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   <title>le Champ du Midrash</title>
   <link>http://www.lechampdumidrash.net/</link>
   <description>Le champ du Midrash, revue en ligne gratuite, consacr&#233;e au midrash, &#224; l'art et &#224; la litt&#233;rature.</description>
   <language>fr</language>
   <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
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   <managingEditor>contact@lechampdumidrash.net (Webmaster)</managingEditor>
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     <title>Images solaires - par maurice le 07/06/2008 : 00:21</title>
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     <description>Un article int&#233;ressant sur des images de soleil sur les tombes d'un cimeti&#232;re juif qui conforte notre analyse de la belle-m&#232;re de Pierre.&amp;amp;nbsp;Si l'un de nos lecteurs pouvait en profiter pour &#233;claircir la signification du symbole de l'ascia sur de nombreuses tombes juives et chr&#233;tiennes des premiers si&#232;cles...Cela nous ferait gagner beaucoup de temps...!</description>
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     <title>Malaise dans l'Interpr&#233;tation - par maurice le 26/05/2008 : 02:28</title>
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     <description>Malaise dans l'Interpr&#233;tationGustave Dor&#233;: Josu&#233; livre aux flammes la ville d'A&#239;• De No&#233; &#224; Josu&#233;: les infortunes du midrash.Depuis quelques temps, le livre de Josu&#233; est un livre qui met para&#238;t-il les biblistes mal &#224; l'aise. Voici par exemple ce qu'on peut lire sur un site tout ce qu'il y a de plus orthodoxe:&#192; le parcourir, le Livre de Josu&#233; met mal &#224; l’aise. Comment admettre tant de r&#233;cits de massacre o&#249; disparaissent dans le feu des populations enti&#232;res ? Les biblistes sont des gens &#233;patants. Pendant des si&#232;cles ils nous expliquent que la Bible est un livre d'histoire. Ensuite, quand ils s'aper&#231;oivent que des groupes de gens, sans doute un peu simplets, ont pris cela pour argent comptant, ils se r&#233;crient: halte-l&#224;, malheureux ! Ce n'est pas si simple !Et le malaise est d’autant plus grand que certains groupes extr&#233;mistes revendiquent ces textes pour conforter leurs vues id&#233;ologiques. D&#232;s lors, il nous faut apprendre &#224; situer le discours de ce livre dans un temps et un mode d’&#233;criture qui ne sont plus les n&#244;tres. Nous t&#226;cherons donc d’en &#233;valuer l’historicit&#233; et plus encore, la port&#233;e th&#233;ologique. Pour &#233;viter de projeter ind&#251;ment l’actualit&#233; sur des textes fort distants dans le temps, nous allons soumettre le Livre de Josu&#233; au feu de la critique historique.Mais on va voir que les biblistes ont beaucoup de mal &#224; br&#251;ler ce qu'ils ont ador&#233;. Ils ont &#233;norm&#233;ment de mal &#224; abandonner le postulat historique. Ainsi par exemple, lorsqu'ils d&#233;cident d'abandonner l'Histoire, ils commencent par interroger.... devinez qui ? l'Arch&#233;ologie. OK, Blanche-Neige n'a jamais exist&#233;, mais faisons quand m&#234;me des fouilles dans la maison des sept nains. On ne sait jamais!Lorsqu’au XXe si&#232;cle, les arch&#233;ologues ont fouill&#233; le tell de J&#233;richo, force leur a &#233;t&#233; de constater qu’&#224; l’&#233;poque suppos&#233;e de l’arriv&#233;e des H&#233;breux conduits par Josu&#233;, il n’y avait qu’un tas de ruines. L’histoire biblique rejoindrait-elle le grand fond esth&#233;tique des mythologies du Proche Orient ancien ? Puisque l'arch&#233;ologie est muette, il ne reste plus que la mythologie. Le midrash ne fait jamais partie de l'horizon intellectuel des biblistes.• Biblistes, encore un effort...Apr&#232;s avoir d&#233;fendu bec et ongles le &amp;quot;tout historique&amp;quot; les biblistes sont inquiets de la tournure des &#233;v&#233;nements en Cisjordanie (les groupes extr&#233;mistes, colons et Hamas, qui argumentent &#224; coup de versets bibliques ou coraniques). Ils pr&#244;nent donc l'approche critique mais avec prudence. V&#233;rifions d'abord qu'aucun arch&#233;ologue n'a rien &#224; produire. Pas d'ostraca, pas de tesson de poterie, pas d'&#233;paules de chameau ? Adjug&#233;, passez-moi le tampon &amp;quot;mythologie&amp;quot;. Les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par l'historicisme des biblistes commencent &#224; appara&#238;tre, et pas seulement en Cisjordanie. Voici le cas d'une victime peu connue de l'historicisme biblique, l'abb&#233; Pierre. Dans un ouvrage r&#233;cent, l’abb&#233; Pierre d&#233;clarait &#224; Bernard Kouchner : .. toutes vos &#233;nergies se trouvent mobilis&#233;es par la r&#233;installation du grand temple de Salomon &#224; J&#233;rusalem, bref, de l’ancienne cit&#233; du roi David et du roi Salomon. Or vous vous basez pour cela sur tout ce qui dans la Bible parle de Terre promise. Or, je ne peux pas ne pas me poser cette question : que reste-t-il d’une promesse lorsque ce qui a &#233;t&#233; promis, on vient de le prendre en tuant par de v&#233;ritables g&#233;nocides des peuples qui y habitaient, paisiblement, avant qu’ils y entrent ?&amp;amp;nbsp; … Quand on relit le livre de Josu&#233;, c’est &#233;pouvantable ! C’est une s&#233;rie de g&#233;nocides, groupe par groupe, pour en prendre possession ! Alors foutez-nous la paix avec la parole de Terre promise ! Je crois que - c’est &#231;&#224; que j’ai au fond de mon coeur - que votre mission a &#233;t&#233; - ce qui, en fait, s’est accompli partiellement - la diaspora, la dispersion &#224; travers le monde entier pour aller porter la connaissance que vous &#233;tiez jusqu’alors les seuls &#224; porter, en d&#233;pit de toutes les idol&#226;tries qui vous entouraient, etc.Un dirigeant &#233;cologiste, Alain Lipietz, raconte sur son site:je re&#231;us quelques jours plus tard un appel t&#233;l&#233;phonique. L’abb&#233; Pierre m’attendait pour d&#238;ner. En fait, il &#233;tait &#224; deux kilom&#232;tres de chez moi… Je traversai le r&#233;fectoire d’un refuge pour SDF et entrai dans sa cellule. Une petite couchette lui servait de lit. Une &#233;tag&#232;re, une petite table et deux autres convives, ses neveu et ni&#232;ce. Lui m’apparut minuscule mais, en m’approchant, j’&#233;tais bien plus &#233;mu qu’en Californie au pied du plus vieux s&#233;quoia, le plus vieil &#234;tre vivant du monde. J’avais litt&#233;ralement l’impression d’approcher un saint vivant. ....Il aborda lui-m&#234;me le sujet pour lequel j’&#233;tais venu. J’essayai de lui expliquer que les crimes des gouvernements isra&#233;liens et les droits du peuple palestinien se suffisaient &#224; eux-m&#234;mes sans qu’on ait &#224; y m&#234;ler des appr&#233;ciations religieuses sur les droits du peuple d’Isra&#235;l &#224; la Terre promise. Isra&#235;l existait non &#224; cause de la promesse divine mais par une d&#233;cision de l’ONU, en compensation de la Shoah et de l’intol&#233;rance ind&#233;crottable de l’Occident chr&#233;tien, et le tort du Monde fut de n’avoir rien pr&#233;vu pour prot&#233;ger les Palestiniens qui se trouvaient &#224; leur tour l&#233;s&#233;s.- Mais justement, dit-il, ce qui m’agace, c’est leur manie de justifier leur droit par des r&#233;f&#233;rences bibliques ! Moi, je n’ai jamais &#233;t&#233; antis&#233;mite. Je faisais passer la fronti&#232;re &#224; des Juifs pendant la guerre. D&#232;s que j’ai appris que le concile de Vatican II ratifiait le sch&#233;ma XIII (Lumen gentium), j’ai d&#233;chir&#233; toutes les pages de mon br&#233;viaire o&#249; il &#233;tait question de &#171; peuple d&#233;icide &#187; : depuis le temps que j’attendais &#231;a ! Mais enfin, Dieu leur a donn&#233; cette terre et puis, devant leur inconduite, Il la leur a reprise. Et, ouvrant sa Bible, il me cita quelques passages d’un proph&#232;te (sans doute Os&#233;e) o&#249; Yahveh reniait son peuple : &#171; Je t’appellerai Plus-Mon-Peuple, je te retirerai la Terre que je t’avais donn&#233;e… &#187;Lipietz ne remarque pas tout de suite la contradiction du Saint: &amp;quot; ce qui m’agace, c’est leur manie de justifier leur droit par des r&#233;f&#233;rences bibliques !&amp;quot; et aussit&#244;t il ouvre une bible pour justifier par une r&#233;f&#233;rence biblique le non-droit des Juifs. J’&#233;tais abasourdi par ce m&#233;lange des plans.- Mais, mon P&#232;re, tentai-je de lui dire, vous savez bien que toute cette histoire est une parabole, une midsrah comme disent les Juifs, pour repr&#233;senter les rapports difficiles et conflictuels de Dieu et de l’&#226;me humaine ! On ne peut baser aucun droit g&#233;opolitique l&#224;-dessus !- Comment, mais vous ne croyez pas que ce sont des faits historiques ?- Non… D’ailleurs, pour les plus vieux textes de la Bible, Yahveh &#233;tait seulement le Dieu d’Isra&#235;l, ce n’est pas le Dieu Unique tel que nous le concevons et qui n’appara&#238;t que dans le Deut&#233;ro-Isa&#239;e.- C’est quoi, le Deut&#233;ro-Isa&#239;e ?- Eh bien, la derni&#232;re partie du livre d’Isa&#239;e, quand, pour les Juifs, leur Dieu devient universel, cr&#233;ateur de tous les Hommes et les aimant tous… Lipietz est constern&#233;: Je me sentais totalement ridicule. Agnostique, j’&#233;tais devant un saint et je lui faisais le cat&#233;chisme. J’eus envie de m’enfuir &#224; toutes jambes. Mais lui secouait la t&#234;te tristement, les yeux baiss&#233;s : &#171; Vous comprenez, on ne m’avait pas expliqu&#233; tout &#231;a ! Moi, je n’&#233;tais pas un Dominicain, j’&#233;tais un Capucin ! &#187; Conclusion : il faut que les m&#233;cr&#233;ants enseignent le midrash aux Saints. D'urgence. Une sorte de R&#233;vision G&#233;n&#233;rale des P&#233;ricopes bibliques. Les Saints n'ont en effet jamais entendu parler du Midrash, pour eux tout est historique (- Comment, mais vous ne croyez pas que ce sont des faits historiques ?) Par exemple le livre de Josu&#233; est pour notre Saint un livre historique, et pour lui ce livre raconte une shoah commise par les Juifs. De m&#234;me, No&#233; a invent&#233; l'esclavage, en maudissant son petit-fils. Je vous laisse deviner les cons&#233;quences de la lecture non-midrashique de No&#233; dans certains cercles. Comme l'Eglise ne comprend plus rien au midrash, elle ne comprend plus rien &#224; la bible. M&#234;me Daumier, on l'a vu, comprenait encore que la guerre de Josu&#233; est une figure de la lutte eschatologique contre le mal. Mais pour notre Saint (ainsi que pour les fondamentalistes musulmans) c'est une shoah qui relativise donc, et m&#234;me invalide, la shoah de la seconde guerre mondiale. Dans la lettre qu’il adresse le 15 avril 1996 &#224; Roger Garaudy, l’abb&#233; utilise&amp;amp;nbsp; sans sourciller le terme shoah: &#171;Tout a commenc&#233;, pour moi, dans le choc horrible qui m’a saisi lorsque apr&#232;s des ann&#233;es d’&#233;tudes th&#233;ologiques, reprenant pour mon compte un peu d’&#233;tudes bibliques, j’ai d&#233;couvert le livre de Josu&#233;. D&#233;j&#224; un trouble tr&#232;s grave m’avait saisi en voyant, peu avant, Mo&#239;se apportant des &#171;Tables de la loi&#187; qui enfin disaient &#171;Tu ne tueras pas&#187; voyant le Veau d’or, ordonner le massacre de 3 000 gens de son peuple. Mais avec Josu&#233; je d&#233;couvrais (certes cont&#233; des si&#232;cles apr&#232;s l’&#233;v&#233;nement) comment se r&#233;alisa une v&#233;ritable &#171;Shoah&#187; sur toute vie existant sur la &#171;Terre promise&#187;. [...]. La violence ne d&#233;truit-elle pas tout fondement de la Promesse ?&#187; En fait, du massacre des populations du pays de Canaan &#224; la fondation de l’Etat d’Isra&#235;l, l’abb&#233; Pierre sugg&#232;re la r&#233;currence du m&#234;me geste exterminateur d’un peuple bourreau : &#171;Je constate &#233;crit-il, qu’apr&#232;s la constitution de leur Etat, les Juifs, de victimes, sont devenus bourreaux&#187;.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Garaudy partage cette id&#233;e:(la guerre de Josu&#233;) a toutes les caract&#233;ristiques d’un projet exterminateur planifi&#233; &#171;&#224; froid &#171;, m&#233;thodiquement organis&#233; et gradu&#233;. (...) Il n’y a rien de ce qu’a dit Hitler qui n’ait &#233;t&#233; &#233;crit auparavant dans la Bible. Bien s&#251;r, on peut toujours dire que Garaudy est un clown, mais que dire d'un universitaire comme Louis Sala-Molins ?Dans un ouvrage intitul&#233; Le Livre rouge de Yahv&#233;, cet auteur affirme que sous la dict&#233;e de Yahv&#233;, les juifs ont invent&#233; l'esclavage au moment de la mal&#233;diction de la race de Canaan par No&#233;, et qu'ils ont &#233;t&#233; les premiers praticiens de la solution finale quand, sous la conduite de Josu&#233;, ils ont men&#233; une guerre d'extermination contre les Canan&#233;ens. •&amp;amp;nbsp;L'hypoth&#232;se midrashique.Mais si le livre de Josu&#233; doit &#234;tre destitu&#233; de toute historicit&#233;, de quoi nous parle ce livre ? Quel est son sens ultime ?L'hypoth&#232;se que nous avan&#231;ons ici c'est que le livre de Josu&#233; est lui-m&#234;me un midrash et qu'il a m&#234;me &#233;t&#233; lu comme tel par le Christianisme. L'&#233;laboration chr&#233;tienne sur le livre de Josu&#233; est cruciale car elle a fourni la r&#233;ponse chr&#233;tienne &#224; la question classique du nom du messie. Josu&#233; a en effet donn&#233; son nom au messie chr&#233;tien et c'est pourquoi le messie chr&#233;tien se nomme Josu&#233;. Mais pour que cela apparaisse clairement, il faut au pr&#233;alable que nous d&#233;gagions la formule du livre de Josu&#233;.&amp;amp;nbsp; Quelle est donc la formule du livre de Josu&#233; ? Celle-ci: Josu&#233; est un agent de l'eschatologie (je pr&#233;cise que l'eschatologie, ce n'est pas un service de renseignement isra&#233;lien, mais un autre nom de la &amp;quot;fin des temps&amp;quot;, ceci pour les &amp;quot;capucins&amp;quot; qui n'auraient pas eu le temps de b&#233;n&#233;ficier de la formation biblique minimale requise). Un agent du combat final contre le mal. Josu&#233; combat le mal absolu (personnifi&#233; par Amalek, sorte d'Ant&#233;christ de la tradition juive) il est donc potentiellement un messie. Cette potentialit&#233;, la lecture midrashique va chercher &#224; la transformer en certitude par fouillage. Et quand on fouille on trouve. Par exemple lorsqu'on lit en Dt 34, 9 que Josu&#233; est &amp;quot;rempli de l'esprit de sagesse&amp;quot;, on peut lire que Josu&#233; est le messie. Comment ? Par g&#233;matrie. male ruaH hokhma vaut en effet 358 qui est une valence du messie. Josu&#233; est le t&#233;moin de la conversion de Rahab et de la trahison d'Akhan. C'est pourquoi les Evangiles seront avant tout le r&#233;cit de la conversion des pa&#239;ens et de la trahison de Juda.&amp;amp;nbsp; Ces conversions (qui, narrativement, se pr&#233;sentent comme des sc&#232;nes de gu&#233;rison) forment en effet 95% du texte &#233;vang&#233;lique. On a vu par ailleurs que pour les P&#232;res de l'Eglise, Rahab est la figure de l'Eglise et que Josu&#233; est le type de J&#233;sus. Narrativement, les Evangiles suivent &#224; la lettre le sch&#233;ma du livre de Josu&#233;. J&#233;sus commence son minist&#232;re comme Josu&#233; par le passage du Jourdain. Josu&#233; fait entrer dans la terre promise, J&#233;sus fait entrer dans le repos du 7e jour (&#224; moins que ce ne soit le 8e). Josu&#233; r&#233;capitule les b&#233;n&#233;dictions et mal&#233;dictions aux monts Ebal et Gerizim, J&#233;sus prononcera donc les B&#233;atitudes et les Mal&#233;dictions contre les Pharisiens. Le miracle de Josu&#233; arr&#234;tant le soleil &#224; Gabaon ne figure certes pas dans les Evangiles, mais nous avons montr&#233; ailleurs que la p&#233;ricope relative &#224; la belle-m&#232;re de Pierre en &#233;tait l'&#233;quivalent midrashique. D'autres d&#233;tails plus difficiles &#224; rep&#233;rer, montrent que le livre de Josu&#233; a servi de mati&#232;re aux &#233;laborations &#233;vang&#233;liques: Josu&#233; est ainsi le t&#233;moin de la mort d'El&#233;azar, J&#233;sus verra donc mourir un Lazare. Josu&#233; et J&#233;sus sont les agents d'une seconde circoncision. Etc.Les premiers chr&#233;tiens ont vu avant tout dans le livre de Josu&#233; un &#233;l&#233;ment essentiel: ce livre raconte l'entr&#233;e dans la terre promise, mais cet &#233;v&#232;nement n'est lui-m&#234;me important que par ce qu'il fait signe vers un autre &#233;v&#232;nement bien plus essentiel: Dieu r&#233;alise les promesses faites aux Patriarches (de leur donner la terre). Cette promesse de la terre est identique, en r&#233;alit&#233;, &#224; la promesse de l'envoi du messie, car c'est lui qui &#224; la fin des temps devait faire revenir Isra&#235;l sur sa terre. C'est cette promesse qui est accomplie narrativement dans les Evangiles: Josu&#233;-J&#233;sus vient d&#233;truire le mal, convertir les pa&#239;ens, punir les juifs qui ont trahi et faire entrer le peuple sur sa terre. PS: pour tous ceux (saints y compris) qui voudraient se mettre &#224; jour, nous envisageons d'ouvrir bient&#244;t un cycle de formation au midrash sur Second Life.</description>
