amp;amp;nbsp; (Ir&#233;n&#233;e)&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Marc enseignait donc le syst&#232;me de transposition des lettres connu des cabalistes sous le nom de Ath BaSh, exemple&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;#1488; – &amp;amp;#1514;&amp;amp;nbsp; =&amp;amp;nbsp; 1 + 400&amp;amp;nbsp; =&amp;amp;nbsp; 401&amp;amp;#1489; -&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1513; =&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; 2 + 300&amp;amp;nbsp; =&amp;amp;nbsp; 302&amp;amp;#1490;&amp;amp;nbsp; -&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1512; =&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; 3&amp;amp;nbsp; + 200 =&amp;amp;nbsp; 203&amp;amp;#1491;&amp;amp;nbsp; -&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1511; =&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; 4&amp;amp;nbsp; + 100 =&amp;amp;nbsp; 104Total : 1010,&amp;amp;nbsp; la valeur de la lettre ShYN&amp;amp;nbsp; avec un NWN final:&amp;amp;nbsp; 300 + 10 + 700&amp;amp;nbsp;; la valeur de 30 en base 3, ou encore celle du nombre 10 en binaire…Mais Marc sous le calame d’Ir&#233;n&#233;e essaie d’adapter le dit syst&#232;me &#224; l’alphabet grec, ce qui devient parfaitement abscons, surtout lorsqu’il s’efforce d’obtenir 888 &#224; partir de 801&amp;amp;nbsp;: C’est pour cela, d’apr&#232;s eux, qu’il a dit&amp;amp;nbsp;: Moi, je suis l’&amp;amp;#945; et l’ &amp;amp;#969; , en montrant la colombe (&amp;amp;#960;&amp;amp;#949;&amp;amp;#961;&amp;amp;#953;&amp;amp;#963;&amp;amp;#964;&amp;amp;#949;&amp;amp;#961;&amp;amp;#940;), qui a ce nombre, c’est &#224; dire le nombre 801.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; (Hippolyte). Pour tenter d’aplanir les difficult&#233;s, il faut recourir &#224; l’Ogdoade puis unir celle-ci &#224; la D&#233;cade, alors on obtient 888 valeur de Josu&#233; en grec&amp;amp;nbsp;: I&amp;amp;#951;&amp;amp;#963;&amp;amp;#959;&amp;amp;#965;&amp;amp;#962;. Manipulation de haute importance, car 888 est une des valeurs du mot MaShYa’H en g&#233;matrie &#233;tendue&amp;amp;nbsp;: MYM + ShYN + YWD + ‘HYTh ( 90 + 360 + 20 + 418)&amp;amp;nbsp;; et surtout la somme de 543 (21+501+21) + 345, r&#233;sultat math&#233;matique de l’effet miroir de l’&#233;pisode du &#171;&amp;amp;nbsp;Buisson ardent&amp;amp;nbsp;&#187; (ShM-3, 14). Notons au passage les co&#239;cidences arithm&#233;tiques particuli&#232;res de la lettre LaMeD: 12 x 12 = 144; 30 x 12 = 360; 74 x 12 = 888. Curieusement, c’est en l’an 888 de Rome (135 de l’&#232;re vulgaire), que Julius Severus, g&#233;n&#233;ral de l’empereur Hadrien, r&#233;gla par la mani&#232;re forte les probl&#232;mes de Jud&#233;e, trois ans et demi de r&#233;voltes, 42 mois. P&#233;rirent dans la tourmente, un candidat messie, &#171;&amp;amp;nbsp;Bar Kokhba&amp;amp;nbsp;&#187;, et son malheureux proph&#232;te, l’illustre et savant Rabbi Aqiba. J&#233;rusalem, ras&#233;e et labour&#233;e, prit le nom latin d’Aelia Capitolina.&amp;amp;nbsp; • Aleph – Tav ou Alpha – Om&#233;ga&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Alpha et om&#233;ga&amp;amp;nbsp;: 801, Aleph et Tav&amp;amp;nbsp;: 401. Traduction, trahison&amp;amp;nbsp;! Pourquoi J&#233;r&#244;me n’a pas traduit les mots alpha et om&#233;ga par a et z&amp;amp;nbsp;? Pourquoi ne pas avoir traduit l’adjectif christos par unctus&amp;amp;nbsp;? Pourquoi avoir transcrit un seul et m&#234;me nom &#171;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;#921;&amp;amp;#951;&amp;amp;#963;&amp;amp;#959;&amp;amp;#965;&amp;amp;#962;&amp;amp;nbsp;&#187; Josu&#233; d’une part, et J&#233;sus d’autre part&amp;amp;nbsp;? Des petits d&#233;tails, certes, mais &#244; combien signifiants&amp;amp;nbsp;! Il est vrai que alpha et om&#233;ga, &#231;a fait plus chic que a et z&amp;amp;nbsp;; d&#233;j&#224; le marketing&amp;amp;nbsp;!&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Lorsque le Seigneur &#233;tait enfant et apprenait ses lettres, le ma&#238;tre lui dit, comme c’&#233;tait la coutume&amp;amp;nbsp;: Dis alpha&amp;amp;nbsp;; il r&#233;pondit alpha. Mais lorsque ensuite le ma&#238;tre lui eut enjoint de dire b&#234;ta, le Seigneur lui r&#233;pondit&amp;amp;nbsp;: Dis-moi d’abord toi-m&#234;me ce qu’est alpha, et je te dirai alors ce qu’est b&#234;ta. Ils expliquent cette r&#233;ponse du Seigneur en ce sens que lui seul aurait connu l’Inconnaissable, qu’il manifesta sous la figure de la lettre alpha&amp;amp;nbsp; (Ir&#233;n&#233;e)&amp;amp;nbsp;Plusieurs &#171;&amp;amp;nbsp;apocryphes&amp;amp;nbsp;&#187; rapportent cet &#233;pisode. Les traducteurs consciencieux, ils en existent, &#233;crivent aleph et beith. Dans l’Apocalypse, aleph et tav apparaissent 3 fois, en 1-8, 21-6 et au verset 13 du dernier chapitre, le chapitre 22, et non le chapitre 24&amp;amp;nbsp;; ce qui authentifie l’origine du document et confirme la validit&#233; de l’hypoth&#232;se de Bernard Dubourg.• Aleph – Alpha&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Le symbolisme v&#233;hicul&#233; par la lettre alpha est loin de valoir celui de la lettre aleph. Celle-ci est directement unie au lamed. Sa valeur g&#233;matrique par rang (1+12+17) &#233;gale 30&amp;amp;nbsp;; et en &#233;liminant les z&#233;ros des valeurs classiques des lettres qui la composent, on obtient&amp;amp;nbsp;: 1 + 3 + 8 = 12. 1 + 30 + 80 = 111, c’est la valeur de 13 en base 3, mais aussi celle de&amp;amp;nbsp; 7 en binaire. On peut lire dans le Bahir (&#167; 140)&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Que signifie le mot az (&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1494;)&amp;amp;nbsp;? Il nous enseigne qu’il n’est pas permis de prononcer la lettre Aleph toute seule. Il faut lui associer les deux lettres qui y sont rattach&#233;es et qui occupent la premi&#232;re place dans le &#171;&amp;amp;nbsp;R&#232;gne&amp;amp;nbsp;&#187; (Malkhout). Les lettres qui &#233;crivent le mot Aleph (&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1508;) sont au nombre de trois. Il en reste sept sur les &#171;&amp;amp;nbsp;dix Paroles&amp;amp;nbsp;&#187;. A ces sept-l&#224; correspond la lettre Zain…&amp;amp;nbsp; (6)Aleph et Lamed forment le mot Al (&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;), aux nombreuses significations selon les points voyelles utilis&#233;s&amp;amp;nbsp;; la plus importante &#233;tant &#171;&amp;amp;nbsp;Dieu&amp;amp;nbsp;&#187;. Al, c’est soit 13, soit 31. Le nombre 31 a pour valeur triangulaire 496, la valeur du mot Malkhouth (&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514;), &#171;&amp;amp;nbsp;le R&#232;gne&amp;amp;nbsp;&#187;&amp;amp;nbsp;: 40 + 30 + 20 + 6 + 400 = 496&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Az&amp;amp;nbsp;: 1 + 7 = 8, l&#224; on retrouve indirectement l’Ogdoade de Marc, et une curieuse connexion avec la physique contemporaine la plus pointue&amp;amp;nbsp;; une de ces co&#239;ncidences qui font sourire ou r&#233;fl&#233;chir. Le groupe de sym&#233;trie E8 (alg&#232;bre de Lie), de rang 8 est de dimension complexe 248, donc de dimension r&#233;elle 496. Je doute fort que ce type de co&#239;ncidence soit d&#233;tectable dans la version gr&#233;cis&#233;e des enseignements de Marc. La science pure n’entrait pas dans les pr&#233;occupations des fondateurs des dogmes chr&#233;tiens. Certains de ces pieux personnages fr&#244;laient l’illettrisme tout en s’&#233;rigeant en donneur de le&#231;on, comme en t&#233;moignent les derni&#232;res lignes qu’Hippolyte de Rome a consacr&#233;es &#224; Marc&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Je pense avoir suffisamment expos&#233; les ineptes enseignements de ces gens-l&#224;, et fait voir clairement quels ont &#233;t&#233; les v&#233;ritables ma&#238;tres de Marcus et de Colarbase, les successeurs de Valentin dans son &#233;cole. &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Ce &#171;&amp;amp;nbsp;Colarbase&amp;amp;nbsp;&#187; que ces &#226;nes mitr&#233;s ont associ&#233; &#224; Marc, ce Colarbase, dont ils ont fait un diable d’h&#233;r&#233;tique, un supp&#244;t de Satan digne d’aller r&#244;tir en enfer pour l’&#233;ternit&#233;, n’a jamais exist&#233; que dans leur imagination malsaine&amp;amp;nbsp;; Colarbase est une mauvaise lecture de Kol Arba, (&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1506;), Tout Quatre, la T&#233;trade. &amp;amp;#1506;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1492;Bibliographie1) Hippolyte de Rome&amp;amp;nbsp;: Philosophumena, ou r&#233;futation de toutes les h&#233;r&#233;sies&amp;amp;nbsp;; traduction par A. Siouville&amp;amp;nbsp;; Arch&#233; Milan, 1988.2) Bernard Dubourg&amp;amp;nbsp;: L’invention de J&#233;sus&amp;amp;nbsp;; 2 volumes&amp;amp;nbsp;; L’Infini, Gallimard&amp;amp;nbsp;; Paris 1987 – 19893) Ir&#233;n&#233;e de Lyon&amp;amp;nbsp;: Contre les H&#233;r&#233;sies, d&#233;nonciation et r&#233;futation de la gnose au nom menteur&amp;amp;nbsp;; &#233;dition par Antoine Beltrano&amp;amp;nbsp;; www.jesusmarie.com.4) Saadia Gaon&amp;amp;nbsp;: Commentaire sur le Sepher Yetzira, traduit de l’arabe et de l’h&#233;breu par Mayer Lambert&amp;amp;nbsp;; collection &#171;&amp;amp;nbsp;Les Dix Paroles&amp;amp;nbsp;&#187;, Editions Verdier, Lagrasse, 2001. 5) Frank Lalou&amp;amp;nbsp;; Les lettres h&#233;bra&#239;ques&amp;amp;nbsp;; Editions Alternatives&amp;amp;nbsp;; Paris, 2005.6) Anonyme&amp;amp;nbsp;: Le Bahir, Le Livre de la Clart&#233;&amp;amp;nbsp;; traduit de l’h&#233;breu et de l’aram&#233;en par Joseph Gottfarstein&amp;amp;nbsp;; Editions Verdier, Lagrasse, 1983.</description>
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     <title>L'art de la correspondance I - par Webmaster le 21/10/2008 : 20:55</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=350</link>
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     <description>L'art de la correspondance I• La r&#233;volte du chaudron.De l'Exode au Deut&#233;ronome, la Bible ne cesse de rappeler les &#233;pisodes dans lesquels &#233;clate l'ingratitude des H&#233;breux envers Mo&#239;se et Aaron et, &#224; travers eux, envers Dieu. Murmures, calomnies, divisions en factions, r&#233;voltes, r&#233;criminations en tous genres et notamment celle-ci&amp;amp;#8201;: la mauvaise qualit&#233; de l'h&#244;tellerie et sp&#233;cialement de la nourriture. En voici un exemple.Que ne sommes-nous morts de la main de Yahv&#233; au pays d'&#201;gypte, quand nous &#233;tions assis aupr&#232;s du chaudron de viande (sir ha-bassar &amp;amp;#1505;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1512; &amp;amp;#1492;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1512;) et mangions du pain &#224; sati&#233;t&#233;&amp;amp;#8201;! &#192; coup s&#251;r, vous nous avez amen&#233;s dans ce d&#233;sert pour faire mourir de faim toute cette multitude. (Ex16,3)Le ramassis de gens qui s'&#233;tait m&#234;l&#233; au peuple fut saisi de fringale (hitavu taava). Les Isra&#233;lites eux-m&#234;mes recommenc&#232;rent &#224; pleurer, en disant&amp;amp;#8201;: Qui nous donnera de la viande &#224; manger&amp;amp;#8201;? Nb 11,4&#192; ce peuple tu diras&amp;amp;#8201;: Sanctifiez-vous pour demain, et vous mangerez de la viande, puisque vous avez pleur&#233; aux oreilles de Yahv&#233;, en disant&amp;amp;#8201;: Qui nous donnera de la viande &#224; manger&amp;amp;#8201;? Nous &#233;tions heureux en &#201;gypte&amp;amp;#8201;! Eh bien&amp;amp;#8201;! Yahv&#233; vous donnera de la viande &#224; manger&amp;amp;nbsp; (Nb 11, 18)La viande &#233;tait encore entre leurs dents, elle n'&#233;tait pas encore m&#226;ch&#233;e, que la col&#232;re de Yahv&#233; s'enflamma contre le peuple. Yahv&#233; le frappa d'une tr&#232;s grande plaie (Nb 11, 33)Ces innombrables s&#233;quences ne pouvaient pas ne pas faire l'objet d'&#233;laborations midrashiques. Nous retrouvons ce type d'&#233;laboration dans un passage inattendu de la correspondance paulinienne&amp;amp;#8201;: Paul trouve les Corinthiens trop charnels:Car vous &#234;tes encore charnels. Du moment qu'il y a parmi vous jalousie et dispute, n'&#234;tes-vous pas charnels et votre conduite n'est-elle pas tout humaine&amp;amp;#8201;?&amp;amp;nbsp; (1Co 3,3)Nous aurions ici un midrash sur la r&#233;volte des h&#233;breux qui r&#233;clament de la viande. Cette fringale de viande est attribu&#233;e dans la bible au d&#233;sir (taava) des h&#233;breux. Ce serait la raison pour laquelle ce terme (epithumia en grec) se retrouverait chez Paul. Nb 11, 34 parle des tombes du d&#233;sir (qibrot ha-taava) d'o&#249; l'id&#233;e paulinienne de mortifier la chair. La r&#233;volte de la viande (bassar) devra &#234;tre rachet&#233;e par l'annonce (bessora) du messie. Nb 11, 33 est donc compris midrashiquement. Dieu dit aux h&#233;breux&amp;amp;#8201;: tr&#232;s bien, demain vous aurez de la viande. Mais &#224; peine commencent-ils &#224; en manger que le fl&#233;au commence. Le peuple h&#233;breu n'a pas encore fini de m&#226;cher que la col&#232;re divine &#233;clate.• Question de sonorit&#233;.Quand nous &#233;tions assis aupr&#232;s du chaudron de viande… (Ex16,3)Il m'a &#233;t&#233; mis une &#233;charde en la chair… (2Co 12,7) Paul, prisonnier (de la pr&#233;dication) du Christ…(Phm 1,1)Quel est le rapport entre ces trois versets&amp;amp;#8201;? En fran&#231;ais aucun. Pourtant ces trois expressions se trouvent faire partie d&#233;sormais du midrash paulinien. En h&#233;breu, elles font entendre les m&#234;mes sonorit&#233;s&amp;amp;#8201;: sir ha-bassar,  sir ba-bassar, assir ba-bessora.Une note de la BJ nous dit &#224; propos de cette &#233;charde&amp;amp;#8201;: Peut-&#234;tre une maladie &#224; acc&#232;s s&#233;v&#232;re et impr&#233;visible.Apparemment tout le monde sur Paul est dans l'hypoth&#232;se, pourquoi dans ce cas ne pas &#233;tudier l'hypoth&#232;se midrashique&amp;amp;#8201;?• Peut-on manger&amp;amp;#8201;?Continuons notre exploration du texte paulinien en correspondance avec ce th&#232;me de la r&#233;volte culinaire des h&#233;breux et notamment cette demande de nourriture carn&#233;e et donc un peu trop terrestre, pas assez spirituelle.Pour moi, fr&#232;res, je n'ai pu vous parler comme &#224; des hommes spirituels, mais comme &#224; des &#234;tres de chair, comme &#224; de petits enfants dans le Christ. C’est du lait que je vous ai donn&#233; &#224; boire, non une nourriture solide&amp;amp;#8201;; vous ne pouviez encore la supporter. Mais vous ne le pouvez pas davantage maintenant (1Co 1-2)On voit du premier coup d'œil que ce &amp;quot;vous ne pouviez pas&amp;quot; redoubl&#233; en &amp;quot;vous ne le pouvez pas davantage maintenant&amp;quot; sont lo tokhlu qui fait un jeu de sonorit&#233; &#233;vident avec le verbe okhel manger et la foule okhlos. Ce n'est pas une invention hardie de Paul mais une reprise de Nb 11, 14. Face &#224; la r&#233;volte culinaire des H&#233;breux, Mo&#239;se lui aussi semble faire des jeux de mots&amp;amp;#8201;: Je ne puis (lo ukhal) &#224; moi seul, porter tout ce peuple&amp;amp;#8201; (ukhal, sonne comme okhel)Vous vous demandez maintenant o&#249; Paul va chercher cette histoire de lait et de petits enfants. Mais vous n'aurez pas &#224; chercher bien loin&amp;amp;#8201;: Voyez ce que dit Mo&#239;se deux versets plus haut en Nb 11,12&amp;amp;#8201;:Est-ce moi qui ai con&#231;u tout ce peuple, est-ce moi qui l'ai enfant&#233;, que tu me dises&amp;amp;#8201;: Porte-le sur ton sein, comme la nourrice (omen) porte l'enfant &#224; la mamelle, au pays que j'ai promis par serment &#224; ses p&#232;res&amp;amp;#8201;?Nous retrouvons ici un terme important omen (ici rendu par nourrice) mais qui est un centre nodal des &#233;laborations pauliniennes (p&#233;dagogue, artisan, nourrice, racine de emuna, la foi,etc...). On ne se demandera plus maintenant pourquoi Paul est un artisan. (Cf. Ac 18, 3 o&#249; le grec a quand m&#234;me fait un effort m&#233;ritoire pour garder la sonorit&#233; de omen gr&#226;ce au verbe &amp;quot;emenen&amp;quot;)C'est pourquoi Paul peut dire: Au contraire, nous nous sommes faits tout aimables au milieu de vous. Comme une m&#232;re nourrit ses enfants et les entoure de soins &amp;amp;nbsp; (2Co 2,7)• Paul en espion.En 2Co 11, 32 Paul est &#224; nouveau en train de faire son apologia, et il en profite pour nous livrer quelques souvenirs personnels&amp;amp;#8201;:A Damas, l'ethnarque du roi Ar&#233;tas faisait garder la ville des Damasc&#233;niens pour m'appr&#233;hender, et c'est par une fen&#234;tre, dans un panier, qu'on me laissa glisser le long de la muraille, et ainsi j'&#233;chappai &#224; ses mains.Dans ces versets, Paul a encore chang&#233; d'identit&#233;, il est maintenant un des espions cach&#233;s par Rahab et que celle-ci exfiltre en les faisant descendre &#224; l'aide d'une corde le long de la muraille.Alors elle les fit descendre par la fen&#234;tre au moyen d'une corde, car sa maison &#233;tait contre le rempart, elle-m&#234;me logeait dans le rempart ( Jos 2, 15)Le midrash pense que ces deux espions sont Caleb et PinHas. En effet, l'&#201;criture ne distingue pas espions et explorateurs or Caleb fut l'un des explorateurs.Caleb harangua le peuple assembl&#233; pr&#232;s de Mo&#239;se&amp;amp;#8201;: Il faut marcher, disait-il, et conqu&#233;rir ce pays&amp;amp;#8201;: nous en sommes capables (ki yakhol nukhal, encore le son de okhel) ( Nb 13, 30)•&amp;amp;nbsp;Bassar/Bessora. Incarnation et d&#233;sincarnation.Qu'il y ait eu &#233;laboration midrashique autour de la viande (bassar) n'est pas pour nous &#233;tonner. En lisant la Bible, on s'aper&#231;oit que le terme bassar (&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1512;) renvoie toujours &#224; la viande et &#224; l'&#234;tre humain en g&#233;n&#233;ral (bassar va-dam, la chair et le sang) mais soudain dans Isa&#239;e, voila que cette racine devient verbale, change de sens, et se transforme en annonce de la bonne nouvelle messianique (le-basser, &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1512;). De la viande qui devient purement spirituelle&amp;amp;#8201;: on aurait ici un mouvement de d&#233;sincarnation. En m&#234;me temps, la promesse d'un messie ou d'un fils (le davar) qui n'&#233;tait auparavant que ruaH (esprit) devient maintenant proche de se r&#233;aliser dans une bessora (et pour les chr&#233;tiens, dans un vrai bassar et donc de s'incarner)L'esprit du Seigneur Yahv&#233; est sur moi, car Yahv&#233; m'a donn&#233; l'onction&amp;amp;#8201;; il m'a envoy&#233; porter la nouvelle (lebasser) aux pauvres, panser les cœurs meurtris, annoncer aux captifs la lib&#233;ration et aux prisonniers la d&#233;livrance (Is 61, 1)Notons ici la pr&#233;sence de l'esprit. Ce ruaH pr&#233;side ici &#224; la spiritualisation de la viande, de la chair. Notre hypoth&#232;se est que la pr&#233;sence du ruaH (l'esprit) est toujours l'indice d'une &#233;laboration midrashiquePr&#233;mices de Sion, voici, les voici, &#224; J&#233;rusalem j'envoie un messager (mebasser eten) (Is 41, 27)Qu'ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager (mebasser) qui annonce la paix, du messager (mebasser) de bonnes nouvelles qui annonce le salut, qui dit &#224; Sion&amp;amp;#8201;: Ton Dieu r&#232;gne (Is 52, 7)NaHum voit &#233;galement ce pr&#233;dicateur (mebasser)&amp;amp;#8201;:Voici sur les montagnes les pas du messager; il annonce&amp;amp;#8201;: La Paix&amp;amp;#8201;! (Na 2, 1)Si le davar, la promesse divine d'un messie prend forme dans la bessora, la Bonne Nouvelle messianique, accomplir les textes proph&#233;tiques reviendra donc &#224; produire un texte o&#249; se lit cette incarnation, cette transformation du simple davar (la promesse messianique) dans une bessora. Le verbe s'est fait chair, ind&#233;pendamment de tout messie &amp;quot;historique&amp;quot;. On comprend que Paul utilise pr&#232;s de 86 fois dans sa correspondance le terme sarx ou ses d&#233;riv&#233;s (sarkikoi, sarkinoi, etc.). Ses chers Corinthiens (des pa&#239;ens&amp;amp;#8201;? vraiment&amp;amp;#8201;?) sont d'apr&#232;s Paul, trop charnels, trop r&#233;volt&#233;s, trop ingrats, trop h&#233;breux, en un mot trop sarko. Pas assez du cot&#233; du ruaH, de l'esprit (ou du midrash, c'est vous qui voyez). Trop Cor&#233;ites, ces Corinthiens.• Paul, combien de divisions&amp;amp;#8201;?Dans la Bible les h&#233;breux sont punis &#224; cause de leurs divisions et de leurs querelles. L'exemple le plus grave en est la r&#233;volte de Cor&#233; qui se traduit par un quasi-schisme. Les Cor&#233;ites forment un autre qahal (Nb 16,3&amp;amp;#8201;: vayiqhalu 'al mosh&#233;, ils s'attroup&#232;rent contre Mo&#239;se). La r&#233;volte de Cor&#233; est d'autant plus dangereuse qu'elle est celle de L&#233;vites qui se dressent contre Mo&#239;se et Aaron et jugent arbitraire leur &amp;quot;leadership&amp;quot;. Curieusement, Barnab&#233; qui est un l&#233;vite va bient&#244;t se s&#233;parer de Paul. Selon Nb 16, 10 les Cor&#233;ites veulent en plus la Grande Pr&#234;trise. La r&#233;volte cor&#233;ite risque de cr&#233;er deux 'edat, deux qehilot. C'est ce qui explique les passages o&#249; Paul s'inqui&#232;te de la division dans l'&#201;glise (Ga 1,6)Je vous en prie, fr&#232;res, par le nom de notre Seigneur J&#233;sus Christ, ayez tous m&#234;me langage&amp;amp;#8201;; qu'il n'y ait point parmi vous de divisions&amp;amp;#8201;; soyez &#233;troitement unis dans le m&#234;me esprit et dans la m&#234;me pens&#233;e. Paul semble &#234;tre tout surpris de cette disposition de ses chers correspondants:(Quoi&amp;amp;#8201;?) j'apprends tout d'abord que, lorsque vous vous r&#233;unissez en assembl&#233;e, il se produit parmi vous des divisions.Il ne se doute m&#234;me pas que Barnab&#233; est sur le point de l'abandonner (par midrash, pour accomplir le cahier des charges). Au cas o&#249; nous n'aurions pas compris que le texte paulinien parle de Cor&#233;, un verset nous dit&amp;amp;#8201;:Sortez donc du milieu de ces gens-l&#224; et tenez-vous &#224; l'&#233;cart, dit le Seigneur (2Co 6, 17)verset qui reprend Nb 17,10Sortez du milieu de cette communaut&#233;&amp;amp;#8201;; je vais la d&#233;truire en un instant.En r&#233;alit&#233; le th&#232;me de la division est bien connu de Paul car il s'agit d'une cat&#233;gorie de l'eschatologie. On sait que la division (peleg) est l'un des signes de la fin des temps.&amp;amp;nbsp; C'est d'ailleurs pourquoi le messie lui-m&#234;me est dit apporter la division (Lc 12, 51). C'est&amp;amp;nbsp; aussi pourquoi ce th&#232;me est pr&#233;sent un peu partout dans tout le corpus, et le plus souvent il est m&#234;me masqu&#233; par la traduction.La population de la ville se partagea (plg). Les uns &#233;taient pour les Juifs, les autres pour les ap&#244;tres (Ac 14,4)&#192; peine eut-il dit cela qu'un conflit se produisit entre Pharisiens et Sadduc&#233;ens, et l'assembl&#233;e se divisa... •&amp;amp;nbsp;Qui est &#224; qui&amp;amp;#8201;?Suite de la correspondance:(Mo&#239;se) dit &#224; Cor&#233; et &#224; tout son groupe&amp;amp;#8201;: Demain matin, Yahv&#233; fera conna&#238;tre qui est &#224; lui&amp;amp;nbsp; (ki asher lo) qui est l'homme consacr&#233; qu'il laissera approcher de lui. Celui qu'il fera approcher de lui, c'est celui-l&#224; qu'il choisit (Nb 16,5)Ce &amp;quot;qui est &#224; lui&amp;quot; nous rappelle bien entendu:Moi je suis &#224; Paul et moi &#224; Apollos (1Co 1, 12)La correspondance (entre 1Co et le Pentateuque) continue.qu'est donc Aaron, pour que vous murmuriez contre lui&amp;amp;#8201;? (Nb 16, 11&amp;amp;#8201;)Et Paul fait le r&#233;pons:Qu'est-ce donc qu'Apollos&amp;amp;#8201;? Et qu'est-ce que Paul&amp;amp;#8201;?&amp;amp;nbsp; (1Co 3,5)Paul pr&#233;cise m&#234;me le risque de schisme&amp;amp;#8201;:En tout cela, fr&#232;res, je me suis pris comme exemple avec Apollos &#224; cause de vous, pour que vous appreniez, en nos personnes, &#224; ne pas (le &#171;ne pas&#187; est &#233;crit au-dessus du texte) vous enfler d'orgueil en prenant le parti de l'un contre l'autre (1Co 4,6)Vous vous demandiez depuis l'enfance pourquoi dans ce verset Paul parle d'orgueil: Cet orgueil vient des r&#233;volt&#233;s de la Bible. L'orgueil des r&#233;volt&#233;s bibliques se traduit notamment par le refus d'ob&#233;ir &#224; la convocation de Mo&#239;se. Mo&#239;se convoque Dat&#226;n et Abiram qui refusent de se pr&#233;senter:Mo&#239;se envoya appeler Dat&#226;n et Abiram, fils d'&#201;liab. Ils r&#233;pondirent&amp;amp;#8201;: Nous ne viendrons pas (Nb 16,12)Comme en r&#233;ponse, Appollos, l'anti-Paul, refuse aussi de se pr&#233;senter.Quant &#224; notre fr&#232;re Apollos, je l'ai vivement exhort&#233; &#224; aller chez vous avec les fr&#232;res, mais il ne veut absolument pas y aller maintenant (1Co 16, 12)Puisque nous en sommes &#224; &amp;quot;qui est &#224; qui&amp;quot; il faut noter que les fils de Cor&#233; sont &#224; Paulshaoul. En effet, ils descendent &amp;quot;vivants au sh&#233;ol&amp;quot;. C'est pourquoi, par exemple dans le TanHuma sur le L&#233;vitique, Jonas lors de sa visite au sh&#233;ol, voit les fils de Cor&#233; qui prient sur la pierre fondamentale.•&amp;amp;nbsp;Justifications.Mo&#239;se se met en col&#232;re contre Cor&#233; et se justifie.Mo&#239;se entra dans une violente col&#232;re, et il dit &#224; Yahv&#233;&amp;amp;#8201;: Ne prends pas garde &#224; leur oblation. Je ne leur ai pas pris un &#226;ne, et je n'ai fait de tort &#224; aucun d'eux (Nb 16,15)Paul fera donc de m&#234;me&amp;amp;#8201;:Je n'ai convoit&#233; l'argent ni l'or, ni le v&#234;tement de personne (Ac 20,33)je me suis gard&#233; d'&#234;tre une charge pour vous&amp;quot;, &amp;quot;je ne vous encombrerai pas de ma personne&amp;quot;, &amp;quot;vous ai-je exploit&#233;&amp;amp;#8201;? (2Co 11, 9 ) etc. • Qui est le v&#233;ritable envoy&#233;&amp;amp;#8201;?Mo&#239;se dit&amp;amp;#8201;: &#192; ceci vous saurez que c'est Yahv&#233; qui m'a envoy&#233; (shelaHani) pour accomplir toutes ces œuvres (ma'assim), et que je ne les fais pas de mon propre chef (Nb 16, 28)O&#249; l'on v&#233;rifie qu'un ap&#244;tre (shaliaH) l'est pour accomplir des Actes. D'o&#249; les &amp;quot;Actes des Ap&#244;tres&amp;quot;. C'est ce qu'on appelle un cahier des charges. Dieu a donc d&#233;sign&#233; le v&#233;ritable ap&#244;tre (shaliaH). Or Paul, dans les Ep&#238;tres, revient souvent sur les faux ap&#244;tres et les faux docteurs.Il y a eu de faux proph&#232;tes dans le peuple, comme il y aura aussi parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses et qui, reniant le Ma&#238;tre qui les a rachet&#233;s, attireront sur eux-m&#234;mes une prompte perdition (grec: ap&#244;leian) (2P 2,1)Rappelons pour m&#233;moire que Mo&#239;se est appel&#233; Ma&#238;tre par la tradition juive (mosh&#233; rabbenu) et qu'il est le lib&#233;rateur d'Isra&#235;l (goel, celui qui rach&#232;te). Notons aussi la pr&#233;sente discr&#232;te ici d'Apollos via la perdition. Le terme &amp;quot;prompt&amp;quot; provient de la r&#233;volte de Cor&#233;&amp;amp;#8201;:S&#233;parez-vous de cette communaut&#233;, je vais la d&#233;truire en un instant (ka-rega') ( Nb 16, 21)Si vous disposez d'une concordance, vous verrez que le terme rega' (bref instant) est toujours li&#233; &#224; la punition, mais gr&#226;ce au retournement eschatologique (hapekha) il est lu aussi comme le fait que la col&#232;re et l'exil ne dureront finalement pas bien longtemps• Le sh&#233;ol avale la s&#233;dition....Si ces gens meurent de mort naturelle, atteints par la sentence commune &#224; tous les hommes, c'est que Yahv&#233; ne m'a pas envoy&#233;. Mais si Yahv&#233; fait quelque chose d'inou&#239;, si la terre ouvre sa bouche et les engloutit, eux et tout ce qui leur appartient, et qu'ils descendent vivants au sh&#233;ol, vous saurez que ces gens ont rejet&#233; Yahv&#233;. Ils descendirent vivants au sh&#233;ol, eux et tout ce qui leur appartenait. La terre les recouvrit et ils disparurent (ovdu, racine de Abadon ) du milieu de l'assembl&#233;e.Le sh&#233;ol ayant aval&#233; la dissidence de Cor&#233;, Paul-Sa&#252;l (qui est le sh&#233;ol) va r&#233;sorber la dissidence dans les Eglises. Encore une petite analogie de structure, une correspondance.•Digression&amp;amp;#8201;: Paul et la petite mort.Pourquoi dans le corpus paulinien, ce parall&#233;lisme permanent entre le sh&#233;ol (la mort) et abadon (la perdition)&amp;amp;#8201;? Que signifie ce distinguo subtil&amp;amp;#8201;? Pourquoi Ap 2,11 nous parle-t-il de la seconde mort&amp;amp;#8201;? Pourquoi existe-t-il deux morts&amp;amp;#8201;? Nous allons tenter ici de r&#233;pondre aux questions que vous vous &#234;tes toujours pos&#233;es sur le NT mais que vous n'osiez jamais adresser &#224; vos proches. On pourrait dire cela ainsi&amp;amp;#8201;: tout part d'un verset &#233;nigmatique d'Isa&#239;e&amp;amp;#8201;:Il a fait dispara&#238;tre (ou il fera dispara&#238;tre) la mort &#224; jamais&amp;amp;nbsp; (bila' ha-mavet la-netsaH) (Is 25,8)Comment se d&#233;brouiller avec ce verset incompr&#233;hensible mais d'origine proph&#233;tique, donc quasi-divine&amp;amp;#8201;? En l'&#233;laborant. En cr&#233;ant du (nouveau) texte &#224; partir de ce vieux texte dormant. Bref, en faisant du midrash. D'abord ce texte parle-t-il de la mort&amp;amp;#8201;? Ce n'est pas &#233;vident, car l'idol&#226;trie est souvent figur&#233;e par la mort. Mais qu'&#224; cela ne tienne, il suffit de produire du texte qui, lui-m&#234;me, maintiendra sans cesse la double entente, la double dimension mort/idol&#226;trie. Justement le texte paulinien que nous connaissons sous le joli nom de premi&#232;re lettre aux Corinthiens cite ce verset d'Isa&#239;e, il &#233;labore.Quand donc cet &#234;tre corruptible aura rev&#234;tu l'incorruptibilit&#233; et que cet &#234;tre mortel aura rev&#234;tu l'immortalit&#233;, alors s'accomplira la parole qui est &#233;crite&amp;amp;#8201;: la mort a &#233;t&#233; engloutie dans la victoire (1Co 15,54)Le raisonnement du traducteur de la BJ est curieux&amp;amp;#8201;: la phrase d'Isa&#239;e est traduite diff&#233;remment quand Paul la citeElle devient&amp;amp;#8201;: la mort a &#233;t&#233; engloutie dans la victoire (ce qui ne veut rien dire) au lieu de &amp;quot;&#224; jamais&amp;quot;.La Bible connait un doubl&#233; c&#233;l&#232;bre: sh&#233;ol et abadon. Comme la r&#233;p&#233;tition n'est jamais fortuite pour le midrash, ce simple effet de parall&#233;lisme peut &#234;tre &#233;labor&#233; par le midrash comme indiquant l'existence de deux morts. Os&#233;e le confirme en reprenant ce parall&#233;lisme&amp;amp;#8201;:Et je les lib&#233;rerais du pouvoir du Sh&#233;ol&amp;amp;#8201;? De la mort je les rach&#232;terais&amp;amp;#8201;?La mort et le sh&#233;ol ne sont donc pas la m&#234;me chose, sinon la parole divine serait vide. La mort qui peut &#234;tre &amp;quot;aval&#233;e&amp;quot;, c'est le sh&#233;ol. C'est dire que le sh&#233;ol n'est vraiment pas grand chose, ce que confirme le proph&#232;te:O&#249; est ta peste, &#244; Mort&amp;amp;#8201;? O&#249; est ta contagion, &#244; Sh&#233;ol&amp;amp;#8201;? (Os 13,14).Ehi devarekha mavet, ehi qaTavkha sh&#233;ol.Verset repris par Paul&amp;amp;#8201;:O&#249; est-elle, &#244; mort, ta victoire&amp;amp;#8201;? o&#249; est-il &#244; mort, ton aiguillon&amp;amp;#8201;? (1Co 15, 55)Os&#233;e accomplit donc Is 25,8: Il a fait dispara&#238;tre la mort &#224; jamais (bila' hamavet la netsaH). D'o&#249; des versets comme&amp;amp;#8201;: Le dernier ennemi d&#233;truit, c'est la Mort&amp;amp;#8201;(1Co 15, 26) ou: l'ennemi (oyev) de la fin (aHaron) c'est le sh&#233;ol (ou Sa&#252;l ou Paul, &#224; vous de voir). Parce que Paul est le sh&#233;ol, J&#233;sus descend aux enfers, et descendant au sh&#233;ol, il descend vers Sa&#252;l, d'o&#249; le chemin de Damas. Ce raccourci peut sembler curieux, mais c'est le meilleur moyen pour comprendre comment op&#232;re le midrash. Qu'est donc le sh&#233;ol&amp;amp;#8201;? Trois fois rien. C'est une simple prison. En effet, il ne fait que retenir un bref instant les morts (ou les idol&#226;tres, parce qu'il faut tenir toujours ensemble les deux registres de la double entente). C'est pourquoi les Actes racontent ces histoires de prisons dont les portes s'ouvrent d'elles-m&#234;mes. Les portes du sh&#233;ol (shaar&#233; sh&#233;ol) doivent s'ouvrir (et les cheveux shaare de Paulshaul tomber). C'est pourquoi les portes sont si pr&#233;sentes dans le corpus.On gardait m&#234;me les portes de la ville (shamru sha'are ha-'ir) (le grec garde l'allit&#233;ration&amp;amp;#8201;: pulas polin) jour et nuit, afin de le faire p&#233;rir (Ac 9, 24)Tout &#224; coup, il se produisit un si violent tremblement de terre que les fondements de la prison en furent &#233;branl&#233;s. &#192; l'instant, toutes les portes s'ouvrirent, et les liens de tous les prisonniers se d&#233;tach&#232;rent.J'arrivai donc &#224; Troas pour l'&#201;vangile du Christ, et, bien qu'une porte me f&#251;t ouverte dans le Seigneur,...Car une porte y est ouverte toute grande &#224; mon activit&#233;, et les adversaires sont nombreux.C'est aussi le sh&#233;ol qui explique certaines nudit&#233;s de Paul.Jusqu'&#224; l'heure pr&#233;sente, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes nus, maltrait&#233;s et errants...Si toutefois nous devons &#234;tre trouv&#233;s v&#234;tus, et non pas nus (2Co 5, 3)Paul ne fait pas du naturisme: il reprend simplement ce verset de Job&amp;amp;#8201;:Devant lui, le Sh&#233;ol est &#224; nu, la Perdition &#224; d&#233;couvert (Jb 26,6)En effet le sh&#233;ol est en dette, en d&#233;couvert quasi-bancaire, car il devra rendre les morts lors de la r&#233;surrection (ou les pa&#239;ens, d'o&#249; l'int&#233;r&#234;t de pr&#233;voir une structure d'accueil, vue l'affluence probable). Ensuite ces gens mourront &#224; nouveau et seront jug&#233;s. S'ils ne p&#232;chent pas ils vivront &#233;ternellement, sinon ils mourront d&#233;finitivement de la seconde et &amp;quot;vraie&amp;quot; mort (abadon).le vainqueur (nikon) n'a rien &#224; craindre de la seconde mort (Ap 2,11)le grec nikon traduirait ici peut-&#234;tre l'h&#233;breu lamnatseaH ou nitsaHonHeureux et saint celui qui participe &#224; la premi&#232;re r&#233;surrection&amp;amp;#8201;! La seconde mort n'a pas pouvoir sur eux, mais ils seront pr&#234;tres de Dieu et du Christ avec qui ils r&#233;gneront mille ann&#233;es. Ap 20,6Mais les l&#226;ches, les ren&#233;gats, les d&#233;prav&#233;s, les assassins, les impurs, les sorciers, les idol&#226;tres, bref, tous les hommes de mensonge, leur lot se trouve dans l'&#233;tang br&#251;lant de feu et de soufre&amp;amp;#8201;: c'est la seconde mort.Cette victoire (netsaH) est donc la victoire sur la mort: autrement dit la r&#233;surrection.•&amp;amp;nbsp;La fin des murmures.Reprenons l'&#233;trange dialogue entre Paul et la fin du Pentateuque. Dans la Bible, Dieu met donc fin aux murmures (h&#233;breu: telunot, grec: goggusmos) du peuple en leur promettant de la viande suivie d'une plaie.La viande &#233;tait encore entre leurs dents, elle n'&#233;tait pas encore m&#226;ch&#233;e, que la col&#232;re de Yahv&#233; s'enflamma contre le peuple. Yahv&#233; le frappa d'une tr&#232;s grande plaie (Nb 11, 33)D'o&#249; le conseil de Paul:Et ne murmurez pas (m&#234;de gogguzete), comme le firent certains d'entre eux&amp;amp;#8201;; et ils p&#233;rirent (1Co 10,10)Malgr&#233; le miracle relatif &#224; la floraison de la verge d'Aaron, les h&#233;breux continuent de se plaindre:Les Isra&#233;lites dirent &#224; Mo&#239;se&amp;amp;#8201;: Nous voici perdus&amp;amp;#8201;! Nous p&#233;rissons&amp;amp;#8201;! (h&#233;breu: abadnu, grec: apol&#244;lamen) Nous p&#233;rissons tous&amp;amp;#8201;! (Nb 17, 27)Comme &#224; l'habitude nous retrouvons la pr&#233;sence de l'abadon car il suit le sh&#233;ol comme son ombre, raison pour laquelle Apollos suit toujours Paul de tr&#232;s pr&#232;s. Ce verset Nb 17, 27 semble banal mais il marque le d&#233;but d'un d&#233;veloppement qui est rien de moins que l'institution du service des L&#233;vites.Alors Yahv&#233; dit &#224; Aaron&amp;amp;#8201;: Toi, tes fils et la maison de ton p&#232;re avec toi, vous porterez le poids des fautes commises envers le sanctuaire. Toi et tes fils avec toi vous porterez le poids des fautes de votre sacerdoce. Fais aussi, avec toi, approcher tes fr&#232;res du rameau de L&#233;vi, la tribu de ton p&#232;re. Qu'ils te soient adjoints et qu'ils te servent, toi et tes fils, devant la Tente du T&#233;moignage. Ils assureront ton service et celui de toute la Tente. &#192; condition qu'ils ne s'approchent pas des objets sacr&#233;s ni de l'autel, ils ne mourront pas plus que vous. Ils te seront adjoints, ils assumeront la charge de la Tente du Rendez-vous, pour tout le service de la Tente, et aucun profane n'approchera de vous. Vous assumerez la charge du sanctuaire et la charge de l'autel, et la Col&#232;re ne s&#233;vira plus contre les Isra&#233;lites. C'est moi qui ai pris vos fr&#232;res les L&#233;vites d'entre les Isra&#233;lites pour vous en faire don (matana). &#192; titre de donn&#233;s (netunim), ils appartiennent &#224; Yahv&#233;, pour faire le service de la Tente du Rendez-vous.Ce passage explique l'origine des &amp;quot;coop&#233;rateurs&amp;quot; de Paul, les sunergon. Grand Pr&#234;tre de la nouvelle alliance, Paul rassemble ces dons (dons/donn&#233;s) qui seront les L&#233;vites eschatologiques.et de toutes les nations ils ram&#232;neront tous vos fr&#232;res en offrande &#224; Yahv&#233;... &#224; ma montagne sainte, J&#233;rusalem, dit Yahv&#233;, comme les Isra&#233;lites apportent les offrandes &#224; la Maison de Yahv&#233; dans des vases purs.&amp;amp;nbsp; Et de certains d'entre eux je me ferai des pr&#234;tres, des l&#233;vites, dit Yahv&#233;.&amp;amp;nbsp; (Is 66, 20-21)• Autre sc&#232;ne de murmure. On murmure aussi dans les Actes, par exemple en Actes 6,1 dans un passage qui concerne aussi l'id&#233;e de service.En ces jours-l&#224;, comme le nombre des disciples augmentait, il y eut des murmures chez les Hell&#233;nistes contre les H&#233;breux. Dans le service quotidien, disaient-ils, on n&#233;gligeait leurs veuves.Ce passage, malgr&#233; son allure anodine, et pour tout dire ennuyeuse, semble receler une &#233;laboration de type midrashique &#224; cause de ses allit&#233;rations. Les hell&#233;nistes (ilinisti)&amp;amp;nbsp; murmurent (telunot) &#224; cause des veuves (almenot) dans le service (shimush). Devant ces murmures, les Douze d&#233;cident de ne plus &amp;quot;servir,&amp;quot; c'est aux Sept, d&#233;sormais, de servir. Dans les Actes, les Sept sont li&#233;s aux pa&#239;ens, comme les Douze sont li&#233;s aux tribus d'Isra&#235;l. Ce passage signifierait que les pa&#239;ens (les Sept) se sont adjoints aux Juifs (aux Douze) et en tant qu’adjoints (nilevim) ils sont d&#233;sormais les L&#233;vites (leviim) de la Nouvelle Alliance, d’o&#249; l’id&#233;e de service.