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     <title>Encore une bonne nouvelle. - par maurice le 07/05/2008 : 00:07</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=275</link>
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     <description>Encore une bonne nouvelle.Pourquoi le Nouveau Testament ne se contredit jamais.&amp;amp;nbsp;Certains critiques prennent un malin plaisir &#224; relever les contradictions des textes n&#233;o-testamentaires pour en conclure au caract&#232;re approximatif des informations historiques rapport&#233;es par le NT. Or nous allons voir qu'il n'en est rien. En effet, le Nouveau Testament ne se contredit jamais, comme on va le voir dans les deux exemples suivants.• Dans les Evangiles le messie devait par exemple venir sur des nu&#233;es:et l'on verra le Fils de l'homme venant sur les nu&#233;es (Mt 28, 30)D'ailleurs je vous le d&#233;clare dor&#233;navant, vous verrez le Fils de l'homme ... venant sur les nu&#233;es du ciel.(Mt 26,64)  alors qu'il vient sur un &#226;ne. Certains crient &#224; la contradiction. Or il n'en est rien. En voici la raison. Nous la trouvons dans un midrash. Un certain Rabbi Y&#233;hoshua b. L&#233;vi avait d&#233;j&#224; remarqu&#233; cette &amp;quot;contradiction&amp;quot;:Il est &#233;crit (au sujet du Messie): &amp;quot;Et voil&#224; qu'au sein des nuages c&#233;lestes survint quelqu'un qui ressemblait &#224; un fils de l'homme&amp;quot;, (et d'un autre c&#244;t&#233;) il est &#233;crit: &amp;quot;humble et conduisant un &#226;ne&amp;quot;. On lui r&#233;pondit:&amp;amp;nbsp; il n'y a pas de contradiction : Si Isra&#235;l en est digne, (il viendra) avec les nuages du ciel; sinon, (il viendra) &amp;quot;humble et conduisant un &#226;ne.&amp;quot; (Sanhedrin 98a).Voici un second exemple qui montre que le Nouveau Testament ne peut jamais se contredire &#233;tant donn&#233; qu'il rel&#232;ve d'une logique tr&#232;s sp&#233;ciale, qui est celle du midrash. • Comment &amp;quot;abolir-conserver&amp;quot; la Loi ?Abolir et conserver la Loi, dans le m&#234;me mouvement, est une entreprise d&#233;licate. En Matthieu 5, 17 on nous explique que J&#233;sus, n’est pas venu abolir la loi mais l’accomplir. En cons&#233;quence, la loi serait valide et m&#234;me intangible, au point que m&#234;me la plus petite lettre de cette loi (le yod) ne peut en &#234;tre retranch&#233;e.Mt 5,18 - Car je vous le dis, en v&#233;rit&#233;: avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur l'i, ne passera de la Loi, que tout ne soit r&#233;alis&#233;.En Cantique Rabba nous trouvons ces passages.•Ct R 5,12 NOIRES COMME LE CORBEAU. R. Alexandri b. Hadrin et R. Alexandri Qaroba ont dit: Tous les habitants de la terre voudraient-ils joindre leurs efforts pour rendre blanche l’aile d’un corbeau, qu’ils n’y parviendraient pas. De m&#234;me si tous tentaient d’enlever un yod, la plus petite lettre, &#224; la Tora, ils n’y parviendraient pas. D’o&#249; le savons-nous? Du cas de Salomon. Il voulut changer un yod &#224; la Tora et un accusateur s’&#233;leva contre lui. Qui l’accusa? R. Y&#233;hoshu’a b. L&#233;vi a dit: La lettre yod du mot yarbe l’accusa. (Salomon affirma que lui pourrait multiplier (yarbe) le nombre de ses femmes sans p&#233;cher). R. Shim'on b. YoHa&#239; a dit: Le livre du Deut&#233;ronome monta se prosterner devant le Saint b&#233;ni soit-il et d&#233;clara: Souverain de l’univers, tu as &#233;crit dans la loi qu’un testament m&#234;me partiellement modifi&#233;, devient enti&#232;rement nul. Or le Roi Salomon souhaite retrancher un yod de la Tora. Le Saint b&#233;ni soit-il r&#233;pondit: Salomon et beaucoup d’autres comme lui passeront, mais pas un yod de la Tora ne tombera.• Ct R 5,13. R. Y&#233;hoshu’a b. QorHa a dit: la lettre yod figurant dans le nom de Sara monta se prosterner devant le Saint B&#233;ni soit-il et d&#233;clara: Souverain de l’univers, tu m’as retranch&#233; du nom de cette femme Juste, la femme d’Abraham le Juste, et tu l’appelas Sarah. Dieu r&#233;pondit: Jusqu’&#224; pr&#233;sent tu figurais &#224; la fin du nom d’une femme. D&#233;sormais je vais te mettre au d&#233;but du nom d’un homme, du plus juste des hommes de ce monde, ce que vise le verset: Mo&#239;se donna &#224; Hosh&#233;’a, Fils de Nun, le nom de Y&#233;hosu’a (Nb 13,16)Pourquoi ce midrash sur la lettre yod, et donc sur la p&#233;rennit&#233; de la Loi, se retrouve-t-il dans les &#201;vangiles? Alors m&#234;me que ces textes s’&#233;vertuent &#224; nous expliquer, en m&#234;me temps, que la Loi est caduque. La r&#233;ponse tient sans doute &#224; la fin de notre second passage et au lien avec Josu&#233;. Josu&#233; a transmis fid&#232;lement la Loi re&#231;ue de Mo&#239;se. En r&#233;compense, il a re&#231;u le yod de la p&#233;rennit&#233; dans son nom. Les &#201;vangiles reprennent donc ce midrash, m&#234;me s’il conduit en apparence &#224; une contradiction. C'est que J&#233;sus est &#224; la fois le Josu&#233; biblique (qui transmet fid&#232;lement la loi) et le Josu&#233; du troisi&#232;me Exode, celui de la fin des temps qui all&#232;ge la Loi. Contrairement &#224; nous, lecteurs actuels, les &#201;vangiles ne voient aucune contradiction entre la fid&#233;lit&#233; &#224; la Loi et l’abolition de la Loi. Ils reprennent int&#233;gralement le midrash juif, mais l’&#233;crivent comme r&#233;alis&#233;. La fin des temps est advenue et le Josu&#233; qui est venu abolir la Loi est le m&#234;me que le Josu&#233; qui l’avait transmise fid&#232;lement.Pour penser ce type de contradictions, qui sont nombreuses dans les textes chr&#233;tiens, Hegel, fut conduit &#224; cr&#233;er le concept d'Aufhebung (conservation et d&#233;passement) qui devint le ressort de sa dialectique sp&#233;culative. Hegel avait d’ailleurs parfaitement conscience de l'ancrage th&#233;ologique de ce concept. Ce qui est plus &#233;tonnant, c’est de penser que ce concept, dont le marxisme a fait l’alpha et l’omega de son discours, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour rendre compte du fait que le midrash ne conna&#238;t pas la contradiction.</description>
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     <title> D&#233;lit d'ivresse (appel &#224; t&#233;moins) - par maurice le 08/04/2008 : 15:22</title>
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     <description>D&#233;lit d'ivresse Appel &#224; t&#233;moins&amp;amp;nbsp;Bernardo CAVALLINO The Drunkenness of Noah 1640-1645L'ivresse de No&#233; est un fait acquis. Elle ne fait aucun doute. No&#233; a bu. Non seulement il a bu, mais au lieu de s'en montrer contrit, il trouve le moyen de maudire son petit fils et le condamne &#224; l'esclavage perp&#233;tuel. Pourtant c'est son fils Ham qui l'aurait vu nu sous sa tente. No&#233; a bu, mais c'est le petit-fils Kena'an qui trinque.&amp;amp;nbsp; Tout le monde se satisfait de ce r&#233;cit. Pour l'immense majorit&#233; des critiques l'ivresse de No&#233; est un &#233;pisode navrant, mais une histoire d'alcoolisme. C'est l'occasion de nous resservir un petit couplet &#233;difiant sur le danger de l'abus de vin.&amp;amp;nbsp; Pourtant le vin est en g&#233;n&#233;ral li&#233; &#224; la b&#233;n&#233;diction. Le vin sert &#224; la b&#233;n&#233;diction du shabat et du mariage. Alors, comme pour Jepht&#233;, on ne comprend pas bien cette triste histoire.Nous lan&#231;ons donc ici un appel &#224; contributions dans le cadre de l'hypoth&#232;se midrashique. C'est dire que l'explication devra expliquer l'ensemble du midrash relatif &#224; No&#233;. Par exemple la compilation de Ginzberg relative &#224; No&#233; (en anglais). Pourquoi &#224; sa naissance sa peau est-elle d'un blanc immacul&#233; ? Pourquoi est-il appel&#233; MenaHem par son grand-p&#232;re Mathusalem ? Pourquoi invente-t-il la charrue ? etc.Il faudrait aussi que la m&#234;me explication soit compatible avec les donn&#233;es suivantes: • Quel rapport par exemple entre l'ivresse de No&#233; et celle de Lot ? L'ivresse&amp;amp;nbsp; de Lot semble avoir un rapport avec le messie du fait de la naissance incestueuse de Moab qui, via Ruth, est l'anc&#234;tre du messie. • Que faire de l'ivresse suppos&#233;e des fils d'Aaron (apparemment la &amp;quot;tente&amp;quot; et le &amp;quot;vin&amp;quot; sont incompatibles si on veut rester en vie). Ohel la tente est souvent rendue en aram&#233;en par mishkan : tente, mais aussi temple, et m&#234;me th&#234;atre.• Que faire de l'ivresse qui s'impose &#224; tous le jour de Purim?&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; (Tout homme a l’obligation de s’enivrer &#224; Purim au point de ne plus savoir la diff&#233;rence entre &#171; maudit soit Haman &#187; et &#171; b&#233;ni soit Mord&#233;kha&#239; &#187; TB Meg. 7b).&amp;amp;nbsp; Assu&#233;rus,&amp;amp;nbsp; ivre de vin demande &#224; la reine Vashti, de venir exhiber sa beaut&#233; en public.• Pourquoi les R&#233;kabites ne boivent-ils pas de vin ?• Pourquoi le Zohar nous explique-t-il que la vigne a &#233;t&#233; chass&#233;e hors de l’Eden en m&#234;me temps que le premier couple fautif, sugg&#233;rant ainsi que la vigne fut bel et bien l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal, par lequel Eve et Adam faut&#232;rent. • Que signifie l'aphorisme &amp;quot;nikhnass yayin, yatsa sod&amp;quot; - c'est-&#224;-dire : entra le vin, sortit le secret &#187; (yayin =sod = 70)• Pourquoi la vigne est-elle toujours compar&#233;e &#224; Isra&#235;l ?• Pourquoi la vigne de Nabot ? </description>
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     <title> De l'avantage de laisser vieillir le vin - par maurice le 07/03/2008 : 23:56</title>
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     <description>De l'avantage de laisser vieillir le vin &amp;amp;nbsp;Les Noces de Cana, Mosa&#239;que Hagia Sophia, TurquieCesse de ne boire que de l'eau.Prends un peu de vin &#224; cause de ton estomac et de tes fr&#233;quents malaises (1Tm, 5, 23)• Les Noces de CanaJn 2.1 - Le troisi&#232;me jour, il y eut des noces &#224; Cana de Galil&#233;e, et la m&#232;re de J&#233;sus y &#233;tait. 2.2 - J&#233;sus aussi fut invit&#233; &#224; ces noces, ainsi que ses disciples. 2.3 - Or il n'y avait plus de vin, car le vin des noces &#233;tait &#233;puis&#233;. La m&#232;re de J&#233;sus lui dit: &amp;quot; Ils n'ont pas de vin. &amp;quot; 2.4 - J&#233;sus lui dit: &amp;quot; Que me veux-tu, femme? Mon heure n'est pas encore arriv&#233;e. 2.5 - Sa m&#232;re dit aux servants: Tout ce qu'il vous dira, faites-le. 2.6 - Or il y avait six jarres de pierre, destin&#233;es aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. 2.7 - J&#233;sus leur dit: &amp;quot; Remplissez d'eau ces jarres. &amp;quot; Ils les remplirent jusqu'au bord. 2.8 - Il leur dit: &amp;quot; Puisez maintenant et portez-en au ma&#238;tre du repas. &amp;quot; Ils lui en port&#232;rent. 2.9 - Lorsque le ma&#238;tre du repas eut go&#251;t&#233; l'eau chang&#233;e en vin - et il ne savait pas d'o&#249; il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puis&#233; l'eau - le ma&#238;tre du repas appelle le mari&#233; 2.10 - et lui dit: &amp;quot; Tout homme sert d'abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gard&#233; le bon vin jusqu'&#224; pr&#233;sent! &amp;quot; 2.11 - Tel fut le premier des signes de J&#233;sus, il l'accomplit &#224; Cana de Galil&#233;e et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.Les Noces de Cana sont une p&#233;ricope difficile qui r&#233;siste semble-t-il &#224; l'interpr&#233;tation. Les sources patristiques ne nous sont pas ici d'un grand secours. Par exemple Augustin compare le miracle de l'eau chang&#233; en vin &#224; celui que Dieu fait tous les jours. Dieu en effet donne la pluie et celle-ci fait pousser la vigne. On n'y avait pas pens&#233;. Puisque personne ne nous aidera, il faut donc s'attendre &#224; ce que cette p&#233;ricope reste encore longtemps une &#233;nigme, ce qui n'emp&#234;che pas d'essayer l'hypoth&#232;se midrashique. Que signifie par exemple le fait que J&#233;sus refasse &#224; Cana les gestes d'Elie &#224; Sarepta ?Les Noces de Cana se d&#233;roulent un troisi&#232;me jour. Nous savons maintenant que Jean est un prolongement du midrash juif sur la Gen&#232;se, sur l'œuvre du commencement. Or dans ce maass&#233; bereshit, le troisi&#232;me jour est celui du travail sur l'eau, melakhat ha-mayim (GnR 4,6). Le Midrash Rabba se demande par exemple pourquoi apr&#232;s le second jour il n'est pas dit &amp;quot;ki tov&amp;quot; comme c'est le cas pour les&amp;amp;nbsp; autres jours (Dieu vit que c'&#233;tait bon). R&#233;ponse : car ce second jour fut cr&#233;&#233; la G&#233;henne. Comment le sait-on, demande le midrash ? A cause du verset Is 30, 33. En revanche, le troisi&#232;me jour, il est dit deux fois &amp;quot;ki tov&amp;quot;. Une fois pour la fin du travail de l'eau (la s&#233;paration des deux types d'eaux) et l'autre pour la cr&#233;ation des fruits et donc aussi d'un fruit un peu particulier : la vigne. En ce troisi&#232;me jour le miqv&#233; hamayim est appel&#233; mer. D'o&#249; l'eau des purifications des Noces. Le miqv&#233; est en effet le bain rituel. Le terme miqv&#233; ressemble au mot tiqva qui est l'esp&#233;rance sp&#233;cifiquement messianique puisque tiqva poss&#232;de la valence messianique. Le messie commencera donc sa mission par un bain.Nous avons vu dans l'article relatif &#224; Nathana&#235;l que certaines choses existaient avant m&#234;me la cr&#233;ation du monde, les unes &amp;quot;effectivement&amp;quot; (la Tora, le Tr&#244;ne divin,...) alors que d'autres existaient de toute &#233;ternit&#233; mais en &amp;quot;pens&#233;e&amp;quot; seulement (en &amp;quot;projet&amp;quot;: les Patriarches, le Nom du messie). Le messie avait de toute &#233;ternit&#233; &#233;t&#233; cach&#233;. Dieu lui-m&#234;me ne peut donc plus revenir sur l'existence du messie. Comme le messie a &#233;t&#233; engendr&#233; (puisque non cr&#233;&#233;) il est donc, par midrash, le &amp;quot;fils de Dieu&amp;quot;. Dieu ne peut donc manquer un jour de l'envoyer. Le trait&#233; talmudique Sanh&#233;drin 99a fait une distinction entre les jours du messie et le monde &#224; venir.&amp;amp;nbsp; Rabbi Hiya fils de Abba a dit, au nom de Rabbi YoHanan: Tous les proph&#232;tes n’ont proph&#233;tis&#233; que pour les jours du Messie, mais pour ce qui est du monde &#224; venir, aucun œil, &#244; Dieu, n’a vu, except&#233; toi, ce qu’il accomplira pour celui qui l’attend. Rabbi Yehoshu'a ben L&#233;vi dit: (ce qui n'est pas donn&#233; &#224; voir) c'est le vin pr&#233;serv&#233; dans les grappes des six jours de la cr&#233;ation. (Notons en passant les noms des personnages qui interviennent ici: Hiyya &amp;quot;fils du p&#232;re&amp;quot;, un R. YoHanan suivi d'un R. Y&#233;hoshu'a...A rapprocher de l'hypoth&#232;se suivante: le midrash chr&#233;tien &#233;labore jusqu'au nom des rabbins qui transmettent&amp;amp;nbsp; les dits midrashiques. Par exemple, dans Ruth Rabba c'est un R. Shim'on qui transmet le dit sur Rahab, la p&#233;cheresse pardonn&#233;e se trouvera donc dans la maison d'un d&#233;nomm&#233; Simon)Il existe dans le champ du midrash un festin tr&#232;s particulier: le festin eschatologique. Cette festivit&#233; aura lieu &#224; la fin des temps. &#192; cette &#233;poque, Dieu f&#234;tera son union avec l’humanit&#233; par un immense banquet (h&#233;breu: simHa, joie ou misht&#233;) auquel toutes les nations afflueront. Le Midrash Rabba est plein de ces paraboles dans lesquelles un roi organise un banquet. Par exemple en Esther 1, 5 Ce temps &#233;coul&#233; (bimleot yamim= &#224; la fin des temps) ce fut alors toute la population de la citadelle de Suse, du plus grand au plus petit, qui se vit offrir par le roi un banquet de sept jours, sur l'esplanade du jardin du palais royal. Nous retrouvons donc ce type de banquet (misht&#233;) dans le Nouveau Testament. Dans les midrashim, la question est de savoir qui est invit&#233; &#224; ces banquets, qui y est &amp;quot;appel&#233;&amp;quot;, comment s'y comporter et qui poss&#232;de les moyens d'y faire bonne figure. Le vin offert au banquet figure la Tora, la Loi. Le Banquet est le moment de la donation de la Loi.