• Humilit&#233; de Mo&#239;se.Autre &amp;quot;correspondance&amp;quot; entre Mo&#239;se et Paul&amp;amp;#8201;:Mo&#239;se &#233;tait un homme tr&#232;s humble, l'homme le plus humble que la terre ait port&#233; (Nb 12,3)Or, pour ce qui est de l'humilit&#233;, on sait que Paul ne craint personne:C'est moi, Paul en personne, qui vous en prie, par la douceur et l'indulgence du Christ, moi si humble avec vous face &#224; face, mais absent, si hardi &#224; votre &#233;gard (2Co 10, 1)•&amp;amp;nbsp;Absence et retour de Paul.Comme, selon le midrash, Mo&#239;se devait revenir, Mo&#239;se n'est pas vraiment mort. Il est simplement absent et reviendra aux temps messianiques. Tout comme Elie. C'est pourquoi d'ailleurs le midrash chr&#233;tien organise un sommet entre le messie et ces deux personnages.Et voici que leur apparurent Mo&#239;se et &#201;lie, qui s'entretenaient avec lui (Mt 17,3)Ce serait aussi la raison pour laquelle Paul parle si souvent de son &amp;quot;absence&amp;quot;:Eh bien&amp;amp;#8201;! Moi, absent de corps, mais pr&#233;sent d'esprit, j'ai d&#233;j&#224; jug&#233;, comme si j'&#233;tais pr&#233;sent, celui qui a perp&#233;tr&#233; une telle action au nom du Seigneur J&#233;sus. (1Co 5,3)Je l'ai d&#233;j&#224; dit &#224; ceux qui ont p&#233;ch&#233; pr&#233;c&#233;demment et &#224; tous les autres, et je le redis d'avance aujourd'hui que je suis absent, comme lors de mon second s&#233;jour&amp;amp;#8201;: si je reviens, je serai sans m&#233;nagement (2Co 13, 2)Voil&#224; pourquoi je vous &#233;cris cela, &#233;tant absent, afin de n'avoir pas, une fois pr&#233;sent, &#224; user de s&#233;v&#233;rit&#233; selon le pouvoir que le Seigneur m'a donn&#233; pour &#233;difier, et non pour d&#233;truire (2Co 13, 10)Sans doute, je suis absent de corps&amp;amp;#8201;; mais en esprit je suis parmi vous (Col 2, 5)•&amp;amp;nbsp;Pourquoi Paul envoie-t-il des lettres ?Nous &#233;tudions dans cette revue l'hypoth&#232;se midrashique. Selon cette hypoth&#232;se, les Evangiles ainsi que les corpus Johannique et Paulinien seraient des &#233;laborations midrashiques et ne sauraient fournir d'assise &#224; aucun contenu historique. Cette hypoth&#232;se se heurte &#224; une objection fr&#233;quente. Le midrash juif se pr&#233;sente habituellement comme un commentaire suivi des livres bibliques. Or les Evangiles n'ont pas cette forme, ils se pr&#233;sentent sous la forme d'une narration, d'un r&#233;cit qui a toutes les apparences de l’historicit&#233;. Quant aux lettres de Paul, elles n'auraient pas d'&#233;quivalent dans le midrash juif. En cons&#233;quence il faudrait &#233;carter l'hypoth&#232;se midrashique. La premi&#232;re objection relative &#224; la forme narrative ne tient pas si l'on s'avise que le midrash sait parfaitement cr&#233;er des formes proches du r&#233;cit et qui donnent l'illusion parfaite de l'historicit&#233;. C'est le cas des livres de Ruth ou d'Esther qui sont de vraies merveilles dans ce registre. Georges Perec a produit, sans le savoir, la th&#233;orie qui manquait &#224; l'hypoth&#232;se midrashique en faisant la preuve exp&#233;rimentale que m&#234;me un texte enti&#232;rement &#233;crit sous contrainte pouvait donner l'apparence de la narration ordinaire (et m&#234;me d'une imagination et d'une cr&#233;ativit&#233; d&#233;bordante). L'&#233;chec permanent de la &amp;quot;traduction automatique&amp;quot; en est une autre confirmation th&#233;orique. Toute langue est ambigu&#235; mais l'h&#233;breu a une longueur d'avance dans ce domaine.Que fait le r&#233;dacteur d'Esther&amp;amp;#8201;? Il parcourt une fois de plus le cycle de l'eschatologie. Il fait, une fois de plus, le r&#233;cit de l'av&#232;nement du messie au comble de l'&#233;preuve. Ce r&#233;cit doit sans cesse &#234;tre refait pour ne pas que l'id&#233;e messianique devienne vide et disparaisse. En effet, confront&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; de l'absence divine et messianique (exil, souffrances, violence) la communaut&#233; pourrait perdre l'espoir messianique. Il faut donc raconter (lehagid / agada) pour accomplir. Et raconter le comble. Combler et accomplir c'est le m&#234;me mot h&#233;breu (le-male). Le r&#233;dacteur d'Esther raconte donc comment le comble est atteint &#224; la cour de Perse. Il y a l'Exil, puis le complot contre les Juifs, puis l'impossibilit&#233; de s'approcher du Roi, puis le carnaval des pa&#239;ens qui se pr&#233;pare. Tout est fait pour d&#233;peindre le comble. Le nom de Dieu est m&#234;me absent du texte pour cette raison. De m&#234;me pour Ruth: famine, puis exil, puis union avec des pa&#239;ens et impossibilit&#233; d'avoir un fils (un messie). Et dans ces narrations, une fois le comble atteint, on fait advenir le messie. C'est le renversement eschatologique, la hapekha (Cf. Est 9, 1 nahapokh hu, cela se retourna…)• Envoi de lettres.Mais la venue du messie ne signifie pas pour autant la fin du r&#233;cit. Dans Esther, le r&#233;cit se poursuit par l'envoi de lettres.Mardoch&#233;e consigna par &#233;crit ces &#233;v&#233;nements. Puis il envoya des lettres &#224; tous les Juifs qui se trouvaient dans les provinces du roi Assu&#233;rus, proches ou lointaines.C'est la raison pour laquelle ces jours furent appel&#233;s les Purim, du mot P&#251;r. C'est aussi pourquoi, d'apr&#232;s les termes de cette lettre de Mardoch&#233;e, d'apr&#232;s ce qu'ils avaient eux-m&#234;mes constat&#233; ou d'apr&#232;s ce qui &#233;tait parvenu jusqu'&#224; eux...Cet envoi de lettres est double. Il est redoubl&#233; par l'envoi de lettres par Esther.La reine Esther, fille d'Abihayil, &#233;crivit avec toute autorit&#233; pour donner force de loi &#224; cette seconde lettre...et fit envoyer des lettres &#224; tous les Juifs des cent vingt-sept provinces du royaume d'Assu&#233;rus, comme paroles de paix et consignes de fid&#233;lit&#233;,Pourquoi Mardoch&#233;e et Esther doivent-ils envoyer des lettres&amp;amp;#8201;? D'abord pour annuler celles d'Assu&#233;rus. Assu&#233;rus avait en effet lui-aussi envoy&#233; des lettresIl envoya des lettres (sefarim) &#224; toutes les provinces de l'empire, &#224; chaque province selon son &#233;criture et &#224; chaque peuple selon sa langue, afin que tout mari f&#251;t ma&#238;tre chez lui.Ces lettres &#233;taient justement les d&#233;crets imprescriptibles qui condamnaient les Jud&#233;ens. Ces lettres portent deux noms en h&#233;breu sefer 52 (pluriel: sefarim) et igeret (pluriel: igrot 52). Les lettres de Mardoch&#233;e et d'Esther ne sont pas seulement destin&#233;es &#224; annuler les sefarim (lettres/livres) d'Assu&#233;rus. Elles sont destin&#233;es &#224; annuler d'autres mal&#233;dictions contenues dans un livre (sefer). Lequel&amp;amp;#8201;? Le midrash Rabba sur Esther nous en donne un indice d&#232;s l'ouverture de ce midrash&amp;amp;#8201;:D'avance la vie te sera hasardeuse, Tu seras dans l'effroi jour et nuit, Sans pouvoir croire en ta vie (Dt 28, 66).Il s'agit du Deut&#233;ronome et de ses mal&#233;dictions. Il y avait donc de mauvaises nouvelles, puis une bonne nouvelle qui annule les pr&#233;c&#233;dentes. Les mauvaises lettres, ce sont celles d'Assu&#233;rus et d'Aman. La mauvaise lettre est aussi celle dont parle Isa&#239;e 50,1 : la lettre de r&#233;pudiation (sefer kritut) par laquelle Dieu aurait abandonn&#233; et renvoy&#233; (shalaH) Isra&#235;l. Ce sont enfin les mal&#233;dictions du Deut&#233;ronome. Sefer52 et igrot52 ont une valence messianique, c'est aussi l'une des raisons pour laquelle, dans le midrash, ils v&#233;hiculent la nouvelle messianique. Une bonne nouvelle ne doit-elle pas &#234;tre propag&#233;e par une lettre&amp;amp;#8201;? Le messie ne peut-il pas prendre la forme des lettres (igrot) par lesquelles les &amp;quot;mauvaises&amp;quot; lettres sont annul&#233;es&amp;amp;#8201;? J&#233;r&#233;mie pour d&#233;livrer l'annonce messianique utilise lui-aussi le moyen d'une lettre.Voici le texte de la lettre (sefer52)que le proph&#232;te J&#233;r&#233;mie exp&#233;dia de J&#233;rusalem &#224; ceux qui restaient des anciens en d&#233;portation, aux pr&#234;tres, aux proph&#232;tes et &#224; tout le peuple, que Nabuchodonosor avait d&#233;port&#233;s de J&#233;rusalem &#224; Babylone (Jr 29, 1) ...Recherchez (dirshu) la paix (shalom52) pour la ville o&#249; je vous ai d&#233;port&#233;s&amp;amp;#8201;; priez Yahv&#233; en sa faveur, car de sa paix d&#233;pend la v&#244;tre. Car ainsi parle Yahv&#233;&amp;amp;#8201;: Quand seront accomplis les soixante-dix ans &#224; Babylone, je vous visiterai et je r&#233;aliserai pour vous ma promesse de bonheur en vous ramenant ici. Car je sais, moi, les desseins que je forme pour vous - oracle de Yahv&#233; - desseins de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une esp&#233;rance (tiqva52).Le midrash connait donc parfaitement le proc&#233;d&#233; d'&#233;criture qui consiste &#224; &#233;voquer un &#233;v&#232;nement tragique ou une bonne nouvelle par l'envoi de courriers et l'arriv&#233;e de messagers apportant ces courriers.&amp;amp;nbsp;Ils envoy&#232;rent &#224; Judas et &#224; ses fr&#232;res des lettres ainsi con&#231;ues&amp;amp;#8201;: Les nations qui nous entourent sont coalis&#233;es contre nous pour nous exterminer. 1M 5, 14. On &#233;tait encore &#224; lire ces lettres, quand arriv&#232;rent de la Galil&#233;e d'autres messagers, les v&#234;tements d&#233;chir&#233;s, porteurs des m&#234;mes nouvelles&amp;amp;#8201;:1M 5, 15.&amp;amp;nbsp; De Ptol&#233;ma&#239;s, disaient-ils, de Tyr et de Sidon, on s'est coalis&#233; contre nous avec toute la Galil&#233;e des Nations pour nous exterminer (1M 5, 10)mais une seconde lettre vient mettre fin &#224; l'angoisse&amp;amp;#8201;: Voici la copie de la lettre qu'ils grav&#232;rent sur des tables de bronze et envoy&#232;rent &#224; J&#233;rusalem pour y &#234;tre chez les Juifs un document de paix et d'alliance (8,22)Il s'agit de l'alliance avec Rome. Jonathan envoie une lettre aux Spartiates (des fr&#232;res) les lettres de bonnes nouvelles sont donc celles qui scellent ici une nouvelle alliance.Le contenu de ces lettres est l'objet d'&#233;laboration midrashique par la Septante puisque les additions dites &amp;quot;Esther Grec&amp;quot; portent essentiellement sur ces lettres.les Juifs s'engag&#232;rent de plein gr&#233; (qiyemu veqiblu) eux, leur post&#233;rit&#233;, et tous ceux qui s'adjoindraient &#224; eux, &#224; c&#233;l&#233;brer sans faute ces deux jours-l&#224;, d'apr&#232;s ce texte et &#224; cette date, d'ann&#233;e en ann&#233;e.pour leur enjoindre d'observer ces jours des Purim &#224; leur date, comme le leur avait command&#233; le Juif Mardoch&#233;e et de la fa&#231;on dont on les y avait oblig&#233;s, eux-m&#234;mes et leur race, en y joignant des ordonnances de je&#251;ne et de lamentations (Est 9, 31)Donc&amp;amp;#8201;: le r&#233;cit est fait pour maintenir-accomplir (le-qayem ma shenemar), ce r&#233;cit devient ensuite vrai, les devarim (paroles) deviennent des faits (devarim) et ces faits confirment les paroles.Ainsi le &amp;quot;maamar&amp;quot; d'Esther accomplit les paroles des Purim et cela fut &#233;crit dans un livre (sefer) (Est 9, 32)• En conclusion, Paul envoie des lettres pour plusieurs raisons&amp;amp;#8201;:-Parce qu'il faut commencer la pr&#233;dication aux pa&#239;ens et annoncer la bonne nouvelle messianique.-Pour compl&#233;ter la Bible avec de nouveaux livres (sefarim). Cela lui vaut ce reproche de folie&amp;amp;#8201;:Il en &#233;tait l&#224; de sa d&#233;fense (apologia), quand Festus dit &#224; haute voix&amp;amp;#8201;: Tu es fou, Paul; ton grand savoir (polla grammata) te fait perdre la t&#234;te (Ac 26,24)o&#249; l'on voit 1) que Paul, malgr&#233; son humilit&#233; n'en finit jamais de faire son &amp;quot;apologie&amp;quot;, 2) que tout ce passage est satur&#233; de signifiants qui tournent autour des ketubim. polla grammata ce sont les nombreux ketubim ou sefarim (Cf. grammata dans Esther). Festus dit qu'il n'a rien &#224; &#233;crire et…tout cela devant Agrippa (agraphos, &amp;quot;non &#233;crit&amp;quot;)- Pour que ces lettres, comme celles d'Esther, soient lues dans la synagogue. Et que le midrash messianique entre dans la liturgie comme le rouleau d'Esther.Quand cette lettre aura &#233;t&#233; lue chez vous, faites qu'on la lise aussi dans l'&#201;glise des Laodic&#233;ens, et procurez-vous celle de Laodic&#233;e, pour la lire &#224; votre tour (Col 4, 16)- Accessoirement, notez que Paul-Sa&#252;l est un proche de Mardoch&#233;e car ce dernier est comme lui &amp;quot;fils de Qish&amp;quot; et Benjaminite, la plus &amp;quot;petite&amp;quot; des tribus.Or, &#224; la citadelle de Suse vivait un Juif nomm&#233; Mardoch&#233;e, fils de Ya&#239;r, fils de Shim&#233;&#239;, fils de Qish, de la tribu de Benjamin (Est 2,5)Il y avait un homme de Benjamin qui s'appelait Qish, fils d'Abiel, fils de &#199;eror, fils de Bekorat, fils d'Aphiah, fils d'un Benjaminite, un homme vaillant (1S 9,1)Nous avons donc deux fils de Qish qui agissent de la m&#234;me mani&#232;re: envoi de lettres et recherche de la paix (le messie):Car le Juif Mardoch&#233;e ....&#233;tait un homme consid&#233;r&#233; par les Juifs, aim&#233; par la multitude de ses fr&#232;res, recherchant le bien de son peuple et se pr&#233;occupant de la paix (doresh tov ve dover shalom) de sa race.  La pr&#233;sence du mot doresh semble avoir inspir&#233; la Septante car ce texte ajoute un passage de nature eschatologique:Et Mardoch&#233;e dit :&amp;amp;nbsp; C'est de Dieu qu'est venu tout cela! Si je me rem&#233;more le songe que j'eus &#224; ce sujet, rien n'a &#233;t&#233; omis : ni la petite source qui devient un fleuve, ni la lumi&#232;re qui brille, ni le soleil, ni l'abondance d'eaux.&amp;amp;nbsp; Esther est ce fleuve, elle qu'&#233;pousa le roi et qu'il fit reine. Les deux dragons, c'est Aman et moi. De m&#234;me la Septante suscite un l&#233;vite qui apporte la lettre :La quatri&#232;me ann&#233;e du r&#232;gne de Ptol&#233;m&#233;e et de Cl&#233;op&#226;tre, Dosith&#233;e qui se disait pr&#234;tre et l&#233;vite, ainsi que son fils Ptol&#233;m&#233;e, apport&#232;rent la pr&#233;sente lettre concernant les Purim.&amp;amp;nbsp; Ils la donnaient comme authentique et traduite par Lysimaque, fils de Ptol&#233;m&#233;e, de la communaut&#233; de J&#233;rusalem. Or en 2Tm 4, 13 Timoth&#233;e doit apporter des livres. -&amp;amp;nbsp;La lettre permet de figurer l'absence de Paul et son retour comme celui de Mo&#239;se pr&#233;vu par les textes.- Paul doit annuler lui aussi une mal&#233;diction et de mauvaises lettres. Lesquelles&amp;amp;#8201;? Les siennes d'abord:et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s'il y trouvait quelques adeptes de la Voie, hommes ou femmes, il les amen&#226;t encha&#238;n&#233;s &#224; J&#233;rusalem (Ac 9,2)Il annonce donc lui aussi la venue du messie qui doit annuler les mal&#233;dictions de certains sefarim.Car le Christ ne m'a pas envoy&#233; baptiser, mais annoncer l'&#201;vangilePar exemple les mal&#233;dictions qui sont formul&#233;es dans le Deut&#233;ronome. Celles qui visent Isra&#235;l s'il n'ob&#233;it pas &#224; toutes les lois (Dt 28, 15). Il s'agit donc de lettres midrashiques&amp;amp;#8201;:Notre lettre, c'est vous, une lettre &#233;crite en nos cœurs, connue et lue par tous les hommes (2Co 3,2)La peshitta comprend&amp;amp;#8201;: cette lettre est &#233;crite par vous. Paul n'&#233;crit pas de lettres, il continue la Bible, comme le faisait d&#233;j&#224; le Livre d'Esther.Vous &#234;tes manifestement une lettre du Christ (igeret mashiaH) remise &#224; nos soins, &#233;crite non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs (2Co 3, 3)Pour conclure: le genre &#233;pistolaire pr&#233;sente une forte affinit&#233; avec le contenu messianique. Voyez &#224; des si&#232;cles de distance ce que fait Ma&#239;monide avec son Ep&#238;tre au Yemen (igeret teman) qui vise &#224; pr&#233;ciser la doctrine messianique.•&amp;amp;nbsp;La lecture du Deut&#233;ronome.Sur plus de 320 citations clairement issues de l'Ancien Testament qui &#233;maillent le NT, le Deut&#233;ronome est le troisi&#232;me fournisseur apr&#232;s les Psaumes et Isa&#239;e. C'est donc une source importante des &#233;laborations midrashiques des textes chr&#233;tiens. Le Deut&#233;ronome a &#233;t&#233; lu de mani&#232;re midrashique car il pr&#233;sente des caract&#233;ristiques particuli&#232;res. En tant que dernier livre du Pentateuque, il est la fin (h&#233;breu : sof) de la Tora. Il est aussi nomm&#233; mishn&#233; tora, la r&#233;p&#233;tition de la Tora. Or, du point de vue du midrash, toute r&#233;p&#233;tition doit signifier quelque chose de nouveau. Le Deut&#233;ronome fera donc l'objet d'une intense lecture midrashique. En effet, la simple id&#233;e de &amp;quot;fin de la Tora&amp;quot; est d&#233;j&#224; probl&#233;matique car Dieu et sa parole sont infinis. Pour le midrash chr&#233;tien, le Deut&#233;ronome sera la fin de la loi et la loi de la fin (telos nomou). Le Deut&#233;ronome contient plusieurs discours de Mo&#239;se dont un Cantique, qui ont &#233;t&#233; lus de mani&#232;re proph&#233;tique car leur auteur est sur le point de mourir. De m&#234;me que Jacob au moment de sa mort proph&#233;tise sur l'avenir de ses fils, Mo&#239;se voit l'avenir des 12 Tribus et le d&#233;voile dans un langage obscur, source naturelle d'&#233;laborations midrashiques. Le midrash a pr&#233;cis&#233;ment pour objet de combler les failles et d'interpr&#233;ter ce qui est obscur. D&#232;s le d&#233;but du Deut&#233;ronome, Dieu encourage Mo&#239;se et les h&#233;breux qui semblent h&#233;sitants, &#224; entrer dans la terre et &#224; h&#233;riter&amp;amp;#8201;: haHel resh&amp;amp;#8201;: commence le partage&amp;amp;#8201;! h&#233;rite&amp;amp;#8201;! (Dt 2,24). Or ce th&#232;me de l'entr&#233;e dans la terre est lu de mani&#232;re messianique car c'est le messie qui devait faire entrer Isra&#235;l sur sa terre. De plus Mo&#239;se fait de vastes r&#233;capitulatifs de l'histoire d'Isra&#235;l qui seront le mod&#232;le du discours d'Etienne par exemple. Mo&#239;se parle alors au parfait, mais ce parfait peut &#234;tre lu au futur. On peut donc lire le Deut&#233;ronome au futur&amp;amp;#8201;: cela donne alors des choses curieuses&amp;amp;#8201;:je prendrai donc vos chefs de tribus hommes sages et d'exp&#233;rience, et je vous les donnerai pour chefs&amp;amp;#8201;: chefs de milliers, de centaines, de cinquantaines et de dizaines, et scribes pour vos tribus.On aurait donc, si on lit le Deut&#233;ronome au futur, un programme messianique &#224; accomplir par le proph&#232;te de la fin des temps, d'autant que le Deut&#233;ronome fait un usage intensif de l'expression ba'et hahi (en ce temps l&#224;) qui est toujours lue dans le registre de l'eschatologie. Le Deut&#233;ronome annonce lui-m&#234;me la venue d'un second Mo&#239;se &#224; la fin des temps.Je leur susciterai, du milieu de leurs fr&#232;res, un proph&#232;te semblable &#224; toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche et il leur dira tout ce que je lui ordonnerai. Dt 18, 18Notons aussi que le Deut&#233;ronome passe du r&#233;cit &#224; la troisi&#232;me personne au r&#233;cit racont&#233; par Mo&#239;se &#224; la premi&#232;re personne. Or les Actes pr&#233;sentent cette caract&#233;ristique.• Correspondances entre les &#201;p&#238;tres et le Deut&#233;ronome.Dans la Section va-etHanan, Mo&#239;se demande la gr&#226;ce d'entrer et de faire entrer (et de faire h&#233;riter). Dieu refuse et d&#233;cide que c'est Josu&#233; qui fera h&#233;riter (rsh). Paul accomplirait le Deut&#233;ronome, fin de la loi et loi de la Fin. Mo&#239;se dit dans le Deut&#233;ronome&amp;amp;#8201;: haHel resh (2, 24) commence le partage, h&#233;rite&amp;amp;#8201;! Et il installe Josu&#233;. Paul commence donc ce reshet d'o&#249; l'importance de tout ce qui est pr&#233;mices (reshit, etc...). Paul annonce donc un&amp;amp;nbsp; Josu&#233;-messie comme r&#233;paration de la mal&#233;diction du Deut&#233;ronome. Vous avez &#233;t&#233; punis (Mo&#239;se n'entre pas), mais Josu&#233; vous fera entrer.•Notori&#233;t&#233; des cha&#238;nes de Paul.en effet, dans tout le Pr&#233;toire et partout ailleurs, mes cha&#238;nes ont acquis, dans le Christ, une vraie notori&#233;t&#233; (Ph 1,13)La plupart du temps, les cha&#238;nes sont li&#233;es &#224; la pr&#233;dication. Cela s'explique par le fait que le grec&amp;amp;nbsp; desmios traduit mosrot (cordes, ceintures, cha&#238;nes) qui est la m&#234;me racine que musar, l'enseignement, la tradition, la correction elle-m&#234;me li&#233;e &#224; la bina (Pr 4, 1).• Paul et l'apparition.Les &#201;p&#238;tres tiennent &#224; nous rassurer sur le point de savoir si le Seigneur est bien apparu &#224; Paul.Et, en tout dernier lieu, il m'est apparu &#224; moi aussi…(1Co 15,8)N'ai-je pas vu…notre Seigneur&amp;amp;#8201;? (1Co 9,1)Ce serait pour faire &#233;cho &#224; un doute de Mo&#239;se. Mo&#239;se craint ceci&amp;amp;#8201;:Et s'ils ne me croient pas et n'&#233;coutent pas ma voix, mais me disent&amp;amp;#8201;: Yahv&#233; ne t'est pas apparu&amp;amp;#8201;? (Ex 4,1)Dieu lui permet alors de faire deux miracles pour que les h&#233;breux croient enfin que Dieu lui est bien apparu: le b&#226;ton transform&#233; en serpent et la main l&#233;preuse. Le premier miracle ne vous rappelle rien&amp;amp;#8201;? Pourtant en Actes 28, Paul jette du bois (dans le feu) et un serpent appara&#238;t. Yahv&#233; dit encore &#224; Mo&#239;se&amp;amp;#8201;: Mets ta main dans ton sein. Il mit la main dans son sein, puis la retira, et voici que sa main &#233;tait l&#233;preuse, blanche comme neige. Yahv&#233; lui dit&amp;amp;#8201;: Remets ta main dans ton sein. Il remit la main dans son sein et la retira de son sein, et voici qu'elle &#233;tait redevenue comme le reste de son corps (Ex 4,7). Or &#224; la grande surprise des Barbares de Malte, la main de Paul n'a effectivement rien, et devant ce second miracle ces barbares croient pour accomplir le verset&amp;amp;#8201;: s'ils ne te croient pas et ne sont pas convaincus par le premier signe, ils croiront &#224; cause du second signe. Notez l'humour du midrash: les barbares d'Ac 28,4 sont des sp&#233;cialistes en midrash. Ils savent que Paul est un assassin (Mo&#239;se a tu&#233; un &#201;gyptien) qu'il vient d'&#233;chapper &#224; la mer (la mer rouge) et ils se mettent &#224; dire que c'est un Dieu parce qu'ils ont lu Exode 7,1&amp;amp;#8201;: Vois, j'ai fait de toi un dieu pour Pharaon.Comme Paul ramassait une brass&#233;e de bois sec et la jetait dans le feu, une vip&#232;re, que la chaleur en fit sortir, s'accrocha &#224; sa main. Quand les indig&#232;nes virent la b&#234;te suspendue &#224; sa main, ils se dirent entre eux :&amp;amp;nbsp; Pour s&#251;r, c'est un assassin que cet homme : il vient d'&#233;chapper &#224; la mer, et la vengeance divine ne lui permet pas de vivre. ...Ils s'attendaient &#224; le voir enfler ou tomber raide mort. Apr&#232;s avoir attendu longtemps, voyant qu'il ne lui arrivait rien d'anormal, ils chang&#232;rent d'avis et se mirent &#224; dire que c'&#233;tait un dieu (Ac 28, 2-6)• Deux ou trois t&#233;moins.Le Deut&#233;ronome contient ce verset&amp;amp;#8201;:Un seul t&#233;moin ne peut suffire pour convaincre un homme de quelque faute ou d&#233;lit que ce soit&amp;amp;#8201;; quel que soit le d&#233;lit, c'est au dire de deux ou trois t&#233;moins que la cause sera &#233;tablie (Dt 19, 15)En m&#234;me temps, le Deut&#233;ronome est lui-m&#234;me un t&#233;moin, dans le sens h&#233;bra&#239;que du terme&amp;amp;#8201;: celui qui doit avertir. On y trouve la p&#233;ricope ha'azinu (o&#249; le ciel et la terre sont les avertisseurs-t&#233;moins d'Isra&#235;l) ainsi qu'un &amp;quot;cantique-t&#233;moin&amp;quot;:&#201;crivez maintenant pour votre usage le cantique que voici; enseigne-le aux Isra&#233;lites, mets-le dans leur bouche, afin qu'il me serve de t&#233;moin contre les Isra&#233;lites ( Dt 31, 19)C'est pourquoi on trouve un peu partout dans les &#201;p&#238;tres le rappel de ces t&#233;moins, et souvent sans raison apparente&amp;amp;#8201;:C'est la troisi&#232;me fois que je vais me rendre chez vous. Toute affaire se d&#233;cidera sur la parole de deux t&#233;moins ou de trois ( 2Co 13,1)N'accueille d'accusation contre un presbytre que sur d&#233;position de deux ou trois t&#233;moins (1Tm 5,19)Quelqu'un rejette-t-il la Loi de Mo&#239;se&amp;amp;#8201;? Impitoyablement il est mis &#224; mort sur la d&#233;position de deux ou trois t&#233;moins (Hb 10, 28)• Loi sur les attelages interdits.Tu ne laboureras pas avec un bœuf et un &#226;ne ensemble. (Dt 22, 10)Ne formez pas d'attelage disparate avec des infid&#232;les. Quel rapport en effet entre la justice et l'impi&#233;t&#233; ?&amp;amp;nbsp; Quelle union entre la lumi&#232;re et les t&#233;n&#232;bres ?&amp;amp;nbsp; (2Co 6, 14)• Racine d'amertume.Dans un verset qui met en garde Isra&#235;l contre l'idol&#226;trie, le Deut&#233;ronome s'exprime ainsi&amp;amp;#8201;:Qu'il n'y ait pas parmi vous de racine (shoresh) d'o&#249; l&#232;vent le pavot (rosh) et l'absinthe&amp;amp;#8201;! (Dt 29, 17),Paul reprend cette id&#233;e dans l'&#233;p&#238;tre aux H&#233;breux.veillant…&#224; ce qu'aucune racine am&#232;re (shoresh rosh) ne pousse des rejetons et ne cause du trouble, ce qui contaminerait toute la masse (Hb 12,15.)• Quelques &#233;l&#233;ments indiquant une lecture midrashique du Deut&#233;tonome.• Dans le Cantique de Moise, le verset Dt 32, 36&amp;amp;#8201;: Car il va voir que leur vigueur s'&#233;puise, qu'il ne reste plus ni libre, ni serf, contient une id&#233;e reprise par Paul&amp;amp;#8201;: il n'y a ni esclave ni homme libre (Ga 3, 28).•&amp;amp;nbsp;Dans la p&#233;ricope ha-azinu (Dt 32,7) Rappelle-toi les jours d'autrefois (zekhor yemot 'olam) peut &#234;tre lu&amp;amp;#8201;: souviens toi que le monde mourra. Th&#232;me tr&#232;s paulinien.• En Dt 32, 44&amp;amp;#8201;: Mo&#239;se vint avec Josu&#233; fils de N&#251;n, et pronon&#231;a aux oreilles du peuple toutes les paroles de ce cantique (shira), le grec de la Septante a &amp;quot;logous tou nomou&amp;quot; autrement dit le traducteur avait sous les yeux un verset ou il n'y avait pas shira mais Tora. Cela conforte l'id&#233;e que le Deut&#233;ronome pourrait avoir &#233;t&#233; lu comme une nouvelle loi.• En Dt 34, 2&amp;amp;#8201;: tout le pays de Juda jusqu'&#224; la mer Occidentale (yam aHarona) le commentaire midrashique nomm&#233; sifre lit yom aHaron (dernier jour).• Ils m'ont rendu jaloux avec un n&#233;ant de dieu, ils m'ont irrit&#233; par leurs &#234;tres de rien&amp;amp;#8201;; eh bien&amp;amp;#8201;! Moi, je les rendrai jaloux avec un n&#233;ant de peuple, je les irriterai au moyen d'une nation stupide&amp;amp;#8201;! Dt 32, 21 Ce verset est directement cit&#233; par Paul&amp;amp;#8201;: D&#233;j&#224; Mo&#239;se dit&amp;amp;#8201;: Je vous rendrai jaloux de ce qui n'est pas une nation, contre une nation sans intelligence (Rm 10, 19)• A partir de Dt 3, 24 on commence &#224; avoir au lieu du simple t&#233;tragramme, la forme redoubl&#233;e Adonai YHVH. Ce redoublement du tetragramme qui vaut 52 a &#233;t&#233; lu comme indice du contenu messianique du Deut&#233;ronome.• Ce n'est pas avec nos p&#232;res que Yahv&#233; a conclu cette alliance mais avec nous (itanu), nous-m&#234;mes (anaHnu) qui sommes ici (ele po hayom) aujourd'hui tous vivants. Ce verset est lu comme s'adressant aux lecteurs actuels du Deut&#233;ronome. De plus &amp;quot;vivant&amp;quot; est toujours lu &amp;quot;ressuscit&#233;&amp;quot;.• En Dt 34,9 il est dit que&amp;amp;#8201;: Josu&#233; fils de nun rempli de l'esprit de sagesse&amp;amp;#8201;; male ruaH Hokhma a la valeur messianique (358).• De nombreux P&#232;res de l'Eglise ont fait une lecture eschatologique du Deut&#233;ronome. Exemple: En plus de ceux-ci, il (Mo&#239;se) ajoute une nouvelle s&#233;rie de lois. On appelle cette nouvelle s&#233;rie Deut&#233;ronome. Dans ce Livre, on trouve aussi des &#233;crits proph&#233;tiques qui concernent : notre Seigneur J&#233;sus Christ, le peuple, l'appel des autres peuples et le royaume de Dieu (Ir&#233;n&#233;e de Lyon, Expose&amp;amp;#769; de la Pre&amp;amp;#769;dication des Apo&amp;amp;#770;tres)• Jean r&#233;sume tout cela en deux versets&amp;amp;#8201;: Car si vous croyiez Mo&#239;se, vous me croiriez aussi, car c'est de moi qu'il a &#233;crit. Mais si vous ne croyez pas &#224; ses &#233;crits, comment croirez-vous &#224; mes paroles&amp;amp;#8201;? Jn 5, 46-47. Autrement dit&amp;amp;#8201;: c'est simple, le Deut&#233;ronome ne parle que du messie. Et donc, si vous ne croyez pas au messie du Deut&#233;ronome, vous ne croyez pas en Mo&#239;se et vous n'&#234;tes pas des Juifs. CQFD.• En dehors de la section ha-azinu dont la haftara est constitu&#233;e pas le Cantique de David (2S 22,1) toutes les sections du Deut&#233;ronome pointent vers l'eschatologie du livre d'Isa&#239;e. Ainsi la p&#233;ricope r&#233;&#233; a pour haftara : 'ania so'ara (Is 54, 11) la p&#233;ricope ki-tets&#233; a pour haftara: rani 'aqara (Is 54,1). Deux sections (va-etHanan et shoftim) pointent vers deux haftarot d'Isa&#239;e qui contiennent un redoublement (naHamu, naHamu, Is 40,1 et Anokhi, Anokhi Is 51, 12). Ce redoublement est naturellement interpr&#233;t&#233; comme l'indication que Dieu fait toutes choses deux fois et qu'il agira donc &#224; la fin des temps.&amp;amp;nbsp;</description>
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     <title>D'Andronicus &#224; Epim&#233;nide - par Webmaster le 21/09/2008 : 01:06</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=343</link>
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     <description>D'Andronicus &#224; Epim&#233;nidePetits essais d'onomastique paulinienneLes Philosophes grecs Giorgio DE CHIRICO (1925)• Deux nouveaux ap&#244;tres.Au chapitre 16 de la Lettre aux Romains nous lisons ceci:Saluez Andronicus et Junias, mes parents et mes compagnons de captivit&#233; : ce sont des ap&#244;tres marquants (grec: epis&#234;moi) qui m'ont pr&#233;c&#233;d&#233; dans le Christ.&amp;amp;nbsp; Rm 16, 7Qui sont Junias et Andronicus ? Des ap&#244;tres. Envoy&#233;s o&#249; et par qui? Nous ne le saurons pas. En revanche nous savons qu'il s'agit de parents de Paul. La bible de Gen&#232;ve qui est plus ancienne que la bible de J&#233;rusalem, donc mieux renseign&#233;e (elle date de 1669) croit savoir qu'ils sont m&#234;me des cousins de Paul:&amp;amp;nbsp;Sal&#252;ez Andronique &amp;amp;amp; Junias mes coufins, &amp;amp;amp; qui ont eft&#233; prifonniers avec moi, lefquels font notables entre les Apoftres, &amp;amp;amp; qui ont mefmes eft&#233; devant moi en Chrift.Comme episemoi est un hapax, on ne saura pas vraiment ce que signifie ce mot&amp;amp;nbsp; traduit par &amp;quot;marquants&amp;quot; ou &amp;quot;notables&amp;quot;. En revanche nous savons qu'ils sont des sunaichmal&#244;tous (encore un mot grec recherch&#233;) des compagnons de captivit&#233;&amp;amp;nbsp; (prifonniers avec moi), enfin qu'ils &#233;taient Chr&#233;tiens &amp;quot;dans le Christ&amp;quot; avant Paul. Junias et Andronicus seraient donc des shliHim (ap&#244;tres) qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; Paul. Cette information est parfaitement exacte &#224; quelques d&#233;tails pr&#232;s.Junias est effectivement un ap&#244;tre c&#233;l&#232;bre de l'Ancien Testament qui a m&#234;me &#233;t&#233; le mod&#232;le de Paul. Il s'appelle Jonas. Pour le midrash chr&#233;tien, Jonas &#233;tait chr&#233;tien puisqu'il a re&#231;u le (davar YHVH)52. Jonas a &#233;t&#233; envoy&#233; &#224; Ninive, il a d'abord voulu fuir sa mission, comme Paul, mais il a fini par l'accepter et porter la parole. Jonas est bien un parent de Paul puisque comme lui il est h&#233;breu ('ivri Jon 1,9). Jonas est bien un compagnon de captivit&#233; de Paul puisqu'il est li&#233; par un vœu. Voyez Jon 2, 10. En r&#233;alit&#233; Jonas (yona, la colombe) est Isra&#235;l lui-m&#234;me dont la mission est de propager la parole dans le monde. Mais qui donc serait alors Andronicus, le comparse de ce premier ap&#244;tre ? Ce nom Andronicus qui sent le midrash &#224; plein nez, serait encore Isra&#235;l mais sous les esp&#232;ces de Jacob. Jacob a en effet re&#231;u le nom d'Isra&#235;l lorsqu'il a &amp;quot;vaincu un homme&amp;quot; (Gn 32,29) en y laissant sa hanche. Or Andronicus est un nom qui signifie justement&amp;amp;nbsp; vaincre un homme. Pour ce qui est de la parent&#233; avec Paul, on n'a pas de probl&#232;me avec Jacob. Jacob est bien un ap&#244;tre (envoy&#233;) car en Gn 30,25 il demande &#224; &#234;tre un shaliaH (envoy&#233;) lorsqu'il dit: shalHeni. Jacob est enfin, bien &#233;videmment, un compagnon de captivit&#233; de Paul puisqu'il est aussi un assir, un li&#233; par le vœu qu'il fait en Gn 28,20:Jacob fit ce vœu :&amp;amp;nbsp; Si Dieu est avec moi et me garde en la route o&#249; je vais, s'il me donne du pain &#224; manger et des habits pour me v&#234;tir, si je reviens sain et sauf chez mon p&#232;re, alors Yahv&#233; sera mon Dieu et cette pierre que j'ai dress&#233;e comme une st&#232;le sera une maison de Dieu, et de tout ce que tu me donneras je te payerai fid&#232;lement la d&#238;me.  Cette pierre ayant &#233;t&#233; &amp;quot;ointe&amp;quot; en Gn 18,18, Jacob a bien pr&#233;c&#233;d&#233; Paul en mati&#232;re de meshiHut (onction ou messianisme). C'est donc un ap&#244;tre &amp;quot;marquant&amp;quot;. Bien entendu l'ex&#233;g&#232;se &amp;quot;genre&amp;quot; fonce dans le panneau et voit en Junia un ap&#244;tre femelle (et, bien entendu, il n'est pas &#233;tonnant que nous ne sachions rien sur elle, puisque le texte est sexiste. Tout se tient.) Si epis&#234;moi est bien un hapax, le terme est quand m&#234;me construit sur la racine de semeion, du signe. Logique avec lui-m&#234;me, le NT fait bien &#233;tat d'un &amp;quot;signe de Jonas&amp;quot;. Reste d&#233;sormais au lecteur &#224; trouver quel est le signe li&#233; &#224; Jacob puisque il est aussi un epis&#234;moi. Est-ce l'&#233;chelle, l'&#233;toile, la pierre ?• Nouvelles d'Epim&#233;nide le cr&#233;tois.Dans l'&#233;pitre &#224; Tite nous lisons ceci:L'un d'entre eux, leur propre proph&#232;te, a dit :&amp;amp;nbsp; Cr&#233;tois perp&#233;tuels menteurs, mauvaises b&#234;tes...(Tt 1,12) De qui et de quoi nous parle exactement ce verset ? La Bible de J&#233;rusalem nous apprend que Paul cite ici, au moins pour le d&#233;but, le po&#232;te cr&#233;tois Epim&#233;nide de Cnossos (IVe si&#232;cle). Pourtant le contexte de ce verset nous apprend que Paul parle ici des Juifs:Nombreux sont en effet les esprits rebelles, les vains discoureurs, les s&#233;ducteurs, surtout chez les circoncis. Il faut leur fermer la bouche;&amp;amp;nbsp; ces gens-l&#224; bouleversent des familles enti&#232;res, enseignant pour de scandaleux profits ce qui ne se doit pas. (Tt 1, 10-11)Vous pourriez penser dans un mouvement de pr&#233;cipitation que Paul pensait qu'Epim&#233;nide &#233;tait juif. Ou bien que Paul se trompe, ou encore que les pr&#233;sentateurs de Bible disent n'importe quoi. Ce serait une r&#233;action tr&#232;s exag&#233;r&#233;e. Il est plus constructif d'essayer de comprendre comment Paul en est arriv&#233; &#224; parler de Cr&#232;te et de menteurs juifs. Eh bien, croyez-le ou non, il a trouv&#233; cette histoire de menteurs et (phon&#233;tiquement) de cr&#233;tois chez Isa&#239;e, comme souvent.Vous avez dit :&amp;amp;nbsp; Nous avons tranch&#233; (caratnu) une alliance avec la mort, avec le sh&#233;ol nous avons fait un pacte.&amp;amp;nbsp; Quant au fl&#233;au mena&#231;ant, il passera sans nous atteindre, car nous avons fait du mensonge (kazav) notre refuge, et dans la fausset&#233; nous nous sommes cach&#233;s (Is 28,15)Entendez-vous dans ces parages mentir ces f&#233;roces cr&#233;tois ? Mais peut-&#234;tre est-ce ici simplement un hasard ? Il nous faudrait peut-&#234;tre une autre conjonction de la Cr&#232;te et des menteries juives dans la proph&#233;tie.&#201;phra&#239;m se repa&#238;t de vent, tout le jour il poursuit le vent d'est; il multiplie mensonge (kazav) et fausset&#233; : on conclut (yikrotu) alliance avec Assur, on porte de l'huile &#224; l'&#201;gypte (Os 12,2) - Mais Paul dit que ces proph&#232;tes traitent ces cr&#233;tois de b&#234;tes malfaisantes?Ainsi parle le Seigneur Yahv&#233; : Bien que j'envoie mes quatre fl&#233;aux terribles, &#233;p&#233;e, famine, b&#234;tes f&#233;roces et peste, vers J&#233;rusalem pour en retrancher (hakrit) b&#234;tes et gens ( Ez 14 21)Je trancherai (ve-karati) pour eux une alliance, en ce jour-l&#224;, avec les b&#234;tes des champs, avec les oiseaux du ciel et les reptiles du sol; l'arc, l'&#233;p&#233;e, la guerre, je les briserai et les bannirai du pays, et eux, je les ferai reposer en s&#233;curit&#233;. (Os 2, 20)Pour une autre analyse sur l'origine des &amp;quot;cr&#233;tois&amp;quot; voyez aussi l'article R&#233;gime Cr&#233;tois sur ce site• Ep&#232;n&#232;te et St&#233;phanas, pr&#233;mices de l'Acha&#239;e.Voici deux versets qui sont en apparence distincts.saluez aussi l'&#201;glise qui se r&#233;unit chez eux. Saluez mon cher &#201;p&#233;n&#232;te, les pr&#233;mices que l'Asie&amp;amp;nbsp; (aparch&#234; t&#234;s asias) a offertes au Christ &amp;amp;nbsp; (Rm 16, 5)Encore une recommandation, fr&#232;res. Vous savez que St&#233;phanas et les siens sont les pr&#233;mices de l'Acha&#239;e (1Co 16,15)L'un parle de l'Asie et l'autre de l'Acha&#239;e. Cependant si nous lisons ces versets dans la version aram&#233;enne des Evangiles (la peshitta) alors ils commencent &#224; se ressembler curieusement et m&#234;me &#224; converger au point de provoquer un fort strabisme. En effet, Ep&#233;n&#232;te est apnTws et St&#233;phanas asTpna. Ces personnages sont des aparch&#234;, des &amp;quot;pr&#233;mices&amp;quot;, et en h&#233;breu des reshit. La peshitta est tout &#224; fait d'accord l&#224; dessus, elle en fait aussi des reshit, mais l&#224; o&#249; elle n'est plus du tout d'accord, la peshitta, c'est que pour elle, les deux personnages sont les pr&#233;mices de l'akia. Exit l'Asie. Il ne nous reste donc plus que l'Acha&#239;e. Curieusement , alors que la Gr&#232;ce est souvent nomm&#233;e dans la Bible, elle n'est jamais nomm&#233;e Acha&#239;e en dehors du Nouveau Testament. Or nous avons &#233;tabli ailleurs que ce nom de lieu sonne comme aH (fr&#232;re en h&#233;breu) ce pourquoi on a toujours un ou deux fr&#232;res qui voltigent autour de l'Acha&#239;e. Pour corser le tout, on trouve m&#234;me un verset o&#249; tout notre petit monde se retrouve r&#233;uni: Je suis heureux de la visite de St&#233;phanas, de Fortunatus et d'Acha&#239;cus, qui ont suppl&#233;&#233; &#224; votre absence (litt. rempli votre manque) (1Co 16, 17)&amp;amp;nbsp; (huster&#234;ma houtoi anepl&#234;r&#244;san ) Ce n'est pas le seul verset&amp;amp;nbsp; o&#249; il est question de &amp;quot;remplir un manque&amp;quot;. Cette expression&amp;amp;nbsp; qui provient&amp;amp;nbsp; du &amp;quot;Testament de Benjamin&amp;quot; devient chez Paul (qui est de cette tribu) un &#233;l&#233;ment du cahier des charges:Nuit et jour nous lui demandons... de pouvoir compl&#233;ter ce qui manque encore &#224; votre foi &amp;amp;nbsp; (1Th 3,10)&amp;amp;nbsp;je compl&#232;te ce qui manque aux tribulations du Christ en ma chair pour son Corps.(Col 1, 24)Dans l'Apologie de Paul nous faisions l'hypoth&#232;se que la course de Paul&amp;amp;nbsp; dans le monde m&#233;diterran&#233;en &#233;tait un midrash d'accomplissement centr&#233; sur le r&#244;le du Grand Pr&#234;tre eschatologique. Puisque le Deut&#233;ronome&amp;amp;nbsp; (la fin de la loi et la loi de la fin) enjoint au fid&#232;le d'apporter au pr&#234;tre de cette &#233;poque des pr&#233;mices, Paul parcourt le monde pour recueillir ces pr&#233;mices et ces &amp;quot;dons&amp;quot;.Il existe un&amp;amp;nbsp; terme de l'h&#233;breu tardif qui ressemble tr&#232;s fort au&amp;amp;nbsp; nom de nos personnages et qui est apantorin &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1496;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503;, mais ce terme signifie pierres pr&#233;cieuses. Voil&#224; qui ne nous avance pas beaucoup sauf si nous le relions&amp;amp;nbsp; au rituel de la grande pr&#234;trise. Dans ce rituel, il y a les v&#234;tements du Grand Pr&#234;tre et notamment le pectoral ainsi que les pierres qui ornaient les Urim et les Tumim. Dans la tradition juive, le peuple et les nessiim les phylarques, firent assaut de g&#233;n&#233;rosit&#233; dans les offrandes au Tabernacle et il n'est pas &#233;tonnant que le midrash paulinien se soit empar&#233; de cet &#233;l&#233;ment. Ce sont les Phylarques qui apportent les pierres:Les chefs apport&#232;rent les pierres de cornaline et les pierres &#224; ench&#226;sser (miluim, racine de remplir, accomplir) dans l'&#233;phod et le pectoral, (Ex 35,27)Selon la bible, les noms des douze tribus &#233;taient grav&#233;s sur chaque pierre du pectoral ainsi que sur la couronne du Grand Pr&#234;tre. Et c'est cet &#233;l&#233;ment qui expliquerait les termes aH&amp;amp;nbsp; et Acha&#239;e. Les fr&#232;res sont tout simplement les 12 fils de Jacob. Et Paul qui &#233;difie l'Eglise (qahal) unifie midrashiquement Isra&#235;l en r&#233;unissant comme Mo&#239;se (va-yaqhel) les fr&#232;res des 12 Tribus. Paul est ici Mo&#239;se, et Cephas est Aaron. Comme les noms des fr&#232;res devaient &#234;tre grav&#233;s (pituH&#233; Hotam) dans la pierre, Paul dit &#224; ses auditeurs:&amp;amp;nbsp; c'est vous qui &#234;tes le sceau&amp;amp;nbsp; (gr: sphargis, h&#233;b: Hotam) de mon apostolat. 1Co 9,2. On retrouvera cette &amp;quot;ouverture des Sceaux&amp;quot; (pituH&#233; Hotam) dans l'Apocalypse.Le fait que nous ayons ici un stefanas renforce le lien avec le sacerdoce. Stefanas serait aussi une &#233;laboration autour du mot matsnefet, la tiare du pontife. C'est pourquoi le th&#232;me de la couronne est si pr&#233;sent chez Paul.Ainsi donc, mes fr&#232;res ... ma joie et ma couronne (Ph 4,1)Quelle est en effet notre esp&#233;rance, notre joie, la couronne dont nous serons fiers, si ce n'est vous, en pr&#233;sence de notre Seigneur J&#233;sus lors de son Av&#232;nement?&amp;amp;nbsp; 1Th 2,19De m&#234;me l'athl&#232;te ne re&#231;oit la couronne que s'il a lutt&#233; selon les r&#232;gles. 2Tm 2,5Pr&#234;tre du Temple eschatologique &#224; construire, Paul incite le peuple &#224; faire des dons comme Mo&#239;se, et il recueille les pr&#233;mices et les dons en pierres pr&#233;cieuses: verbe episkepsomai qui traduit l'h&#233;breu paqad et qui a donn&#233; Ev&#234;que.&amp;amp;nbsp; La preuve qu'il s'agit d'eschatologie, c'est que l'on retrouve d&#233;j&#224; ces pierres chez Ez&#233;chiel qui lui-m&#234;me les fait remonter tr&#232;s loin:tu &#233;tais en &#201;den, au jardin de Dieu. Toutes sortes de pierres pr&#233;cieuses formaient ton manteau : sardoine, topaze, diamant, chrysolithe, onyx, jaspe, saphir, escarboucle, &#233;meraude, d'or &#233;taient travaill&#233;s tes disques et tes pendeloques; tout cela fut pr&#233;par&#233; au jour de ta cr&#233;ation. Ez 28, 13 Gr&#226;ce au Pectoral, le Grand Pr&#234;tre peut consulter Dieu (derosh &#233;lohim). Pas &#233;tonnant que ce th&#232;me ait donn&#233; mati&#232;re &#224; un midrash. Mais comme le midrash est devenu tr&#232;s t&#244;t incompr&#233;hensible, on a pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; tout hasard garder l'objet lui-m&#234;me. Le Pectoral&amp;amp;nbsp; (Hoshen mishpat en h&#233;breu) est devenu un logeion en grec, et donc tr&#232;s logiquement un rational en latin. Au moyen &#226;ge, on portait&amp;amp;nbsp; semble-t-il &#224; c&#244;t&#233; du rational d'&#233;toffe, un pectoral de m&#233;tal directement imit&#233; du pectoral du Grand pr&#234;tre. Guillaume de Poitiers (n&#233; vers 1020) le mentionne dans son Histoire de Guillaume le Conqu&#233;rant ; lors de la conqu&#234;te de l'Angleterre, il d&#233;crit l'habillement d'Hugues, &#233;v&#234;que de Lisieux, et &#233;nonce avec pr&#233;cision qu'il portait sur ses habits ce rational.• Petite id&#233;e sur Timoth&#233;e.Timoth&#233;e est un adjoint de Paul. Plus exactement, il est &#224; la fois un fils et un fr&#232;re (aH). Si notre hypoth&#232;se sur une &#233;laboration paulinienne autour du mot aH est correcte alors Timoth&#233;e est l'un des douze fils de Jacob. Et comme Timoth&#232;e a un r&#244;le pr&#233;&#233;minent aupr&#232;s de Paul, Timoth&#233;e serait Ruben. Mais sur quoi fonder une hypoth&#232;se aussi &#233;bouriffante ? D'abord sur le fait que Timoth&#233;e est un fils (ben) :C'est pour cela m&#234;me que je vous ai envoy&#233; Timoth&#233;e, qui est mon fils bien-aim&#233; (1Co 4,17)et&amp;amp;nbsp; ensuite qu'il est li&#233; &#224; la crainte, sa m&#232;re craignait dieu (Ac 16,1) mais lui, ironie du midrash, est li&#233; &#224; l'absence de crainte:Si Timoth&#233;e arrive, veillez &#224; ce qu'il soit sans crainte au milieu de vous; car il travaille comme moi &#224; l'œuvre du Seigneur (1Co 16, 10)Un fils (ben) avec ou sans crainte (yir'a) peut d&#233;j&#224; faire un bon reu-ben. Timoth&#233;e est aussi un pr&#233;mice, comme tous les fils de Jacob. Mais en tant que Ruben, il l'est tout particuli&#232;rement en tant qu'a&#238;n&#233; (bekhor) or pr&#233;mice se dit bikur, mais surtout &#224; cause du verset:Ruben, tu es mon premier-n&#233;, ma vigueur, les pr&#233;mices de ma virilit&#233;, comble de fiert&#233; et comble de force&amp;amp;nbsp; (Gn 49,3)Ruben est li&#233; &#224; la force, il sera donc li&#233; au combat. Or curieusement Timoth&#233;e est aussi li&#233; au combat:Tel est l'avertissement que je t'adresse, Timoth&#233;e, mon enfant, en accord avec les proph&#233;ties jadis prononc&#233;es sur toi, afin que, p&#233;n&#233;tr&#233; de celles-ci, tu combattes le bon combat (1Tm 1,18)Mais tout cela ne serait que pure sp&#233;culation si notre hypoth&#232;se midrashique n'&#233;tait confirm&#233;e par un autre midrash beaucoup plus appr&#233;ci&#233; des historiens et qui tient dans les livres des Maccab&#233;es. On trouve dans ces livres un Timoth&#233;e chef de guerre syrien qui est battu par un Judas. Curieusement ce Timoth&#233;e meurt dans une citerne.Ils &#233;gorg&#232;rent Timoth&#233;e, qui s'&#233;tait cach&#233; dans une citerne, et avec lui son fr&#232;re Ch&#233;r&#233;as et Apollophane (2M 10, 37)Or c'est dans une citerne que Ruben avait plac&#233; Joseph:Ruben leur dit :&amp;amp;nbsp; Ne r&#233;pandez pas le sang!&amp;amp;nbsp; Jetez-le dans cette citerne du d&#233;sert, mais ne portez pas la main (cheira) sur lui!&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; C'&#233;tait pour le sauver de leurs mains (cheir&#244;n) et le ramener &#224; son p&#232;re.(Gn 37,22)Paul n'a donc pas &#233;labor&#233; de midrash sur Timoth&#233;e, il l'a trouv&#233; d&#233;j&#224; constitu&#233; dans les deux livres des Maccab&#233;es, livres o&#249; d&#233;j&#224; un Timoth&#233;e voisine tranquillement, comme le Timoth&#233;e de Paul,&amp;amp;nbsp; avec&amp;amp;nbsp; des personnages comme Sosipater, Jason et Lucius. (Cf. Timoth&#233;e, mon coop&#233;rateur, vous salue, ainsi que Lucius, Jason et Sosipatros, mes parents. Rm 16, 20)•&amp;amp;nbsp;La main de Juda.  Dans cette analyse de Timoth&#233;e nous citons un verset des Maccab&#233;es dans lequel Timoth&#233;e est li&#233; &#224; deux personnages : Ch&#233;r&#233;as et Judas. Pourquoi ce lien&amp;amp;nbsp; entre un nom qui sonne comme la main et Juda ? Notre hypoth&#232;se est que Ch&#233;r&#233;as est un nom midrashique form&#233; sur la main (h&#233;breu : yad, grec: cheira) car Juda est midrashiquement li&#233; &#224; la main: Juda, toi, tes fr&#232;res te loueront, ta main est sur la nuque de tes ennemis (y&#233;huda ...yodukha...yadkha)&amp;amp;nbsp; Je vais lever la main contre Juda (...yadi 'al y&#233;huda) (So 1, 4) Ce lien se retrouvera tout naturellement dans le midrash &#233;vang&#233;lique: &amp;amp;nbsp;Il r&#233;pondit : Quelqu'un qui a plong&#233; avec moi la main dans le plat, voil&#224; celui qui va me livrer!&amp;amp;nbsp; (Mt 26, 23) Il leur dit :&amp;amp;nbsp; C'est l'un des Douze, qui plonge avec moi la main dans le m&#234;me plat. (Mc 14, 20) &amp;amp;nbsp;Cependant, voici que la main de celui qui me livre est avec moi sur la table. (Lc 22, 21) Judas &#233;tant Thomas, ce dernier sera aussi associ&#233; &#224; la main. Puis il dit &#224; Thomas :&amp;amp;nbsp; Porte ton doigt ici : voici mes mains; avance ta main et mets-la dans mon c&#244;t&#233;, et ne sois plus incr&#233;dule, mais croyant. (Jn 20, 27)• Hypoth&#232;se pour le terme &amp;quot;Colossiens&amp;quot;La lettre aux Colossiens contient ce verset qui fait hurler tous ceux qui prennent les Epitres pour un livre d'histoire:Esclaves, ob&#233;issez en tout &#224; vos ma&#238;tres d'ici-bas....(Col 3, 22)Comment est-il possible de formuler des choses aussi r&#233;actionnaires s'&#233;tranglent les ex&#233;g&#232;tes des Gender Studies.&amp;amp;nbsp; Paul ferait l'&#233;loge (qls, &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1505;) des esclaves, de ceux qui re&#231;oivent des ordres, des commandements (&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503;). Mais ce n'est pas aussi simple car cette racine qls a des sens ambivalents:&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1492;&amp;amp;nbsp; : D&#233;dain, d&#233;rision;  &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1496;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; : bouffons, moqueurs, plaisantins. Alors finalement les Colossiens, bons ou mauvais ? La r&#233;ponse n'est pas si facile car le genre du discours paulinien est l'admonestation. F&#233;licitations et avertissements. Pour donner une id&#233;e de ce qu'a pu &#234;tre l'&#233;laboration paulinienne, voici un passage du midrash Rabba sur l'Exode qui nous parle lui aussi en quelque sorte de &amp;quot;colossiens&amp;quot;.Exode Raba 43,8:&amp;amp;nbsp; Parabole d’un homme qui ach&#232;te un esclave. Il demande au vendeur : Cet homme que tu vends est-il de confiance ou douteux? Les termes utilis&#233;s par ce midrash sont des emprunts au grec, mais d&#233;form&#233;s: &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; et &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1490;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; Les dictionnaires nous apprennent en effet qu'ils sont form&#233;s sur des adjectifs grecs kalos (bon) et kakos (mauvais). KaloHasin serait une d&#233;formation de kalo-prasin (vente avec garantie) tandis que kakogrisin&amp;amp;nbsp; serait une d&#233;formation de kako-prasin (vente sans garantie). kaloHasin serait presque un candidat pour l'origine du terme&amp;amp;nbsp; &amp;quot;Colossiens&amp;quot;, vous ne trouvez pas ? D'autant&amp;amp;nbsp; que Col 1,7 fait mention d'un certain Epaphras, nom qui laisse entendre le son pras de la vente. Epaphras est en effet un esclave (doulos) et de plus il est fid&#232;le. Il pourrait donc fort bien &#234;tre un kaloHasin.• Juste TiteQui est Tite ? Les textes du Nouveau Testament nous le disent clairement: c'est Joseph, le fils de Jacob, auquel la tradition juive associe le titre de Juste.Joseph dit Barsabbas, surnomm&#233; Justus (Ac 1, 23)bar saba traduit &amp;quot;fils de zaqen&amp;quot;, or Jacob est dit zaqen. (Nous avons un vieux p&#232;re, ab zaqen, Gn 44, 20). Juste-Tite est donc associ&#233; &#224; la pri&#232;re:Alors, se retirant de l&#224;, Paul se rendit chez un certain Justus (Titiou Ioustou) homme adorant Dieu, dont la maison &#233;tait contigu&#235; &#224; la synagogue (Ac 18,7)Comme Jacob et ses fils, Paul semble d'ailleurs d&#233;plorer la perte de Joseph dans des versets comme:mon esprit n'eut point de repos, parce que je ne trouvai pas Tite, mon fr&#232;re (2Co 2, 13)Joseph est le prototype du messie, c'est pourquoi nous trouvons des passages comme:Mais Celui qui console les humili&#233;s, Dieu, nous a consol&#233;s par l'arriv&#233;e de Tite (2Co 7,6)Voil&#224; ce qui nous a consol&#233;s. A cette consolation personnelle s'est ajout&#233;e une joie bien plus grande encore, celle de voir la joie de Tite, dont l'esprit a re&#231;u apaisement de vous tous ( 2Co 7,13)Joseph se caract&#232;rise par son z&#234;le, c'est pourquoi Tite h&#233;rite de cet attribut:Gr&#226;ces soient &#224; Dieu, qui met au cœur de Tite le m&#234;me empressement pour vous (2Co 8,16)Le z&#234;le et l'empressement de Joseph ressortent par exemple de ce commentaire midrashique qui ouvre le Midrash Rabba sur le Cantique des Cantiques:Voici ce que dit l’&#201;criture par la bouche de Salomon : Vois-tu un homme preste &#224; sa besogne ? Au service des rois il se tiendra. Il ne se tiendra pas au service des gens obscurs (Pr 22, 29).&amp;amp;nbsp; Vois-tu un homme preste &#224; sa besogne (melakha) : ce verset se r&#233;f&#232;re &#224; Joseph, dont il est &#233;crit : Joseph vint &#224; la maison pour faire son service (melakhto) (Gn 39, 11). R. Y&#233;huda et R. N&#233;H&#233;mia discutent ce point. R. Y&#233;huda dit : Ce jour, o&#249; Joseph entra chez lui, &#233;tait un jour o&#249; l’on offrait des sacrifices aux idoles, c’&#233;tait un jour o&#249; l’on donnait des repr&#233;sentations th&#233;&#226;trales. R. N&#233;H&#233;mia dit : c’&#233;tait un jour o&#249; l’on donnait des repr&#233;sentations th&#233;&#226;trales en l’honneur du dieu-Nil. Tout le monde s’y pressait, mais Joseph, lui, entra chez lui pour travailler, pour r&#233;gler les affaires de son ma&#238;tre.On oppose ici les occupations futiles ou licencieuses du vulgaire &#224; celles du Sage qui s’occupe des &#171;affaires de son ma&#238;tre&#187;. Le Cantique semble &#234;tre un po&#232;me futile, voire &#233;rotique, il s’agit de montrer le caract&#232;re inspir&#233; de ce texte. Joseph est aussi associ&#233; &#224; la chastet&#233; &#224; cause de sa r&#233;sistance &#224; la femme de Potiphar. Or l'Ep&#238;tre apocryphe du pseudo-Tite porte sur la chastet&#233;. Quant &#224; la lettre canonique, elle traite aussi de la chastet&#233; en 2,5.Notre ouverture de Cantique Rabba se poursuit ainsi:R. PhinHas a dit au nom de R. Samuel b. Abba : tout esclave qui sert son ma&#238;tre comme il convient, sera en fin de compte affranchi. D’o&#249; l’apprenons-nous ? De Joseph. Parce qu’il servit correctement son ma&#238;tre, il obtint sa libert&#233;. Par cons&#233;quent : au service des rois il se tiendra, le roi &#233;tant ici Pharaon, comme il est dit : Alors Pharaon fit appeler Joseph, et on l’amena en h&#226;te de la prison (Gn 41, 14). Il ne se tiendra pas au service des gens obscurs : l’homme obscur est Potiphar, dont le Saint b&#233;ni soit-il obscurcit les yeux en le rendant eunuque.Ce qui nous aide peut-&#234;tre &#224; mieux comprendre Tt 2,9-10:Que les esclaves soient soumis en tout &#224; leurs ma&#238;tres, cherchant &#224; leur donner satisfaction, &#233;vitant de les contredire, ne commettant aucune ind&#233;licatesse, se montrant au contraire d'une parfaite fid&#233;lit&#233;• Tychique pharisien.Paul est un pharisien. Mais&amp;amp;nbsp; que viennent faire autour de lui ces personnages aux noms grecs qui sont des&amp;amp;nbsp; fr&#232;res et parfois des fils ? Par exemple Tychique est-il aussi un pharisien ?&amp;amp;nbsp; Notre hypoth&#232;se est que nous avons affaire ici &#224; une &#233;laboration, &#224; un midrash sur le rassemblement des fils de Jacob et donc des 12 fr&#232;res. Dans une autre &#233;laboration du m&#234;me type, celle des douze ap&#244;tres de J&#233;sus on a &#233;galement essay&#233; de faire entendre ce son (aH, fr&#232;re):Simon, appel&#233; Pierre, et Andr&#233;, son fr&#232;re ; Jacques, fils de Z&#233;b&#233;d&#233;e, et Jean, son fr&#232;re Si bien qu'on ne sait plus &#224; la fin qui est fr&#232;re de qui, et que les Bibles passent leur temps &#224; nous dire que tel Jacques ne doit &amp;quot;absolument pas&amp;quot; &#234;tre confondu avec Jacques &amp;quot;fr&#232;re du Seigneur...&amp;quot;. Dans le corpus paulinien, Paul repr&#233;sente Isra&#235;l qui doit se rassembler. Paul est donc aussi bien Mo&#239;se rassemblant les 12 Tribus que Jacob r&#233;unissant ses fils, et c'est pourquoi Paul mentionne une bonne douzaine de fr&#232;res.Appolos,&amp;amp;nbsp; notre fr&#232;re (1Co 16, 12)Timoth&#233;e, le fr&#232;re (2Co 1,1)Tite, mon frere (2Co 2, 13)Tychique, ce fr&#232;re (Ep 6, 21)&amp;amp;nbsp; Epaphrodite, ce fr&#232;re (2, 25)Sosth&#232;ne, le fr&#232;re&amp;amp;nbsp; (1Co 1,1)Archippe, notre fr&#232;re de combat (Ph 1, 2)&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; On&#233;sime, le fr&#232;re (Col 4,9)Silvain, fr&#232;re fid&#233;le (1P 5, 12)Quartus, notre fr&#232;re (Rm 16, 23)Comme Jacob avait aussi une fille Dina, Paul ne mentionne pas seulement la douzaine de fr&#232;res mais aussi une sœur:Apphia notre sœur (Phil&#233;mon 1, 2)Sa&#252;l a en effet dans ses anc&#234;tres quelqu'un de ce nom: Il y avait un homme de Benjamin qui s'appelait Qish,...fils d'Aphiah (1S 9,1). Si Paul est aussi Jacob, le midrash paulinien nous a forc&#233;ment laiss&#233; un indice de cette &#233;laboration. Nous le trouvons peut-&#234;tre en Romains 16, 13:Saluez Rufus et sa m&#232;re qui est aussi la mienne. Tiens, Paul avait donc une m&#232;re et le NT nous aurait cach&#233; son nom alors qu'il nous donne le nom de la m&#232;re de Timoth&#232;e et m&#234;me de sa grand m&#232;re. Paul aurait donc un fr&#232;re qui s'appelait Rufus et on nous le cachait. En r&#233;alit&#233; Rufus (en latin: le roux) serait Esa&#252; qui est bien le fr&#232;re de Jacob. Esa&#252; a &#233;t&#233; lui-m&#234;me &amp;quot;&#233;labor&#233;&amp;quot; en Edom (Rome) celle qui &#233;crase par l'imp&#244;t, phoros, qui assonne avec Rufus.Qui est Tychique dans la fratrie ? Ce nom signifie chanceux (du grec tuche la chance, la fortune). D'autres compagnons de Paul se nomment Fortunatus, Eutyque ou Syntyche. Il faut donc chercher du cot&#233; de cette signification. Un seul fils de Jacob est li&#233; &#224; la chance, c'est Gad. C'est sa m&#232;re L&#233;a qui nous l'apprend.&amp;amp;nbsp; L&#233;a dit : Par bonne fortune! et elle l'appela Gad&amp;amp;nbsp; (Gn 30, 11)&amp;amp;nbsp;Tychique est reli&#233; &#224; des versets comme ceux-ci: Je d&#233;sire que vous sachiez, vous aussi, o&#249; j'en suis et ce que je deviens; vous serez inform&#233;s de tout par Tychique, ce fr&#232;re bien-aim&#233; qui m'est un fid&#232;le assistant dans le Seigneur.&amp;amp;nbsp; Je vous l'envoie tout expr&#232;s pour vous donner de nos nouvelles et r&#233;conforter vos cœurs. Ep 6, 21Pour tout ce qui me concerne, Tychique vous informera, ce fr&#232;re bien-aim&#233; qui m'est un fid&#232;le assistant et compagnon de service .... (Col 4,7)Tychique dans ces versets est celui qui doit informer. Nous ne savons pas ce que Tychique raconte, mais ce que nous pourrions &#233;ventuellement entendre ici, c'est qu'il est du cot&#233; de la hagada&amp;amp;nbsp; (raconter, faire r&#233;cit). Or ce terme de hagada sonne vaguement comme Gad.• Epaphrodite.Comme Fortunatus, Epaphrodite serait aussi Gad. Nous le savons par un auteur latin qui rapporte que l'Empereur Sylla se faisait&amp;amp;nbsp; appeler F&#233;lix nom qu'il traduisait&amp;amp;nbsp; par &#201;paphroditos, &amp;quot;favoris&#233; par V&#233;nus&amp;quot;, &amp;quot;faisant ainsi allusion au coup de V&#233;nus qui, dans le jeu de d&#233;s, &#233;tait le coup heureux&amp;quot;. Notez que dans les Actes, Festus succ&#233;de &#224; F&#233;lix (Ac 24, 27) or Festus traduit Hagi. Heureux hasard: Hagi est un fils de Gad (Gn 46,16) et donc son successeur. Pourquoi tant de &amp;quot;collaborateurs&amp;quot; de Paul ont-ils un nom qui renvoie &#224; Gad ? C'est que Gad emporte une valeur eschatologique particuli&#232;re du fait que le proph&#232;te Elie &#233;tait de la Tribu de Gad. Voici une hypoth&#232;se: le midrash paulinien ne ferait ici qu'accomplir en le prolongeant le midrash juif qui faisait d'Elie un migdal gad (TanHuma sur Exode). Ce terme peut signifier agrandir ou multiplier Gad. C'est ce que ferait le texte en multipliant les noms gadiques. Un peu acrobatique, mais il faut bien expliquer cette prolif&#233;ration de Gad. Mais si vous avez mieux, on est preneur.• Paul en Elie.Paul ressuscite un jeune homme nomm&#233; Eutyque. Nous avons d&#233;sormais une petite id&#233;e sur la raison de la pr&#233;sence dans les Actes de ce nom qui &#233;voque lui-aussi la chance. Il faut signaler qu'il s'agit d'une reprise&amp;amp;nbsp; int&#233;grale du miracle d'Elie &#224; Sarepta.&amp;amp;nbsp;Il y avait bon nombre de lampes dans la chambre haute o&#249; nous &#233;tions r&#233;unis.Un adolescent, du nom d'Eutyque, qui &#233;tait assis sur le bord de la fen&#234;tre, se laissa gagner par un profond sommeil, pendant que Paul discourait toujours. Entra&#238;n&#233; par le sommeil, il tomba du troisi&#232;me &#233;tage en bas. On le releva mort. Ac 20,9 Paul descendit, se pencha sur lui, le prit dans ses bras et dit :&amp;amp;nbsp; Ne vous agitez donc pas : son &#226;me est en lui. (Ac 20, 8)Apr&#232;s ces &#233;v&#233;nements, il arriva que le fils de la ma&#238;tresse de maison tomba malade , et sa maladie&amp;amp;nbsp; fut si violente&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; qu'enfin il expira . Il lui dit :&amp;amp;nbsp; Donne-moi ton fils ; il l'enleva de son sein, le monta dans la chambre haute o&#249; il habitait et le coucha sur son lit. Yahv&#233; exau&#231;a l'appel d'&#201;lie, l'&#226;me de l'enfant revint en lui et il reprit vie. &#201;lie le prit, le descendit de la chambre haute dans la maison et le remit &#224; sa m&#232;re; et &#201;lie dit :&amp;amp;nbsp; Voici, ton fils est vivant. (1R 17,17)Actes 20,8 pr&#233;senterait Paul en Elie. Paul est en effet aussi Elie et pour cela conna&#238;t une ascension dans les 'arabot (et non pas en Arabie). Le texte des Actes reprend en effet tous les d&#233;tails de l'histoire d'Elie: La chambre haute ('aliya) mais aussi les lampes (lampadas traduit l'h&#233;breu lapid) Siracide 48,1 : Alors le proph&#232;te &#201;lie se leva comme un feu, sa parole br&#251;lait comme une torche.&amp;amp;nbsp;La pr&#233;sence d'un personnage nomm&#233; chance dans Paul est une confirmation de ce que Paul est midrashiquement Elie, qui &#233;tait lui-m&#234;me de la tribu de Gad. Accessoirement, cela explique le terme h&#233;raut (kerux) que Paul s'attribue, car Elie est le h&#233;raut par excellence.• Pourquoi tant de noms gr&#233;co-romains dans un midrash?La pr&#233;sence de nombreux noms &#224; consonance gr&#233;co-romaine semble plaider pour l'historicit&#233; du corpus paulinien. Pourtant elle est parfaitement compatible avec la th&#232;se du sens purement eschatologique et anhistorique de ces textes. Voici un passage midrashique de L&#233;vitique Rabba qui explique fort bien cela: Isra&#235;l a &#233;t&#233; d&#233;livr&#233; d’&#201;gypte &#224; cause de quatre choses : ils n’ont pas chang&#233; leurs noms, ils n’ont pas chang&#233; leur langue. Ils n’ont pas vers&#233; dans la m&#233;disance, et nul d’entre eux n’eut d’unions illicites. Ils n’ont pas chang&#233; leur nom : Ruben et Sim&#233;on &#224; leur arriv&#233;e, Ruben et Sim&#233;on &#224; leur d&#233;part. Ils n’ont pas appel&#233; Juda Rufus, ni Ruben Julianus, ni Joseph Justus, ni Benjamin Alexandre.( Lv R 32,5)La pr&#233;sence de noms comme Justus dans les Epitres pourrait tout simplement signifier que nous sommes parvenus au Comble. Les Juifs abandonnent leur identit&#233; et contrairement &#224; l'&#233;pisode Egyptien, ils ne seront pas sauv&#233;s par le m&#233;rite d'avoir gard&#233; leur identit&#233;. Seul le messie peut maintenant les sauver. Noter que ce midrash semble confirmer notre hypoth&#232;se selon laquelle Justus est Joseph.• Eraste.Eraste est un coll&#232;gue de Paul dont le nom joue avec l'h&#233;breu otsar qui signifie tr&#233;sor. Or Eraste est justement tr&#233;sorier de la ville (Rm 16, 23)• Recensement ?Parmi les collaborateurs de Paul nous sommes &#233;tonn&#233;s de compter un Secundus (Ac 20, 4), puis un Tertius (Rm 16, 22) puis un Quartus au verset suivant. Il nous manque un Quintus, mais il est activement recherch&#233;. En revanche on aurait un Sextus d&#233;guis&#233; en Lin (2Tm 4, 21). Le lin se dit en effet shesh en h&#233;breu soit 6. On a bien l'impression que Paul compte pour accomplir les diff&#233;rents recensements qui jalonnent le livre des Nombres.• Barnab&#233;, B A BA du midrash.Ce pr&#233;nom charmant, bien qu'un peu d&#233;suet, signifierait selon Ac 4,36 homme de l’exhortation (ou du r&#233;confort) :Joseph, surnomm&#233; par les ap&#244;tres Barnab&#233; (ce qui veut dire fils d'encouragement), l&#233;vite originaire de Chypre,Par quel miracle le texte des Actes a abouti &#224; ce&amp;amp;nbsp; r&#233;sultat, c'est ce que l'on va essayer ici de vous expliquer. En effet, on ne voit pas bien le rapport entre barnabas et huios parakl&#234;se&#244;s&amp;amp;nbsp; (homme du r&#233;confort). Ce terme&amp;amp;nbsp; parakl&#234;se&#244;s intervient tel quel en Isa&#239;e 66,11:afin que vous soyez allait&#233;s et rassasi&#233;s par son sein&amp;amp;nbsp; consolateur (parakl&#234;se&#244;s), afin que vous suciez avec d&#233;lices sa mamelle plantureuse.&amp;amp;nbsp; • Sein, champ, shada&#239;.En h&#233;breu ce sein c'est un shad (&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1491;). Il se trouve que, justement, Barnab&#233; poss&#233;dait un champ (Ac 4, 37) lequel champ se dit shad&#233; (&amp;amp;#1513;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1492;) en h&#233;breu. On sait que l'item &amp;quot;vendre un champ&amp;quot; signifie l'acceptation du messie. Mais cette &#233;laboration ici est un peu plus complexe. Barnab&#233; accepte que le sein consolateur soit accord&#233; &#224; tout le monde. Cette &amp;quot;g&#233;n&#233;rosit&#233;&amp;quot; de Barnab&#233; s'oppose &#224; l'&#233;go&#239;sme d'Ananie et Saphire&amp;amp;nbsp; qui voudraient bien garder la consolation messianique pour eux. Vous avez compris qu'il s'agit des Juifs qui s'opposent (une fois de plus ? Eh oui!) &#224; l'entr&#233;e des pa&#239;ens et donc &#224; l'arriv&#233;e du messie. Accessoirement, si notre hypoth&#232;se est exacte, elle ruine l'id&#233;e d'une &amp;quot;mise en commun des biens&amp;quot; historique et du soi-disant communisme du christianisme primitif.•&amp;amp;nbsp;Les pa&#239;ens, futurs l&#233;vites.Isa&#239;e proph&#233;tise l'entr&#233;e des pa&#239;ens &#224; la fin des temps et leur devenir-l&#233;vite:et de toutes les nations ils ram&#232;neront tous vos fr&#232;res en offrande &#224; Yahv&#233;, sur des chevaux, en char, en liti&#232;re, sur des mulets et des chameaux, &#224; ma montagne sainte, J&#233;rusalem, dit Yahv&#233;, comme les Isra&#233;lites apportent les offrandes &#224; la Maison de Yahv&#233; dans des vases purs.&amp;amp;nbsp; Et de certains d'entre eux je me ferai des pr&#234;tres, des l&#233;vites, dit Yahv&#233;.&amp;amp;nbsp; Is 66 20-21Ce th&#232;me est repris un nombre incalculable de fois par le midrash.&#171; J&#233;thro entendit &#187;. Voici ce qui est &#233;crit: Le pros&#233;lyte ne couchera pas dehors, &#224; l’invit&#233; j’ouvrirai mes portes (Jb 31, 32). Si un pros&#233;lyte&#173; &#233;pouse une fille d’Isra&#235;l et s’il engendre une fille; et si, par la suite sa fille &#233;pouse un cohen authentique et donne naissance &#224; un fils, ce fils est appel&#233; &#224; devenir le grand pr&#234;tre; il est destin&#233; &#224; apporter des offrandes sur l’autel, si bien que le pros&#233;lyte se trouve &#224; l’int&#233;rieur alors que le L&#233;vite est dehors . Voil&#224; pourquoi il est &#233;crit: Le pros&#233;lyte ne couchera pas dehors.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Aquila, le Pros&#233;lyte, entra chez Rabbi Eli&#233;zer. Il lui dit: est-ce que toute la gloire du pros&#233;lyte se r&#233;duit &#224; ce verset: &#171; et il aime l’&#233;tranger, auquel il donne pain et v&#234;tement &#187;? (Dt 10, 18). Rabbi Eli&#233;zer lui r&#233;pondit (en col&#232;re): Est-ce peu de chose &#224; tes yeux, le fait que, ce pour quoi nos a&#239;eux se sont &#233;puis&#233;s, il suffit que le pros&#233;lyte arrive et on le lui offre sur un plateau? Il entra alors chez Rabbi Yehoshu’a. Celui-ci le tranquillisa par ces paroles: Le pain, c’est la Tora, car il est &#233;crit: &#171; Venez, mangez de mon pain &#187; (Pr 9, 5). Le v&#234;tement, c’est le Talit. Quand un homme m&#233;rite la Tora, il m&#233;rite le Talit. Et en outre ils marient leurs filles &#224; des cohanim et leurs fils deviennent grands pr&#234;tres et ils sacrifient des holocaustes sur l’autel. Le pain, c’est le pain de pr&#233;sentation (leHem panim) et le v&#234;tement, ce sont les v&#234;tements de la pr&#234;trise. Ils dirent: si Rabbi Yehoshu’a n’avait pas fait preuve de longanimit&#233; avec Aquila, celui-ci serait revenu &#224; ses origines. Et on cita &#224; son propos: Mieux vaut un homme longanime qu’un h&#233;ros (Pr 16, 32).On trouve ici d&#233;j&#224; le th&#232;me du &#171; m&#233;contentement &#187; des Juifs de souche par rapport au traitement pr&#233;f&#233;rentiel des pros&#233;lytes, qui sont en quelque sorte &#171; derniers arriv&#233;s-premiers servis &#187; (version &#233;vang&#233;lique: les derniers sont les premiers) et qui servira de fondement &#224; la narration Ananie-Saphire. &#192; nouveau, nous constatons que les Evangiles prolongent le midrash juif avec une remarquable constance.C'est ce type de midrash que prolonge le personnage de Barnab&#233;. Ce nom qui n'a pas de pr&#233;c&#233;dent dans la Bible renvoie donc bien &#224; la proph&#233;tie, il est bien bar nebua:&amp;amp;nbsp; fils de la proph&#233;tie.&amp;amp;nbsp; Litt&#233;ralement engendr&#233; par la proph&#233;tie d'Isa&#239;e. Il est bien un &#233;tranger (&amp;quot;de Chypre&amp;quot;) devenu L&#233;vite par acceptation de l'id&#233;e messianique. Son entr&#233;e m&#234;me, parce qu'elle &#233;quivaut &#224; l'av&#232;nement du messie, est d'ailleurs expiation (kapara).Une telle &#233;laboration relative &#224; l'invention du nom&amp;amp;nbsp; de Barnab&#233;&amp;amp;nbsp; peut vous sembler improbable, sachez&amp;amp;nbsp; pourtant que la tradition juive fait bien mieux. Et pas seulement dans le Midrash. Dans le Trait&#233; Avot, on nous parle de deux tannaim dont les noms sont tout sauf vraisemblables : ben Bag-Bag et ben H&#233;-H&#233;. La Jewish Encyclop&#233;dia croit savoir que ces personnages sont, comme Barnab&#233;, des fils de convertis.&amp;amp;nbsp; bag serait l'acronyme de &amp;quot;ben ger&amp;quot; (fils de pros&#233;lyte). Quant &#224; H&#233; il a la m&#234;me valeur que b(a)g soit 5. La Lettre H&#233; serait donc aussi li&#233;e &#224; la conversion. On sait en effet que les deux personnages qui sont li&#233;s &#224; la conversion des pa&#239;ens sont aussi ceux qui ont re&#231;u cette lettre dans leur nom, il s'agit d'Abraham et de Sarah. Nous vous le disions: le B A BA du midrash !• On&#233;sime et Phil&#233;mon.Dans la courte lettre &#224; Phil&#233;mon qui tient en quelques versets,&amp;amp;nbsp; Paul demande &#224; Phil&#233;mon &#224; la fois de reprendre On&#233;sime, et de bien vouloir le lui renvoyer. Cette apparente contradiction a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e comme la marque d'une grande complexit&#233; de sentiments d&#233;licats et g&#233;n&#233;reux. M&#234;me si le texte n'en fait pas &#233;tat, les commentateurs sont certains qu'il s'agit l&#224; d'une histoire d'esclave fugitif, dont Paul demande l'affranchissement. Que vient faire ce billet dans le canon chr&#233;tien ? En suivant les sonorit&#233;s du texte on peut avancer d'autres hypoth&#232;ses.On&#233;sime est un fils de Paul qu'il a engendr&#233; &amp;quot;dans les liens&amp;quot;. Or il existe un personnage biblique qui est engendr&#233; &amp;quot;dans les liens&amp;quot;: c'est Benjamin.Au moment de rendre l'&#226;me, car elle se mourait, elle le nomma Ben-Oni, mais son p&#232;re l'appela Benjamin (Gn 35,18)Rachel est be-Heble (dans les douleurs ou &amp;quot;liens&amp;quot; de l'enfantement). Elle va d'ailleurs en mourir. La sage femme lui annonce qu'elle va avoir un ben (fils ou messie,&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497; vaut 52, valence messianique) mais Rachel souffre tellement qu'elle nomme ce fils ben oni (fils de ma douleur) nom que Jacob s'empresse de renommer Benjamin.&amp;amp;nbsp; Cet oni&amp;amp;nbsp; serait&amp;amp;nbsp; &#224; l'origine d'On&#233;sime. Les douleurs de l'exil, et surtout celles de l'enfantement messianique&amp;amp;nbsp; sont utiles (sens de onesimos).&amp;amp;nbsp; Telle est, entre autres, la p&#233;dagogie de notre texte. Pour le midrash chr&#233;tien, les Juifs sont persuad&#233;s que la naissance du messie va tuer la m&#232;re (le peuple juif). C'est cela qu'ils lisent dans le passage relatif &#224; Rachel: la m&#232;re ne sera jamais capable d'aller jusqu'au bout de l'enfantement messianique,&amp;amp;nbsp; de la d&#233;livrance. Alors que Jacob, lui, y croit.Selon le texte de Paul, il serait bon que Phil&#233;mon renvoie On&#233;sime de son plein gr&#233;, et non contraint. Or contraint se dit ones en h&#233;breu. Encore un terme qui sonne comme On&#233;sime. Un peu trop. Cette hypoth&#232;se est coh&#233;rente avec l'id&#233;e que Paul est midrashiquement Jacob. La lettre &#224; Phil&#233;mon serait un fragment midrashique par lequel Jacob/Paul demande &#224; Joseph de lui rendre Benjamin. Jacob en effet ne voulait pas laisser partir Benjamin:Quant &#224; Benjamin, le fr&#232;re de Joseph, Jacob ne l'envoya pas avec les autres :&amp;amp;nbsp; Il ne faut pas, se disait-il, qu'il lui arrive malheur (ason) Gn 42,4Le terme h&#233;breu ason est un hapax. Il assone, c'est le cas de le dire, avec ones dont il est l'anagramme. Cette &#233;laboration expliquerait le vocabulaire de notre Lettre: On&#233;sime est un esclave et un fr&#232;re, tout comme Benjamin est un fr&#232;re de Joseph, mais aussi son esclave (Gn 44, 10 et 16-17) d'o&#249; aussi la reprise&amp;amp;nbsp; des entrailles de Joseph (Gn 43, 30: Et Joseph se h&#226;ta de sortir, car ses entrailles s'&#233;taient &#233;mues pour son fr&#232;re). Reprise qui se d&#233;ploie dans cette &#233;l&#233;gante expression paulinienne &amp;quot;soulage mes entrailles&amp;quot; (grec de synagogue : splagchna Phm 1, 20). En effet Jacob d&#233;p&#233;rit sans Benjamin:L'enfant ne peut pas quitter son p&#232;re; s'il quitte son p&#232;re, celui-ci en mourra. (Gn 44, 22)Jacob craint, si Benjamin ne revient pas, de descendre vivant au Sh&#233;ol :d&#232;s qu'il verra que l'enfant n'est pas avec nous, il mourra, et tes serviteurs auront fait descendre dans l'affliction les cheveux blancs de ton serviteur, notre p&#232;re, au sh&#233;ol (Gn 44, 31)On comprend mieux pourquoi Paul se pr&#233;sente ici comme vieux (zaqen) au grand dam des historiens. C'est qu'il est Jacob, nomm&#233; zaqen. Etant de la tribu de Benjamin&amp;amp;nbsp; (en tant que Sa&#252;l) Paul se pr&#233;occupe de Benjamin. Toujours en tant que Sa&#252;l/sh&#233;ol, il est concern&#233; par cette descente au sh&#233;ol. D'o&#249; la requ&#234;te de Paul &#224; Phil&#233;mon. C'est sans doute&amp;amp;nbsp; un hasard, mais en h&#233;breu tardif requ&#234;te se dit anesioma &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1505;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1488;. Encore un terme qui sonne comme On&#233;sime. On comprend mieux aussi pourquoi Paul annonce sa prochaine venue: &amp;quot;pr&#233;pare moi un g&#238;te&amp;quot;. Jacob&amp;amp;nbsp; rejoint en effet Joseph en Egypte faisant ainsi d&#233;buter l'Exil dont nul ne sait combien de temps il durera.&amp;amp;nbsp; Notez que pour le midrash, l'Egypte fut une auberge pour Isra&#235;l. La pr&#233;sence des saints dans Phil&#233;mon proviendrait peut-&#234;tre d'un verset de Daniel (Dn 8,13) qui contient aussi le hapax palmoni, terme tardif qui signifie &amp;quot;untel&amp;quot;&amp;amp;nbsp; et dont le grec n'a su que faire, il l'a donc translitt&#233;r&#233; en phelmouni comme s'il s'agissait d'un nom propre. Phil&#233;mon serait le calque de ce nom. Comme ce verset de Daniel pose une question qui porte sur le comput des temps de l'exil (jusques &#224; quand ?...) le terme banal palmoni avait sans doute fait l'objet d'une &#233;laboration. Ce qui expliquerait du coup que Paul parle de compte, mais vous pouvez aussi pr&#233;f&#233;rer l'hypoth&#232;se des notes de la BJ: l'esclave On&#233;sime avait peut-&#234;tre tout b&#234;tement vol&#233; son ma&#238;tre. C'est vous qui voyez. L'influence du livre de Daniel peut sembler ici hasardeuse. Je vous propose donc de la conforter par d'autres traces. Au beau milieu de la Lettre &#224; Phil&#233;mon, Paul &#233;prouve le besoin de nous informer que celui qui va maintenant s'exprimer c'est Paul. Pourtant la Lettre commen&#231;ait clairement par: Paul, prisonnier etc...Comment expliquer cette anomalie que la BJ rend par: Celui qui va parler, c'est Paul (Phm 1, 9) ? Je propose de r&#233;trovertir le grec en: Je suis Paul, soit en h&#233;breu : ani polos. Or une particularit&#233; du livre de Daniel, c'est qu'on y trouve pr&#232;s de neuf fois l'expression : Moi, Daniel (ani daniel).En l'an III du r&#232;gne du roi Balthazar, une vision m'apparut, &#224; moi Daniel (ani daniel) (Dn 8, 1)Moi, Daniel, (ani daniel) contemplant cette vision, j'en cherchai l'intelligence (Dn 8, 15) etc.Comme Joseph s'exprime de la m&#234;me fa&#231;on lorsqu'il se d&#233;voile &#224; ses fr&#232;res: ani yossef, les deux passages sont rapproch&#233;s. Pas simplement &#224; cause d'une similarit&#233; d'expression, mais parce que l'histoire de Joseph marque le d&#233;but de l'exil et que le livre de Daniel s'interroge&amp;amp;nbsp; sur la dur&#233;e et donc sur la fin de l'exil. Mais la similarit&#233; d'expression redouble le lien. Et m&#234;me le triple. Ainsi ce phelmouni, comptable celeste, est associ&#233; au terme medaber, et ce terme est aussi associ&#233; &#224; Joseph en Gn 45, 12. En fin de compte, l'Ep&#238;tre &#224; Phil&#233;mon traite bien d'esclavage, mais au sens de l'exil d'Isra&#235;l, et de sa fin qui co&#239;ncide avec les temps messianiques.&amp;amp;nbsp;</description>
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     <title>D'une impossibilit&#233; - par meknes le 17/09/2008 : 22:31</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=342</link>