&amp;amp;nbsp; Nous rapprochons ici la p&#233;ricope de Nathana&#235;l de celle des Noces de Cana et de celle des Outres. En effet les deux derni&#232;res p&#233;ricopes traitent de la conservation du vin, de plus Nathana&#235;l est de Cana. Les Noces de Cana traitent d'un &#233;v&#233;nement important: le vin en vient &#224; &#234;tre affect&#233; du signe moins. Il faut &#233;couter les assonances du syriaque de la peshitta: Hasra ha Hamra wa Amra ima l-yeshua Hamra leit lehon...La difficult&#233; provient d'une distinction qui est faite ici, entre le bon vin et le moins bon vin. L'aram&#233;en de la peshitta nous fournit une piste: le ma&#238;tre du repas est&amp;amp;nbsp; rosh ha-mesekh. Cette racine mesekh se retrouve en Pr 9, 5Venez, mangez de mon pain, buvez du vin que j'ai temp&#233;r&#233;!verset souvent cit&#233; par le Midrash Rabba. On a ici l'id&#233;e de temp&#233;rance, de vin adouci, pr&#233;par&#233;, cuisin&#233;. Le bon vin est un vin doux, l&#233;ger, facile &#224; boire. La bonne Loi est donc comme le bon vin: l&#233;g&#232;re, douce, facile &#224; accomplir. Le “signe” accompli par J&#233;sus consiste en ce que, gr&#226;ce &#224; la venue du messie, qui est le miracle ici midrashiquement accompli, on glorifie le Hatan, (l'&#233;poux, Dieu) d'avoir gard&#233; (pr&#233;vu) une Loi l&#233;g&#232;re pour la fin des Temps. Nous sommes &#224; la fin des temps. A Cana J&#233;sus parfait la cr&#233;ation. Il change l'eau en vin. Dieu est lou&#233; par le rav hamekhes: tu as gard&#233; le bon vin jusqu'&#224; ce jour. A Cana, il n'est pas question de Vin Nouveau. Au contraire, c'est d'un vin vieux comme le monde dont il est question. Ce vin nouveau appara&#238;t dans la p&#233;ricope des vieilles outres. Que signifie ce vin nouveau? Les commentaires sur ce passage comprennent, en g&#233;n&#233;ral, que le vin nouveau est la parole de J&#233;sus. “Le vin nouveau qu’offre J&#233;sus... ” lit-on un peu partout. J&#233;sus repr&#233;sente forc&#233;ment quelque chose de neuf. Il faut ensuite quelques contorsions pour expliquer Lc 5, 39. Personne, apr&#232;s avoir bu du vin vieux, n'en veut du nouveau. Il est pourtant possible de soutenir la position inverse: J&#233;sus propose de revenir au vieux vin et condamne le vin nouveau. Le vin vieux, le bon vin, agr&#233;able au go&#251;t, est, on le sait, la loi facile &#224; appliquer. Et pourtant, ce bon vin serait l’ancienne loi. Ancienne, car c’est, soit la loi noachide, soit m&#234;me la loi biblique, mais en tout cas pas la loi rabbinique. Le vin nouveau, serait la loi difficile, rabbinique. Elle ne convient pas aux outres vieilles, qu’elle fait &amp;quot;enfler&amp;quot; et risque de faire “p&#233;rir” (abad). Apr&#232;s avoir connu la vieille loi biblique et l&#233;g&#232;re, personne ne veut de la loi nouvelle, lourde, complexe, en un mot: rabbinique. Du coup, notre question initiale trouve une r&#233;ponse. Le je&#251;ne fr&#233;quent est un exemple de loi lourde et de l'enflure (inutile donc de je&#251;ner pour esp&#233;rer d&#233;gonfler). Le messie vient all&#233;ger la loi. Ses disciples sont donc dispens&#233;s de je&#251;ner. S’il devait s’en aller, la loi lourde s’imposerait de nouveau.• Vocabulaire des outres.  Mt 9,14 - Alors les disciples de Jean s'approchent de lui en disant:&amp;quot; Pourquoi nous et les Pharisiens je&#251;nons-nous, et tes disciples ne je&#251;nent-ils pas? &amp;quot; 9,15 - Et J&#233;sus leur dit: &amp;quot; Les compagnons de l'&#233;poux peuvent-ils mener le deuil tant que l'&#233;poux est avec eux? Mais viendront des jours o&#249; l'&#233;poux leur sera enlev&#233;; et alors ils je&#251;neront. 9,16 - Personne ne rajoute une pi&#232;ce de drap non foul&#233; &#224; un vieux v&#234;tement; car le morceau rapport&#233; tire sur le v&#234;tement et la d&#233;chirure s'aggrave. 9, 17 - On ne met pas non plus du vin nouveau dans des outres vieilles; autrement, les outres &#233;clatent, le vin se r&#233;pand et les outres sont perdues. Mais on met du vin nouveau dans des outres neuves, et l'un et l'autre se conservent.Quel rapport, dans ce texte de Matthieu, entre les premiers versets, qui parlent de je&#251;ne, et les derniers versets, qui parlent de vieilles outres, de conservation du vin et de vieux v&#234;tements?&amp;amp;nbsp; La co-pr&#233;sence des th&#232;mes de l'&#233;poux et du vin incite &#224; penser que notre p&#233;ricope est proche de celle des Noces de Cana.Le vocabulaire de la p&#233;ricope des outres, tourne autour d'une opposition entre le lourd et le l&#233;ger, le grave et la p&#233;cadille, le majeur et le mineur. Ce jeu d'oppositions n'appara&#238;t ni en grec, ni m&#234;me en h&#233;breu biblique, mais dans le registre d'h&#233;breu propre au midrash que nous appelons, pour faire court, h&#233;breu tardif, qui passe&amp;amp;nbsp; souvent &#224; l'Aram&#233;en sans pr&#233;venir et dont la peshitta nous a gard&#233; la trace. Hamra c'est le vin; qal signifie l&#233;ger. Dans le syriaque de la peshitta Cana s'&#233;crit qaTna. C'est nous dit le CAL la racine de la petitesse et aussi de la l&#233;g&#232;ret&#233; et de la subtilit&#233;. On est dans une discussion sur le l&#233;ger et le grave, ce qui se dit en h&#233;breu qal va-Homer. C'est le nom d'un raisonnement bien connu dans le midrash, le raisonnement a fortiori&amp;amp;nbsp; ou, pour les nostalgiques du latin a minore ad majus. Homer est &#224; la fois la s&#233;v&#233;rit&#233; rituelle, et une all&#233;gorie, un symbole. Homarta en h&#233;breu tardif est une pierre, tout comme qela. Ce jeu d’oppositions entre l&#233;ger et lourd, parcourt l’ensemble des Evangiles. Il produit du texte, des &#233;pisodes comme la marche sur les eaux. J&#233;sus montre une halakha (marche/loi) devenue si l&#233;g&#232;re qu'elle flotte. Ce qui est lourd deviendra l&#233;ger. Le mot qal, signifie aussi&amp;amp;nbsp; simple. Les &#233;loges &#224; propos des simples, seraient-ils, eux aussi, &#224; double entente? Hamira est en h&#233;breu tardif &#224; la fois le levain (Dictionnaire Jastrow p. 477) et ce qui est charg&#233;, grave, lourd, strict. Ce qui expliquerait l’appel &#224; se m&#233;fier du “levain des Pharisiens”, c’est-&#224;-dire leur tendance &#224; alourdir et compliquer la Loi. (Hamar: empiler, entasser). Corollaire: le pain azyme serait un symbole de la loi l&#233;g&#232;re.Hamra : vinHamira: rigorismeHamar: &#226;neHimer: obliger une b&#234;te &#224; marcher, aiguilloner&amp;amp;nbsp;• Du v&#234;tement.Si le vin et le pain &#233;voquent la loi selon l’axe de la m&#233;taphore, le v&#234;tement &#233;voque &#233;galement la loi selon l’axe de la m&#233;tonymie, du fait de la contigu&#239;t&#233; entre le v&#234;tement et la pri&#232;re. Le talit est un v&#234;tement de pri&#232;re qui doit rappeler la Loi. De plus, nous avons vu que le Deut&#233;ronome &#233;voque les gerim en les conjoignant au pain et au v&#234;tement. Et il aime l'&#233;tranger, auquel il donne pain et v&#234;tement. (Dt 10,18) D’o&#249; des versets curieux comme: Lors donc que nous avons nourriture et v&#234;tement, sachons &#234;tre satisfaits. (1Thimoth&#233;e 6,8). Ajouter sans cesse de nouvelles lois &#224; la loi ancienne (au vieux v&#234;tement) c’est donc risquer une d&#233;chirure. Or la d&#233;chirure des v&#234;tements est, dans le Juda&#239;sme, une image fortement &#233;vocatrice: vente de Joseph (vayiqra’ et begadav), deuil, destruction du temple (&#224; cause d’un second lien entre v&#234;tement et temple). Le Grand-Pr&#234;tre est&amp;amp;nbsp; merube begadim, celui qui multiplie les v&#234;tements (et donc, dans les textes chr&#233;tiens, les trahisons, d'o&#249; les multiples trahisons (bgd)&amp;amp;nbsp; ou reniements (kpr) de Pierre qui repr&#233;sente le Grand Pr&#234;tre Aaron dont la fonction est la propitiation: kpr)• Fin de la loi et fin des v&#234;tements. Dans le Midrash juif, le messie &#233;tait suppos&#233; survenir dans une &#233;poque d’abandon g&#233;n&#233;ral de la loi. En Marc, l’arriv&#233;e du messie est donc logiquement marqu&#233;e par un abandon quasi-g&#233;n&#233;ral des v&#234;tements:    &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Et lui, (Bartim&#233;e) rejetant son manteau, bondit et vint &#224; J&#233;sus. (Mc 10,50)&amp;amp;nbsp; Ils am&#232;nent l'&#226;non &#224; J&#233;sus et ils mettent sur lui leurs manteaux et il s'assit dessus. (Mc 11,7)Et beaucoup de gens &#233;tendirent leurs manteaux sur le chemin (Mc 11,8)Un jeune homme le suivait, n'ayant pour tout v&#234;tement qu'un drap, et on le saisit; mais lui, l&#226;chant le drap, s'enfuit tout nu (Mc 14,5-52)  Notons que ce dernier verset &amp;quot;accomplit&amp;quot; Amos 2, 16: et le plus courageux d'entre les braves s'enfuira nu&amp;amp;#8237;, &amp;amp;#8236;en ce jour-l&#224;&amp;amp;#8237;, &amp;amp;#8236;oracle de Yahv&#233;&amp;amp;#8237;. Autre midrash juif: &#224; la fin des temps la loi sera all&#233;g&#233;e, la loi pr&#233;sente ne sera plus valide. Autre bonne raison de se d&#233;barrasser alors de ses v&#234;tements. Pas de midrash sans surd&#233;termination, sans saturation. Il n'est pas inutile de revisiter tous les passages du Nouveau Testament dans lesquels il est question de “v&#234;tement” de “manteau” (ou de termes connexes: lin, tunique…). Ainsi lorsque Paul garde les v&#234;tements abandonn&#233;s par les meurtriers d’Etienne, il ne s’agit sans doute pas d’un simple d&#233;tail pittoresque. De m&#234;me, en Lc 9,&amp;amp;#8200;3 on conseille &#224; ceux qui sont envoy&#233;s aux pa&#239;ens: n'ayez pas non plus chacun deux tuniques. Ou Lc 3, 11: Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a pas. Notons enfin qu’en Josu&#233; 9,3 les Gabaonites, des idol&#226;tres, utilisent une ruse pour forcer leur int&#233;gration au sein du peuple d’Isra&#235;l. Or cette ruse consiste &#224; faire croire qu’ils viennent “de loin” en exhibant de vieux v&#234;tements et de “vieilles outres &#224; vin crev&#233;es”. Alors qu’en r&#233;alit&#233;, ces pa&#239;ens &#233;taient “tout proches”.mais eux ils agirent avec ruse. Ils chang&#232;rent d'apparence; ils charg&#232;rent leurs &#226;nes de vieux sacs et de vieilles outres &#224; vin crev&#233;es et recousues. </description>
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     <title>Un vendeur nomm&#233; Judas - par maurice le 06/03/2008 : 00:47</title>
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     <description>Un vendeur nomm&#233; JudasLe Caravage: l'Arrestation du ChristDans les Actes, nous lisons que Judas &amp;quot;&#233;tait au nombre des douze&amp;quot; ou encore &amp;quot;il avait rang parmi nous&amp;quot;. On inf&#232;re ici la pr&#233;sence du mot mispar (nombre, faire partie de..). Le midrash sur Judas est en effet marqu&#233; par le nombre, le compte et la vente. Les Pr&#234;tres lui comptent trente pi&#232;ces d'argent, afin qu'il livre J&#233;sus, il tient la caisse, ou la bourse commune, etc. Dans le Midrash Rabba, Juda (Yehuda, le fils de Jacob, que nous &#233;crivons sans “s”, pour le distinguer du Judas des Evangiles) est lui aussi marqu&#233; par le nombre. Il est cr&#233;dit&#233;, c'est le cas de le dire, d'avoir sauv&#233; Joseph en le vendant, plut&#244;t que de le laisser tuer par ses fr&#232;res. Le midrash juif sur Juda a &#233;t&#233; repris par le midrash chr&#233;tien. Judas vend J&#233;sus exactement comme Juda avait vendu Joseph. Le midrash juif, r&#233;p&#233;tons-le, le lui impute &#224; cr&#233;dit. Dans les Evangiles, Judas re&#231;oit certes un &amp;quot;salaire&amp;quot; (sakhar) mais ce terme s'entend souvent comme r&#233;compense ou r&#233;tribution morale (dans le monde futur, par exemple) et n'a donc pas un sens forc&#233;ment p&#233;joratif. Son surnom (Iscariot) conjoint cette notion de &amp;quot;r&#233;compense&amp;quot; &#224; l'id&#233;e de signe (ot, en h&#233;breu). Or Juda est li&#233; au &amp;quot;signe&amp;quot; du fait de l'&#233;pisode de Tamar, qui fait irruption, sans raison apparente, dans le r&#233;cit de la vente de Joseph. Tamar produit des signes de reconnaissance que Juda reconna&#238;t. Ici, c'est Judas qui donne des signes et des codes:…Celui &#224; qui je donnerai un baiser…En Gn 37, 25 lors du r&#233;cit du rapt de Joseph, nous lisons que ses fr&#232;res s'assirent tranquillement pour manger. Pendant ce temps, Joseph est dans les affres du &amp;quot;bor&amp;quot;, de la fosse, terme qui &#233;voque, en h&#233;breu, la mort. C'est pourquoi, dans nos Evangiles, Judas appara&#238;t &#224; l'occasion de repas. Et au voisinage de ces sc&#232;nes, J&#233;sus est saisi d'une grande angoisse, tout comme Joseph. L'id&#233;e du complot contre J&#233;sus provient &#233;galement de la Gen&#232;se:Gn 37,18 - Ils l'aper&#231;urent de loin et, avant qu'il n'arriv&#226;t pr&#232;s d'eux, ils complot&#232;rent de le faire mourir.De m&#234;me, le mobile vient de Gen&#232;se 37, c'est la jalousie des fr&#232;res vis-&#224;-vis de Joseph, &#224; cause de ses r&#234;ves de domination. Cette domination annonc&#233;e, se retrouve, semble-t-il, dans les Evangiles (malkhut, le Royaume annonc&#233;). Cette jalousie se retrouve donc aussi dans les Evangiles. En &#233;laborant cette id&#233;e de domination, les Evangiles lui donnent la forme suivante: la condamnation de J&#233;sus est due &#224; sa pr&#233;tention &#224; &#234;tre Roi des Juifs, melekh ha-yehudim, &#224; la place de Juda qui, selon la tradition, devait r&#233;gner sur ses fr&#232;res. J&#233;sus est donc bien dans la position de Joseph, dont les fr&#232;res disent qu'il veut les dominer (dans ses r&#234;ves, au moins). Autre trace de cette &#233;laboration de Gn 37: la question de savoir qui, parmi les fr&#232;res, “domine sur les autres”. Elle surgit soudainement, sans raison, en plein milieu de la Passion, dans ce verset de Luc:Lc 22, 24 Il s'&#233;leva aussi entre eux une contestation: lequel d'entre eux pouvait &#234;tre tenu pour le plus grand?La proph&#233;tie disait en effet, en Gn 49, 10: le sceptre ne s'&#233;loignera pas de Juda, ni le b&#226;ton de chef d'entre ses pieds, jusqu'&#224; ce que le tribut (shilo) lui soit apport&#233; et que les peuples lui ob&#233;issent. C'est cette proph&#233;tie qui est ici accomplie, puisque shilo est arriv&#233; en la personne de J&#233;sus, nouveau Mo&#239;se (dont la valeur num&#233;rique, 345, correspond &#224; shilo).