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     <description>De l'impossibilit&#233; de traduire les Ep&#238;tres15 lignes sur la coiffure des femmesBuste de femme avec une coiffure en forme de diad&#232;meLa premi&#232;re lettre aux Corinthiens est un texte bien curieux. Son chapitre 11 porte, nous dit-on, sur la tenue des femmes. L'ap&#244;tre visite ses communaut&#233;s et leur &#233;crit des lettres. Rien que de tr&#232;s normal. Il profite de ses missives pour les admonester paternellement et les &#233;difier.&amp;amp;nbsp; Quoi d'&#233;tonnant &#224; cela ? Il traite du comportement de ses ouailles, hommes et femmes, de leur tenue vestimentaire, et m&#234;me de leur mani&#232;re de se coiffer. Jusque l&#224; tout va bien.Ce qui est anormal, c'est que la missive aux Corinthiens soit si difficile &#224; traduire. Prenons par exemple le verset 11, 4. Selon la Bible de Gen&#232;ve, le grec de ce verset signifie: Tout homme qui prie ou qui proph&#233;tise, la t&#234;te couverte, d&#233;shonore son chef. Selon la Bible Darby: Tout homme qui...en ayant [quelque chose] sur la t&#234;te, d&#233;shonore sa t&#234;te. Selon la Bible de J&#233;rusalem: Tout homme qui... ayant des cheveux longs fait affront &#224; sa t&#234;te. Bon, alors, finalement, s'agit-il de d&#233;shonorer son chef ou sa t&#234;te, ou soi-m&#234;me ? Ce qui est honteux, c'est de porter les cheveux longs ? ou de se couvrir la t&#234;te ? Ce n'est pas tout &#224; fait la m&#234;me chose en fran&#231;ais. Comment est-il possible de philosopher &#224; partir d'un texte aussi incertain? Comment soumettre ce texte &#224; une m&#233;ditation philosophique (puisque Paul est un philosophe) si l'on n'est m&#234;me pas s&#251;r du sens ? De fait, on ne parviendra pas &#224; d&#233;partager les traductions car en h&#233;breu rosh signifie &#224; la fois t&#234;te et chef et soi-m&#234;me. Mais dans ce cas, si c'est l'h&#233;breu qui est responsable de la difficult&#233; &#224; traduire, il faut aller plus loin. Car, d&#233;sormais, on peut se demander s'il n'y a pas d'autres ambig&#252;it&#233;s de ce genre. Effectivement, une fois &#233;cart&#233;e la lecture &amp;quot;pastorale&amp;quot; de ce chapitre, on s'avise que l'ensemble du chapitre est un peu &#233;trange.2 Je vous f&#233;licite de ce qu'en toutes choses vous vous souvenez de moi et gardez les traditions comme je vous les ai transmises. 3 Je veux cependant que vous le sachiez : l'origine de tout homme, c'est le Christ; l'origine de la femme, c'est l'homme; et l'origine du Christ, c'est Dieu. 4 Tout homme qui prie ou proph&#233;tise ayant des cheveux longs fait affront &#224; sa t&#234;te. 5 Toute femme qui prie ou proph&#233;tise le chef d&#233;couvert fait affront &#224; sa t&#234;te; c'est exactement comme si elle &#233;tait tondue. 6 Si donc une femme ne se couvre, alors, qu'elle se coupe les cheveux! Mais si c'est une honte pour une femme d'avoir les cheveux coup&#233;s ou tondus, qu'elle se couvre. 7 L'homme, lui, ne doit pas se couvrir la t&#234;te, parce qu'il est l'image et la gloire de Dieu; quant &#224; la femme, elle est la gloire de l'homme.8 Ce n'est pas l'homme en effet qui a &#233;t&#233; tir&#233; de la femme, mais la femme de l'homme; 9 et ce n'est pas l'homme, bien s&#251;r, qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour la femme, mais la femme pour l'homme.10 Voil&#224; pourquoi la femme doit discipliner sa chevelure, &#224; cause des anges. Aussi bien, dans le Seigneur, la femme n'est pas autre que l'homme, et l'homme n'est pas autre que la femme; 12 car, de m&#234;me que la femme a &#233;t&#233; tir&#233;e de l'homme, ainsi l'homme na&#238;t par la femme, et tout vient de Dieu.13 Jugez-en par vous-m&#234;mes. Est-il convenable que la femme prie Dieu la t&#234;te d&#233;couverte? 14 La nature elle-m&#234;me ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter les cheveux longs,15 tandis que c'est une gloire pour la femme de les porter ainsi?&amp;amp;nbsp; Car la chevelure lui a &#233;t&#233; donn&#233;e comme couvre-chef. 16. Au reste, si quelqu'un se pla&#238;t &#224; la querelle tel n'est pas notre usage, ni celui des &#201;glises de Dieu.Le verset 10 est si &#233;trange que les meilleurs sp&#233;cialistes en arrivent &#224; cette conclusion: tant d'inconnues rendent al&#233;atoire l'interpr&#233;tation de ce verset. Si m&#234;me les Suisses de Labor et Fides en arrivent &#224; cette conclusion c'est que la situation est s&#233;rieuse.Essayons l'hypoth&#232;se midrashique et tentons de restituer l'h&#233;breu tardif sous-jacent.&amp;amp;nbsp; On s'aper&#231;oit alors que le grec kephal&#232; (t&#234;te) est entr&#233; dans l'h&#233;breu tardif sous la forme de termes dont le radical est qpl. Voyez le dictionnaire&amp;amp;nbsp; Jastrow : &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1496;&amp;amp;#1488; qepilta: coiffure; &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1496;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; qaplatin: perruque; &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; qiplin : le chapiteau, le haut de la colonne. De son cot&#233; la peshitta nous a gard&#233; quelques allit&#233;rations qui montrent que le texte original &#233;tait tr&#232;s construit. Par exemple 11,14 commence par : est-ce que vous n'avez pas appris : apla...malp&amp;amp;nbsp; alep a en effet le sens d'apprendre, d'enseigner.&amp;amp;nbsp; Et dans le m&#234;me verset s'r fait jeu de sonorit&#233; avec tsera'. Deux jeux de sonorit&#233;s pour un seul verset, c'est peut-&#234;tre se donner beaucoup de mal pour une simple histoire de coiffure. En r&#233;alit&#233;, nous avons affaire ici &#224; un r&#233;seau s&#233;mantique complexe et tr&#232;s ramifi&#233; qui explique la quasi-impossibilit&#233; de toute traduction de ce type de passage. En effet, la traduction exclut par d&#233;finition la double entente. Le texte est suppos&#233; avoir un sens pr&#233;cis et il faut le traduire dans des phrases pr&#233;cises et d&#233;finies qui ont un seul sens. Or la double entente est ici permanente. Ce ne sont pas seulement les jeux sonores qui pullulent, on va le voir, mais aussi la capillarit&#233;, si l'on peut dire, du r&#233;seau des connotations. Ainsi tsa'ar fait penser &#224; la l&#232;pre. Justement suivons un instant cette veine du r&#233;seau s&#233;mantique:En L&#233;vitique 13,45 on trouve un lien inattendu entre la l&#232;pre et les cheveux: Le l&#233;preux...portera ses cheveux d&#233;nou&#233;s tsaru'a...verosho yihie paru'a. Notons d&#233;j&#224; la m&#233;tonymie permanente de l'h&#233;breu (t&#234;te pour cheveux), qui fait que le texte dit en fait &amp;quot;sa t&#234;te d&#233;nou&#233;e&amp;quot;. Ainsi, lors de la mort des fils d'Aaron: Mo&#239;se dit &#224; Aaron et &#224; ses fils, &#201;l&#233;azar et Itamar :&amp;amp;nbsp; Ne d&#233;liez point vos cheveux&amp;amp;nbsp; rashekhem al tipra'u. Toujours en L&#233;vitique, nous lisons: Si un homme perd les cheveux de son cr&#226;ne (ish qui yimaret rosho) c'est la calvitie du cr&#226;ne, il est pur&amp;amp;nbsp; (Lv 13, 40). Mais le rasage fait aussi partie du rituel de la gu&#233;rison du l&#233;preux: Le septi&#232;me jour il se rasera (galaH) tous les poils (sh'aro) : cheveux (rosho litt: t&#234;te), barbe (ziqno), sourcils (gabot 'enav); il devra se raser tous les poils. Apr&#232;s avoir nettoy&#233; (kibes) ses v&#234;tements et s'&#234;tre lav&#233; (raHats et bessaro) &#224; l'eau, il sera pur.Nous avons cit&#233;&amp;amp;nbsp; les versets qui utilisent l'expression yimareT rosho (perdre ses cheveux) car dans le texte paulinien on demande que la femme ait de l'exousian (du pouvoir, une autorit&#233;) sur ses cheveux et non pas de les raser, or le grec exousian peut &#234;tre rendu par l'h&#233;breu marut et chauve se dit meraT. La question est donc celle-ci : s'agit-il d'une erreur de copie et donc de traduction (le texte aurait port&#233; mareT et le traducteur aurait vu marut et aurait donc parl&#233; de pouvoir (exousian), (d'o&#249; le rendu de la BJ: &amp;quot;discipliner&amp;quot; ses cheveux), ou bien le texte &#233;tait-il volontairement polys&#233;mique ? Esdras relie la perte de cheveux &#224; l'affliction et au deuil: &#192; cette nouvelle, je d&#233;chirai mon v&#234;tement et mon manteau, m'arrachai les cheveux (emreTa mish'ar) et les poils de barbe et m'assis accabl&#233; (Esd 9,3) Poursuivons notre exploration de quelques galeries de notre r&#233;seau:• Paul loue ses interlocuteurs: il est probable que nous ayons ici le verbe qls,&amp;amp;nbsp; terme tr&#232;s fr&#233;quent dans le midrash, et qui signifie louer, dire du bien (calqu&#233; sur le terme grec kalos, bon) or qlusita&amp;amp;nbsp; signifie coiffure ce qui nous donnerait un autre jeu de sens.• Paul loue ses interlocuteurs de se &amp;quot;souvenir et de garder&amp;quot; les traditions. On reconnait le syntagme biblique shamor ve zakhor&amp;amp;nbsp; qui jouerait donc un r&#244;le dans notre r&#233;seau. zakhor s'&#233;crit comme zakhar (m&#226;le) qui s'oppose &#224; femme,&amp;amp;nbsp; or ici on oppose l'homme &#224; la femme quant &#224; la t&#234;te.• Au verset 15 nous apprennons avec int&#233;r&#234;t que : la chevelure (grec: kom&#234;)&amp;amp;nbsp; a &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; la femme comme couvre-chef.&amp;amp;nbsp; Je ne me hasarderai pas &#224; juger de la valeur th&#233;ologique de cette assertion, en revanche, ce que les dictionnaires nous apprennent, c'est qu'en h&#233;breu tardif qumi &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1497; signifie cheveux, coiffure et tout particuli&#232;rement une mani&#232;re pa&#239;enne de se couper les cheveux. De plus qoma&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1511;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1488; signifie marcher la t&#234;te haute, de mani&#232;re hautaine. Probl&#232;me: comment fixer une limite, une mesure, une norme (h&#233;breu tardif : shi'ur) &#224; la taille des cheveux ? Comment fixer le shi'ur qoma ?• signalons encore qu'il existe en r&#233;alit&#233; toute une s&#233;rie d'expressions qui pourraient bien figurer ici en filigrane dans notre r&#233;seau:qalut rosh : l&#233;g&#233;ret&#233;, d&#233;dain. giluy panim : effronterie.&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1490;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1470;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1488;&amp;amp;#1513; giluy rosh:&amp;amp;nbsp; t&#234;te nueNotre r&#233;seau comporte-t-il un lien av&#233;r&#233; entre giluy, la nudit&#233; ou le d&#233;voilement (de la t&#234;te),&amp;amp;nbsp; galaH (le rasage) et galut (l'exil)&amp;amp;nbsp; ?&amp;amp;nbsp; Il faudrait pour cela le prouver, mais si c'&#233;tait le cas, m&#234;me des expressions comme rosh galuta (exilarque) pourraient &#234;tre pr&#233;sentes dans notre r&#233;seau.&amp;amp;nbsp; On peut cependant affirmer qu'il existe un jeu de sens entre la notion de coupure de cheveux ou de rasage et celle de l'exil. En effet ce rapprochement est op&#233;r&#233;&amp;amp;nbsp; par le proph&#232;te Mich&#233;e&amp;amp;nbsp; lui-m&#234;me. En Mi 1, 16 le rasage est mis en rapport avec l'exil (galut) bien que le mot galaH (raser) n'apparaisse pas.Coupe tes cheveux (qarHi) rase-les (gozi), pour les fils qui faisaient ta joie!&amp;amp;nbsp; Rends-toi chauve comme le vautour, car ils sont exil&#233;s (galu) loin de toi!• La chute des cheveux.Il est temps d'aller &#224; l'essentiel. Ce r&#233;seau s&#233;mantique &#224; forte capillarit&#233; traduit une &#233;laboration. Autrement dit, il n'a jamais &#233;t&#233; question ici de cheveux. Les lecteurs assidus de notre revue n'en seront pas &#233;tonn&#233;s. A chaque fois que dans le Nouveau testament nous pensions&amp;amp;nbsp; avoir affaire &#224; des cheveux, nous avons &#233;t&#233; d&#233;&#231;us. Nous avons vu par exemple que la fin des cheveux de Paul, c'&#233;tait tout simplement la fin des portes du sheol, pour l'excellente raison que le mot sh'aar &amp;amp;#1513;&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1512; en h&#233;breu signifie chevelure et porte. Jean Baptiste portait des v&#234;tements en poils de chameaux, mais nous avons vu que ces poils de chameaux sont les portes de la repentance par o&#249; pourront passer des chameaux et des voitures. Voici maintenant quelque chose qui va nous aider &#224; nous faire des amis chez les historiens de tout poil: La Gen&#232;se nous parle de deux personnages, Adam et Eve, qui bien que &amp;quot;d&#233;couverts&amp;quot; n'avaient pas honte.Or tous deux &#233;taient nus, l'homme et sa femme, et ils n'avaient pas honte l'un devant l'autre. (Gn 2, 25)Notre passage suppos&#233; nous &#233;difier sur la coiffure des femmes serait donc tout simplement une &#233;laboration sur Gn 2, 25 qui traite de l'origine de la faute et de la mort. Cette origine est la s&#233;duction de l'idol&#226;trie. Les serpent a s&#233;duit Eve qui a s&#233;duit Adam. Eve s&#233;duit aussi les Anges (les fils de Dieu).les fils de Dieu trouv&#232;rent que les filles des hommes leur convenaient et ils prirent pour femmes toutes celles qu'il leur plut. (Gn 6,2)Ce verset est suivi de celui qui fournit l'&#233;tiologie de la vie br&#233;ve:Yahv&#233; dit :&amp;amp;nbsp; Mon esprit ne demeurera pas dans l'homme, puisqu'il est chair; sa vie ne sera que de cent vingt ans. (6,3)Il s'agit de l'&#233;pisode myst&#233;rieux dans lequel il est question des nephilim (les tomb&#233;s). Les Nephilim &#233;taient sur la terre en ces jours-l&#224; bayamim hahem (et aussi dans la suite) quand les fils de Dieu s'unissaient aux filles des hommes et qu'elles leur donnaient des enfants; ce sont les h&#233;ros du temps jadis, ces hommes fameux. (6,4) Nous y retrouvons l'expression bayamim hahem qui pousse toujours &#224; une lecture eschatologique. Et bien entendu nos sonorit&#233;s et nos signifiants pauliniens. Paul est le paradigme de la chute. Normal qu'il s'int&#233;resse aux nephilim.En r&#233;sum&#233;: l'homme a chut&#233; dans la vie br&#232;ve pour avoir recherch&#233; par deux fois un exc&#232;s de grandeur. D'abord par la d&#233;sob&#233;issance &#224; l'ordre&amp;amp;nbsp; de ne pas manger des fruits de l'arbre, par sa pr&#233;tention &#224; l'immortalit&#233;, puis, malgr&#233; l'expulsion du paradis (l'exil) par une nouvelle tentative de s'&#233;lever jusqu'au ciel (en s'unissant aux anges). Or ce th&#232;me est le th&#232;me central de tout le paulinisme, comme nous l'avons vu dans l'article Jeux de mots &#224; Malte. Apr&#232;s la chute, c'est la loi (le figuier et ses feuilles de Gn 3,7) qui enseigne &#224; Adam et Eve &#224; cacher leur honte. Que se passe-t-il &#224; la fin des temps quant &#224; cette honte ? C'est de cela que traiterait notre passage.• Paul : grandeur et chute.Paul est intimement li&#233; &#224; la chute (npl) ce qui explique les &#233;laborations comme sa chute sur le chemin de Damas, ou encore cette histoire d'avorton en 1Co 15,8. L'avorton c'est nefel (npl) comme en Job 3, 16. Le dernier chapitre des Actes commence par une enflure (les barbares s'attendent &#224; ce que sa main enfle). En r&#233;alit&#233;, Paul repr&#233;sente la pr&#233;somption qui m&#232;ne &#224; la chute. C'est l&#224; le sens ultime de tout le midrash paulinien. Paul, via le roi Sa&#252;l, repr&#233;sente le destin d'Isra&#235;l selon le midrash chr&#233;tien. Ce peuple a &#233;t&#233; grand (au temps de l'Alliance) mais il est tomb&#233; si bas que seul le messie peut d&#233;sormais le sauver. Curieusement, le verbe qui &#233;voque la pr&#233;somption hautaine ou l'enflure est 'pl (&amp;amp;#1506;&amp;amp;#1508;&amp;amp;#1500;) qui contient &#224; nouveau les sonorit&#233;s pl. En Nb 14, 44 on trouve par exemple ce verset: Ils mont&#232;rent ...dans leur pr&#233;somption (va-ya'apilu la'alot). En Is 32, 14 le 'ophel ('pl) d&#233;signe J&#233;rusalem. En Mi 4,8 ce m&#234;me 'ophel est rapproch&#233; d'une tour (migdal).Et toi, Tour du Troupeau, Ophel de la fille de Sion, &#224; toi va revenir la souverainet&#233; d'antan, la royaut&#233; de la fille de J&#233;rusalem.Enfin, en Ha 2,4 ce terme prend une forme f&#233;minine 'afela ('plh) qui d&#233;signe l'enflure:Le voici gonfl&#233; d'orgueil, celui dont l'&#226;me n'est pas droite, mais le juste vivra par sa fid&#233;lit&#233;.Or ce verset n'est pas anodin. Dans les Ep&#238;tres pauliniennes, il joue un r&#244;le strat&#233;gique. L'&#233;laboration autour de la pr&#233;somption, de la hauteur, de l'orgueil et de l'enflure expliquerait certains passages difficiles. comme 1Co 8, 1 : la science enfle mais la charit&#233; (agape) &#233;difie.&amp;amp;nbsp; Le verbe grec qui traduit ici l'enflure est le m&#234;me que celui qui traduit notre 'afela ('pl). D'o&#249; ce v&#233;ritable postulat des Ep&#238;tres : la da'at est toujours du c&#244;t&#233; de l'enflure ('pl) alors que la ahava (l'agape/amour/charit&#233;) est du cot&#233; de l'&#233;dification (binyan) et du fils (ben) mais aussi de la bina, autre forme de la science (par cons&#233;quent notre verset n'a rien contre la science en g&#233;n&#233;ral). D'o&#249; les passages de notre missive relative &#224; la sagesse humaine rendue folle.Comment g&#233;n&#233;rer un trait&#233; de coiffure f&#233;minine avec cette simple id&#233;e de grandeur et de chute. Tout simplement parce que coiffer se dit legadel sha'ar litt: agrandir les cheveux, &amp;quot;faire grandir la t&#234;te&amp;quot; si vous pr&#233;f&#233;rez.• Grandeur et mis&#232;re des courtisanes chez Isa&#239;e.Isa&#239;e stigmatise le cot&#233; arrogant d'Isra&#235;l par l'image de jeunes filles hautaines:Yahv&#233; dit : Parce qu'elles font les fi&#232;res, les filles de Sion, qu'elles vont le cou tendu et les yeux provocants, qu'elles vont &#224; pas menus, en faisant sonner les anneaux de leurs pieds (Is 3, 16)Le ch&#226;timent de cette arrogance, vous le devinez, il appara&#238;t dans le verset suivant:le Seigneur rendra galeux le cr&#226;ne des filles de Sion, Yahv&#233; d&#233;nudera leur front. Vous vous demandiez o&#249; Paul &#233;tait all&#233; chercher tout cela. Mais chez Isa&#239;e. Car ce que nous dit ce verset c'est que toute cette hauteur se terminera par une mise &#224; nu, un d&#233;voilement, une apocalypse (nigla) un exil (galut) et un rasage (galaH).Isra&#235;l s'est &#233;lev&#233; jusqu'&#224; la proph&#233;tie, mais s'il fait preuve de d&#233;dain, il tombera dans la honte. Rien ne sert m&#234;me de prier si c'est avec effronterie (giluy panim signifie aussi, si on le veut vraiment, la &amp;quot;t&#234;te d&#233;couverte&amp;quot;). Relisez maintenant 1Co 11, 4 et 5. Paul nous apprend donc ici qu'Isra&#235;l est tomb&#233; si bas qu'il a maintenant besoin du messie. Notre &amp;quot;femme&amp;quot; a besoin de marut ou d'un maran sur elle &#224; cause des anges: ceux qui lui interdisent le retour d'exil (ceux qui gardent l'acc&#232;s &#224; l'Eden perdu) et ceux qu'elle a s&#233;duit (les fils de Dieu, les tomb&#233;s, les nephilim). Reste &#224; comprendre pourquoi notre passage se termine par une r&#233;f&#233;rence &#224; celui&amp;amp;nbsp; qui &amp;quot;aime la querelle&amp;quot; (grec: philonikia, h&#233;breu:&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1508;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1500;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1504;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1511;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1488;).&amp;amp;nbsp;</description>
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     <title>Apologie de Paul - par Webmaster le 12/09/2008 : 00:34</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=322</link>
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     <description>Apologie de PaulA propos de quelques questions (sheelot) de Sa&#252;lRembrandt, Autoportrait en Ap&#244;tre Paul 1661• A propos de la r&#233;p&#233;tition.En 1 Corinthiens, Paul cite Isa&#239;e 29, 14. D'habitude, dans le midrash, on cite seulement le d&#233;but d'un verset et le lecteur continue tout seul la suite du verset. Il devient ainsi co-producteur du sens. Ici le texte donne une partie du verset :&amp;amp;nbsp; Je d&#233;truirai la sagesse des sages, et le lecteur doit se souvenir de l'ensemble : Eh bien!&amp;amp;nbsp; voici que je vais continuer&amp;amp;nbsp; (yossif) &#224; &#233;tonner&amp;amp;nbsp; (le-hapli) ce peuple par des prodiges et des merveilles (haple vapele) la sagesse des sages se perdra (abda) et l'intelligence (bina) des intelligents (navon)&amp;amp;nbsp; s'envolera.&amp;amp;nbsp; (Is 29,14)Que nous dit ce verset ? Que Dieu va faire quelque chose deux fois. Quelque chose va se r&#233;p&#233;ter: Dieu va &#233;tonner son peuple &#224; nouveau. Comment&amp;amp;nbsp; ? Par des merveilles (haple vapele). Mais surtout par la r&#233;p&#233;tition. Dieu ne fait jamais rien une seule fois. Il fait deux fois. Il a cr&#233;&#233; le monde, il le r&#233;cr&#233;era; il a lib&#233;r&#233; son peuple, il le lib&#233;rera &#224; nouveau. C'est cela la bonne nouvelle, elle tient dans le deux fois, dans le yossif, l'attribut &amp;quot;jos&#233;phique&amp;quot; de la r&#233;p&#233;tition.&amp;amp;nbsp; Dieu finalise, il assure le sof contenu dans yossef. Voyez la premi&#232;re mention de Joseph dans la Gen&#232;se:Elle con&#231;ut et elle enfanta un fils; elle dit :&amp;amp;nbsp; Dieu a enlev&#233; (asaf) ma honte ; et elle l'appela Joseph&amp;amp;nbsp; (yoseph) disant :&amp;amp;nbsp; Que Yahv&#233; m'ajoute (yoseph) un autre fils (messie)On a ici rien moins que l'origine des &amp;quot;deux messies&amp;quot;. C'est &#224; cette r&#233;p&#233;tition que rend gr&#226;ce Elisabeth&amp;amp;nbsp; en Lc 1, 25 :&amp;amp;nbsp; Voil&#224; donc, disait-elle, ce qu'a fait pour moi le Seigneur, au temps o&#249; il lui a plu d'enlever (asaf)&amp;amp;nbsp; mon opprobre parmi les hommes! Dieu a donc tenu parole, il a r&#233;p&#233;t&#233;, il a tenu sa promesse, c'est le sens m&#234;me du nom d'Elisabeth (eli sheba'). C'est ce sch&#233;ma que reprend Isa&#239;e,&amp;amp;nbsp; et il le souligne par la r&#233;p&#233;tition du mot pele, qui a l'avantage de connoter le vœu (lepale neder) et donc la promesse inali&#233;nable de Dieu lui-m&#234;me. Dieu se lie (assir) par un vœu&amp;amp;nbsp; et donc Paul ne pourra pas faire moins que de se lier lui aussi.• Paul et le Deut&#233;ronome (ou seconde loi).Il existe dans le Deut&#233;ronome un verset curieux qui enjoint au fid&#232;le de faire certaines choses le jour o&#249; il entrera dans la terre promise.  Lorsque tu parviendras au pays que Yahv&#233; ton Dieu te donne en h&#233;ritage, lorsque tu le poss&#233;deras et l'habiteras... (Dt 26,1) Cette promesse de redonner aux juifs leur terre une seconde fois, vise en r&#233;alit&#233; la fin de l'exil. Il s'agit donc d'une donn&#233;e purement eschatologique. En principe, c'est le messie qui doit ramener les Juifs sur leur terre. Ce passage traite donc de la fin des temps.Lorsque tu parviendras au pays que Yahv&#233; ton Dieu te donne en h&#233;ritage, lorsque tu le poss&#233;deras et l'habiteras, Tu iras trouver le pr&#234;tre alors en charge, et tu lui diras :&amp;amp;nbsp; Je d&#233;clare aujourd'hui &#224; Yahv&#233; mon Dieu que je suis arriv&#233; au pays que Yahv&#233; avait jur&#233; &#224; nos p&#232;res de nous donner.&amp;amp;nbsp; Dt&amp;amp;nbsp; 26,1-2S'agit-il seulement d'offrir les pr&#233;mices et de les apporter au Temple ? - Non, le fid&#232;le devra aussi faire une d&#233;claration devant le Pr&#234;tre de cette &#233;poque (bayamim hahem signifie midrashiquement : &#224; la fin des temps). Il s'agit de reconna&#238;tre qu'on est bien arriv&#233; et que la promesse s'est accomplie. Ces pr&#233;mices seraient &#224; mettre en rapport avec les fameux dons que Paul collecte. Il s'agit de convaincre chaque communaut&#233; qu'on est bien arriv&#233; &#224; la fin des temps.Tu iras trouver le pr&#234;tre alors en charge, et tu lui diras :&amp;amp;nbsp; Je d&#233;clare aujourd'hui &#224; Yahv&#233; mon Dieu que je suis arriv&#233; au pays que Yahv&#233; avait jur&#233; &#224; nos p&#232;res de nous donner. Le Pr&#234;tre prend alors l'offrande et le fid&#232;le doit continuer par cette d&#233;claration qu'on retrouve&amp;amp;nbsp; d'ailleurs&amp;amp;nbsp; int&#233;gralement dans la Hagada de PessaH.Tu prononceras ces paroles devant Yahv&#233; ton Dieu :&amp;amp;nbsp; Mon p&#232;re &#233;tait un Aram&#233;en errant qui descendit en &#201;gypte, et c'est en petit nombre qu'il y s&#233;journa, avant d'y devenir une nation grande, puissante et nombreuse. Les &#201;gyptiens nous maltrait&#232;rent, nous brim&#232;rent et nous impos&#232;rent une dure servitude.Nous avons fait appel &#224; Yahv&#233; le Dieu de nos p&#232;res. Yahv&#233; entendit notre voix, il vit notre mis&#232;re, notre peine et notre oppression, et Yahv&#233; nous fit sortir d'&#201;gypte &#224; main forte et &#224; bras &#233;tendu, par une grande terreur, des signes et des prodiges.Il nous a conduits ici et nous a donn&#233; cette terre, terre qui ruisselle de lait et de miel. Voici que j'apporte maintenant les pr&#233;mices des produits du sol que tu m'as donn&#233;, Yahv&#233;.&amp;amp;nbsp; Tu les d&#233;poseras devant Yahv&#233; ton Dieu et tu te prosterneras devant Yahv&#233; ton Dieu.• Qu'en est-il des lois sur la nourriture &#224; la fin des temps ?Revenons maintenant &#224; la Lettre aux Corinthiens. Paul y pose toute une s&#233;rie de questions curieuses:N'avons-nous pas le droit de manger et de boire? (1Co 9,4)Vous le saviez, vous, qu'on avait interdit &#224; Paul de manger et de boire ?&amp;amp;nbsp; Ela....C'est donc que cette question n'est l&#224; que pour les besoins de l'argumentation. Tout se passe comme si Paul posait des questions&amp;amp;nbsp; pour montrer que&amp;amp;nbsp; le Deut&#233;ronome (la deuxi&#232;me loi)&amp;amp;nbsp; y apporte d&#233;j&#224; les r&#233;ponses eschatologiques. Donc:N'avons-nous pas le droit de manger et de boire? (1Co 9,4)R&#233;ponse du Deut&#233;ronome : Lorsque Yahv&#233; ton Dieu t'aura conduit au pays qu'il a jur&#233; &#224; tes p&#232;res... tu&amp;amp;nbsp; mangera et&amp;amp;nbsp; tu sera rassasi&#233; &amp;amp;nbsp; (Dt 23,25). Ce passage a &#233;t&#233; lu comme signifiant qu'&#224; l'&#233;poque messianique tout sera bon &#224; manger.• Qu'en sera-t-il des lois sur la sexualit&#233; &#224; la fin des temps ?N'avons-nous pas le droit d'emmener avec nous une &#233;pouse croyante,( litt. une sœur femme) comme les autres ap&#244;tres, et les fr&#232;res du Seigneur, et C&#233;phas?&amp;amp;nbsp; (1Co 9,6)R&#233;ponse du Deut&#233;ronome: Soit un homme qui a pris une femme et consomm&#233; son mariage; mais cette femme n'a pas trouv&#233; gr&#226;ce &#224; ses yeux, et il a d&#233;couvert une tare &#224; lui imputer; il a donc r&#233;dig&#233; pour elle un acte de r&#233;pudiation et le lui a remis, puis il l'a renvoy&#233;e (shilHa) de chez lui (Dt 24, 1). Ce verset traite du droit de r&#233;pudiation d'une &#233;pouse. Si notre hypoth&#232;se est exacte, pour que la r&#233;ponse ait un sens, il faut que la question paulinienne ne porte pas sur une sœur mais sur une &amp;quot;autre&amp;quot; femme. En r&#233;alit&#233; il y aurait eu le mot&amp;amp;nbsp; aHeret&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1512;&amp;amp;#1514; mais le r&#233;dacteur a lu aHot&amp;amp;nbsp; &amp;amp;#1488;&amp;amp;#1495;&amp;amp;#1493;&amp;amp;#1514; , il a donc traduit adelphen. Le sens de la question serait donc:N'avons-nous pas le droit de prendre une autre femme, comme les autres sheliHim (Mo&#239;se), et les fr&#232;res du Seigneur et C&#233;phas (Aaron) ? Mais si vous pensez que le verset parle du droit d'emmener sa sœur en promenade, c'est votre droit. Selon le midrash, Mo&#239;se, qui est le mod&#232;le m&#234;me de la sheliHut prit une seconde femme et Aaron serait le descendant de la seconde femme d'Abraham (Qetura). Or Aaron est C&#233;phas qui est Pierre.&amp;amp;nbsp; Dans les Evangiles, le fr&#232;re du Seigneur c'est Jacob (plus connu sous le nom de Jacques) or Jacob a eu lui aussi deux femmes.&amp;amp;nbsp; Quant &#224; Jude&amp;amp;nbsp; ou Juda (autre fr&#232;re du Seigneur, historique cela va sans dire) vous v&#233;rifierez par vous-m&#234;me. Comme la &amp;quot;seconde femme&amp;quot; est toujours une pa&#239;enne, je vous laisse deviner le sens de notre passage (voir l'article : les yeux de Tamar). On se souvient que dans les Evangiles&amp;amp;nbsp; (Mt 22, 23) on est taraud&#233; par la question de savoir ce que deviendra &#224; la fin des temps la loi sur le remariage des veuves ou le l&#233;virat par exemple. Une femme a eu sept maris, tous fr&#232;res, lequel &#233;pousera-t-elle, hein? Curieusement, notre texte sur la r&#233;pudiation est suivi de celui sur le l&#233;virat dont on sait que lui aussi est susceptible d'&#234;tre lu dans un sens eschatologique (ybm: 52)• Sh&#233;&#233;lot et teshubot.Sans se soucier de savoir si nous arrivons &#224; suivre son raisonnement, Paul continue tranquillement :Ou bien, est-ce que moi seul et Barnab&#233;, nous n'avons pas le droit de ne pas travailler? Je ne sais pas si vous avez comme moi des difficult&#233;s avec les doubles n&#233;gations, mais vous n'&#234;tes pas sans ignorer que ce n'est pas le signe d'un texte facile. Ce travailler est dans la peshitta plH qui est le service du temple, or quelques versets plus loin il va &#234;tre question de ceux qui palHin.Ne savez-vous pas que les ministres du temple vivent&amp;amp;nbsp; du temple, que ceux qui servent ( peshitta :palHin) &#224; l'autel partagent avec l'autel?&amp;amp;nbsp;Les Bibles passent leur temps &#224; nous expliquer que Paul travaille de ses blanches mains, mais ici le voici qui revendique le droit de rester inactif. Pour les Bibles, tout ce passage ne vise qu'&#224; r&#233;gler des probl&#232;mes du type : est-ce que les ap&#244;tres peuvent vivre aux frais de la princesse. Alimentaire, mon cher Barnab&#233;. C'est la partie intendance du NT, ce qui prouve bien l'historicit&#233; de la chose. Que vient faire ici Barnab&#233; ? Pour le comprendre, il faut faire l'hypoth&#232;se que dans notre midrash Paul se veut le Pr&#234;tre dont parle le Deut&#233;ronome, celui de la fin des temps. C'est pourquoi il lui faut des &amp;quot;dons&amp;quot; car les L&#233;vites n'ont que cela pour vivre. Tous ses fils (ceux qu'il a convertis &#224; sa doctrine) sont donc aussi des pr&#234;tres. Or figurez-vous que Barnab&#233; est justement un pr&#234;tre :Joseph, surnomm&#233; ...Barnab&#233; ... l&#233;vite originaire de Chypre,Un l&#233;vite (racine de l'association) qui vient de kpr (racine de la propitiation, kapara) et qui s'appelle justement Joseph, le &amp;quot;retour&amp;quot;, l'ajout. Que vous faut-il de plus ? N'oublions pas que dans le midrash juif, les pa&#239;ens remplacent &#224; la fin des temps les Pr&#234;tres dans le Temple.• La d&#233;fense Pauline.Sans se soucier de savoir si nous comprenons l'encha&#238;nement de ses id&#233;es, Paul continue : Qui fait jamais campagne (yotse la milHama) &#224; ses propres frais (hotsaotav racine de yotse)?&amp;amp;nbsp; Tout se passe comme si Paul lisait le texte du Deut&#233;ronome de mani&#232;re eschatologique et que ce texte lui donnait la r&#233;ponse, apr&#232;s tout le Deut&#233;ronome c'est la &amp;quot;fin de la loi&amp;quot; (de la tora), non ? N'oublions pas ce que Paul est en train de faire ici, il pr&#233;sente sa &amp;quot;d&#233;fense&amp;quot; face &#224; des gens qui le jugent.Ma d&#233;fense (grec apologia) contre ceux qui m'accusent, la voici ...Je ne sais pas si vous arrivez &#224; suivre cette ligne de d&#233;fense: entre le droit de manger, de prendre une seconde femme, et maintenant de partir en guerre, ...et tout cela s'adresse &#224; des pa&#239;ens fra&#238;chement convertis...Le Deut&#233;ronome r&#233;pond ici encore &#224; Paul:Si un homme vient de prendre femme, il n'ira pas (yetse) &#224; l'arm&#233;e et on ne viendra pas chez lui l'importuner, il restera un an chez lui, quitte de toute affaire, pour la joie de la femme qu'il a prise (Dt 24,5)  Sans aucun souci de coh&#233;rence, Paul continue: Qui plante une vigne et n'en mange pas le fruit? Paul ici cite le Deut&#233;ronome :&amp;amp;nbsp; Qui a plant&#233; une vigne et n'en a pas encore cueilli les premiers fruits?&amp;amp;nbsp; (Dt 20,6) Tout le monde comprend apparemment le lien entre la vigne et la campagne militaire, mais on n'a pas jug&#233; utile de nous en informer, en revanche la lecture parall&#232;le du Deut&#233;ronome explique bien l'apparent disparate de la &amp;quot;pens&#233;e&amp;quot; de PaulLorsque tu vendangeras ta vigne, tu n'iras rien y grappiller ensuite. Ce qui restera sera pour l'&#233;tranger (Dt 24, 21)Il faut donc laisser un peu de jus de raisin pour le ger, le pros&#233;lyte. Voil&#224; qui n'est pas facile &#224; expliquer aux Juifs qui, on le sait bien, n'aiment pas trop partager, et surtout pas le raisin cach&#233; &#224; leur intention depuis l'origine du monde. Paul ne se cache d'ailleurs pas de citer le Deut&#233;ronome.N'y a-t-il l&#224; que propos humains?&amp;amp;nbsp; Ou bien la Loi ne le dit-elle pas aussi? C'est bien dans la Loi de Mo&#239;se ...Il cite par exemple Dt 25,4:Il est &#233;crit : tu ne muselleras le bœuf qui foule le grain (Dt 25,4) Et il s'autorise m&#234;me une lecture midrashique de ce verset, midrashique c'est-&#224;-dire libre (ne suis-je pas libre ? )Dieu se mettrait-il en peine des bœufs? Autrement dit: tu parles que ce verset nous parle de bœufs! Mais non, il parle de nous et de la fin des temps, comme tout le Deut&#233;ronome.N'est-ce pas &#233;videmment pour nous qu'il parle?&amp;amp;nbsp; Oui, c'est pour nous que cela a &#233;t&#233; &#233;crit : celui qui laboure doit labourer dans l'esp&#233;rance, et celui qui foule le grain, dans l'esp&#233;rance d'en avoir sa part (1Co 9,10)Labourer dans l'esp&#233;rance c'est chercher le messie (tiqva= 52)Autre question de Paul:Qui fait pa&#238;tre un troupeau et ne se nourrit pas du lait du troupeau? Il s'agit du lait de la promesse (la terre o&#249; coule le lait et le miel). Toutefois les femmes, les enfants, le b&#233;tail, tout ce qui se trouve dans la ville, toutes ses d&#233;pouilles, tu les prendras comme butin. Tu mangeras les d&#233;pouilles de tes ennemis que Yahv&#233; ton Dieu t'aura livr&#233;s (Dt 20, 14)Yahv&#233; te fera surabonder (hoter) de biens : fruit de tes entrailles, fruit de ton b&#233;tail et fruit de ton sol, sur cette terre qu'il a jur&#233; &#224; tes p&#232;res de te donner (Dt 28,4)• En r&#233;sum&#233;.Le Deut&#233;ronome est la r&#233;p&#233;tition de la loi (deutero: deux fois) et la fin de la loi (sa partie finale) et la seconde loi. Tout cela en m&#234;me temps.&amp;amp;nbsp; Dieu fait toute chose deux fois. La seconde fois c'est en principe &#224; la fin des temps. La loi aura donc un sens nouveau et l'homme sera lib&#233;r&#233; de la Loi. La lettre aux Corinthiens s'adresse donc &#224; des Juifs vraiment experts en midrash pour leur expliquer ceci: Tout est &#233;crit, il suffit de lire le Deut&#233;ronome de mani&#232;re midrashique.&amp;amp;nbsp;• Rudiments de philosophie paulinienne. Avant de soumettre Paul &#224; une m&#233;ditation philosophique il est donc prudent de v&#233;rifier le sens&amp;amp;nbsp; du texte et son contexte. Ainsi un verset comme 1Co 7, 30ceux qui pleurent, comme s'il ne pleuraient pas; ceux qui sont dans la joie, comme s'ils n'&#233;taient pas dans la joie; ceux qui ach&#232;tent, comme s'ils ne poss&#233;daient pas...traduit essentiellement l'indistinction propre &#224; l'eschatologie et aux temps de la fin. Voici pourtant ce qu'on peut lire sur la revue en ligne Vacarme qui publie un entretien&amp;amp;nbsp; avec Giorgio Agamben sous le beau titre de &amp;quot;une biopolitique mineure&amp;quot;. Je vous le commente car c'est de la philosophie moderne, donc un peu difficile.Je travaille en ce moment sur les lettres de Paul. Paul pose le probl&#232;me : &#171; Qu’est-ce que la vie messianique ? Qu’allons-nous faire maintenant que nous sommes dans le temps messianique ? Qu’allons-nous faire par rapport &#224; l’&#201;tat ? &#187; Normal, Paul est un philosophe, il s'int&#233;resse donc forc&#233;ment &#224; l'Etat&amp;amp;nbsp; (comme Agamben, quoi)Et l&#224; il y a ce double mouvement qui a toujours fait probl&#232;me, qui me semble tr&#232;s int&#233;ressant. Paul dit en m&#234;me temps : &#171; Reste dans la condition sociale, juridique ou identitaire, dans laquelle tu te trouves. Tu es esclave ? Reste esclave. Tu es m&#233;decin ? Reste m&#233;decin. Tu es femme, tu es mari&#233; ? Reste dans la vocation dans laquelle tu as &#233;t&#233; appel&#233;. &#187; Mais en m&#234;me temps, il dit : &#171; Tu es esclave ? Ne t’en soucie pas, mais fais-en usage, profites-en. &#187; C’est-&#224;-dire qu’il n’est pas question que tu changes de statut juridique, ou que tu changes ta vie, mais fais-en usage. Il pr&#233;cise ensuite ce qu’il veut dire par cette image tr&#232;s belle : &#171; comme si non &#187;, ou &#171; comme non &#187;. C’est-&#224;-dire : &#171; Tu pleures ? Comme si tu ne pleurais pas. Tu te r&#233;jouis ? Comme si tu ne te r&#233;jouissais pas. Es-tu mari&#233; ? Comme non-mari&#233;. As-tu achet&#233; une chose ? Comme non-achet&#233;e, etc. &#187; Il y a ce th&#232;me du &#171; comme non &#187;. Ce n’est m&#234;me pas &#171; comme si &#187;, c’est &#171; comme non &#187;. Litt&#233;ralement, c’est : &#171; Pleurant, comme non pleurant ; mari&#233;, comme non mari&#233; ; esclave, comme non esclave. &#187;Agamben pourrait ici s'arr&#233;ter un instant et se dire: mais ce discours (A= non A) c'est justement l'indiff&#233;renciation eschatologique. Au lieu de cela il trouve cela &amp;quot;int&#233;ressant&amp;quot;.C’est tr&#232;s int&#233;ressant, parce qu’on dirait qu’il appelle usages des conduites de vie qui, en m&#234;me temps, ne se heurtent pas frontalement au pouvoir Tu parles si Paul s'int&#233;resse au pouvoir !- reste dans ta condition juridique, dans ta vocation sociale - Un psy dirait certainement : Int&#233;ressant pour un philosophe de gauchemais les transforment compl&#232;tement dans cette forme du &#171; comme non &#187;. Il me semble que la notion d’usage, en ce sens, est tr&#232;s int&#233;ressante : &amp;amp;nbsp;Int&#233;ressant cette r&#233;p&#233;titionc’est une pratique dont on ne peut pas assigner le sujet. Tu restes esclave, mais, puisque tu en fais usage, sur le mode du comme non, tu n’es plus esclave. Que celui qui a tout compris me jette le premier sms.</description>
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     <title>L'enqu&#234;te mac&#233;donienne - par Webmaster le 03/09/2008 : 10:37</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=308</link>
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     <description>L'enqu&#234;te mac&#233;donienne&amp;amp;nbsp;• Visite guid&#233;e des synagogues de Salonique et de B&#233;r&#233;e.Il est d'&#233;tonnants voyages que l'on effectue &#224; la vitesse de la pens&#233;e, des voyages immobiles et instantan&#233;s: ce sont les voyages midrashiques. Figurez-vous qu'&#224; Salonique il y a une synagogue. Incroyable ! On sait qu'il y avait des juifs partout dans le bassin m&#233;diterran&#233;en et donc normalement des lieux de pri&#232;re, mais en Actes 17,1&amp;amp;nbsp; le carnet de voyage midrashique de Paul tient &#224; nous pr&#233;ciser :Apr&#232;s avoir travers&#233; Amphipolis et Apollonie, ils arriv&#232;rent &#224; Thessalonique, o&#249; les Juifs avaient une synagogue.&amp;amp;nbsp;Les fr&#232;res firent aussit&#244;t partir de nuit Paul et Silas pour B&#233;r&#233;e. Arriv&#233;s l&#224;, ils se rendirent &#224; la synagogue des Juifs. (17,10)Nous avons &#233;tabli ailleurs que dans le Guide de voyage paulinien, Amphipolis et Apollonie ne sont l&#224; que par assonance avec les sonorit&#233;s pauliniennes (p et l), pour le plaisir du p&#233;riple paulinien. Mais nous avons ici d'autres jeux de sonorit&#233;s, par exemple la &amp;quot;synagogue&amp;quot; (KNeSet) fait entendre les m&#234;mes sons KNS que SaloNiQue, mais &#224; l'envers. Le midrash est tout &#224; fait capable de ce type d'&#233;laboration. Il peut par exemple faire de Salonique, la victoire de la pri&#232;re. En effet le Comprehensive Aramaic Lexicon nous apprend que &amp;amp;#7779;lw signifie pri&#232;re et que nyq&amp;amp;#702;signifie victoire (par emprunt au grec). Vous pourriez penser que l'on a perdu le T du d&#233;but de Thessalonique, mais le &amp;amp;#7779; de &amp;amp;#7779;lw est un tsad&#233;.&amp;amp;nbsp; A c&#244;t&#233; de la Thessalonique r&#233;elle, historique, le midrash peut cr&#233;er une Tsalonique midrashique. Mais dans quel but ? &amp;amp;nbsp;• Deux fois.En Philippiens 4, 16 nous lisons ceci:vous qui, d&#232;s mon s&#233;jour &#224; Thessalonique, m'avez envoy&#233;, et par deux fois, ce dont j'avais besoin.Les lecteurs de cette revue sont devenus maintenant des experts en voyages pauliniens et midrashiques au point que nous pourrions bient&#244;t ouvrir collectivement une agence de voyage sp&#233;cialis&#233;e dans ce domaine o&#249; la demande reste forte. Je vous propose ici de refaire ensemble le voyage &#224; Salonique. Habitu&#233;s &#224; la technique de l'attention flottante, nous allons d'abord, dans le verset cit&#233;, retenir le d&#233;tail le plus anodin. C'est lui qui va nous faire d&#233;couvrir Salonique, je veux dire le sens de Salonique. Ce d&#233;tail insignifiant c'est l'expression:&amp;amp;nbsp; deux fois. Le midrash op&#232;re par surd&#233;termination. Et s'il y a &#233;laboration, elle sera confirm&#233;e par un autre indice. Le meurtrier frappe toujours deux fois. Surtout quand l'&#233;laboration porte pr&#233;cis&#233;ment sur l'expression deux fois. Mais o&#249; diable allons-nous retrouver un lien entre Salonique et cette expression deux fois ? - En Actes 20,4 en la personne d'un nomm&#233; Secundus. Aristarque et Secundus, de Thessalonique (Ac 20,4)Nous sommes en plein myst&#232;re et au centre d'un r&#233;seau lexical incompr&#233;hensible. Nous savons que Salonique est li&#233;e &#224; la Mac&#233;doine et &#224; d'autres &amp;quot;personnages&amp;quot; pauliniens comme Aristarque,&amp;amp;nbsp; Secundus ou Silas.&amp;amp;nbsp;Il y avait avec nous Aristarque, un Mac&#233;donien de Thessalonique. (Ac 27,2)Si Aristarque est un nom dont le sens tourne autour de la primaut&#233;, nous serions devant une s&#233;rie de noms dont le sens serait simplement : un, deux, trois (silas &#233;tant shilash). Aristarque est lui-m&#234;me li&#233; au th&#233;&#226;tre en Ac 19, 29:On se pr&#233;cipita en masse au th&#233;&#226;tre, y entra&#238;nant les Mac&#233;doniens Ga&#239;us et Aristarque.Or le  th&#233;&#226;tre c'est t'atrwn en aram&#233;en et en h&#233;breu tardif, terme qui laisse entendre le mot tryn qui signifie justement : deux fois.Quel est le lien entre&amp;amp;nbsp; la Mac&#233;doine (mkdn) Aristarque, Salonique et deux fois ? Pourquoi la mac&#233;doine est-elle li&#233;e &#224; la pri&#232;re ?Or, pendant la nuit, Paul eut une vision : un Mac&#233;donien &#233;tait l&#224;, debout, qui lui adressait cette pri&#232;re La solution de notre &#233;nigme r&#233;siderait dans un verset parfaitement anodin:Alors les fr&#232;res firent tout de suite partir Paul en direction de la mer; quant &#224; Silas et Timoth&#233;e, ils rest&#232;rent l&#224;.&amp;amp;nbsp;(Ac 17, 14)Selon notre dictionnaire midrashique, la mer signifie les pa&#239;ens. Nous comprenons mieux alors le rapport entre tous les termes de notre r&#233;seau. C'est seulement apr&#232;s Salonique et B&#233;r&#233;e, deux appels aux Juifs, que Paul peut &#234;tre envoy&#233; aux Pa&#239;ens (ou envoy&#233; &#224; Ath&#232;nes ce qui revient au m&#234;me). Pourquoi ? Car en Juda&#239;sme il faut avertir deux fois le fautif. Voil&#224; pourquoi Salonique et B&#233;r&#233;e sont li&#233;es aux Juifs et &#224; la Synagogue. Comme les Juifs refusent d'entendre, leitmotiv n&#233;o-testamentaire, Paul se tournera vers les pa&#239;ens (ethnos). C'est pourquoi il est envoy&#233; &#224; &amp;quot;Ath&#232;nes&amp;quot;. Mais le sch&#233;ma narratif est repris, m&#234;me &#224; Ath&#232;nes. D'abord la Synagogue, et ensuite seulement le champ des pa&#239;ens, l'Areos des Pagos (l'Ar&#233;opage: j'esp&#232;re que vous appr&#233;ciez l'humour midrashique. Non ? Quel dommage!).La fin des Actes reprend (encore et toujours) le m&#234;me sch&#233;ma. Apr&#232;s deux refus (des yeux et des oreilles) la pr&#233;dication ira aux pa&#239;ens.C'est que le cœur de ce peuple s'est &#233;paissi : ils se sont bouch&#233; les oreilles, ils ont ferm&#233; les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur cœur ne comprenne, qu'ils ne se convertissent. Et je les aurais gu&#233;ris!&amp;amp;nbsp;Sachez-le donc : c'est aux pa&#239;ens qu'a &#233;t&#233; envoy&#233; ce salut de Dieu. Eux du moins, ils &#233;couteront. La pri&#232;re des pa&#239;ens (de recevoir le dabar, autrement dit le messie) que Paul a vue en vision (par midrash) a donc &#233;t&#233; entendue et elle a &#233;t&#233; victorieuse malgr&#233; l'opposition des Juifs: &amp;amp;#7779;lwnyq&amp;amp;#702;• Magdonia.La remarque du lecteur qui a r&#233;agi sur la racine kns, nous donne l'occasion de compl&#233;ter cet article par le rappel du paragraphe relatif &#224; Magdonia extrait d'un article ancien consacr&#233; aux Actes de Thomas. On y voit que la racine kns y est tr&#232;s exploit&#233;e en rapport justement avec la &amp;quot;mac&#233;doine&amp;quot;.&#192; partir du chapitre 82 et jusqu’&#224; la fin de l’ouvrage, les Actes de Thomas rapportent l’histoire de Magdonia. Cette histoire occupe donc une bonne centaine de chapitres, ce n’est donc pas un simple d&#233;tail, mais plut&#244;t le cœur de l’ouvrage. En quoi consiste cette intrigue qui constitue l’essentiel des Actes de Thomas ? Une femme, Magdonia (une pa&#239;enne) venue entendre la pr&#233;dication de Thomas est convaincue par l’ap&#244;tre. Classique. &#192; partir de ce moment, elle se refuse &#224; son mari. Comment expliquer qu’une intrigue aussi simpliste soit au centre de notre ouvrage, qu’elle porte sur pr&#232;s de cent chapitres, et qu’on retrouve ce th&#232;me dans d’autres apocryphes ? Face &#224; ce profond myst&#232;re, les sp&#233;cialistes ont imagin&#233; une solution qu’il faut bien qualifier de g&#233;niale : l’encratisme. Voici : contrairement aux &#201;vangiles canoniques, les Apocryphes sont “encratites”. Mais qu’est-ce que l’encratisme, demanderez-vous ? Eh bien, c’est se refuser &#224; son mari. Refuser les rapports sexuels, notamment. Trouvons-nous dans les &#201;vangiles cette id&#233;e de refuser le mariage ? - Non. - C’est normal, c’est m&#234;me la preuve que les &#201;vangiles ne sont pas encratites. Mais les Apocryphes le sont. On voit tout de suite que la valeur explicative de cette th&#233;orie est sensiblement &#233;gale &#224; celle de la vertu dormitive de l’opium. Nous avons propos&#233; pour notre part une explication par un jeu de sens sur baal, qui signifie &#224; la fois mari et dieu de l’idol&#226;trie. Les r&#233;cits comme celui de Magdonia, sont de vastes formations midrashiques. Les peuples pa&#239;ens veulent “entendre”, et une fois qu’ils ont “entendu”, ils ne veulent plus rester prisonniers de leur idol&#226;trie, de leur baal. On figure cela par une s&#233;quence plus populaire : la femme s&#233;duite par la parole de l’ap&#244;tre ne veut plus ob&#233;ir &#224; son baal de mari, ou au baal de son mari. (Souvenez-vous enfin qu'&#224; la venue du messie les Juifs sont cens&#233;s &#234;tre devenus aussi idol&#226;tres que les pa&#239;ens. On ne va pas vous le r&#233;p&#233;ter ind&#233;finiment).Au chapitre 82, Magdonia ne parvient pas &#224; s’approcher de l’ap&#244;tre &#224; cause de la foule qui l’emp&#234;che d’avancer. On reconna&#238;t l&#224;, le motif du grabataire qui est oblig&#233; de passer par le toit, ainsi que la terminologie technique que l’on conna&#238;t d&#233;j&#224; : approcher = leqarev signifie se convertir, de m&#234;me qu’entrer. On v&#233;rifie que, comme dans les &#201;vangiles, la fonction de la foule (juive) est d’emp&#234;cher les pa&#239;ens d’entrer ou de s’approcher (de se convertir, leqarev) de la Porte (la conversion)Le mari de Magdonia est un parent du roi, on reconna&#238;t l&#224; l’expression sous-jacente qarov le-malkhut. Magdonia, dans sa h&#226;te d’approcher, demande une escorte pour &#233;carter la foule. En s’adressant &#224; elle, Thomas lui dit : vous qui &#234;tes tr&#232;s loin, avez-vous h&#226;te que se retirent ceux qui sont proches ? C’est une allusion au remplacement eschatologique des Juifs par les pa&#239;ens. Sur un registre parall&#232;le, les Juifs, qui sont les guides des pa&#239;ens, sont aussi leurs “ma&#238;tres”, donc leur baal. Ce pourquoi les pa&#239;ens en g&#233;n&#233;ral et Magdonia se refusent d&#233;sormais &#224; eux. D’o&#249; l’origine du nom de Magdonia, qui serait un nom calqu&#233; sur l’adjectif mekudan, asservi. Les Juifs sont les sup&#233;rieurs des pa&#239;ens, du moins se croient-ils sup&#233;rieurs, croyant d&#233;tenir le privil&#232;ge de la loi. Les Juifs imposent par ailleurs leurs conditions, leur loi aux pa&#239;ens et cette loi est lourde. Le texte grec de AcTh 83 nous explique tr&#232;s bien tout cela :Et, jetant les yeux sur les porteurs de Magdonia, il leur dit : “C’est pour vous qu’a &#233;t&#233; dite cette promesse de bonheur et cette admonition, qui a &#233;t&#233; annonc&#233;e aux gens d’alors, pour vous qui portez ces fardeaux lourds &#224; porter et qui sur son ordre allez &#231;&#224; et l&#224;. Et, alors que vous &#234;tes des &#234;tres humains, ils vous imposent des fardeaux comme si vous &#233;tiez des b&#234;tes, les gens qui ont pouvoir sur vous consid&#233;rant que vous n’&#234;tes pas des hommes comme eux, soit esclaves soit hommes libres. Car ni la possession ne servira de rien aux riches ni la pauvret&#233; ne sauvera les pauvres du jugement. Ni nous n’avons re&#231;u un commandement que nous ne pouvons porter, ni il ne nous a impos&#233; une construction telle que les hommes en construisent, ni de tailler des pierres et de b&#226;tir des maisons comme vos artisans le font par leur savoir. Voici le commandement que nous avons re&#231;u du Seigneur : ce qui nous d&#233;pla&#238;t inflig&#233; par un autre, cela, ne pas le faire &#224; quelqu’un d’autre. Suit une longue pr&#233;dication de l’ap&#244;tre &#224; l’issue de laquelle Magdonia s’exclame :Disciple du Dieu vivant, tu es venu dans un pays d&#233;sert. Car nous habitons dans un d&#233;sert, semblables par notre conduite aux animaux sans raison.O&#249; l’on v&#233;rifie que le d&#233;sert, terre sans eau, est la r&#233;gion de l’idol&#226;trie, tout juste bonne pour les pa&#239;ens. Magdonia se refuse ensuite &#224; son mari Karish (ou Charisios selon les versions). C’&#233;tait pr&#233;visible au vu de la th&#233;orie de l’encratisme, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e. Karish se lamente donc sur ce retournement qui fait que sa femme ne lui est plus soumise. Certains critiques y ont vu l&#224; un certain courant f&#233;ministe des Apocrypes. Nous les encourageons &#224; continuer dans cette voie prometteuse.Ce mauvais sort m’a tir&#233; &#224; bas de mes airs hautains et de ma vaine gloire et de la grandeur et qu’il m’a projet&#233; dans cette petitesse. (AcTh 99)Karish va ensuite se plaindre au roi. En quels termes le fait-il ? Il accuse l’ap&#244;tre d’&#234;tre un magicien.Il leur enseigne un nouveau dieu et il leur impose de nouvelles lois… fais venir… ce sorcier… et punis-le de mort, de peur que tous ceux de notre nation ne p&#233;rissent.Des Indes, nous sommes pass&#233;s au salon de Ca&#239;phe. Thomas demande &#224; Magdonia la raison de la col&#232;re de son mari (il n’en a aucune id&#233;e) :Il a voulu hier soir me soumettre &#224; lui et m’assujettir &#224; la passion dont il est le servant.Karish demande aussi &#224; sa femme la raison de son changement d’attitude &#224; son &#233;gard (il n’en a pas la moindre id&#233;e) :Rappelle-toi le jour o&#249; tu m’as rencontr&#233; pour la premi&#232;re fois. Dis la v&#233;rit&#233;. Est-ce que je n’&#233;tais pas plus beau &#224; tes yeux en ce temps-l&#224;.Et Magdonia de donner le fin mot de toute l’affaire :Ce temps-l&#224; &#233;tait le temps du d&#233;but, et ce temps-ci est le temps de la fin.La suite de l’histoire ressemble &#224; du Pasolini. Nous ne d&#233;voilerons pas cette fin pour que le lecteur puisse d&#233;couvrir par lui-m&#234;me ce qu’est un midrash.</description>
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     <title>Paul, en deux mots - par meknes le 07/08/2008 : 14:14</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=298</link>
     <guid>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=298</guid>
     <description>Paul, en deux motsUne de nos lectrices nous a demand&#233; conseil pour la traduction d'un verset de la lettre aux Romains. Cette jeune fille qui vit en Suisse a vu quelques mots de grec et d'h&#233;breu sur ce site, elle a pens&#233; que nous &#233;tions de savants hell&#233;nistes (je devrais dire &#233;minents, on dit &#233;minent hell&#233;niste et fin h&#233;bra&#239;sant, c'est l'usage). La jeune fille a &#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;&#231;ue car je ne suis pas parvenu &#224; traduire ce verset. Pourtant le verset n'avait pas l'air m&#233;chant, il s'agissait de Romains 10,4. telos gar nomou Christos eis dikaiosun&#234;n panti t&#244; pisteuonti. La Bible de J&#233;rusalem traduit ces neuf petits mots par: Car la fin de la loi, c'est le Christ pour la justification de tout croyant. (Enfin, presque traduit, elle ne traduit pas christos : c'est inutile, chacun sait qu'il s'agit du messie). J'ai demand&#233; &#224; notre amie suisse pourquoi cette traduction ne lui convenait pas. Elle m'a r&#233;pondu que la fin du verset lui paraissait obscure. En regardant les diff&#233;rentes traductions, je me suis aper&#231;u que cette seconde partie du verset &#233;tait tr&#232;s curieuse. En fait, personne ne traduit de la m&#234;me mani&#232;re:&amp;amp;nbsp; pour ceux qui croient... en vue de la justice pour tout croyant... parce qu'il justifie tous ceux qui croient, etc.&amp;amp;nbsp; Je me suis donc gratt&#233; la t&#234;te, puis le menton, et je me suis&amp;amp;nbsp; dit qu'il fallait d'abord comprendre la premi&#232;re partie du verset pour bien comprendre la deuxi&#232;me. La t&#226;che &#233;tait ainsi divis&#233;e par deux: il ne restait plus que 4 mots. M&#234;me pas:&amp;amp;nbsp; deux mots: telos nomou. L'affaire &#233;tait donc pli&#233;e mais c'est l&#224; que les choses commenc&#232;rent &#224; se g&#226;ter.&amp;amp;nbsp; telos nomou : c'est la fin de la loi. On ne voit pas o&#249; est la difficult&#233;. Le probl&#232;me c'est que telos a plusieurs&amp;amp;nbsp; sens. Si, en plus, on fait l'hypoth&#232;se que le texte est une traduction de l'h&#233;breu, cela devient tr&#232;s compliqu&#233;. Comme dikaiosun&#234;n traduit tsedaqa, Hessed ou tamim on n'est pas sorti de l'auberge. telos dans la Septante signifie fin (au sens : la fin de la journ&#233;e) mais aussi but,&amp;amp;nbsp; accomplissement, il traduit donc sof mais aussi mekhes et netsaH. Je vous donne un exemple: Quant &#224; Pierre, il le suivait de loin, jusqu'au palais du Grand Pr&#234;tre; il p&#233;n&#233;tra &#224; l'int&#233;rieur et s'assit avec les valets, pour voir le d&#233;nouement (telos)&amp;amp;nbsp; (Mt 26,58).Il est &#233;vident qu'ici telos signifie la fin. Accessoirement, si on lit ce passage en h&#233;breu, on peut se demander pourquoi Pierre a besoin de s'asseoir. La r&#233;ponse est simple: En h&#233;breu on s'assoit et on pense. Exemple: en Marc 2,6 les scribes &#233;taient assis et pensaient. Cela permet de faire des jeux de mots qui ne sont pas du tout dr&#244;les en grec (yoshbin veHoshbin) et de laisser entendre que ces scribes ne peuvent pratiquement pas penser en marchant. A moins que ce ne soit une marche particuli&#232;re (la halakha, la loi) qui les emp&#234;che de r&#233;fl&#233;chir. Figurez-vous aussi qu'en h&#233;breu quand on pense, on compute (Hosheb). Bref, Pierre a besoin de penser le sof ou de computer la fin. Vous voyez qu'on n'est pas pr&#232;s d'en finir avec le terme telos.Ceux qui pousseraient l'irr&#233;v&#233;rence jusqu'&#224; se demander pourquoi Pierre doit &#234;tre avec les valets (ceux qui servent, racine h&#233;bra&#239;que shamesh) peuvent consulter l'article sur la belle-m&#232;re de Pierre, sur ce site. Autre exemple limpide: celui o&#249; il faut rendre &#224; C&#233;sar ce qui est &#224; C&#233;sar. Rm 13,7 nous dit: Rendez &#224; chacun ce qui lui est d&#251; : &#224; qui l'imp&#244;t, l'imp&#244;t (telos)&amp;amp;nbsp; &#224; qui les taxes, les taxes;&amp;amp;nbsp; &#224; qui la crainte, la crainte;&amp;amp;nbsp; &#224; qui l'honneur, l'honneur. On devine la puret&#233; stylistique du grec de ce verset, on dirait du grec de la grande &#233;poque. Ce qui prouve qu'il n'a pas pu &#234;tre traduit de l'h&#233;breu. On voit ici que telos peut aussi signifier imp&#244;t, redevance ou m&#234;me tribut (h&#233;breu mas).Autre valeur difficile du mot telos: celui de l'h&#233;breu netsaH qui est lui-m&#234;me difficile &#224; traduire. Par exemple tous les psaumes qui commencent par lamnatseaH sont traduits en grec par eis to telos, mais en fran&#231;ais par : Du ma&#238;tre de chant.Du ma&#238;tre de chant. Avec instruments &#224; cordes. Psaume. De David.(Ps 4,1) Force est donc de constater que nous n'avons pas r&#233;ussi &#224; aider notre jeune correspondante pour la bonne raison que nous ne savons pas ce qu'il y avait dans l'h&#233;breu originel de ce verset. Et que donc nous ne le comprenions pas. On peut tout au plus formuler quelques hypoth&#232;ses:&amp;amp;nbsp; nomos traduit Tora. Le verset parle donc du telos de la Tora qui serait mis en rapport avec le messie. Comme le messie vient &#224; la fin des temps, on peut penser que telos a ici quelque chose &#224; voir avec la fin. A d&#233;faut de traduction, voici donc quelques hypoth&#232;ses sur le sens de Rm 10,4:1) Le messie vient quand la loi est bafou&#233;e: en effet, dans le midrash juif, le messie devait arriver au comble de l'anomie. Le messie est donc bien la fin de la Loi et les croyants (emuna est la foi et/ou la fid&#233;lit&#233;) ne peuvent que reporter leur foi sur le messie, puisqu'il n'y a plus de loi.2) le messie est le but de la Loi :la loi ne fait que pr&#233;parer au messie, elle en est un avant-go&#251;t, si tout le monde observe la loi cela &#233;quivaut &#224; l'&#232;re messianique.3) Le messie est le triomphe (netsaH) de la loi:voir sens pr&#233;c&#233;dent 4) Le messie est l'accomplissement de la Loi:voir sens pr&#233;c&#233;dent 5) La Tora ne parle que du messie (m&#234;me quand elle parle de la Loi): c'est &#224; vous de voir. 6) A la fin des temps le messie viendra mettre fin &#224; la loi. Le messie est donc bien la fin de la loi (mais ce n'est pas pour tout de suite)Restons un instant sur cette derni&#232;re hypoth&#232;se. Le midrash juif conna&#238;t une id&#233;e curieuse qui est qu'&#224; la fin des temps la loi sera all&#233;g&#233;e. Cette id&#233;e pose un probl&#232;me: C'est celui du rapport entre les deux &#233;l&#233;ments jusqu'ici disjoints: le messie et la loi. Si je vous dis qu'&#224; la fin des temps il n'y aura plus de sorbet &#224; la mangue, vous poseriez &#224; juste titre la question : quel rapport entre le sorbet et la fin des temps? Eh bien, c'est ce que fait le midrash: En posant l'&#233;nonc&#233;: le messie viendra all&#233;ger la Loi, le midrash veut avant tout &#233;tablir une relation entre les deux entit&#233;s: le messie et la Loi. Dans le midrash juif, la Loi est souvent mise en rapport avec la r&#233;tribution et celle-ci se situe toujours dans le Monde &#224; venir. Or qui dit Monde &#224; venir ('olam haba) dit fin des temps et messie. La loi est donc reli&#233;e d'une certaine mani&#232;re au messie. Par cons&#233;quent Paul n'invente pas cette relation entre loi et messie, elle existe d&#233;j&#224; dans le midrash juif.&amp;amp;nbsp; Paul donne-t-il au moins un contenu original &#224; cette relation entre messie et loi ? Les id&#233;es de Paul (le messie comme fin de la Loi, la loi comme p&#233;dagogue, la foi comme sup&#233;rieure &#224; la loi) sont-elles v&#233;ritablement nouvelles? C'est ce que nous allons voir maintenant.• Paul et le Midrash RabbaVoici le d&#233;but du Midrash Rabba sur la Gen&#232;se.Gen&#232;se Rabba 1,1:&amp;amp;nbsp; Au commencement, Dieu cr&#233;a le ciel et la terre (Gn 1,1). R. Hosha’aya Rabba ouvrit (son explication de Gn 1,1) par ce verset: j’&#233;tais &#224; ses c&#244;t&#233;s comme le ma&#238;tre d’œuvre (amon), je faisais ses d&#233;lices, jour apr&#232;s jour, m’&#233;battant tout le temps en sa pr&#233;sence (Pr 8,30). amon peut signifier : p&#233;dagogue (pedagog) ; amon peut signifier envelopp&#233; ; amon peut signifier adopt&#233;e. Pour d’autres, amon signifierait hauteur. amon signifierait p&#233;dagogue d’apr&#232;s le verset : comme la nourrice (omen) porte l’enfant &#224; la mamelle (Nb 11,12). amon signifierait envelopp&#233; d’apr&#232;s le verset : ceux qui &#233;taient envelopp&#233;s (emunim) dans la pourpre &#233;treignent le fumier (Lm 4,5). amon signifierait adopt&#233;e, selon le verset : et &#233;levait (omen) alors une certaine Hadassa&amp;amp;nbsp; (Est 2,7). amon signifierait hauteur, selon le verset Valais-tu mieux que No-Amon (Na 3,8), que le Targum traduit par : Es-tu meilleure qu’Alexandrie la hautaine qui est entre les fleuves ?Dans ce passage inaugural, un certain&amp;amp;nbsp; R. Hosha’aya Rabba nous dit qu'il va nous &#233;clairer sur le sens de Gen&#232;se 1,1 (verset qui en a bien besoin) par un obscur verset des proverbes: j’&#233;tais &#224; ses c&#244;t&#233;s comme le ma&#238;tre d’œuvre (amon), je faisais ses d&#233;lices, jour apr&#232;s jour, m’&#233;battant tout le temps en sa pr&#233;sence (Pr 8,30). Bon sang, mais c'est bien s&#251;r ! Comment n'avions nous pas pens&#233; &#224; ce verset des Proverbes pour expliquer Gn 1,1 ? Comme ce verset nous dit que la Tora &#233;tait d&#232;s le commencement aux cot&#233;s de Dieu, notre Docteur a pens&#233; &#224; identifier tora et commencement (et sagesse). La Tora est donc &#233;ternelle et incr&#233;&#233;e, statut qu'elle partage avec le messie, lui aussi incr&#233;&#233;. amon peut aussi se traduire par enfant ch&#233;ri. Le verset des Proverbes convoqu&#233; ici, contient un terme (amon) qui va permettre de rendre pr&#233;sents &#224; l'esprit des significations utiles pour le midrash. La racine (aleph, mem, nun) de amon se retrouve en effet dans quelques versets avec des sens qui tournent autour du champ s&#233;mantique de &#233;lever/nourrir/prot&#233;ger: Ainsi dans Nb 11, 12 omen (la nourrice) va&amp;amp;nbsp; permettre d'introduire l'id&#233;e de p&#233;dagogue; dans Lm 4,5 omnim (envelopp&#233;s ou &#233;lev&#233;s) va permettre de faire entrer dans le d&#233;bat le mot &#233;muna (la fid&#233;lit&#233;). Mais en Nahum 3,8 on s'&#233;carte (un peu) du champ s&#233;mantique de &#233;lever au sens d'&#233;ducation pour viser la hauteur (au sens de hautain).Curieusement tous ces th&#232;mes sont repris par le midrash paulinien: Le midrash juif &#233;nonce que la Tora a servi de p&#233;dagogue &#224; Isra&#235;l, or c'est ce que dit Paul: Ainsi la Loi nous servit-elle de p&#233;dagogue jusqu'au Christ, pour que nous obtenions de la foi notre justification.Mais la foi venue, nous ne sommes plus sous un p&#233;dagogue (Ga 3,24-25). Paul va opposer la loi &#224; la foi (emuna), il traite de la sagesse, et, surtout dans la lettre aux Romains, Paul va viser la &amp;quot;hauteur&amp;quot; des Juifs. En r&#233;sum&#233;, Paul n'innove en rien, il continue le midrash. Il n'y a aucune &amp;quot;pens&#233;e paulinienne,&amp;quot; Paul n'est pas un philosophe. Il ne pr&#233;figure aucune aufhebung h&#233;gelienne. Et il n'est nul besoin de convoquer Derrida ou Agamben pour lire Paul. Il suffit de quelques connaissances sur la Palestine entre -200 et +200 et sur la litt&#233;rature midrashique de l'&#233;poque.&amp;amp;nbsp;Post Scriptum:Trouv&#233; ceci sur un blog: Jacob Taubes &#233;tudiait &#224; z&#252;rich avec un grand hell&#233;niste, Emil Staiger. Un jour que nous longions la R&#228;mistrasse, il a bifurqu&#233; et poursuivi son chemin jusqu'au quartier juif, tr&#232;s resserr&#233;, et l&#224; il m'a dit: &amp;quot;Taubes, vous savez, hier j'ai lu l'Epitre aux Romains de saint Paul.&amp;quot; Puis il m'a dit, vraiment tr&#232;s amer: &amp;quot;ce n'est pas du grec, c'est du yiddish.&amp;quot; Et je lui ai r&#233;pondu: &amp;quot;En effet, Monsieur le Professeur, c'est la raison pour laquelle, moi, je la comprends&amp;quot;. </description>
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     <title>A la recherche de Job - par meknes le 02/08/2008 : 09:44</title>
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     <description>A la recherche de JobJob sur son tas de fumier re&#231;oit la visite de trois amis -&amp;amp;nbsp; G&#233;rard Seghers 1650•&amp;amp;nbsp; Un Job insaisissable.Vous avez certainement entendu parler du Guide des Egar&#233;s. Beau titre pour un livre. Le but de cet ouvrage &#233;tait d'aider les gens que certains sujets rendaient perplexes. Tenez par exemple : celui de l'existence de Job. Ce n'est pas en consultant la Jewish Encyclopedia que vous allez vous faire une religion sur le sujet. Au contraire. J'ai consult&#233; pour vous l'article relatif &#224; Job, et je vais essayer de vous faire une petite synth&#232;se sur les opinions des Docteurs du Midrash et du Talmud quant &#224; Job.Rabba affirme que Job v&#233;cut &#224; l'&#233;poque des explorateurs. R. Yoss&#233; bar Y&#233;huda a dit : Job a v&#233;cu &#224; l’&#233;poque des Juges. R. Abba bar Cahana a dit : Il a v&#233;cu &#224; l'&#233;poque de Jacob&amp;amp;nbsp; (GnR 57,3). Resh Laqish affirme au nom de Bar Qappara : Job a v&#233;cu &#224; l'&#233;poque d'Abraham, puis il se ravise et affirme: Job n'a jamais exist&#233; et n'existera jamais. Un Docteur anonyme enseigne&amp;amp;nbsp; devant Rabbi Samu&#235;l bar NaHmani : Job n'a pas exist&#233;, ce n'est qu'une parabole (Baba Batra, 15a).&amp;amp;nbsp; R. Samuel bar NaHmani s'oppose &#224; lui. Curieusement, c'est ce m&#234;me R. Samuel bar NaHmani qui r&#233;cuse tranquillement&amp;amp;nbsp; l'existence de la Reine de Saba en 15b.&amp;amp;nbsp; Humour midrashique: en GnR 57,3 un certain R. Nathan essaie de nous aider en nous pr&#233;cisant que Job a v&#233;cu&amp;amp;nbsp; &#224; l’&#233;poque de la reine de Saba. Cette pr&#233;cision est la bienvenue, elle va nous aider grandement &#224; situer l'&#233;poque o&#249; Job a v&#233;cu.&amp;amp;nbsp; H&#233;las, son coll&#232;gue R. Y&#233;hoshu’a b. QorHa affirme que Job a v&#233;cu &#224; l’&#233;poque d’Assu&#233;rus. On comprend mieux la perplexit&#233; du premier ami de Job (celui qui porte la toge rouge) que Seghers a bien rendue dans le tableau ci-dessus. Comme lui, je devine que vous vous grattez le menton de mani&#232;re tr&#232;s talmudique. Ou peut-&#234;tre, comme le second ami de Job, avez-vous d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; forfait. A moins que comme le troisi&#232;me ami de Job, vous vous disiez que quelqu'un est en train de s'amuser &#224; vos d&#233;pens.Poursuivons notre jeu de piste. Selon certains docteurs, Job est un idol&#226;tre, il fait partie des &amp;quot;sept proph&#232;tes des nations&amp;quot;&amp;amp;nbsp; (Baba Batra,15b).&amp;amp;nbsp; D'ailleurs R. Hanina affirme : Job &#233;tait un idol&#226;tre. - Pas du tout, objecte R. YoHanan : Job faisait partie de ceux qui &#233;taient rentr&#233;s de l'exil de Babylone, c'&#233;tait donc un Juif. Il enseignait m&#234;me &#224; Tib&#233;riade. Pour clarifier les choses, le Targum Sh&#233;ni sur Esther (1,2) place Job parmi les sept &amp;quot;p&#232;res du monde&amp;quot;, avec Adam, No&#233;, Sem, Abraham, Isaac et Jacob. Autre information qui va nous aider &#224; mettre un peu d'ordre: R. L&#233;vi rapporte au nom de R. Yossi bar Halaphta : Job est n&#233; lorsque Jacob et sa famille sont descendus en Egypte et il est mort lors de la sortie d'Egypte. Autre &#233;l&#233;ment susceptible de dissiper la perplexit&#233; qui commence &#224; poindre: selon le livre d'Ez&#233;chiel, Job est un juste (bien qu'idol&#226;tre):Fils d'homme, si un pays p&#233;chait contre moi en m'&#233;tant infid&#232;le et que j'&#233;tende la main contre lui, d&#233;truisant sa r&#233;serve de pain et lui envoyant la famine pour en retrancher b&#234;tes et gens, et qu'il y ait dans ce pays ces trois hommes, No&#233;, Daniel et Job, ces hommes sauveraient leur vie gr&#226;ce &#224; leur justice, oracle du Seigneur Yahv&#233;&amp;amp;nbsp; (Ez 14,13-14)Ce n'est pas tout &#224; fait l'avis du Zohar qui croit savoir que Job &#233;tait conseiller de Pharaon.&amp;amp;nbsp; Il conseilla &#224; Pharaon de prendre les biens des H&#233;breux et de s'en prendre &#224; leur corps par des corv&#233;es, c'est pourquoi il sera lui-m&#234;me priv&#233; de ses biens et atteint dans son corps.&amp;amp;nbsp; Job n'&#233;tait donc pas tout &#224; fait un Juste. Nous pourrions continuer ainsi pendant quelques pages, mais ce serait fastidieux.&amp;amp;nbsp;Sommes-nous&amp;amp;nbsp; suffisamment &#233;gar&#233;s ? Oui ? Parfait. C'est le but que le midrash souhaitait atteindre et il y parvient fort bien. Contrairement &#224; ce qu'on pourrait penser, cette cacophonie autour de Job est voulue et tr&#232;s organis&#233;e. Nous sommes dans une sorte de jeu p&#233;dagogique ou d'enqu&#234;te polici&#232;re. Nous avons d&#233;j&#224; vu cette s&#233;quence &#224; l'œuvre dans l'article Deux curieux rituels. Ici aussi le midrash semble dire: Cherche et tu seras r&#233;compens&#233;. Le but du midrash&amp;amp;nbsp; est de faire durer le plaisir en ne fournissant que des pistes t&#233;nues qu'il faut explorer une par une. Par exemple l'affirmation selon laquelle Job a v&#233;cu &#224; l’&#233;poque des Juges n'est pas &#224; &#233;carter d'un revers de main: Job est tr&#232;s proche de No&#233;mi.Job et No&#233;mi ont perdu leurs enfants et leurs biens, ils ont m&#234;me perdu tout espoir.Job et No&#233;mi se plaignent en des termes tr&#232;s semblables o&#249; pr&#233;domine l'amertume. Job: Par le Dieu vivant qui me refuse justice, par Shadda&#239; qui m'emplit d'amertume (Jb 27, 2); No&#233;mi : Ne m'appelez plus No&#233;mi, leur r&#233;pondit-elle, appelez-moi Mara, car Shadda&#239; m'a remplie d'amertume (Rt 1,20).&amp;amp;nbsp; Noter que ces deux livres nomment Dieu shadda&#239; et non pas&amp;amp;nbsp; El shadda&#239;.Dans les deux narrations, l'&#233;tonnement de l'entourage est soulign&#233;. Job: De loin, fixant les yeux sur lui, ils ne le reconnurent pas.&amp;amp;nbsp; Alors ils &#233;clat&#232;rent en sanglots.&amp;amp;nbsp; Chacun d&#233;chira son v&#234;tement et jeta de la poussi&#232;re sur sa t&#234;te (Jb 2,12), No&#233;mi:&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Leur arriv&#233;e &#224; Bethl&#233;em mit toute la ville en &#233;moi : Est-ce bien l&#224; No&#233;mi?&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; s'&#233;criaient les femmes (Rt 1,19).Les deux narrations finissent de la m&#234;me mani&#232;re. Job aura de nouveau des enfants, et No&#233;mi&amp;amp;nbsp; aura une post&#233;rit&#233; par Ruth.&amp;amp;nbsp; •Le livre de Job: souffrance du juste ou punition d'Isra&#235;l ?Isra&#235;l a toujours interpr&#233;t&#233; son exil comme &#233;tant, non pas un accident de l'histoire ou une destin&#233;e tragique, mais comme un ch&#226;timent divin pour sa faute principielle: la rupture de l'alliance divine ou l'idol&#226;trie. Mais l'originalit&#233; des Livres comme Job ou les Lamentations est de revisiter ce postulat. Le livre de Job serait &#224; lire dans le prolongement du livre des Lamentations. Ce rapprochement entre les deux livres se justifie notamment par le fait que ces deux livres sont lus le 9 Ab. Plus exactement&amp;amp;#8201;: pour comprendre le livre de Job, il faut revenir sur le travail qu'effectue le midrash sur les Lamentations. Le Midrash sur les Lamentations (eikha rabba) introduit un changement de plan par rapport au livre biblique du m&#234;me nom (eikha). Le livre biblique eikha nous dit essentiellement ceci&amp;amp;#8201;: la catastrophe qui a frapp&#233; la Jud&#233;e (galta yehuda, Juda est exil&#233;) est due aux fautes des Jud&#233;ens. Juda n’a que ce qu’il m&#233;ritait. Isra&#235;l avait &#233;t&#233; averti. Le livre biblique eikha ne laisse pas beaucoup de place &#224; l’esp&#233;rance. Il se d&#233;gage de sa lecture un sentiment massif de culpabilit&#233;, le sentiment d’un fardeau trop lourd &#224; porter. La fin du livre n’est en rien un happy end, comme pouvait l’&#234;tre la fin du livre d’Esther. eikha se termine sur une interrogation angoiss&#233;e&amp;amp;#8201;: Pourquoi nous oublierais-tu pour toujours, nous abandonnerais-tu jusqu'&#224; la fin des jours&amp;amp;#8201;? (Lm 5, 20). Il y a bien cette demande&amp;amp;#8201;: Renouvelle nos jours comme autrefois (ib.5, 21) qui sonne comme une ultime tentative d’effacer ce qui s’est pass&#233;, mais la derni&#232;re phrase du livre est dubitative&amp;amp;#8201;: si tu ne nous as tout &#224; fait rejet&#233;s, irrit&#233; contre nous sans mesure (ib. 5, 22). Eikha Rabba semble abonder dans le sens du livre biblique des Lamentations, mais en r&#233;alit&#233; nous avons vu que le midrash entend se tenir sur un autre plan que celui du livre biblique des Lamentations. Ce plan, c’est celui du droit. Eikha Rabba s’autorise &#224; rouvrir le dossier et &#224; r&#233;instruire le proc&#232;s qui a abouti &#224; la catastrophe. Eikha Rabba se livre &#224; un argumentaire juridique. La raison en est simple, c’est que maintenant l’essentiel est en jeu. Le dernier paragraphe de Eikha Rabba nous r&#233;sume cet enjeu. Si ce &#224; quoi nous assistons - la ruine du Temple et l’Exil - signifie un rejet d&#233;finitif de Dieu, alors il n’y a plus d’espoir. Si, en revanche, il n’est que la manifestation de la col&#232;re divine, alors l’espoir subsiste, car il n’est pas de col&#232;re qui ne finisse par s’apaiser. Eikha Rabba entend sauver le Principe Esp&#233;rance. C’est aussi la fonction de cette immense formation midrashique qu’on appelle le messianisme.C’est qu’entre-temps, on s’est avis&#233; que les &#233;v&#233;nements inconcevables qui sont survenus &#233;taient susceptibles d’une lecture destructrice. La chute du second Temple, l’&#233;chec de la r&#233;volte juive et l’Exil forc&#233; ont cr&#233;&#233; au sein du Juda&#239;sme de dangereuses forces centrifuges. Des mouvements messianistes ou antinomistes commencent &#224; faire une lecture d&#233;sesp&#233;r&#233;e de ces faits historiques&amp;amp;#8201;: L’exil est une r&#233;pudiation. L’alliance entre Dieu et son peuple est rompue &#224; jamais. Certains groupes, au sein du juda&#239;sme, font aussi une lecture fondamentaliste du livre des Lamentations&amp;amp;#8201;: Dieu est devenu un ennemi (Lm 2, 4). Eikha Rabba rectifie&amp;amp;#8201;: le texte porte tr&#232;s exactement&amp;amp;#8201;: comme un ennemi. On aurait ici un autre lien avec le livre de Job. Job (iyov) signifie ennemi.Le livre de Job est souvent pr&#233;sent&#233; comme une interrogation sur le probl&#232;me de la r&#233;tribution. Job est parfait (Jb 1-2) et pourtant il est frapp&#233; par Dieu. D&#232;s lors, il maudit le jour de sa naissance (Jb 3,2-10) et aspire au n&#233;ant et au repos (ib. 11-19)&amp;amp;#8201;; il parle de la souffrance des hommes soumis &#224; l'&#233;preuve (ib. 20-28). Eliphaz lui r&#233;pond en d&#233;fendant le dogme de la r&#233;tribution (Jb 4, 1-11) qui explique l'origine de la souffrance&amp;amp;#8201;: les m&#233;chants sont punis. Il est possible que le livre de Job soit un immense &#233;difice textuel fonctionnant sous le r&#233;gime de la double entente&amp;amp;#8201;: le texte parlerait en r&#233;alit&#233; du destin d'Isra&#235;l. Le v&#233;ritable sens du discours d'Eliphaz (le m&#233;chant est puni) serait&amp;amp;#8201;: l'exil est un ch&#226;timent divin. Eliphaz repr&#233;sente la conception classique&amp;amp;#8201;: il reproche &#224; Job son manque de confiance en la justice de Dieu (Jb 5, 1-7) il l'invite &#224; prier (Jb 5, 8-17) afin d'obtenir la gu&#233;rison (Jb 5,18-27). Lorsque Job exprime son d&#233;sir de dispara&#238;tre, c'est en tant que peuple paria soumis &#224; un exil interminable, il rel&#232;ve l'absence de soutien de la part des autres peuples (Jb 6,15-21). A la th&#232;se classique r&#233;affirm&#233;e par Bildad&amp;amp;#8201;: Dieu est juste et la souffrance d'Isra&#235;l est la cons&#233;quence du p&#233;ch&#233; (chap. 8) Job oppose une approche juridique proche de Lamentations Rabba&amp;amp;#8201;: Isra&#235;l ne peut entrer en proc&#232;s avec Dieu, car le juge a d&#233;j&#224; prononc&#233; la sentence (9, 14-33) et surtout il y a une dissym&#233;trie fondamentale.Recourir &#224; la force? Il l'emporte en vigueur! Au tribunal? Mais qui donc l'assignera? (9,19)Car lui n'est pas, comme moi, un homme&amp;amp;#8201;: impossible de lui r&#233;pondre, de compara&#238;tre ensemble en justice. Pas d'arbitre entre nous pour poser la main sur nous deux, pour &#233;carter de moi ses rigueurs, chasser l'&#233;pouvante de sa terreur!&amp;amp;nbsp; (9, 32)Les amis de Job ne cessent de l'accabler avec la th&#232;se du p&#233;ch&#233; originel d'Isra&#235;l. Mais Job les r&#233;cuse car ce discours suppose que la chose a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; jug&#233;e et Job condamn&#233;. C'est pourquoi Job affirme &#224; plusieurs reprises que Dieu le traite comme un ennemi. Il d&#233;cide d'ester en justice et de faire appel contre Dieu-m&#234;me (Jb 12, 13-19)Voici&amp;amp;#8201;: je vais proc&#233;der en justice, conscient d'&#234;tre dans mon droit (Jb 13,18) Pourquoi caches-tu ta face et me consid&#232;res-tu comme ton ennemi? Toi qui r&#233;diges contre moi d'am&#232;res sentences et m'imputes mes fautes de jeunesse, (13,26)• l'&#233;preuve de Job.Certains textes midrashiques mettent Job en rapport avec Abraham. La&amp;amp;nbsp; derni&#232;re &#233;preuve destin&#233;e &#224; Abraham &#233;tait destin&#233;e &#224; Job, nous dit le Zohar.&amp;amp;nbsp; D'autres textes font de Job la figure d'Isra&#235;l. Dans le Zohar, Job est enfin pr&#233;sent&#233; comme un substitut d'Isaac. Il faut donc chercher le sens de la narration sur Job du c&#244;t&#233; de l'id&#233;e d'&#233;preuve. Dans notre article Gen&#232;se de la Passion nous avancions l'id&#233;e que le r&#233;cit relatif au sacrifice d’Isaac&amp;amp;nbsp; pouvait &#234;tre lu &#224; la lumi&#232;re du sch&#233;ma de l’inversion. Abraham, c’est avant tout la promesse d’un fils (lire : d’un messie) si Dieu lui demande ce fils, il semble revenir sur sa promesse : c’est l’inversion et le temps de l’&#233;preuve. L’ob&#233;issance d’Abraham d&#233;clenche l’inversion de l’inversion. Un b&#233;lier (ayil aHar poss&#232;de la valence messianique 52) se substitue au fils et est &#233;lev&#233; (‘ola). Cette lecture&amp;amp;nbsp; de Gn 22 est donc la suivante :•&#201;preuve (menace sur l’avenir d’Isra&#235;l qui risque de ne plus avoir de fils) •Ob&#233;issance d’Abraham.•Inversion de la situation (le fils ne meurt pas)Mais pourquoi faut-il que ce sch&#232;me soit repris ? Pourquoi reprendre ce qui a &#233;t&#233; dit sur Abraham dans un nouveau livre, celui de Job ? Ce serait qu'en r&#233;alit&#233; il n'y a pas de derni&#232;re &#233;preuve.&amp;amp;nbsp; La derni&#232;re &#233;preuve d’Isra&#235;l, c'est toujours celle d’aujourd’hui. L'&#233;preuve dure tant que l'exil n'est pas fini. Comment affronter un exil&amp;amp;nbsp; qui semble d&#233;finitif ? Cette &#233;preuve est la plus terrible, car cette menace d’un exil qui n’en finit pas, peut se lire sous une autre forme : Et si Dieu renon&#231;ait d&#233;finitivement &#224; sa promesse d’envoyer le messie ?&amp;amp;nbsp; Cette menace s’exprime dans la demande adress&#233;e &#224; Abraham : celle de renoncer au fils. No&#233;mi perd ses deux fils et Job perd jusqu'&#224; la promesse de fils (sheva' banim). Remplacez fils par messie et vous comprendrez le d&#233;sespoir de No&#233;mi et celui de Job. &#192; quoi le Juda&#239;sme oppose ce paradoxe : Cette promesse &#233;tait justement l’objet de la foi d’Abraham. Abraham a cru en la promesse d’un fils (lire: messie) et a fait ainsi conna&#238;tre Dieu dans le monde, et voici que Dieu semble renoncer &#224; cette promesse. Il semble se r&#233;tracter dans le n&#233;ant, puisque Dieu est essentiellement cette promesse messianique. S’il renonce &#224; envoyer le messie, il se nie en quelque sorte lui-m&#234;me. En continuant &#224; croire en la promesse messianique, Isra&#235;l entend forcer la r&#233;alisation de cette promesse, et sauver en quelque sorte Dieu lui-m&#234;me. En acceptant avec confiance l’&#233;preuve ultime, Isra&#235;l sera pardonn&#233; et l’&#232;re messianique d&#233;butera. L’acceptation confiante de l’&#233;preuve finale emporte rachat des p&#233;ch&#233;s et r&#233;demption, tel est le sch&#232;me de la Passion d’Isaac, qui sera repris dans la passion de J&#233;sus, jusque dans les moindres d&#233;tails. </description>
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     <title>Sabbata&#239; Tsevi - par meknes le 31/07/2008 : 16:44</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=293</link>