• Le Complot permanent&amp;amp;nbsp;&#192; de tr&#232;s nombreuses reprises, les Evangiles nous montrent les Pharisiens occup&#233;s &#224; attendre une “occasion” pour s’emparer de J&#233;sus et le tuer. D’o&#249; vient cette embuscade permanente? Le Midrash sur les Proverbes a une id&#233;e sur la question:&#171; Prenons l'aff&#251;t (nispenah) contre l'innocent, sans raison &#187; Ceci se r&#233;f&#232;re aux fr&#232;res de Joseph qui attendaient (mesappin) [une occasion] et disant, &#171; Quand le temps viendra-t-il o&#249; nous pourrons le tuer? &#187; Quand il vint vers eux, ils commenc&#232;rent &#224; se dire, &#171; c'est le jour, c'est l'heure, c'est le moment! &#187; Et la Shekina rit d'eux en disant, &#171; Malheur &#224; vous pour le sang de cet homme juste! &#187; Ainsi, il est dit, &#171; prenons l'aff&#251;t contre l'innocent, sans raison &#187; . D'entre tous, Ruben seul souhaita le sauver, comme il est dit, &#171; Mais Ruben entendit et il essaya de le sauver de leurs mains &#187; (Gn 37, 21). Il leur dit, &#171; Venez, je vais vous donner un conseil. &#187;Ils lui demand&#232;rent, &#171; Quel conseil nous donnerais-tu? &#187;Il leur dit, “Jetons-le vivant dans la fosse, mais ne portons pas la main sur lui”• On ne meurt que deux fois.D'autres emprunts attestent que la narration sur Judas r&#233;sulte d'une lecture midrashique de la Gen&#232;se. Par exemple, lorsque Ruben, en Gn 37, 29, constate que Joseph n'est plus dans la citerne, il d&#233;chire ses v&#234;tements: va-yiqra' et begadav. Or, cette expression va tout naturellement g&#233;n&#233;rer, par sa sonorit&#233;, une autre id&#233;e: celle d'un tra&#238;tre (boged) qui se d&#233;chire (qera’). C'est pourquoi Judas sera dit tra&#238;tre (boged), se fendra par le milieu en Ac 1,18, et ses entrailles (qera'im) se r&#233;pandent. C’est l&#224; un d&#233;but d’explication de l’un des nombreux myst&#232;res des Evangiles: Judas y mourait de deux mani&#232;res diff&#233;rentes selon que l’on lisait Matthieu 27, 3-10, dans lequel il se pendait, ou Actes 1, 15-20 o&#249; il s’&#233;ventrait en tombant. Preuve indirecte que les Evangiles &#233;taient per&#231;us &#224; l’origine comme un midrash: si ce texte avait &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme un r&#233;cit historique, une main charitable aurait, depuis deux mille ans, pens&#233; &#224; harmoniser. Mourir deux fois et de deux mani&#232;res diff&#233;rentes, voil&#224; qui fait d&#233;sordre dans un r&#233;cit historique. Surtout quand il s'agit de la seule source dont nous disposons quant &#224; l'historicit&#233; de J&#233;sus.• El&#233;vation au bois.Ruben, on l’a vu, donne un “conseil” &#224; ses fr&#232;res. Des fr&#232;res qui, eux-m&#234;mes, se “concertent”. On reconna&#238;t ici une &#233;laboration midrashique sur le mot ‘etsa (conseil, concertation, complot) qui ressemble beaucoup au mot ‘ets (arbre). Dans le Targum sheni sur Esther, les arbres tiennent justement conseil pour savoir sur lequel d’entre eux Haman sera pendu. Cela confirme que le choix de la mort de J&#233;sus, la suspension au bois ou l’&#233;l&#233;vation au bois (grec stauros, un bois, devenu une crux en latin) est de nature midrashique. Ce choix du bois est en r&#233;alit&#233; surdetermin&#233;: il provient &#233;galement de l’&#233;pisode du sacrifice d’Isaac. En Gn 22, 3 il est en effet question du ‘atse ‘ola, du bois du sacrifice (ou de l’&#233;l&#233;vation, ‘ola) ainsi d’ailleurs que de l’agneau du sacrifice (ou de l’&#233;l&#233;vation, se ha’ola). De la notion de sacrifice on passe ais&#233;ment (en h&#233;breu, pas en grec) &#224; celle d’&#233;l&#233;vation.• Repentir de Judas.Dans Matthieu, nous voyons Judas se repentir.Mt 27, 3 &amp;quot;Alors Judas, qui l'avait livr&#233;, voyant qu'il avait &#233;t&#233; condamn&#233;, fut pris de remords&amp;quot;C'est l&#224; une r&#233;utilisation de la capacit&#233; de Juda &#224; reconna&#238;tre ses fautes. Tamar lui dit en effet: reconnais-tu ces signes? et Juda reconna&#238;t sa faute: &#171; tu as &#233;t&#233; plus juste que moi &#187;. On a ici, accessoirement, un autre effet de double entente: Juda disant &#224; une Canan&#233;enne (Tamar) “tu as &#233;t&#233; plus juste que moi”, tsadqa mimeni, voil&#224; qui nous ram&#232;ne &#224; l'entr&#233;e possible des pa&#239;ens dans l'alliance. Le discours chr&#233;tien sur la “justification” provient de l&#224;.Cependant, malgr&#233; ces remords, Judas sera exclu aussi bien par la Bible que par le midrash juif et chr&#233;tien.Il arriva, vers ce temps-l&#224;, que Juda se s&#233;para de ses fr&#232;res (Gn 38, 1)Ce passage a sans doute &#233;t&#233; lu au futur, comme proph&#233;tie &#224; cause de l’expression ba'et hahu: en ce temps-l&#224;.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Le Midrash Rabba avait lui aussi &#233;labor&#233;, de son c&#244;t&#233;, cette chute de Juda:Quand les fr&#232;res de Joseph le vendirent et qu'ils all&#232;rent consoler leur p&#232;re sans y r&#233;ussir, ils dirent: C'est Juda qui est responsable de toutes ces difficult&#233;s. Si en effet il ne nous avait pas demand&#233; de le vendre, nous ne l'aurions pas vendu. En effet nous lui avions d&#233;j&#224; ob&#233;i lorsqu'il nous avait dit de ne pas le tuer. Si donc il nous avait dit de ne pas le vendre, nous lui aurions ob&#233;i. Or il nous a dit: &amp;quot;Allons, vendons-le aux Isma&#233;lites&amp;quot; (Gn 37, 27). Ainsi donc Juda fut banni par ses fr&#232;res, comme il est &#233;crit: &amp;quot;Il advint qu'en ce temps-l&#224; Juda descendit loin de ses fr&#232;res&amp;quot; (Gn 38, 1). Le texte aurait pu dire: Juda s'en alla. En fait Juda subit une &amp;quot;descente&amp;quot; du fait de ses fr&#232;res. Par cons&#233;quent le &amp;quot;Il descendit&amp;quot; qui figure un peu plus loin (Ex 32, 15) d&#233;signe bien un bannissement, tout comme le &amp;quot;descends&amp;quot; qui figure ici. (Exode Rabba 42, 3)Cette exclusion de Juda est reprise et accentu&#233;e dans le midrash chr&#233;tien par la r&#233;f&#233;rence des Evangiles &#224; Za 11,12 o&#249; ce midrash “trouve” les 30 pi&#232;ces d'argent et l’id&#233;e &amp;quot;de rompre la fraternit&#233; entre Juda et Isra&#235;l&amp;quot;. Le livre de la Gen&#232;se n'est pas la seule source du midrash chr&#233;tien, relativement &#224; Judas. Il est en effet question d'une trahison de Juda (mais en tant que tribu, donc d’une faute collective) dans le livre de Josu&#233;, plus pr&#233;cis&#233;ment dans l'&#233;pisode d'Ak&#226;n.Jos 7, 1 : Mais les Isra&#233;lites se rendirent coupables d'une violation de l'anath&#232;me: Ak&#226;n… fils de Zabdi, fils de Z&#233;rah, de la tribu de Juda, prit de ce qui tombait sous l'anath&#232;me, et la col&#232;re de Yahv&#233; s'enflamma contre les Isra&#233;lites.Ak&#226;n (de la tribu de Juda) a d&#233;rob&#233;, Judas sera donc, dans les Evangiles, un voleur (ganav). En r&#233;alit&#233;, si Judas est un voleur, c’est au sens de Dt 24, 7 &amp;quot;celui qui enl&#232;ve (vole) un homme pour le vendre...&amp;quot;. En effet, Joseph dit, en Gn 40, 15: j’ai &#233;t&#233; enlev&#233; (gunov gunavti, litt&#233;ralement: vol&#233; oui, j’ai &#233;t&#233; vol&#233;). Mieux: l’association de Juda avec le gain, l’argent, l’int&#233;r&#234;t, vient fondamentalement d’une expression malheureuse de Gn 37, 26:Juda dit &#224; ses fr&#232;res: Quel profit y aurait-il &#224; tuer notre fr&#232;re?Probl&#232;me d’arithm&#233;tique: sachant que Juda (ou Judas) est devenu le repr&#233;sentant des Juifs, calculer les ravages caus&#233;s par cette association entre les Juifs et l’argent, depuis deux mille ans… Judas d&#233;tenait, selon les Evangiles, la bourse commune. Information historique? Pas vraiment. Mais le Midrash sur les Proverbes a entendu parler, lui, de cette bourse.1.10 - Mon fils, si des p&#233;cheurs veulent te s&#233;duire, n'y va pas! 1.11 - S'ils disent: &amp;quot; Viens avec nous, embusquons-nous pour r&#233;pandre&#173; le sang, sans raison, prenons l'aff&#251;t contre l'innocent; 1.12 - comme le sheol, avalons-les tout vifs, tout entiers, tels ceux qui descendent dans la fosse! 1.13 - Nous trouverons mainte chose pr&#233;cieuse, nous emplirons de butin nos maisons; 1.14 - avec nous tu tireras ta part au sort, nous ferons tous bourse commune!Ce midrash r&#233;f&#232;re d’ailleurs tout le d&#233;but du livre des Proverbes &#224; la vente de Joseph. Le grec glossokomon pour “bourse”, traduit aussi &#171; aron &#187;, l'arche, qui &#233;tait d’ailleurs suppos&#233;e contenir les restes de Joseph. L’arche se trouve bien en Juda (Jud&#233;e), puisqu’elle est &#224; J&#233;rusalem. Voil&#224; une autre bonne raison, pour un midrash, d’associer Judas &#224; la “bourse”. Toutes ces raisons ne s’excluent pas, elles convergent, elles saturent le texte. Elles mettent le texte dans tous ses &#233;tats, au comble de ses sens.Judas est tr&#232;s li&#233; aux pr&#234;tres du Temple. Pourquoi cette insistance relative aux pr&#234;tres? On passe ici &#224; un autre th&#232;me: celui du sacrifice du Christ. On n'est plus ici dans le registre de la trahison, mais dans celui du sacrifice volontaire du Christ pour sauver son peuple. Ce qui, logiquement, est incompatible avec l'id&#233;e de trahison. L’accord s’effectue par Gn 45,7. Joseph y d&#233;clare que Dieu a permis qu'il soit vendu par ses fr&#232;res afin de sauver son peuple. Puisque le midrash sur la vente de Joseph est maintenant achev&#233;, le r&#244;le de Judas est termin&#233;. On entre dans un nouveau midrash. Dans ce nouveau registre, J&#233;sus est l'agneau sacrificiel qui va offrir sa vie pour sauver son peuple.Le Midrash mishle (Midrash sur les Proverbes, chapitre 1) contient d’autres d&#233;tails qui sugg&#232;rent une &#233;laboration midrashique du r&#233;cit de la C&#232;ne. Ce midrash, curieusement, attribue la responsabilit&#233; principale de l’attentat contre Joseph, &#224; deux fr&#232;res en particulier, Sim&#233;on et L&#233;vi.Qui, en r&#233;alit&#233;, parmi tous ses fr&#232;res le laiss&#232;rent dans la fosse? Tu dois dire, Sim&#233;on et L&#233;vi, comme il est dit, &#171; Que mon &#226;me n'entre&#173; pas en leur conseil &#187; (Gn 49, 6).or, ce sont ces noms que l’on retrouve principalement dans les Evangiles. Le midrash rel&#232;ve encore que les fr&#232;res de Joseph partag&#232;rent tous “la m&#234;me table au banquet”.“&#192; partir du jour o&#249; Joseph fut s&#233;par&#233; de ses fr&#232;res, il ne go&#251;ta pas de vin, mais quand il les retrouva, ils burent ensemble du vin”,Le midrash glose longuement sur la coupe que Joseph cache dans le sac de Benjamin. Les retrouvailles de Joseph et de ses fr&#232;res sont compar&#233;es par le midrash &#224; la donation de la Loi au Sina&#239;. D’o&#249; la fraction du pain et le partage du vin.Le midrash chr&#233;tien est tellement persuad&#233; de l’identit&#233; entre J&#233;sus et Joseph qu’il forge m&#234;me un personnage midrashique qui survient ou plut&#244;t revient “apr&#232;s la mort de Joseph”. AHar&#233; mot yosseph devient Joseph d’Arimathie. Arimathie &#233;tant un artefact calqu&#233; sur ahare mot. Joseph doit en effet revenir, du moins dans le midrash, et ce pour une raison tout &#224; fait essentielle, sans laquelle on ne comprend rien &#224; la &amp;quot;raison midrashique&amp;quot;, et qui est le mot de Rachel que l’on peut lire dans bien des sens: yossef adona&#239; li ben aHer, Dieu m’a ajout&#233; un autre fils, que Dieu m’ajoute un autre fils, Dieu m’ajoutera un fils autre (un messie), Joseph est un fils autre, etc.Concluons. L’&#233;pisode de la vente de Joseph, occupe dans la Bible une taille restreinte. Or, dans le midrash juif, cet &#233;pisode est transfigur&#233; et prend une importance d&#233;mesur&#233;e. Ce n’est plus un &#233;pisode romanesque, simple transition entre le cycle des Patriarches et la Saga de l’Exode. Il est devenu un &#233;v&#233;nement d’une immense importance. Certains midrashim indexent la vente de Joseph comme &#233;tant, rien moins que la cause de la destruction du Temple, de l’exil, et des souffrances permanentes d’Isra&#235;l. Par exemple le midrash appel&#233; “Zohar sur les Lamentations”, en fait un &#233;v&#233;nement d’ordre cosmique, qui affecte m&#234;me l’&#233;conomie de la divinit&#233;. Ce midrash nous indique que depuis le rapt de Joseph, Satan (l’accusateur) ne cesse de plaider devant Dieu contre Isra&#235;l. D’o&#249; sans doute Lc 22, 3: Or Satan entra dans Judas (ou: en Jud&#233;e?). Joseph est devenu une figure messianique. A partir de lui, a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e l’id&#233;e d’un messie pr&#233;curseur, qui doit mourir lors d'un combat, mais pr&#233;c&#233;der de peu l’av&#232;nement du messie davidique. C'est pourquoi, il est question d'un combat dans des versets comme Mt 26, 47Et avec lui une bande nombreuse arm&#233;e de glaives et de b&#226;tons, envoy&#233;e par les grands pr&#234;tres et les anciens du peuple.• Juda et Thomas.Les Actes de Thomas, nous fournissent une autre confirmation de l’&#233;laboration midrashique relative &#224; Judas. Thomas est l'un des 12 ap&#244;tres. Il porte un deuxi&#232;me nom, Didyme. Ceci est assez fr&#233;quent dans les Evangiles (Simon-Pierre, Matthieu-L&#233;vi). Dans Jean, Thomas appara&#238;t dans la p&#233;ricope de la r&#233;surrection de Lazare.Alors Thomas, appel&#233; Didyme, dit aux autres disciples: &amp;quot; Allons, nous aussi, pour mourir avec lui! Jn 11, 16.Cette volont&#233; d'aller vers la mort est en r&#233;alit&#233; une volont&#233; d'idol&#226;trie (voir l'article sur Lazare). En Jn 20, 27 Thomas re&#231;oit l'attribut qui le distingue: l'incr&#233;dulit&#233;.J&#233;sus dit &#224; Thomas: &amp;quot; voici mes mains; avance ta main et mets-la dans mon c&#244;t&#233;, et ne deviens pas incr&#233;dule, mais croyant. &amp;quot;Thomas devient donc le paradigme de l’incr&#233;dulit&#233; puisqu'il demande &#224; toucher les plaies de J&#233;sus pour croire. Dans les &amp;quot;Actes de Thomas&amp;quot;, Thomas est appel&#233; fr&#232;re jumeau de J&#233;sus (&#167; 30 Le serpent). Pourquoi cette appellation? Thomas a enfin un troisi&#232;me nom: il se nomme en effet &amp;quot; Juda Thomas dit aussi Didyme.&amp;quot; Que signifie cette s&#233;rie de noms? Didyme signifie en Grec Jumeau, et Jumeau se dit teom en h&#233;breu, d'o&#249; le nom de Thomas. On a donc voulu garder le lien phon&#233;tique avec l'h&#233;breu. Ce rapport avec la g&#233;mellit&#233;, bien rendue par le tableau du Caravage, est un rapport avec le double. Thomas est un double, et, nous disent les Actes de Thomas, un double du Christ. C'est que les ap&#244;tres (sheliHim, envoy&#233;s) sont les mandataires de J&#233;sus, qui est lui-m&#234;me l'envoy&#233; par excellence. Ils ont tous les pouvoirs du mandant. C’est pourquoi J&#233;sus appara&#238;t souvent, dans les Apocryphes, sous les traits des ap&#244;tres.Enfin, Thomas est aussi Juda. Que signifie cette nouvelle identit&#233;? Au d&#233;but des “Actes de Thomas”, J&#233;sus vend Thomas comme esclave &#224; un marchand Indien. Nous tenons l&#224;, la raison de l'identification de Thomas avec Juda: Juda (Yehuda, le fils de Jacob) avait vendu Joseph &#224; des marchands. Le texte des Actes de Thomas est bien entendu un midrash. En vertu du principe d'inversion eschatologique, c'est J&#233;sus (figure de Joseph) qui vend maintenant Juda &#224; des marchands. Le vendeur est vendu. Juda, qui &#233;tait voleur dans la Bible distribue ici aux pauvres l’argent avec lequel il devait construire un palais au roi. On retrouve la pol&#233;mique sur le Temple. Juda (les Juifs) au lieu de s'enorgueillir de son r&#244;le de constructeur du Temple de J&#233;rusalem, ferait mieux de faire l'aum&#244;ne aux pauvres.La zone d'apostolat assign&#233;e &#224; Juda-Thomas est l'Inde car son nom, Yehuda, sonne comme hodu (en h&#233;breu: l'Inde). Ce n'est qu'une fois vendu que Juda change de nom. De m&#234;me que Saul devient Paul, Juda devient Thomas. Comme Paul, Thomas doit maintenant porter la parole aux Nations, mais comme Jonas, il regimbe.Il alla chez le marchand Abban&#232;s, n’ayant absolument rien emport&#233; avec lui que le prix de sa vente. Le Seigneur le lui avait en effet donn&#233; avec ces mots: “Que le prix de ta vente soit avec toi”.Autre indice que Thomas est Judas: seul Thomas fait mention des clous de la crucifixion (masmarim ou masmarot) or c'est Judas qui vend (masar) J&#233;sus.