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     <description>Sabbata&#239; Tsevi&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; L’ouvrage magistral de Gershom Scholem, Sabbata&#239; Tsevi, le messie mystique illustre parfaitement le mode de production des &#233;laborations messianiques.&amp;amp;#8200;Cet ouvrage montre bien comment l’espoir messianique peut sommeiller de mani&#232;re invisible, tel un volcan endormi, pour se r&#233;veiller brutalement lorsque certaines circonstances historiques extr&#234;mes se trouvent r&#233;unies. La Sabbata&#239;sme est une des r&#233;pliques du tremblement de terre qu’avait constitu&#233; le mouvement messianiste chr&#233;tien.&amp;amp;#8200;Certes, il y eut avant&amp;amp;#8200;Sabbata&#239; Tsevi d’autres &#233;ruptions messianistes, mais la particularit&#233; du s&#233;isme sabbat&#233;en, c’est qu’il a &#233;t&#233; &#224; deux doigts d’emporter la totalit&#233; du Juda&#239;sme vers le rejet de sa propre identit&#233; et une apostasie g&#233;n&#233;rale, accept&#233;e et consciente de surcro&#238;t. Ce qui s’est jou&#233; l&#224;, c’est rien moins que la fin du Juda&#239;sme.&amp;amp;#8200;Sans la brutale r&#233;action des autorit&#233;s rabbiniques, la majeure partie du Juda&#239;sme serait actuellement une secte musulmane h&#233;r&#233;tique, &#233;voluant au mieux vers un marranisme turc. La minorit&#233; restante se serait recroquevill&#233;e dans un ritualisme ass&#233;ch&#233;, ou aurait implos&#233; en un millier de sectes, &#224; l’image du protestantisme.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Les conditions de ce r&#233;veil tellurique sont comme toujours l’exc&#232;s, le comble. Or, pour ce qui est de la souffrance, les Juifs de l’&#233;poque sont combl&#233;s. L’expulsion d’Espagne avait pr&#233;par&#233; le terrain. Ce sont les terribles massacres commis en 1648 par les Cosaques de Chmielnicki, en Pologne, qui furent, semble-t-il, l’&#233;v&#233;nement d&#233;clenchant.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Les pogroms de Pologne passent dans la conscience juive &#224; travers le colportage d’une rumeur, qui &#233;labore le fait historique et lui donne le statut d’&#233;preuve. Une telle tuerie devient un ph&#233;nom&#232;ne psychique de masse qui mobilise la culpabilit&#233; des auditeurs, exigeant une r&#233;ponse rationnelle qui ne vient pas. &#192; l’instar de l’exil, cet &#233;v&#233;nement est alors interpr&#233;t&#233; comme ch&#226;timent divin. Mais dans le registre de l’eschatologie, qui dit ch&#226;timent et &#233;preuve, dit aussi expiation et r&#233;demption imminente: C’est en &#233;prouvant son peuple que Dieu le sauve. L’&#233;preuve &#233;tant de taille, le Salut est donc proche. La monstruosit&#233; m&#234;me des massacres devient l’indice de la proximit&#233; du Salut. On aurait l&#224; une sorte de pattern maniaco-d&#233;pressif, l’expiation entra&#238;nant une sorte d’euphorie mystique par dissipation momentan&#233;e du sentiment de culpabilit&#233;. Selon Scholem, Sabbata&#239; Tsevi aurait d&#233;clar&#233; qu’en Pologne, le messie fils de Joseph venait de mourir sous les traits d’une sorte de Juif Inconnu: Abraham Zalman. C’est dire si le salut final est imminent. Ceci est crucial pour penser r&#233;trospectivement le mouvement messianiste chr&#233;tien. Nul besoin de l’existence historique d’un individu nomm&#233; Salut (J&#233;sus) pour expliquer ce mouvement, tout massacre perp&#233;tr&#233; par les Romains, comme par exemple celui cons&#233;cutif &#224; la r&#233;volte de Bar Kokhba, est un &#233;v&#233;nement potentiellement d&#233;clenchant. C’est sans doute ce que veut signifier le Talmud lorsqu’il nous rapporte que lors de la r&#233;volte de Bar Kokhba, Rabbi Aqiba ait pu dire: Celui-ci est le Roi messie. Et &#224; son propos, il cita le verset: Un astre issu de Jacob… (Nb 24,17).&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Scholem montre que l’explosion sabbat&#233;enne est n&#233;e de la rencontre d’un homme souffrant de troubles psychiques et d’une sorte de th&#233;rapeute, Nathan de Gaza. Ce dernier connaissait un grand succ&#232;s dans les milieux juifs marqu&#233;s par la cabale lurianique.&amp;amp;nbsp; Luria avait profond&#233;ment renouvel&#233; la cabale traditionnelle en r&#233;interpr&#233;tant l’Exil comme un ph&#233;nom&#232;ne cosmique et anthropologique, et non comme un simple &#233;v&#233;nement historique et particulariste. De plus, il avait propos&#233;, avec le concept de tiqun, une sorte de moyen d’action de l’homme sur le monde et sur l’&#233;volution des choses. Analogue &#224; ce qu’il faut bien appeler une sorte de magie, le tiqun donne un sens supportable &#224; la vie exilique: l’homme peut agir pour la d&#233;livrance messianique. Il n’est pas condamn&#233; &#224; une attente passive, il devient co-op&#233;rateur de la d&#233;livrance. &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Nathan de Gaza parvient &#224; comprendre le malaise de ses “patients” et &#224; leur prescrire le tiqun appropri&#233; &#224; leur &#226;me. Sa cl&#233; d’interpr&#233;tation est la doctrine du messie.&amp;amp;#8200;Il interpr&#232;te toujours le d&#233;s&#234;tre de ses auditeurs comme d&#233;sir de messie, et, gr&#226;ce &#224; la doctrine de Luria, il leur indique comment agir pour h&#226;ter la satisfaction de ce d&#233;sir.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Or, Sabbata&#239; Tsevi souffre de graves troubles de l’humeur, que Scholem identifie &#224; une psychose maniaco-d&#233;pressive. Dans ses phases maniaques, il se livre &#224; des actes &#233;tranges, comme par exemple: rapporter chez lui un gros poisson et l’habiller en nourrisson, prononcer le nom divin ineffable, tenter d’arr&#234;ter la course du soleil, chanter, &#224; l’office, de vielles chansons d’amour espagnoles ou d&#233;clarer recevoir de Dieu de nouvelles lois. Ces fantaisies, difficilement acceptables pour le Juda&#239;sme de l’&#233;poque, aboutissent invariablement &#224; son expulsion de la ville par les Rabbins du cru. Il est ainsi contraint &#224; l’errance, &#224; l’exil dans l’Exil. Ce rejet, et la d&#233;rision dont il est l’objet ne le gu&#233;rissent pas de cette alternance de phases, elles semblent m&#234;me la renforcer.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Sabbata&#239; Tsevi consulte donc Nathan de Gaza, et celui-ci va donner un sens eschatologique &#224; ses troubles. L’alternance des phases de son humeur n’est-elle pas &#224; l’image de l’alternance entre les phases de faveur divine et d’absence de Dieu? Lorsque Sabbata&#239; tente d’arr&#234;ter le soleil (Hama), n’est-ce pas pour mettre fin &#224; la col&#232;re divine (Hama) et ouvrir ainsi l’&#232;re messianique? Isa&#239;e ne d&#233;crit-il pas le messie comme malade dans son chapitre 53?&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; La relation qui s’&#233;tablit entre les deux hommes est-elle un d&#233;lire &#224; deux? Ce qui est certain, c’est que personne n’invente rien. On fouille (sens du mot midrash) les textes, &#224; la recherche d’indices sur la venue messianique et, comme dans toute bonne trag&#233;die, on d&#233;couvre que le texte parle de soi. Cette &#233;toile messianique dont parle l’&#201;criture, n’est-elle pas Sabbata&#239;? (Sabbata&#239; est le nom h&#233;breu de la plan&#232;te Saturne). Son nom tsevi signifie gazelle ou cerf, animal souvent associ&#233; &#224; la biche, qui est en r&#233;alit&#233; un agent de l'eschatologie (ayelet ha-shaHar). Mais ce nom signifie aussi orgueil, parure, gloire. Ce nom porte donc en lui les significations contradictoires de l’animal pourchass&#233; et de la gloire eschatologique. Si le messie repr&#233;sente en fin de compte Isra&#235;l lui-m&#234;me, &#224; la fois objet pr&#233;cieux et objet de m&#233;pris dans le monde actuel, pourquoi Sabbata&#239; Tsevi ne serait-il pas le messie? Isa&#239;e ne dit-il pas clairement: Ce jour-l&#224;, le germe de Yahv&#233; sera tsevi? (Is 4,2)&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Isa&#239;e 13, 14 parle d’un cerf pourchass&#233;, tsevi mudaH, ce dernier terme poss&#232;de la valence messianique 52 comme d’ailleurs Hamad dont il est l’anagramme et qui sera la racine du nom que choisira de porter Sabbata&#239; une fois converti (mehemed en turc). Comme on l’imagine, on va traquer toutes les occurrences des signifiants Sabbata&#239; et Tsevi pour guetter les rapprochements de sonorit&#233;s et de valences, et ces rapprochements seront &#224; la base de nouvelles &#233;laborations. On a vu que le midrash chr&#233;tien utilisait le m&#234;me type de fouillage, en recherchant les termes de m&#234;me valeur que le mot mashiaH (messie) et qu’il produisait des textes &#224; l’aide de ces termes (Yohanan: Jean; Ashr&#233;: bienheureux, etc.)Ainsi du verset: Et Babylone, la perle (tsevi) des royaumes, le superbe joyau des Chald&#233;ens, sera comme Sodome et Gomorrhe, d&#233;vast&#233;es par Dieu. Ce verset contient le terme-cl&#232; du renversement eschatologique hapekha. Sabbata&#239; Tsevi va d&#233;sormais croire qu’il est appel&#233; &#224; d&#233;truire le mal, que telle est sa mission. La proximit&#233; de son nom tsevi avec tsava (combat) le conforte. tsevaot signifie &#224; la fois gazelles et est l’un des noms de Dieu (tsebaot le Dieu des arm&#233;es). Sabbata&#239; Tsevi est n&#233; le 9 ab date de la destruction des deux Temples, et son nom Sabbata&#239; contient le mot bayit. Or, un midrash fait co&#239;ncider la date de la naissance du messie avec celle la destruction du Temple.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Les ouvrages de l’&#233;poque, qui rapportent la geste du nouveau messie, portent des noms issus de versets contenant le mot tsevi, comme tits nobel tsevi (la fleur fan&#233;e de sa superbe splendeur Is 28,1) splendeur qui, en Is 28,4 est reli&#233;e &#224; une grasse vall&#233;e devenue c&#233;l&#232;bre depuis que les &#201;vangiles l’ont translit&#233;r&#233;e en Geths&#233;mani. Ou encore razi li (quelle &#233;preuve! Is 24,16).&amp;amp;#8200;Ce dernier verset semble r&#233;sumer la vie de Sabbata&#239; Tsevi puisqu’il commence par: Des confins de la terre nous avons entendu des psaumes: Tsevi le Juste, mais se conclut dans le comble de l’apostasie (bogdim bagadu uboged bogdim bagadu). bgd &#233;tant la racine de la trahison.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &#201;labor&#233;e dans le dialogue entre Sabbata&#239; et Nathan, la doctrine de la messianit&#233; de Sabbata&#239; Tsevi &#233;merge peu &#224; peu: Sabbata&#239; n’a pas besoin de tiqun, il est le messie. Ses actes &#233;tranges, voire insens&#233;s, peuvent &#234;tre justifi&#233;s par l’id&#233;e de renouvellement eschatologique. Lors de la venue du messie, la loi prendra un autre sens, inconnu &#224; ce jour.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; L’attente messianique est si forte que le cercle des croyants en Sabbata&#239; s’accro&#238;t tr&#232;s vite et atteint l’ensemble du monde juif. Il n’est pas une communaut&#233; qui ne soit divis&#233;e en deux camps, comme cela s’&#233;tait d&#233;j&#224; produit, sans doute, lors du mouvement messianiste chr&#233;tien.&amp;amp;#8200;Curieusement, cette nouvelle saga semble devoir repasser par les m&#234;mes d&#233;fil&#233;s que l’aventure chr&#233;tienne: La propagation du Sabbata&#239;sme s’effectue par des &#201;p&#238;tres, car bien entendu, toute Bonne Nouvelle (besora) doit &#234;tre annonc&#233;e par des lettres. On s’avise, autour du nouveau messie, que son nom est l’acrostiche du fameux verset du proph&#232;te Habacuc qui ouvre la lettre aux Romains: Le juste vivra par sa foi (TSadiq Be-&#233;munato-YiHie). La foi (&#233;muna) est ainsi replac&#233;e au principe m&#234;me de l’esp&#233;rance messianique. Un ouvrage de l’&#233;poque s’appelle rosh amana. Cette expression issue de Ct 4,8 est traduite en g&#233;n&#233;ral par “le sommet de l’Amana”. Mais cette montagne est inconnue des Atlas. Dans cet ouvrage (le Principe de la Foi), l’auteur s’attaque &#224; ceux qui refusent d'admettre que la foi en la venue du messie est le principe fondamental de la Loi. Curieusement, Ernst Bloch, appellera pr&#233;cis&#233;ment son ouvrage le Principe Esp&#233;rance, par quoi on peut traduire cette expression rosh amana, et qui fait l’apologie de l’utopie.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Le travail de Scholem est une formidable anamn&#232;se cons&#233;cutive au refoulement massif de l’&#233;pisode sabbat&#233;en par le Juda&#239;sme rabbinique. Il ne reste en effet presque plus rien de l’immense litt&#233;rature sabbat&#233;enne de l’&#233;poque. L’apostasie de Sabbata&#239; a &#233;t&#233; v&#233;cue comme un intense moment de honte dans le Juda&#239;sme, car elle accroissait encore les sarcasmes et l’agressivit&#233; des Chr&#233;tiens et des Musulmans. Cette d&#233;rision elle-m&#234;me a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e dans les termes de l’eschatologie, et a sans doute accru la foi des croyants qui refus&#232;rent d’abandonner Sabbata&#239;.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; La conversion forc&#233;e de Sabbata&#239; &#224; l’Islam sera lue comme n&#233;cessit&#233; d’aller encore plus loin dans le mal. Le comble n’a pas encore &#233;t&#233; atteint, voila tout. Id&#233;e terrible qui pr&#233;pare la voie &#224; l’antinomisme de certains groupes sabbata&#239;stes qui &#233;volueront vers un nihilisme absolu. Ce qui compte, pour les croyants, c’est le drame cosmique qui se joue dans l’&#226;me de Sabatta&#239; Tsevi.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; La force du travail de Scholem a &#233;t&#233; de montrer la puissance quasi tellurique de l’imaginaire eschatologique, les effets d&#233;vastateurs de l’&#233;ruption messianique et la persistance de ses effets plusieurs si&#232;cles apr&#232;s l’explosion. Selon Scholem, la secte des Dunmeh, qui regroupait les sabatt&#233;ens convertis &#224; l’Islam, aurait &#233;t&#233; &#224; l’origine de la r&#233;volution la&#239;que d’Ataturk. Quant au mouvement frankiste, r&#233;surgence du Sabatta&#239;sme en Pologne, il culmine avec un certain Junius Frey qui monte sur l’&#233;chafaud en tant que Jacobin, lors de la R&#233;volution Fran&#231;aise. Le mouvement frankiste va &#233;voluer vers le nihilisme, et verra dans la R&#233;volution de 1789 une confirmation des th&#232;ses de Jacob Frank.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Le travail de Scholem devrait nous permettre de mieux comprendre les rapports entre l’eschatologie, le nihilisme et l'id&#233;e de R&#233;volution. Le nihilisme frankiste est un rejeton inattendu de l’eschatologie, de l’indistinction propre aux temps messianiques. Ce n’est pas seulement ni juif ni grec. C’est un &#233;puisement de toute distinction et de tout sens. Plus rien n’a de valeur. Au fond, les Gnostiques n’avaient fait que prendre Paul au pied de la lettre. Et apr&#232;s eux, les Frankistes refont la m&#234;me exp&#233;rience.&amp;amp;#8200;Le monde n’a pas seulement vieilli subitement, il a fait naufrage, et Dieu avec.Texte extrait de l'ouvrage &amp;quot;Comprendre les origines du Christianisme&amp;quot; de Maurice MERGUI</description>
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     <title>Aux marches du palais - par meknes le 01/07/2008 : 01:01</title>
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     <description>Aux marches du PalaisFragment d'un entretien avec Emilio Campari sur la mystique juive.L'Ascension d'H&#233;noch par Raffaello Sanzio&amp;amp;nbsp; • Emilio CAMPARI&amp;amp;#8201;: Votre revue traite abondamment du Midrash, accessoirement du Talmud, mais jamais de la mystique juive. Pourquoi cela&amp;amp;#8201;?• Maurice MERGUI&amp;amp;#8201;: A quels textes pensez-vous ?.• Par exemple le Livre d’Enoch, traduit par Charles Mopsik, ou plus g&#233;n&#233;ralement la litt&#233;rature des palais (hekhalot). Vous ne mentionnez presque jamais le Zohar.• A mon avis, le Zohar n'est qu'un midrash, certes plus complexe et plus tardif, mais il rel&#232;ve du genre midrashique.• Mais la litt&#233;rature des Palais semble bien loin du midrash, cela signifie-t-il que cette litt&#233;rature &#233;chappe &#224; l'explication midrashique&amp;amp;#8201;?• Je ne le pense pas. Je pense au contraire qu'elle fait partie du genre midrashique.• Pourtant ce type de litt&#233;rature retrace des exp&#233;riences mystiques, des ascensions dangereuses qui n'ont pas beaucoup de rapport avec les figures que vous affectionnez particuli&#232;rement comme Tamar, Rahab ou Ruth. Dans le midrash tel que vous nous l'avez pr&#233;sent&#233; jusqu'ici il n'est pas question d'extase, de contemplation du char, de l&#233;gions ang&#233;liques ou de m&#233;t&#233;ores...• Prenons par exemple le cas d'H&#233;noch. Ce qui lui arrive n'est pourtant pas si diff&#233;rent que ce qui arrive &#224; Ruth, pr&#233;cis&#233;ment.• Allons, bon!• Je veux dire qu'il y a un &#233;l&#233;ment de structure identique. L'histoire de Ruth est centr&#233;e autour d'une anomalie (elle se convertit, elle entre, elle est accept&#233;e, alors que la Loi l'interdit). Il faut beaucoup de temps pour comprendre que l&#224; est la cl&#233; du r&#233;cit&amp;amp;#8201;: si Ruth se convertit malgr&#233; la Loi c'est que la loi est all&#233;g&#233;e et que nous sommes &#224; la fin des temps. Ruth est litt&#233;ralement une femme d'exception. Or c'est cette structure qu'on retrouve dans H&#233;noch. H&#233;noch ne meurt pas. Or la mort ne peut &#234;tre abolie qu'&#224; la fin des temps, c'est donc que le livre d'H&#233;noch ne parle que des temps messianiques, temps marqu&#233;s par le retour &#224; l’innocence adamique et par la proximit&#233; qui r&#233;gnera alors entre l'homme et la divinit&#233;.&amp;amp;nbsp; H&#233;noch est aussi un homme d'exception. Il y a donc un rapport &#233;troit entre le fait d'&#234;tre enlev&#233; vivant au ciel et le messianisme, rapport qui appara&#238;t clairement dans l'ascension d'&#201;lie, &#201;lie annonce en effet la venue imminente du messie.• Il reste que H&#233;noch est tr&#232;s diff&#233;rent du Midrash Rabba, dans lequel il n'y a ni mystique, ni ascension...• Il faudrait s'entendre sur le contenu de cette mystique. Je ne vois pas de &amp;quot;mystique&amp;quot; &#224; l'œuvre dans les textes midrashiques que je traduis.• Vous oubliez R.&amp;amp;nbsp;Aqiba et ses coll&#232;gues qui sont mont&#233;s au Pardes. Niez-vous que ce passage, ou que l'apostasie d'Elisha ben Abuya, rel&#232;vent de la mystique&amp;amp;#8201;?• Rien ne nous oblige &#224; mettre un signe &#233;gal entre Pardes et mystique. Mopsik lui-m&#234;me dit que ce passage des quatre qui mont&#232;rent au Pardes n'a pas re&#231;u d'explication satisfaisante &#224; ce jour. En revanche, ce que j'observe c'est que ces Docteurs qui entreprennent de p&#233;rilleuses escalades sont par ailleurs les m&#234;mes qui, dans le Talmud, sont des juristes tout ce qu'il y a de plus rationnels et dans le Midrash des ma&#238;tres de philosophie.• Et donc&amp;amp;#8201;?• Et donc imaginer ces juristes s'adonnant &#224; des ascensions (avec extases et formules magiques) pour nous rapporter une liste de noms d'anges desservants est aussi &#233;trange pour moi que d'imaginer des physiciens du CERN prendre des champignons hallucinog&#232;nes pour faire avancer la physique quantique.• Donc pour vous, les quatre ne sont pas mont&#233;s. Que signifie donc la narration sur les quatre&amp;amp;#8201;?• Je pense qu'il faut reprendre toute cette narration &#224; nouveaux frais. Il s'agit &#224; mon avis d'un r&#233;examen par nos 4 Rabbis de la doctrine eschatologique du messianisme.• Pourquoi alors parler de merkaba&amp;amp;#8201;?• Mais le terme merkaba ne me g&#232;ne pas. En &#233;tudiant le midrash sur Rahab nous avons vu que les &amp;quot;visions&amp;quot; sont la r&#233;compense de la foi. Rahab a cru, elle donnera donc naissance &#224; des proph&#232;tes qui verront ce que personne n'a vu (le char divin). Vous n'&#234;tes pas sans savoir aussi que le messie doit venir en chevauchant (rkb) un &#226;ne.• Il me semble avoir entendu parler de cette affaire. Mais si pour vous la litt&#233;rature des palais est un midrash eschatologique, comment se fait-il que le th&#232;me du messie soit si peu pr&#233;sent dans le livre d'H&#233;noch par exemple?• Il me semble au contraire que le th&#232;me du messie est au centre du livre d'H&#233;noch. D'ailleurs H&#233;noch est un messie puisqu'il est un fils de l'homme, un ben adam (m&#234;me g&#233;matrie 39).• Que pourrait alors signifier l'&#233;pisode des quatre&amp;amp;#8201;?• Je vous rassure tout de suite, on ne vas pas r&#233;soudre le probl&#232;me ce soir. Mais vous avez raison de lier la narration d'H&#233;noch &#224; ce que vous appelez l'&#233;pisode des quatre. En effet, comme vous le savez, le livre d'H&#233;noch rapporte la mont&#233;e des quatre, dans un chapitre que Mopsik nomme &amp;quot;la destitution de Metatron&amp;quot;, Metatron (qui est H&#233;noch transform&#233; en ange) est puni parce qu'il &#233;tait assis et non pas debout.• Que signifie cette histoire de posture&amp;amp;#8201;?• En tout cas, il faut prendre le texte au s&#233;rieux. C'est en voyant que Metatron est assis qu'Elisha ben Abuya aurait &amp;quot;apostasi&#233;&amp;quot; puisque cette position lui fait dire qu'il y a deux pouvoirs (reshuyot) dans le ciel. Il se trouve qu'en traduisant&amp;amp;nbsp; Exode Rabba je suis tomb&#233; sur ce passage&amp;amp;#8201;: Parabole d’un roi qui fait la guerre et remporte la victoire. On le proclame Auguste. On lui dit&amp;amp;#8201;: Avant cette guerre, tu n’&#233;tais que roi, mais &#224; pr&#233;sent, nous t’avons fait Auguste. En quoi un Auguste est-il plus glorieux qu’un roi&amp;amp;#8201;? C’est que le roi est repr&#233;sent&#233; debout tandis qu'un Auguste est repr&#233;sent&#233; assis (Ex Rabba 23,1). Je me pose la question&amp;amp;#8201;: Elisha, sous couvert de l'image de l'ange assis, ne ferait-il pas une r&#233;f&#233;rence pol&#233;mique &#224; la question de la place exorbitante accord&#233;e au messie dans l'eschatologie juive. Metatron est en effet assis comme Dieu.• Et Aqiba&amp;amp;#8201;?• On trouve dans le midrash cette&amp;amp;nbsp; phrase: shalom z&#233; begematria mashiaH.• Sous-titrage&amp;amp;#8201;?•Le mot shalom (paix) d&#233;signe midrashiquement le messie.• Le rapport avec Aqiba ne me para&#238;t pas absolument &#233;vident, l&#224; tout de suite...• C'est que le midrash nous dit qu'Aqiba est entr&#233; dans la paix et ressorti en paix. Il a examin&#233; la question (de l'importance du messie dans l'eschatologie juive) et il a trouv&#233; que cela lui convenait. D'ailleurs, le livre h&#233;breu d'H&#233;noch s'ouvre sur l'invocation d'Aaron en tant que celui-ci &amp;quot;aime et poursuit la paix&amp;quot;. Il s'agirait l&#224; aussi d'une allusion au messie.• Il s'agirait donc selon vous d'examen et non d'ascension&amp;amp;#8201;?• Aqiba et ses trois coll&#232;gues sont rest&#233;s sagement sur terre. Personne n'est mont&#233; l&#224;-haut comme le dit d'ailleurs le livre des Proverbes (30,4). Mais on sait que l'enjeu de cet examen &#233;tait actuel car Aqiba a soutenu Bar Kokhba en tant que messie potentiel.• Rassurez-moi: Bar Kokhba a bien exist&#233; ? C'est qu'on vous pr&#234;te la manie de nier toute historicit&#233; &#224; tout plein de gens.• On a retrouv&#233; une lettre de Bar Kokhba. Le personnage a donc exist&#233;. Mais son importance d&#233;passe de loin son personnage. L'enjeu autour de Bar Kokhba est le suivant. Dans l'eschatologie juive, le messie doit venir au comble de l'horreur. Or d'apr&#232;s le Midrash sur les Lamentations (1,45) la repression romaine a atteint le comble. Voici comment elle est d&#233;crite: leur sang (des Jud&#233;ens)&amp;amp;nbsp; se d&#233;versa jusqu’&#224; la c&#244;te et rougit la mer jusqu’&#224; Chypre. Probl&#232;me: comment sait-on si on a vraiment atteint le comble ? Est-ce qu'il n'est pas prudent d'attendre un peu, des fois que la situation s'aggraverait encore ? Toujours est-il qu'&#224; un moment donn&#233; , pour le peuple en tout cas, le comble semblait avoir &#233;t&#233; atteint et Aqiba a pu donc proclamer Bar Kokhba messie. Exactement comme Sabbata&#239; Tsevi a pens&#233; que les temps messianiques &#233;taient advenus apr&#232;s les massacres de Chmielnicki (voir l'article sur Sabbata&#239; Tsevi sur ce site).• Nous reviendrons sur Aqiba. Revenons si vous le voulez bien &#224; Elisha. Il n'est donc pas devenu Gnostique&amp;amp;#8201;?• Il aurait pens&#233; que le Juda&#239;sme accorde une place trop importante au messie d'o&#249; un risque de dualisme. Mais ce dualisme n'a rien &#224; voir avec le dualisme du bien et du mal. Il s'agit de dyarchie. De double pouvoir. Le messianisme chr&#233;tien,&amp;amp;nbsp; comme&amp;amp;nbsp; le Sabatianisme, semblent donner raison &#224; Elisha. Ces mouvements ont fini par mettre le messie &#224; la place de Dieu. L'avertissement d'Elisha semble d'ailleurs pris en compte par la tradition puisqu'en 3H&#233;noch, Metatron est destitu&#233; et re&#231;oit une bastonnade pour &#234;tre rest&#233; assis. Mopsik signale aussi tout un courant au sein du Juda&#239;sme qui tend &#224; rabaisser H&#233;noch. Il y a donc d&#233;bat. H&#233;noch est parfois le type m&#234;me du Juste et parfois c'est quasiment un impie. Cela rappelle d'ailleurs le midrash sur Ruth. Ruth est parfois critiqu&#233;e dans le midrash. En r&#233;alit&#233;, cette critique vise tout simplement l'id&#233;e qu'elle est entr&#233;e un tout petit peu trop t&#244;t. Et donc c'est une pol&#233;mique contre ceux qui comme Aqiba, veulent le messie maintenant. Il en est de m&#234;me pour H&#233;noch, ceux qui le rabaissent sous-entendent qu'il a vaincu la mort un peu trop t&#244;t, c'est-&#224;-dire avant la venue messianique.• Emilio Campari : Il nous faudrait plus de temps pour approfondir le sujet&amp;amp;nbsp; Je vous propose de le faire dans un prochain entretien.&amp;amp;nbsp;</description>
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     <title>Images solaires - par maurice le 07/06/2008 : 00:21</title>
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     <description>Un article int&#233;ressant sur des images de soleil sur les tombes d'un cimeti&#232;re juif qui conforte notre analyse de la belle-m&#232;re de Pierre.&amp;amp;nbsp;Si l'un de nos lecteurs pouvait en profiter pour &#233;claircir la signification du symbole de l'ascia sur de nombreuses tombes juives et chr&#233;tiennes des premiers si&#232;cles...Cela nous ferait gagner beaucoup de temps...!</description>
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     <title>Malaise dans l'Interpr&#233;tation - par maurice le 26/05/2008 : 02:28</title>
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     <description>Malaise dans l'Interpr&#233;tationGustave Dor&#233;: Josu&#233; livre aux flammes la ville d'A&#239;• De No&#233; &#224; Josu&#233;: les infortunes du midrash.Depuis quelques temps, le livre de Josu&#233; est un livre qui met para&#238;t-il les biblistes mal &#224; l'aise. Voici par exemple ce qu'on peut lire sur un site tout ce qu'il y a de plus orthodoxe:&#192; le parcourir, le Livre de Josu&#233; met mal &#224; l’aise. Comment admettre tant de r&#233;cits de massacre o&#249; disparaissent dans le feu des populations enti&#232;res ? Les biblistes sont des gens &#233;patants. Pendant des si&#232;cles ils nous expliquent que la Bible est un livre d'histoire. Ensuite, quand ils s'aper&#231;oivent que des groupes de gens, sans doute un peu simplets, ont pris cela pour argent comptant, ils se r&#233;crient: halte-l&#224;, malheureux ! Ce n'est pas si simple !Et le malaise est d’autant plus grand que certains groupes extr&#233;mistes revendiquent ces textes pour conforter leurs vues id&#233;ologiques. D&#232;s lors, il nous faut apprendre &#224; situer le discours de ce livre dans un temps et un mode d’&#233;criture qui ne sont plus les n&#244;tres. Nous t&#226;cherons donc d’en &#233;valuer l’historicit&#233; et plus encore, la port&#233;e th&#233;ologique. Pour &#233;viter de projeter ind&#251;ment l’actualit&#233; sur des textes fort distants dans le temps, nous allons soumettre le Livre de Josu&#233; au feu de la critique historique.Mais on va voir que les biblistes ont beaucoup de mal &#224; br&#251;ler ce qu'ils ont ador&#233;. Ils ont &#233;norm&#233;ment de mal &#224; abandonner le postulat historique. Ainsi par exemple, lorsqu'ils d&#233;cident d'abandonner l'Histoire, ils commencent par interroger.... devinez qui ? l'Arch&#233;ologie. OK, Blanche-Neige n'a jamais exist&#233;, mais faisons quand m&#234;me des fouilles dans la maison des sept nains. On ne sait jamais!Lorsqu’au XXe si&#232;cle, les arch&#233;ologues ont fouill&#233; le tell de J&#233;richo, force leur a &#233;t&#233; de constater qu’&#224; l’&#233;poque suppos&#233;e de l’arriv&#233;e des H&#233;breux conduits par Josu&#233;, il n’y avait qu’un tas de ruines. L’histoire biblique rejoindrait-elle le grand fond esth&#233;tique des mythologies du Proche Orient ancien ? Puisque l'arch&#233;ologie est muette, il ne reste plus que la mythologie. Le midrash ne fait jamais partie de l'horizon intellectuel des biblistes.• Biblistes, encore un effort...Apr&#232;s avoir d&#233;fendu bec et ongles le &amp;quot;tout historique&amp;quot; les biblistes sont inquiets de la tournure des &#233;v&#233;nements en Cisjordanie (les groupes extr&#233;mistes, colons et Hamas, qui argumentent &#224; coup de versets bibliques ou coraniques). Ils pr&#244;nent donc l'approche critique mais avec prudence. V&#233;rifions d'abord qu'aucun arch&#233;ologue n'a rien &#224; produire. Pas d'ostraca, pas de tesson de poterie, pas d'&#233;paules de chameau ? Adjug&#233;, passez-moi le tampon &amp;quot;mythologie&amp;quot;. Les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par l'historicisme des biblistes commencent &#224; appara&#238;tre, et pas seulement en Cisjordanie. Voici le cas d'une victime peu connue de l'historicisme biblique, l'abb&#233; Pierre. Dans un ouvrage r&#233;cent, l’abb&#233; Pierre d&#233;clarait &#224; Bernard Kouchner : .. toutes vos &#233;nergies se trouvent mobilis&#233;es par la r&#233;installation du grand temple de Salomon &#224; J&#233;rusalem, bref, de l’ancienne cit&#233; du roi David et du roi Salomon. Or vous vous basez pour cela sur tout ce qui dans la Bible parle de Terre promise. Or, je ne peux pas ne pas me poser cette question : que reste-t-il d’une promesse lorsque ce qui a &#233;t&#233; promis, on vient de le prendre en tuant par de v&#233;ritables g&#233;nocides des peuples qui y habitaient, paisiblement, avant qu’ils y entrent ?&amp;amp;nbsp; … Quand on relit le livre de Josu&#233;, c’est &#233;pouvantable ! C’est une s&#233;rie de g&#233;nocides, groupe par groupe, pour en prendre possession ! Alors foutez-nous la paix avec la parole de Terre promise ! Je crois que - c’est &#231;&#224; que j’ai au fond de mon coeur - que votre mission a &#233;t&#233; - ce qui, en fait, s’est accompli partiellement - la diaspora, la dispersion &#224; travers le monde entier pour aller porter la connaissance que vous &#233;tiez jusqu’alors les seuls &#224; porter, en d&#233;pit de toutes les idol&#226;tries qui vous entouraient, etc.Un dirigeant &#233;cologiste, Alain Lipietz, raconte sur son site:je re&#231;us quelques jours plus tard un appel t&#233;l&#233;phonique. L’abb&#233; Pierre m’attendait pour d&#238;ner. En fait, il &#233;tait &#224; deux kilom&#232;tres de chez moi… Je traversai le r&#233;fectoire d’un refuge pour SDF et entrai dans sa cellule. Une petite couchette lui servait de lit. Une &#233;tag&#232;re, une petite table et deux autres convives, ses neveu et ni&#232;ce. Lui m’apparut minuscule mais, en m’approchant, j’&#233;tais bien plus &#233;mu qu’en Californie au pied du plus vieux s&#233;quoia, le plus vieil &#234;tre vivant du monde. J’avais litt&#233;ralement l’impression d’approcher un saint vivant. ....Il aborda lui-m&#234;me le sujet pour lequel j’&#233;tais venu. J’essayai de lui expliquer que les crimes des gouvernements isra&#233;liens et les droits du peuple palestinien se suffisaient &#224; eux-m&#234;mes sans qu’on ait &#224; y m&#234;ler des appr&#233;ciations religieuses sur les droits du peuple d’Isra&#235;l &#224; la Terre promise. Isra&#235;l existait non &#224; cause de la promesse divine mais par une d&#233;cision de l’ONU, en compensation de la Shoah et de l’intol&#233;rance ind&#233;crottable de l’Occident chr&#233;tien, et le tort du Monde fut de n’avoir rien pr&#233;vu pour prot&#233;ger les Palestiniens qui se trouvaient &#224; leur tour l&#233;s&#233;s.- Mais justement, dit-il, ce qui m’agace, c’est leur manie de justifier leur droit par des r&#233;f&#233;rences bibliques ! Moi, je n’ai jamais &#233;t&#233; antis&#233;mite. Je faisais passer la fronti&#232;re &#224; des Juifs pendant la guerre. D&#232;s que j’ai appris que le concile de Vatican II ratifiait le sch&#233;ma XIII (Lumen gentium), j’ai d&#233;chir&#233; toutes les pages de mon br&#233;viaire o&#249; il &#233;tait question de &#171; peuple d&#233;icide &#187; : depuis le temps que j’attendais &#231;a ! Mais enfin, Dieu leur a donn&#233; cette terre et puis, devant leur inconduite, Il la leur a reprise. Et, ouvrant sa Bible, il me cita quelques passages d’un proph&#232;te (sans doute Os&#233;e) o&#249; Yahveh reniait son peuple : &#171; Je t’appellerai Plus-Mon-Peuple, je te retirerai la Terre que je t’avais donn&#233;e… &#187;Lipietz ne remarque pas tout de suite la contradiction du Saint: &amp;quot; ce qui m’agace, c’est leur manie de justifier leur droit par des r&#233;f&#233;rences bibliques !&amp;quot; et aussit&#244;t il ouvre une bible pour justifier par une r&#233;f&#233;rence biblique le non-droit des Juifs. J’&#233;tais abasourdi par ce m&#233;lange des plans.- Mais, mon P&#232;re, tentai-je de lui dire, vous savez bien que toute cette histoire est une parabole, une midsrah comme disent les Juifs, pour repr&#233;senter les rapports difficiles et conflictuels de Dieu et de l’&#226;me humaine ! On ne peut baser aucun droit g&#233;opolitique l&#224;-dessus !- Comment, mais vous ne croyez pas que ce sont des faits historiques ?- Non… D’ailleurs, pour les plus vieux textes de la Bible, Yahveh &#233;tait seulement le Dieu d’Isra&#235;l, ce n’est pas le Dieu Unique tel que nous le concevons et qui n’appara&#238;t que dans le Deut&#233;ro-Isa&#239;e.- C’est quoi, le Deut&#233;ro-Isa&#239;e ?- Eh bien, la derni&#232;re partie du livre d’Isa&#239;e, quand, pour les Juifs, leur Dieu devient universel, cr&#233;ateur de tous les Hommes et les aimant tous… Lipietz est constern&#233;: Je me sentais totalement ridicule. Agnostique, j’&#233;tais devant un saint et je lui faisais le cat&#233;chisme. J’eus envie de m’enfuir &#224; toutes jambes. Mais lui secouait la t&#234;te tristement, les yeux baiss&#233;s : &#171; Vous comprenez, on ne m’avait pas expliqu&#233; tout &#231;a ! Moi, je n’&#233;tais pas un Dominicain, j’&#233;tais un Capucin ! &#187; Conclusion : il faut que les m&#233;cr&#233;ants enseignent le midrash aux Saints. D'urgence. Une sorte de R&#233;vision G&#233;n&#233;rale des P&#233;ricopes bibliques. Les Saints n'ont en effet jamais entendu parler du Midrash, pour eux tout est historique (- Comment, mais vous ne croyez pas que ce sont des faits historiques ?) Par exemple le livre de Josu&#233; est pour notre Saint un livre historique, et pour lui ce livre raconte une shoah commise par les Juifs. De m&#234;me, No&#233; a invent&#233; l'esclavage, en maudissant son petit-fils. Je vous laisse deviner les cons&#233;quences de la lecture non-midrashique de No&#233; dans certains cercles. Comme l'Eglise ne comprend plus rien au midrash, elle ne comprend plus rien &#224; la bible. M&#234;me Daumier, on l'a vu, comprenait encore que la guerre de Josu&#233; est une figure de la lutte eschatologique contre le mal. Mais pour notre Saint (ainsi que pour les fondamentalistes musulmans) c'est une shoah qui relativise donc, et m&#234;me invalide, la shoah de la seconde guerre mondiale. Dans la lettre qu’il adresse le 15 avril 1996 &#224; Roger Garaudy, l’abb&#233; utilise&amp;amp;nbsp; sans sourciller le terme shoah: &#171;Tout a commenc&#233;, pour moi, dans le choc horrible qui m’a saisi lorsque apr&#232;s des ann&#233;es d’&#233;tudes th&#233;ologiques, reprenant pour mon compte un peu d’&#233;tudes bibliques, j’ai d&#233;couvert le livre de Josu&#233;. D&#233;j&#224; un trouble tr&#232;s grave m’avait saisi en voyant, peu avant, Mo&#239;se apportant des &#171;Tables de la loi&#187; qui enfin disaient &#171;Tu ne tueras pas&#187; voyant le Veau d’or, ordonner le massacre de 3 000 gens de son peuple. Mais avec Josu&#233; je d&#233;couvrais (certes cont&#233; des si&#232;cles apr&#232;s l’&#233;v&#233;nement) comment se r&#233;alisa une v&#233;ritable &#171;Shoah&#187; sur toute vie existant sur la &#171;Terre promise&#187;. [...]. La violence ne d&#233;truit-elle pas tout fondement de la Promesse ?&#187; En fait, du massacre des populations du pays de Canaan &#224; la fondation de l’Etat d’Isra&#235;l, l’abb&#233; Pierre sugg&#232;re la r&#233;currence du m&#234;me geste exterminateur d’un peuple bourreau : &#171;Je constate &#233;crit-il, qu’apr&#232;s la constitution de leur Etat, les Juifs, de victimes, sont devenus bourreaux&#187;.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Garaudy partage cette id&#233;e:(la guerre de Josu&#233;) a toutes les caract&#233;ristiques d’un projet exterminateur planifi&#233; &#171;&#224; froid &#171;, m&#233;thodiquement organis&#233; et gradu&#233;. (...) Il n’y a rien de ce qu’a dit Hitler qui n’ait &#233;t&#233; &#233;crit auparavant dans la Bible. Bien s&#251;r, on peut toujours dire que Garaudy est un clown, mais que dire d'un universitaire comme Louis Sala-Molins ?Dans un ouvrage intitul&#233; Le Livre rouge de Yahv&#233;, cet auteur affirme que sous la dict&#233;e de Yahv&#233;, les juifs ont invent&#233; l'esclavage au moment de la mal&#233;diction de la race de Canaan par No&#233;, et qu'ils ont &#233;t&#233; les premiers praticiens de la solution finale quand, sous la conduite de Josu&#233;, ils ont men&#233; une guerre d'extermination contre les Canan&#233;ens. •&amp;amp;nbsp;L'hypoth&#232;se midrashique.Mais si le livre de Josu&#233; doit &#234;tre destitu&#233; de toute historicit&#233;, de quoi nous parle ce livre ? Quel est son sens ultime ?L'hypoth&#232;se que nous avan&#231;ons ici c'est que le livre de Josu&#233; est lui-m&#234;me un midrash et qu'il a m&#234;me &#233;t&#233; lu comme tel par le Christianisme. L'&#233;laboration chr&#233;tienne sur le livre de Josu&#233; est cruciale car elle a fourni la r&#233;ponse chr&#233;tienne &#224; la question classique du nom du messie. Josu&#233; a en effet donn&#233; son nom au messie chr&#233;tien et c'est pourquoi le messie chr&#233;tien se nomme Josu&#233;. Mais pour que cela apparaisse clairement, il faut au pr&#233;alable que nous d&#233;gagions la formule du livre de Josu&#233;.&amp;amp;nbsp; Quelle est donc la formule du livre de Josu&#233; ? Celle-ci: Josu&#233; est un agent de l'eschatologie (je pr&#233;cise que l'eschatologie, ce n'est pas un service de renseignement isra&#233;lien, mais un autre nom de la &amp;quot;fin des temps&amp;quot;, ceci pour les &amp;quot;capucins&amp;quot; qui n'auraient pas eu le temps de b&#233;n&#233;ficier de la formation biblique minimale requise). Un agent du combat final contre le mal. Josu&#233; combat le mal absolu (personnifi&#233; par Amalek, sorte d'Ant&#233;christ de la tradition juive) il est donc potentiellement un messie. Cette potentialit&#233;, la lecture midrashique va chercher &#224; la transformer en certitude par fouillage. Et quand on fouille on trouve. Par exemple lorsqu'on lit en Dt 34, 9 que Josu&#233; est &amp;quot;rempli de l'esprit de sagesse&amp;quot;, on peut lire que Josu&#233; est le messie. Comment ? Par g&#233;matrie. male ruaH hokhma vaut en effet 358 qui est une valence du messie. Josu&#233; est le t&#233;moin de la conversion de Rahab et de la trahison d'Akhan. C'est pourquoi les Evangiles seront avant tout le r&#233;cit de la conversion des pa&#239;ens et de la trahison de Juda.&amp;amp;nbsp; Ces conversions (qui, narrativement, se pr&#233;sentent comme des sc&#232;nes de gu&#233;rison) forment en effet 95% du texte &#233;vang&#233;lique. On a vu par ailleurs que pour les P&#232;res de l'Eglise, Rahab est la figure de l'Eglise et que Josu&#233; est le type de J&#233;sus. Narrativement, les Evangiles suivent &#224; la lettre le sch&#233;ma du livre de Josu&#233;. J&#233;sus commence son minist&#232;re comme Josu&#233; par le passage du Jourdain. Josu&#233; fait entrer dans la terre promise, J&#233;sus fait entrer dans le repos du 7e jour (&#224; moins que ce ne soit le 8e). Josu&#233; r&#233;capitule les b&#233;n&#233;dictions et mal&#233;dictions aux monts Ebal et Gerizim, J&#233;sus prononcera donc les B&#233;atitudes et les Mal&#233;dictions contre les Pharisiens. Le miracle de Josu&#233; arr&#234;tant le soleil &#224; Gabaon ne figure certes pas dans les Evangiles, mais nous avons montr&#233; ailleurs que la p&#233;ricope relative &#224; la belle-m&#232;re de Pierre en &#233;tait l'&#233;quivalent midrashique. D'autres d&#233;tails plus difficiles &#224; rep&#233;rer, montrent que le livre de Josu&#233; a servi de mati&#232;re aux &#233;laborations &#233;vang&#233;liques: Josu&#233; est ainsi le t&#233;moin de la mort d'El&#233;azar, J&#233;sus verra donc mourir un Lazare. Josu&#233; et J&#233;sus sont les agents d'une seconde circoncision. Etc.Les premiers chr&#233;tiens ont vu avant tout dans le livre de Josu&#233; un &#233;l&#233;ment essentiel: ce livre raconte l'entr&#233;e dans la terre promise, mais cet &#233;v&#232;nement n'est lui-m&#234;me important que par ce qu'il fait signe vers un autre &#233;v&#232;nement bien plus essentiel: Dieu r&#233;alise les promesses faites aux Patriarches (de leur donner la terre). Cette promesse de la terre est identique, en r&#233;alit&#233;, &#224; la promesse de l'envoi du messie, car c'est lui qui &#224; la fin des temps devait faire revenir Isra&#235;l sur sa terre. C'est cette promesse qui est accomplie narrativement dans les Evangiles: Josu&#233;-J&#233;sus vient d&#233;truire le mal, convertir les pa&#239;ens, punir les juifs qui ont trahi et faire entrer le peuple sur sa terre. PS: pour tous ceux (saints y compris) qui voudraient se mettre &#224; jour, nous envisageons d'ouvrir bient&#244;t un cycle de formation au midrash sur Second Life.</description>