• Judas et la Passion.Judas n’appara&#238;t pas seulement dans les &#201;vangiles comme celui qui vend J&#233;sus. Dans l’&#233;pisode de la p&#233;cheresse pardonn&#233;e, il appara&#238;t, nous l'avons vu, comme celui qui ne supporte pas l’entr&#233;e des pa&#239;ens, c’est-&#224;-dire l’arriv&#233;e pr&#233;coce du messie. Il pense que le parfum (les bonnes actions) devrait &#234;tre r&#233;serv&#233; aux pauvres (aux Juifs). Il y a ici la trace d’une r&#233;volte contre une certaine id&#233;e de la r&#233;tribution, les bonnes actions &#233;tant en quelque sorte monnay&#233;es. Cette r&#233;volte sera d’ailleurs au cœur de la R&#233;forme qui la retournera contre l’&#201;glise: on ne saurait avoir prise sur Dieu.Judas se rend donc chez les pr&#234;tres et leur propose de leur &#233;changer le messie contre trente pi&#232;ces d’argent. Le midrash (GnR 98,9) nous explique le sens de ce troc dans un passage qui jette un &#233;clairage direct sur la controverse qui faisait rage dans le Juda&#239;sme entre les tenants d’une loi immuable, et ceux qui soutenaient que le messie abolirait la loi juive. Une partie du Juda&#239;sme d&#233;fendait en effet l’id&#233;e d’une loi immuable, m&#234;me apr&#232;s la venue du messie.R. Hanin a dit: Isra&#235;l n'a pas besoin de l'enseignement du Roi messie, car il est dit: “... &#224; lui s’adresseront les Nations (pas les Juifs)” (Is 11, 10) mais il viendra seulement pour r&#233;unir les exil&#233;s et donner aux pa&#239;ens trente commandements, comme il est &#233;crit (Za 11,12) Ils pes&#232;rent mon salaire: trente sicles d'argent. (GnR 98,9)Le midrash nous explique donc ici que ces trente sicles sont les lois donn&#233;es aux pa&#239;ens &#224; la fin des temps. Voil&#224; &#224; quoi se r&#233;duit la venue messianique. Les &#201;vangiles r&#233;pondent: Si le messie ne sert qu’&#224; apporter trente lois aux pa&#239;ens, c’est que l'id&#233;e messianique ne vaut plus grand-chose aux yeux des Juifs. Voila pourquoi les &#201;vangiles font &#233;valuer J&#233;sus par les pr&#234;tres juifs &#224; ce prix. On voit donc que la Passion n’est pas un &#233;pisode d&#233;connect&#233; de la probl&#233;matique centrale des &#201;vangiles, &#224; savoir l’entr&#233;e des pa&#239;ens &#224; la fin des temps. Le r&#233;cit de la Passion accorde m&#234;me une place essentielle aux pa&#239;ens, comme nous allons le voir maintenant en analysant la suite de notre passage.Pris de remords, Judas revient voir les Pr&#234;tres. Comme la vente de Joseph et la sous-&#233;valuation du messie sont maintenant condens&#233;es, Judas regrette ici, midrashiquement, d’avoir vendu son fr&#232;re Joseph et aussi, narrativement, d’avoir sous-evalu&#233; le messie.Mt 27,4 J'ai p&#233;ch&#233;, dit-il, en livrant un sang innocent. Mais ils dirent: Que nous importe? &#192; toi de voir.Judas est tellement pris de remords qu’il se sent oblig&#233; d’accomplir le passage de Zacharie que nous venons de voir cit&#233; par R. Hanin.Yahv&#233; me dit: Jette-le au fondeur, ce prix splendide auquel ils m'ont appr&#233;ci&#233;! Je pris donc les trente sicles d'argent et les jetai &#224; la Maison de Yahv&#233;, pour le fondeur (Za 11,13).Judas jette l’argent et d&#233;cide de se pendre ou de s’&#233;trangler:Mt 27,5 Jetant alors les pi&#232;ces dans le sanctuaire, il se retira et s'en alla se pendre. Ayant ramass&#233; l'argent, les grands pr&#234;tres dirent: Il n'est pas permis de le verser au tr&#233;sor (otsar), puisque c'est le prix du sang. Apr&#232;s d&#233;lib&#233;ration, ils achet&#232;rent avec cet argent le champ du potier (yotser) comme lieu de s&#233;pulture pour les &#233;trangers.C’est ici que nous allons retrouver nos pa&#239;ens. Cette id&#233;e de “s&#233;pulture pour les &#233;trangers” (qbr gerim) fait jeu de sons par inversion avec celle de qrb gerim (rapprocher, c’est-&#224;-dire convertir, les &#233;trangers). R&#233;duire &#224; n&#233;ant le messie, c’est-&#224;-dire renoncer &#224; sa venue, &#233;quivaudrait donc &#224; condamner les pa&#239;ens &#224; la mort (l’idol&#226;trie). D’autre part (toujours la surd&#233;termination) acheter un champ &#233;quivaut &#224; nier la proximit&#233; des temps messianiques. Pour ceux qui trouveraient ce raccourci un peu trop rapide, le Pasteur d’Hermas nous explique cela en d&#233;tail:50,1 Similitude I. Il me dit: &amp;quot; Vous savez que vous habitez sur une terre &#233;trang&#232;re, vous les serviteurs de Dieu. En effet, votre cit&#233; est loin de celle-ci. Si donc vous connaissez, dit-il, votre cit&#233;, celle que vous devez habiter (un jour), pourquoi vous procurer ainsi des champs, des installations co&#251;teuses, des &#233;difices, des demeures inutiles? Celui qui se procure ces choses dans cette cit&#233; ne s'attend donc pas &#224; retourner dans sa propre cit&#233;. Insens&#233;, inconstant, malheureux! Ne comprends-tu pas que tout cela est &#233;tranger et au pouvoir d'un autre? Car le ma&#238;tre de cette cit&#233; dira: &amp;quot; je ne veux pas que tu habites dans ma cit&#233;; va-t'en de cette cit&#233;, puisque tu n'ob&#233;is pas &#224; mes lois. &amp;quot; Toi donc, qui poss&#232;des des champs, des maisons et beaucoup d'autres biens, expuls&#233; par lui, que feras-tu de ton champ, de ta demeure et de tout le reste que tu t'&#233;tais pr&#233;par&#233;? Car le ma&#238;tre de ce pays te parle justement: &amp;quot;&amp;amp;#8194;Ou bien ob&#233;is &#224; mes lois, ou bien sors de mon pays. &amp;quot; Que feras-tu donc, toi qui suis la loi de ta propre cit&#233;? &#192; cause de tes champs et du reste de tes biens, renieras-tu tout &#224; fait ta loi et marcheras-tu selon la loi de cette cit&#233;-ci? Prends garde qu'il ne soit dangereux de renier ta loi, car si tu veux retourner dans ta cit&#233;, crains qu'on ne t'y accueille plus, pour avoir reni&#233; la loi de ta cit&#233;, et que tu en sois exclu. Veilles-y donc: puisque tu habites sur une terre &#233;trang&#232;re, ne te r&#233;serve rien de plus que le strict n&#233;cessaire et sois pr&#234;t: ainsi, lorsqu'il plaira au ma&#238;tre de cette cit&#233; de t'expulser pour opposition &#224; ses lois, tu sortiras de sa cit&#233;, tu rejoindras la tienne et tu vivras selon ta loi, sans dommage, dans la joie.Notons qu’on n’inverse pas ici les mots (qrb, qbr) pour le simple plaisir de faire des calembours, mais parce qu’on traite de la fin des temps qui repr&#233;sente l’inversion g&#233;n&#233;ralis&#233;e.Mt 27,8 Voil&#224; pourquoi ce champ-l&#224; s'est appel&#233; jusqu'&#224; ce jour le Champ du Sang. 27,9 Alors s'accomplit l'oracle de J&#233;r&#233;mie le proph&#232;te: Et ils prirent les trente pi&#232;ces d'argent, le prix du Pr&#233;cieux qu'ont appr&#233;ci&#233; des fils d'Isra&#235;l, 27,10 et ils les donn&#232;rent pour le champ du potier, ainsi que me l'a ordonn&#233; le Seigneur.On aurait ici une &#233;laboration midrashique illustr&#233;e par ce verset d’Isa&#239;e:Is 29,16 Quelle inversion! Le potier ressemble-t-il &#224; l'argile pour qu'une œuvre ose dire &#224; celui qui l'a faite: Il ne m'a pas faite, et un pot &#224; son potier: Il ne sait pas travailler?En h&#233;breu, ce verset est: hapkekhem im keHomer hayotser yeHashev ki omar ma’ass&#233; le’ossehu lo ‘asani veyetser amar leyotsro lo hebin. Ce qui expliquerait la pr&#233;sence, dans Matthieu, de cette incompr&#233;hensible histoire de potier et de tr&#233;sor (yotser qui est aussi le cr&#233;ateur, et otsar, le tr&#233;sor). L’inversion dont parle Isa&#239;e est la hapekha, inversion qui fait que la cr&#233;ature juge son cr&#233;ateur, que l’argile (Homer) se moque du potier. Le midrash chr&#233;tien profite de l’occasion pour y lire un autre reproche fait par certains &#224; Dieu: lo hebin, il ne comprend pas ou: il ne peut produire de fils (de messie)Cet article est une refonte d'&#233;tudes parues dans les ouvrages &amp;quot;Un Etranger sur le toit&amp;quot; et &amp;quot;Comprendre les origines du Christianisme&amp;quot;</description>
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     <title>La femme adult&#232;re - par maurice le 05/03/2008 : 23:16</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=264</link>
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     <description>La femme adult&#232;re&amp;amp;nbsp; Lucas Cranach l'Ancien (1472-1553): Le Christ et la femme adult&#232;re. Jn 8. 3 - Or les scribes et les Pharisiens am&#232;nent une femme surprise en adult&#232;re et, la pla&#231;ant au milieu, 8.4 ils disent &#224; J&#233;sus: Ma&#238;tre, cette femme a &#233;t&#233; surprise en flagrant d&#233;lit d'adult&#232;re. 8.5 - Or, dans la Loi, Mo&#239;se nous a prescrit de lapider ces femmes-l&#224;. Toi donc, que dis-tu? 8.6 - Ils disaient cela pour le mettre &#224; l'&#233;preuve, afin d'avoir mati&#232;re &#224; l'accuser. Mais J&#233;sus, se baissant, se mit &#224; &#233;crire avec son doigt sur le sol. 8.7 - Comme ils persistaient &#224; l'interroger, il se redressa et leur dit: Que celui d'entre vous qui est sans p&#233;ch&#233; lui jette le premier une pierre 8.8 - Et se baissant de nouveau, il &#233;crivait sur le sol. 8.9 - Mais eux, entendant cela, s'en all&#232;rent un &#224; un, &#224; commencer par les plus vieux; et il fut laiss&#233; seul, avec la femme toujours l&#224; au milieu. 8.10 - Alors, se redressant, J&#233;sus lui dit: &amp;quot; Femme, o&#249; sont-ils? Personne ne t'a condamn&#233;e? &amp;quot; 8.11 - Elle dit: &amp;quot; Personne, Seigneur. &amp;quot; Alors J&#233;sus dit: Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, d&#233;sormais ne p&#232;che plus.L'oubli de la tradition midrashique conduit les ex&#233;g&#232;tes &#224; des situations parfois tr&#232;s embarrassantes, la g&#232;ne occasionn&#233;e va souvent jusqu'&#224; la contorsion. Nous l'avons vu avec le cas de Rahab. Le texte biblique nous montrait une femme prostitu&#233;e qui mentait et qui trompait son roi, attitudes difficilement d&#233;fendables. Mais par ailleurs, l'Ep&#238;tre aux H&#233;breux fait l'&#233;loge de Rahab et en fait le parangon de la foi. Comme disait un grand strat&#232;ge russe: Que faire ?Nous retrouvons ici le m&#234;me dilemme. J&#233;sus peut-il approuver un adult&#232;re ? La situation est tr&#232;s tr&#232;s g&#234;nante. En v&#233;rit&#233; nous sommes tr&#232;s embarrass&#233;s. Et puis que faire de ce d&#233;tail incompr&#233;hensible relatif &#224; J&#233;sus qui &#233;crit par terre ?La solution de cette &#233;nigme est pourtant tr&#232;s simple: jamais il n'a &#233;t&#233; question ici d'adult&#232;re. Dans le registre de langue nomm&#233; double entente, adult&#232;re signifie idol&#226;trie. En Nombres Rabba 9, le midrash rapproche ainsi adult&#232;re et idol&#226;trie au motif que, dans les deux activit&#233;s, l’auteur postule l’absence du regard divin. Le verbe naaf (commettre l'adult&#232;re) renvoie d’ailleurs aussi bien &#224; l'adult&#232;re qu'&#224; l'idol&#226;trie. Voyez par exemple J&#233;r&#233;mie 3, 9:Elle a commis l'adult&#232;re avec la pierre et le bois.va-tinaf et ha-eben veet ha-ets.Cette hypoth&#232;se permet d'expliquer parfaitement l'&#233;criture sur le sable. En Nb 5, 14 le rituel de la femme &#171; sota &#187; (sota signifie soup&#231;onn&#233;e d’adult&#232;re) comporte une curieuse auto r&#233;f&#233;rence. Ce rituel demande d'&#233;crire le texte m&#234;me du rituel (donc de s'&#233;crire lui-m&#234;me) puis de l'effacer dans les &#171; eaux d'amertume &#187;. Les impr&#233;cations du pr&#234;tre s'effacent ainsi d'elles-m&#234;mes, aussit&#244;t qu'&#233;crites.Puis le pr&#234;tre mettra par &#233;crit ces impr&#233;cations, et les effacera dans les eaux d'amertume.Dans le Talmud, en Sota 2, 4 on trouve ces pr&#233;cisions:Le cohen n’&#233;crira, ni sur une planche, ni sur du papier, ni sur de la peau fendue (difthera) mais sur un rouleau de parchemin, car il est &#233;crit: &amp;quot;dans un livre&amp;quot;; il n’emploiera pour &#233;crire ni de la gomme (gummi), ni du vitriol (calcanthon) ni aucun autre corrosif aux traces persistantes, mais avec de l’encre, puisqu’il est dit: &amp;quot;Il effacera&amp;quot;, il faut donc que l’&#233;criture soit ais&#233;e &#224; effacer.C'est ce qui est signifi&#233; dans le texte de Jean par l'attitude de J&#233;sus, qui &#233;crit sur le sable, support &#233;ph&#233;m&#232;re. Il occupe la place du Grand-Pr&#234;tre. La formule “Que celui d'entre vous qui est sans p&#233;ch&#233;…” peut donc aussi signifier “qui n’a jamais &#233;t&#233; idol&#226;tre”. C'est pourquoi, les accusateurs s'en vont un par un, en commen&#231;ant par les anciens (les Juifs, qui se souviennent donc, qu’eux aussi, ont &#233;t&#233; idol&#226;tres, par exemple au moment du veau d’or). D&#233;j&#224; le midrash juif ne manquait jamais une occasion de rappeler aux Juifs leur pass&#233; idol&#226;tre, alors vous pensez si le midrash chr&#233;tien va se g&#234;ner...Le sch&#232;me de notre p&#233;ricope serait le suivant:APPEL DES PA&#207;ENS,JALOUSIE DES JUIFS,LES JUIFS ACCUSENT LES PA&#207;ENS D'IDOL&#194;TRIE (naaf)CEUX-CI NE NIENT PAS ET SE REPENTENT,ILS ACCEPTENT M&#202;ME DE SUBIR LE RITUEL DE LA FEMME SOTALEUR CONDAMNATION EST ALORS ANNUL&#201;E (DISSOUTE),LES JUIFS SE VOIENT RAPPELER LEUR PROPRE IDOL&#194;TRIE,CONFUSION ET D&#201;PART DES JUIFS,LES PA&#207;ENS SE RETROUVENT SEULS &#192; L'INT&#201;RIEUR (be-qereb)• Situation de la femme adult&#232;re.Jean 8,9 nous dit ceci : et il fut laiss&#233; seul, avec la femme toujours l&#224; au milieu. Il faut prendre ce texte au s&#233;rieux. La femme adult&#232;re est toujours l&#224;, encore &#224; l'heure actuelle. Elle partage en cela le sort de Rahab, autre pa&#239;enne c&#233;l&#232;bre dont le livre de Josu&#233; nous dit ceci: Elle est demeur&#233;e au milieu (be-qereb) d'Isra&#235;l jusqu'&#224; aujourd'hui (Jos 6, 25)• Vocabulaire de la p&#233;ricope.La vocabulaire de la peshitta ne laisse aucun doute sur le fait que notre femme adult&#232;re est en r&#233;alit&#233; une idol&#226;tre. C'est une gwr. Le traducteur n'a pas utilis&#233; la racine zny, mais celle proche de la conversion (ger). Une fois repentis les idol&#226;tres ne sauraient &#234;tre condamn&#233;s. Or les juifs (selon les Evangiles) tiennent absolument &#224; ce que les pa&#239;ens soient condamn&#233;s, c'est pourquoi ils veulent ici que le messie condamne (h&#233;breu tardif qategor) les pa&#239;ens. En r&#233;alit&#233;, le r&#233;dacteur &#233;vang&#233;lique conna&#238;t parfaitement l'eschatologie juive. Il sait parfaitement que dans le syst&#232;me eschatologique du juda&#239;sme de l'&#233;poque, le messie fera &amp;quot;entrer&amp;quot; les pa&#239;ens &#224; la fin des temps. Mais pr&#233;cis&#233;ment, il entend ici pol&#233;miquer sur un point essentiel: les juifs diff&#232;rent ind&#233;finiment ce moment. Alors que le messianisme chr&#233;tien entend accomplir cette donn&#233;e eschatologique s&#233;ance tenante.• gwr, gwr&amp;amp;#702; (gawr&amp;amp;#257;) n.m.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; adultery• q&amp;amp;#7789;rg&amp;amp;nbsp; vb.&amp;amp;nbsp; to accuse</description>
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     <title>La p&#233;cheresse pardonn&#233;e et Rahab - par maurice le 27/02/2008 : 22:36</title>
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     <description>La p&#233;cheresse pardonn&#233;e et Rahab.La p&#233;ricope dite de la “p&#233;cheresse pardonn&#233;e” que nous identifions ici &#224; celle de &#171;&amp;amp;nbsp;l’onction de B&#233;thanie&amp;amp;nbsp;&#187; se retrouve donc dans quatre Evangiles. Dans Luc, le r&#233;cit se pr&#233;sente ainsi :Lc 7,36 - Un Pharisien l'invita &#224; manger avec lui ; (J&#233;sus) entra dans la maison du Pharisien et se mit &#224; table. 7,37 - Et voici une femme, qui dans la ville &#233;tait une p&#233;cheresse, Ayant appris qu'il &#233;tait &#224; table dans la maison du Pharisien, elle avait apport&#233; un vase de parfum. 7,38 - Et se pla&#231;ant par-derri&#232;re, &#224; ses pieds, tout en pleurs, elle se mit &#224; lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum. 7,39 - A cette vue, le Pharisien qui l'avait convi&#233; se dit en lui-m&#234;me : &amp;quot; Si cet homme &#233;tait proph&#232;te, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une p&#233;cheresse ! &amp;quot; 7,40 - Mais, prenant la parole, J&#233;sus lui dit : &amp;quot; Simon, j'ai quelque chose &#224; te dire. Parle, ma&#238;tre, r&#233;pond-il. 7,41 - &amp;quot; Un cr&#233;ancier avait deux d&#233;biteurs ; l'un devait cinq cents deniers, l'autre cinquante. 7,42 - Comme ils n'avaient pas de quoi rembourser, il fit gr&#226;ce &#224; tous deux. Lequel des deux l'en aimera le plus ? &amp;quot; 7,43 - Simon r&#233;pondit : &amp;quot; Celui-l&#224;, je pense, auquel il a fait gr&#226;ce de plus. Il lui dit : Tu as bien jug&#233;. 7,44 - Et, se tournant vers la femme : &amp;quot; Tu vois cette femme ? dit-il &#224; Simon. Je suis entr&#233; dans ta maison, et tu ne m'as pas vers&#233; d'eau sur les pieds ; elle, au contraire, m'a arros&#233; les pieds de ses larmes et les a essuy&#233;s avec ses cheveux. 7,45 - Tu ne m'as pas donn&#233; de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entr&#233;, n'a cess&#233; de me couvrir les pieds de baisers. 7,46 - Tu n'as pas r&#233;pandu d'huile sur ma t&#234;te ; elle, au contraire, a r&#233;pandu du parfum sur mes pieds. 7,47 - A cause de cela, je te le dis, ses p&#233;ch&#233;s, ses nombreux p&#233;ch&#233;s, lui sont remis parce qu'elle a montr&#233; beaucoup d'amour. Mais celui &#224; qui on remet peu montre peu d'amour. &amp;quot; 7,48 - Puis il dit &#224; la femme : &amp;quot; Tes p&#233;ch&#233;s sont remis. &amp;quot; 7,49 - Et ceux qui &#233;taient &#224; table avec lui se mirent &#224; dire en eux-m&#234;mes : &amp;quot; Qui est-il celui-l&#224; qui va jusqu'&#224; remettre les p&#233;ch&#233;s ? &amp;quot; 7,50 - Mais il dit &#224; la femme : Ta foi t'a sauv&#233;e ; va en paix. La majorit&#233; des commentateurs s’accorde &#224; penser qu’il s’agit ici de la relation d’un fait r&#233;el, historique. Tout au plus certains auteurs admettent-ils qu’il y a ici un &#233;l&#233;ment de parabole qui se m&#234;le au r&#233;cit. Le r&#244;le de la Redaktiongeschichte sera donc de d&#233;m&#234;ler le r&#233;cit de la parabole. La critique de la forme est en g&#233;n&#233;ral privil&#233;gi&#233;e et aboutit &#224; mettre en &#233;vidence une structure concentrique du r&#233;cit qui ne projette pas sur notre p&#233;ricope une lumi&#232;re aveuglante. En g&#233;n&#233;ral, les critiques ont centr&#233; leur attention sur le th&#232;me de l’onction de J&#233;sus qui leur semble &#234;tre le th&#232;me essentiel de cette p&#233;ricope.• Les jeux de sonorit&#233;s.On retrouve dans les quatre passages synoptiques (Mc 14, 3; Jn 12,1, Mt 26,6 et Lc 7, 36) un r&#233;seau inextricable de jeux de sonorit&#233;s qui rend toute modification impossible. Le r&#233;dacteur ne peut que r&#233;am&#233;nager le mat&#233;riel dont il dispose. Ainsi la racine qrb de la proximit&#233; (une femme s'approcha) va jouer avec la racine de grb (l&#233;preux, s'agissant de Simon) et, chez Jean, avec celle de gnb (voleur, s'agissant de Judas), mais qrb joue surtout avec la racine qbr de l'ensevelissement. L'item de la pauvret&#233; intervient dans B&#233;thanie (bet 'ania, maison de pauvret&#233;) mais aussi dans mskn (les pauvres) or mskn d&#233;signe aussi un l&#233;preux et sonne comme mishkan le Temple, or il sera ici question de Pr&#234;tres. Le r&#233;dacteur de la peshitta a r&#233;ussi quant &#224; lui &#224; garder quelques jeux de sonorit&#233;s : entre khrz (la proclamation) et la m&#233;moire (zkhr); entre 'abad (c'est une belle œuvre..., on lui servit...) et abad (gaspillage)...• L’hypoth&#232;se midrashique.L’hypoth&#232;se midrashique avance que les p&#233;ricopes &#233;vang&#233;liques sont des prolongements du midrash juif. Le r&#233;cit de la p&#233;cheresse pardonn&#233;e serait donc de nature midrashique, il serait de m&#234;me nature que le midrash juif, et en l’occurrence, il prolongerait ici le midrash juif relatif &#224; Rahab, J&#233;thro, Tamar et Antonin. Notre p&#233;cheresse serait une nouvelle &#233;laboration sur Rahab la prostitu&#233;e.Nous retrouvons en effet ici tous les items que nous avons isol&#233;s ailleurs relativement &#224; Rahab.• L’&#233;coute&amp;amp;nbsp;: Le grec du NT de Lc 7, 37 n’indique pas que notre femme de mauvaise vie a entendu, mais tout se passe dans la maison de Simon. Or shim’on en h&#233;breu est un nom form&#233; sur la racine de l’&#233;coute. La pr&#233;sence de ce Simon dans les Evangiles serait elle-m&#234;me un prolongement du midrash juif dans la mesure o&#249; en RtR 2, 1 c’est un Rabbi Simon qui transmet le dit relatif &#224; Rahab.• Le parfum. Rahab &#233;tait devenue, par midrash, une parfumeuse. Ici notre p&#233;cheresse qui figure les pa&#239;ens en tant qu’agent de l’eschatologie apporte du parfum (besamim). Cet item figure d&#233;j&#224; dans la p&#233;ricope des Rois Mages. Dans le midrash Juif, le parfum est une m&#233;taphore des bonnes actions et des commandements divins. Notre passage contient un jeu de sonorit&#233;s qui souligne le th&#232;me du parfum besamim&amp;amp;nbsp;: les disciples sont attabl&#233;s (mesubim).• La pr&#233;f&#233;rence divine pour les convertis. J&#233;sus exprime nettement cette pr&#233;f&#233;rence. J&#233;sus d&#233;montre &#224; Simon que la p&#233;cheresse (figurant les nations pa&#239;ennes) a &#233;t&#233; plus hospitali&#232;re (&#224; la parole de Dieu ) que lui-m&#234;me, Simon, qui a pourtant &#171; entendu &#187;, personnellement, cette parole au Sina&#239;. Le Targum de Ruth explique que le parfum repr&#233;sente les mitsvot, les bonnes actions ou les commandements divins. Notre passage signifie donc que notre p&#233;cheresse s’offre &#224; suivre ces commandements divins. En Qohelet Rabba 8, 14 il est dit que, lorsque les convertis font p&#233;nitence (ou “retour”, h&#233;breu : teshuva), on oublie leurs p&#233;ch&#233;s. D’o&#249; la pr&#233;sence dans notre p&#233;ricope de cet enonc&#233;&amp;amp;nbsp;: Tes p&#233;ch&#233;s sont remis. Le Midrash Rabba attribuait d&#233;j&#224; le pardon divin &#224; Rahab, en jouant sur son statut d’aubergiste (elle a fait preuve d’hospitalit&#233; envers les espions envoy&#233;s par Josu&#233;). Ce passage accomplit donc aussi, en vertu du principe de surd&#233;termination ou de condensation, les versets bibliques du livre de Josu&#233;, qui disent que ce dernier a agi avec bienveillance (Hessed) envers Rahab et sa famille parce qu'elle a cach&#233; les espions. Le soin aux espions (h&#233;breu : meraglim) envoy&#233;s par Josu&#233; subsisterait ici sous la forme de soin aux pieds (raglayim) de J&#233;sus- Josu&#233;. Le syntagme &#171;&amp;amp;nbsp;pieds du messie&amp;amp;nbsp;&#187; est lui-m&#234;me le produit d’&#233;laborations midrashiques complexes qui proviennent sans doute d’Isa&#239;e 52, 7 .Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut…Le genre litt&#233;raire appel&#233; midrash poss&#232;de une grande coh&#233;rence. Les textes midrashiques ne sont pas des compositions arbitraires. Ce sont des textes rigoureusement construits dans lesquels chaque terme a une fonction bien pr&#233;cise. L’hypoth&#232;se midrashique est d&#232;s lors soumise &#224; une tr&#232;s importante contrainte&amp;amp;nbsp;: si le texte du NT est de nature midrashique, il est n&#233;cessaire de rendre compte de chaque item narratif. Or notre p&#233;ricope contient des &#233;l&#233;ments qui lui appartiennent en propre et qu’il convient donc d’expliquer. &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Que signifie par exemple la s&#233;quence qui traite de la vente possible du parfum au b&#233;n&#233;fice des pauvres&amp;amp;nbsp;? Pourquoi, chez Matthieu, notre p&#233;ricope se termine-t-elle soudainement par la d&#233;cision de Judas de livrer J&#233;sus&amp;amp;nbsp;? Cette d&#233;cision est essentielle dans le dispositif textuel des Evangiles. Pourtant, elle ne semble pas avoir de rapport avec notre affaire de parfum. Pourquoi cette insistance sur l’id&#233;e de vente, redoubl&#233;e par la pr&#233;sence de Judas, qui est lui-m&#234;me li&#233; &#224; la vente (de J&#233;sus)&amp;amp;nbsp;?&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Pour le comprendre, il faut se situer sur le plan de l’eschatologie. Les &#233;trangers comme Rahab se sont “rapproch&#233;s” par leur propre m&#233;rite, ils sont plus m&#233;ritants. Ils sont maintenant, en quelque sorte, plus proches de Dieu. Ce changement potentiel dans la pr&#233;f&#233;rence divine serait l’&#233;l&#233;ment qui provoquerait la jalousie (midrashique) puis la trahison (tout aussi midrashique) de Judas. Celui-ci pr&#233;f&#233;rerait que le b&#233;n&#233;fice du parfum (c’est-&#224;-dire des bonnes actions) continue d’aller aux pauvres. Or, un passage du Midrash Rabba nous apprend que “pauvres” est une expression qui d&#233;signe toujours Isra&#235;l. C’est dire que la&amp;amp;nbsp; jalousie de Judas, qui est au centre de tout le dispositif des Evangiles, porte en r&#233;alit&#233; sur l’entr&#233;e des pa&#239;ens dans l’alliance. L’Eglise reprendra cette id&#233;e &#224; travers Paul.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; La r&#233;ponse de J&#233;sus “les pauvres vous les aurez toujours”, prendrait alors un peu de sens. Il s’agirait de rassurer Judas : les Juifs ne vont pas dispara&#238;tre parce que les pa&#239;ens se mettent &#224; faire des “maassim tovim”, des bonnes actions. Judas proteste en effet non pas contre un “gaspillage”, mais contre une apoleia, que nous pouvons r&#233;trovertir sans crainte dans l’h&#233;breu : abbadon, un an&#233;antissement. Sa protestation, d’ailleurs, ne s’adresse pas &#224; la femme (pourquoi avoir achet&#233; un parfum si cher ?) mais au messie (pourquoi l’a-t-il accept&#233; ?). Nous aurions ici la trace d’une &#233;laboration que nous retrouvons dans le r&#233;cit relatif &#224; un autre Simon (le Mage). Celui-ci veut acheter le pouvoir dont dispose l’Esprit de descendre sur les pa&#239;ens. L’id&#233;e g&#233;n&#233;rale est en fait celle-ci&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp; les Juifs monnayent leur &#233;lection par la Loi, ils invoquent la Loi contre l’entr&#233;e des pa&#239;ens &#224; la fin des temps, soit finalement contre la venue du messie.&amp;amp;nbsp; C'est pourquoi Judas est dans la peshitta un skrywTa, terme dont on&amp;amp;nbsp; ne sait pas que faire alors on fait semblant de le &amp;quot;traduire&amp;quot; par Iscariote. Or le CAL nous apprend que :• skyrw, skyrwt&amp;amp;#702; (sk&amp;amp;#299;r&amp;amp;#363;t&amp;amp;#257;) n.f.&amp;amp;nbsp; closing (fermeture)Judas est donc le symbole de la fermeture de la Porte (@ conversion) aux pa&#239;ens (voir aussi dans le dictionnaire le mot @ foule et l'article un Etranger sur le toit).• L’onction et la b&#233;atitude. &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Notre texte entretient un rapport avec la geste d’Elis&#233;e. Elis&#233;e est un proph&#232;te qui est envoy&#233; aux pa&#239;ens, et pas seulement aux Juifs. Jonas, lui, ne sera envoy&#233; qu’aux pa&#239;ens de Ninive. Cette &#233;volution, si elle se poursuivait, signifierait que les pa&#239;ens re&#231;oivent maintenant la parole de Dieu et la proph&#233;tie, tout comme les Juifs. Elle aboutirait &#224; priver les Juifs de leur statut de peuple &#233;lu, d’o&#249; la jalousie de Jonas, qui est de m&#234;me nature que celle de Judas. La protestation de Judas ne concerne donc pas l’huile (en tant que corps gras ayant une certaine valeur), mais bien le statut des pa&#239;ens face aux Juifs (ils vont &#234;tre sauv&#233;s alors qu’ils n’ont pas support&#233; le joug de la loi et les Juifs ne re&#231;oivent pas la r&#233;compense de leurs bonnes actions compar&#233;es au parfum)&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Rahab et J&#233;thro, en tant que &#171; gerim &#187;, sont donc maintenant &#233;gaux ou sup&#233;rieurs aux Juifs de souche. Refrain du midrash :&amp;amp;nbsp;Car quand tu nous apportes la lumi&#232;re, beaucoup de pros&#233;lytes viennent nous rejoindre, comme par exemple J&#233;thro et Rahab &#187;. Viens et apprends : le Saint, b&#233;ni soit-il, fit venir J&#233;thro pr&#232;s de Lui, mais ne l’a pas choisi. Il fit venir Rahab pr&#232;s de lui, mais ne l’a pas choisie. Heureux sont ceux qu’Il fit venir pr&#232;s de Lui bien qu’Il ne les ait pas choisis !Nous sommes dans l’accomplissement des proph&#233;ties sur la conversion des nations, qui aura lieu dans les temps messianiques : “quand tu nous apportes la lumi&#232;re” signifie, dans le code midrashique “lors de la venue du messie”.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Rahab, bien qu’elle ne fasse pas partie du peuple &#233;lu, force en quelque sorte Dieu &#224; l’accepter, par ses bonnes actions. Tout comme Ruth, selon le midrash, imposera par ses actes, la modification de la loi sur l’entr&#233;e des Moabites au sein du Juda&#239;sme. Elle ne fait pas partie du peuple &#233;lu, mais elle est maintenant plus proche alors qu’elle n’a pas &#233;t&#233; &#233;lue.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Autre &#233;l&#233;ment de la phras&#233;ologie midrashique : “l’aile” et le “toit”. Les pros&#233;lytes en entrant sous la protection de Dieu, entrent sous son “toit”, ou encore sous son “aile”. Or cette aile, h&#233;breu : kanaf, est aussi le pan du v&#234;tement, d’o&#249; l’importance de cet item chez J&#233;sus, ainsi que son caract&#232;re universel, assur&#233; par le fait que son pluriel, kanf&#233;, ce sont aussi les rayons du soleil, qui brille pour tous les peuples. L’aile de Dieu &#233;tant aussi l’aile de la shekhina, la pr&#233;sence divine, les convertis habitent d&#233;sormais sous le toit de Dieu, c’est-&#224;-dire dans le Temple (mishkan).Le Midrash op&#232;re sous un r&#233;gime de sens que nous appelons la surd&#233;termination. Une des fonctions du moteur textuel du midrash est d’accomplir les textes bibliques. Tout se passe comme si un passage midrashique devait, pour &#234;tre &#171;&amp;amp;nbsp;bien form&#233;&amp;amp;nbsp;&#187;, accomplir le plus grand nombre possible de passages v&#233;t&#233;rotestamentaires. Il n’est donc pas surprenant que notre &#233;laboration n&#233;o-testamentaire &#233;voque d’autres passages de la Bible. Notre passage porte ainsi sur l'onction des pieds du messie. On retrouve ce th&#232;me en liaison avec l’un des fils de Jacob : Asher. Or le messie du NT est &#233;troitement associ&#233; &#224; Asher en raison du fait que, dans le Magnificat, Marie &#233;nonce en Lc 1, 48 :D&#233;sormais toutes les g&#233;n&#233;rations me diront bienheureuse (ishruni)Or c’est le terme qu’utilise L&#233;a, la m&#232;re d’Asher, &#224; sa naissance. En Gn 30, 13 L&#233;a dit :&amp;amp;nbsp;Car les femmes me diront bienheureuse et elle l’appela Asher .Ce lien explique certains &#233;l&#233;ments de topologie &#233;vang&#233;lique puisque Asher est li&#233; &#224; la c&#244;te maritime du nord (et donc aux villes de Sidon, Tyr et Sarepta, associ&#233;es aux cycles d’Elie et d’Elis&#233;e). En Jg 5, 17 il est pr&#233;cis&#233; : &#171; Asher demeure au bord de la mer &#187;. En Mt 4, 13 nous lisons que J&#233;sus &#171; vint s’&#233;tablir &#224; Capharna&#252;m, au bord de la mer &#187; etc. On retrouve ces pr&#233;cisions en Mt 13, 1 &#171; En ce jour-l&#224;, J&#233;sus sortit de la maison et s’assit au bord de la mer &#187;. etc..La mer est en effet, comme dans Jonas, le symbole des Nations du monde au milieu desquels Isra&#235;l est “noy&#233;” (exil&#233;). Le messie est aussi li&#233; au nord du pays (la Galil&#233;e) et &#224; Asher. Le Nord repr&#233;sente l’exil assyrien, et donc l’exil &#171;&amp;amp;nbsp;actuel&amp;amp;nbsp;&#187;, d’o&#249; le messie fera revenir les Juifs, dans un troisi&#232;me et ultime Exode. Le midrash juif faisait, de son c&#244;t&#233;, sortir Jonas de la tribu d’Asher. Il relie Asher &#224; la rectitude et au fait de redresser, de &#171; rendre droit &#224; nouveau &#187; selon Is 1,17. Asher y est connect&#233; &#224; l’huile d’onction du simple fait que Gn 49, 20 pr&#233;cise : &#171; Asher, sa nourriture (leHem) est grasse (shemena) &#187;. On se souvient aussi que dans Lv Rabba, Rahab est associ&#233;e &#224; la fois &#224; la b&#233;atitude (ashr&#233;…, bienheureux ceux que Dieu a rapproch&#233;…) et &#224; l’onction puisque Rahab engendre des pr&#234;tres et donc des oints. On se souvient de ce d&#233;tail de notre p&#233;ricope :Alors Marie, prenant une livre d’un parfum de nard pur, de grand prix, oignit les pieds de J&#233;sus (Jn 12,3)Or, en Dt 33, 24 nous avons :B&#233;ni soit Asher entre tous les fils ! Qu’il soit privil&#233;gi&#233; parmi ses fr&#232;res et que son pied soit tremp&#233; (h&#233;breu : tobel) dans l’huile !On voit ici le midrash d’accomplissement multiple &#224; l’œuvre.