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     <title>Encore une bonne nouvelle. - par meknes le 07/05/2008 : 00:07</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=275</link>
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     <description>Encore une bonne nouvelle.Pourquoi le Nouveau Testament ne se contredit jamais.&amp;amp;nbsp;Certains critiques prennent un malin plaisir &#224; relever les contradictions des textes n&#233;o-testamentaires pour en conclure au caract&#232;re approximatif des informations historiques rapport&#233;es par le NT. Or nous allons voir qu'il n'en est rien. En effet, le Nouveau Testament ne se contredit jamais, comme on va le voir dans les deux exemples suivants.• Dans les Evangiles le messie devait par exemple venir sur des nu&#233;es:et l'on verra le Fils de l'homme venant sur les nu&#233;es (Mt 28, 30)D'ailleurs je vous le d&#233;clare dor&#233;navant, vous verrez le Fils de l'homme ... venant sur les nu&#233;es du ciel.(Mt 26,64)  alors qu'il vient sur un &#226;ne. Certains crient &#224; la contradiction. Or il n'en est rien. En voici la raison. Nous la trouvons dans un midrash. Un certain Rabbi Y&#233;hoshua b. L&#233;vi avait d&#233;j&#224; remarqu&#233; cette &amp;quot;contradiction&amp;quot;:Il est &#233;crit (au sujet du Messie): &amp;quot;Et voil&#224; qu'au sein des nuages c&#233;lestes survint quelqu'un qui ressemblait &#224; un fils de l'homme&amp;quot;, (et d'un autre c&#244;t&#233;) il est &#233;crit: &amp;quot;humble et conduisant un &#226;ne&amp;quot;. On lui r&#233;pondit:&amp;amp;nbsp; il n'y a pas de contradiction : Si Isra&#235;l en est digne, (il viendra) avec les nuages du ciel; sinon, (il viendra) &amp;quot;humble et conduisant un &#226;ne.&amp;quot; (Sanhedrin 98a).Voici un second exemple qui montre que le Nouveau Testament ne peut jamais se contredire &#233;tant donn&#233; qu'il rel&#232;ve d'une logique tr&#232;s sp&#233;ciale, qui est celle du midrash. • Comment &amp;quot;abolir-conserver&amp;quot; la Loi ?Abolir et conserver la Loi, dans le m&#234;me mouvement, est une entreprise d&#233;licate. En Matthieu 5, 17 on nous explique que J&#233;sus, n’est pas venu abolir la loi mais l’accomplir. En cons&#233;quence, la loi serait valide et m&#234;me intangible, au point que m&#234;me la plus petite lettre de cette loi (le yod) ne peut en &#234;tre retranch&#233;e.Mt 5,18 - Car je vous le dis, en v&#233;rit&#233; : avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur l'i, ne passera de la Loi, que tout ne soit r&#233;alis&#233;.En Cantique Rabba nous trouvons ces passages.•Ct R 5,12 NOIRES COMME LE CORBEAU. R. Alexandri b. Hadrin et R. Alexandri Qaroba ont dit : Tous les habitants de la terre voudraient-ils joindre leurs efforts pour rendre blanche l’aile d’un corbeau, qu’ils n’y parviendraient pas. De m&#234;me si tous tentaient d’enlever un yod, la plus petite lettre, &#224; la Tora, ils n’y parviendraient pas. D’o&#249; le savons-nous ? Du cas de Salomon. Il voulut changer un yod &#224; la Tora et un accusateur s’&#233;leva contre lui. Qui l’accusa ? R. Y&#233;hoshu’a b. L&#233;vi a dit : La lettre yod du mot yarbe l’accusa. (Salomon affirma que lui pourrait multiplier (yarbe) le nombre de ses femmes sans p&#233;cher). R. Shim'on b. YoHa&#239; a dit : Le livre du Deut&#233;ronome monta se prosterner devant le Saint b&#233;ni soit-il et d&#233;clara : Souverain de l’univers, tu as &#233;crit dans la loi qu’un testament m&#234;me partiellement modifi&#233;, devient enti&#232;rement nul. Or le Roi Salomon souhaite retrancher un yod de la Tora. Le Saint b&#233;ni soit-il r&#233;pondit: Salomon et beaucoup d’autres comme lui passeront, mais pas un yod de la Tora ne tombera.• Ct R 5,13. R. Y&#233;hoshu’a b. QorHa a dit : la lettre yod figurant dans le nom de Sara monta se prosterner devant le Saint B&#233;ni soit-il et d&#233;clara : Souverain de l’univers, tu m’as retranch&#233; du nom de cette femme Juste, la femme d’Abraham le Juste, et tu l’appelas Sarah. Dieu r&#233;pondit : Jusqu’&#224; pr&#233;sent tu figurais &#224; la fin du nom d’une femme. D&#233;sormais je vais te mettre au d&#233;but du nom d’un homme, du plus juste des hommes de ce monde, ce que vise le verset : Mo&#239;se donna &#224; Hosh&#233;’a, Fils de Nun, le nom de Y&#233;hosu’a (Nb 13,16)Pourquoi ce midrash sur la lettre yod, et donc sur la p&#233;rennit&#233; de la Loi, se retrouve-t-il dans les &#201;vangiles ? Alors m&#234;me que ces textes s’&#233;vertuent &#224; nous expliquer, en m&#234;me temps, que la Loi est caduque. La r&#233;ponse tient sans doute &#224; la fin de notre second passage et au lien avec Josu&#233;. Josu&#233; a transmis fid&#232;lement la Loi re&#231;ue de Mo&#239;se. En r&#233;compense, il a re&#231;u le yod de la p&#233;rennit&#233; dans son nom. Les &#201;vangiles reprennent donc ce midrash, m&#234;me s’il conduit en apparence &#224; une contradiction. C'est que J&#233;sus est &#224; la fois le Josu&#233; biblique (qui transmet fid&#232;lement la loi) et le Josu&#233; du troisi&#232;me Exode, celui de la fin des temps qui all&#232;ge la Loi. Contrairement &#224; nous, lecteurs actuels, les &#201;vangiles ne voient aucune contradiction entre la fid&#233;lit&#233; &#224; la Loi et l’abolition de la Loi. Ils reprennent int&#233;gralement le midrash juif, mais l’&#233;crivent comme r&#233;alis&#233;. La fin des temps est advenue et le Josu&#233; qui est venu abolir la Loi est le m&#234;me que le Josu&#233; qui l’avait transmise fid&#232;lement.Pour penser ce type de contradictions, qui sont nombreuses dans les textes chr&#233;tiens, Hegel, fut conduit &#224; cr&#233;er le concept d'Aufhebung (conservation et d&#233;passement) qui devint le ressort de sa dialectique sp&#233;culative. Hegel avait d’ailleurs parfaitement conscience de l'ancrage th&#233;ologique de ce concept. Ce qui est plus &#233;tonnant, c’est de penser que ce concept, dont le marxisme a fait l’alpha et l’omega de son discours, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour rendre compte du fait que le midrash ne conna&#238;t pas la contradiction.</description>
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     <title> Talents cach&#233;s - par Webmaster le 08/04/2008 : 15:22</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=270</link>
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     <description>Talents cach&#233;sDans les Evangiles, il est assez fr&#233;quent qu'un serviteur se fasse &#233;jecter avec perte et fracas, mais qu'un serviteur se fasse rabrouer pour ne pas avoir trafiqu&#233; ou sp&#233;cul&#233; en banque, voil&#224; qui prend toute sa saveur dans la conjoncture actuelle marqu&#233;e comme on sait par la bonne r&#233;putation des banques au sein des populations occidentales (en dehors de la Suisse).Serviteur mauvais et paresseux! tu aurais d&#251; placer mon argent chez les banquiers, et &#224; mon retour j'aurais recouvr&#233; mon bien avec un int&#233;r&#234;t (Mt 25,27)Certains paroissiens doivent trouver la parabole des Talents un peu  saum&#226;tre. D&#233;j&#224; qu'en semaine ils doivent essuyer les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par  la finance mondiale &#224; leurs &#233;conomies, voila-t-il pas que le Dimanche  ils doivent en plus entendre ce type de conseil. Rassurons le paroissien de base: cette parabole n'a rien &#224; voir avec la banque.De quoi s'agit-il ?Dans le midrash nomm&#233; Seder Eliyahu zuta nous trouvons une parabole qui ressemble &#233;tonnamment &#224; notre parabole des Talents: &amp;amp;nbsp;Parabole d'un roi qui avait deux serviteurs qu'il aimait beaucoup. Il donna &#224; l'un comme &#224; l'autre une mesure de bl&#233; et une gerbe de lin. Que fit le plus avis&#233; des deux? Avec le lin, il tissa une nappe, ensuite il prit le bl&#233;, le moulut en fine fleur de farine, la p&#233;trit, la cuisit au four et disposa le pain sur la table o&#249; il avait d&#233;ploy&#233; la nappe; puis il laissa le tout jusqu'&#224; la venue du roi. Mais le sot ne fit absolument rien. Quelques jours plus tard, le roi entra chez lui et leur dit: Mes fils, apportez-moi ce que je vous ai donn&#233;. — L'un apporta le pain sur la table recouverte de la nappe, et l'autre, dans un panier, le bl&#233; et, par-dessus, la gerbe de lin. Quel malheur et quelle honte! M&#234;me le paroissien le plus obtus reconna&#238;tra qu'il y a comme un air de famille entre les deux paraboles (et aussi avec celle des vierges folles et des vierges sages, il s'agit d'une parabole collective). Mais l&#224; o&#249; notre paroissien risque d'&#234;tre d&#233;sorient&#233;, c'est lorsqu'il va conna&#238;tre le contexte de notre petite histoire midrashique. Avant de nous raconter cette petite histoire, le midrash nous donne le prologue suivant:Un jour que j'&#233;tais en chemin, un homme vint me trouver avec des intentions h&#233;r&#233;tiques (ba ela&#239; be derekh minut). Il me dit: Je vois bien la Tora mais pas la Mishna (yesh bo miqra ve eyn bo mishna.) L'Ecriture nous a &#233;t&#233; donn&#233;e au Sina&#239; alors que la mishna n'a pas &#233;t&#233; donn&#233;e au Sina&#239;. Je luis r&#233;pondis: mon fils, l'Ecriture et la mishna n'ont-elles pas &#233;t&#233; donn&#233;es de la bouche de la gebura ? Quelle diff&#233;rence entre l'Ecriture et la mishna ? et le narrateur d'encha&#238;ner sur notre parabole : parabole d'un roi mortel (basar va-dam) qui a deux serviteurs, etc…. Qu'en conclure ? Que notre parabole midrashique intervient dans le contexte d'une pol&#233;mique sur le statut de la Loi. Le narrateur semble r&#233;pondre &#224; un h&#233;r&#233;tique (m&#234;me s'il l'appelle mon fils) qui est sans doute un Saducc&#233;en. Mais le sens de la parabole est clair:&amp;amp;nbsp; Dieu (le roi de la parabole) pr&#233;f&#232;re une &#233;laboration de la Loi &#224; une loi brute et intangible. Le sage serviteur est celui qui pr&#233;pare un banquet, qui propose une loi &#233;labor&#233;e, cuisin&#233;e, assimilable. Alors que le serviteur &amp;quot;stupide&amp;quot; en reste &#224; la loi brute, &#224; la loi non &#233;labor&#233;e, non transform&#233;e.Mais en quoi cette parabole nous permet-t-elle de comprendre la parabole des Talents? Notre hypoth&#232;se est la suivante: Le r&#233;dacteur &#233;vang&#233;lique de la parabole des Talents a repris la parabole&amp;amp;nbsp; midrashique mais il la modifie pour la retourner de mani&#232;re pol&#233;mique contre les Pharisiens.Le r&#233;dacteur r&#233;utilise une ancienne parabole cr&#233;&#233;e par les pharisiens contre les Saduc&#233;ens, pour la retourner contre les Pharisiens, &#224; savoir&amp;amp;nbsp; ceux qui, selon lui, veulent garder pour eux-m&#234;me la loi et refusent l'&#232;re messianique et donc l'entr&#233;e des pa&#239;ens. Le mat&#233;riau de base provient bien du midrash juif. Par exemple les adjectifs piqeaH et Tipesh (sages et stupides) ont resservi pour la parabole des dix vierges. La Table du Seder Eliyahu (shulHan)&amp;amp;nbsp; deviendra astucieusement une banque (trapeza, table) dans la Parabole des Talents.Mais la vis&#233;e de la parabole &#233;vang&#233;lique est tr&#232;s diff&#233;rente de celle de la parabole midrashique originelle. En effet, ce que la pol&#233;mique chr&#233;tienne reproche au Pharisa&#239;sme c'est pr&#233;cis&#233;ment la prolif&#233;ration de la loi, via la loi orale que d&#233;fend la parabole midrashique. Le r&#233;dacteur &#233;vang&#233;lique va donc proc&#233;der &#224; un d&#233;placement. La Parabole juive originelle transporte in&#233;vitablement l'id&#233;e que la &amp;quot;productivit&#233;&amp;quot; quant &#224; la loi est positive, puisque la honte est du cot&#233; de l'improductif. Cette id&#233;e de productivit&#233; peut s'av&#232;rer g&#233;nante, mais il est possible d'arranger cela: La productivit&#233; sera celle des conversions. La version messianiste de la parabole originelle&amp;amp;nbsp; assumera&amp;amp;nbsp; d'une certaine fa&#231;on l'id&#233;e de prolif&#233;ration de la loi, non pas &#224; la mani&#232;re Pharisienne, mais par partage de la loi avec les pa&#239;ens.• L'Ecole des MinesLa parabole des Talents utilise donc une forme connue pour diffuser son message propre. Elle fait du neuf avec du vieux.&amp;amp;nbsp; Les deux premiers serviteurs repr&#233;sentent la bonne&amp;amp;nbsp; pr&#233;dication messianiste selon le midrash chr&#233;tien. Ils multiplient les Talents qu’ils ont re&#231;us (la Promesse messianique) dans le monde pa&#239;en et, du coup, ils rapportent de nouveau Talents en gagnant au juda&#239;sme de nombreux convertis d’origine pa&#239;enne. En revanche, le troisi&#232;me serviteur repr&#233;sente (de fa&#231;on pol&#233;mique) le juda&#239;sme non-messianique qui refuse de faire fructifier le Talent qu’il a re&#231;u en milieu pa&#239;en. Il se r&#233;volte contre l’av&#232;nement messianique car ce dernier met sur le m&#234;me plan les juifs et les pa&#239;ens. Il trouve cela injuste et cruel. Dieu voudrait en quelque sorte (selon le Pharisa&#239;sme caricatur&#233; par le messianisme chr&#233;tien) &#171;&amp;amp;nbsp;moissonner&amp;amp;nbsp;&#187; l&#224; o&#249; la loi n’a pas &#233;t&#233; sem&#233;e. Ou encore prendre l&#224; o&#249; il n’a rien mis en d&#233;p&#244;t (l&#224; o&#249; il n’a pas donn&#233; la loi). Et le Ma&#238;tre conclut &#171;&amp;amp;nbsp;retirez son talent &#224; ce troisi&#232;me serviteur et donnez le &#224; celui qui a dix talents&amp;amp;nbsp;&#187;, autrement dit: retirez leur mission &#224; ces juifs non-messianistes au profit du courant messianiste. Le vocabulaire utilis&#233; dans les Evangiles atteste de la vis&#233;e pol&#233;mique, puisque mines et talents renvoient &#224; l'id&#233;e de poids associ&#233; &#224; la Loi, et donc &#224; la loi trop lourde. Voyez aussi comment le Pharisien peureux enterre la loi, envelopp&#233;e dans un linge chez Luc puis mise en terre chez Matthieu: on ensevelit &#224; la lettre la loi. Quant aux &amp;quot;villes&amp;quot; qui r&#233;compensent en Luc les productifs&amp;amp;nbsp; (au sens Chr&#233;tien) ce terme s'explique tr&#232;s simplement par un jeu de sens (pas grec du tout, mais h&#233;bra&#239;que) sur kikar qui d&#233;signe en h&#233;breu une ville et un Talent. Accessoirement, on notera&amp;amp;nbsp; que kikar (&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1499;&amp;amp;#1512;) poss&#232;de la valence messianique 52.En conclusion les paraboles &#233;vang&#233;liques sur les Talents et les mines portent sur le statut de la loi &#224; la fin des temps (maintenant pour les Chr&#233;tiens): d'o&#249; l'allusion au banquet eschatologique: Entre dans la joie (SimHa, le banquet) de ton Seigneur et la notule de Luc qui ouvre la Parabole des mines:Comme les gens &#233;coutaient cela, il dit encore une parabole, parce qu'il &#233;tait pr&#232;s de J&#233;rusalem, et qu'on pensait que le Royaume de Dieu allait appara&#238;tre &#224; l'instant m&#234;me. </description>
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     <title> De l'avantage de laisser vieillir le vin - par meknes le 07/03/2008 : 23:56</title>
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     <description>De l'avantage de laisser vieillir le vin &amp;amp;nbsp;Les Noces de Cana, Mosa&#239;que Hagia Sophia, TurquieCesse de ne boire que de l'eau.Prends un peu de vin &#224; cause de ton estomac et de tes fr&#233;quents malaises (1Tm, 5, 23)• Les Noces de CanaJn 2.1 - Le troisi&#232;me jour, il y eut des noces &#224; Cana de Galil&#233;e, et la m&#232;re de J&#233;sus y &#233;tait. 2.2 - J&#233;sus aussi fut invit&#233; &#224; ces noces, ainsi que ses disciples. 2.3 - Or il n'y avait plus de vin, car le vin des noces &#233;tait &#233;puis&#233;. La m&#232;re de J&#233;sus lui dit: &amp;quot; Ils n'ont pas de vin. &amp;quot; 2.4 - J&#233;sus lui dit: &amp;quot; Que me veux-tu, femme? Mon heure n'est pas encore arriv&#233;e. 2.5 - Sa m&#232;re dit aux servants: Tout ce qu'il vous dira, faites-le. 2.6 - Or il y avait six jarres de pierre, destin&#233;es aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. 2.7 - J&#233;sus leur dit: &amp;quot; Remplissez d'eau ces jarres. &amp;quot; Ils les remplirent jusqu'au bord. 2.8 - Il leur dit: &amp;quot; Puisez maintenant et portez-en au ma&#238;tre du repas. &amp;quot; Ils lui en port&#232;rent. 2.9 - Lorsque le ma&#238;tre du repas eut go&#251;t&#233; l'eau chang&#233;e en vin - et il ne savait pas d'o&#249; il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puis&#233; l'eau - le ma&#238;tre du repas appelle le mari&#233; 2.10 - et lui dit: &amp;quot; Tout homme sert d'abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gard&#233; le bon vin jusqu'&#224; pr&#233;sent! &amp;quot; 2.11 - Tel fut le premier des signes de J&#233;sus, il l'accomplit &#224; Cana de Galil&#233;e et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.Les Noces de Cana sont une p&#233;ricope difficile qui r&#233;siste semble-t-il &#224; l'interpr&#233;tation. Les sources patristiques ne nous sont pas ici d'un grand secours. Par exemple Augustin compare le miracle de l'eau chang&#233; en vin &#224; celui que Dieu fait tous les jours. Dieu en effet donne la pluie et celle-ci fait pousser la vigne. On n'y avait pas pens&#233;. Puisque personne ne nous aidera, il faut donc s'attendre &#224; ce que cette p&#233;ricope reste encore longtemps une &#233;nigme, ce qui n'emp&#234;che pas d'essayer l'hypoth&#232;se midrashique. Que signifie par exemple le fait que J&#233;sus refasse &#224; Cana les gestes d'Elie &#224; Sarepta ?Les Noces de Cana se d&#233;roulent un troisi&#232;me jour. Nous savons maintenant que Jean est un prolongement du midrash juif sur la Gen&#232;se, sur l'œuvre du commencement. Or dans ce maass&#233; bereshit, le troisi&#232;me jour est celui du travail sur l'eau, melakhat ha-mayim (GnR 4,6). Le Midrash Rabba se demande par exemple pourquoi apr&#232;s le second jour il n'est pas dit &amp;quot;ki tov&amp;quot; comme c'est le cas pour les&amp;amp;nbsp; autres jours (Dieu vit que c'&#233;tait bon). R&#233;ponse : car ce second jour fut cr&#233;&#233; la G&#233;henne. Comment le sait-on, demande le midrash ? A cause du verset Is 30, 33. En revanche, le troisi&#232;me jour, il est dit deux fois &amp;quot;ki tov&amp;quot;. Une fois pour la fin du travail de l'eau (la s&#233;paration des deux types d'eaux: il y a donc l'eau/loi d'en bas et l'eau/loi d'en haut) et l'autre pour la cr&#233;ation des fruits et donc aussi d'un fruit un peu particulier : la vigne. En ce troisi&#232;me jour le miqv&#233; hamayim est appel&#233; mer. D'o&#249; l'eau des purifications des Noces. Le miqv&#233; est en effet le bain rituel. Le terme miqv&#233; ressemble au mot tiqva qui est l'esp&#233;rance sp&#233;cifiquement messianique puisque tiqva poss&#232;de la valence messianique. Le messie commencera donc sa mission par un bain. (noter que l'expression &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1489;&amp;amp;#1491;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1500; &amp;amp;#1489;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1503; &amp;amp;#1502;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1501; &amp;amp;#1500;&amp;amp;#1502;&amp;amp;#1497;&amp;amp;#1501; vaut 358 valeur messianique).Nous avons vu dans l'article relatif &#224; Nathana&#235;l que certaines choses existaient avant m&#234;me la cr&#233;ation du monde, les unes &amp;quot;effectivement&amp;quot; (la Tora, le Tr&#244;ne divin,...) alors que d'autres existaient de toute &#233;ternit&#233; mais en &amp;quot;pens&#233;e&amp;quot; seulement (en &amp;quot;projet&amp;quot;: les Patriarches, le Nom du messie). Le messie avait de toute &#233;ternit&#233; &#233;t&#233; cach&#233;. Dieu lui-m&#234;me ne peut donc plus revenir sur l'existence du messie. Comme le messie a &#233;t&#233; engendr&#233; (puisque non cr&#233;&#233;) il est donc, par midrash, le &amp;quot;fils de Dieu&amp;quot;. Dieu ne peut donc manquer un jour de l'envoyer. Le trait&#233; talmudique Sanh&#233;drin 99a fait une distinction entre les jours du messie et le monde &#224; venir.&amp;amp;nbsp; Rabbi Hiya fils de Abba a dit, au nom de Rabbi YoHanan: Tous les proph&#232;tes n’ont proph&#233;tis&#233; que pour les jours du Messie, mais pour ce qui est du monde &#224; venir, aucun œil, &#244; Dieu, n’a vu, except&#233; toi, ce qu’il accomplira pour celui qui l’attend. Rabbi Yehoshu'a ben L&#233;vi dit: (ce qui n'est pas donn&#233; &#224; voir) c'est le vin pr&#233;serv&#233; dans les grappes des six jours de la cr&#233;ation. (Notons en passant les noms des personnages qui interviennent ici: Hiyya &amp;quot;fils du p&#232;re&amp;quot;, un R. YoHanan suivi d'un R. Y&#233;hoshu'a...A rapprocher de l'hypoth&#232;se suivante: le midrash chr&#233;tien &#233;labore jusqu'au nom des rabbins qui transmettent&amp;amp;nbsp; les dits midrashiques. Par exemple, dans Ruth Rabba c'est un R. Shim'on qui transmet le dit sur Rahab, la p&#233;cheresse pardonn&#233;e se trouvera donc dans la maison d'un d&#233;nomm&#233; Simon)Il existe dans le champ du midrash un festin tr&#232;s particulier: le festin eschatologique. Cette festivit&#233; aura lieu &#224; la fin des temps. &#192; cette &#233;poque, Dieu f&#234;tera son union avec l’humanit&#233; par un immense banquet (h&#233;breu: simHa, joie ou misht&#233;) auquel toutes les nations afflueront. Le Midrash Rabba est plein de ces paraboles dans lesquelles un roi organise un banquet. Par exemple en Esther 1, 5 Ce temps &#233;coul&#233; (bimleot yamim= &#224; la fin des temps) ce fut alors toute la population de la citadelle de Suse, du plus grand au plus petit, qui se vit offrir par le roi un banquet de sept jours, sur l'esplanade du jardin du palais royal. Nous retrouvons donc ce type de banquet (misht&#233;) dans le Nouveau Testament. Dans les midrashim, la question est de savoir qui est invit&#233; &#224; ces banquets, qui y est &amp;quot;appel&#233;&amp;quot;, comment s'y comporter et qui poss&#232;de les moyens d'y faire bonne figure. Le vin offert au banquet figure la Tora, la Loi. Le Banquet est le moment de la donation de la Loi.&amp;amp;nbsp; Nous rapprochons ici la p&#233;ricope de Nathana&#235;l de celle des Noces de Cana et de celle des Outres. En effet les deux derni&#232;res p&#233;ricopes traitent de la conservation du vin, de plus Nathana&#235;l est de Cana. Les Noces de Cana traitent d'un &#233;v&#233;nement important: le vin en vient &#224; &#234;tre affect&#233; du signe moins. Il faut &#233;couter les assonances du syriaque de la peshitta: Hasra ha Hamra wa Amra ima l-yeshua Hamra leit lehon...La difficult&#233; provient d'une distinction qui est faite ici, entre le bon vin et le moins bon vin. L'aram&#233;en de la peshitta nous fournit une piste: le ma&#238;tre du repas est&amp;amp;nbsp; rosh ha-mesekh. Cette racine mesekh se retrouve en Pr 9, 5Venez, mangez de mon pain, buvez du vin que j'ai temp&#233;r&#233;!verset souvent cit&#233; par le Midrash Rabba. On a ici l'id&#233;e de temp&#233;rance, de vin adouci, pr&#233;par&#233;, cuisin&#233;. Le bon vin est un vin doux, l&#233;ger, facile &#224; boire. La bonne Loi est donc comme le bon vin: l&#233;g&#232;re, douce, facile &#224; accomplir. Le “signe” accompli par J&#233;sus consiste en ce que, gr&#226;ce &#224; la venue du messie, qui est le miracle ici midrashiquement accompli, on glorifie le Hatan, (l'&#233;poux, Dieu) d'avoir gard&#233; (pr&#233;vu) une Loi l&#233;g&#232;re pour la fin des Temps. Nous sommes en effet &#224; la fin des temps. A Cana J&#233;sus refait et parfait midrashiquement la cr&#233;ation. Il change l'eau en vin. Il n'y a donc plus de distinction entre l'eau-loi d'en haut (le vin, la loi bonne et l&#233;g&#232;re gard&#233;e pour la fin des temps) et l'eau lourde d'en bas. S&#233;paration qui avait &#233;t&#233; faite le second jour dans la Gen&#232;se. Dieu est lou&#233; par le rav hamekhes: tu as gard&#233; le bon vin jusqu'&#224; ce jour. A Cana, il n'est pas question de Vin Nouveau. Au contraire, c'est d'un vin vieux comme le monde dont il est question. Ce vin nouveau appara&#238;t dans la p&#233;ricope des vieilles outres. Que signifie ce vin nouveau? Les commentaires sur ce passage comprennent, en g&#233;n&#233;ral, que le vin nouveau est la parole de J&#233;sus. “Le vin nouveau qu’offre J&#233;sus... ” lit-on un peu partout. J&#233;sus repr&#233;sente forc&#233;ment quelque chose de neuf. Il faut ensuite quelques contorsions pour expliquer Lc 5, 39. Personne, apr&#232;s avoir bu du vin vieux, n'en veut du nouveau. Il est pourtant possible de soutenir la position inverse: J&#233;sus propose de revenir au vieux vin et condamne le vin nouveau. Le vin vieux, le bon vin, agr&#233;able au go&#251;t, est, on le sait, la loi facile &#224; appliquer. Et pourtant, ce bon vin serait l’ancienne loi. Ancienne, car c’est, soit la loi noachide, soit m&#234;me la loi biblique, mais en tout cas pas la loi rabbinique. Le vin nouveau, serait la loi difficile, rabbinique. Elle ne convient pas aux outres vieilles, qu’elle fait &amp;quot;enfler&amp;quot; et risque de faire “p&#233;rir” (abad). Apr&#232;s avoir connu la vieille loi biblique et l&#233;g&#232;re, personne ne veut de la loi nouvelle, lourde, complexe, en un mot: rabbinique. Du coup, notre question initiale trouve une r&#233;ponse. Le je&#251;ne fr&#233;quent est un exemple de loi lourde et de l'enflure (inutile donc de je&#251;ner pour esp&#233;rer d&#233;gonfler). Le messie vient all&#233;ger la loi. Ses disciples sont donc dispens&#233;s de je&#251;ner. S’il devait s’en aller, la loi lourde s’imposerait de nouveau.• Vocabulaire des outres.  Mt 9,14 - Alors les disciples de Jean s'approchent de lui en disant:&amp;quot; Pourquoi nous et les Pharisiens je&#251;nons-nous, et tes disciples ne je&#251;nent-ils pas? &amp;quot; 9,15 - Et J&#233;sus leur dit: &amp;quot; Les compagnons de l'&#233;poux peuvent-ils mener le deuil tant que l'&#233;poux est avec eux? Mais viendront des jours o&#249; l'&#233;poux leur sera enlev&#233;; et alors ils je&#251;neront. 9,16 - Personne ne rajoute une pi&#232;ce de drap non foul&#233; &#224; un vieux v&#234;tement; car le morceau rapport&#233; tire sur le v&#234;tement et la d&#233;chirure s'aggrave. 9, 17 - On ne met pas non plus du vin nouveau dans des outres vieilles; autrement, les outres &#233;clatent, le vin se r&#233;pand et les outres sont perdues. Mais on met du vin nouveau dans des outres neuves, et l'un et l'autre se conservent.Quel rapport, dans ce texte de Matthieu, entre les premiers versets, qui parlent de je&#251;ne, et les derniers versets, qui parlent de vieilles outres, de conservation du vin et de vieux v&#234;tements?&amp;amp;nbsp; La co-pr&#233;sence des th&#232;mes de l'&#233;poux et du vin incite &#224; penser que notre p&#233;ricope est proche de celle des Noces de Cana.Le vocabulaire de la p&#233;ricope des outres, tourne autour d'une opposition entre le lourd et le l&#233;ger, le grave et la p&#233;cadille, le majeur et le mineur. Ce jeu d'oppositions n'appara&#238;t ni en grec, ni m&#234;me en h&#233;breu biblique, mais dans le registre d'h&#233;breu propre au midrash que nous appelons, pour faire court, h&#233;breu tardif, qui passe&amp;amp;nbsp; souvent &#224; l'Aram&#233;en sans pr&#233;venir et dont la peshitta nous a gard&#233; la trace. Hamra c'est le vin; qal signifie l&#233;ger. Dans le syriaque de la peshitta Cana s'&#233;crit qaTna. C'est nous dit le CAL la racine de la petitesse et aussi de la l&#233;g&#232;ret&#233; et de la subtilit&#233;. On est dans une discussion sur le l&#233;ger et le grave, ce qui se dit en h&#233;breu qal va-Homer. C'est le nom d'un raisonnement bien connu dans le midrash, le raisonnement a fortiori&amp;amp;nbsp; ou, pour les nostalgiques du latin a minore ad majus. Homer est &#224; la fois la s&#233;v&#233;rit&#233; rituelle, et une all&#233;gorie, un symbole. Homarta en h&#233;breu tardif est une pierre, tout comme qela. Ce jeu d’oppositions entre l&#233;ger et lourd, parcourt l’ensemble des Evangiles. Il produit du texte, des &#233;pisodes comme la marche sur les eaux. J&#233;sus montre une halakha (marche/loi) devenue si l&#233;g&#232;re qu'elle flotte. Ce qui est lourd deviendra l&#233;ger. Le mot qal, signifie aussi&amp;amp;nbsp; simple. Les &#233;loges &#224; propos des simples, seraient-ils, eux aussi, &#224; double entente? Hamira est en h&#233;breu tardif &#224; la fois le levain (Dictionnaire Jastrow p. 477) et ce qui est charg&#233;, grave, lourd, strict. Ce qui expliquerait l’appel &#224; se m&#233;fier du “levain des Pharisiens”, c’est-&#224;-dire leur tendance &#224; alourdir et compliquer la Loi. (Hamar: empiler, entasser). Corollaire: le pain azyme serait un symbole de la loi l&#233;g&#232;re.Hamra : vinHamira: rigorismeHamar: &#226;neHimer: obliger une b&#234;te &#224; marcher, aiguilloner&amp;amp;nbsp;• Du v&#234;tement.Si le vin et le pain &#233;voquent la loi selon l’axe de la m&#233;taphore, le v&#234;tement &#233;voque &#233;galement la loi selon l’axe de la m&#233;tonymie, du fait de la contigu&#239;t&#233; entre le v&#234;tement et la pri&#232;re. Le talit est un v&#234;tement de pri&#232;re qui doit rappeler la Loi. De plus, nous avons vu que le Deut&#233;ronome &#233;voque les gerim en les conjoignant au pain et au v&#234;tement. Et il aime l'&#233;tranger, auquel il donne pain et v&#234;tement. (Dt 10,18) D’o&#249; des versets curieux comme: Lors donc que nous avons nourriture et v&#234;tement, sachons &#234;tre satisfaits. (1Thimoth&#233;e 6,8). Ajouter sans cesse de nouvelles lois &#224; la loi ancienne (au vieux v&#234;tement) c’est donc risquer une d&#233;chirure. Or la d&#233;chirure des v&#234;tements est, dans le Juda&#239;sme, une image fortement &#233;vocatrice: vente de Joseph (vayiqra’ et begadav), deuil, destruction du temple (&#224; cause d’un second lien entre v&#234;tement et temple). Le Grand-Pr&#234;tre est&amp;amp;nbsp; merube begadim, celui qui multiplie les v&#234;tements (et donc, dans les textes chr&#233;tiens, les trahisons, d'o&#249; les multiples trahisons (bgd)&amp;amp;nbsp; ou reniements (kpr) de Pierre qui repr&#233;sente le Grand Pr&#234;tre Aaron dont la fonction est la propitiation: kpr)• Fin de la loi et fin des v&#234;tements. Dans le Midrash juif, le messie &#233;tait suppos&#233; survenir dans une &#233;poque d’abandon g&#233;n&#233;ral de la loi. En Marc, l’arriv&#233;e du messie est donc logiquement marqu&#233;e par un abandon quasi-g&#233;n&#233;ral des v&#234;tements:    &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Et lui, (Bartim&#233;e) rejetant son manteau, bondit et vint &#224; J&#233;sus. (Mc 10,50)&amp;amp;nbsp; Ils am&#232;nent l'&#226;non &#224; J&#233;sus et ils mettent sur lui leurs manteaux et il s'assit dessus. (Mc 11,7)Et beaucoup de gens &#233;tendirent leurs manteaux sur le chemin (Mc 11,8)Un jeune homme le suivait, n'ayant pour tout v&#234;tement qu'un drap, et on le saisit; mais lui, l&#226;chant le drap, s'enfuit tout nu (Mc 14,5-52)  Notons que ce dernier verset &amp;quot;accomplit&amp;quot; Amos 2, 16: et le plus courageux d'entre les braves s'enfuira nu&amp;amp;#8237;, &amp;amp;#8236;en ce jour-l&#224;&amp;amp;#8237;, &amp;amp;#8236;oracle de Yahv&#233;&amp;amp;#8237;. Autre midrash juif: &#224; la fin des temps la loi sera all&#233;g&#233;e, la loi pr&#233;sente ne sera plus valide. Autre bonne raison de se d&#233;barrasser alors de ses v&#234;tements. Pas de midrash sans surd&#233;termination, sans saturation. Il n'est pas inutile de revisiter tous les passages du Nouveau Testament dans lesquels il est question de “v&#234;tement” de “manteau” (ou de termes connexes: lin, tunique…). Ainsi lorsque Paul garde les v&#234;tements abandonn&#233;s par les meurtriers d’Etienne, il ne s’agit sans doute pas d’un simple d&#233;tail pittoresque. De m&#234;me, en Lc 9,&amp;amp;#8200;3 on conseille &#224; ceux qui sont envoy&#233;s aux pa&#239;ens: n'ayez pas non plus chacun deux tuniques. Ou Lc 3, 11: Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a pas. Notons enfin qu’en Josu&#233; 9,3 les Gabaonites, des idol&#226;tres, utilisent une ruse pour forcer leur int&#233;gration au sein du peuple d’Isra&#235;l. Or cette ruse consiste &#224; faire croire qu’ils viennent “de loin” en exhibant de vieux v&#234;tements et de “vieilles outres &#224; vin crev&#233;es”. Alors qu’en r&#233;alit&#233;, ces pa&#239;ens &#233;taient “tout proches”.mais eux ils agirent avec ruse. Ils chang&#232;rent d'apparence; ils charg&#232;rent leurs &#226;nes de vieux sacs et de vieilles outres &#224; vin crev&#233;es et recousues. </description>
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     <title>Un vendeur nomm&#233; Judas - par maurice le 06/03/2008 : 00:47</title>
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     <description>Un vendeur nomm&#233; JudasLe Caravage: l'Arrestation du ChristDans les Actes, nous lisons que Judas &amp;quot;&#233;tait au nombre des douze&amp;quot; ou encore &amp;quot;il avait rang parmi nous&amp;quot;. On inf&#232;re ici la pr&#233;sence du mot mispar (nombre, faire partie de..). Le midrash sur Judas est en effet marqu&#233; par le nombre, le compte et la vente. Les Pr&#234;tres lui comptent trente pi&#232;ces d'argent, afin qu'il livre J&#233;sus, il tient la caisse, ou la bourse commune, etc. Dans le Midrash Rabba, Juda (Yehuda, le fils de Jacob, que nous &#233;crivons sans “s”, pour le distinguer du Judas des Evangiles) est lui aussi marqu&#233; par le nombre. Il est cr&#233;dit&#233;, c'est le cas de le dire, d'avoir sauv&#233; Joseph en le vendant, plut&#244;t que de le laisser tuer par ses fr&#232;res. Le midrash juif sur Juda a &#233;t&#233; repris par le midrash chr&#233;tien. Judas vend J&#233;sus exactement comme Juda avait vendu Joseph. Le midrash juif, r&#233;p&#233;tons-le, le lui impute &#224; cr&#233;dit. Dans les Evangiles, Judas re&#231;oit certes un &amp;quot;salaire&amp;quot; (sakhar) mais ce terme s'entend souvent comme r&#233;compense ou r&#233;tribution morale (dans le monde futur, par exemple) et n'a donc pas un sens forc&#233;ment p&#233;joratif. Son surnom (Iscariot) conjoint cette notion de &amp;quot;r&#233;compense&amp;quot; &#224; l'id&#233;e de signe (ot, en h&#233;breu). Or Juda est li&#233; au &amp;quot;signe&amp;quot; du fait de l'&#233;pisode de Tamar, qui fait irruption, sans raison apparente, dans le r&#233;cit de la vente de Joseph. Tamar produit des signes de reconnaissance que Juda reconna&#238;t. Ici, c'est Judas qui donne des signes et des codes:…Celui &#224; qui je donnerai un baiser…En Gn 37, 25 lors du r&#233;cit du rapt de Joseph, nous lisons que ses fr&#232;res s'assirent tranquillement pour manger. Pendant ce temps, Joseph est dans les affres du &amp;quot;bor&amp;quot;, de la fosse, terme qui &#233;voque, en h&#233;breu, la mort. C'est pourquoi, dans nos Evangiles, Judas appara&#238;t &#224; l'occasion de repas. Et au voisinage de ces sc&#232;nes, J&#233;sus est saisi d'une grande angoisse, tout comme Joseph. L'id&#233;e du complot contre J&#233;sus provient &#233;galement de la Gen&#232;se:Gn 37,18 - Ils l'aper&#231;urent de loin et, avant qu'il n'arriv&#226;t pr&#232;s d'eux, ils complot&#232;rent de le faire mourir.De m&#234;me, le mobile vient de Gen&#232;se 37, c'est la jalousie des fr&#232;res vis-&#224;-vis de Joseph, &#224; cause de ses r&#234;ves de domination. Cette domination annonc&#233;e, se retrouve, semble-t-il, dans les Evangiles (malkhut, le Royaume annonc&#233;). Cette jalousie se retrouve donc aussi dans les Evangiles. En &#233;laborant cette id&#233;e de domination, les Evangiles lui donnent la forme suivante: la condamnation de J&#233;sus est due &#224; sa pr&#233;tention &#224; &#234;tre Roi des Juifs, melekh ha-yehudim, &#224; la place de Juda qui, selon la tradition, devait r&#233;gner sur ses fr&#232;res. J&#233;sus est donc bien dans la position de Joseph, dont les fr&#232;res disent qu'il veut les dominer (dans ses r&#234;ves, au moins). Autre trace de cette &#233;laboration de Gn 37: la question de savoir qui, parmi les fr&#232;res, “domine sur les autres”. Elle surgit soudainement, sans raison, en plein milieu de la Passion, dans ce verset de Luc:Lc 22, 24 Il s'&#233;leva aussi entre eux une contestation: lequel d'entre eux pouvait &#234;tre tenu pour le plus grand?La proph&#233;tie disait en effet, en Gn 49, 10: le sceptre ne s'&#233;loignera pas de Juda, ni le b&#226;ton de chef d'entre ses pieds, jusqu'&#224; ce que le tribut (shilo) lui soit apport&#233; et que les peuples lui ob&#233;issent. C'est cette proph&#233;tie qui est ici accomplie, puisque shilo est arriv&#233; en la personne de J&#233;sus, nouveau Mo&#239;se (dont la valeur num&#233;rique, 345, correspond &#224; shilo).• Le Complot permanent&amp;amp;nbsp;&#192; de tr&#232;s nombreuses reprises, les Evangiles nous montrent les Pharisiens occup&#233;s &#224; attendre une “occasion” pour s’emparer de J&#233;sus et le tuer. D’o&#249; vient cette embuscade permanente? Le Midrash sur les Proverbes a une id&#233;e sur la question:&#171; Prenons l'aff&#251;t (nispenah) contre l'innocent, sans raison &#187; Ceci se r&#233;f&#232;re aux fr&#232;res de Joseph qui attendaient (mesappin) [une occasion] et disant, &#171; Quand le temps viendra-t-il o&#249; nous pourrons le tuer? &#187; Quand il vint vers eux, ils commenc&#232;rent &#224; se dire, &#171; c'est le jour, c'est l'heure, c'est le moment! &#187; Et la Shekina rit d'eux en disant, &#171; Malheur &#224; vous pour le sang de cet homme juste! &#187; Ainsi, il est dit, &#171; prenons l'aff&#251;t contre l'innocent, sans raison &#187; . D'entre tous, Ruben seul souhaita le sauver, comme il est dit, &#171; Mais Ruben entendit et il essaya de le sauver de leurs mains &#187; (Gn 37, 21). Il leur dit, &#171; Venez, je vais vous donner un conseil. &#187;Ils lui demand&#232;rent, &#171; Quel conseil nous donnerais-tu? &#187;Il leur dit, “Jetons-le vivant dans la fosse, mais ne portons pas la main sur lui”• On ne meurt que deux fois.D'autres emprunts attestent que la narration sur Judas r&#233;sulte d'une lecture midrashique de la Gen&#232;se. Par exemple, lorsque Ruben, en Gn 37, 29, constate que Joseph n'est plus dans la citerne, il d&#233;chire ses v&#234;tements: va-yiqra' et begadav. Or, cette expression va tout naturellement g&#233;n&#233;rer, par sa sonorit&#233;, une autre id&#233;e: celle d'un tra&#238;tre (boged) qui se d&#233;chire (qera’). C'est pourquoi Judas sera dit tra&#238;tre (boged), se fendra par le milieu en Ac 1,18, et ses entrailles (qera'im) se r&#233;pandent. C’est l&#224; un d&#233;but d’explication de l’un des nombreux myst&#232;res des Evangiles: Judas y mourait de deux mani&#232;res diff&#233;rentes selon que l’on lisait Matthieu 27, 3-10, dans lequel il se pendait, ou Actes 1, 15-20 o&#249; il s’&#233;ventrait en tombant. Preuve indirecte que les Evangiles &#233;taient per&#231;us &#224; l’origine comme un midrash: si ce texte avait &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme un r&#233;cit historique, une main charitable aurait, depuis deux mille ans, pens&#233; &#224; harmoniser. Mourir deux fois et de deux mani&#232;res diff&#233;rentes, voil&#224; qui fait d&#233;sordre dans un r&#233;cit historique. Surtout quand il s'agit de la seule source dont nous disposons quant &#224; l'historicit&#233; de J&#233;sus.• El&#233;vation au bois.Ruben, on l’a vu, donne un “conseil” &#224; ses fr&#232;res. Des fr&#232;res qui, eux-m&#234;mes, se “concertent”. On reconna&#238;t ici une &#233;laboration midrashique sur le mot ‘etsa (conseil, concertation, complot) qui ressemble beaucoup au mot ‘ets (arbre). Dans le Targum sheni sur Esther, les arbres tiennent justement conseil pour savoir sur lequel d’entre eux Haman sera pendu. Cela confirme que le choix de la mort de J&#233;sus, la suspension au bois ou l’&#233;l&#233;vation au bois (grec stauros, un bois, devenu une crux en latin) est de nature midrashique. Ce choix du bois est en r&#233;alit&#233; surdetermin&#233;: il provient &#233;galement de l’&#233;pisode du sacrifice d’Isaac. En Gn 22, 3 il est en effet question du ‘atse ‘ola, du bois du sacrifice (ou de l’&#233;l&#233;vation, ‘ola) ainsi d’ailleurs que de l’agneau du sacrifice (ou de l’&#233;l&#233;vation, se ha’ola). De la notion de sacrifice on passe ais&#233;ment (en h&#233;breu, pas en grec) &#224; celle d’&#233;l&#233;vation.• Repentir de Judas.Dans Matthieu, nous voyons Judas se repentir.Mt 27, 3 &amp;quot;Alors Judas, qui l'avait livr&#233;, voyant qu'il avait &#233;t&#233; condamn&#233;, fut pris de remords&amp;quot;C'est l&#224; une r&#233;utilisation de la capacit&#233; de Juda &#224; reconna&#238;tre ses fautes. Tamar lui dit en effet: reconnais-tu ces signes? et Juda reconna&#238;t sa faute: &#171; tu as &#233;t&#233; plus juste que moi &#187;. On a ici, accessoirement, un autre effet de double entente: Juda disant &#224; une Canan&#233;enne (Tamar) “tu as &#233;t&#233; plus juste que moi”, tsadqa mimeni, voil&#224; qui nous ram&#232;ne &#224; l'entr&#233;e possible des pa&#239;ens dans l'alliance. Le discours chr&#233;tien sur la “justification” provient de l&#224;.Cependant, malgr&#233; ces remords, Judas sera exclu aussi bien par la Bible que par le midrash juif et chr&#233;tien.Il arriva, vers ce temps-l&#224;, que Juda se s&#233;para de ses fr&#232;res (Gn 38, 1)Ce passage a sans doute &#233;t&#233; lu au futur, comme proph&#233;tie &#224; cause de l’expression ba'et hahu: en ce temps-l&#224;.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Le Midrash Rabba avait lui aussi &#233;labor&#233;, de son c&#244;t&#233;, cette chute de Juda:Quand les fr&#232;res de Joseph le vendirent et qu'ils all&#232;rent consoler leur p&#232;re sans y r&#233;ussir, ils dirent: C'est Juda qui est responsable de toutes ces difficult&#233;s. Si en effet il ne nous avait pas demand&#233; de le vendre, nous ne l'aurions pas vendu. En effet nous lui avions d&#233;j&#224; ob&#233;i lorsqu'il nous avait dit de ne pas le tuer. Si donc il nous avait dit de ne pas le vendre, nous lui aurions ob&#233;i. Or il nous a dit: &amp;quot;Allons, vendons-le aux Isma&#233;lites&amp;quot; (Gn 37, 27). Ainsi donc Juda fut banni par ses fr&#232;res, comme il est &#233;crit: &amp;quot;Il advint qu'en ce temps-l&#224; Juda descendit loin de ses fr&#232;res&amp;quot; (Gn 38, 1). Le texte aurait pu dire: Juda s'en alla. En fait Juda subit une &amp;quot;descente&amp;quot; du fait de ses fr&#232;res. Par cons&#233;quent le &amp;quot;Il descendit&amp;quot; qui figure un peu plus loin (Ex 32, 15) d&#233;signe bien un bannissement, tout comme le &amp;quot;descends&amp;quot; qui figure ici. (Exode Rabba 42, 3)Cette exclusion de Juda est reprise et accentu&#233;e dans le midrash chr&#233;tien par la r&#233;f&#233;rence des Evangiles &#224; Za 11,12 o&#249; ce midrash “trouve” les 30 pi&#232;ces d'argent et l’id&#233;e &amp;quot;de rompre la fraternit&#233; entre Juda et Isra&#235;l&amp;quot;. Le livre de la Gen&#232;se n'est pas la seule source du midrash chr&#233;tien, relativement &#224; Judas. Il est en effet question d'une trahison de Juda (mais en tant que tribu, donc d’une faute collective) dans le livre de Josu&#233;, plus pr&#233;cis&#233;ment dans l'&#233;pisode d'Ak&#226;n.Jos 7, 1 : Mais les Isra&#233;lites se rendirent coupables d'une violation de l'anath&#232;me: Ak&#226;n… fils de Zabdi, fils de Z&#233;rah, de la tribu de Juda, prit de ce qui tombait sous l'anath&#232;me, et la col&#232;re de Yahv&#233; s'enflamma contre les Isra&#233;lites.Ak&#226;n (de la tribu de Juda) a d&#233;rob&#233;, Judas sera donc, dans les Evangiles, un voleur (ganav). En r&#233;alit&#233;, si Judas est un voleur, c’est au sens de Dt 24, 7 &amp;quot;celui qui enl&#232;ve (vole) un homme pour le vendre...&amp;quot;. En effet, Joseph dit, en Gn 40, 15: j’ai &#233;t&#233; enlev&#233; (gunov gunavti, litt&#233;ralement: vol&#233; oui, j’ai &#233;t&#233; vol&#233;). Mieux: l’association de Juda avec le gain, l’argent, l’int&#233;r&#234;t, vient fondamentalement d’une expression malheureuse de Gn 37, 26:Juda dit &#224; ses fr&#232;res: Quel profit y aurait-il &#224; tuer notre fr&#232;re?Probl&#232;me d’arithm&#233;tique: sachant que Juda (ou Judas) est devenu le repr&#233;sentant des Juifs, calculer les ravages caus&#233;s par cette association entre les Juifs et l’argent, depuis deux mille ans… Judas d&#233;tenait, selon les Evangiles, la bourse commune. Information historique? Pas vraiment. Mais le Midrash sur les Proverbes a entendu parler, lui, de cette bourse.1.10 - Mon fils, si des p&#233;cheurs veulent te s&#233;duire, n'y va pas! 1.11 - S'ils disent: &amp;quot; Viens avec nous, embusquons-nous pour r&#233;pandre&#173; le sang, sans raison, prenons l'aff&#251;t contre l'innocent; 1.12 - comme le sheol, avalons-les tout vifs, tout entiers, tels ceux qui descendent dans la fosse! 1.13 - Nous trouverons mainte chose pr&#233;cieuse, nous emplirons de butin nos maisons; 1.14 - avec nous tu tireras ta part au sort, nous ferons tous bourse commune!Ce midrash r&#233;f&#232;re d’ailleurs tout le d&#233;but du livre des Proverbes &#224; la vente de Joseph. Le grec glossokomon pour “bourse”, traduit aussi &#171; aron &#187;, l'arche, qui &#233;tait d’ailleurs suppos&#233;e contenir les restes de Joseph. L’arche se trouve bien en Juda (Jud&#233;e), puisqu’elle est &#224; J&#233;rusalem. Voil&#224; une autre bonne raison, pour un midrash, d’associer Judas &#224; la “bourse”. Toutes ces raisons ne s’excluent pas, elles convergent, elles saturent le texte. Elles mettent le texte dans tous ses &#233;tats, au comble de ses sens.Judas est tr&#232;s li&#233; aux pr&#234;tres du Temple. Pourquoi cette insistance relative aux pr&#234;tres? On passe ici &#224; un autre th&#232;me: celui du sacrifice du Christ. On n'est plus ici dans le registre de la trahison, mais dans celui du sacrifice volontaire du Christ pour sauver son peuple. Ce qui, logiquement, est incompatible avec l'id&#233;e de trahison. L’accord s’effectue par Gn 45,7. Joseph y d&#233;clare que Dieu a permis qu'il soit vendu par ses fr&#232;res afin de sauver son peuple. Puisque le midrash sur la vente de Joseph est maintenant achev&#233;, le r&#244;le de Judas est termin&#233;. On entre dans un nouveau midrash. Dans ce nouveau registre, J&#233;sus est l'agneau sacrificiel qui va offrir sa vie pour sauver son peuple.Le Midrash mishle (Midrash sur les Proverbes, chapitre 1) contient d’autres d&#233;tails qui sugg&#232;rent une &#233;laboration midrashique du r&#233;cit de la C&#232;ne. Ce midrash, curieusement, attribue la responsabilit&#233; principale de l’attentat contre Joseph, &#224; deux fr&#232;res en particulier, Sim&#233;on et L&#233;vi.Qui, en r&#233;alit&#233;, parmi tous ses fr&#232;res le laiss&#232;rent dans la fosse? Tu dois dire, Sim&#233;on et L&#233;vi, comme il est dit, &#171; Que mon &#226;me n'entre&#173; pas en leur conseil &#187; (Gn 49, 6).or, ce sont ces noms que l’on retrouve principalement dans les Evangiles. Le midrash rel&#232;ve encore que les fr&#232;res de Joseph partag&#232;rent tous “la m&#234;me table au banquet”.“&#192; partir du jour o&#249; Joseph fut s&#233;par&#233; de ses fr&#232;res, il ne go&#251;ta pas de vin, mais quand il les retrouva, ils burent ensemble du vin”,Le midrash glose longuement sur la coupe que Joseph cache dans le sac de Benjamin. Les retrouvailles de Joseph et de ses fr&#232;res sont compar&#233;es par le midrash &#224; la donation de la Loi au Sina&#239;. D’o&#249; la fraction du pain et le partage du vin.Le midrash chr&#233;tien est tellement persuad&#233; de l’identit&#233; entre J&#233;sus et Joseph qu’il forge m&#234;me un personnage midrashique qui survient ou plut&#244;t revient “apr&#232;s la mort de Joseph”. AHar&#233; mot yosseph devient Joseph d’Arimathie. Arimathie &#233;tant un artefact calqu&#233; sur ahare mot. Joseph doit en effet revenir, du moins dans le midrash, et ce pour une raison tout &#224; fait essentielle, sans laquelle on ne comprend rien &#224; la &amp;quot;raison midrashique&amp;quot;, et qui est le mot de Rachel que l’on peut lire dans bien des sens: yossef adona&#239; li ben aHer, Dieu m’a ajout&#233; un autre fils, que Dieu m’ajoute un autre fils, Dieu m’ajoutera un fils autre (un messie), Joseph est un fils autre, etc.Concluons. L’&#233;pisode de la vente de Joseph, occupe dans la Bible une taille restreinte. Or, dans le midrash juif, cet &#233;pisode est transfigur&#233; et prend une importance d&#233;mesur&#233;e. Ce n’est plus un &#233;pisode romanesque, simple transition entre le cycle des Patriarches et la Saga de l’Exode. Il est devenu un &#233;v&#233;nement d’une immense importance. Certains midrashim indexent la vente de Joseph comme &#233;tant, rien moins que la cause de la destruction du Temple, de l’exil, et des souffrances permanentes d’Isra&#235;l. Par exemple le midrash appel&#233; “Zohar sur les Lamentations”, en fait un &#233;v&#233;nement d’ordre cosmique, qui affecte m&#234;me l’&#233;conomie de la divinit&#233;. Ce midrash nous indique que depuis le rapt de Joseph, Satan (l’accusateur) ne cesse de plaider devant Dieu contre Isra&#235;l. D’o&#249; sans doute Lc 22, 3: Or Satan entra dans Judas (ou: en Jud&#233;e?). Joseph est devenu une figure messianique. A partir de lui, a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e l’id&#233;e d’un messie pr&#233;curseur, qui doit mourir lors d'un combat, mais pr&#233;c&#233;der de peu l’av&#232;nement du messie davidique. C'est pourquoi, il est question d'un combat dans des versets comme Mt 26, 47Et avec lui une bande nombreuse arm&#233;e de glaives et de b&#226;tons, envoy&#233;e par les grands pr&#234;tres et les anciens du peuple.• Juda et Thomas.Les Actes de Thomas, nous fournissent une autre confirmation de l’&#233;laboration midrashique relative &#224; Judas. Thomas est l'un des 12 ap&#244;tres. Il porte un deuxi&#232;me nom, Didyme. Ceci est assez fr&#233;quent dans les Evangiles (Simon-Pierre, Matthieu-L&#233;vi). Dans Jean, Thomas appara&#238;t dans la p&#233;ricope de la r&#233;surrection de Lazare.Alors Thomas, appel&#233; Didyme, dit aux autres disciples: &amp;quot; Allons, nous aussi, pour mourir avec lui! Jn 11, 16.Cette volont&#233; d'aller vers la mort est en r&#233;alit&#233; une volont&#233; d'idol&#226;trie (voir l'article sur Lazare). En Jn 20, 27 Thomas re&#231;oit l'attribut qui le distingue: l'incr&#233;dulit&#233;.J&#233;sus dit &#224; Thomas: &amp;quot; voici mes mains; avance ta main et mets-la dans mon c&#244;t&#233;, et ne deviens pas incr&#233;dule, mais croyant. &amp;quot;Thomas devient donc le paradigme de l’incr&#233;dulit&#233; puisqu'il demande &#224; toucher les plaies de J&#233;sus pour croire. Dans les &amp;quot;Actes de Thomas&amp;quot;, Thomas est appel&#233; fr&#232;re jumeau de J&#233;sus (&#167; 30 Le serpent). Pourquoi cette appellation? Thomas a enfin un troisi&#232;me nom: il se nomme en effet &amp;quot; Juda Thomas dit aussi Didyme.&amp;quot; Que signifie cette s&#233;rie de noms? Didyme signifie en Grec Jumeau, et Jumeau se dit teom en h&#233;breu, d'o&#249; le nom de Thomas. On a donc voulu garder le lien phon&#233;tique avec l'h&#233;breu. Ce rapport avec la g&#233;mellit&#233;, bien rendue par le tableau du Caravage, est un rapport avec le double. Thomas est un double, et, nous disent les Actes de Thomas, un double du Christ. C'est que les ap&#244;tres (sheliHim, envoy&#233;s) sont les mandataires de J&#233;sus, qui est lui-m&#234;me l'envoy&#233; par excellence. Ils ont tous les pouvoirs du mandant. C’est pourquoi J&#233;sus appara&#238;t souvent, dans les Apocryphes, sous les traits des ap&#244;tres.Enfin, Thomas est aussi Juda. Que signifie cette nouvelle identit&#233;? Au d&#233;but des “Actes de Thomas”, J&#233;sus vend Thomas comme esclave &#224; un marchand Indien. Nous tenons l&#224;, la raison de l'identification de Thomas avec Juda: Juda (Yehuda, le fils de Jacob) avait vendu Joseph &#224; des marchands. Le texte des Actes de Thomas est bien entendu un midrash. En vertu du principe d'inversion eschatologique, c'est J&#233;sus (figure de Joseph) qui vend maintenant Juda &#224; des marchands. Le vendeur est vendu. Juda, qui &#233;tait voleur dans la Bible distribue ici aux pauvres l’argent avec lequel il devait construire un palais au roi. On retrouve la pol&#233;mique sur le Temple. Juda (les Juifs) au lieu de s'enorgueillir de son r&#244;le de constructeur du Temple de J&#233;rusalem, ferait mieux de faire l'aum&#244;ne aux pauvres.La zone d'apostolat assign&#233;e &#224; Juda-Thomas est l'Inde car son nom, Yehuda, sonne comme hodu (en h&#233;breu: l'Inde). Ce n'est qu'une fois vendu que Juda change de nom. De m&#234;me que Saul devient Paul, Juda devient Thomas. Comme Paul, Thomas doit maintenant porter la parole aux Nations, mais comme Jonas, il regimbe.Il alla chez le marchand Abban&#232;s, n’ayant absolument rien emport&#233; avec lui que le prix de sa vente. Le Seigneur le lui avait en effet donn&#233; avec ces mots: “Que le prix de ta vente soit avec toi”.Autre indice que Thomas est Judas: seul Thomas fait mention des clous de la crucifixion (masmarim ou masmarot) or c'est Judas qui vend (masar) J&#233;sus.• Judas et la Passion.Judas n’appara&#238;t pas seulement dans les &#201;vangiles comme celui qui vend J&#233;sus. Dans l’&#233;pisode de la p&#233;cheresse pardonn&#233;e, il appara&#238;t, nous l'avons vu, comme celui qui ne supporte pas l’entr&#233;e des pa&#239;ens, c’est-&#224;-dire l’arriv&#233;e pr&#233;coce du messie. Il pense que le parfum (les bonnes actions) devrait &#234;tre r&#233;serv&#233; aux pauvres (aux Juifs). Il y a ici la trace d’une r&#233;volte contre une certaine id&#233;e de la r&#233;tribution, les bonnes actions &#233;tant en quelque sorte monnay&#233;es. Cette r&#233;volte sera d’ailleurs au cœur de la R&#233;forme qui la retournera contre l’&#201;glise: on ne saurait avoir prise sur Dieu.Judas se rend donc chez les pr&#234;tres et leur propose de leur &#233;changer le messie contre trente pi&#232;ces d’argent. Le midrash (GnR 98,9) nous explique le sens de ce troc dans un passage qui jette un &#233;clairage direct sur la controverse qui faisait rage dans le Juda&#239;sme entre les tenants d’une loi immuable, et ceux qui soutenaient que le messie abolirait la loi juive. Une partie du Juda&#239;sme d&#233;fendait en effet l’id&#233;e d’une loi immuable, m&#234;me apr&#232;s la venue du messie.R. Hanin a dit: Isra&#235;l n'a pas besoin de l'enseignement du Roi messie, car il est dit: “... &#224; lui s’adresseront les Nations (pas les Juifs)” (Is 11, 10) mais il viendra seulement pour r&#233;unir les exil&#233;s et donner aux pa&#239;ens trente commandements, comme il est &#233;crit (Za 11,12) Ils pes&#232;rent mon salaire: trente sicles d'argent. (GnR 98,9)Le midrash nous explique donc ici que ces trente sicles sont les lois donn&#233;es aux pa&#239;ens &#224; la fin des temps. Voil&#224; &#224; quoi se r&#233;duit la venue messianique. Les &#201;vangiles r&#233;pondent: Si le messie ne sert qu’&#224; apporter trente lois aux pa&#239;ens, c’est que l'id&#233;e messianique ne vaut plus grand-chose aux yeux des Juifs. Voila pourquoi les &#201;vangiles font &#233;valuer J&#233;sus par les pr&#234;tres juifs &#224; ce prix. On voit donc que la Passion n’est pas un &#233;pisode d&#233;connect&#233; de la probl&#233;matique centrale des &#201;vangiles, &#224; savoir l’entr&#233;e des pa&#239;ens &#224; la fin des temps. Le r&#233;cit de la Passion accorde m&#234;me une place essentielle aux pa&#239;ens, comme nous allons le voir maintenant en analysant la suite de notre passage.Pris de remords, Judas revient voir les Pr&#234;tres. Comme la vente de Joseph et la sous-&#233;valuation du messie sont maintenant condens&#233;es, Judas regrette ici, midrashiquement, d’avoir vendu son fr&#232;re Joseph et aussi, narrativement, d’avoir sous-evalu&#233; le messie.Mt 27,4 J'ai p&#233;ch&#233;, dit-il, en livrant un sang innocent. Mais ils dirent: Que nous importe? &#192; toi de voir.Judas est tellement pris de remords qu’il se sent oblig&#233; d’accomplir le passage de Zacharie que nous venons de voir cit&#233; par R. Hanin.Yahv&#233; me dit: Jette-le au fondeur, ce prix splendide auquel ils m'ont appr&#233;ci&#233;! Je pris donc les trente sicles d'argent et les jetai &#224; la Maison de Yahv&#233;, pour le fondeur (Za 11,13).Judas jette l’argent et d&#233;cide de se pendre ou de s’&#233;trangler:Mt 27,5 Jetant alors les pi&#232;ces dans le sanctuaire, il se retira et s'en alla se pendre. Ayant ramass&#233; l'argent, les grands pr&#234;tres dirent: Il n'est pas permis de le verser au tr&#233;sor (otsar), puisque c'est le prix du sang. Apr&#232;s d&#233;lib&#233;ration, ils achet&#232;rent avec cet argent le champ du potier (yotser) comme lieu de s&#233;pulture pour les &#233;trangers.C’est ici que nous allons retrouver nos pa&#239;ens. Cette id&#233;e de “s&#233;pulture pour les &#233;trangers” (qbr gerim) fait jeu de sons par inversion avec celle de qrb gerim (rapprocher, c’est-&#224;-dire convertir, les &#233;trangers). R&#233;duire &#224; n&#233;ant le messie, c’est-&#224;-dire renoncer &#224; sa venue, &#233;quivaudrait donc &#224; condamner les pa&#239;ens &#224; la mort (l’idol&#226;trie). D’autre part (toujours la surd&#233;termination) acheter un champ &#233;quivaut &#224; nier la proximit&#233; des temps messianiques. Pour ceux qui trouveraient ce raccourci un peu trop rapide, le Pasteur d’Hermas nous explique cela en d&#233;tail:50,1 Similitude I. Il me dit: &amp;quot; Vous savez que vous habitez sur une terre &#233;trang&#232;re, vous les serviteurs de Dieu. En effet, votre cit&#233; est loin de celle-ci. Si donc vous connaissez, dit-il, votre cit&#233;, celle que vous devez habiter (un jour), pourquoi vous procurer ainsi des champs, des installations co&#251;teuses, des &#233;difices, des demeures inutiles? Celui qui se procure ces choses dans cette cit&#233; ne s'attend donc pas &#224; retourner dans sa propre cit&#233;. Insens&#233;, inconstant, malheureux! Ne comprends-tu pas que tout cela est &#233;tranger et au pouvoir d'un autre? Car le ma&#238;tre de cette cit&#233; dira: &amp;quot; je ne veux pas que tu habites dans ma cit&#233;; va-t'en de cette cit&#233;, puisque tu n'ob&#233;is pas &#224; mes lois. &amp;quot; Toi donc, qui poss&#232;des des champs, des maisons et beaucoup d'autres biens, expuls&#233; par lui, que feras-tu de ton champ, de ta demeure et de tout le reste que tu t'&#233;tais pr&#233;par&#233;? Car le ma&#238;tre de ce pays te parle justement: &amp;quot;&amp;amp;#8194;Ou bien ob&#233;is &#224; mes lois, ou bien sors de mon pays. &amp;quot; Que feras-tu donc, toi qui suis la loi de ta propre cit&#233;? &#192; cause de tes champs et du reste de tes biens, renieras-tu tout &#224; fait ta loi et marcheras-tu selon la loi de cette cit&#233;-ci? Prends garde qu'il ne soit dangereux de renier ta loi, car si tu veux retourner dans ta cit&#233;, crains qu'on ne t'y accueille plus, pour avoir reni&#233; la loi de ta cit&#233;, et que tu en sois exclu. Veilles-y donc: puisque tu habites sur une terre &#233;trang&#232;re, ne te r&#233;serve rien de plus que le strict n&#233;cessaire et sois pr&#234;t: ainsi, lorsqu'il plaira au ma&#238;tre de cette cit&#233; de t'expulser pour opposition &#224; ses lois, tu sortiras de sa cit&#233;, tu rejoindras la tienne et tu vivras selon ta loi, sans dommage, dans la joie.Notons qu’on n’inverse pas ici les mots (qrb, qbr) pour le simple plaisir de faire des calembours, mais parce qu’on traite de la fin des temps qui repr&#233;sente l’inversion g&#233;n&#233;ralis&#233;e.Mt 27,8 Voil&#224; pourquoi ce champ-l&#224; s'est appel&#233; jusqu'&#224; ce jour le Champ du Sang. 27,9 Alors s'accomplit l'oracle de J&#233;r&#233;mie le proph&#232;te: Et ils prirent les trente pi&#232;ces d'argent, le prix du Pr&#233;cieux qu'ont appr&#233;ci&#233; des fils d'Isra&#235;l, 27,10 et ils les donn&#232;rent pour le champ du potier, ainsi que me l'a ordonn&#233; le Seigneur.On aurait ici une &#233;laboration midrashique illustr&#233;e par ce verset d’Isa&#239;e:Is 29,16 Quelle inversion! Le potier ressemble-t-il &#224; l'argile pour qu'une œuvre ose dire &#224; celui qui l'a faite: Il ne m'a pas faite, et un pot &#224; son potier: Il ne sait pas travailler?En h&#233;breu, ce verset est: hapkekhem im keHomer hayotser yeHashev ki omar ma’ass&#233; le’ossehu lo ‘asani veyetser amar leyotsro lo hebin. Ce qui expliquerait la pr&#233;sence, dans Matthieu, de cette incompr&#233;hensible histoire de potier et de tr&#233;sor (yotser qui est aussi le cr&#233;ateur, et otsar, le tr&#233;sor). L’inversion dont parle Isa&#239;e est la hapekha, inversion qui fait que la cr&#233;ature juge son cr&#233;ateur, que l’argile (Homer) se moque du potier. Le midrash chr&#233;tien profite de l’occasion pour y lire un autre reproche fait par certains &#224; Dieu: lo hebin, il ne comprend pas ou: il ne peut produire de fils (de messie)Cet article est une refonte d'&#233;tudes parues dans les ouvrages &amp;quot;Un Etranger sur le toit&amp;quot; et &amp;quot;Comprendre les origines du Christianisme&amp;quot;</description>
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     <title>La femme adult&#232;re - par maurice le 05/03/2008 : 23:16</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=264</link>
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     <description>La femme adult&#232;re&amp;amp;nbsp; Lucas Cranach l'Ancien (1472-1553): Le Christ et la femme adult&#232;re. Jn 8. 3 - Or les scribes et les Pharisiens am&#232;nent une femme surprise en adult&#232;re et, la pla&#231;ant au milieu, 8.4 ils disent &#224; J&#233;sus: Ma&#238;tre, cette femme a &#233;t&#233; surprise en flagrant d&#233;lit d'adult&#232;re. 8.5 - Or, dans la Loi, Mo&#239;se nous a prescrit de lapider ces femmes-l&#224;. Toi donc, que dis-tu? 8.6 - Ils disaient cela pour le mettre &#224; l'&#233;preuve, afin d'avoir mati&#232;re &#224; l'accuser. Mais J&#233;sus, se baissant, se mit &#224; &#233;crire avec son doigt sur le sol. 8.7 - Comme ils persistaient &#224; l'interroger, il se redressa et leur dit: Que celui d'entre vous qui est sans p&#233;ch&#233; lui jette le premier une pierre 8.8 - Et se baissant de nouveau, il &#233;crivait sur le sol. 8.9 - Mais eux, entendant cela, s'en all&#232;rent un &#224; un, &#224; commencer par les plus vieux; et il fut laiss&#233; seul, avec la femme toujours l&#224; au milieu. 8.10 - Alors, se redressant, J&#233;sus lui dit: &amp;quot; Femme, o&#249; sont-ils? Personne ne t'a condamn&#233;e? &amp;quot; 8.11 - Elle dit: &amp;quot; Personne, Seigneur. &amp;quot; Alors J&#233;sus dit: Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, d&#233;sormais ne p&#232;che plus.L'oubli de la tradition midrashique conduit les ex&#233;g&#232;tes &#224; des situations parfois tr&#232;s embarrassantes, la g&#232;ne occasionn&#233;e va souvent jusqu'&#224; la contorsion. Nous l'avons vu avec le cas de Rahab. Le texte biblique nous montrait une femme prostitu&#233;e qui mentait et qui trompait son roi, attitudes difficilement d&#233;fendables. Mais par ailleurs, l'Ep&#238;tre aux H&#233;breux fait l'&#233;loge de Rahab et en fait le parangon de la foi. Comme disait un grand strat&#232;ge russe: Que faire ?Nous retrouvons ici le m&#234;me dilemme. J&#233;sus peut-il approuver un adult&#232;re ? La situation est tr&#232;s tr&#232;s g&#234;nante. En v&#233;rit&#233; nous sommes tr&#232;s embarrass&#233;s. Et puis que faire de ce d&#233;tail incompr&#233;hensible relatif &#224; J&#233;sus qui &#233;crit par terre ?La solution de cette &#233;nigme est pourtant tr&#232;s simple: jamais il n'a &#233;t&#233; question ici d'adult&#232;re. Dans le registre de langue nomm&#233; double entente, adult&#232;re signifie idol&#226;trie. En Nombres Rabba 9, le midrash rapproche ainsi adult&#232;re et idol&#226;trie au motif que, dans les deux activit&#233;s, l’auteur postule l’absence du regard divin. Le verbe naaf (commettre l'adult&#232;re) renvoie d’ailleurs aussi bien &#224; l'adult&#232;re qu'&#224; l'idol&#226;trie. Voyez par exemple J&#233;r&#233;mie 3, 9:Elle a commis l'adult&#232;re avec la pierre et le bois.va-tinaf et ha-eben veet ha-ets.Cette hypoth&#232;se permet d'expliquer parfaitement l'&#233;criture sur le sable. En Nb 5, 14 le rituel de la femme &#171; sota &#187; (sota signifie soup&#231;onn&#233;e d’adult&#232;re) comporte une curieuse auto r&#233;f&#233;rence. Ce rituel demande d'&#233;crire le texte m&#234;me du rituel (donc de s'&#233;crire lui-m&#234;me) puis de l'effacer dans les &#171; eaux d'amertume &#187;. Les impr&#233;cations du pr&#234;tre s'effacent ainsi d'elles-m&#234;mes, aussit&#244;t qu'&#233;crites.Puis le pr&#234;tre mettra par &#233;crit ces impr&#233;cations, et les effacera dans les eaux d'amertume.Dans le Talmud, en Sota 2, 4 on trouve ces pr&#233;cisions:Le cohen n’&#233;crira, ni sur une planche, ni sur du papier, ni sur de la peau fendue (difthera) mais sur un rouleau de parchemin, car il est &#233;crit: &amp;quot;dans un livre&amp;quot;; il n’emploiera pour &#233;crire ni de la gomme (gummi), ni du vitriol (calcanthon) ni aucun autre corrosif aux traces persistantes, mais avec de l’encre, puisqu’il est dit: &amp;quot;Il effacera&amp;quot;, il faut donc que l’&#233;criture soit ais&#233;e &#224; effacer.C'est ce qui est signifi&#233; dans le texte de Jean par l'attitude de J&#233;sus, qui &#233;crit sur le sable, support &#233;ph&#233;m&#232;re. Il occupe la place du Grand-Pr&#234;tre. La formule “Que celui d'entre vous qui est sans p&#233;ch&#233;…” peut donc aussi signifier “qui n’a jamais &#233;t&#233; idol&#226;tre”. C'est pourquoi, les accusateurs s'en vont un par un, en commen&#231;ant par les anciens (les Juifs, qui se souviennent donc, qu’eux aussi, ont &#233;t&#233; idol&#226;tres, par exemple au moment du veau d’or). D&#233;j&#224; le midrash juif ne manquait jamais une occasion de rappeler aux Juifs leur pass&#233; idol&#226;tre, alors vous pensez si le midrash chr&#233;tien va se g&#234;ner...Le sch&#232;me de notre p&#233;ricope serait le suivant:APPEL DES PA&#207;ENS,JALOUSIE DES JUIFS,LES JUIFS ACCUSENT LES PA&#207;ENS D'IDOL&#194;TRIE (naaf)CEUX-CI NE NIENT PAS ET SE REPENTENT,ILS ACCEPTENT M&#202;ME DE SUBIR LE RITUEL DE LA FEMME SOTALEUR CONDAMNATION EST ALORS ANNUL&#201;E (DISSOUTE),LES JUIFS SE VOIENT RAPPELER LEUR PROPRE IDOL&#194;TRIE,CONFUSION ET D&#201;PART DES JUIFS,LES PA&#207;ENS SE RETROUVENT SEULS &#192; L'INT&#201;RIEUR (be-qereb)• Situation de la femme adult&#232;re.Jean 8,9 nous dit ceci : et il fut laiss&#233; seul, avec la femme toujours l&#224; au milieu. Il faut prendre ce texte au s&#233;rieux. La femme adult&#232;re est toujours l&#224;, encore &#224; l'heure actuelle. Elle partage en cela le sort de Rahab, autre pa&#239;enne c&#233;l&#232;bre dont le livre de Josu&#233; nous dit ceci: Elle est demeur&#233;e au milieu (be-qereb) d'Isra&#235;l jusqu'&#224; aujourd'hui (Jos 6, 25)• Vocabulaire de la p&#233;ricope.La vocabulaire de la peshitta ne laisse aucun doute sur le fait que notre femme adult&#232;re est en r&#233;alit&#233; une idol&#226;tre. C'est une gwr. Le traducteur n'a pas utilis&#233; la racine zny, mais celle proche de la conversion (ger). Une fois repentis les idol&#226;tres ne sauraient &#234;tre condamn&#233;s. Or les juifs (selon les Evangiles) tiennent absolument &#224; ce que les pa&#239;ens soient condamn&#233;s, c'est pourquoi ils veulent ici que le messie condamne (h&#233;breu tardif qategor) les pa&#239;ens. En r&#233;alit&#233;, le r&#233;dacteur &#233;vang&#233;lique conna&#238;t parfaitement l'eschatologie juive. Il sait parfaitement que dans le syst&#232;me eschatologique du juda&#239;sme de l'&#233;poque, le messie fera &amp;quot;entrer&amp;quot; les pa&#239;ens &#224; la fin des temps. Mais pr&#233;cis&#233;ment, il entend ici pol&#233;miquer sur un point essentiel: les juifs diff&#232;rent ind&#233;finiment ce moment. Alors que le messianisme chr&#233;tien entend accomplir cette donn&#233;e eschatologique s&#233;ance tenante.• gwr, gwr&amp;amp;#702; (gawr&amp;amp;#257;) n.m.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; adultery• q&amp;amp;#7789;rg&amp;amp;nbsp; vb.&amp;amp;nbsp; to accuse</description>
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     <title>La p&#233;cheresse pardonn&#233;e et Rahab - par maurice le 27/02/2008 : 22:36</title>
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     <description>La p&#233;cheresse pardonn&#233;e et Rahab.La p&#233;ricope dite de la “p&#233;cheresse pardonn&#233;e” que nous identifions ici &#224; celle de &#171;&amp;amp;nbsp;l’onction de B&#233;thanie&amp;amp;nbsp;&#187; se retrouve donc dans quatre Evangiles. Dans Luc, le r&#233;cit se pr&#233;sente ainsi :Lc 7,36 - Un Pharisien l'invita &#224; manger avec lui ; (J&#233;sus) entra dans la maison du Pharisien et se mit &#224; table. 7,37 - Et voici une femme, qui dans la ville &#233;tait une p&#233;cheresse, Ayant appris qu'il &#233;tait &#224; table dans la maison du Pharisien, elle avait apport&#233; un vase de parfum. 7,38 - Et se pla&#231;ant par-derri&#232;re, &#224; ses pieds, tout en pleurs, elle se mit &#224; lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum. 7,39 - A cette vue, le Pharisien qui l'avait convi&#233; se dit en lui-m&#234;me : &amp;quot; Si cet homme &#233;tait proph&#232;te, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une p&#233;cheresse ! &amp;quot; 7,40 - Mais, prenant la parole, J&#233;sus lui dit : &amp;quot; Simon, j'ai quelque chose &#224; te dire. Parle, ma&#238;tre, r&#233;pond-il. 7,41 - &amp;quot; Un cr&#233;ancier avait deux d&#233;biteurs ; l'un devait cinq cents deniers, l'autre cinquante. 7,42 - Comme ils n'avaient pas de quoi rembourser, il fit gr&#226;ce &#224; tous deux. Lequel des deux l'en aimera le plus ? &amp;quot; 7,43 - Simon r&#233;pondit : &amp;quot; Celui-l&#224;, je pense, auquel il a fait gr&#226;ce de plus. Il lui dit : Tu as bien jug&#233;. 7,44 - Et, se tournant vers la femme : &amp;quot; Tu vois cette femme ? dit-il &#224; Simon. Je suis entr&#233; dans ta maison, et tu ne m'as pas vers&#233; d'eau sur les pieds ; elle, au contraire, m'a arros&#233; les pieds de ses larmes et les a essuy&#233;s avec ses cheveux. 7,45 - Tu ne m'as pas donn&#233; de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entr&#233;, n'a cess&#233; de me couvrir les pieds de baisers. 7,46 - Tu n'as pas r&#233;pandu d'huile sur ma t&#234;te ; elle, au contraire, a r&#233;pandu du parfum sur mes pieds. 7,47 - A cause de cela, je te le dis, ses p&#233;ch&#233;s, ses nombreux p&#233;ch&#233;s, lui sont remis parce qu'elle a montr&#233; beaucoup d'amour. Mais celui &#224; qui on remet peu montre peu d'amour. &amp;quot; 7,48 - Puis il dit &#224; la femme : &amp;quot; Tes p&#233;ch&#233;s sont remis. &amp;quot; 7,49 - Et ceux qui &#233;taient &#224; table avec lui se mirent &#224; dire en eux-m&#234;mes : &amp;quot; Qui est-il celui-l&#224; qui va jusqu'&#224; remettre les p&#233;ch&#233;s ? &amp;quot; 7,50 - Mais il dit &#224; la femme : Ta foi t'a sauv&#233;e ; va en paix. La majorit&#233; des commentateurs s’accorde &#224; penser qu’il s’agit ici de la relation d’un fait r&#233;el, historique. Tout au plus certains auteurs admettent-ils qu’il y a ici un &#233;l&#233;ment de parabole qui se m&#234;le au r&#233;cit. Le r&#244;le de la Redaktiongeschichte sera donc de d&#233;m&#234;ler le r&#233;cit de la parabole. La critique de la forme est en g&#233;n&#233;ral privil&#233;gi&#233;e et aboutit &#224; mettre en &#233;vidence une structure concentrique du r&#233;cit qui ne projette pas sur notre p&#233;ricope une lumi&#232;re aveuglante. En g&#233;n&#233;ral, les critiques ont centr&#233; leur attention sur le th&#232;me de l’onction de J&#233;sus qui leur semble &#234;tre le th&#232;me essentiel de cette p&#233;ricope.• Les jeux de sonorit&#233;s.On retrouve dans les quatre passages synoptiques (Mc 14, 3; Jn 12,1, Mt 26,6 et Lc 7, 36) un r&#233;seau inextricable de jeux de sonorit&#233;s qui rend toute modification impossible. Le r&#233;dacteur ne peut que r&#233;am&#233;nager le mat&#233;riel dont il dispose. Ainsi la racine qrb de la proximit&#233; (une femme s'approcha) va jouer avec la racine de grb (l&#233;preux, s'agissant de Simon) et, chez Jean, avec celle de gnb (voleur, s'agissant de Judas), mais qrb joue surtout avec la racine qbr de l'ensevelissement. L'item de la pauvret&#233; intervient dans B&#233;thanie (bet 'ania, maison de pauvret&#233;) mais aussi dans mskn (les pauvres) or mskn d&#233;signe aussi un l&#233;preux et sonne comme mishkan le Temple, or il sera ici question de Pr&#234;tres. Le r&#233;dacteur de la peshitta a r&#233;ussi quant &#224; lui &#224; garder quelques jeux de sonorit&#233;s : entre khrz (la proclamation) et la m&#233;moire (zkhr); entre 'abad (c'est une belle œuvre..., on lui servit...) et abad (gaspillage)...• L’hypoth&#232;se midrashique.L’hypoth&#232;se midrashique avance que les p&#233;ricopes &#233;vang&#233;liques sont des prolongements du midrash juif. Le r&#233;cit de la p&#233;cheresse pardonn&#233;e serait donc de nature midrashique, il serait de m&#234;me nature que le midrash juif, et en l’occurrence, il prolongerait ici le midrash juif relatif &#224; Rahab, J&#233;thro, Tamar et Antonin. Notre p&#233;cheresse serait une nouvelle &#233;laboration sur Rahab la prostitu&#233;e.Nous retrouvons en effet ici tous les items que nous avons isol&#233;s ailleurs relativement &#224; Rahab.• L’&#233;coute&amp;amp;nbsp;: Le grec du NT de Lc 7, 37 n’indique pas que notre femme de mauvaise vie a entendu, mais tout se passe dans la maison de Simon. Or shim’on en h&#233;breu est un nom form&#233; sur la racine de l’&#233;coute. La pr&#233;sence de ce Simon dans les Evangiles serait elle-m&#234;me un prolongement du midrash juif dans la mesure o&#249; en RtR 2, 1 c’est un Rabbi Simon qui transmet le dit relatif &#224; Rahab.• Le parfum. Rahab &#233;tait devenue, par midrash, une parfumeuse. Ici notre p&#233;cheresse qui figure les pa&#239;ens en tant qu’agent de l’eschatologie apporte du parfum (besamim). Cet item figure d&#233;j&#224; dans la p&#233;ricope des Rois Mages. Dans le midrash Juif, le parfum est une m&#233;taphore des bonnes actions et des commandements divins. Notre passage contient un jeu de sonorit&#233;s qui souligne le th&#232;me du parfum besamim&amp;amp;nbsp;: les disciples sont attabl&#233;s (mesubim).• La pr&#233;f&#233;rence divine pour les convertis. J&#233;sus exprime nettement cette pr&#233;f&#233;rence. J&#233;sus d&#233;montre &#224; Simon que la p&#233;cheresse (figurant les nations pa&#239;ennes) a &#233;t&#233; plus hospitali&#232;re (&#224; la parole de Dieu ) que lui-m&#234;me, Simon, qui a pourtant &#171; entendu &#187;, personnellement, cette parole au Sina&#239;. Le Targum de Ruth explique que le parfum repr&#233;sente les mitsvot, les bonnes actions ou les commandements divins. Notre passage signifie donc que notre p&#233;cheresse s’offre &#224; suivre ces commandements divins. En Qohelet Rabba 8, 14 il est dit que, lorsque les convertis font p&#233;nitence (ou “retour”, h&#233;breu : teshuva), on oublie leurs p&#233;ch&#233;s. D’o&#249; la pr&#233;sence dans notre p&#233;ricope de cet enonc&#233;&amp;amp;nbsp;: Tes p&#233;ch&#233;s sont remis. Le Midrash Rabba attribuait d&#233;j&#224; le pardon divin &#224; Rahab, en jouant sur son statut d’aubergiste (elle a fait preuve d’hospitalit&#233; envers les espions envoy&#233;s par Josu&#233;). Ce passage accomplit donc aussi, en vertu du principe de surd&#233;termination ou de condensation, les versets bibliques du livre de Josu&#233;, qui disent que ce dernier a agi avec bienveillance (Hessed) envers Rahab et sa famille parce qu'elle a cach&#233; les espions. Le soin aux espions (h&#233;breu : meraglim) envoy&#233;s par Josu&#233; subsisterait ici sous la forme de soin aux pieds (raglayim) de J&#233;sus- Josu&#233;. Le syntagme &#171;&amp;amp;nbsp;pieds du messie&amp;amp;nbsp;&#187; est lui-m&#234;me le produit d’&#233;laborations midrashiques complexes qui proviennent sans doute d’Isa&#239;e 52, 7 .Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut…Le genre litt&#233;raire appel&#233; midrash poss&#232;de une grande coh&#233;rence. Les textes midrashiques ne sont pas des compositions arbitraires. Ce sont des textes rigoureusement construits dans lesquels chaque terme a une fonction bien pr&#233;cise. L’hypoth&#232;se midrashique est d&#232;s lors soumise &#224; une tr&#232;s importante contrainte&amp;amp;nbsp;: si le texte du NT est de nature midrashique, il est n&#233;cessaire de rendre compte de chaque item na