• Ensevelissement.Si elle a r&#233;pandu ce parfum sur mon corps,c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait.D’o&#249; vient cette id&#233;e &#233;trange, et qui semble &#233;trang&#232;re au reste de la p&#233;ricope ? En Gn 50,1 Joseph assiste aux fun&#233;railles de son p&#232;re Jacob, nomm&#233; aussi Isra&#235;l.Alors Joseph se jeta sur le visage de son p&#232;re, le couvrit de larmes et de baisers.Dans le verset qui suit, il le fait embaumer et ensevelir. Le grec “entaphiasai” (ensevelir) traduit l’h&#233;breu lqbr ou laHanot “embaumer”. J&#233;sus aurait donc dit : “c’est pour m’embaumer qu’elle l’a fait”. Nous sommes au moment de P&#226;ques. Cette myrrhe (grec : muron) sonne comme merorim, les herbes am&#232;res, dont on parfume l’agneau pascal, auquel J&#233;sus est identifi&#233;. Notre parfumeuse parfume donc l’agneau pascal, elle participe donc au rituel de la P&#226;que. En lui faisant consommer l’agneau pascal, rite r&#233;serv&#233; exclusivement aux Juifs,Voici le rituel de la p&#226;que : aucun &#233;tranger n'en mangera. (Ex 12, 43)Notre midrash vise &#224; faire entendre, &#224; nouveau, que notre p&#233;cheresse est une juive &#224; part enti&#232;re.• Mariage et tracasseries.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Le midrash juif affirme que Josu&#233; a &#233;pous&#233; Rahab. Cet &#233;nonc&#233; se comprend mieux, si on s’avise que la racine kns signifie &#224; la fois &#233;pouser, et “faire entrer” (dans la kenesset, l'assembl&#233;e), soit convertir. En toute logique, si le NT est un prolongement du midrash juif, J&#233;sus devrait &#233;pouser la p&#233;cheresse. Certains Apocryphes exploreront cette voie.&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; Notre p&#233;ricope traite en r&#233;alit&#233; du droit des pa&#239;ens &#224; se convertir, et ensuite &#224; &#234;tre trait&#233;s avec tous les &#233;gards. D&#233;j&#224; dans le trait&#233; gerim, il est sp&#233;cifi&#233; que lorsqu’un ger est accept&#233;, on ne doit jamais lui rappeler son pass&#233;, ni l'importuner, ni &#234;tre trop pointilleux avec lui. C’est de cela dont Mt 26,10 est la trace. Les Juifs ne respectent pas leur propre loi, ils importunent la p&#233;cheresse et lui rappellent son pass&#233;. Le Messie doit intervenir.J&#233;sus s'en aper&#231;ut et leur dit : Pourquoi tracassez-vous cette femme ? (Mt 26,10)&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; L’irruption des pa&#239;ens (dans le champ de l’eschatologie) figur&#233;e ici par notre p&#233;cheresse, est le th&#232;me central et permanent des Evangiles. C’est le th&#232;me essentiel du Nouveau Testament, dans la mesure ou l’entr&#233;e des pa&#239;ens est le m&#234;me &#233;v&#233;nement que la venue du messie. C’est pourquoi, tr&#232;s logiquement, &#224; la fin de notre passage, J&#233;sus d&#233;clare :En v&#233;rit&#233;, je vous le dis, partout o&#249; sera proclam&#233; l’&#201;vangile, au monde entier, on redira aussi, &#224; sa m&#233;moire, ce qu’elle vient de faire.• Evaluation de l’hypoth&#232;se midrashique.L’hypoth&#232;se midrashique appliqu&#233;e &#224; la p&#233;ricope de la p&#233;cheresse pardonn&#233;e permet de faire &#233;tat de plusieurs r&#233;sultats. Elle nous lib&#232;re une fois pour toutes du probl&#232;me synoptique dans lequel se sont litt&#233;ralement enlis&#233;s des g&#233;n&#233;rations de chercheurs. Elle explique la pr&#233;sence du parfum (bsm) par la continuit&#233; avec le midrash juif qui lui-m&#234;me tirait le byssus de Rahab vers les besamim et qui fait du parfum un symbole de l’acceptation des commandements divins. De m&#234;me elle explique le bon accueil fait &#224; J&#233;sus, par la continuit&#233; avec le midrash sur Rahab aubergiste. Elle explique la parabole lucanienne du cr&#233;ancier et la pr&#233;sence de l’item des pieds de J&#233;sus. Elle explique le discours en trois points de J&#233;sus &#224; Simon. Elle explique, ce qui n’est pas n&#233;gligeable, la raison pour laquelle la r&#233;daction matth&#233;enne termine la p&#233;ricope de la p&#233;cheresse pardonn&#233;e par la d&#233;cision de Judas de trahir J&#233;sus. Elle rend compte de la position de la p&#233;cheresse derri&#232;re J&#233;sus. La remise des p&#233;ch&#233;s s’explique par le fait que les pa&#239;ens une fois convertis, on ne doit plus rappeler leur pass&#233;. Ce pourquoi J&#233;sus demande qu’on ne tracasse pas la p&#233;cheresse. Elle est en mesure aussi d'expliquer la l&#232;pre de Simon, ou la phrase de J&#233;sus&amp;amp;nbsp;: les pauvres vous les aurez toujours.Ces r&#233;sultats sont obtenus avec la m&#234;me hypoth&#232;se. Nous ne sommes pas contraints d’avancer &#224; chaque fois une hypoth&#232;se sp&#233;cifique. Mais l’hypoth&#232;se midrashique ne se borne pas &#224; produire de mani&#232;re &#233;conomique des r&#233;sultats en terme d’intelligibilit&#233; des textes. Elle permet souvent de d&#233;couvrir des aspects du texte autrement invisibles, elle permet de r&#233;v&#233;ler parfois un texte dans le texte. Dans le cas qui nous occupe, elle r&#233;v&#232;le, comme en filigrane, un motif totalement invisible&amp;amp;nbsp;: celui du proc&#232;s eschatologique qui oppose juifs et pa&#239;ens. Dans cette &#233;laboration midrashique, les pa&#239;ens et les juifs, &#224; la fin des temps, passent en proc&#232;s devant Dieu, proc&#232;s o&#249; chacun doit se justifier. Les Juifs font par exemple valoir qu’ils ont accept&#233; la Loi tandis que les pa&#239;ens all&#232;guent que les juifs ont finalement toujours &#233;t&#233; aussi idol&#226;tres qu’eux, etc. Or ce th&#232;me n’appara&#238;t que si l’on rend la p&#233;ricope de la p&#233;cheresse pardonn&#233;e &#224; son substrat s&#233;mitique. C’est alors seulement que les indices apparaissent&amp;amp;nbsp;: Les termes utilis&#233;s (d&#233;biteurs&amp;amp;nbsp;: Hayavim) et (cr&#233;ancier ba’al Hov) &#233;voquent &#224; la fois l’amour (Haviv) mais aussi le champ judiciaire. La femme p&#233;cheresse &#171;&amp;amp;nbsp;&#224; la ville&amp;amp;nbsp;&#187; (medina) figure les pa&#239;ens. Les termes utilis&#233;s ont une sonorit&#233; qui veut faire entendre le son din du Jugement, et renvoient au langage du tribunal (bet-din), jusqu’au&amp;amp;nbsp;: tu as bien jug&#233; adress&#233; &#224; Simon. Cette sonorit&#233; din du jugement dernier va m&#234;me jusqu’&#224; se cacher dans les dinars&amp;amp;nbsp;: le parfum aurait pu &#234;tre transform&#233; en dinars (dnr, deniers). De m&#234;me, en Jean 12, 3 la femme verse sur J&#233;sus du nard (nrd) anagramme de dnr…Enfin l’analyse midrashique permet d’&#233;viter parfois de graves contresens. En voici un exemple. Dans la version matth&#233;enne de notre p&#233;ricope, le texte fait jouer, on l'a vu, les sonorit&#233;s de qrb (une femme s’approcha) et de grb (l&#233;preux) pour opposer la pa&#239;enne qui s’approche et le peuple juif qui est &#233;loign&#233; (qui est exil&#233; comme un l&#233;preux). Quelques versets plus loin, il est question des pauvres (les pauvres, vous les aurez toujours). La peshitta utilise pour pauvre le terme mskn qui signifie aussi l&#233;preux. La &amp;quot;pauvret&#233;&amp;quot; des Evangiles n’aurait donc pas ici un sens &#233;conomique. Les pauvres sont ici une figure d’Isra&#235;l &#224; la fin des temps (isol&#233;s et exil&#233;s). Le midrash juif nous en donne plusieurs confirmations&amp;amp;nbsp;: Voici ce qui est &#233;crit : Il rel&#232;ve (meqim) le pauvre de la poussi&#232;re (1S 2,8). Il s'agit d'Isra&#235;l qui fut plong&#233; dans la boue et les briques en Egypte. Ou encore&amp;amp;nbsp;: Le verset :Yahv&#233; &#233;coute les malheureux, se rapporte &#224; Isra&#235;l. En effet, Rabbi YoHanan a dit : Chaque fois qu’il est question de pauvre, de mis&#233;rable et de malheureux, c'est d'Isra&#235;l que l'&#201;criture veut parler.•&amp;amp;nbsp; Rahab et les P&#232;res grecs et latins.Rahab a connu un destin peu commun dans la patristique grecque et latine. Les p&#232;res de l’Eglise ont vu dans Rahab rien moins que la figure de l’Eglise. La premi&#232;re question que se sont pos&#233;e les premiers P&#232;res de l’Eglise a &#233;t&#233; de savoir si la Rahab du livre de Josu&#233; (LXX&amp;amp;nbsp;: rahab) &#233;tait la m&#234;me femme que la Rachab qui, chez Matthieu, est l’anc&#234;tre du messie. Pour Orig&#232;ne (Commentaitre sur Matthieu 1.5 la Rahab de la g&#233;n&#233;alogie Matth&#233;enne n'est pas la m&#234;me femme que la Rahab de l'Ancien Testament. Pour Jean Chrysostome, c'est le m&#234;me personnage. Les P&#232;res grecs ne cherchent jamais &#224; dissimuler le qualificatif de prostitu&#233;e (porne) accol&#233; &#224; Rahab. Ils sont beaucoup plus embarrass&#233;s par l'id&#233;e de faire l'apologie, via Rahab, du mensonge et de la ruse dont fait &#233;tat le r&#233;cit de Rahab. En effet, Rahab est pour les P&#232;res, la figure m&#234;me de la foi, puisqu'elle est est cit&#233;e comme telle en Hb 11, 31 (Par la foi, Rahab la prostitu&#233;e ne p&#233;rit pas avec les incr&#233;dules, parce qu'elle avait accueilli pacifiquement les &#233;claireurs). Elle poss&#232;de le don de proph&#233;tie, c’est la figure m&#234;me de la repentance. Rahab est un mod&#232;le d’hospitalit&#233;, ce qui lui a valu le salut. Rahab est curieusement assimil&#233;e &#224; la Rahab des Psaumes. Rahab est une figure de l'Eglise mais aussi des pa&#239;ens. Le Josu&#233; qui fit gr&#226;ce &#224; Rahab est le type de J&#233;sus. Rahab est compar&#233;e par certains P&#232;res &#224; Zach&#233;e. Surtout, Rahab est clairement rapproch&#233;e de la p&#233;cheresse pardonn&#233;e, ce qui prouve que le midrash sur Rahab avait bien &#233;t&#233; repris par l'Eglise. Rahab est sup&#233;rieure &#224; Isra&#235;l car bien qu'elle n’ait pas vu les miracles de l’Exode,&amp;amp;nbsp; elle reconnait le vrai Dieu, alors que les Isra&#233;lites qui ont vu les miracles ont fait le veau d’or.Rahab est chez les P&#232;res de l’Eglise latine presque toujours nomm&#233;e&amp;amp;nbsp;Rahab meretrix ou illa meretrix, cette prostitu&#233;e. C’est le terme par lequel la Vulgate a traduit le grec porne et l’h&#233;breu zona. Ce m&#233;tier infamant n’emp&#232;che pas, on l'a vu, un auteur comme Ambroise d’utiliser l’expression audacieuse casta meretrix (chaste prostitu&#233;e). Elle est Hospita (hospitali&#232;re)&amp;amp;nbsp;: Prudence parle d’elle comme hospita sanctorum car elle accueillit les espions. Alienigena (&#233;trang&#232;re), Provida (proph&#232;te), Testis (t&#233;moin)...Rahab re&#231;oit donc des qualificatifs qui doivent faire oublier son pass&#233;.... comme le veut la tradition juive dans laquelle on ne doit pas rappeler son pass&#233; &#224; un pa&#239;en converti. </description>
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     <title>Quelques bonnes raisons de visiter Ath&#232;nes - par maurice le 22/02/2008 : 17:07</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=262</link>
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     <description>Quelques bonnes raisons de visiter Ath&#232;nesUn lecteur nous a pos&#233; la question suivante: &amp;quot;Si Paul n'a jamais exist&#233;, comme vous le pr&#233;tendez, comment est-il possible qu'il ait pu visiter Ath&#232;nes (Actes 17)?&amp;quot;. J'aimerais d'abord indiquer &#224; notre interlocuteur que sa question ne nous pose pas de difficult&#233;s: Paul a tr&#232;s bien pu se rendre &#224; Ath&#232;nes en bateau ou m&#234;me &#224; cheval. Mais cette r&#233;ponse est insuffisante. La v&#233;ritable question est &amp;quot;Pourquoi Ath&#232;nes ?&amp;quot;. Ce voyage textuel &#224; Ath&#232;nes est surd&#233;termin&#233;. Paul a en effet plusieurs bonnes raisons acoustiques de se rendre &#224; Ath&#232;nes. •&amp;amp;#702;ytn&amp;amp;#702;: AthenaIl s'y rend d'abord car il est Sa&#252;l. Or Sa&#252;l avait &#233;t&#233; envoy&#233; aux &#226;nesses.•&amp;amp;#702;tn, &amp;amp;#702;tn&amp;amp;#702; ('t&amp;amp;#257;n&amp;amp;#257;) :&amp;amp;nbsp; &#226;nessePaul se rend ensuite &#224; Ath&#232;nes, car il est l'ap&#244;tre envoy&#233; aux gentils c'est-&#224;-dire aux goyim (ethnos). Voici d&#233;j&#224; deux bonnes raisons d'aller &#224; &amp;quot;Ath&#232;nes&amp;quot;. Cette ville est naturellement pleine d'idoles. Mais elle est aussi pleine de philosophes. Et notamment de philosophes &#233;picuriens. Paul n'a pas crois&#233; de philosophes sceptiques, platoniciens, ou cyniques. Il n'a rencontr&#233; que des &#233;picuriens (et des sto&#239;ciens). Curieusement, ce sont les seuls philosophes connus des textes juifs. Le pirqe avot &#233;nonce &amp;quot;sache ce que tu dois r&#233;pondre &#224; un apiquros&amp;quot;. Il n'est pas certain que ce terme d&#233;signe vraiment les adeptes d'Epicure ou de Lucr&#232;ce. Il est probable en effet que ce terme d&#233;signe simplement des railleurs qui se moquent des rabbins. Par ailleurs, les Epicuriens sont d&#233;j&#224; la cible des Hom&#233;lies Pseudo-Cl&#233;mentines. Toujours est-il que Paul est mis en rapport avec des philosophes•pylwswp, pylwswp&amp;amp;#702; (p&amp;amp;#299;lowsowp&amp;amp;#257;): philosophedont la doctrine est l'&#233;picurisme.•ywlpn, ywlpn&amp;amp;#702; (yulp&amp;amp;#257;n, yulp&amp;amp;#257;n&amp;amp;#257;) : doctrine• 'pyqwr, &amp;amp;#702;pyqwr&amp;amp;#702;&amp;amp;nbsp; :&amp;amp;nbsp; heretic, scepticEn 1Tm 1,10 on trouve un terme proche : epiorkosCe terme est traduit par &amp;quot;parjure&amp;quot; mais comme c'est l'un des milliers de hapax du NT, on ne saura jamais vraiment...Il est donc fort possible que notre passage ne parle que de Juifs. D'ailleurs, Paul n'a jamais fait de pr&#233;dication aux pa&#239;ens et la premi&#232;re chose qu'il fait &#224; Ath&#232;nes, c'est d'aller &#224; la Synagogue. Pour quelqu'un qui a &#233;t&#233; envoy&#233; aux Gentils, c'est d'une logique imparable. Un indice qu'il s'agit de juifs, c'est que Paul a affaire &#224; des rieurs, &#224; des moqueurs: &#192; ces mots de r&#233;surrection des morts, les uns se moquaientLorsqu'il leur parle de r&#233;surrection, ses auditeurs lui r&#233;pondent qu'ils l'&#233;couteront &#224; la fin des temps (zbn 'Hr) et non pas &amp;quot;une autre fois&amp;quot; comme on le traduit habituellement (Nous t'entendrons l&#224;-dessus une autre fois). Un grec ne ferait pas de tels jeux de mots. Dans la peshitta, ces auditeurs sont d'ailleurs des moqin • mwqn, mwqn&amp;amp;#702; (mawq&amp;amp;#257;n&amp;amp;#257;) :&amp;amp;nbsp; derisionqui se moquent de la qiyama. Encore un jeu de mots, pas grec du tout. Ce n'est pas le seul de ce passage. Paul est ensuite conduit devant un tribunal (l'Ar&#233;opage). Classique : apr&#232;s la d&#233;rision, le jugement. C'est le sch&#233;ma de la Passion. Et l&#224;, inversion, il r&#233;ussit &#224; convertir ses Juges. Selon la peshitta il convertit un juge nomm&#233; Denys.• dyn, dyn&amp;amp;#702; (dayyan, dayyana) : judgeCe Denis est dynwsyws, Dinosios, un nom calqu&#233; sur dayan (juge), autrement dit la peshitta comprend le passage comme une &#233;laboration autour du mot juge. Mais on peut aussi le comprendre comme le nom d&#233;form&#233; de Dionysos, autre Olympien et donc parent d'Ath&#233;na. Comme quelques versets plus loin Paul va &#234;tre mis en pr&#233;sence d'un personnage nomm&#233; Apollos, on peut se demander s'il ne s'agit pas l&#224; aussi de convertir les dieux de la Gr&#232;ce. Polos vainqueur de Pallas ? Plus vraisemblablement, il s'agit de montrer que les Juifs sont devenus aussi idol&#226;tres que les grecs, ce qui est le leitmotiv cach&#233; des Evangiles. En effet, le messie ne peut advenir qu'au comble de l'idol&#226;trie.Post scriptum: Il est possible que le th&#232;me de la pr&#233;dication de Paul (la r&#233;surrection) soit aussi une &#233;laboration sur le terme atanasia traduit par Jastrow comme signifiant immortalit&#233;. Ce terme consonne bien avec Ath&#232;nes.  Autre question embarrassante : Comment se fait-il qu'il existe un p&#232;re de l'Eglise nomm&#233; Denys l'Ar&#233;opagite ? R&#233;ponse: Je vous remercie de me poser la question. Le r&#233;cit des actes des Ap&#244;tres a invent&#233; un personnage nomm&#233; Denys l'Ar&#233;opagite, mais la tradition chr&#233;tienne va encore plus loin, elle a fait de ce personnage un &#234;tre historique. Elle continue le midrash paulinien,&amp;amp;nbsp; elle rapporte que ce Denys, converti par le discours de l'ap&#244;tre, fut &#233;tabli par lui premier &#233;v&#234;que d'Ath&#232;nes, et m&#234;me martyr, br&#251;l&#233; vif vers l'an 95. On conna&#238;t donc la date de sa mort et m&#234;me ses &#233;crits. Par exemple, ce Denys historique a &#233;crit des Lettres: les Lettres de Denys l'Ar&#233;opagite. Ce sont de courtes lettres, adress&#233;es &#224; divers personnages eux-aussi tr&#232;s historiques. Curieusement on y voit surgir non pas un Apollos, comme dans les Actes, mais un Apollophane. Une autre lettre est adress&#233;e &#224; un Grand Pr&#234;tre pa&#239;en. C'est que, voyez-vous, les pa&#239;ens ont aussi leur Grand-Pr&#234;tre, comme les Juifs et Denys va pol&#233;miquer sans grand succ&#232;s avec ce Grand-Pr&#234;tre pour faire comme Paul. Son nom? Polycarpe. Curieusement Denys raconte un peu plus loin : Alors que j'&#233;tais venu un jour en Cr&#232;te, le saint homme Carpos me re&#231;ut chez lui... Pourquoi tant de Carpos (2Tm 4, 13) ? C'est que le Grand-Pr&#234;tre a pour fonction de kpr, de faire propitiation. Ce pourquoi certaines sc&#232;nes se passent &#224; Chypre (kpr). On comprend mieux pourquoi la m&#234;me tradition pr&#233;f&#232;re d&#233;sormais parler du Pseudo-Denys.  </description>
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     <title>Le degr&#233; z&#233;ro de l'herm&#233;neutique. - par maurice le 11/02/2008 : 22:19</title>
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     <description>Le degr&#233; z&#233;ro de l'herm&#233;neutiqueNanine CharbonnelUniversit&#233; Marc-Bloch (Strasbourg-II)Le pape Beno&#238;t XVI a publi&#233; l'&#233;t&#233; dernier un livre nomm&#233; J&#233;sus de Nazareth. Des m&#233;dias consid&#233;r&#233;s comme intellectuels (Le Monde, Le Nouvel Observateur) y ont consacr&#233; des dossiers. Qu'a-t-on constat&#233; ? Un d&#233;fil&#233; niais d'approbations, cens&#233; &#234;tre piment&#233; par la pr&#233;sence d'un ''libertin'' (Sollers), d'un ''agnostique'' (Luc Ferry), d'un ''protestant'' (Daniel Marguerat). De m&#234;me, pour No&#235;l, les magazines ont regorg&#233; de dossiers sur la vie de J&#233;sus,&amp;amp;nbsp; leur supr&#234;me audace consistant &#224; affirmer ce qu'ils croient &#234;tre le nec plus ultra de la recherche : distinguer le ''J&#233;sus de l'histoire'', et le Christ de la foi. Bref, la ''d&#233;mythologisation'' des ann&#233;es 1930 comme nouveau lieu commun, accept&#233;e sans discussion, alors m&#234;me qu'elle enferre dans une impasse, comme si on cherchait le tombeau du petit Chaperon rouge.Jamais les journalistes ne disent ces v&#233;rit&#233;s &#233;l&#233;mentaires de la sociologie : que l'immense majorit&#233; de ceux qu'ils pr&#233;sentent comme ''experts'' sont d'abord et avant tout des employ&#233;s d'institutions d'&#201;glise. Attention, il ne s'agit nullement de suspecter leur bonne foi, de d&#233;noncer la manipulation, comme le font les officines libre-penseurs criant au complot. Il s'agit seulement de dire clairement que, dans nos pays, l'immense majorit&#233; des chercheurs sur le christianisme sont des croyants, qui, par simple bon sens psycho-social, ne peuvent mettre en doute une ''v&#233;rit&#233;'', la croyance &#224; l'existence historique de J&#233;sus, dont l'absence les d&#233;truirait psychiquement, affectivement, socialement. Des m&#233;dia, fort attrayants, comme Le Monde des religions, bien loin d'&#234;tre ''neutres'', donnent la parole &#224; des professeurs d'universit&#233;, certes, mais presque tous croyants (et pour cause).Et pour cause, car les non-croyants ne s'int&#233;ressent pas aux textes bibliques. Loisy (personne, hors sp&#233;cialistes, n'a salu&#233; sa m&#233;moire, condamn&#233;, exclu, par le pape de 1907), Las Vergnas, Raymond Fau sont introuvables en librairie, difficilement en biblioth&#232;ques, inconnus du grand public (et m&#234;me Albert Schweitzer, qui affirmait en 1906 que J&#233;sus &#233;tait une figure cr&#233;&#233;e par la foi, n'a jamais &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais !). De m&#234;me est introuvable Bernard Dubourg, &#233;dit&#233; pourtant par Gallimard. Je cite l&#224; des travaux qui n'ont rien de commun dans leurs m&#233;thodes et leurs r&#233;sultats, si ce n'est un travail s&#233;rieux sur les textes, en dehors de toute croyance &#224; une quelconque historicit&#233;. Remarquez comment toujours revient la petite phrase qui prot&#232;ge soigneusement toutes les discussions de la ''d&#233;rive'' : &#171; il est bien entendu, aux yeux de tous les savants s&#233;rieux, que personne ne met en cause l'existence r&#233;elle de J&#233;sus &#187;. Et il est &#224; craindre que le ''dialogue inter-religieux'', ne renforce cette approche qui semble aller de soi, que des textes puissent&amp;amp;nbsp; &#234;tre ''divins'', ''r&#233;v&#233;l&#233;s'', ''inspir&#233;s'' !On se souvient de la rengaine que Pasteur a entendu pendant toute sa vie : il est &#233;vident qu'il y a &#171; g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e &#187;.• Comprendre le Christ comme personnage de papier, c'est-&#224;-dire comme œuvre remarquable du g&#233;nie humainDe m&#234;me que nous comprenons facilement, gr&#226;ce au remarquable livre de Mireille Huchon (Louise Lab&#233;, une cr&#233;ature de papier, Droz, 2006) comment les po&#232;mes dits de Louise Lab&#233; sont issus au XVIe si&#232;cle d'un groupe passionn&#233; de litt&#233;rature, de m&#234;me que le P&#232;re Dominicain Mandonnet avait montr&#233; avec des arguments fort convaincants que la B&#233;atrice de Dante n'avait d'autre identit&#233; que d'&#234;tre la figure personnifi&#233;e de la vocation religieuse (Mandonnet, Dante le th&#233;ologien, 1935), de m&#234;me que Glen W. Bowersock a pu rappeler r&#233;cemment combien &#224; l'&#233;poque du Christ la ''fiction comme histoire'' &#233;tait un genre litt&#233;raire (Le ''mentir-vrai'' dans l'Antiquit&#233;, Bayard, 2007), de m&#234;me que j'ai pu montrer (Philosophie de Rousseau, 3 vol., Ar&#233;opage, 2006) comment il n'y avait aucune diff&#233;rence, dans les &#233;crits de Rousseau, entre ouvrages de ''th&#233;orie'' et ouvrages de ''fiction'' (et cela pour des raisons bien diff&#233;rentes de celles qu'avait pu imaginer Paul de Man, le ma&#238;tre de Derrida) ; de m&#234;me il faut d&#233;sormais ouvrir la&amp;amp;nbsp; voie &#224; des travaux qui prennent en compte ce que les orthodoxies et les habitudes, les int&#233;r&#234;ts et les conventions r&#233;cusent par principe : l'invention textuelle de la figure de J&#233;sus-Christ par le travail admirable de groupes inconnus, connaissant par cœur la Bible juive et nourris de (m&#233;)connaissance d'autres langues, sans cesse entre jeux de mots et ''prise-au-propre'' dans une narration, des symboles de la religion pr&#233;c&#233;dente. C'est bien parce que J&#233;sus n'a jamais exist&#233; que l'invention de sa figure ouvre une telle nouveaut&#233; ni litt&#233;raire, ni philosophique, ni artistique, ni morale, ni symbolique, mais tout cela &#224; la fois, dans une œuvre qu'il est urgent de rendre &#224; tous les humains. Cinquante ans apr&#232;s les Mythologies de Roland Barthes, puis apr&#232;s une trentaine d'ann&#233;es de structuralisme, qui allaient sans doute trop loin dans l'exaltation des m&#233;canismes de l'&#233;criture mais qui avaient le m&#233;rite de mettre enfin le nez sur la pr&#233;sence du texte, son &#233;paisseur, son fonctionnement, comment comprendre que la pens&#233;e occidentale et la pens&#233;e fran&#231;aise en particulier n'ait pu acc&#233;der &#224; une intelligence non morale du texte de la Bible ? Comment ne pas d&#233;plorer cette mis&#233;rable r&#233;duction au degr&#233; z&#233;ro de l'herm&#233;neutique ?Nanine Charbonnel</description>
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     <title>Pri&#232;re de ne pas exag&#233;rer - par maurice le 09/02/2008 : 12:16</title>
     <link>http://www.lechampdumidrash.net/articles.php?lng=fr&amp;pg=259</link>
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     <description>Pri&#232;re de ne pas exag&#233;rer.Le Dialogue Jud&#233;o-Chr&#233;tien (DJC) traverse depuis quelques jours une zone de turbulences.Le DJC nous &#233;tait pourtant pr&#233;sent&#233; comme le mod&#232;le du genre, un long fleuve tranquille, un voyage fraternel entre gens civilis&#233;s, bref: ce qu'on fait de mieux en mati&#232;re de dialogue. Ce trou d'air a pour cause la &amp;quot;pri&#232;re pour les Juifs perfides&amp;quot;.On pensait le probl&#232;me r&#233;solu depuis des lunes, puisque cette perfidie avait disparu de la liturgie catholique. Mais comme dans un mauvais film hollywoodien, voila que le m&#233;chant qu'on croyait mort se rel&#232;ve. Par un motu proprio de Juillet 2007 le Pape autorise en effet le retour de la messe en latin. Va-t-on alors y laisser la pri&#232;re pour les Juifs perfides qui y figurait, alors qu'on l'avait enlev&#233;e de la liturgie r&#233;nov&#233;e. Probl&#232;me difficile et presque aussi d&#233;licat que celui du sexe des anges. Il y va du prestige du Pape. Soit il donne la priorit&#233; &#224; la r&#233;forme et il m&#233;contente les traditionalistes, soit il confirme le retour int&#233;gral de la messe tridentine et il m&#233;contente les progressistes et accessoirement les tenants du dialogue Jud&#233;o-Chr&#233;tien. Le suspens est insoutenable. Que va faire le Pape ? Finalement il modifie quelques mots du latin de ladite pri&#232;re mais garde la &amp;quot;pri&#232;re pour les Juifs&amp;quot;. Ainsi, &#224; cause donc de trois ou quatre excentriques qui ont besoin d'entendre &amp;quot;Oremus&amp;quot; et &amp;quot;Dominus noster&amp;quot; pour se sentir pleinement chr&#233;tiens, on a une quasi-crise diplomatique au sein de cette v&#233;ritable ONG qu'est le DJC.Les partenaires juifs du DJC sont apparemment difficiles &#224; satisfaire: non seulement on prie pour eux, mais ils trouvent le moyen de s'en montrer ingrats. Est-ce que les Juifs prient pour les Chr&#233;tiens ? M&#234;me pas! Et pourtant les Chr&#233;tiens ne s'en plaignent pas. Les partenaires juifs ne sont donc pas satisfaits. Ils avaient demand&#233; que l'on enl&#232;ve le mot &amp;quot;perfides&amp;quot; de cette pri&#232;re. En 1959, le pape Jean XXIII supprima donc l'emploi de l'adjectif &amp;quot;perfides&amp;quot; pour d&#233;signer les juifs. Pourtant, il n'y a rien d'infamant dans ce terme. On parle souvent en France de la&amp;amp;nbsp; &amp;quot;Perfide Albion&amp;quot; et les Anglais n'en font pas tout un plat. Mais ces juifs, quelle susceptibilit&#233;!Le 4 f&#233;vrier, le Vatican, dans un geste inou&#239; de bonne volont&#233;, rectifie une seconde fois cette pri&#232;re. Les passages demandant &#224; Dieu de &amp;quot;soustraire le peuple juif de ses t&#233;n&#232;bres&amp;quot; et de &amp;quot; son aveuglement&amp;quot; disparaissent. Mais la suite, qui invite &#224; prier &amp;quot;afin que Dieu illumine le coeur des juifs et qu'ils connaissent J&#233;sus-Christ, sauveur de tous les hommes&amp;quot;, est maintenue. Elle demande &#224; Dieu de permettre &amp;quot;que tout Isra&#235;l soit sauv&#233; en faisant entrer la foule des gens dans son Eglise&amp;quot;. Cette nouvelle version entre en vigueur &#224; compter de l'ann&#233;e 2008 dans la liturgie du Vendredi saint.Malgr&#233; toutes ces preuves d'amour de l'Eglise, la &amp;quot;partie juive&amp;quot; reste insatisfaite. Depuis juillet 2007, les grands rabbins d'Isra&#235;l, ainsi que les th&#233;ologiens et responsables du dialogue Jud&#233;o-Chr&#233;tien, pressent Beno&#238;t XVI de modifier, voire de supprimer compl&#232;tement cette pri&#232;re du Vendredi saint pour les juifs, &amp;quot;inadapt&#233;e &#224; la nouvelle situation des relations entre les juifs et l'Eglise&amp;quot;. Cette pri&#232;re traduit selon eux &#171; une id&#233;e du dialogue ayant pour finalit&#233; la conversion des juifs au catholicisme, ce qui est pour nous &#233;videmment inacceptable &#187;.Certes, la pri&#232;re parle de la conversion des juifs, a d&#233;clar&#233; le cardinal Kasper sur Radio Vatican, mais cela ne veut pas dire que nous avons l'intention de nous faire missionnaires. La partie juive aurait tort de ne pas prendre au s&#233;rieux les d&#233;clarations de ce haut fonctionnaire italien. R&#233;fl&#233;chissez un instant: vouloir convertir les Juifs, ce serait leur demander de trahir leur foi, c'est &#224; dire d'&#234;tre perfides. perfide signifie selon l'&#233;tymologie &amp;quot;trahir sa foi&amp;quot;. Soyons logiques, si l'Eglise a toujours reproch&#233; aux Juifs leur perfidie, c'est qu'elle veut&amp;amp;nbsp; que les Juifs ne soient pas perfides, qu'ils ne trahissent pas leur foi, et donc qu'ils restent juifs. L'Eglise n'a donc jamais voulu convertir les Juifs. Un peu de bon sens, que diable !Fr&#233;d&#233;ric de Prusse aurait demand&#233; un jour &#224; son m&#233;decin de lui apporter une preuve irr&#233;futable de la v&#233;rit&#233; des Evangiles, et le m&#233;decin pris au d&#233;pourvu lui aurait fait cette r&#233;ponse: Mais, Sire...les Juifs ! Cette anecdote est, comme on dit, signifiante: sans l'existence des Juifs, le Christianisme n'aurait plus aucun indice de sa propre r&#233;alit&#233;. Il deviendrait, &#224; la lettre, psychotique. C'est pourquoi vous pensez bien que les Chr&#233;tiens ne vont pas faire l'erreur grossi&#232;re de vouloir convertir les Juifs. S'ils commettaient cette faute stupide, il n'y aurait plus de retour en arri&#232;re possible, les Chr&#233;tiens seraient en proie &#224; la d&#233;r&#233;liction d&#233;finitive. Le sol se d&#233;roberait sous eux, le sentiment de perte de la r&#233;alit&#233; les envahirait. Les Evangiles appara&#238;traient soudain pour ce qu'ils sont : un simple midrash, tel celui de Ruth ou d'Esther, dont personne ne s'aventure plus aujourd'hui &#224; d&#233;fendre l'historicit&#233;. Le Juda&#239;sme est le rep&#232;re orthonorm&#233; par rapport auquel tous les points qui forment la configuration chr&#233;tienne trouvent leurs coordonn&#233;es. Supprimez ce syst&#232;me d'axes, et les chr&#233;tiens n'ont plus de rep&#232;res. D'o&#249; lib&#233;ration d'une forte angoisse. Ils sont perdus dans l'espace infini et vide qui effrayait d&#233;j&#224; Pascal. Imaginez cinq secondes un monde chr&#233;tien sans juifs. Que signifierait d&#233;sormais l'expression &#233;vang&#233;lique &amp;quot;le salut par les Juifs&amp;quot;?&amp;amp;nbsp; Vous imaginez le pr&#234;tre lisant les Evangiles: je n'ai &#233;t&#233; envoy&#233; qu'aux brebis perdues de la maison d'Isra&#235;l. - Mais de quoi parle-t-il ? se demanderont ses ouailles en se regardant d'un air &#233;tonn&#233;.Pour avoir une id&#233;e de cette d&#233;r&#233;liction, il suffit de consulter un type d'ouvrage, il est vrai un peu sp&#233;cial, mais que vous pouvez facilement trouver sur Amazon, je veux parler des &amp;quot;Manuels pour le traducteur d'Evangile&amp;quot; tels que ceux publi&#233;s par l'Alliance Biblique Universelle, par exemple. Ces ouvrages visent &#224; aider les missionnaires &#224; traduire les Evangiles dans des langues tr&#232;s diff&#233;rentes des langues indo-europ&#233;ennes, telles le kekchi du Guatemala, le tzeltal du Mexique ou d'autres langues comme le baouli; le sotho, le maninka, le zapoth&#232;que ou le tzotzil. Dans ces ouvrages, on s'aper&#231;oit, &#224; chaque mot, &#224; quel point le substrat juif des Evangiles est un obstacle presque insurmontable &#224; ladite traduction. Des termes simples comme Royaume, messie, ange n'ont pas d'&#233;quivalents dans les langues d'Am&#233;rique du Sud. De m&#234;me pour Diable, Satan, Synagogue, Pharisien, œuvres, foi, r&#233;tribution, Esprit. Traduire un mot aussi simple que &amp;quot;croire&amp;quot; devient dans certains cas un vrai cauchemar. Sans exag&#233;rer, on peut dire que traduire les Evangiles dans ces langues primitives est une histoire de fou. Car si on ne sait d&#233;j&#224; pas rendre ces histoires de vin et d'outres dans des langues o&#249; ces termes n'existent m&#234;me pas, il est difficile de fonder ensuite des m&#233;taphores ou des paraboles sur des contorsions verbales bricol&#233;es. Traduire &amp;quot;hypocrisie&amp;quot; peut ainsi prendre plusieurs mois avant de trouver la bonne contorsion et le bon bricolage, et &#233;viter ainsi un contre-sens catastrophique. Traduire les Evangiles pour convertir ces pauvres Indie